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200 QUATRE NAGES A HANGZHOU : KATINKA HOSSZU TOUJOURS BIEN INSTALLEE

ET DEUX GIRLS US SUR LE PODIUM, MELANIE MARGALIS ET KATHLEEN BAKER

Eric LAHMY

Dimanche 16 Décembre 2018

Les Hongrois sont actuellement agités par d’autres soucis, eux qui sortent dans les rues par un froid de canard, conspuer leurs dirigeants, un truc à la mode dans la vieille Europe ces derniers temps. Il est possible que le sort que la rue veut faire à Monsieur ORBAN, leur homme de fer, ne lui donne pas loisir d’entendre, depuis les mondiaux « petit bassin » d’Hangzhou, que les affaires ne vont pas si mal pour leur dame de fer!

La preuve est donc faite que coachée par son un peu hystérique Shane Tusup d’ex-époux ou par le placide Arpad PETROV (distingué beau-frère de Zsuzsanna Jakabos), qui a repris le flambeau, elle n’a perdu ni son talent, ni son goût batailleur et encore moins son sens de la gagne.

Fallait juste revoir les points de rouille!

200 mètres papillon, 200 et 400 quatre nages, sont tombés dans son escarcelle, et si le 200 dos lui fut fatal, le titre du 100 mètres dos ne lui a semble-t-il échappé qu’en fonction des bras de basketteuse de la splendide Olivia SMOLIGA.

Son succès sur 200 quatre nages a été magistral. Melanie MARGALIS et Kathleen BAKER, qui l’accompagnèrent sur le podium purent, la première sur les trois dernières nages, la seconde dans son parcours en dos, l‘égaler ou lui reprendre du terrain. Mais la longueur de corps qu’elle leur infligea d’entrée, en 26s74, dans son parcours initial de papillon, fut peut-être décisive. BAKER et SEEBOHM lui revinrent sur le paletot et la passèrent dans leur spécialité, mais l’Iron Lady, qui est aussi forte dossiste qu’elle, ne les laissa revenir que parce qu’elle s’économisait avant de se lâcher en brasse, où elle surclassa tout son monde – à l’exception de l’Italienne CUSINATO, qui ne jouait aucun rôle pour la gagne -, puis solidifia son avance dans le parcours de crawl. Sans approcher son record mondial, 2’1s86 en 2014, elle gardait la haute main sur l’un des joyaux de sa couronne. Une MARGALIS teigneuse à souhait confirmait, elle, après le 400 quatre nages, qu’elle était  bien sa dauphine, tandis que BAKER sauva le bronze d’un retour de YE Shiwen…

DAMES.- 200 m 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s25 (26s74, 58s14, 1’33s35, 2’3s25 – 26s90, 31s40, 35s21, 29s90); 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’4s62 (27s53, 59s14, 1’34s82, 2’4s62 – 27s53, 31s61 35s68 29s80); 3. Kathleen BAKER, USA, 2’5s54 (27s02, 57s79, 1’34s18 2’5s54 – 27s02 30s77 36s39 31s36) 4. YE Shiwen, Chine, 2’6s17 (27s54, 59s20, 1’35s84, 2’5s79 – 27s54, 31s66, 36s64, 29s95); 5. Ilaria CUSINATO, Italie, 2’6s17; 6.Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s80; 7. Abbey HARKIN, Australie 2’8s30 (en séries, 2’7s45); 8. Sakiko SHIMIZU, Japon, 2’8s41 (en séries, 2’7s75).

En séries, Fantine LESAFFRE, FRANCE, 2’8s27

LI, YANG, ZHANG, WANG : UN RELAIS CHINOIS AUX SONORITÉS D’ASTÉRIX CONTRE LES ROMAINS REMPORTE UN QUATRE FOIS DEUX ÉPIQUE

Éric LAHMY

Samedi 15 Décembre 2018

LI, YANG, ZHANG, WANG. Non, ce n’est pas un quartette d’interjections tirées d’une bande dessinée Marvel ou des aventures d’Obélix contre les sangliers avernes, mais les noms des quatre relayeuses qui ont donné le relais quatre fois 200 mètres dames à la Chine.

Pas une grosse surprise : à domicile, avec toutes ces jeunes nageuses talentueuses qui arrivent, les LI, les YANG, les ZHANG, et les WANG, etc., une connaissance accrue de la technique et de l’approche des compétitions et la capacité asiatique de s’impliquer dans une atmosphère de discipline militaire, ce succès n’a rien d’extraordinaire en soi.

Pendant une bonne dizaine d’années, les Chinoises ont beaucoup compté sur le dopage et il est certain que leurs championnes des années 1980-90, voire plus tard, ont décoré, après leurs illustres devancières allemandes de l’Est, tout un pan avili du sport.

Honte à leurs dirigeants, techniques et politiques, d’avoir joué avec la santé, la féminité, et la vie de leurs athlètes, pour leur notion répugnante de la gloire sportive; honte, aussi, à la FINA, dirigée par une phalange de douteux affairistes et qui, à plus d’un moment, aurait pu régler la question, mais préférait sauvegarder ses arrangements financiers avec les Chinois et les Russes (autres parfaits chenapans).

On aimerait que ce temps soit fini. L’équipe chinoise, il se pourrait bien qu’elle soit « propre », aujourd’hui, acceptons-en l’augure.

Ce relais fut fort disputé. Pour commencer, lancée par une Ariarne TITMUS décisive, l’Australie conserva l’avantage sur les futures gagnantes jusqu’aux 560 mètres, le temps pour Junxuan YANG et Yuan ZHANG, qu’elles récupèrent aux dépens de Minna ATHERTON et de Carla BUCHANAN les deux secondes un tiers que l’énorme TITMUS avait provisionné pour elles aux dépens de Bingjie LI.

Le passage de témoin, si j’ose dire, se passa avec tambours et trompettes, le peuple chinois rassemblé dans les tribunes faisant connaître sans complexes vers qui penchaient ses préférences et les autres équipes présentes dans les travées s’accordant à faire grimper les décibels.

PAUVRE HARKIN, ABBEY TOMBÉE DANS UN GUÉPIER

Après cela, le tour était joué, d’autant que les Chinoises avaient réservé le soin d’achever la tâche à Jianjiahe WANG, qui, si elle n’est pas vraiment une nageuse de 200 mètres, lui ressemble à s’y méprendre, et paraphait son parcours d’un solide 1’52s56. Pour l’Australie, la « quatre nageuse » Abbey HARKIN – plus connue ces derniers temps par les tourments que lui a fait subir la presse people australienne pour la pseudo part qu’on lui a attribuée dans la rupture entre Mitchell LARKIN et Emily SEEBOHM – , HARKIN donc trouvait de quoi se distraire de ces soucis dans le bassin d’HANGZHOU où non seulement Erika BROWN, pour les USA, lui reprit deux longueurs et lui rafla l’argent, mais Veronika ANDRUSENKO, pour la Russie échoua d’un quart de seconde de la déposséder du bronze.

Les USA, ici encore, comme la veille dans le même relais conjugué au masculin, ont perdu un titre pour n’avoir pas pu aligner leur plus forte équipe. Sauf le respect dû aux relayeuses chinoises, je crois qu’avec Katie LEDECKY et Simone MANUEL dans la bagarre, la tournure du relais eut été différente.

Mais, bien sûr, les absents ont toujours tort… et les Américains ont bien le droit de négliger ces mondiaux petit bassin, qui n’ont pas atteint l’audience des grands.     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECORD DE FRANCE DU 1500 POUR DAMIEN JOLY, QUALIFIE COMME AUBRY POUR LA FINALE

Eric LAHMY

Samedi 15 Décembre 2018

Carrière que celle de Damien JOLY, avec ses hauts et ses bas, ses épiphanies (finale olympique à Rio) et ses descentes aux Enfers. Dire qu’on l’a cru perdu dans ses va-et-vient à la recherche du club ou d’une cellule qui lui offrirait un programme à la mesure de ses ambitions, est une évidence. Sur la distance la plus difficile du programme de natation, cela pouvait mener au désastre. Ou à la désertion, enfin, si on préfère, la retraite.

Ici, en petit bassin, il a amélioré la vieille marque nationale de Sébastien ROUAULT, 14’30s58, vieille de neuf ans et deux jours, et s’est qualifié, 2e, pour la finale du mondial d’Hangzhou. Ses 14’28s25 lui ont permis d’enlever sa série devant le champion olympique et du monde Gregorio PALTRINIERI, 14’28s97et de faire mieux que le Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, 14’28s90. Il ne le cède, au temps, que face aux 14’21s50 de Mykhailo ROMANCHUK, tandis que David AUBRY, notre crack de l’eau libre, s’est lui aussi magistralement qualifié, 6e, en 14’30s72… L’eau libre aide à sauver notre demi-fond !

PALTRINIERI détient le record du monde, 14’8s06.

 Damien JOLY, 14’28s25

50m, 27s04; 100m, 55s86 (28s82); 150m, 1’24s85 (28s99); 200m, 1’53s82 (28s97); 250m, 2’22s79 (28s97); 300m, 2’51s78 (28s99); 350m, 3’20s78 (29s00); 400m 3’49s58 (28s80); 450m, 4’18s28 (28s70); 500m, 4’47s22 (28s94); 550m, 5’16s05 (28s83); 600m, 5’45s07 (29s02); 650m, 6’14s03 (28s96); 700m, 6’43s06 (29s03); 750m, 7’12s03 (28s97); 800m, 7’40s91 (28s88); 850m, 8’10s19 (29s28); 900m, 8’39s30 (29s11); 950m, 9’08s40 (29s10); 1000m, 9’37s48 (29s08);  1050m, 10’06s54 (29s06); 1100m, 10’35s85 (29s31); 1150m, 11’5s15 (29s30); 1200m, 11’34s37 (29s22); 1250m, 12’03s62 (29s25); 1300m, 12’32s99 (29s37); 1350m, 13’2s32 (29s33); 1400m, 13’31s82 (29s50); 1450m, 14’0s95 (29s13); 1500m, 14’28s25 (27s30).

VAINQUEUR D’UN 4 FOIS 200 METRES À COUPER LE SOUFFLE, LE BRÉSIL REMPORTE LE RELAIS DES NATIONS

Éric LAHMY

Samedi 15 Décembre 2018

Donc le Brésil est champion du monde, à Hangzhou, de la course des nations.

On appelait le quatre fois 200 mètres nage libre la course des nations. Course séculaire, qui s’imposa d’entrée aux Jeux olympiques, et dont le palmarès concentre tout ce qu’il y a eu de plus grand dans ce sport. Johnny WEISSMULLER, Murray ROSE, Don SCHOLLANDER, Mark SPITZ, Michael PHELPS l’ont gagné.

Aujourd’hui, on en compte cinq, de relais, que leurs majestés de la FINA ont imposé, dans  leur grande sagesse, des quatre fois 50, des quatre fois100, libre ou quatre nages, et un quatre fois 100 mixte qu’on devrait présenter en vedette au Moulin Rouge.

Mais ils n’ont pas encore pensé à un relais avec des trucs en plumes, comme Zizi Jeanmaire. Ça manque.
Le quatre fois deux, pour ce qui me concerne, reste la course des nations. C’est une épreuve dans laquelle on ne peut tricher, il faut trouver quatre vrais nageurs, à la fois sprinteurs et stayers, rapides et durs au mal, pas faciles à fatiguer.

Ce titre, il n’a pas été une marche triomphale, pour les Brésiliens, car tout du long, le match fut âpre.

Les Américains lancèrent leur champion du monde individuel, Blake PIERONI (en 1’41s49), et celui-ci, à défaut de faire mieux, assura. En 1’41s85, il terminait son parcours en tête. Mais pour les Brésiliens, Luiz Altamir MELO, qui devait être déçu de sa 8e place de la course individuelle, mercredi, s’était pleinement retrouvé : ses 1’42s03, dix centièmes de mieux qu’en séries du 200m, deux jours plus tôt, n’avait guère cédé que 0s18 à Pieroni, et Fernando SCHEFFER eut tôt fait de prendre la tête de la course tandis que le Russe Mikhail VEKOVISHCHEV, partie en 4e position,  passait Ryan HELD (USA) et Jack GERRARD (Australie), ce dernier ayant démarré en 3e position grâce à l’excellent 1’42s24 au start d’Alexander GRAHAM pour les Dolphins. GRAHAM qui avait terminé 3e de la course individuelle trois jours plus tôt et qui rééditait son temps quasi à l’identique, 1’42s24 contre 1’42s28.

Le Brésil se trouvait en tête à mi-course mais rien n’était dit, la meute était rassemblée derrière et une jungle de bras véloces et de battements puissants, de virages agiles et de coulées frénétiques, de départs en bascule et d’arrivées furieuses, envahissaient l’espace d’une atmosphère électrique.

Le grand moment de la Chine arriva quand l’immense SUN Yang, qui n’avait disputé aucune course individuelle se lança en troisième position, et on pouvait imaginer que la nation la plus peuplée du monde le tirait et le poussait dans l’eau.

On pensera ce qu’on veut de SUN, il a été, peu ou prou, le meilleur nageur de la planète, depuis maintenant six ans, pendant sept saisons, et il montra encore hier, après tant de temps à trop nager et malgré les blessures et les douleurs, de beaux restes, reprenant une pleine longueur sur l’homme de tête et passant en première place à l’issue de son parcours.

Le Brésil, à ce moment, était repassé 3e, derrière la Chine et aussi la Russie, pour laquelle Ivan GIREV avait maintenu la 2e place. La chance des Brésiliens fut double. D’abord ils avaient mis pour finir l’un des finalistes de la course de mercredi, Breno Correia – il avait fini 5e en 1’42s36 -, ensuite ce garçon de dix-neuf ans, en pleine progression, déjà recordman brésilien du 200 mètres (1’47s94), signa un parcours exceptionnel, en 1’40s98, et parvint à reprendre in extremis un pourtant remarquable Alexandr KRASNYKH et à brûler la politesse du Chinois WANG Shun.

Il me frappe que, deux ans après des Jeux olympiques où leurs résultats les déçurent profondément, les nageurs brésiliens semblent avoir atteint une certaine plénitude. Ces succès retardés (même si, bien sûr, je ne prends par les courses d’Hangzhou pour des Jeux olympiques) témoignent peut-être de la longue durée nécessaire pour construire une équipe de natation de nos jours. Les Français, aujourd’hui, pourraient y trouver une raison d’espérer et de prendre patience…

…Les trois premières équipes battirent l’ancien record du monde, et les Américains, qui souffraient des absences d’un ou deux cadors qui lui auraient sauvé la mise (ainsi Townley HAAS, 1’43s78 en grand bassin cet été aux Pan Pacs, ou Andrew SELISKAR, retenu par les NCAA), les Américains donc se retrouvèrent hors podium.

MESSIEURS.- 4 x 200 mètres :

1 BRESIL,  6’46s81 record mondial; ancien record, RUSSIE, 6’49s04 le 16 décembre 2010

MELO Luiz Altamir, 22s95, 48s26, 1’14s67, 1’42s03 (2) 1’42s03

SCHEFFER Fernando, 22s92, 48s25, 1’14s39, 1’40s99 (1) 3’23s02

COELHO SANTOS Leonardo, 22s97, 48s98, 1’15s78, 1’42s81 (3) 5’5s83

CORREIA Breno, 22s90, 48s21, 1’14s21, 1’40s98 (1) 6’46s81

2 =RUSSIE, 6’46s84

MALYUTIN Martin, 23s73, 49s66, 1’15s87, 1’42s34 (4) 1’42s34

VEKOVISHCHEV Mikhail, 23s15, 48s72, 1’15s13, 1’41s57 (2) 3’23s91

GIREV Ivan, 22s95, 48s96, 1’15s25, 1’41s85 (2) 5’5s76

KRASNYKH Aleksandr, 23s28, 48s92, 1’15s05, 1’41s08 (2) 6’46s84

3 CHINE, 6’47s53

JI Xinjie, 23s38, 49s34, 1’16s13, 1’42s67 (6) 1’42s67

XU Jiayu, 22s86, 48s62, 1’14s99, 1’41s68 (3) 3’24s35

SUN Yang, 23s48, 49s30, 1’15s34, 1’41s25 (1) 5’5s60

WANG Shun, 23s25, 49s03, 1’15s57, 1’41s93 (3) 6’47s53

4 USA,  6’49s84

PIERONI Blake, 23s74, 49s64, 1’15s47, 1’41s85 (1) 1’41s85

HELD Ryan, 22s53, 48s19, 1’15s31, 1’43s05 (4) 3’24s90

HARTING Zach, 23s61, 50s30, 1’16s59, 1’42s92 (4) 5’7s82

GROTHE Zane, 23s24, 48s98, 1’15s70, 1’42s02 (4) 6’49s84

5 AUSTRALIE, 6’53s05; 6. ITALIE, 6’55s67; 7. Portugal, 6’58s26 ; 8. SUEDE, 6’59s35.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TITMUS DEVANT WANG, DOUBLE VICTOIRE EN DEMI-FOND

ENTRE LES CHAMPIONNES DU MONDE ARIARNE TITMUS, AUSTRALIE, 200 METRES, ET WANG JIANJIAHE, CHINE, 800 METRES, LE 400 METRES DEVAIT COURONNER LA REINE DU DEMI-FOND. ARIARNE L’A EMPORTÉ

Éric LAHMY

Vendredi 14 Décembre 2018

DAMES.- 400 mètres : 1. Ariarne TITMUS, Australie, 3’53s92 (record du monde, ancien record, WANG Jianjiahe, 3’53s97)

Passages : 50m: 26s93; 100m: 56s08 (29s15); 150m: 1’25s46 (29s38); 200m: 1’55s37 (29s91); 250m: 2’25s21 (29s84); 300m: 2’54s94 (29s73);  350m, 3’24s64 (29s70); 400m:  3’53s92 (29s28).

  1. WANG Jianjiahe (Chine), 3’54s56.

Passages:  27s21, 100m: 56s43 (29s22); 150m: 1’26s05 (29s62); 200m: 1’55s93 (29s88); 250m: 2’25s76 (29s83); 300m: 2’55s67 (29s91); 350m: 3’25s55 (29s88); 400 m: 3’54s56 (29s01).

3. LI Bingjie (Chine), 3’57s99; 4. Leah SMITH (USA), 3’58s58; 5. Anna EGOROVA (Russie), 4’1s52; 6. Valeriia SALAMATINA, Russie, 4’2s87; 7. Sarah KOHLER, Allemagne, 4’3s28; 8. Erica MUSSO (Italie), 4’3s61.

 Je me demande comment on constitue un programme de championnats du monde de natation, mais faire nager le 400 mètres le lendemain de la finale du 800 mètres dames alors qu’on a une étendue de six journées pour permettre aux concurrents d’épreuves très proches de se remettre d’efforts qui affectent profondément leurs capacités ne me parait pas particulièrement astucieux.

Gagner le 800 mètres jeudi et remettre ça vendredi sur 400 mètres en face d’une aussi redoutable nageuse que l’australienne Ariarne TITMUS représentait un sacré challenge pour WANG Jianjiahe, la Chinoise de 16 ans, qui évoluait devant son peuple et se devait donc, j’imagine, d’être là.

Pendant que TITMUS, son aînée de deux ans, se qualifiait en séries avec un temps de 3’58s58, seule nageuse à casser les quatre minutes de bon matin, WANG (et sa consoeur LI, 16 ans comme elle) dominaient la quatrième série dans des temps plus modestes ; l’Italienne QUADARELLA payait sans doute le contrecoup de sa médaille d’argent de jeudi et se voyait évincée de la finale, avec son temps de 4’4s94, pour 0s43, par la Russe, Valeriia SALAMATINA. On peut constater qu’avec le temps de passage qui avait été le sien à mi-course de son 800 mètres de la veille, 4’3s59 (virage au pied qui plus est), elle serait allée en finale ! Elle était trop fatiguée, ou s’était trop économisée…

TITMUS a raconté qu’elle s’attendait à un départ rapide de WANG, et aussi lui en donna-t-elle pour son argent. WANG fut tout du long à la poursuite de l’Australienne, que les media de son pays ont surnommé Terminator, mais en l’occurrence aurait pu tout aussi bien être baptisée Initiator ou Beginator, par exemple ! L’avance qu’elle prit dès les premières longueurs fut déterminante, et elle la retrouva au bout de son effort. WANG ne put jamais revenir sur elle. Le record du monde, pour cinq centièmes, passait entre les mains de l’Australienne tandis qu’à deux longueurs, LI Bingjie empochait le bronze au sprint, face à Leah SMITH.

Une chose est sure. TITMUS, plus que jamais, se confirme comme la nageuse de demi-fond la plus proche de LEDECKY. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’en est pas éloignée !

MONDIAUX A HANGZHOU: UNE WANG COUVERTE D’OR DEVANT SON PUBLIC

WANG JIANGJIAHE CHAMPIONNE DU MONDE DU 800 MÈTRES, C’EST LA POÉSIE DE L’EFFICACITÉ

Éric LAHMY

Vendredi 14 Décembre 2018

DAMES.- 800 mètres : 1. WANG Jiangjiahe, Chine, 8’4s35; 2. Simona QUADARELLA, Italie, 8’8s03; 3. Leah SMITH, USA, 8’8s75; 4. LI Bingjie, Chine, 8’9s81; 5. Sarah KOHLER, Allemagne, 8’10s54; 6. Anna EGOROVA, Russie, 8’12s65; 7. Haley ANDERSON, USA, 8’18s70; 8. Mayuko GOTO, Japon, 8’22s10.

Passages de WANG Jiangjiahe – 50m, 26s94;100m, 56s58 (29s64); 150m, 1’26s75 (30s17); 200m, 1’57s22 (30s47); 250m, 2’27s96 (30s74); 300m, 2’58s55 (30s59); 350m, 3’29s25 (30s70); 400m, 3’59s98 (30s73); 450m, 4’30s65 (30s67); 500m, 5’1s45 (30s80); 550m, 5’32s47 (31s02); 600m, 6’3s25 (30s78); 650m, 6’34s18 (30s93); 700m, 7’5s11 (30s93); 750m, 7’36s10 (30s99); 800m, 8’4s35 (28s25).

En séries: Mayuko GOTO, 8’19s93; 9. Yukimi MORIYAMA, Japon, 8’22s23; 10. Jimena PEREZ, Espagne, 8’24s65 ; 11. Katia FAIN, Slovaquie, 8’25s89.

Ce 800 mètres des championnats du monde en petit bassin de Hangzhou s’est déroulé en l’absence d’Ariarne TITMUS, qui préférait se reposer en vue du 400, ne cherchait donc pas querelle aux pures demi-fondeuses.

Et donc WANG Jiangjiahe, chinoise de seize ans, a assuré le spectacle. Un spectacle qui démontre ce qu’est le « bien nager » en demi-fond; chez WANG, l’efficacité est comme qui dirait emballée et présentée dans un emballage d’une merveilleuse esthétique.

Je ne sais pas si nager beau est encore une chose côtée à l’argus du sport, mais voilà, quand j’en rencontre l’expression, cela me fait quelque chose.

WANG est une assez grande fille qui, une fois posée dans l’eau, nage long, ce qui suppose à la fois une inclination, une intention, un battement de jambes discret autant qu’efficace… et les conseils aviusés d’un entraîneur.

Sans vouloir chercher des comparaisons faciles, elle nage comme SUN Yang, ce qui n’est peut-être pas une coïncidence, comme si elle cherchait à tirer le maximum de chaque attaque de bras, et, plutôt que de s’évertuer à augmenter le nombre de tours minute, d’aller prendre calmement la glisse, étirée vers l’avant, dans un mouvement qui évoque un instant de méditation.

L’un des mystères de la natation est cette impression de sérénité, de placidité que donne un nageur (-euse) en pleine action, surtout quand sa nage prend cet aspect poétique d’une liane se promenant sur l’eau, alors qu’il s’agit d’une athlète phénoménale en train de produire un effort colossal en vue d’une performance maximale, et ce au point d’obérer son jugement.

Je m’entendis pour la première fois expliquer cela par Roland MATTHES, nageur de dos est-allemand des années 1970 qui paraissait si détendu dans l’eau. Il s’en plaignait presque. Il donnait l’air de paresser alors qu’il se pressait (démonstration s’il en est qu’à une voyelle près- ici un « a » en moins, le sens de la phrase est chamboulé), et terminait ses courses lessivé.

Avec Murray ROSE, Don SCHOLLANDER, Mark SPITZ, Brian GOODELL et cet incroyable Michael GROSS, on avait parfois envie de les secouer tant tout leur paraissait facile dans l’eau, quand ils étaient en train de s’exténuer dans un effort de toutes leurs fibree. BIONDI, POPOV, THORPE, VDH donnaient aussi l’illusion de ne pas entamer leurs réserves.

Tout ça pour vous dire que dans les séries du 800 mètres sur lesquelles elle planait à une vitesse grand V, une WANG en surchauffe ne comprit pas le sens de la cloche qu’un juge fit sonner au mur des 750 mètres et qui annonçait que la course finissait dans un aller-retour ; elle s’offrit donc un huit cents cinquante mètres nagé à fond la caisse et l’Italienne QUADARELLA, trompée, du coup, lui emboîta le pas (1)

Pour revenir à sa nage, il est assez frappant de trouver ce temps de glisse, presque de temps mort, chez une fille qui nage aussi vite, sans aucune rupture de vitesse, parce qu’en fait pendant que le bras qui se pose sur l’eau glisse, celui d’en-dessous tire le corps vers l’avant et les jambes accompagnent clairement ces intentions propulsives.

Quoiqu’il en soit, il y a longtemps que je n’ai pas vu une aussi belle chose dans l’eau que les glissées de cette jeune Chinoise. Depuis SUN Yang, je pense, encore que Mykhaylo ROMANCHUK…

QUADARELLA et SMITH, l’Italienne et l’Américaine qui l’entoureront sur le podium, appartiennent à l’autre école en honneur sur 1500 mètres, celle de l’action rotative (la rotating action de « Doc » Counsilman), qu’illustre la ô combien formidable LEDECKY, où si l’on pose sa nage, c’est sans pause, utilisant les bras comme les pales d’une roue à aubes. Une autre école, ou une autre façon d’utiliser ses moyens, en l’absence d’une portance suffisante assurée par les jambes. Ça nage donc plus court, mais QUADARELLA et SMITH furent assez efficaces pour se maintenir à quatre et cinq secondes de la Chinoise…

(1) Souvenir souvenir: un incident équivalent en finale du premier championnat du monde de 1500 mètres, à Belgrade en 1973. Stephen Holland, Australie, touche et pulvérise le record du monde qu’il amène à 15’31s (il était à 15’52s6 au début de l’année. Son entraîneur Lawrie Lawrence, expansif dans le style Shane Tusup avant l’heure, lui hurle quelque chose comme « holly cow, uou made it, go, go. » Holland croit comprendre que le coach lui dit qu’il a n’a pas fini la course, repart en bolide, suivi par l’Américain Rick De Mont qui doit être aussi perplexe que lui. Le 3e de la course, Brad Cooper, qui est sûr d’avoir bien compté, ne les suivra pas (sauf sur le podium)…

HANGZHOU: DRESSEL RATE SON COUP, LE CLOS REUSSIT LE SIEN. METELLA RATE LA MEDAILLE. METELLA BAT LE RECORD

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 100 m PAPILLON : 1. Chad le CLOS, Afrique du Sud, 48s50 (22s39 + 26s11); 2. Caeleb DRESSEL, USA,  48s71 (23s07 + 25s64); 3. LI Zhuhao, Chine, 49s25 (22s91 + 26s34); 4. Mehdy METELLA, FRANCE, 49s45 (23s02 + 26s43); 5. Marius KUSCH, Allemagne, 49s50 (22s58 + 26s92 – en demi-finale, 49s35); 6. Takeshi KAWAMOTO, Japon, 50s07 (23s16 + 26s91 – en demi-finale, 49s94); 7. Jack CONGER, USA, 50s32 (23s19 + 27s13- en séries, 50s20); 8. Piero CODIA, Italie, 50s71 (23s29 + 27s42 – en demi-finale, 50s23; en séries, 50s07).

Qu’est-ce qui a pris Caeleb DRESSEL de se laisser blouser au départ de sa finale de 100 mètres papillon, allez le savoir, mais on ne s’attendait pas à le voir se planter comme un débutant et trainer en 5e position, comme pris en sandwich, dans sa ligne, entre les deux meilleurs partants de l’épreuve, LE CLOS et KUSCH, un mètre derrière et se lancer dans une poursuite infernale. On ne lui connaissait pas de qualités de poursuiteurs, mais sans vouloir le moins du monde manquer de déférence vis-à-vis de LE CLOS, qui est en outre un garçon exemplaire, je crois que DRESSEL a autant perdu cette course que LE CLOS ne l’a gagnée.

MEHDY MENE SA BARQUE EN SOLIDE ROUTIER

Mehdy METELLA, lui, a mené sa barque avec beaucoup de doigté et de finesse. Il a su s’élever au niveau du débat, d’abord mercredi matin, huitième des séries en 50s42, ensuite l’après-midi, avec 49s77, 5e des demi-finales, et 3e de la sienne, derrière LE CLOS et LI. En finale, il a trouvé encore assez de ressources pour s’accorder un petit plus de vitesse, mais son regret pourrait être de n’avoir pas accroché LI et une médaille, qu’il manque de 0s20. LI, 19 ans, benjamin de la finale et sans doute l’un des hommes du futur sur la distance…

Mehdy efface le record de France. L’ancien lui appartenait avec 49s58 depuis ce 15 novembre. Il avait alors amélioré la vieille marque de Jérémy STRAVIUS, 50s04 le 12 décembre 2013. L’Amiénois avait avec cette performance enlevé l’argent européen derrière Yevgueni Korotyshkin…

HANGZHOU: KATHLEEN BAKER TIRE LES MARRONS DU FEU, MAIS C’EST LISA BRATTON QUI LES MANGE

TRIOMPHE AMERICAIN SUR 200 METRES DOS: LISA BRATTON SORT DE L’ANONYMAT ET GAGNE AU FINISH

Eric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

200 m DOS : 1. Lisa BRATTON, USA, 2’00s71 (29s06, 59s69, 1’30s09 –  29s06, 30s63, 30s40, 30s62); 2. Kathleen BAKER, USA, 2’0s79 (28s00, 58s25, 1’29s, 2’0s79 – 28s00, 30s25, 30s76, 31s78); 3. Emily SEEBOHM Australie, 2’1s37 (28s05, 58s35, 1’29s67, 2’1s37 – 28s05, 30s30, 31s32, 31s70); 4. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’1s99 (28s48, 59s54, 1’30s95, 2’1s99 – 28s48, 31s06, 31s41, 31s04); 5. Margherita PANZIERA, Italie, 2’2s50 (28s97, 59s71, 1’30s95, 2’2s50 – 28s97, 30s74, 31s24, 31s55); 6. Daria K USTINOVA, Russie, 2’2s96 (29s06, 1’0s39, 1’31s60, 2’2s96 – 29s06, 31s33, 31s21, 31s36); 7. Sayaka AKASE, Japon, 2’3s92 (28s91, 59s89, 1’31s66, 2’3s92 – 28s91, 30s98, 31s77, 32s26); 8. Emi MORONUKI, Japon, 2’5s80 (29s16, 1’1s36, 1’33s86, 2’5s80 – 29s16, 32s20, 32s50, 31s94).

Il y a toujours dans l’art de mener une course une part de tempérament. On défendra l’égalité d’allure, l’équilibre de nage, mais ce n’est pas forcément plus sûr qu’une martingale au casino. Un coup ça passe, un coup ça casse. Un champion reste un joueur. Alors bien sûr, on va dire que Kathleen BAKER est partie trop vite, il n’y a qu’à voir ses passages, etc. Mais peut-on la critiquer d’avoir montré trop d’ambition et du panache ? Certes pas.

Je ne sais où j’ai vu passer une statistique sur la natation où BAKER apparaissait comme la fille qu’on aimait le plus voir nager, devant d’autres parmi lesquelles PELLEGRINI. Sans doute aux Etats-Unis? 

…Peut-être était-elle mortifiée, BAKER, de sa place hors du podium dans le 100 dos et entendait-elle remettre les choses au point, les pendules à l’heure et les chronomètres au centième de seconde, sur le 200. Disons le, elle a failli réussir. Avec Emily SEEBOHM, qui devait être dans le même état d’esprit, elle s’est emparée de la course.

BAKER est une belle nageuse. Belle dans l’eau et dans son effort. Son équipière, Lisa BRATTON, s’était qualifiée avec le meilleur temps, mais on n’a vu que BAKER. Et aussi qu’HOSSZU, à une ligne du bord, piochait et nageait étriquée…

La seule qu’on voyait assez peu, c’est BRATTON, justement, qui a magnifiquement équilibré sa course, sans à-coups, et, en gagnant, réussi ce paradoxe de nageuse, triompher dans la piscine sans avoir fait de vagues.

Mais n’anticipons pas. BAKER, encore en tête, se trouvait plus très loin du but quand elle se mit à souffrir de façon évidente; son style se dérégla un peu, sa tête, jusqu’alors parfaitement fixée, se mit à monter et descendre comme le bouchon d’une ligne dont un poisson grignote sans mordre franchement l’appât. Elle allait encore très vite, et elle avait déblayé SEEBOHM, mais ça ne serait pas assez pour BRATTON, dont la remontée, à ce moment, parut vive comme une estocade…

La touche, à l’arrivée, tomba comme la foudre, une décision des Dieux de l’Olympe. Ils étaient pour BRATTON, contre BAKER,ce soir, mais de toute façon, cela donnait un doublé américain.

Elle m’a donné du boulot, BRATTON, dans le genre: « mais qui c’est, celle-là? » A 22 ans, cette fille aus joues rondes et au sourire communicatif, a nagé avec les Aggies, au Texas, ce qui a dû la faire pas mal tremper non loin de Béryl GASTALDELLO ! J’ai même trouvé une photo d’elle sur un podium de relais semble-t-il avec notre championne de France sur le site des A&M… Ça nage pas mal chez les BRATTON, papa a été Aggie avant elle, et sa sœur aînée, Amanda, qui souffre d’épilepsie, est médaillée d’or aux Jeux olympiques spéciaux… La discrète Lisa sera, elle, la première championne du monde de la famille !

 50 m BRASSE ’ 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s05 ; 2. Ruta MEILUTYTE, Lituanie, 29s38 ; 3. Martina CARRARO, Italie, 29s59 ; 4. Jenna LAUKKANEN,  Finlande, 29s68 ; 5. Katie MEILI, USA, 29s89 ; 6. Jessica HANSEN, Australie, 30s20 (en barrage, 29s96). En barrage, Miho TERAMURA, Japon, 30s14. En demi-finales, Fanny LECLUYSE, Belgique, 30s15 ; Ida HULKKO, Finlande, 30s18 (30s23 en séries). En séries, Ariana CASTIGLIONE, Italie, 30s21.

ATKINSON est la sprinteuse de référence désormais, et sur cette épreuve assez secondaire, elle repousse les assauts de MEILUTYTE qui ne domine plus mais reste redoutable, après avoir régulièrement devancé la Russe Julia EFIMOVA qui a tiré un trait sur les Mondiaux…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KROMOWIDJOJO, L’ART DU KNOCK-OUT

DOUBLÉ NÉERLANDAIS SUR 100 LIBRE DAMES OU LA CHAMPIONNE OLYMPIQUE DE LONDRES EN 2012 RAPPELLE QU’ELLE A TOUJOURS LE PUNCH

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

DAMES.- 100 METRES : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s14 (24s66 + 26s48); 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s60 (24s98 + 26s62); 3. Mallory COMERFORD, USA, 51s63 (24s66 + 26s97); 4. Michelle COLEMAN, Suède, 52s24 (24s72 + 27s52)(en demi-finale, 52s18); 5. ZHU Menghui, Chine, 52s40 (25s06 + 27s34); 6. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 52s46 (25s45 + 27s01); 7. Lia NEAL, USA, 52s50 (25s30 + 27s20); 8. Erin GALLAGHER, Afrique du Sud, 53s14 (24s99 + 28s15)(en demi-finale, 52s70).

En séries, Larissa OLIVEIRA, Brésil, 52s87 ; Maria KAMENEVA, Russie, 53s. Federica PELLEGRINI, 53s09 en séries, 52s86 en demi-finales.

Vous avez vu un 100 mètres gagné dès la première seconde? Non ? Alors vous n’avez pas vu cette finale mondiale du 100 mètres dames d’HANGZHOU… Zou, en effet, ça a été vite fait.

Dès le départ, Ranomi KROMOWIDJOJO a fait son ménage ; on aurait dit la femme-canon, tant elle les a ratiboisées d’entrée. A sa droite, COLEMAN a pris un copieux demi-mètre dans la figure, et à sa gauche, HEEMSKERK, un mètre dans les ratiches. Presque étonné de ne pas voir de la fumée dans son sillage !

Et toutes les autres ont trinqué. Toutes les sept qu’elle avait contre elle, elle les a mises K.-O. d’entrée. Paf ! Sept d’un coup, comme dans le conte où le Vaillant Petit Tailleur, aplatit  sept insectes sous sa tapette à mouches.

Et quand c’est Ranomi, une championne olympique de la distance qui ne cesse de se bonifier, qui vous fait ça, allez la rattraper si vous ne disposez pas d’un scooter aquatique.

Elle a une nage étonnante, Ranomi, elle est tout à fait à part ; elle a l’air trop haut sur l’eau, on dirait qu’elle nage sur une planche de surf, si elle n’avait pas à plonger et à virer, elle finirait sa course le dos sec ; encore un peu plus haut ça serait la Hollandaise volante  – et avec ça un feu follet, d’une vélocité de bras confondante, celle d’une formidable puncheuse des bassins, j’aimerais pas l’affronter sur un ring, elle m’en emplâtrerait dix avant que je n’en tente un. Un truc à se réveiller à l’hôpital…

Je ne sais pas ce que Sarah SJÖSTRÖM aurait fait dans cette finale, ou encore Cate CAMPBELL, car je ne crois pas, malgré ce qui précède, être sûr que KROMOWIDJOJO les aurait tapées, ces deux phénomènes. Je ne suis pas plus sûr du contraire, non plus, d’ailleurs…

Femke HEEMSKERK, qui est une styliste classique, face à cet ouragan de force 5, a fait mieux que se défendre, et, du moins limité les dégâts. Elle n’a pas plié, pas baissé les bras…Voilà qu’à trente ans, elle se découvre batailleuse, Femke, et ça fait plaisir à voir. Elle ne reprendra pas Ranomi sur ce coup, mais coincera l’Américaine Mallory COMERFORD, d’un rien, pour la deuxième place. Argent content…

Le commentateur –américain je crois – qui digressait sur la course, relevait que les Néerlandaises avaient fait une et deux dans la finale et les Américaines seulement trois et sept alors que le relais US d’Hangzhou l’avait emporté.

Vrai, mais pas étonnant. Changez les deux autres relayeuses hollandaises, remplacez-les par Olivia SMOLIGA et par Kelsi DAHLIA  et vous goûterez la différence.

Je n’aurai pas besoin d’ajouter que les Pays-Bas ont vingt fois moins d’habitants que les USA… D’autant qu’il y a dix ans, c’est le 4 fois 100 mètres néerlandais qui avait fait champion olympique à Pékin, devant les Américaines. Et devinez comment s’appelaient leurs relayeuses numéro 2 et 3 ? Femke HEEMSKERK et Ranomi KROMOWIDJOJO !

C’est-y pas chouette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRIGODA, 2’0s16, RECORD DU MONDE : DE PLUS EN PLUS PRES DES 2 MINUTES AU 200 BRASSE !

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 200 m BRASSE : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 2’00s16 (record du monde, ancien, 2’0s44, par Marco KOCH, Allemagne – passages en 27s01, 57s62, 1’28s75, 2’0s44 – 27s01, 30s61, 31s13, 31s41); 2. Haiyang QIN, Chine,  2’1s15 (27s45, 58s29, 1’29s52, 2’1s75 – 27s45, 30s84, 31s23, 31s63; 3. Marco KOCH, Allemagne, GER, 2’1s42 (27s68, 58s49, 1’29s54, 2’1s42 – 27s68, 30s81, 31s05, 31s88; 4. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’2s18 (27s31, 58s22, 1’30s09, 2.2s18 (27s31, 30s91 31s87 32s09) 5. Josh PRENOT, USA, 2’3s12 (27s88, 59s02, 1’30s70, 2’3s12 – 27s88, 31s14, 31s68, 32s42); 6. Mikhail DORINOV, Russie, 2’3s20 (27s74, 58s84, 1’30s79, 2’3s20 – 27s54, 31s10, 31s95, 32s41); 7. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’3s72 (28s41, 59s52, 1’31s26, 2’3s72 – 28s41, 31s11, 31s74, 32s46); 8. Erik PERSSON, Suède,  2’4s15 (28s40, 59s60, 1’31s60, 2’4s15 – 28s40, 31s20, 32s00, 32s55 – en séries, 2’3s51.

En séries, 9. Andrew WILSON, USA, 2’4s02 ; 10. Anton Sveinn MCKEE, Islande, 2’4s37 ; 11. Yukihiro TAKAHASHI, Japon, 2’4s68 ; 12. Tomas KLOBUCNIK, Slovaquie, et Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’4s85 ; 14. Caio PUMPUTIS, Brésil, 2’5s.

Sévèrement défait sur 100 brasse, Kiril PRIGODA s’est offert une revanche éclatante sur 200 mètres : titre et record mondial. Le brasseur de Saint-Pétersbourg  devance le benjamin de la finale, le Chinois QUIN, 19 ans : sans doute l’avenir ; et Marco KOCH, qui détenait le record monde : peut-être le passé..

Tout le reste de la finale, c’est des plus ou moins « vieux pros » de 22 à 28 ans dont le moins âgé est PRIGODA lui-même (23 ans le 29 décembre prochain). Mais ici encore, cela va très vite. Les talents de nageurs poussent sur les terrains présumés, dans le passé, fort peu cultivables…