BUENOS AIRES – JEUX OLYMPIQUES DES JEUNES (5) NGUYEN HUY HOANG, PÊCHEUR D’OR VIETNAMIEN, LILA TOUILI « BRONZE DIGGER » FRANçAISE

Eric LAHMY

Samedi 13 Octobre 2018

On avait pu admirer l’émergence d’un nouveau talent de demi-fond, celui du Vietnamien NGUYEN Huy Hoang, lors des Jeux asiatiques, cet été, à Djakarta. Troisième du 800 mètres, 2e du 1500 mètres où il avait mené jusqu’au deux cents mètres du but devant SUN Yang. Là, le champion olympique et recordman du monde chinois avait fait étalage de sa vitesse terminale sans égale.

On avait appris alors que NGUYEN était un fils de pêcheurs de Hanoï qui avaient mis leur fils à l’eau à trois ans pour qu’il aide ses parents à rabattre le poisson. On ne saurait imaginer raison plus exotique et utilitaire à la fois de nager ! On savait aussi que ce jeune homme, demi-fond oblige, était l’un des nageurs entraînés le plus longuement (20 kilomètres par jour).

Les Jeux olympiques de la jeunesse, à Buenos Aires, ont eu l’avantage de nous rappeler l’âge du Vietnamien. NGUYEN est né le 10 juillet 2000. Il avait raté une médaille sur 400 mais ce vendredi le 800 mètres lui a été favorable. NGUYEN y a conduit son effort de façon remarquable. Il a nagé un peu avec tout le monde jusqu’à mi-course, puis il a appuyé progressivement. A l’arrivée, deux parties de course assez différentes, avec une course en accélération (negative-split) assez accentuée, deux quatre cents mètres en respectivement 3’57s13 et 3’53s07 pour, au total, 7’50s20, un nouveau record national.

NGUYEN, 7e au 100 mètres, 3e au 400 mètres, commence alors à accélérer immédiatement après le mur, passe en 2e position, puis mène après les 500 mètres. 200 par 200 mètres, cela donne : 1’57s39, 1’59s74, 1’57s51, 1’55s56.

On aurait tort de croire que le negative split est obligatoirement une stratégie volontaire de nage. C’est assez souvent l’expression d’un nageur dominant mais assez méfiant qui part en se modelant au rythme de l’adversité puis, ayant pris la température et se sentant à l’aise, attaque ; si on préfère, le negative split illustre souvent la domination d’un nageur prudent. Question de tempérament.

C’est aussi une affaire de stratégie, et un compétiteur se doit de puiser dans sa besace tactique les éléments qui conviennent aux différents challenges qui peuvent se présenter en course.

NGUYEN, à Djakarta, opposé à un géant comme SUN Yang, et sachant qu’il ne pourra le surprendre au sprint, mène grand train. Le fait qu’il ne put se débarrasser du Chinois n’empêche pas qu’il avait fait le bon choix (et un choix courageux). Ici, s’il ne connaissait pas ses adversaires, il savait qu’ils ne représentaient pas une menace équivalente à SUN. Il laissa donc le Japonais Keisuke YOSHIDA  mener l’épreuve, et le suivit jusqu’au 400 (en 3’56s19 pour le Japonais) à moins d’une seconde, avant de produire son effort et faire la différence.

YOSHIDA fut battu sans commettre de faute, et nagea une course très bien équilibrée, passant en 3’56s19 pour finir en 7’53s65 (3’57s46).

TOUILI : UN 50 METRES DOS AU PARFUM DE LILA

Troisième, l’Italien Marco DE TULLIO, effectua en revanche un negative split à peine moins prononcé que NGUYEN, 3’59s64 plus 3’56s17 pour 7’55s81. Il semble qu’il ait préféré nager confortablement à tenter la « gagne » d’entrée. Son dernier 50 mètres « électrique » en 27s56, qui lui permit de « piquer » le bronze au Magyar Akos KALMAR et de reprendre deux secondes à YOSHIDA pose la question de savoir s’il n’avait pas été trop prudent.

L’Antibois (entraîné par Franck Esposito) Paul BEAUGRAND terminait à la cinquième place. C’est un nageur neuf et un réel espoir de notre demi-fond dont on nous a dit le plus grand bien. Deuxième des championnats d’Europe juniors avec 7’56 »23, début juillet à Helsinki, il est resté ici à cinq secondes de ce temps et se retrouve derrière Akos KALMAR qui l’avait précédé à Helsinki.

Autre élément à émerger dans les (assez faibles) résultats français, Lila TOUILI, sur 50 mètres dos, dont elle finit 3e derrière l’Australienne Kaylee MCKEOWN et la Russe Daria VASKINA. Lila, une grande fille qu’entraine à Canet Aurélien Gabert, si l’on en croit sa chanson préférée (affichée dans le presse book des Jeux), Gold Digger, est une « chercheuse d’or ». Ici, elle n’a trouvé « que » du bronze. Mais c’est une façon plus qu’honorable d’achever un été inauguré par un baccalauréat avec mention très bien ! Lila, qui ambitionne de devenir médecin, ne sera de ce fait sans doute pas la grande dossiste qu’on attend depuis Laure MANAUDOU, mais bon, elle n’en est pas moins épatante !

https://www.buenosaires2018.com/results/en/swimming/daily-schedule-date=2018-10-08.htm?lng=en


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