Catégorie : Biographies

BREEN [George Thomas]

Natation. (Buffalo, 19 juillet 1935- ). États-Unis. Nageur de demi-fond, il enleva trois médailles de bronze individuelles aux Jeux olympiques, sur 400 mètres (4’32’’5) à Melbourne en 1956, sur 1500 mètres en 1956 (18’8’’2) et à Rome en 1960 (17’30’’6).
Sa carrière de nageur débuta quand il fut refusé par l’équipe de football américain de Cortland State. En avril 1956, il battit, à l’Université de Yale, en champ de course de 50 mètres, le record du monde du 1500 mètres, en 18’5’’9. Le 27 octobre, toujours à Yale, dans un 880 yards record, en 9’19’’2, il passait en 9’15’’7, record également, sur 800 mètres. Murray Rose lui ayant ravi le record du 1500 mètres dans le temps de 17’59’’5, peu de temps avant les Jeux de Melbourne, George Breen, en séries des Jeux, pulvérisa le temps de Rose, en 17’52’’9, record du monde, et prit figure de favori pour la finale. Mais en finale, il fut méconnaissable. Eloigné de son temps dans la course pour le titre, il nagea de conserve avec Rose et Yamanaka jusqu’aux 800 mètres et ne sut résister à une attaque de ces deux hommes. Il termina 3e en 18’8’’2. « Dans les séries du 1500 mètres, je me sentais bien, a-t-il raconté des années plus tard. Une grande montre était sur la tour, derrière l’aire de départ. Aux virages, je pouvais voir où j’en étais. Aux 800 mètres, j’ai su que j’étais dans le rythme d’un record du monde. Je respirais facilement, et je me sentais à l’aise, je me promenais. Je n’étais pas même essoufflé à l’arrivée. Je  nageais relâché, sans effort. J’avais battu le record du monde. Après, le ciel  m’est tombé sur la tête. Avant la finale, nous dûmes nous échauffer dans une  fosse à plongeon, la piscine était occupée par une exhibition de ballets nautiques ; cela m’a agacé. Je fus pris par une nervosité infernale. Je ne maîtrisais pas la pression. Je nageais entre Murray Rose et Tsuyoshi Yamanaka, j’eus l’impression que ma ligne d’eau faisait 60 centimètres de large. Je devins claustrophobe. Je tapais dans l’eau, excité, je tournais trop les bras. J’ai perdu le contrôle. Pendant les huit  années qui suivirent, Murray Rose a toujours gardé le contrôle. Toujours calme,  il était phénoménal. » Doc Counsilman le consola, lui disant qu’il serait toute sa vie un homme célèbre, un recordman du monde et olympique. « Combien peuvent en dire autant ? » Et ses parents d’appuyer : « George, si nous étions des millionnaires, nous n’aurions pas pu acquérir ce que tu as eu là. » Breen nagea jusqu’aux Jeux de Rome, en 1960 ; il lança une nouvelle fois la course, fut passé par Konrads, puis Rose, et enleva le bronze devant Yamanaka. Il enleva en tout 22 titres de champion des États-Unis. Il a entraîné à l’Université de Pennsylvanie.

BRAUN (Philipsen) [Maria Johanna, Marie]

Natation. (Rotterdam, 22 juin 1911-Gouda, 23 juin 1982). Pays-Bas. Championne olympique du 100 mètres dos (1’22’’) et médaillée d’argent du 400 mètres libre (5’57’’8) aux Jeux d’Amsterdam en 1928, elle est la fille (bien en chair) et l’élève de l’entraîneur de natation ‘Ma’ Voorwinde Braun (1881-1956) et d’un plongeur et joueur de water-polo. Aux Jeux, elle améliore en 1’22’’ le record olympique de la regrettée Sybil Bauer. Elle détient six records du monde, sur 100 mètres dos (1’21’’6 à Amsterdam, en bassin de 50 mètres, en 1928, 1’21’’4 à Bruxelles, en bassin de 25 mètres, et 1’21’’à Gravenhage, La Haye, en 25 mètres, en 1929), 200 dos (2’59’’2 à Bruxelles en 1928), 400 mètres dos (6’16’’8 à Paris, en 25 mètres), et 500 mètres libre (7’18’’ à Bruges, 25 mètres). Championne d’Europe du 400 mètres libre en 1927, du 100 mètres dos et du relais quatre fois 100 mètres en 1931. Première à nager un 200 mètres dos en moins de trois minutes quand elle efface le nom de Sybil Bauer en 1928, elle détiendra quatre records d’Europe, et vingt-cinq records néerlandais, du 100 mètres au 1500 mètres libre et en dos. Qualifiée pour les Jeux de Los Angeles, en 1932, elle s’y engage sur 100 mètres libre et 100 mètres dos.

BRACK [Walter]

Natation. (Berlin, 20 décembre 1880-Berlin, 19 juillet 1919). Allemagne. Champion olympique, aux Jeux de Saint-Louis, en 1904, sur 100 yards dos (1’16’’8), devant deux autres Allemands, Georg Hoffman, 1’18’’, du club Poseidon, et Georg Zacharias, 1’19’’6, du Weissensee ’96. Brack est battu de cinq mètres sur 440 yards brasse, Georg Zacharias, vainqueur en 7’23’’6. Le dos est alors « brassé », avec retour sous-marin des bras, ce qui explique que les brasseurs de l’époque aient été aussi de bons dossistes.

Les compétitions des Jeux de Saint-Louis se déroulent dans des conditions folkloriques. On nage dans un lac dont on suspecte qu’il recèle des risques de fièvres typhoïde. Le départ se donnait sur un radeau d’où les compétiteurs devaient s’élancer vers la rive où se situait l’arrivée. Ce quai flottant était incertain. Quand tous les nageurs y avaient pris position, il s’enfonçait à hauteur de chevilles, et quand ils s’élançaient, il reculait, ce qui faisait que certains nageurs tombaient à plat dans l’eau. Les 100 yards (91,44m) dos permettaient un départ aquatique. Seuls six nageurs de deux nations, Allemagne et USA, s’y présentèrent, et seul le temps du vainqueur fut enregistré. Brack, qui nageait pour le Charlottenburger SV, a été champion d’Allemagne sur 200 mètres dos 1903 et 100 mètres dos 1904.

BOWMAN [Bob]

(Columbia, Caroline du Sud, 1965-). Natation. USA. Connu comme l’entraîneur de Michaël Phelps, dont il dirigera le destin de nageur depuis les débuts et jusqu’à la fin de sa carrière internationale. Il grandit à Columbia, nage en 1983-85 en club à Tallahassee, mais n’est guère emballé par ses désultats. Diplômé en psychologie des enfants et en musique, éleveur de chevaux à ses heures perdues, pianiste, il devient coach de natation. Dans ce rôle, Bowman a la bougeotte. Coach assistant à Las Vegas Gold (1988-90), Cincinnati Pepsi Marlins (1990-91) et Napa Valley (1991-92). Patron de la Birmingham Swim League de 1992, il fait, en deux ans, entrer le club, qui est loin du 20e de la zone sud-est depuis plus de dix ans, dans les cinq premiers. Il est coach de Napa Valley (1994-96), du North Baltimore Aquatic Club (1996-2004), d’abord comme senior coach, puis comme coach haute performance (1999-2004). Dans ces neuf ans, il aide à produire trois champions des USA, 10 finalistes et 5 membres de l’équipe US. De 2005 à 2008, il est head coach de l’équipe masculine de l’Université du Michigan en remplacement de Jon Urbanchek, et du club attaché à l’école, les Wolverines. En septembre 2008, il retourne à North Baltimore.

Le fait qu’il entraîne Michaël Phelps lui assure une audience et un respect de la part de ses collègues entraîneurs. Dans son ouvrage « Beneath the Surface », Phelps, qui le rencontre alors qu’il à onze ans au NBAC le présente en ces termes : « Je ne pouvais rien faire qu’il laisse passer. Il donnait dix longueurs à vingt garçons, et si j’en faisais neuf, il me tombait dessus. Si j’arrivais avec une minute de retard, je le trouvais devant la porte à me demander « pourquoi ». Si j’arrosais un équipier quand il ne regardait pas, les yeux qu’il avait dans le dos le renseignaient et il me le faisait savoir. Bob me faisait peur… Une bourse d’étude avait amené Bob à l’Université d’Etat de Floride (FSU). Il fut élu capitaine des ‘’Séminoles’’ dans sa troisième année, mais avait tendance à « sur analyser » ce qu’il faisait dans l’eau. Diplômé en psychologie de l’enfant. Il se qualifia pour les nationaux US sur 100 mètres papillon, mais frustré par ses résultats, il abandonna la piscine. Compte tenu de son savoir, il lui sembla logique de s’orienter vers un métier d’entraîneur. Il devint assistant du Club Aquatique de la région de Tallahassee début 1986. Le coach en chef, Terry Maul, lui tendit une pile de livres, de magazines et d’articles sur la motivation, la stratégie et la technique d’entraînement. L’équivalent de deux mois de lectures, que Bob ingurgita en une nuit. Plus tard, Bob travailla avec les Marlins de Cincinnati. Il prit soin d’une nageuse de brasse, Michele Shroder, une personne très positive qui influença l’approche que Bob avait du coaching. Parfois Michele annonçait à Bob qu’elle allait réaliser quelque chose, même quand lui-même doutait de ses capacités. Il apprit à se nourrir de sa confiance, comme plus tard je crois qu’il s’est nourri de ma confiance. Michele nageait à l’Université du Texas. Bob travailla à Birmingham, Alabama, puis au club de la vallée de Napa. Il y entraîna Eric Wunderlich, un des cracks de la brasse US. En neuf années, il coacha dans sept endroits de cinq Etats différents. En 1995, tout allait bien, Wunderlich semblait pouvoir devenir son premier nageur retenu dans une équipe olympique. Il fut auditionné pour devenir le coach du prestigieux Dynamo d’Atlanta. Il avait essayé dès 1990 d’en devenir l’assistant entraîneur mais on l’avait écarté parce qu’il paraissait devoir mieux s’entendre avec les nageurs qu’avec les parents et les administrateurs. Cette fois encore, le Dynamo lui préféra un autre entraîneur et dans la même semaine Wunderlich lui apprit qu’il quittait le club. Bob songea à quitter la profession. Il se mit à étudier à l’Université d’Auburn en vue d’un diplôme de gestion d’exploitation agricole. Pendant ce temps, il travailla à temps partiel comme assistant dans l’équipe d’Auburn. Les Jeux olympiques approchaient, quand Murray Stephens, l’entraîneur chef du North Baltimore Aquatic Club (NBAC) le contacte. Stephens avait coaché Anita Nall, nageuse olympique à 16 ans en 1992, et coachait Beth Besford, qui allait enlever le 100m dos des Jeux d’Atlanta. Il veut Bowman qui résiste, et lui offre 35.000$ (il en gagne alors 10.000) par an. » Bowman entraînera donc Phelps vers la gloire.

Les succès de ses nageurs, Phelps en tête, lui assurent d’être élu entraîneur US de l’année 2001, 2003, 2007, 2008 et 2012. Il est coach assistant de l’équipe olympique US aux Jeux d’Athènes en 2004, chargé plus spécialement de l’entraînement de Phelps. Rebelote en 2008 et en 2012. Après les Jeux olympiques de 2012, saisi par le besoin de se ressourcer, il prend neuf mois sabbatiques. Dès son retour, il est sollicité par le champion olympique français Yannick Agnel, qu’il entraîne avant les championnats du monde de Barcelone.

BARON [Bengt]

Natation. (Nacka, Stockholm, 6 mars 1962-). Suède. Champion olympique du
100 mètres dos, à Moscou, en 1980, en 56’’53, cet élève du SK Korrugal de
Finspang, en Suède, étudiant  et nageur à Berkeley de 1,93m pour 83kg est également 3e (médaillé de bronze) avec le relais quatre fois 100 mètres nage libre (3’22’’69) des Jeux à Los Angeles, en 1984. Entre-temps, il enlève des médailles aux mondiaux (3e sur 100 mètres papillon et quatre fois 100 mètres libre) et aux championnats d’Europe (argent en 1981 du relais quatre nages. En 1985, il fait sa dernière apparition sur un podium européen, avec le bronze du quatre fois 100 mètres 4 nages. Il est marié à une nageuse de papillon suédoise, Ulla (Agneta Linnéa) Mårtensson.

BARNIER [Romain]

Natation. (Marseille, 10 mai 1976-). France. Nageur puis entraîneur français. Il enlève trois titres de champion d’Europe juniors en 1993, sur 100, 200 mètres et quatre fois 200 mètres. Déçu par sa non-qualification pour les Jeux d’Atlanta, il quitte en 1996 son club d’Antibes (entraîneur : Guy Giacomoni) pour l’Université d’Auburn (coach : David Marsh), la grande équipe universitaire US (8 titres NCAA entre 1997 et 2009), avec laquelle il nage (en compagnie de Lionel Moreau) en 1997, 98 et 99. Après des Jeux de Sydney (2000) ratés, il réussit des performances de qualité, 22’’52 au 50 mètres, 49’’21 au 100 mètres, 1’49’’39 au 200 mètres l’été suivant, puis, l’hiver 2001-2002, en petit bassin, 22’’05 au 50 mètres, 47’’53, record de France, au 100 mètres, 1’45’’45 au 200 mètres. 3e sur 100 mètres des championnats d’Europe (pb) en 2001. 4e du 100 mètres des championnats d’Europe de Berlin en 2002, il y enlève la médaille d’argent avec le relais français quatre nages. Champion de France du 100 mètres et du 200 mètres en 1993 et en 1996, il réussit en 2005 un triplé aux CF (pb), sur 100 libre, 50 et 100 papillon.

Romain Barnier, entraîneur à succès, se distingue : il n’a aucun diplôme d’entraîneur. Mais il ne semble pas en avoir besoin, se site tout en haut de la hiérarchie des entraîneurs français auxquels il participe à l’accès à un statut mondial ; il observe, à Antibes (coach : Guy Giacomoni), à l’Université d’Auburn (coach : David Marsh) et applique ce qu’il retient au Cercle des Nageurs de Marseille dont il devient manager en 2006. D’abord éloigné de l’entraînement proprement dit, il s’immisce dans le travail au bord du bassin. Il s’inspire des méthodes qu’il a suivies et qui ont participé à sa formation. Ses élèves comptent parmi les meilleurs sprinters du monde : Fred Bousquet, Fabien Gilot, Camille Lacourt, William Meynard, Rafael Munoz (Espagne), Roland Schoeman (Afrique du Sud), Inge Dekker et Fermke Heemskerk, plus tard (2011) Florent Manaudou. C’est un meneur d’hommes habile, qui « coache » avec maestria le relais quatre nages champion d’Europe 2010, qui laisse les Russes à quatre mètres. Pour les besoins d’un article (non publié), Romain Barnier, répondant à quelques questions précises, vers 2010, donne quelques clés de sa méthode :

ROMAIN BARNIER, HOMME DE METHODE

PAS PEUR D’EN FAIRE MOINS

« Dans l’entraînement tel que je le conçois, la question du kilométrage ne se pose pas. J’ai abandonné la peur liée au manque de kilomètres parcourus. La saison dernière, Marseille a fait deux préparations rapprochées. Donc deux affûtages, plus de repos et moins de distance nagée. Et ça a marché : nous avons été bons à l’Open de Paris et aux championnats d’Europe.

Un de mes leitmotive est : en faire le moins possible pour faire le mieux possible. Il ne s’agit donc pas d’en faire moins pour en faire moins, mais d’innover pour faire progresser les athlètes. Avec les effets bénéfiques sur la longévité sportive : j’ai des nageurs de 29-30 ans avec quinze ans de carrière.

En faire moins ? Ça peut être, au lieu de deux heures dans l’eau, passer une demi-heure d’explications qui vont aider à mieux nager pendant une heure et demie.

C’est quoi, un sport où on couvre 60km par semaine pour un effort de 47’’ dont 34’’ seulement sont passées à nager ? Je vois mal des coureurs de 400m (effort de temps équivalent à celui du 100m crawl) courir 60km par semaine. En athlétisme, plus d’un tiers du travail se passe en étirements. »

LE MODELE D’AUBURN

« Attention : on fait le travail. Fred Bousquet nage 30-35km par semaine, Gilot 45km (et 20 en période d’affûtage). Mais les kilomètres ne nous obnubilent pas.

Le souci de nager beaucoup, qu’on retrouve dans le BEESAN, le diplôme français d’entraînement, nous est venu des Russes. Moi, j’ai repris le modèle d’Auburn, en Alabama, un centre illustré par ses entraîneurs mythiques, Richard Quick, David Marsh, et qui qualifie facilement cinq nageurs ou plus à chaque Jeux olympiques. C’est plus à la carte, pas trop planifié. Quand je découvre quelque chose de nouveau, je l’intègre : c’est un choix pour rester créatif. Aujourd’hui, le CN Marseille est presque au niveau d’Auburn. »

1000 DECOUPES POUR UN 100 METRES

« A l’entraînement je n’attends pas de mes nageurs qu’ils soient vite, mais précis. Je recherche le geste parfait, le modèle technique.

Une course est une œuvre. Une symphonie, qu’on peut découper de mille façons : un 100m, c’est 67 coups de bras, 9, 4 ou 2 secteurs ; et chaque mouvement peut être à son tour découpé. On peut opérer une véritable dissection. »

LE NAGEUR CONSTRUIT SON FILM

« Les nageurs se copient. Voyez nager Agnel. Il a copié Camille Muffat. Gilot, en quatre ans, a « piqué des trucs » à Bousquet, comme son échauffement, son retour des bras tendus sur 50m et cette efficacité que Bousquet cherche dès le premier mètre à l’entraînement. Meynard, à côté de Schoeman, Gilot et Bousquet, peut emprunter à ces grands nageurs.

Même chose pour les entraîneurs : on progresse entouré d’autres personnes. Ici, à Marseille, nous sommes quatre, pour 21 nageurs. Nous nous parlons sans arrêt, nous nous critiquons. Le nageur va vers l’entraîneur qui lui convient. Il construit son film. Avoir plusieurs mentors, c’est bâtir son autonomie. Et le comble de l’art, pour tout enseignant, c’est de se rendre inutile : c’est pourquoi, le jour de la compétition, j’arrive mains dans les poches, sans chrono. Les autres disent : quelle arrogance. Et pourtant : si j’ai bien travaillé, je n’ai plus rien à faire. »

TECHNIQUE DE POINTE

« Les effets de ce travail technique ? A Budapest, Gilot a le meilleur virage de toute la finale du 4 fois 100m quatre nages ; Bousquet le meilleur 15m des ½ finales du 50m, et Meynard le virage (du 45 au 60m) le plus rapide de la finale du 100m. Notre Stephan Caron, 3e du 100m olympique en 1988, à Séoul, aurait gagné s’il avait eu les départs et les virages de son vainqueur, Matt Biondi. »

QUI EST LE PATRON

            « Bien entendu, c’est moi. J’essaie de leur donner le plus souvent l’impression qu’ils décident. »

BOZON [Alicia, Monique, Jessica]

Natation. (Chambray-lès-Tours, 1er juin 1984-). France. Fille de deux champions de natation, Gilbert Bozon et Sylvie Le Noach, elle fut entraînée d’abord par son père (1994-96), puis par sa mère (au « pôle espoirs » de Tours). Elle amena le record de France du 400 mètres (de Cécile Prunier) à 4’12’’04), remporta en 2001, en Coupe du monde (petit bassin) à Stockholm, le 400 mètres en 4’9’’45, fut médaillée de bronze européenne au relais quatre fois 200 mètres à Helsinki (2000), finaliste olympique (en relais) à Sydney (2000) et mondiale sur 400 mètres à Fukuoka (2001). Elle choisit après les Jeux de Sydney de privilégier ses études.

BOWEN [Martha « Maggie »]

Natation. (Jackson, 9 avril 1980-). États-Unis. nage vers 1994 avec sa sœur Mimi qui sera comme elle championne NCAA (universitaire) dans l’équipe de l’Université d’Auburn. Championne du monde 2001 du 200 mètres quatre nages (en 2’11’’93) où elle met fin à  »l’invincibilité » de Klochkova, 2e du 400 mètres quatre nages (4’39’’06) derrière Klochkova.

BOVELL [George Richard Lycott]

Natation. (Guelph, Ontario, Canada 18 juillet 1983-). Trinidad & Tobago. Issu d’une famille très sportive, mère (Barbara Bishop) championne du Canada de course à pied, père (George) nageur, frère (Nicholas) nageur olympique, il nait au Canada, mais grandit à Arima, Tobago. Il commence à nager à sept ans, puis étudie dans la célèbre High School Bolles, de Jacksonville, une institution fameuse pour un cursus très favorable à la pratique du sport. Il effectuera ses études universitaires à Auburn. Ce grand gaillard filiforme de 1,95m pour 74kg participe aux Jeux olympiques de 2000, 2004, 2008 et 2012. Il est, aux Jeux d’Athènes, en 2004, 3e du 200 mètres quatre nages derrière Phelps et Lochte, mais devant des références comme Laszlo Cseh et Thiago Pereira, 11e sur 100m (49’’53) et 200 mètres (1’49’’59). Un peu plus tard, opéré d’un genou qui le fait souffrir depuis un an (déchirure d’un ligament croisé postérieur), il lui est déconseillé de nager en brasse. Aussi se cantonne-t-il à la nage libre. Il rejoint Mike Bottom à l’université californienne de Berkeley, puis le suit en 2007 au Race Club de Gary Hall, où s’entraînent Cavic, Nathan et Draganja. En 2008, à Pékin, il finit 11e du 50 mètres en 21’’86 et 19e du 100 mètres des Jeux olympiques, en 48’’83. La musculation liée au sprint l’a fait passer à 92kg. Deux ans plus tard, il retourne à Trinidad où, entraîné par… Anil Roberts, le ministre des sports, il renoue avec ses racines et prépare les compétitions à venir. Il termine trois fois 7e du 50 mètres, aux mondiaux de Rome 2009 (21’’51, mais 21’’20 en barrage, plus vite que le médaillé d’argent Bousquet en finale), de Shanghai 2011(22’’04) et des Jeux de Londres, 21’’82, 21’’77 en séries puis en demi-finale. Sa présence à Londres aurait pu être compromise par un incident grave. Le 19 août 2011, sa BMW percute un camion. Inconscient, il est transporté à l’hôpital du district de Sangre Grande, puis a Centre médical St Clair de Port of Spain. Entre autres, il a été blessé à la tête. Pertes de vision et de mémoire, rythme cardiaque et tension élevés au risque d’une attaque cérébrale fatale. Heureusement, les symptômes liés à la commotion cérébrale s’effacent.

En 2013, aux mondiaux de Barcelone, où, pour la première fois, il ne se brûle pas en éliminatoires, frôlant même l’élimination en séries (14e en 22’’09) et en demi (8e en 21’’74), Bovell enlève la médaille de bronze du 50 mètres en 21’’51, derrière Cielo, 21’’32, et Morozov, 21’’47.