Catégorie : Biographies

CIELO FILHO [Cesar]

Natation. (Santa Barbara d’Oeste, Sao Paulo, 10 janvier 1987-). Brésil. Le fils d’un médecin pédiatre et d’une enseignante d’éducation physique, il nage, enfant, à l’Esporte clube Barbarense, où sa mère enseigne la natation, sous le coaching de Mario Francisco Sobrinho. A 13 ans, il passe au club Picaciraba (coach Reinaldo Rosa) ; à 16 ans, il nage à l’Esporte Clube Pinheiros, à Sao Paulo, où l’entraînent Alberto Silvia, puis Gustavo Borges, qui lui offrira sa tenue des Jeux olympiques d’Athènes. Il est ami d’Andre Schultz, dont les parents ont installé une piscine de 50 mètres de deux lignes d’eau dans leur propriété, où il s’entraîne. Cielo, qui s’interdit de perdre, étudie à neuf ans des films d’Alexandre Popov, afin de découvrir ses secrets de sa nage. C’est à quinze ans, ayant été battu en dos, sa première nage préférée, par Guilhermo Guido, qu’il décida de se concentrer sur le crawl. Retour d’un stage en Floride, il défit nettement Guido en nage libre. En 2005, Cesar reçut une bourse d’études universitaires à Auburn, que dirige le coach australien Brett Hawke. Le contrat d’études est très sévère, interdiction de girlfriends, de sorties nocturnes, de boire. Cielo nagera trois années dans les programmes universitaires, remportera six championnats nationaux, et battra les records NCAA sur 50 et 100 yards. Sprinteur d’exception (1,93m, 88kg), il brille aux Jeux Panaméricains 2007, enlevant le 50 mètres (21’’84) et le 100 mètres (48’’51) ainsi que le 50 mètres papillon (23’’88) ; la même année, il échoue au pied du podium des mondiaux de Melbourne sur 100 mètres (4e), est 6e du 50. Aux championnats universitaires NCAA, il réussit cette année le doublé 50 et 100 yards en 2007 (18’’69 et 41’’17) ; en 2008, il conserve ses deux trophées,  améliore les records US sur 50 yards, en 18’’52 (épreuve individuelle), puis 18’’47 (départ du relais), et 100 yards, en 40’’92 (ancien record, Erwin, 41’’62). Il devance Phelps (48’’34) au Grand Prix de l’Ohio (avril). En 2008, il est conseillé par Fernando Scherrer. Aux Jeux olympiques de Pékin, il remporte la médaille d’or du 50 mètres devant les Français Leveaux et Bernard, et, sur 100 mètres, 47’’67, partage celle de bronze avec Lezak, derrière Bernard et Sullivan. En 2009, dominateur, il réussit le doublé du sprint aux mondiaux, à Rome, où il gagne le 50 mètres (21’’08) et le 100 mètres, en 46’’91, record du monde de la distance. Au départ du relais brésilien, plus tôt dans les championnats, il nage, au start, 47’’39 en séries, puis 47’’09, à 4/10e du record du monde, en finale, performances qui confirment, si besoin eux, sa suprématie. En 2010, il semble bien parti vers une grande saison avec son nouveau club, le clube de Regatas do Flamengo de Rio de Janeiro, réalisant le 50 mètres le plus rapide sans les combinaisons, en 21’’55, mais il est battu aux PanPacifics, 2e du 50 mètres et 3e du 100 mètres (il gagne le 50 mètres papillon). Il est affecté par des accusations de dopage (diurétique interdit) qui le troublent. Aux mondiaux de Shanghai, en juillet, il gagne le 50 mètres papillon, enlève le 50 mètres avec une très large avance, en 21’’52 contre 21’’90 à l’Italien Luca Dotto et 21’’92 au Français Alain Bernard qui l’accompagnent sur le podium, mais est évincé des médailles sur 100 mètres (4e), après avoir signé le passage le plus rapide à mi-course, en 22’’63. Aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, Cielo, 21’’59, est 3e du 50 mètres derrière Manaudou, 21’’34, et Cullen Jones, 21’’54, 6e du 100 mètres (47’’92). En 2013, à vingt-six ans, il retourne s’entraîner à Auburn avec Brett Hawke, et montre qu’il n’entend pas dételer. Il remporte le 50 mètres libre (21’’32) et le 50 mètres papillon (23’’01) des championnats du monde de Barcelone, mais ne participe ni au 100 mètres individuel, ni aux relais de sprint.

Outre ses activités de nageur, Cielo est agent de sportifs et restaurateur.

BEISEL [Elizabeth]

Natation. (Saunderstown, Rhode Island, 18 août 1992- ). USA. Championne du monde 2011 du 400 mètres 4 nages, à Shanghai. Fille de Ted et de Joan, qui fut elle-même une nageuse universitaire de Rhode Island, ce gabarit normal (1,70m, 61kg) parmi quelque géantes, fut à treize ans la plus jeune membre de l’équipe des USA. Surnommé Bekel ou Diesel, elle a de ce moteur l’endurance. Titulaire d’une bourse d’études à l’Université de Floride, à Gainesville, et membre du club des Gators (Floride) entraînés par Gregg Troy, la gamine qui se rêvait actrice et la jeune étudiante qui veut devenir commentatrice de sport, a obtenu plusieurs honneurs dans la natation universitaire, remportant le titre NCAA sur 200 yards dos (1’50’’58) en 2012. Dès l’âge de 14 ans, elle nagea aux mondiaux 2007, se plaçant 12e (2’12’’09) du 200 mètres dos. 2e des sélections US pour les Jeux de Pékin dans deux courses, le 400 mètres quatre nages en 4’32’’87 et le 200 mètres dos, elle fut, chaque fois, devancée par une nageuse qui améliorait le record du monde : Kathie Hoff en 4’31’’12 et Margaret Hoelzer en 2’6’’09. Aux Jeux, Beisel réalisa le meilleur temps des séries du 400 mètres quatre nages, et finit 4e en finale (4’34’’24). Sur 200 mètres dos, auteur de la 6e performance des séries (2’9’’02), puis gagnante de la 1ère demi-finale (2’7’’90) avec le 2e temps global, devancée seulement par les 2’7’’76 Kirsty Coventry, elle ne put faire mieux que 5e de la finale – en 2’8’’23 – remportée avec un record du monde par Coventry, 2’5’’24, devant Hoelzer, 2’6’’23 et la Japonaise Reiko Nakamura, 2’7’’13. Aux championnats des USA 2009, Beisel se présenta dans quatre épreuves, et remporta ses deux courses favorites, le 400 mètres 4 nages en 4’36’’31 et le 200 mètres dos en 2’8’’80. Aux championnats du monde, dominés par le duel de Coventry, 2’4’’81, et de Zuyeva, 2’4’’94, elle finit 3e du 200 mètres dos, frôlant (2’6’’39 contre 2’6’’09) le record US de Hoelzer, et 5e du 400 mètres 4 nages, où, luxueusement qualifiée avec le 2e temps, 4’34’’80, elle reste éloignée des médailles avec 4’34’’90. Toujours sur la brèche dans ses deux « spéciaux », aux championnats US 2010, elle conserve son titre du 200 mètres dos (2’8’’50) mais dégringole à la 4e place du 400 mètres 4 nages. En revanche, elle triomphe sur cette épreuve aux PanPacifics, en 4’34’’69, trois secondes devant sa suivante, comme sur 200 mètres dos, dans le temps de 2’7’’83. En vue des mondiaux de Shanghai, en 2011, elle se qualifie en remportant trois titres US : 200 mètres dos en 2’8’’81, 200 mètres 4 nages en 2’10’’75 et 400 mètres 4 nages en 4’34’’78. En Chine, elle se qualifie en 3e position des séries et des demi-finales du 200 mètres dos et se classe 5e en 2’8’’16 de la finale survolée par Missy Franklin (2’5’’10). Elle domine le 400 mètres 4 nages en 4’31’’78, nettement devant Hannah Miley (4’34’’22) et Stephanie Rice (4’34’’23). Aux sélections olympiques de 2012, Beisel montre l’étendue de ses ambitions : elle améliore son record personnel sur 400 mètres 4 nages, qu’elle gagne en 4’31’’74, et se qualifie en dos, 2’7’’58, derrière la ‘’colossale’’ Missy Franklin (1,85m). Elle tente sa chance sur 400 mètres libre où elle se classe 5e en 4’7’’29. Aux Jeux olympiques de Londres, elle est 3e du 200 mètres dos derrière Franklin et Zuyeva et 2e du 400 mètres quatre nages, incapable de résister à la remontée sensationnelle de la Chinoise e Shiwen. En 2013, 3e du 200 mètres dos des championnats US d’Indianapolis derrière Franklin et Pelton, elle se qualifie seulement dans les courses de quatre nages pour les mondiaux de Barcelone, où elle termine 3e du 400 quatre nages (4’31’’69 derrière Hosszu et Belmonte) et 12e du 200 mètres quatre nages.

Marc BEGOTTI ENTRE TECHNIQUE ET MUSCULATION

(Bonneville, Haute-Savoie, 20 mai 1958-). Entraîneur. Professeur de sport. Il commence à entraîner en 1981, est entraîneur national de 1998 à 2009, entraîneur olympique aux Jeux de Séoul, Barcelone, Sydney, Athènes et Pékin. Marc Begotti est l’un des premiers entraîneurs de natation en France à introduire le travail de musculation dans le programme d’entraînement, il est également à l’origine « des analyses de courses » qui permettent de proposer un entraînement ciblé. Passionné par l’enseignement de la natation, il place l’amélioration de l’efficience motrice au centre du processus d’entraînement dès 1981. Il emmène Catherine Plewinski pendant l’essentiel de sa carrière, entre 1982 (il a alors 24 ans, elle n’a pas encore quatorze ans) et 1993. Sous sa direction Plewinski remporte deux médailles de bronze olympiques, deux médailles d’argent et une de bronze en championnats du monde ainsi que cinq titres de championne d’Europe, deux médailles d’argent et deux de bronze européennes. Entraîneur national, il accompagne Franck Esposito (qui ne progresse plus depuis 5 ans) à partir de 1997 jusqu’à la fin de sa carrière. Esposito enlève sous sa direction trois des quatre (1991, 1997, 1999, 2002) titres européens de sa carrière, et sa seule médaille (argent) en championnats du monde, en 1998. Idem pour Solenne Figues à partir de 2002 (médaillée de bronze olympique 2004, championne du monde 2005 sur 200m), il entraine également Simon Dufour, Christophe Lebon et Alain Bernard et un grand nombre d’internationaux. En qualité d’entraîneur national il accompagne des entraîneurs de pôles : Michel Guizien, Jean Lionel Rey, Denis Auguin, Frédéric Barale. Après les Jeux de Pékin, Claude Fauquet, dont il est l’un des fidèles et l’un des adjoints, démissionne. Il ne fait guère bon, alors, de faire partie de cette phalange dont les mérites sont pourtant exceptionnels ! Il quitte la DTN et, malgré l’intérêt, qu’il fait connaître aux instances, pour la préparation des jeunes, à laquelle il a brillamment participé jusqu’alors, Christian Donzé, auquel il a fait de l’ombre quand tous deux travaillaient dans la même région, et qui le jalouse, ne lui offre aucune mission nationale. On lui préfère un administratif plein de bonne volonté mais dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas su préparer les équipes de jeunes aux championnats d’Europe juniors 2010 et 2011. C’est toute l’ironie de la fonction d’entraineur national : c’est quand elle n’est plus assumée qu’on s’aperçoit du plus qu’elle apportait. En pleine force de l’âge et au sommet de ses savoirs, Marc devient CTR de natation de sa région d’origine le Dauphiné-Savoie ; il s’intéresse particulièrement à la formation des entraîneurs, ayant comme objectif d’élever le niveau en natation de cette région. Depuis l’été 2013, on évoque la participation de Marc Begotti à une mission liée à l’information des entraîneurs, auprès de Denis Auguin.

BÉCUE [Brigitte]

Natation. (Courtrai, 18 septembre 1972-). Belgique. Entraînée à Bruges par Stefaan Obreno, puis plus tard par Paul Bergen à Beaverton et, en 2000, par Paul Wildeboer à Sabadell, cette Belge, petite et légère (1,62m, 50-55kg) fut la meilleure nageuse européenne de brasse des années 1990, élue Sportive belge de l’année en 1994 et en 1995. Elle n’a ramené aucune médaille de ses cinq participations à des Jeux olympiques et une seule, de bronze, au plan mondial, sur 200 mètres brasse (2’28’’85), à Rome, en 1994. En revanche, son palmarès européen est riche. Trois fois championne d’Europe, sur 200 mètres brasse (2’31’’18) à Sheffield en 1993 et (2’27’’66) à Vienne en 1995, et sur 100 mètres brasse (1’9’’30) à Vienne en 1995, elle fut aussi médaillée européenne d’argent sur 200 mètres brasse (2’29’’94) en 1989 à Bonn, 200 mètres quatre nages (2’16’’25) en 1995 à Vienne, en relais quatre fois 100 mètres 4 nages (4’9’’52) en 2000 à Helsinki, et de bronze sur 200 mètres brasse (2’28’’90) en 1997 à Séville et 100 mètres brasse (1’10’’23) en 1999 à Istanbul. Championne d’Europe du 100 mètres brasse en petit bassin avec 1’7’’71 à Sheffield en 1998, avec 1’8’’15 à Lisbonne en 1999, où elle est également 3e du 200 mètres brasse (2’26’’82). Surnommée BB dans son pas, Brigitte est restée une célébrité en Belgique où ses faits et gestes (une participation au Dakar entre autres) sont régulièrement rapportés par les media. Elle prit sa retraite sportive en 2002, puis est devenue entraîneur de natation, d’abord au club d’Overijse, où elle vit, puis à Bastogne (2007), et à Anvers (2010).

BEAUREPAIRE [(Sir) Francis « Frank » Joseph Edmond]

 

Natation. (Melbourne13 mai 1891-Melbourne, 29 mai 1956). Australie. Tout au long d’une carrière qui s’étendit sur un quart de siècle, de 1903 à 1928, cet Australien participa aux quatre Jeux Olympiques, de 1908 à 1924, enlevant trois médailles d’argent et trois de bronze – la dernière à l’âge de trente-trois ans – sur 400m (2e en 5’44’’2 en 1908), sur 1500m (trois fois 3e, en 22’56’’2 en 1908,en 23’4’’ en 1920, en 21’48’’4 en 1924) et sur 4x200m (2e en 1920 et en 1924). Il fut privé d’une autre chance olympique en 1912, quand il fut suspendu, injustement, pour faits de professionnalisme. Il établit huit records du monde. Il avait quatre ans quand son père lui infligea sa première leçon de natation aux Bains du Sud Melbourne, le jetant dans l’eau au bout d’une corde. Dans son enfance, les médecins lui avaient interdit formellement de nager, en raison d’une fièvre rhumatismale qui le tint alité pendant une année, mais Beaurepaire, encouragé dans ce sens par son instituteur et barbier Tommy Horlock, qui deviendrait son entraîneur, il ne tint aucun compte de cet avis, reprit l’entraînement au club de son école et devint un des meilleurs nageurs du monde. A 15 ans, il enleva les titres de l’état de Victoria sur 220 yards et 440 yards. Sélectionné en 1908 pour les Jeux olympiques de Londres, avec son entraîneur Horlock, tous deux s’aperçurent, une fois arrivés sur place, que rien n’avait été prévu pour les recevoir, et qu’ils devaient survivre pendant trois mois sur les 16£ qu’ils avaient en poche. Il dut s’entraîner dans une eau à 10° aux Highgate Ponds. Il disputa une descente de la Tamise de 15 miles (24km), s’évanouit et dut être sorti de l’eau. Toujours avant les épreuves olympiques, il gagna les 880 yards des championnats de Grande-Bretagne, à Bradford, aux dépens de Henry Taylor, et les 220 yards, disputés à Nottingham. La compétition olympique se disputa dans un « trou » creusé dans le stade olympique, empli d’eau non filtrée ni chlorée, vite transformé en cloaque. Beaurepaire, grippé, finit 2e du 400 mètres et 3e du 1500 mètres, courses gagnées par Taylor. Après les Jeux, Beaurepaire fut opposé à Taylor sur 500 yards et sur un mile, gagnant cette épreuve-ci. Retourné en Australie, il améliora le record du monde des 300 yards et, en 1910, celui des 220 yards. Cette année, lors d’une tournée en Grande-Bretagne, il améliora les records du monde des 200 mètres, 300 yards, 400 mètres, 500 mètres et 1000 yards, trois d’entre eux dans une seule course. En l’espace de quatre mois, il disputa et remporta 41 courses, et enleva tous les titres britanniques, des 100 yards au mile. En 1911, forcé d’abandonner au cours des 440 yards des championnats d’Australie, il subit sa première défaite en trois ans. Devenu professeur de natation, la FINA lui interdit de nager aux Jeux olympiques pour fait de professionnalisme. Cette décision fut annulée en 1914. Après la Guerre mondiale, où il servit en Egypte, en Angleterre et en France, il fut hospitalisé en 1917 et renvoyé en Australie. Il retrouva la forme en 1920, et battit le record du monde des 1000 mètres. Aux Jeux d’Anvers, il arracha le bronze du 1500 mètres et reçut avec le relais l’argent du 4 fois 200 mètres. La même année, il effaça les records du monde des 1000 yards, 1000 mètres, 1500 mètres et du mile. A 34 ans, aux Jeux de Paris, il parvint encore à gagner le bronze du 1500 mètres gagné par Boy Charlton devant Arne Borg. Le sauvetage périlleux, en compagnie de Jack Chalmers, de la victime d’un grand requin blanc, en 1922, lui valut de recevoir la médaille d’or de la Royal Humane Society et une somme de 550£, qui lui permit de créer son entreprise de pneus de voitures, dont la valeur estimée à sa mort était de £8 millions à sa mort. Devenu maire de Melbourne (de 1940 à 1942), il était sur la brèche à l’approche des Jeux Olympiques de 1956, que la ville allait organiser, mais il mourut, victime d’une crise cardiaque sept mois avant cet événement.

MEILUTYTE [Rüta]

Natation. (Kaunas, Lituanie,19 mars 1997-). Lituanie. A quinze ans, cette collégienne de Plymouth, en Grande-Bretagne, où elle est entraînée par John Rudd (Plymouth Leander Swimming program), a déjà battu quinze records de Lituanie. A Trébizonde, en Turquie, elle enlève le 100m brasse du Festival Olympique d’été de la Jeunesse, mais nage surtout le crawl. Meilutyté provoque la surprise aux Jeux olympiques, où, dans le temps de 1’5’’47, elle défait la favorite Rebecca Soni, 1’5’’51, sur 100m brasse, après avoir, en série, amélioré en 1’5’’21, le record d’Europe (et son record personnel de deux secondes). Elle a perdu sa mère (tuée par une voiture) à l’âge de quatre ans, et les familiers disent qu’elle est le portrait de la disparue. Elle vit avec une grand’mère, dans une région baignée de lacs et de rivières. Elle apprend à nager à sept ans pour être en sécurité dans l’eau. Championne olympique, elle souffre toujours d’une certaine anxiété dans la mer. De taille et de morphologie moyenne (1,72m, 64kg), Meilutyté, qui a quitté Kaunas, en Lithuanie, pour la Grande-Bretagne avec son père Saulius, au cours de l’été 2010, n’a pas de particularité si ce n’est des pieds assez grands (taille 43). Qui lui donnent un bel avantage dans les « ciseaux » de brasse comme dans le battement de jambes de crawl. Mais c’est surtout une fille douée et très sérieuse, explique John Rudd, lequel ajoute « l’eau peut être une amie ou une ennemie quand elle nage. Elle a quinze ans, mais est très forte, elle a le corps d’une femme. Son éthique de travail est fantastique, elle est méticuleuse dans les détails. Elle contrôle sa vie sociale, ne la laisse pas envahir sa nage. L’école et la piscine suffisent à son bonheur…. Quand elle est arrivée à Plymouth, elle se voyait crawleuse. Son crawl est bon, mais je me suis étonné que ses qualités de brasse n’aient pas été détectées. Dieu merci, nous avons fait le bon choix. »

En 2013, Ruta progresse encore. Aux championnats du monde de Barcelone, elle amène en demi-finales, grâce à une superbe mise en action, le record du monde du 100 mètres brasse, 1’4’’45 par Jessica Hardy, à 1’4’’35. En finale, encore une fois la plus vite en action, elle l’emporte en 1’4’’52. Sur 50 mètres brasse, Efimova bat le record du monde en 29’’78 ; Rüta améliore ce temps en demi-finales, l’amenant à 29’’48. En finale, Efimova est cette fois la plus vive dans la mise en action. Rüta remonte mais la Russe l’emporte en 29’’52 contre 29’’59.

FRIIS [Lotte]

Natation. (Blovstrod, Horsholm, Hovedstaden, Danemark, 9 février 1988-). Danemark. Championne du monde 2009, à Rome, du 800 mètres, en 8’15’’92, et 2011, à Shanghai, du 1500 mètres (15’49’’59). Ce beau gabarit (1,84m, 72kg) est notable alors pour son battement faible, généralement à deux temps, son retour aérien des bras tendus. Elle enleva aussi le bronze du 800 mètres des Jeux de Pékin (2008), l’argent du 1500 mètres des mondiaux de Rome (derrière Alessia Filippi), et l’argent du 800 mètres des mondiaux de Shanghai, en 8’18’’20, derrière Rebecca Adlington. Lors du 800 mètres de Rome, elle avait prévu de suivre le rythme des Anglaises, mais se retrouve derrière Potec. Quand celle-ci ralentit, Friis passe devant, à la lutte avec Adlington et Jackson, accumule une faible, mais nette, avance, qui lui permet de résister au sprint final de Jackson. A Shanghai, Friis améliora le record national du 400 mètres, terminant 5e en 4’4’’68. Aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, Lotte améliore deux fois ce record, en 4’4’’22 et 4’3’’98, pour échouer à la 4e place en finale. Sur 800 mètres, après avoir animé la course enlevée par Ledecky (passage en 4’5’’72), elle succombe aux accélérations de l’Américaine et ne peut faire mieux que 5e en 8’23’’86, loin de son temps de Shanghai, et moins bien qu’en séries… Friis, sociétaire du Sigma-Allerod Svommeklub, s’est entraînée au centre national de l’élite de Farum. Son départ du club et celui de quelques autres nageurs, a conduit son entraîneur Ejnar Larsen à abandonner la natation : « le système du Centre national d’entraînement est valable, mais il ne permet pas à un entraîneur de club d’assouvir ses ambitions. »  Lotte, qui a été championne d’Europe en petit bassin en 2007, et été plusieurs fois médaillée européenne sur 800 mètres et 1500 mètres, notamment en petit bassin, songe un moment à la retraite, mais elle est conviée à rendre visite à des nageurs niçois et se passionne pour les méthodes de Fabrice Pellerin, leur entraîneur. Elle accepte une proposition du club de nager à Nice. Elle rejoint donc les champions olympiques Yannick Agnel et Camille Muffat. Ce changement paie ses fruits, et relance sa carrière, à 25 ans. Friis gagne le 800 mètres des championnats d’Europe en petit bassin à Chartres, en novembre 2012. Aux championnats du monde de Barcelone, juillet-août 2013, elle va porter la contestation à Ledecky, essayant par deux fois, sur 800 mètres et 1500 mètres, de l’écoeurer au train. Elle n’y parviendra pas, et enlèvera les médailles d’argent des deux courses, en 8’16’’32 et 15’38’’88 (record d’Europe). Ce faisant, elle pulvérise en maillot ‘’textile’’ des performances qu’elle avait réalisées en ‘’combinaison’’, ce qui représente des perfomances très supérieures.

LEDECKY [Kathleen Genevieve “Katie”]

Natation (Washington, 17 mars 1997-). USA. Championne olympique du 800 mètres en 2012, à Londres, elle s’impose l’année suivante comme la meilleure nageuse de demi-fond, enlevant trois titres mondiaux individuels et un quatrième avec le relais quatre fois 200 mètres, battant les records du monde du 800 et du 1500 mètres. Katie réside avec ses parents à Beteshda, dans le Maryland et étudie à la Stone Ridge School of the Sacred Heart. Son père, David, originaire de Tchécoslovaquie, s’est installé tout enfant, en 1947, aux USA. Son grand-père, E. J. Hagan, passionné de natation, lança la campagne qui aboutit à la construction d’une piscine couverte à Willington. Sa mère, Mary Gen Hagan, y nagea avec ses six frères et soeurs, puis, en compétition, à l’Université du Nouveau-Mexique. Katie commence à nager à six ans à la suite de son frère aîné Michael. Jusqu’à l’été 2012, elle s’entraîne avec le coach Yuri Suguiyama, 30 ans en 2012, au Nation’s Capital Swim Club (anciennement Curl Burke) jusqu’à ce que celui-ci accepte un poste d’assistant à l’Université de Cal Berkeley. Elle est depuis lors entraînée par un vétéran du coaching, Bruce Gemmell. Et nage l’été au Palisades Swim Team de Beteshda.

La petite est douée, adore la compétition, mais elle est peu loquace. Suguiyama, pour en savoir plus, lui demande, après chaque entraînement, de décrire sur une feuille de papier sa journée, ce qui lui a plu et déplu. Katie prend conscience de ses dons vers neuf ou dix ans, mais sans se rendre compte où ses capacités l’amèneront. Son développement dévoile petit à petit sa valeur, et l’amènera par étapes à la première place.

Mais, comme dit Georges Brassens, « sans technique, le talent n’est qu’une sale manie ». La journée type de Katie Ledecky est dirigée vers l’exploitation de ses dons. Deux ou trois fois par semaine, ayant entraînement le matin, elle se lève à 3h55, est dans l’eau à 4h45. Devoirs, poterie (son dada) et nage occupent sa journée d’adolescente « normale ». C’est une fille organisée, croyante et qui fait ses prières

2012 : elle enlève le 800 mètres des sélections olympiques qui se tiennent à Omaha Beach dans le temps de 8’19’’78, devant la favorite Kate Ziegler. Elle est également 3e du 400 mètres en 4’5’’, meilleur temps américain des 15-16 ans de Janet Evans battu, et 9e du 200 mètres en 1’58’’66. Elle a 15 ans 4 mois et 10 jours et c’est la plus jeune participante américaine aux Jeux olympiques de Londres. Là, qualifiée en 3e position dans le temps de 8’23’’84, elle enlève l’or du 800 mètres, en 8’14’’63, loin devant l’Espagnole Mireia Belmonte, 8’18’’76, et la championne olympique de Pékin, Rebecca Adlington, 8’20’’32. Son temps représente la 2e performance de l’histoire, mais la première en maillot de bain « textile ». C’est une course où Ledeck fait montre d’une impressionnante supériorité : en-dehors de Lotte Friis, qui passe en tête aux 100 mètres, Katie signe tous les meilleurs temps de passage de la finale. Elle impose un rythme frénétique (passage en 4’5’’55, presque à son record) qui étouffe les deux filles qui tentent de la contrer, Adlington et Friis. En 2013, ses progrès apparaissent aux championnats-sélections US pour les championnats du monde, à Indianapolis, où elle enlève 400 mètres (en 4’4’’05), 800 mètres (en 8’22’’41) et 1500 mètres (en 15’47’’15 avec 20’’ d’avance sur Chloe Sutton, 16’7’’75. Elle est 2e du 200 mètres derrière Missy Franklin, en 1’57’’63 contre 1’55’’56.
Aux mondiaux qui se tiennent à Barcelone, Katie abandonne l’idée de nager le 200 mètres individuel, dont les dates se chevauchent avec le 1500 mètres. Elle gagne sans coup férir les trois courses de demi-fond, et le relais quatre fois 200m. Sur 400 mètres, le 28 juillet, elle étouffe d’entrée toute contestation par un départ ultra-rapide, 28’’05, 58’’12, 1’28’’25. La championne olympique Camille Muffat, qui s’efforce de la suivre, perd contenance après les 150 mètres et finit loin. Ledecky poursuit son effort, passe, seule sous les 2’ aux 200 mètres (1’58’’74), appuie encore dans la cinquième longueur (2’28’’85), maintient son rythme jusqu’au bout, 2’59’’29, 3’29’’94, et l’emporte en 3’59’’92. Melanie Costa, l’Espagnole, est battue de cinq mètres, en 4’2’’47, la Néo-Zélandaise Boyle de quatre secondes, 4’3’’99. Deux jours plus tard, elle est emmenée pendant 1300 mètres par Lotte Friis, la Danoise qui se sait limitée en vitesse et tente en vain de la lâcher au train. Dans une course marquée par une grande régularité d’allure, Ledecky parvient à décoller Friis à deux cents mètres du but. Les deux filles annihilent le record du monde de Kate Ziegler, 15’42’’54, établi à Mission Viejo le 10 juin 2007. Katie gagne en 15’36’’53, Lotte suit en 15’38’’88. Enfin, le 3 août, poussée par la Danoise Lotte Friis, qui tente de reproduire sa même stratégie que sur 800m, Ledecky colle à la Danoise, la rejoint à trois longueurs du but et se détache et emballe la course par un dernier 50 mètres en 29’’79 plus rapide que celui qui clôt son 400 mètres. Elle bat le record du monde d’Adlington « polyuréthane » aux Jeux de Pékin, en 2008, 8’13’’98 contre 8’14’’10. Deux jours plus tôt, conviée à la finale du relais quatre fois 200 mètres, elle lance la formation américaine qui l’emporte finalement en 7’45’’14, dans un temps de 1’56’’32, nouveau record personnel. Dans l’ensemble de son programme mondial, Ledecky montre une forme excellente, mais aussi une intelligence du train et de la stratégie à suivre. Sur 400 mètres, où elle se sait la plus résistante des finalistes, elle part très vite, étouffe toute possibilité de contre-attaque ou de sprint final, et mène de bout en bout. Sur 1500 mètres, elle suit Lotte Friis, hyper résistante mais incapable d’un vrai changement de rythme, avant d’imposer sa vitesse supérieure. Sur 800 mètres, en séries, ayant déjà battu Friis sur 1500 mètres, elle lui assène des démarrages, puis rétrograde, ceci à répétition. Elle ne reproduit pas ce petit jeu en finale, mais gagne avec une relative aisance.

La course de Katie Ledecky se signale d’ailleurs par une maîtrise des changements de rythme, sur une trame de course marquée par l’égalité d’allure : dans le 800 mètres des Jeux olympiques de Londres, elle réagit dès que Lotte Friis s’empare de la tête, ax 100 mètres, en 58’’70. Katie accélère, passe en tête aux 150 mètres (1’29’’01), conserve ne cadence très élevée à mi-course atteinte en 4’4’’34, son record personnel, 4’5’’.

 

FRANKLIN [Melissa Jeannette « Missy »]

Natation. (Née à Pasadena, Californie, le 10 mai 1995-). Considérée peu ou prou comme la meilleure nageuse du monde en 2011, 2012 et 2013, c’est une fille de très grande taille (1,87m) dotée d’une envergure de 1,93m, de grandes mains, de pieds de taille 46, qui sont des « palmes incorporées », s’amuse à dire son père. Bébé nageur, adorant l’eau, cette fille unique se met à nager sur l’insistance de sa mère, à cinq ans. Elle étudie au lycée Jésuite d’Aurora, dans le Colorado, et son entraîneur, depuis qu’elle a sept ans, est Todd Schmitz, au club Colorado Stars. La fille de deux Canadiens, Richard et Dorothy Franklin, dotée de la double nationalité US et Canadienne, sa mère suggéra qu’elle représente le Canada, où l’accession à l’équipe nationale est plus facile. Elle préféra les USA, et elle n’a pas eu tort, parce que Melissa Franklin est assez forte pour ne pas s’inquiéter de la difficulté d’être sélectionne en équipe ! En 2008, à treize ans, elle participe aux sélections olympiques US. Elle finit 37e, et ne peut, de très loin, se qualifier pour les Jeux de Pékin. En 2010, Missy se qualifie, seconde du 100 mètres dos et du 200 mètres dos des championnats US, pour les PanPacifics qui ont lieu en Californie, à Irvine. Elle termine 4e du 100 mètres dos et ne peut se qualifier en finales sur 50 mètres ni sur 200 mètres dos. Elle s’empare de sa première médaille internationale aux Mondiaux (petit bassin) de Dubaï, en décembre 2010, quand elle finit 2e du 200 mètres dos (2’2’’01) derrière la Française Alexianne Castel (2’1’’67). Egalement 2e avec le 4 fois 100 mètres quatre nages de ces mondiaux où elle est seulement alignée en séries, elle nage aussi sur 50 et 100 mètres dos, 100 mètres et 200 mètres quatre nages et dans le relais 4 fois 200 mètres. Entre le 24 et le 31 juillet 2011, ne cessant de progresser, elle conquiert cinq médailles aux mondiaux de Shanghai : d’or sur 200 mètres dos (2’5’’90 en séries, 2’5’’10 en finale, records US), et dans deux des trois relais. Sur 4 fois 200 mètres (7’46’’14, avec Dagny Knutson, Katie Hoff, Allison Schmitt ; elle lance la course en 1’55’’06, plus vite que Pellegrini, gagnante de la course individuelle en 1’55’’58 ; sur 4 fois100 mètres quatre nages (3’52’’36, avec Natalie Coughlin, Rebecca Soni, Dana Vollmer ; elle nage le parcours lancé de crawl en 52’’79) ; le 4 fois 100 mètres enlève l’argent (3’34’’47, avec Natalie Coughlin, Jessica Hardy et Dana Vollmer, et Franklin nage lancée 52’’99) ; elle est aussi médaillée de bronze sur 50 mètres dos, en 28’’01, derrière Anastasia Zuyeva, 27’’79, et Aya Terakawa, 27’’93. Trois jours plus tard, aux championnats des USA, à Palo Alto, elle enlève 100 mètres libre (53’’63) et 100 mètres dos (59’’18). Le 22 octobre, à Berlin, elle bat en 2’0’’03 le record mondial en petit bassin, sur 200 mètres dos de Shiho Shakai, 2’0’’18). C’est le premier record du monde de l’époque qui suit l’horreur des combinaisons de nage. En décembre, elle co-établit avec Coughlin, Soni et Vollmer un record petit bassin en relais 4 nages de 3’45’’56 où elle exécute son parcours de crawl en 51’’32. Elle réussit de grandes sélections US pour les Jeux olympiques de Londres, gagnant le 100 mètres dos en 58’’85, record US de Coughlin battu (en restant à bonne distance du record du monde de Gemma Spofforth, 58’’12), et le 200 mètres dos en 2’6’’12. Une demi-heure après les séries du 200 mètres dos nagées en 2’7’’91, elle est 2e du 100 mètres libre (54’’15) derrière Jessica Hardy, 53’’96. Plus tôt, elle s’est qualifiée 2e du 200 mètres (1’56’’79) derrière Allison Schmitt (1’54’’40), autant de performances qui la qualifient dans sept épreuves. Aux Jeux olympiques de Londres, Melissa apprend qu’un fou a tiré dans une salle de cinéma d’Aurora, faisant douze morts et cinquante-quatre blessés, et elle s’épanche longement sur ce drame qui la bouleverse. Elle a refusé les avances de la Californie pour continuer à étudier à Aurora jusqu’à ses dix-huit ans. Elle remporte le 100 mètres dos, non sans une fière résistance de l’Australienne Emily Seebohm, qui survole les séries, 58’’23, et les demi-finales, 58’’39. Missy, qui a nagé, elle, respectivement, en 59’’37 et 59’’12, remporte la finale en 58’’33, record US, mais moins vite que le record olympique de Seebohm, 2e en 58’’68. C’est qu’elle dispute en même temps le 200 mètres libre, et entre séries, demi-finales et finales, ce sont six courses de haut niveau qu’elle doit disputer. Sur 200 mètres crawl, d’ailleurs, elle frôle l’élimination et se qualifie avec le dernier temps en demi-finale, en 1’57’’57, à dix-huit centièmes de laisser la place à l’Espagnole Costa Schmid, 1’57’’76. En finale, dans la ligne 8, elle échoue à un centième du bronze, 1’55’’82. Trois jours plus tard, le 3 août, Franklin, qui s’est également qualifiée avec le 2e temps derrière celui d’Elisabeth Beisel, 2’6’’84 contre 2’6’’18, se lâche en finale : 2’4’’06, record du monde, et devance sa seconde, la Russe Zueva, 2’5’’92, de plus d’une longueur. Entre-temps, elle a nagé le 100 mètres libre sans pouvoir se mêler à la lutte pour la gagne, et terminé 5e en 53’’64. Plus tôt, le 28 juillet, Franklin, équipière modèle, a lancé le relais 4 fois 100m US par un 53’’52 qui est son record personnel, mais ses équipières sont moins pointues. Les USA terminent 3e en 3’34’’24. Le 1er août, Franklin lance le relais quatre fois 200 mètres en troisième position, en 1’55’’96, mais cette fois, les USA comblent ce petit retard grâce à une course record d’Allison Schmid, et gagnant en 7’42’’92. Enfin, Missy lance le relais quatre nages en 58’’50. L’écart est creusé en brasse par Rebecca Soni, 1’4’’82, en papillon par Dana Vollmer, 55’’88. Schmid conclut, le temps final est record mondial, 3’52’’05.

A l’issue des Jeux olympiques, Melissa Franklin est une gloire nationale. La nageuse impressionne, et la personne plait. Melissa est simple, souriante, désintéressée. Elle représente des valeurs qui sont admirées, quoique très peu pratiquées. Elle refuse ainsi l’argent que lui proposent la Fédération américaine pour ses victoires et des sponsors qui veulent s’attacher son image. Ce sont des sommes qui pourraient avoisiner 1,5 millions de dollars par an. Missy repousse ces avances parce qu’elle rêve de nager en équipe universitaire, et que la Fédération du sport universitaire, la NCAA, refuse depuis toujours le professionnalisme. Repousser le Dieu dollar n’est pas une vertu pratiquée aux USA, mais confusément, les gens sont impressionnés par cette attitude qui leur parait stoïque. Melissa ne déclare pas mépriser l’argent – là, elle serait incomprise – elle met seulement son désir d’une fraternité (sororité conviendrait mieux dans ce cas), d’une aventure collective devant ces sommes alléchantes. D’ailleurs, elle ne fait que retarder son entrée dans le professionnalisme de deux saisons, et n’ira pas au bout de sa scolarité dans les rangs amateurs. Certains analystes affirment d’ailleurs à ce sujet que ce choix ne devrait même ne pas la léser financièrement dans le long terme. En se présentant comme une étudiante sérieuse, son image ne pourra que grandir dans le public bien plus que si elle n’est qu’une pro de la natation. Nager pour une institution aussi puissante que Cal Berkeley risque aussi de lui apporter énormément en termes de réseaux personnels et de prestige, à la fois sportif et universitaire, milieux d’affaires, dirigeants, etc. Enfin, le professionnalisme en natation n’a pas toujours été une très bonne affaire, si l’on excepte le cas Michael Phelps, et bien des nageurs qui ont choisi cette voie tirent en fait le diable par la queue (et ont fait leur deuil d’une éducation).

Quoiqu’il en soit, le public américain en pince pour Melissa. Quand la revue américain The Reader’sDigest publie un numéro spécial sur « les cinquante raisons d’aimer l’Amérique », non seulement Franklin constitue d’une de ces raisons, mais c’est elle qui se retrouve à la couverture du magazine…

Melissa a fait l’impasse sur les mondiaux en petit bassin, en décembre 2012. Aux sélections US pour les mondiaux de Barcelone, qui se disputent à Indianapolis, elle gagne le 100 mètres en 53’’43, le 200 mètres en 1’55’’56, le 100 mètres dos, 58’’67, le 200 mètres dos en 2’6’’33, et se qualifie, 2e, sur 50 mètres dos en 28’’15. Avec les relais, cela lui offre un programme de huit courses à Barcelone. Sur 100 mètres libre, elle sera dominée en vitesse par les sprinteuses : 4e en 53’’47. Mais elle va gagner le 200 mètres en 1’54’’81, échappant à un retour de l’Italienne Federica Pellegrini, 1’55’’14, qu’elle n’a peut-être pas vu sur sa gauche, respirant du côté droit. Sur 100 mètres dos, elle inflige, un an après Londres, une nouvelle défaite à Seebohm, en 58’’42 contre 59’’06. Sur 200 mètres dos, elle creuse l’écart d’emblée et triomphe aisément, en 2’4’’76 avec trois mètres d’avance. Présente dans les relais, elle aide à gagner (3’32’’31) le 4 fois 100 mètres, qu’elle lance en 53’’51 ; sur quatre fois 200 mètres, dernière relayeuse, elle s’élance 1’’12 derrière l’Australienne Alicia Coutts, lui reprend son avance, et finit détachée, temps personnel, 1’54’’27, pour un temps total de 7’45’’14 aux USA contre 7’47’’08 à l’Australie. Enfin elle offre, à l’issue du parcours en dos, 58’’39, une grosse seconde d’avance sur l’Australienne (en revanche la Japonaise Terakawa a nagé en 58’’70). Les USA gagnent détachés, 3’53’’23 contre 3’55’’22 à l’Australie. Avec les trois relais, Missy empoche six titres. Elle peut dès lors partir en vacances et préparer la rentrée universitaire à Cal Berkeley.

ANDERSON [Haley Danita]

Natation. Eau libre. (Santa Clara, Californie, 20 novembre 1991-). USA. Médaillée d’argent des 10 km (eau libre) aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, championne du monde des 5km en 2013 à Barcelone. Alors qu’elle s’apprétait à disputer les sélections olympiques de 2012, Haley Anderson affirmait: “je hais les murs. Je hais les virages.” Etrange, de la part de la championne régnante des NCAA du 500 yards libre, une épreuve qui nécessite dix-neuf virages. Entre-temps, elle était devenue l’une des cinq meilleures nageuses US d’eau libre, où on ne trouve ni murs de virages ni mur d’arrivée. Peu après elle se qualifiait pour les Jeux olympiques. A Londres, elle enleva la médaille d’argent; encore quatrième au passage de la dernière bouée, elle lança une attaque tardive pour rattraper la gagnante Eva Riszlov. Encore un an, et elle enlevait l’or mondial des 5km à Barcelone. Cette fois, elle lançait l’assaut initial et menait de bout en bout.

“Je me sens plus à l’aise en eau libre, explique-t-elle. J’aime l’eau libre. J’aime m’y trouver prête à tout. J’aime cette nécessité d’être prête à m’adapter aux conditions, aux courants et à la compétition, ditelle. J’ai grandi près d’un lac, le lac Folsom, en Californie du Nord. Ma soeur et moi y allions nager.” Dans les courses en eau libre, elle ne cesse de penser: “j’ai le temps de douter de moi-même, d’être prise de tas de pensées négatives. Dans mon premier 5km, je m’inquiétais de devoir remonter dans le peloton. A mesure que je remontais, mes pensées s’éclaircissaient.”  Catherine Vogt, qui l’entraîne avec Dave Salo et Kevin Cléments à USC où elle est étudiante en communication, est admirative. Dans sa course de qualification olympique, “elle a été si solide : tactique, patiente, relâchée  et concentrée. Elle a donné de la vitesse quand c’était nécessaire. Je lui avais dit d’aller en avant, de retenir les bonnes sensations, de s’ajuster si quelque chose arrivait qui n’entrait pas dans le plan.” Pendant toute l’année, elle se préparait: de bons entraînements et des courses en piscine, et en eau froide. Et s’attendait à devoir si’mposer à son adversaire supposée aux Jeux: Keri-Anne Payne (qui termina 11e finalement).  A Londres, les deux soeurs Andersson ont été qualifiées, Alyssa dans le relais quatre fois 200m. Pour s’habituer à s’alimenter, Hayley à nager à l’entraînement avec des paquets de gel alimentaire sous son maillot. Ses compagnons d’entraînement étaient Rebecca Soni; Os Mellouli, Kosuke Kitajima.