BIO – TOM DOLAN, CHAMPION DANS L’ASTHME

 

DOLAN [Thomas Fitzgerald « Tom »]. Natation. (Arlington, Virginia, 15 septembre 1975-). États-Unis. L’un des plus grands champions américains, Tom enlève à deux reprises, en 1994 et en 1998, (comme Johnny Weissmuller soixante dix ans plus tôt), quatre titres individuels aux championnats (de printemps) des États-Unis. Sur sa grande épreuve, le 400 mètres quatre nages, il est champion du monde à deux reprises (en 1994, à Rome, où il établit un nouveau record du monde, en 4’12’’30, l’ancien ayant été établi par le Hongrois Tamas Darnyi avec 4’12’’36 trois années plus tôt ; il devance le Finlandais Sievinen, 4’13’’29 ; en 1998, à Perth, Dolan conserve son titre, avec un temps de 4’14’’95 ; il est aussi champion olympique de l’épreuve à deux reprises : d’abord à Atlanta en 1996 en 4’14’’90, devant Erik Namesnik, puis à Sydney, en 2000, en 4’11’’76, record du monde, à l’issue d’un duel serré avec un autre Erik, Vendt.

Il réussit également 1’59’’77 au 200 mètres quatre nages, temps qui lui donne la médaille d’argent aux Jeux de Sydney 2000.

Il montre toute l’étendue et la diversité de ses talents aquatiques en 1995, quand, non content de dominer les bilans américains dans les deux courses de quatre nages, il est 2e nageur des USA au 200 mètres dos et 3e du 400 mètres et du 1500 mètres. Ses styles de prédilection sont le crawl (records : 3’48’’99 au 400 mètres, 7’56’’33 au 800 mètres, 15’18’’18 au 1500 mètres) et le dos (1’59’’28 au 200 mètres). Très grand, maigre (1,99m ou 2,01m, 84 ou 86kg selon les sources), il commence à nager à l’âge de cinq ans au Washington Golf and Country Club pour suivre sa sœur aînée… et la battre. Plus tard, il rejoint le club de natation Curl-Burke, devenu depuis le Nation’s Capital Swim Club (où nage Katie Ledecky), et suit les préceptes sévères du coach Rick Curl, qui enjoint ses élèves à suivre l’éthique de travail de Mike Barrowman et la dureté de Mark Spitz. Il devient l’un des meilleurs nageurs de groupes d’âge des USA.

Au sortir de l’école secondaire, la Yorktown High School, en 1993, il décide d’étudier à l’Université du Michigan (coach Jon Urbanchek), où nage Erik Namesnik, lequel domine le 400 mètres quatre nages américain. La légende veut que, malgré la fréquentation du même bassin, sous le même entraîneur, pendant des années, les deux hommes ne s’apprécient pas. Dès 1994, Dolan, aux championnats US, enlève le 400 et le 800 mètres libre et bat le record américain du 400 quatre nages que détenait Namesnik, en 4’13s52. Plus tard en saison, le voilà champion et recordman du monde.

Sa course des mondiaux 1994, au Foro Italico de Rome, lui permet de s’imposer devant le Finlandais Jani Sievinen, dont le record du monde du 200 quatre nages, 1’58s16, établi ans la capitale italienne, résistera neuf années avant que Michael Phelps lui fasse un sort. Ce temps assure à Sievinen une supériorité en vitesse assez impressionnante, mais Dolan, pour l’emporter, va s’élever au niveau du défi : il bat le record du monde en 4’12s30 et devance Sievinen, 4’13s29. Erik Namesnik est 3e en 4’15s69.

Aux Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996, la course la plus dure du programme après le 1500 mètres, est le théâtre d’un affrontement entre les deux élèves d’Urbanchek. Affrontement incertain de bout en bout, comme en témoignent les « passages » des deux hommes : Dolan, 58s36, 2’2s87, 3’15s73 pour un temps final de 4’14s90 ; Namesnik, 58s51, 2’2s87, 3’15s29, 4’15s25. Ils passent ex-aequo à mi-course, et si Namesnik prend l’avantage en brasse, Dolan, champion américain du 400 libre, même s’il n’a pu faire mieux que 8e et dernier de la finale d’Atlanta, le repasse imparablement en crawl…

Aux mondiaux 1998 de Perth, en Australie, Dolan est opposé principalement, cette fois, au Néerlandais Marcel Rainer Wouda, dont une particularité est de disposer d’un plus grand gabarit que le sien, avec 2,03m pour 92kg. Les deux hommes se connaissent bien. Wouda, coaché à Uden, après des débuts olympiques modestes, à 20 ans, qui l’ont vu finir 22e du 400 quatre nages, est venu nager à Ann Arbor, siège de l’Université de Michigan, sous la férule de Jon Urbanchek, où ses équipiers s’appellent Gustavo Borges, Erik Namesnik et… Tom Dolan. Il a beaucoup progressé en six ans, et le 17 janvier, il gagnera le titre mondial du 200 quatre nages devant le Français Xavier Marchand. Quatre jours plus tôt, cependant, c’est Dolan qui l’emporte, en 4’14s95 contre 4’15s53.

Aux Jeux olympiques de Sydney 2000, Tom est toujours sur la brèche et cette fois, il lui faut évincer Erik Vendt, dont l’une des particularités est d’être encore plus fort que lui en nage libre. Mais Dolan surplombe le 4 nages, et améliore le record mondial avec un temps de 4’11s76 après être passé en 58s02, 2’1s12 et 3’13s06. Vendt est près de deux secondes derrière à l’issue du papillon (59s94), et ne reprendra jamais rien : 2’4s73, 3’15s62 et 4’14s23 pour finir.

Dolan souffre d’un asthme sévère, dont on ne peut dire pourtant qu’il aura contrarié la réussite de sa carrière. Entraîné par Rick Curl à Volverine, il abat de 85 à 105 kilomètres par semaine. Une aggravation de sa condition l’amènera à prendre sa retraite en 2002.

Entré dans la vie active, il crée deux écoles de natation, à Dulles et Falls Church, en Virginie.

(20 Janvier 2019)


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2 comments:

    1. Eric Lahmy *

      Oui, c’est vrai, même si les Américains n’étaient plus aussi dominateurs en demi-fond. Son record de championnats NCAA du 400 quatre nages aussi, 3’38s18, onze ans avant que Lochte gratte trois centièmes en 2006…

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