Catégorie : Biographies

CHAMPION [Malcolm Eadie]

Natation. (Norfolk Island, Australie, 12 novembre 1883-Auckland, 27 juillet 1939). Nouvelle-Zélande. Le seul champion olympique néo-zélandais (en 1912) des équipes dites « australasiennes » (combinaison des équipes néo-zélandaise et australienne) qui disputèrent les Jeux de 1908 et de 1912. Il fit partie du relais quatre fois 200 mètres avec trois Australiens. Fils d’un capitaine au long cours, Walter, sous lequel il servira, et d’une descendante d’un révolté de la Bounty, Sarah Clara Quintal, il nait dans la minuscule ile Norfolk, 2000 habitants ; la famille émigre à Auckland, en Nouvelle-Zélande, en 1897, où la suggestion d’un étranger qui admire sa nage le propulse dans la compétition. Entre 1901 et 1914, Malcolm remporte 31 titres néo-zélandais. Suspendu à vie pour professionnalisme en 1902, il est vigoureusement défendu par son club, le Waitemala, et retrouve son statut en 1907. En 1908, il enlève tous les titres, 100 yards, 220, 440, 880 et mile. Il amena le record national des 100 yards de 1’9’’8 à 1’1’’. En 1911, il est champion d’Angleterre des 880 yards, de la descente de la Tamise et il représente l’Australasie au Festival de l’Empire (3e du mile). Après sa carrière, il enseigne la natation aux Tepid Baths d’Auckland, où plusieurs de ses élèves sont des champions nationaux. Vivant sur la rive nord, de l’autre côté de la baie du port de
Waitemata, il revenait souvent chez lui à la nage, le soir.

CHAGNAUD [Anne Marie Alice]

Jeudi 15 Janvier 2015

CHAGNAUD [Anne Marie Alice] Natation. (Vitry, 13 juillet 1971-). France. Barrée dans le programme classique en demi-fond par une vitesse de base insuffisante, mais dotée d’une bonne base d’endurance, elle impose son gabarit léger (1,63m, 52kg) grâce à sa volonté et son caractère dans les longues distances en eau libre (dites aussi : natation de grand fond). Les normes de préparation sont si exigeantes qu’une année, en raison de son programme atypique, elle reçoit les clés de la piscine de l’INSEP où elle vient s’entraîner, et aligne, seule, ses longueurs à six heures du matin. Ce n’est pas tout : pour s’aguerrir aux eaux froides des lacs et de la mer, elle s’astreint à des douches glacées ! Elle est la figure dominante de la discipline au début des années 1990. Elle remporte au moins une fois chacune des grandes courses du circuit. Championne de France en 1992 (en 3h32’6 sur 15km), en 1993 (en 2h13’39’’62 sur 12km) et en 1994 (en 4h26’29’’8 sur 17km), championne d’Europe des 25km en 1993, elle termine en 1994 2e de la Coupe du monde des longues distances et 4e du championnat du monde de grand fond, à Rome. Son titre national de 1992 est acquis dans un meilleur temps que celui du vainqueur masculin, remporté par Eric Longepée en 3h36’8’’, quatre minutes derrière elle. Elle remportera également le classement féminin des traversées du lac Léman (3e au général) en 1989, de la baie de Cannes (5e au général) en 1991 et en 1992. Encore présente aux mondiaux de Perth, en 1998, mais juste remise d’une tendinite au coude, elle ne peut finir mieux que 10e sur 5km. Ses résultats contribueront  au développement de l’eau libre en France et en Europe. Le 7 juillet 1995, Anne est déclarée positive à un produit dopant, un dérivé d’amphétamine, l’Effortil. Stupeur : la nageuse s’est toujours déclarée révulsée par l’usage des produits dopants et clame son innocence. S’appuyant sur deux cas de dopage touchant l’un l’Australienne Samantha Riley, l’autre l’Américaine Jessica Foschi, les Français tentent en vain une conciliation devant le Tribunel arbitral du sport. Au bout de cette ténébreuse histoire, on supposa que son entraîneur, Philippe Le Dily, dont elle désirait se séparer, l’aurait dopée en toute conscience, à son insu, pendant un ravitaillement en course. On lit dans « La Croix » une explication moins brutale et plus charitable: « La nageuse française Anne Chagnaud, suspendue deux ans pour dopage par la Fédération internationale de natation, a convaincu mardi à Lausanne le tribunal arbitral du sport de sa bonne foi. La Fédération française avait déjà reconnu son innocence : son entraîneur lui avait, par mégarde et à son insu, administré un médicament interdit. » Mais il aura fallu quatorze mois pour que Chagnaud soit « pardonnée » et son image, estime-t-elle fort justement, a été profondément ternie.

Les hauts faits d’Anne Chagnaud lui valent d’être reçue au Swimming Hall of Fame (Panthéon de la Gloire de la natation), à Fort-Lauderdale, en 1998.

Sa sœur ainée, Cécile, a été une excellente nageuse de masters.

CHADWICK [Florence May]

Natation. (San Diego, Californie, 9 novembre 1918-San Diego, 15 mars 1995). États-Unis. La figure dominante de la natation de grand fond dans les années 1950. La fille d’un policier, elle nagea en compétition en pleine mer à six ans (son concle lavat engagée dans la course), finit 4e à dix ans d’une course dans la houle en pleine nuit sur 4km, remporta sa première victoire, sur 6 miles (11 km), en eau de mer, dans la baie de San Diego, à onze ans. Mais cette infatigable n’avait pas de vitesse suffisante pour gagner une course en piscine, et elle ne put se qualifier pour les Jeux olympiques de 1936. Pendant la Guerre, elle organisa des shows de ballets aquatiques pour l’Armée. Elle-même apparut plus tard dans un film « d’Esther Williams », Bathing Beauties. Passée professionnelle en 1945 (ayant fait de solides études à l’Université Southwestern et à l’Ecole de droit de Balboa, elle était agent de change dans le civil), elle fut la première femme au monde à traverser la Manche dans les deux sens – France-Angleterre en 1950, dans le temps record de 13 heures 23 minutes ; Angleterre-France (beaucoup plus difficile en raison des vents et des courants contraires) en 1951, en 16 heures 22’ à l’issue d’un parcours où elle dut prendre des médicaments contre le mal de mer), en 1953 (en 14h 42’) et en 1955 (en 13h 55’). Pour traverser la Manche en 1950, elle s’était entraînée dans le golfe Persique, où elle travaillait pour la compagnie pétrolière Arabian American, nageant avant et après ses heures de travail et jusqu’à dix heures par jour pendant ses week-ends. Première femme à avoir traversé le détroit de l’île de Catalina à Palos Verdes en 1952 (13 heures 47’32’’), deux mois après avoir échoué dans une tentative où elle abandonna faute de voir où se trouvait la côte en raison du brouillard. Dans sa seconde tentative, elle se fit une mage mentale de la côte pour ne pas abandonner. Pendant ces traversées, ses accompagnateurs durent user de leurs rifles contre les requins. Elle eut raison du détroit de Gibraltar en 1953 en 5 heures 6’, améliorant, comme pour le détroit de Catalina, le record… masculin. Elle réussit aussi les traversées du Bosphore (1953) et l’aller retour des Dardanelles en 1953. Après son record de la Manche en 1955, Chadwick abandonna la compétition. Vice-présidente de la First Wall Street Corporation, elle fut intronisée à l’International Swimming Hall of Fame en 1970.

Pour en savoir plus:

« Florence Chadwick. » Encyclopedia of World Biography. 2004. Encyclopedia.com. 10 Sep. 2013 <http://www.encyclopedia.com>.

CARTONNET [Ulysse dit Jacques]

Natation. (1911-). France. Il prétendait n’avoir jamais fait le moindre sport avant dix-sept ans et avoir horreur de l’eau. C’est par le water-polo, au lycée Michelet, à Paris, qu’il parvint à la natation. En 1923, il se mit d’instinct, à nager la brasse, tout en s’essayant aux autres styles ainsi qu’au water-polo et au plongeon. Il améliora le record de France du 100 mètres brasse en 1’19’’ et l’amena au record du monde, 1’13’’6. De même il amena le 200 mètres brasse à 2’54’’, puis 2’49’’6 et fit passer le record du monde des 200 yards de 2’31’’8 à 2’25’’6. Champion d’Angleterre, il rata complètement ses Jeux olympiques à Los Angeles, disparaissant, selon Zins, pendant des jours en compagne d’une star hollywoodienne qu’il avait séduite avant la course, au cours d’une visite des studios ! Accusé de professionnalisme, il créa un club dont il était l’unique nageur, le Cartonnet Swimming Club, ce qui lui permettait de toucher des enveloppes, à travers sa mère qui officiait comme dirigeante. Il disparut à la Libération, peut-être fusillé par les Forces Françaises de l’Intérieur en raison de ses sombres activités dans la Milice pendant l’Occupation allemande (thèse défendue par Schoebel). D’autres sources (Zins, Foucher-Créteau), affirment qu’il vécut caché dans un monastère en Italie, jusqu’à sa mort en 1967. On a raconté que, prisonnier des FFI, il se serait enfui alors qu’un avion devait le transporter, prisonnier, avant le décollage de l’appareil. « Cartonnet pouvait jouer les Weissmuller, et il était assez célèbre, explique Louis Vincent, nageur devenu grand reporté au Figaro. Il s’était lié un peu, et ça lui a nui, avec Balcke et Sietas, les nageurs allemands. A-t-il fraternisé avec eux ? En tous cas, il s’est compromis avec les Allemands. Il avait besoin d’argent, aimait la grande vie et ne rien foutre. Il était beau, avait du succès. Il était assez marginal, même dans le milieu de la natation. Il a signé au SCUF, au CNP, mais c’était un  individualiste. Il n’avait pas l’esprit collectif. Il voulait briller, mais nager 2’39’’ au 200 mètres brasse dans l’ancien style, cela lui était trop difficile. A part ça, je n’avais jamais vu une glisse aussi extraordinaire. Il mesurait 1,80m, était doté d’une flottabilité énorme. Il s’entraînait à Champerret, parce que c’était la piscine la plus rapide. Il était toujours avec sa mère, ainsi quand il a battu le record du monde à Levallois, dont le club était dirigé depuis 1929, par mon père, Léon, qui avait été champion de France militaire des 800-1500 mètres et ailier de rugby. Cette mère aimait son garçon, qui, lui, avait des tendances, aimait les garçons. Ça ne l’empêchait pas d’être intelligent. Pendant que Jacques nageait, à Champerret, sa mère, qui était dirigeante, parlait au bar avec Poussard, boulanger du coin et plongeur.

Il s’est compromis dans les histoires de la Libération, mais surtout, avant ça, avec les Allemands, Avec Bibal, à Turin, on a recherché Jacques Cartonnet, parce qu’il avait fini en Italie On ne l’a jamais revu. Bibal, un ancien nageur du CNP, estimait que Cartonnet en était la vedette. J’ai évoqué Cartonnet avec un petit neveu de Nakache, devenu préfet et rencontré en Afrique. Il avait fait des choses horribles, il a été des nageurs qui se sont embarqués dans la collaboration. A-t-il dénoncé Nakache ? Je ne le crois pas. Il a été défendu par Foucher Créteau, mais André était du même monde que Cartonnet : ils étaient mondains, c’était le show-biz de l’époque, ils se rencontraient, se fréquentaient, cocktails, bistrot Place Péreire. » Au sujet de savoir s’il avait dénoncé Nakache aux Nazis, les avis sont restés diamétralement opposés. Yvonne Jeanne, les frères Foucher-Créteau et Lucien Zins étaient persuadés que non, les Toulousains que oui. Cartonnet a emporté son secret dans la tombe. Lui qui, dans des circonstances différentes, aurait été reconnu comme un grand champion, élu « Gloire du Sport » et intronisé à lInternational Swimming Hall of Fame, est, avec Louisette Fleuret, le nageur qu’on voudrait oublier.

CARTER [Keith Eyre]

Natation. (Akron, Ohio, 30 août 1924-Asheville, Caroline du Nord, 3 mai 2013). USA. Médaillé d’argent du 200 mètres brasse des Jeux de Londres, en 1948, derrière Verdeur (2’40’’2 contre 2’39’’3), il termina aussi 4e de la finale du 100 mètres libre. Il avait servi comme navigateur dans les bombardiers pendant la Seconde Guerre mondiale. Il fit ses études à l’Université de Purdue et devint ingénieur. Quand il prit sa retraite, il participa aux compétitions de masters,

CARSON [Gladys Helena]

Natation. (Leicester, 8 février 1903-Spilsby, Lincolnshire, 17 novembre 1987). Grande-Bretagne. 3e du 200 mètres brasse des Jeux de Paris, en 1924. La finale, enlevée par Lucy Morton en 3’33’’2 devant Agnes Geraghty, 3’34’’ et Gladys, 3’35’’4 se joua plus
lentement que les séries, remportées par ces trois nageuses en respectivement 3’29’’4,
3’27’’6 et 3’30’’.

CARR [Catherine L. « Cathy »]

Natation. (Albuquerque, Nouveau-Mexique, 27 mai 1954-). États-Unis. Championne olympique du 100 mètres brasse aux Jeux de Munich en 1972, sa victoire est une surprise ; Carr, 1,70m, 52kg, devance largement la favorite russe Prozumenchikova, 1’13’’58 contre 1’14’’99 ; elle est entraînée à Coronado par Mike Troy, le champion olympique de Rome du 200 mètres papillon, après avoir développé son talent auprès des coaches Jimmy Stevens, Marc Lautman, John Mechem et Rick Klatt. Outre le record du monde, battu au cours de cette finale olympique du 100 mètres brasse, en 1’13’’58, qui efface le nom de sa compatriote Catie Ball, elle partagera celui du relais quatre nages champion olympique (4’20’’75) en compagnie de Melissa Belote, dos, Deena Dearduff, papillon, et Sandra Neilsson, crawl. Elle enleva deux titres US. En 1973, elle termina 2e du 100 mètres brasse des Universiades, battue en 1’15’’60 par Lyubov Rusanova, 1’15’’54. Catherine Carr est devenue institutrice.

CARPENTIER [Caroline]

Natation. (5 septembre 1958-). France. 6e du relais quatre fois100 mètres des Jeux de Montréal, en 1976, avec Guylaine Berger, Sylvie Le Noach et Chantal Schertz. Elle nage pour Lille Université Club. Elle a détenu le record de France du 400 mètres quatre nages (5’23’’50 en 1974). Championne de France 1974 (été), 2’31’’67, 1976 (été), 2’29’’10, et 1977 (hiver), 2’29’’52, du 200 mètres quatre nages. Elle deviendra responsable du département du Sportif de haut niveau à l’INSEP.

CARON [Christine « Kiki »]

Natation. (Paris 14e, 10 juillet 1948-). France. La plus parisienne des championnes françaises de natation, entraînée au Racing Club de France par Suzanne Berlioux, ses attraits physiques, sa personnalité, à la fois chaleureuse et décontractée, et sa bonne
humeur lui assurèrent une renommé durable. Sa grande année fut 1964. Le 14 juin, elle améliora le record du monde du 100 mètres dos dames (1’8’’6). Ce record fut ensuite battu par Virginia Duenkel. Caron défit Duenkel aux Jeux de Tokyo, en 1’7’’9, mais pour la deuxième place, étant elle-même devancée par la double championne des États-Unis du 100 mètres dos, Cathy Ferguson. En 1965, sur la même distance, « Kiki » devint (la seule Française) championne des États-Unis en devançant, cette fois, Ferguson. Elle enleva facilement, en 1966, le titre européen en 1’8’’1. En 1967, elle fut championne d’Australie sur 110 et 220 yards dos. Entre 1963 et 1966, elle établit cinq records d’Europe sur 200 mètres dos et son temps le plus rapide, 2’27’’9, résista jusqu’en 1970 ; et huit records d’Europe du 100 mètres dos, de 1’9’’8 en 1963 à 1’7’’9 l’année suivante. Au cours de sa carrière, elle enleva quatorze titres individuels de championne de France d’été et améliora vingt-six records de France, neuf sur 100 dos, sept sur 200 dos, un sur 100 papillon, un sur 200 papillon et quatre en relais quatre nages. Après avoir fait ses adieux en séries des Jeux Olympiques de Mexico (éliminée), elle opéra un retour furtif à la compétition, remportant à nouveau aisément le titre du 100 mètres dos en 1971. Sa célébrité, sa popularité durable lui permirent de s’essayer à la chanson ou au cinéma après avoir publié ses mémoires sportives (Comme un poisson dans l’eau). Elle réitère dans l’exercice de la mémoire avec Kiki, publié en 2006. Quand les équipements du Racing passèrent à Lagardère, on fit appel à elle pour présider la section natation du club. Sa sœur, Annie, fut 20 fois internationale, quatre fois championne (1958-1961) et trois fois recordwoman de France du 100 mètres papillon. Gloire du Sport.

CARETTO [Patricia Sarena « Patty »]

Natation.(Los Angeles, 4 janvier 1951-). États-Unis. Entraînée par Don Grambrill à Long Beach, elle améliora à un âge précoce, 13 ans, sept records du monde sur 800 mètres (9’47’’3), 1500 mètres (18’30’’5), 18’23’’7, 18’12’’9), 880 yards, 1650 yards nage libre, enleva cinq titres américains, mais aucune de ces distances n’était disputée alors aux Jeux olympiques. En 1964, époque de ses premiers exploits, elle mesurait 1,55m, pesait 44kg. Elle n’avait plus sa grande forme aux Jeux de Mexico, mais, utilisant son rythme élevé (moulin à vent) et son battement à deux temps termina 5e du 800 mètres.