Catégorie : Biographies

CAROEN [Fernande]

Natation. (Ostende, 27 juillet 1920-Ostende, 16 avril 1998). Belgique. 4e du 400 mètres des Jeux olympiques de Londres (1948), après avoir été 3e de l’épreuve aux championnats d’Europe à deux reprises, à neuf années de distance, en 1938 et 1947. Elle a notamment amélioré dans sa ville natale les records du monde exotiques des
1.000 yards en 1938 (13’3’’2) et des 500 yards en 1940 (6’28’’4). La Seconde Guerre
mondiale l’a empêché de participer aux Jeux avant ses 28 ans. Elle a en outre remporté 15 titres de championne de Belgique et battu 21 records nationaux entre 1938 et 1947.

CARLILE [Forbes]

Natation. (St. Kilda, Victoria, Australie, 3 juin 1921-) Australie. Nageur, champion des Nouvelles Galles du Sud sur 100 mètres dos, et rugbyman à l’Université, il devint l’entraîneur de l’équipe olympique australienne des Jeux de Londres, en 1948. Après avoir été, en 1952, le premier Australien à concourir en pentathlon moderne aux Jeux olympiques, il devint un entraîneur réputé, en tandem avec son épouse Ursula. Il dirigea l’entraînement de Shane Gould et de huit autres recordwomen du monde, dont Karen Moras, des champions olympiques Gail Neal et Ian O’Brien, ainsi que de John Davies et de Terry Gathercole, recordman du 200 mètres brasse. Ses élèves améliorèrent 30 records du monde, enlevèrent 13 médailles olympiques. Entraîneur en chef de l’équipe olympique australienne qui triompha à Melbourne (1956), conseiller scientifique aux Jeux de Rome (1960), il dirigea l’équipe hollandaise aux Jeux de Tokyo (1964), revint à la tête de la natation australienne aux mondiaux 1973. Il avait été à ses débuts l’élève du professeur Frank Cotton, au Scots College de l’Université de Sydney, et était féru de physiologie. Il renouvela les méthodes d’entraînement, innovant dans plusieurs domaines : travail aux intervalles, carnet d’entraînement, tests cardiaques d’effort, battement traînant australien à deux temps. Esprit original, toujours en éveil, prêt à innover, il parvint, en 1955, à guérir par l’hypnotisme Murray Rose de spasmes abdominaux qui le rendaient incapable de nager le 1500 mètres. L’année suivante, Rose devenait champion olympique de la distance. La méthode resservit 35 ans plus tard pour Kieren Perkins. Carlile installa la première pendule au bord du bassin. Il a écrit plusieurs ouvrages classiques de technique ou d’histoire du sport, en natation.

CAREY [Richard John « Rick »]

Natation. (Mount Kisco, New-York, 13 mars 1963- ). États-Unis. Champion olympique et recordman du monde. Avec son 1,80m, il ne disposait pas du gabarit type du nageur de dos. Il n’en domina pas moins la discipline au cours de l’olympiade qui précédait les Jeux de Los Angeles. Carey, qui avait été sélectionné dans l’équipe US qui fut frappée par le boycott les Jeux olympiques de Moscou, en 1980, nagea après 1981 pour l’Université du Texas, entraînée par Eddie Reese ; il établit trois records du monde sur 100 mètres dos, 55’’44, 55’’38 et 55’’19 (en 1983) et deux autres sur 200 mètres dos, 1’58’’93 en 1983 et 1’58’’86 en 1984. Il lança en dos quatre relais quatre nages qui établirent autant de records mondiaux. Il remporta trois titres olympiques, sur 100 mètres et 200 mètres dos et quatre fois 100 mètres quatre nages, à Los Angeles en 1984. Dans ses courses individuelles, ses temps furent quelconques, mais suffirent pour l’emporter dans un contexte facilité par le boycott des Russes et de leurs alliés, qui répondait à celui des Américains quatre ans plus tôt. Deux ans avant les Jeux, aux championnats du monde 1982 de Guayaquil, il avait enlevé l’or sur 200 mètres dos (distance qu’il maîtrisait parfaitement, se laissant parfois remonter pour lancer, par un changement de rythme, une attaque définitive), gagné avec le relais quatre nages et terminé 2e du 100 mètres dos derrière Dirk Richter. Il continua de nager deux saisons après 1984, enlevant les titres nationaux d’hiver et d’été en 1985 et en 1986, année où il se retira finalement de la compétition.

CANET [Sylvie]

Natation. (Casablanca, Maroc, 26 août 1953-). France. La dernière grande nageuse de dos formée par Suzanne Berlioux. Finaliste olympique à Mexico, en 1968, à quinze ans, sur 100 mètres dos, se qualifiant en séries en 1’10’’4, 9e temps, en demi-finale en 1’9’’, 4e temps ex-aequo, et terminant 7e (1’9’’3). Athlétique et douée malgré une taille moyenne (1,65m, 55kg), elle fut championne de France et d’Allemagne (1970), mais, passionnée de hata-yoga et déstabilisée par la disparition accidentelle et précoce de son père, elle se désintéressa de la succession de Christine Caron, qui passionna un temps le sport français.

CANAVÈSE [Pierre]

Natation. (Grasse, Alpes-Maritimes, 19 septembre 1945-). France. Jeune, il nage à Cannes, puis « monte » à Paris, signe à l’US Métro, où ses progrès le propulsent dans les relais français. Recordman d’Europe sur 4 fois 200 mètres en 8’6’’8, en 1964, avec Alain Gottvallès, Jean-Pascal Curtillet et Francis Luyce, il nage, lancé en 2e position, le parcours le plus rapide, devenant à l’occasion en 1’59 »5 le premier Français sous les 2’ ; le relais termine 6e des Jeux de Tokyo, en 1964. Canavese fut cette année le premier Français, lancé, sous les 2’ au 200 mètres, après avoir établi un record de France du 400m en 4’23’’. Mais Canavese interrompt sa carrière, retour des Jeux, poussé sans doute par ses relations exécrables avec les autres nageurs de l’équipe de France qui l’accueillent comme un usurpateur au titre du relais et ne lui pardonnent pas son virage  »au pied », geste qui ne sera autorisé qu’au lendemain des Jeux, et qui disqualifie le relais quatre fois 100 mètres libre en finale des Jeux olympiques !

CAMPBELL [Jeannette Morven]

Natation. (Saint-Jean-de-Luz (ou) Bayonne, France, 8 mars 1916-Buenos Aires, 15 janvier 2003). Argentine. Née d’un père écossais et d’une mère argentine, elle dut aux aléas de la guerre de voir le jour en France ; elle apprit à nager au Belgrano Athletic Club de Buenos-Aires, où ses parents s’installèrent, et où la natation semblait réservée aux seuls hommes. Excessivement douée, elle amena en trois saison (1932-35) le record national de 1’18’’6 à 1’8’’ sur 100 mètres nage libre, et devint en 1935 la première championne d’Argentine ; elle enleva les titres d’Amérique du Sud des 100 mètres, des 400 mètres (5’47’’8) et dans le relais 4 fois 100 mètres. Elle l’emporta également en 1937, 1938 et 1939. Ses succès de 1935 la qualifièrent pour les Jeux de Berlin, en 1936, où elle disputa le 100 mètres libre. Malgré une traversée en paquebot de vingt et un jours, elle put s’entraîner sans être incommodée par les dimensions minuscules de la piscine du paquebot. Son entraîneur, Juan Carlos Borràs, avait en effet imaginé une sorte de pneu, qu’elle accrochait au bord du bassin après s’en être revêtue, et qui lui permettait de nager sur place.

Grâce à l’inventivité de son entraîneur, Campbell se retrouva donc en forme excellente à Berlin. Elle égala en séries le record olympique, 1’6’’8, établi par Helen Madison en 1932, l’améliora en demi-finales, avec 1’6’’6, et se prépara à affronter la finale avec confiance.  Mais elle fut surprise par le coup de pistolet du starter, et se retrouva attardée à la sortie de la coulée de départ. Elle remonta ses adversaires une à une ; déjà troisième aux 25 mètres, elle se retrouva en tête avec l’Allemande Gisela Arendt au virage des 50 mètres ; mais elle ne put résister au retour, puis au déboulé final de Mastenbroek, finit 2e en 1’6’’4 contre 1’5’’9 à la Hollandaise. Elle se consola avec le trophée de « reine de beauté » des Jeux olympiques, que lui octroyèrent les journalistes. Son record argentin tint pendant 28 années sur les tablettes. L’annulation des Jeux de 1940 à Tokyo, dont elle attendait beaucoup, la conduisit à se retirer de la compétition, dès l’année suivante. Elle accompagna comme chaperon sa fille, Susana Peper, concurrente du 100 mètres dos des Jeux… de Tokyo, en 1964, vingt huit ans après ses propres Jeux.

CALLIGARIS [Novella]

Natation. (Padoue, 27 décembre 1954-). Italie.

La nageuse italienne du 20e siècle, forte de huit médailles en grandes compétitions internationales, elle est la fille d’une nageuse  olympique, Romana Calligaris (15 décembre 1924-21 avril 2002). De taille moyenne mais surtout très mince (1,67m, 48kg), elle parvint, malgré un physique délicat et un manque de vitesse de base, grâce à son courage, sa volonté de fer et sa détermination, mais aussi à son style fluide, précis et léger, travaillé auprès de Bubbi Dennerlein, qu’on considère alors comme le meilleur technicien italien, à l’emporter dans le 800 mètres nage libre des premiers championnats du monde, le 9 septembre 1973, à Belgrade, après avoir terminé troisième du 400 mètres libre (4’21’’79, derrière Greenwood et Rothhammer) et du 400 mètres quatre nages (5’2’’02 derrière les Allemandes dopées Wegener et Franke). Elle impose sa cadence impressionnante et l’action rotative de ses bras en 8’52’’97, record mondial, devançant Jo Harshbarger. Une année plus tôt, aux Jeux Olympiques de Munich, elle avait été déjà extraordinaire de talent et de courage, améliorant en quelques jours quatre records d’Europe. Elle avait fini deuxième du 400 mètres (derrière l’Australienne Shane Gould) et troisième sur 800 mètres, dans une course qu’elle avait menée jusqu’au 500 mètres avant de succomber à une accélération de Keena Rothhammer, puis au retour de Gould, et sur 400 mètres quatre nages où elle fut devancée par Neal (Australie) et Cliff (Canada).

A Munich, elle amène son record d’Italie du 400 mètres (qu’elle a pris à 4’51’’5 et amené à 4’26’’7) à 4’24’’14 (série) puis à 4’22’’44 (finale) ; celui du 800 mètres (qu’elle a pris à 10’19’’6 et détient alors en 9’6’’) à 9’2’’96 (série), puis à 8’57’’46 (finale) ; celui du 400 mètres quatre nages de 5’12’’1 à 5’11’’16 (série), puis à 5’3’’99 (finale). Tous ces records sauf celui des séries du 400 mètres quatre nages sont également records d’Europe. D’ailleurs, elle aura battu dans sa carrière 19 records d’Europe. Moralement atteinte par la certitude que les Allemandes de l’Est se dopaient, elle se retira de la compétition après les championnats d’Europe 1974, où, convaincue de ne pouvoir lutter contre les anabolisants, elle défend ses chances avec moins d’agressivité, et finit avec l’argent du 800 mètres et le bronze du 400 mètres. Elle n’a pas vingt ans. Elle avait (depuis ses treize ans) enlevé 36 titres de championne d’Italie d’été sur 100 mètres, 200 mètres, 400 mètres, 800 mètres libre, 200 mètres dos, 200 mètres papillon, 200 mètres et 400 mètres quatre nages (et 35 titres « indoor »). Elle battit un record du monde, 21 records d’Europe, 76 italiens. Inventive, elle a, avant sa finale du 800 mètres des championnats du monde 1973, collé à la colle son maillot de bain contre son corps pour empêcher des poches d’eau de se former… et souffert le martyre, après la course, pour le décoller ! Novella Calligaris, qui a continué de s’occuper de natation, soit en représentant une marque de maillots de bain, soit en tant que journaliste (pour Il Corriere della Sera, puis pour la RAI, dès 1976), avait, au temps de sa gloire, subi la pression parfois intolérable de la presse à sensation. Elle avait mal vécu de voir apparaître, dans une revue, une photo d’elle en compagnie de « son dernier petit ami ». Il s’agissait en réalité de son frère ! Assez peu patiente avec les journalistes, ils lui attribuèrent deux années de suite le « prix citron » de la personnalité la plus acide ! Après sa carrière, elle souffrit d’anorexie pendant des années. Dotée d’une intelligence de tac au tac, très vive et énergique, consciente de sa valeur sans être égocentrique, généreuse et portée vers les autres, fidèle en amitié, battante parfois jusqu’à la hargne, aimant rire et prompte à s’emporter parce qu’émotive et nerveuse, compétitrice dans l’âme, détestant la défaite, Novella fut plus qu’une star, une vraie personnalité. Il ne lui était pas difficile de ne pas se prendre au sérieux. Lorsqu’au soir du 9 septembre 1973, elle eut sa mère, Nella, au téléphone, pour lui annoncer qu’elle venait de remporter le titre mondial, elle s’entendit répondre : « tu viens juste de rater un ballet de Béjart. » Comme le soulignait notre confrère de l’agence italienne 9colonne, Novella était comme sa nage : « une personne de style, de style libre. »

BUCKINGHAM [Gregory Fenton « Greg »]

Natation. (Riverside, Californie, 29 juillet 1945-11 novembre 1990). États-Unis. Médaillé d’argent du 200 mètres quatre nages (2’13’’) et 4e du 400 mètres quatre nages (4’51’’4) aux Jeux de Mexico, en 1968, aant été malade pendant le mois précédant les compétitions ; ce bel athlète (1,91m, 84kg), encouragé par ses parents, qui possédaient des plants de café, apprit à nager avec ses frères Jeff et Lindsey. Il fut l’élève de George Haines à Santa Clara, qui avait songé l’écarter (il ne le trouvait pas assez sérieux). étudiant à Stanford, il remporta un titre NCAA et quatre autres de champion des États-Unis. Lindsey Buckingham, passionné de musique rock, fut premier guitariste de Fleetwood Mac (1974-77). Greg meurt subitement au cours d’un jogging, à l’âge de 45 ans, à la stupéfaction générale, tant il parait être en bonne forme.