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QUELQUES RÉFLEXIONS SUR L’AVENIR D’UNE RÉVOLTE DE NAGEURS

Éric LAHMY

Samedi 22 Décembre 2018

En annonçant une série de grandes compétitions qui ne sont qu’une mauvaise photocopie du projet de l’International Swimming League, la Fédération Internationale de Natation va-t-elle à l’échec? Ce n’est pas impossible. Sortir en toute hâte, à des dates improvisées (de mars à mai), des meetings, aussi richement dotés soient-ils, alors que par milliers, les meilleurs nageurs du monde seront engagés dans le processus de qualification olympique, montre sans aucun doute dans quel état d’esprit d’improvisation assez brouillonne se trouve le clan Maglione-Marculescu.

Ils ont l’air d’assiégés qui tentent une sortie désespérée.

Je dirais qu’ils boxent petit bras. Mais il ne s’agit que d’un premier round. La suite du match, nul ne la connait. De l’autre côté, on a l’air assez remontés, entre Adam PEATY qui bombe le torse et défie l’institution internationale de le suspendre, Katinka HOSSZU qui ne s’est pas dégonflée d’intenter un procès à une Fédération Internationale dont elle était, il y a deux ans, la préférée, et qui la bombardait de titres de nageuse de l’année.

La petite trentaine de nageurs qui se sont présentés dans une réunion à Londres, au siège du club de football de Chelsea, pour débattre de l’avenir de la natation de compétition de haut niveau, faisait, je trouve, assez belle figure.

Les noms de ces nageurs représentent en soi tout un programme, et un poids conséquent, puisqu’on y trouve (liste reprise de Braden Keith, SwimSwam) :

Federica Pellegrini, Gregorio Paltrinieri, Lucca Dotto, Fabio Scozzoli, Adam Peaty, Siobhan O’Connor, Dylan Carter, Josh Prenot, Kendyl Stewart, Ryan Murphy, Tom Shields, Gunnar Bentz, Lia Neal, Mark Szaranek, Michael Andrew, Katinka Hosszu, Peter Mankoc, Madeline Groves, Cameron van der Burgh, Chad Le Clos, Emily Seebohm, Femke Heemskerk, Georgia Davies, James Guy, Jason Lezack, Sarah Sjöström, Ben Proud, Mykhailo Romanchuk, Lenny Krayzelburg, Liam Tancock.

Plus important, les décisions qui ont été prises à Londres. Et avant tout, former une association (et non un syndicat, sur les conseils de Mr Konstantin GRIGORISHIN, l’organisateur et financier de la réunion comme le grand manitou d’ISL, devenu la tête pensante du mouvement).

A son avis, se présenter comme un syndicat dévaloriserait l’union des nageurs, qui ne sont pas des employés, mais les « stars » du « show business » ; se nommer association serait mieux adapté à un groupe qui entend négocier d’égal à égal avec des organisateurs – notamment la Fédération internationale.

PAS DE RUSSES, DE CHINOIS, NI DE JAPONAIS

Le combat (puisque c’en est un) est incertain. Les armes de la F.I.N.A. ne manquent pas. Il ne lui est pas besoin de mesures coercitives. Il lui suffit, pour commencer, de compter ses alliés. lls ne manquent pas. On a noté par exemple qu’aucun nageur asiatique n’était présent à la réunion de Londres. Bien entendu, on peut invoquer la distance, mais cela ne doit pas être ça.

Il me semble qu’il s’agit d’une culture différente. Aujourd’hui, les meilleurs nageurs du monde – ce qui peuvent se qualifier de professionnels – appartiennent à des cultures contradictoires. Nul besoin d’être un anthropologue averti pour comprendre que nos idées et nos conceptions ne sont vraies que dans les limites de notre civilisation.

Et les conceptions de Mr Konstantin GRIGORISHIN, apparemment si attractives pour des mentalités occidentales, pétries du caractère « sacré » des droits de l’individu (et d’esprit de lucre, disons-le franchement), n’ont pas forcément une valeur équivalente dans des nations et des cultures que commandent les notions d’emprise collective, de hiérarchie et de discipline.

Pour la partie russo-asiatique de la natation, nations qui ne se remarquent pas par un degré élevé de « démocratie », il ne m’étonnerait pas que la « révolte » en marche menée aujourd’hui par l’International Swimming League soit vue comme un désordre, et que leurs dirigeants se situent sur la même longueur d’onde que la FINA. Les Japonais sont beaucoup plus émancipés, mais restent assez conservateurs et extrêmement respectueux des notables.

Nageurs chinois et russes pourraient être attirés par la formule. Quand Mr Grigorishin estime à un milliard de dollars le pactole annuel à partager, j’imagine que les oreilles se tendent. Mais je les crois trop dépendants de leurs fédérations nationales, lesquelles ne donneront pas le feu vert à une action qui ne sera pas pensée d’en haut. Dans ces pays, il ne fait pas bon d’occasionner des vagues, dans la vie de tous les jours comme dans la piscine.

Les absences de nageurs allemands, danois, espagnols, centre européens ou sud américains me paraissent présenter en revanche un caractère plus anecdotique…

Mr Grigorishin ne pouvait quand même pas inviter tout le monde.

L’ennui, pour ISL et les nageurs qu’il a impliqués à sa suite, c’est qu’à l’addition, les poids des natations russe, chinoise, japonaise, si l’on y ajoute les indifférents, les timides, les timorés, et tous ceux qui n’entendent pas se mouiller dans cette affaire, font qu’ils peuvent se trouver esseulés dans un combat où le temps jouerait contre eux. Les rares fois où un champion a lutté contre son institution, il a été battu à plate couture. Ici, la présence et l’engagement de Mr GRIGORISHIN, et sa puissance de feu de milliardaire en dollars, fait pencher la balance.

Mais qu’il se lasse d’investir des millions dans cette affaire et retire son adhésion, et ils se retrouveront esseulés en rase campagne…

Alors, que va-t-il se passer ? La F.I.N.A. va-t-elle se sentir assez solide pour accepter le défi que représentent les rebelles et tenter de passer en force ?

Je pencherais pour une évolution différente. La F.I.N.A. a plus à perdre que les nageurs, en termes de prestige. Déjà, le message dont elle a usé, selon lequel elle travaille pour le bien-être collectif, ne passera plus aussi bien que par le passé. Solidaires et déterminés, les nageurs pourraient obtenir un succès éclatant, car sans eux, les organisations, FINA ou pas, ne représenteront plus que des coquilles vides. Et leurs dirigeants des généraux sans troupes.

La force des nageurs impliqués – c’est qu’ils n’ont trop rien à perdre à partir du moment où ils restent « dans les clous » et dans leur stratégie. Ils n’ont guère besoin de monter au créneau : qui peut les obliger à répondre à l’invitation de la F.I.N.A., à s’embarquer dans ses « séries », s’ils ne le désirent pas ? Qui même pourrait les empêcher d’accepter ces invitations et de lancer des opérations escargot au milieu des compétitions, dans les lignes d’eau ? 

En choisissant de copier le modèle ISL  et d’organiser ses séries en-dehors de ses mandantes naturelles, les fédérations nationales, la F.I.N.A. se trouve en face du bon vouloir des nageurs impliqués, car alors les nageurs, ne représentant qu’eux-mêmes, en ne répondant pas à l’invitation, ne risqueront pas d’être accusés de nuire à leur représentation nationale.

Si les révoltés du jour parviennent à convaincre un nombre élevé d’autres grands noms de les suivre, la situation de la FINA sera intenable, et ils auront gagné la bataille.

Mais peut-être pas la guerre…

Plusieurs questions se posent :

 1). Il est hors de question que ces trente nageurs emportent seuls le morceau. Ils doivent compter des alliés, faire venir dans leur groupe le maximum d’autres champions. Si à court terme, Katinka HOSSZU, Adam PEATY, Sarah SJÖSTRÖM  et quelques autres sont assez dominateurs pour disqualifier tout championnat de niveau mondial dont ils seraient absents, il n’est pas certain qu’ils puissent garder très longtemps une représentativité aussi éclatante.

2). On remarque que dans l’ensemble ce sont de « vieux » nageurs, ou du moins des nageurs très expérimentés, donc sans doute plus impliqués, qui se sont déplacés à Londres. Cela ne veut pas dire que les autres se désintéressent du processus, mais on ne voit pas leur engagement. Or c’est l’ensemble des nageurs qui emportera la décision…

3). En outre, il est frappant de constater que les rebelles sont pour beaucoup des nageurs qui ont été engagés engagés dans la Coupe du monde FINA, donc plus à même de considérer: a) ce qu’ils ont perdu en luttant pour les « clopinettes » que leur offrait la Fédération; b) ce qu’ils gagneraient à changer de monture et rejoindre une Ligue professionnelle infiniment moins avare…

…Ni Katie LEDECKY, ni Simone MANUEL, toujours universitaires, qui continuent d’étudier, ni Caeleb DRESSEL ou Kathleen BAKER ne se sont déplacés. Sont-ils impliqués ? Possible. Selon Mel STEWART (SwimSwam, 15 septembre 2018), ISL a choisi de travailler avec le groupe Wasserman, la 2e agence sportive mondiale, celle dont le chiffre d’affaires à la plus progressé en 2018, et la mieux bien placée dans le sport féminin (ce que la natation est, disons à 50%). Or, Wasserman, qui totalise $3,7 milliards de contrats en 2018, représente LEDECKY et MANUEL, et son patron, Casey WASSERMAN, est chairman du comité d’organisation des Jeux olympiques de 2028. Atout supplémentaire pour la Swimming League? Et preuve (ou élément de preuve) que, dans l’esprit de Mr Grigorishin, l’avenir de la natation professionnelle va se jouer aux States?

La victoire, à l’addition de toutes ces stratégies, reviendra à ceux qui auront l’adhésion du plus grand nombre des meilleurs nageurs. A condition que la FINA se trouve empêchée de riposter. Rien n’est gagné…

 

 

 

 

 

 

 

 

BRÉSIL : FERNANDO SCHEFER, 1’45s51 AU 200 MÈTRES

Samedi 22 décembre 2018

A l’open du Brésil, à Porto Alegre, peu de grandes performances. Fernando SCHEFER améliore cependant le record sud-américain du 200 mètres nage libre.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Pedro Henrique SILVA SPAJARI, 22s22.

100 libre : 1. Pedro HENRIQUE SILVA SPAJARI, 48s78 ; 2. Gabriel SANTOS, 48s91 ; 3. Marco Antonio FERREIRA, 49s36 ; 4. Leonardo PALMA ALCOVER, 49s41.

200 libre : 1. Fernando SCHEFER, 1’45s51 (record sud-américain)..

400 libre : 1. Miguel LEITE VALENTE, 3’51s56

800 libre : 1. Miguel LEITE VALENTE, 7’59s95

1500 libre : 1. Guilherme P. DACOSTA, 15’5s45; 2. Miguel LEITE VALENTE, 15’10s98.

50 dos : 1. Victor GUARALDO, 25s69

50 brasse : 1. Pedro H. BRASIL CARDONA, 27s23.

100 brasse : 1. Pedro H. BRASIL CARDONA, 1’0s72.

200 brasse : 1. Andreas MICKOSZ, 2’13s89.

50 papillon : 1. Guilherme ROSOLEN, 24s06.

100 papillon : 1. Guilherme ROSOLEN, 53s04.

200 papillon : 1. Kaue DA SILVA CARVALHO, 1’57s41.     

200 4 nages : 1. Evan VINICIUS SILVA, 2’1s31

DAMES.- 50 libre : 1. Etiene PIRES MEDEIROS, 24s96.

400 libre : 1. Gabrielle GONÇALVES RONCATTO, Brésil, 4’14s63

50 dos : 1. Etiene PIRES MEDEIROS, 28s26.

50 brasse 1. Jhennifer ALVES CONCEICAO, 30s61

100 brasse : 1. Jhennifer ALVES CONCEICAO, 1’8s32.

100 papillon : 1. Daynara FERREIRA PAULA, 1’0s16.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LAUSANNE : CHARLOTTE BONNET ET JEREMY STRAVIUS S’AMUSENT

Eric LAHMY

Samedi 22 Décembre 2018

Une petite délégation niçoise s’est plutôt bien débrouillée au meeting de Lausanne, qui recevait également une forte délégation féminine canadienne. Un Jeremy STRAVIUS bien orienté sprint a enlevé les 50 mètres libre, dos et papillon, le 100 papillon et, pas étonnant en additionnant ces points fort, le 100 mètres quatre nages. Les temps ne sont pas mirobolants, mais la trêve des confiseurs et sans doute le hard labour imposé par Fabrice Pellerin avant de lâcher ses troupes pourrait y être pour quelque chose. A noter quand même ses 50s59 au 100 papillon.

Charlotte BONNET, de son côté, si elle a eu l’occasion de mettre sur 100 mètres deux championnes olympiques de la distance derrière elle, Penny Oleksiak et Ranomi Kromowidjojo (et, bonus, Taylor RUCK), elle a trouvé quand même une Canadienne en superforme pour la devancer, Kayla SANCHEZ. Ça, c’était le 20. Le lendemain, Charlotte prenait sa revanche sur 200, dans un belle course assez stratégique sur les bords. Départ rapide de la Niçoise, remontée énergique dans les 5e et 6e bassins de la Canadienne qui passe légèrement en tête, et belle accélération de Bonnet qui passe, tandis que RUCK est débordée peu après cent mètres de course.

SANCHEZ gagnera aussi le 100 quatre nages devant Katinka HOSSZU qui enlèvera pour sa part le 200 dos, le 200 papillon et les 200 et 400 quatre nages. Ranomi effectuera une razzia attendue sur le sprint, sur le tryptique classique dos, papillon, crawl.

Côté messieurs, on note quelques doublés dont celui, sur 100 et 200, de Kyle STOLK, et pour les Français, la présence de Jordan POTHAIN sur 100 (6e), 200 (3e) et 400 (2e), dans cette dernière épreuve derrière un excellent Christiansen.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Jeremy STRAVIUS, Olympic Nice, 21s57.

100 libre : 1. Kyle STOLK, Pays-Bas, 47s36 ; 2. Pieter TIMMERS, Belgique, 47s61 ; 3.Yuri KISIL, Canada, 47s64 ;… 5. Tom PACO PEDRONI, Olympic Nice, 48s48; 6. Jordan POTHAIN, Olympic Nice, 48s56.

200 libre : 1. Kyle STOLK, Pays-Bas, 1’44s11 ; 2. Tomer FRANKEL, Israël, 1’44s33; 3. Jordan POTHAIN, Olympic Nice, 1’45s27; … en séries, 7. Tom PACO PEDRONI, Olympic Nice, 1’47s32.

400 libre : 1. Henrik CHRISTIANSEN, Lambertseter, 3’39s99; 2. Jordan POTAHIN, Olympic Nice, 3’45s25.

50 dos : 1. Jeremy STRAVIUS, Olympic Nice, 23s70.

100 dos : 1. Yacov Yan TOUMARKIN, Israël, 51s96; … 3. Paul-Gabriel BEDEL, Marseille, 52s39.

200 dos : 1. Yacov Yan TOUMARKIN, Israel, 1’52s95.

50 brasse : 1. Zanko VSEVOLOD, Russie, 27s03.

100 brasse : 1. Marco KOCH, Frankfurt, 57s82; 7. Jean DENCAUSSE, CN Marseille, 59s16.

200 brasse : 1. Marco KOCH, Frankfurt, 2’3s36; 2. Jean DENCAUSSE, CN Marseille, 2’7s99.

50 papillon : 1. Jeremy STRAVIUS, Olympic Nice, 22s93

100 papillon : 1. Jeremy STRAVIUS, Olympic Nice, 50s59

200 papillon : 1. Kristof MILAK, Honved, 1’53s79 ; 2. Maarten BRZOSKOWSKI, Pays-Bas, 1’54s10; 3. David THOMASBERGER, Leipzig, 1’54s22 ; 4. Louis CROENEN, Vlamse, 1’54s43.

100 4 nages  : 1. Jeremy STRAVIUS, Olympic Marseille, 52s72 ; 2. Kyle STOLK, Pays-Bas, 52s74; 3. Jeremy DESPLANCHES, Olympic Nice, 52s87.

200 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, Olympic Nice, 1’54s71.

400 4 nages : 1. Adam PAULSSON, Elfsborg, 4’12s23.

DAMES.- 50 libre : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s71 ; 2. Kayla SANCHEZ, Canada, 24s20 ; 3. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 24s27 ; 4. Taylor RUCK, Canada, 24s48; 5. Lena BOUSQUIN, CN Marseille, 24s93.

100 libre : 1.Kayla SANCHEZ, Canada, 51s68 ; 2. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 52s18; 3. Penny OLEKSIAK, Canada, 52s60; 4. Taylor RUCK, Canada, 52s88; 5. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 53s08.

200 libre : 1. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 1’52s36 (26s14, 28s63, 29s39, 28s20); 2. Kayla SANCHEZ, Canada, 1’52s59 (26s56, 28s63, 28s88, 28s52); 3. Ruck TAYLOR, Canada, 1’54s60.

400 libre : 1.Josephin TESCH, Neukolin-Berlin, 4’9s37.

50 dos : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 27s18.

100 dos : 1. Taylor RUCK, Canada, 57s26; 2. Katinka HOSSZU, Iron Swim, 57s31

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, Iron Swim, 2’3s65; 2. Taylor RUCK, Canada, 2’4s19.

50 brasse : 1. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 30s32

100 brasse : 1. Jessica STEIGER, Gladbeck, 1’7s01.

200 brasse : 1. Kierra SMITH, Canada, 2’20s62.

50 papillon : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 25s17; 2. Penny OLEKSIAK, Canada, 25s53; 3. Lena BOUSQUIN, CNMarseille, 26s05..

100 papillon : 1. Penny OLEKSIAK, Canada, 57s34

200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Iron Swim, 2’8s30; … 4. Cyrielle DUHAMEL, Stade Béthunois Pélican, 2’14s40.

100 4 nages : 1. Kayla SANCHEZ, Canada, 57s80 ; 2. Katinka HOSSZU, Iron Swim, 58s20 ; 3. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 58s71.    

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Iron Swm, 2’7s82; … 3. Cyrielle DUHAMEL, Stade Béthunois Pélican, 2’11s84.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Iron Swim, 4’33s03 ; 2. Cyrielle DUHAMEL, Stade Béthunois Pélican, 4’40s60.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SIGNÉ MISSY FRANKLIN : POURQUOI AI-JE DÛ ABANDONNER LA NATATION

SIGNÉ MISSY FRANKLIN : POURQUOI AI-JE DÛ ABANDONNER LA NATATION

Jeudi 20 Décembre 2018

ESPN PRÉSENTE LA LETTRE EXCLUSIVE ÉCRITE PAR MISSY FRANKLIN, QUI EXPLICITE LE POURQUOI DE SA DÉCISION D’ABANDONNER SA CARRIERE DE NAGEUSE PROFESSIONNELLE. CI-DESSOUS UNE TRADUCTION DE L’ESSENTIEL DE SON MESSAGE.

« …Nager a été mon premier véritable amour. Être dans l’eau m’a donné une sensation de liberté, de joie et de d’allégresse. C’est là que je pouvais être complètement moi-même sans restriction ni limitation. C’est là que j’ai trouvé mes premiers bons amis, mes premiers mentors et mon goût de la compétition. Ce sont les petites choses dont je me souviens, depuis les premiers jours, comme jouer aux requins et aux petits poissons le vendredi matin après l’entraînement dans mon club d’été, l’Heritage Green Gators, avant les beignets craquants à la crème. On faisait des relais avec des citrouilles à Halloween et jouai au bowling à la dinde à l’entraînement avant Thanksgiving. On s’entraînait tellement dur, et aimait tellement chaque instant. On apprenait la gestion du temps, l’aptitude à diriger et le sport. On réalisait des projets et savourions chaque instant.

On me demande toujours quand j’ai compris que j’étais une bonne nageuse, et je réponds que je n’en sais trop rien, j’étais trop occupée à apprécier les choses. J’étais une petite fille, qui passais mon temps avec des équipiers et mes amis les plus proches à l’entraînement, à partager de saines parties de rigolades entre les répétitions de séries, quand nous touchions le mur, le souffle coupé, avant de repartir.

Cependant, si je devais choisir un moment, ce serait les sélections olympiques de 2008, à 13 ans. Je n’oublierai jamais, regardant sur la plage ces nageurs depuis toujours respectés à deux mètres de moi. Je réalisais que j’avais atteint le même meeting qu’eux, nageant dans le même bassin et luttant pour le même objectif.

Les 18 premières années de ma carrière furent aussi parfaites que je ne puis l’imaginer. L’équation n’aurait pas pu mieux faire sens : tu travailles dur, avec une attitude positive, tu arrives tous les jours et te donnes à fond, et tu vas plus vite. C’est comme cela que ça marchait pour moi. Je travaillais plus dur, je m’entraînais plus dur et je nageais plus vite, année après année.

Après les Jeux olympiques de 2012, je décidais de rester amateur et de nager en université, une des meilleurs décisions que je n’ai jamais faites. Nager à l’Université de Californie Berkeley fut l’un des plus grands honneurs et privilèges que je n’ai jamais eus comme athlète ou comme personne. L’équipe dont j’ai pu faire partie en 2014 et 2015 m’a plus appris que je ne saurais dire. Les gens rient parfois quand je leur raconte que je voulais nager au collège parce que je savais que je rencontrerais là-bas, dans mon équipe, mes futures demoiselles d’honneur, et qu’elles deviendraient des amies pour la vie. Et voilà, je les ai rencontrées, quatre demoiselles d’honneur, pour être précise.

En 2015, je décidai de rentrer chez moi et de nager à Colorado Springs avec Todd Schmitz et les Colorado Stars, et de travailler avec mon entraîneur de musculation Loren Landow. J’ai été très sincère au sujet de ce que j’endurais et me préparais pour les Jeux olympiques de 2016 et parlais ouvertement des combats que je livrais : ils comprenaient des douleurs aux épaules à l’entraînement et en compétition, de la dépression, de l’anxiété et de l’insomnie. Ce fut aussi l’année où je commençais à totalement admettre que quelque chose n’allait pas  dans mon corps, et qu’il ne  fonctionnait pas comme supposé. Au meeting de Mesa, en avril 2016, je dus déclarer forfait, suite à une blessure survenue à l’échauffement qui occasionna une intense douleur d’épaules. Je n’avais jamais expérimenté une telle douleur et commençai à m’effilocher. A quatre mois des Jeux olympiques, des gens croyaient que ce serait le plus grand moment de ma carrière. Après mes succès de Londres en 2012, les attentes pour mes seconds Jeux allaient croissant.

Je m’entrainais malgré les douleurs physiques et émotionnelles – et fis mon possible pour garder la tête haute. Survivre à ces huit journées de Rio fut le plus grand accomplissement de ma carrière. Je pus rester fidèle dans l’échec et les déceptions à la personne que j’avais été dans la victoire et meilleure nageuse du monde.

Après la traversée des Jeux olympiques, je sus que je devais m’attaquer à la douleur que j’avais utilisé chaque once d’énergie à ignorer. En janvier et février 2017, je fus opérée aux deux épaules. La convalescence devait être rapide, mais dès que j’entrais dans l’eau, en avril, le niveau de douleur me fit comprendre que je devais patienter plus longtemps. Je pris mon été et finis par recontacter l’homme que je dois épouser l’année prochaine. Je ne puis essayer d’expliquer comment fonctionne le temps de Dieu, mais ce que je sais que c’est beau, parfait et magique.

Je repris l’entraînement en automne avec Dave Durden et l’équipe masculine à Berkeley. En thérapie physique deux ou trois fois par semaine, je devais fréquemment ajuster les séances pour compenser les douleurs aux épaules. Je commençais à me sentir frustrée. Les opérations n’étaient-elles pas censées aider ? Cela n’était-il pas supposé disparaître? N’étais-je pas supposée tomber à nouveau amoureuse du sport?

Je décidai en décembre qu’il me fallait un environnement différent. Aussi difficile était-il de quitter les gens que j’aimais tant en Californie du Nord, je devais essayer autre chose. Deux semaines plus tard, je vivais à Athens, et m’entraînais avec Jack Bauerle, à l’Université de Georgie. Jack et son équipe me reçurent avec affection, et je me lançais dans un type d’entraînement entièrement différent, pour mon retour. Je voulais donner tort à ceux qui m’avaient enterrée, montrer quelle combattante j’étais et revenir plus fort que jamais. J’étais persuadée y parvenir, avec autour de moi des gens qui y croyaient aussi.

Malheureusement, entre-temps, mon épaule empira de façon spectaculaire. Thérapie physique plusieurs fois par semaine, les entraîneurs faisaient de leur mieux pour me permettre de traverser chaque séance. Le temps où je ne m’entraînais pas était passé avec des cubes de glace ou à me reposer en attendant la séance suivante.

Rien ne marchait, ni trois infiltrations de cortisone, une juste avant les championnats d’été passé, ni une injection par ultrasons au tendon du biceps. Techniquement, je souffrais d’une tendinite chronique sévère des coiffes des rotateurs et du tendon du biceps. Après l’échec des infiltrations, il ne me restait qu’une alternative : une autre opération, et même cela sans garantie.

Quand j’entendis le mot opération, jeux l’impression de m’effondrer parce que ma réponse serait non. J’étais allée trop loin à travers la souffrance pour traverser l’expérience d’une autre opération. Je priais, je parlais aux personnes en qui j’avais le plus confiance. Quand celui qui est devenu mon fiancé me dit ce qui suit, tout devint clair : « je te soutiendrai quoiqu’il arrive, mais ce qui m’importe à moi plus que tout, est que tu puisses prendre nos enfants dans tes bras sans que cela soit une douleur épouvantable. »

Je réalisais que plus que l’or olympique, je désirais être une maman. Nager avait pris une part si énorme dans ma vie, mais ce n’était pas toute ma vie. Je ne parviendrai jamais à exprimer ma gratitude pour la natation – les endroits où elle m’a fait voyager, les leçons qu’elle m’a enseignées, et plus important les personnes qu’elle a apportées dans ma vie. Chaque équipière, chaque coach, chaque mentor, chaque officiel dans un meeting… vous avez fait la personne que je suis. Et c’est une personne que je suis très fière d’être. Je suis prête pour le reste de ma vie… » (Traduit par E.L.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FINA CONTRE ISL (1): LA FINA CONTINUE DE FAIRE SA VOLEUSE D’IDÉES

LES 17-19, LES NAGEURS INVITÉS PAR L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PLANCHAIENT AUTOUR DU PROJET DE MEETING PROFESSIONNEL. PENDANT CE TEMPS LES BARBONS DE LA FINA S’ENTENDAIENT À LEUR CHOURAVER L’IDÉE

Éric LAHMY

Mercredi 19 Décembre 2018

Merveilleuse FINA.

Alors que ses mondiaux en petit bassin se déroulaient à Hangzhou, le Bureau de la FINA faisait savoir qu’il approuvait l’organisation d’un nouvel événement de natation, qui serait lancé en 2019 et s’ajouterait au programme actuel.

Cette superbe idée dont on peut bien entendu se demander quel en est le génial inventeur, et baptisée « FINA champions swim series », prendra la forme de trois compétitions, entre mars et mai, s’adressera aux médaillés olympiques et mondiaux et « dans un format innovant chargé de créer une plate-forme de classe mondiale pour l’élite mondiale et pour développer un nouveau centre d’intérêt. » Je vous passe le laïus : du baratin, digne de bonimenteur de foire.

On y évoque « une présentation innovante et des divertissements » comprenant des 50, 100 et des 200 en nage libre, dos, brasse et papillon (voilà qui est en effet le comble de l’originalité) ainsi que sur 400 libre et 200 quatre nages (arrêtez, c’est génial) en plus de quatre courses de relais (c’est trop, prodigieusement inventif, on soupçonne là un savoir faire effarant).) Mais c’est là qu’il fait s’accrocher. « Le programme des FINA Champions Swim Series ne comprendra que des finales, où les quatre meilleurs nageurs de chaque épreuve se rencontreront dans des courses individuelles. Les compétitions se dérouleront en bassin de 50 mètres et dureront trois jours – de vendredi à dimanche. »

Seuls les nageurs invités participeront à ces séries : on y trouvera les champions olympiques et du monde, les tenants des records mondiaux et les mieux placés dans les  bilans mondiaux de chaque événement. Tous ces nageurs recevront des prix et des primes d’engagement, leurs dépenses (voyage, gîte et couvert) leur seront remboursées.

Les nageurs seront regroupés en équipes continentales ou de sponsors, chaque équipe comprenant 24 athlètes (12 hommes et 12 femmes).

Bien entendu, tout ce qui précède ne vaut pas la présentation du président de la Fédération Internationale, Julio Cesar Maglione selon qui “dans son constant effort d’innovation et de proposition de nouvelles opportunités aux étoiles de notre sport, la FINA est très heureuse de lancer cette nouvelle compétition, (laquelle) complètera de la meilleure façon possible notre calendrier de natation, avec d’abord ces séries des champions de natation, ensuite nos championnats du monde, et finalement la Coupe du monde. En créant cette compétition additionnelle de l’élite, la FINA génèrera un vrai show aquatique, où la présentation du sport et la promotion des stars sont les concepts clés d’un meeting réussi. »

On a bien eu raison de retarder l’âge de la retraite pour garder Jules Cesar, ça permet d’écouter ce bonimenteur de placarde baratiner le chaland.

Ayant évoqué sa puissance de feu en termes de diffusion de l’événement, la FINA en arrive à l’essentiel et fait savoir que ces séries permettront de distribuer 3,9 millions de dollars de prix ainsi distribués : 2.436.000$ de prix individuels, 648.000$ de prix de relais, et 840.000$ de prix d’équipe…

Sans être un expert et sans connaître du meeting que proposait I.S.L. autre chose que ce que la Ligue en avait fait connaître, on peut dire que c’est de cette grande réunion avortée de Turin que vient l’inspiration.

Il serait d’ailleurs intéressant de savoir s’il  n’y a pas lieu pour I.S.L., qui traîne la F.I.N.A. devant un tribunal californien, de lui intenter un autre procès, pour contrefaçon cette fois.

LA FINA ENTRE LE PLAGIAT ET L’ABUS DE POSITION DOMINANTE !

Cela dépend quand même des traces écrites laissées par la Ligue dans les tractations qu’elle prétend avoir menées avec la F.I.N.A. Pour cette dernière, démarquer ainsi le projet I.S.L. et le présenter comme sa création, pourrait n’être rien autre qu’un plagiat, une captation non autorisée ou un démarquage. Bien entendu, il sera sans doute difficile de démontrer une propriété intellectuelle pour ce type de shows, et donc que la dite propriété ait été violée. Comme je ne crois pas qu’il soit facile de défendre un quelconque « droit d’auteur » en la matière.

L’ I.S.L. pourrait peut-être à nouveau faire remarquer que l’abus de position dominante est une infraction prévue par le droit de la concurrence pour sanctionner une entreprise, qui, en situation de domination de par son pouvoir de marché, profite de sa position pour s’émanciper des conditions que devrait lui imposer le marché.

Bien entendu, j’ignore totalement si I.S.L., primo, dispose d’éléments qui permettraient d’attaquer la F.I.N.A. sur ce point, secundo si elle en a l’intention.

ON TROUVE TOUT DANS LA BOUTIQUE GRANDE SURFACE F.I.N.A. : LE LÉGISLATIF, L’EXÉCUTIF, LE JUDICIAIRE ET L’ÉPICERIE DU COIN

La FINA, depuis quelques lustres, s’est permis d’être à la fois le législatif (elle fait les lois), le judiciaire (elle applique les lois), l’exécutif (elle établit la vie du sport) et, pour couronner le tout, se déclare en être le seul créateur événementiel habilité. Elle a passé ces dernières années à détourner à son profit les meetings internationaux et à en bloquer l’accès… Plutôt que de se conduire en association sans but lucratif, elle se pose comme une association lucrative, sans but… autre que celui de nuire à tout ce qui s’approche de son rayon d’action, puis de ramasser toute la galette.

MIRACLE : PENNY HEYNS PARLE… POUR NE RIEN DIRE.

Penelope (Penny) HEYNS, la double championne olympique sud africaine de brasse aux Jeux d’Atlanta, en 1996, devenue présidente de la très silencieuse commission des athlètes de la FINA, ne pouvait sans doute pas se soustraire au devoir de voler au secours de « ce nouveau concept », ce qui est un peu normal, étant invitée, logée et nourrie à Hangzhou et touchant pendant les mondiaux ses frais, les per diem, soit quotidiennement deux fois le salaire minimum mensuel en Afrique du Sud, 244 € – ou une fois le salaire moyen, 457€.

Défendre le produit maison est le moins qu’elle puisse faire, HEYNS, mais on aimerait qu’elle ne fasse pas trop carrière de l’autre côté. Elle a ainsi récemment remplacé Beckie SCOTT, la championne olympique canadienne de ski nordique qui a démissionné de la WADA en septembre dernier pour protester contre l’étrange revirement de l’institution dans l’affaire du dopage d’Etat russe.

Censée parler au nom des athlètes, Penny HEYNS n’a en fait le droit de rien dire, étant tenue comme tous les autres commissionnaires qui gravitent autour des caciques de la FINA à un devoir de réserve et une obligation de discrétion. On la préférait en nageuse…

Et quand elle parle soi-disant au nom des athlètes, cette pauvre Penny ne fait que répercuter la voix de ses maîtres. Elle sera à la WADA comme elle l’est à la FINA l’un de ces muets du sérail qui donne l’illusion d’une démocratie là où il n’y a que l’arbitraire de bureaucrates.

 Quoiqu’elle raconte en cette qualité, ses propos de porte-parole rétribuée, à la différence de ses déplacements en classe affaire, de ses hôtels haut de gamme et de ses sympathiques per diem, ne vaudront pas un penny !

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA RETRAITE A 23 ANS: MISSY FRANKLIN ARRÊTE DE NAGER

Mercredi 19 décembre 2018

Missy FRANKLIN a annoncé sur la chaîne ESPN qu’elle prenait sa retraite. La championne olympique américaine des Jeux de Londres, où elle avait remporté 100 et 200 mètres dos et participé aux trois relais dont deux furent vainqueurs (4 fois 200m et 4 fois 100 quatre nages), se retire donc de la compétition à seulement 23 ans ; elle avait rapporté six médailles d’or des championnats du monde 2013, à Barcelone (100 et 200 dos, 200 libre et les trois relais) qui constitua le sommet athlétique de sa carrière ; depuis les Pan Pacs 2014, elle avait été victime de divers maux physiques à répétition, au dos et aux épaules, qui n’ont cessé de la torturer, exigé diverses opérations, provoqué de longues interruptions, et ont nettement réduit ses capacités en compétition comme à l’entraînement. Au-delà de la championne, FRANKLIN laisse le souvenir d’une belle personnalité. E.L.

 

 

 

 

 

 

 

 

DU 200 DOS D’EVGUENY  RYLOV AUX CHAMPIONS DES CHAMPIONS DU MONDE DE HANGZHOU

Éric LAHMY

Mardi 18 Décembre 2018

Les différents jurys qui s’empressent, à la fin des championnats du monde, de désigner les meilleurs nageurs de la petite semaine de compétitions d’Hangzhou, tendraient à provoquer chez moi moins de conviction qu’un petit rictus sarcastique, dont je ne sais s’il procède de Voltaire ou de la hyène tachetée.

Hors mondiaux, les mondiaux continuent donc !

Mais c’est un rictus contraint. Car après six journées à voir distribuer trente-quatre titres individuels et douze de relais (mais je peux me tromper, vous recompterez pour moi), et le constat que la FINA n’a pas pu y insérer le 1500 mètres dames et le 800 mètres messieurs (signe d’une préférence claire et nette pour le sprint), on ne sait plus trop ce qu’on a vu, peut-être pas toujours ce qu’on aimerait en retenir. Chercher à désigner un « meilleur » parmi ces vainqueurs est peut-être la façon adéquate de saluer une dernière fois Hangzhou…

Je ne vous cache pas que je ne me souviens pas des noms de tous les vainqueurs, il s’en faut de beaucoup et que les chiffres se mêlent parfois : de chic, j’avais évalué à 1’53s le temps de RYLOV sur 200 dos (c’est 1’47s !). C’est vous dire si je ressens parfois une certaine confusion !

OLIVIA SMOLIGA PLUS KELSI DAHLIA FONT HUIT PLUS SEPT EGALE QUINZE

Les amateurs de statistique se sont déjà emparés du terrain, alignant fébrilement les chiffres, décrétant qu’Olivia SMOLIGA a remporté huit médailles d’or à ces championnats et qu’elle devance sous cet angle Kelsi DAHLIA, sept médailles.

C’est une façon comme une autre de tenter de circonscrire un événement, et si j’ose m’exprimer ainsi de lui faire exprimer son jus.

Je crois que trop de chiffres tuent les chiffres. Ce déluge arithmétique me rappelle le propos du Premier ministre britannique Disraeli pour qui le mensonge s’aggravait en allant du simple mensonge au sacré mensonge et du sacré mensonge à la statistique. Churchill, un demi-siècle plus tard, précisait quant à lui que « les seules statistiques auxquelles vous pouvez vous fier sont celles que vous avez falsifié vous-même. »

Le problème, avec le programme de la Fédération Internationale de Natation – laquelle association représente de nos jours à peu près l’idéal de crédibilité d’un congrès global de voleurs de poules -, c’est que la falsification se trouve au cœur du programme.

Prétendre par exemple qu’un relayeur ayant nagé les séries d’une course gagnée par d’autres nageurs en finale est champion olympique, du monde ou des environs, est l’une de ces dérives ; mais il est tant d’autres d’arrangements « finassiers » de ce genre qu’on reste interdit devant la tâche de les dénoncer.

ET SI LE MEILLEUR NAGEUR D’HANGZHOU ETAIT RAPSYS ?

Ce type de règlement pue la démagogie, et réunit autour de lui en rangs tellement serrés ceux qui y trouvent avantage ou espèrent un jour profiter de ces privilèges, que se placer à contre-courant d’un tel flux de vaniteuses complaisances parait être une tentative vouée à l’échec…

J’ai eu un peu chaud quand j’ai lu sur un blog que Cameron Van Der Burgh était désigné (ou devait l’être?) meilleur nageur de Hangzhou. Je n’ai rien contre le Sud-Africain, mais à part l’élément de surprise à l’issue de son 100 mètres brasse où je ne l’attendais pas trop (en fait je n’attendais personne, j’ai laissé la porte ouverte en me promettant de jouer la surprise dans tous les cas), je ne lui ai rien vu d’exceptionnel en-dehors du fait qu’être champion du monde n’a en soi rien de commun…

Vu que je suis orienté demi-fond, et que pour moi, n’est pas nageur qui ne peut pas traverser le détroit de Gibraltar, le meilleur nageur d’Hangzhou était le Lituanien Danas RAPSYS ; non pas sans conteste, vu que Mykhailo ROMANCHUK avait ramené la peau de PALTRINIERI à l’issue d’un 1500 mètres haletant.

LE CLOS, BIEN SÛR ! QUI N’AIME PAS LE CLOS ?

Finalement, la FINA (ou son jury, je ne sais trop) a désigné Chad LE CLOS. Qui n’aime pas le Sud Africain, personnalité éminemment sympathique ? Qui n’admire pas son diabolique talent, cette capacité méphistophélique de briller un peu partout et de porter le danger partout où il se présente ? Vainqueur de DRESSEL. sur 100 papillon, présent sur le podium du 100 nage libre.

Peut-être parce que je pensais tellement que KOLESNIKOV pouvait tout casser, et qu’il n’en a rien été, je me suis intéressé finalement à son compatriote Evgueny RYLOV. Il a gagné le 50 (22s58) et le 200 (1’47s02) dos aux dépens de Ryan MURPHY, ce qui laisse à penser ce qui se serait passé sur la distance intermédiaire si les Russes n’avaient pas laissé les clefs de la course à KOLESNIKOV et Andrei SHABASOV.

DE LA GRANDE FORME D’EVGUENY RYLOV A CELLE DE DAYA SETO

Il est d’ailleurs possible que les Russes ne mesuraient pas alors la grande forme de RYLOV. Le premier jour des compétitions, s’ils l’avaient utilisé en séries du relais quatre fois 100 mètres pour qualifier l’équipe en finale, ils l’avaient, malgré son superbe 46s09 au start, retiré pour présenter en finale un Sergei FESIKOV, auteur de 46s21 lancé, d’une valeur inférieure de près d’une seconde ! Comme les USA enlevèrent la course avec seulement 0s08 d’avance, en 3’3s03 contre 3’3s11, je me dis que laisser RYLOV aux commandes de l’avion aurait été mieux inspiré.

…Mais je reconnais que c’est diantrement plus facile à expliquer APRES la bataille qu’avant…

RYLOV se signala aussi par un 20s37 lancé qui faisait de lui le 4e performeur du relais quatre fois 50 mètres nage libre, devancé seulement par les deux Américains, DRESSEL et HELD et par MOROZOV.

HOSSZU, TITMUS, WANG, KROMOWIDJOJO, ON DÉPARTAGE COMMENT?

Élever LE CLOS au titre de champion des champions d’HANGZHOU, n’est-ce pas négliger ou pire déconsidérer Daya SETO, ce jeune père de famille de 24 ans qui l’a battu sur 200 papillon, lui et son son record mondial, en 1’48s24 ? Et qui s’est imposé sur 400 mètres quatre nages avec six secondes d’avance sur son second ?

Côté femmes, désigner Katinka HOSSZU, voilà qui semble logique, n’est-il pas vrai ? Mais je retiens Ariarne TITMUS, la double gagnante, 200 et 400 libre (avec record du monde sur 400) et la Chinoise WANG Jianjiahe, qui enlève le 800 mètres et finit 2e du 400m. Ranomi KROMOWIDJOJO, avec sa razzia sur le sprint, n’est pas à dédaigner non plus…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POUR QUOI KELSI DAHLIA A REMPORTÉ LE 100 PAPILLON EN SOLITAIRE

Éric LAHMY

Lundi 17 Décembre 2018

On s’attendait à une belle bataille Dahlia-Hosszu sur 100 papillon dames. Il n’en a rien été. Hosszu absente excusée (très occupée ailleurs), Dahlia s’est promenée…

A la veille de ce 100 mètres papillon, j’avais écrit pour moi-même : « Kelsi Dahlia, auteur d’un 2’1s73 du 200 mètres papillon et d’un 24s97 sur 50, qu’est-ce que cela indiquait sur la distance moyenne ? Qu’elle allait faire des dégâts. »

Avec des temps de 24s97 au 50 papillon et de 2’1s73 au 200, que pouvait-elle espérer sur 100 mètres ?

Un outil statistique personnel que je n’ai pas renouvelé depuis longtemps me faisait conclure, que la jeune Américaine pourrait valoir 55s1 ou 55s20.

Bien entendu, c’était dans le cadre de sa confrontation avec Katinka HOSSZU que je m’étais fait ces questions.

Or, au moment de se présenter au départ de sa série du 100 mètres papillon, pas de HOSSZU. Pourquoi ?

On sait qu’en 2016, HOSSZU s’était astreinte à un de ces travaux d’Hercule dont elle a le secret : s’emparer de TOUS les records hongrois en petit bassin. Son coup fut parfaitement réussi. Si, depuis, deux de ses records ont été repris (par Boglarka KAPAS sur 400 mètres en 3’58s15, et Anna SZANKOVICS sur 50 mètres brasse en 30s59) il ne fait guère e doute que, préparée sur la distance, à son meilleur, HOSSZU aurait pu signer un 400 mètres en 3’54s.

Pour ce qui est du papillon, HOSSZU avait nagé le 50 mètres en 25s64 le 30 décembre 2014, le 100 mètres en 55s12 le 11 décembre 2016 et le 200 mètres en 2’1s12 le 3 décembre 2014.

A Hangzhou, samedi, HOSSZU devait nager deux 200 mètres quatre nages, séries et finales, et deux 100 papillon, séries et demies. D’habitude, ce n’est pas ce genre de perspective qui lui fait peur. En Coupe du monde, nul doute qu’elle y serait allée. Mais en championnats du monde, elle prend plus de temps pour réfléchir, car l’enjeu est différent. En Coupe du monde, HOSSZU ratisse, en championnats, elle fignole son palmarès.

Or en séries du 200 quatre nages, elle avait été accrochée par YE Shiwen. On s’en souvient peut-être, YE Shiwen est cette jeune Chinoise qui avait battu les records du monde des quatre nages aux Jeux olympiques de Londres, et provoqué une forte polémique lancée par John LEONARD. YE avait fini son 400 mètres quatre nages par un parcours de crawl plus rapide que celui du vainqueur de la course masculine et certains observateurs avaient soupçonné là l’œuvre du dopage.

HOSSZU vit-elle dans cette résurgence, six années plus tard, de YE Shiwen dans sa série du 200 quatre nages et dans l’attente de la rencontrer à nouveau en finale, devant son public, en Chine, une bonne raison de s’inquiéter ? Allez savoir.

D’un autre côté, elle ne pouvait pas sous-estimer Kelsi DAHLIA, qui s’annonçait comme une formidable rivale sur 100 papillon. Avant Hangzhou, les records personnels en petit bassin de l’Américaine, en papillon, étaient de 24s94, 54s84 (2e performance mondiale tous temps) et 2’2s89. De plus, DAHLIA était en grande forme. Sur 200 papillon. elle avait rétréci d’une grosse seconde son record et perdu de peu. Comme DAHLIA est plus sprinteuse qu’HOSSZU, la faible marge par laquelle la Hongroise l’avait emporté ne présentait aucune garantie sur 100 pour la Magyare !

L’Américaine pouvait même taquiner, peut-être, le record du monde de SJÖSTRÖM, 54s61… Et HOSSZU ne se sentait sans doute pas capable d’aller la chercher sous les 55 secondes.

L’Américaine a dominé d’une façon qu’on rencontre désormais rarement dans les compétitions de natation, enlevant les séries de plus d’une seconde, en 55s46 contre 56s52 à sa suivante, la Japonaise Ai SOMA ; les demi-finales en 55s09 contre 56s06 à la deuxième, l’Italienne Elena DI LIDDO , et la finale en 55s01, devançant sa co-équipière Kendyl STEWART, 56s22.

Le foisonnement d’épreuves individuelles et de relais aux justifications incertaines fit que DAHLIA trouva sa dernière journée très occupée, à nager, puis à monter et redescendre les podiums. Les nageurs à ce jeu là, pourront se reconvertir en adeptes du cardio step. Kelsi, pour sa part, trouva le temps ce 16 décembre, de remporter le relais quatre fois 50 mètres en compagnie de Madison KENNEDY, Mallory COMERFORD et Erika BROWN, réalisant pour sa part un 23s37 lancé, 4e temps de la finale ; et le relais quatre nages, en compagnie de Olivia SMOLIGA, Katie MEILI et Mallory COMERFORD, effectuant son parcours de papillon, lancée, en 54s89.

Ce genre de programme aboutit à ces informations sensationnelles, selon lesquelles Olivia SMOLIGA est monté sur 8 podiums des championnats du monde d’Hangzhou, « record », devant DAHLIA, 7 podiums. Bien entendu, tout cela est bien sympathique, mais ça me parait être de la natation fanfreluche.

Personnellement, je retiens surtout que SMOLIGA a gagné le 100 dos et DAHLIA le 100 papillon. Cela n’enlève rien à ces championnes!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU : ROMANCHUK ENCORE DEVANT PALTRINIERI SUR 1500 METRES

Eric LAHMY
Dimanche 16 Décembre 2018

A l’issue d’un terrible duel, le 1500 mètres est revenu à l’Ukrainien Mykhailo Romanchuk. Gregorio Paltrinieri, l’Italien, tenant du titre, une nouvelle fois n’a pas pu l’emporter. Seul témoignage de sa supériorité passée, le record mondial en petit bassin, qui est resté debout.
On ne peut parler d’une surprise. Lors de leur précédente rencontre, aux championnats d’Europe de Copenhague, l’an passé, l’Ukrainien avait devancé l’Italien, en 14’14s59 contre 14’22s93 sur 1500 mètres. Ici, les chronos ont été épatants, 14’9s14 et 14’9s87. C’est sans doute le duel le plus rapide de l’histoire sur la distance en petit bassin : lors qu’il établit le record mondial, en 2015, aux championnats d’Europe de Natanya, PALTRINIERI l’avait emporté de dix secondes sur son compatriote Gabrielle DETTI, 14’8s06 contre 14’18s, et on ne put vraiment parler de duel… Quant au record des mondiaux petit bassin, il appartenait au Coréen PARK en 14’15s51.
C’est un spectacle dramatique que celui d’un nageur relativement privé de vitesse mais extrêmement endurant, qui tente de décoller un adversaire dont il sait pertinemment, s’il ne parvient pas à le lâcher au train, qu’il le devancera au sprint.
Le 1500 mètres. La distance la plus difficile du programme de natation, dont le pari du sprint effectué par les instances et les programmes de musculation pas très bien pensés (sur 1500m, qui dit poids supplémentaires dit régression), ont amené une sorte de désertification. Il en est, cependant, qui continuent d’illustrer la course, presqu’insensée de difficulté, et qui représente l’épreuve, au sens étymologique du terme, de test : une sorte de Rubicon aquatique…
Qui a nagé un 1500 mètres de compétition sait ce que cela représente – le ventre, la poitrine, qui brûlent, les bras qui se crispent, les jambes qui se tétanisent, l’impression d’une torture auto-infligée, le cœur qui parait atteindre le point de rupture. Rite d’initiation qui frôle la férocité, et dans lequel, à travers l’incandescente astreinte à laquelle on se soumet, se révèlent les tempéraments.
Paltrinieri a tout gagné dans le passé, il est champion olympique (2016), double champion du monde (2015 et 2017), triple champion d’Europe, dans les conditions olympiques. Il savait ce qu’il devait faire pour rompre l’enchantement. Il passait plus vite que dans son record, en 3’43s88 (contre 3’44s02) et 7’30s31 (contre 7’31s33). Mais Romanchuk ne bronchait pas, et Paltrinieri ne pouvait rajouter à cette accélération initiale. Il baissa même le rythme de façon assez peu perceptible. C’est dans le dernier aller-retour, comme il devait s’y attendre, que Paltrinieri fut défait. Quand Romanchuk, encore devancé d’un mètre environ, passant la vitesse supérieure, le défit enfin : 25s84 contre 27s16.
Le Norvégien Henrik Christiansen terminait, en 14’19s39, troisième de la course, tout comme il avait fini 3e aux Europe de Natanya et aux mondiaux de Copenhague.
Deux Français s’étaient qualifiés pour cette finale, Damien JOLY, qui battait un vieux record de France, et David AUBRY. En finale, ce fut AUBRY, 4e, qui devança JOLY, 5e, le devançant de 0s56, 14’23s44 contre 14’24s, et lui ravissant son record national tout neuf. Tous deux devancent Jan MICKA, qui détenait la meilleure performance de l’année 14’24s88.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

200 QUATRE NAGES A HANGZHOU : KATINKA HOSSZU TOUJOURS BIEN INSTALLEE

ET DEUX GIRLS US SUR LE PODIUM, MELANIE MARGALIS ET KATHLEEN BAKER

Eric LAHMY

Dimanche 16 Décembre 2018

Les Hongrois sont actuellement agités par d’autres soucis, eux qui sortent dans les rues par un froid de canard, conspuer leurs dirigeants, un truc à la mode dans la vieille Europe ces derniers temps. Il est possible que le sort que la rue veut faire à Monsieur ORBAN, leur homme de fer, ne lui donne pas loisir d’entendre, depuis les mondiaux « petit bassin » d’Hangzhou, que les affaires ne vont pas si mal pour leur dame de fer!

La preuve est donc faite que coachée par son un peu hystérique Shane Tusup d’ex-époux ou par le placide Arpad PETROV (distingué beau-frère de Zsuzsanna Jakabos), qui a repris le flambeau, elle n’a perdu ni son talent, ni son goût batailleur et encore moins son sens de la gagne.

Fallait juste revoir les points de rouille!

200 mètres papillon, 200 et 400 quatre nages, sont tombés dans son escarcelle, et si le 200 dos lui fut fatal, le titre du 100 mètres dos ne lui a semble-t-il échappé qu’en fonction des bras de basketteuse de la splendide Olivia SMOLIGA.

Son succès sur 200 quatre nages a été magistral. Melanie MARGALIS et Kathleen BAKER, qui l’accompagnèrent sur le podium purent, la première sur les trois dernières nages, la seconde dans son parcours en dos, l‘égaler ou lui reprendre du terrain. Mais la longueur de corps qu’elle leur infligea d’entrée, en 26s74, dans son parcours initial de papillon, fut peut-être décisive. BAKER et SEEBOHM lui revinrent sur le paletot et la passèrent dans leur spécialité, mais l’Iron Lady, qui est aussi forte dossiste qu’elle, ne les laissa revenir que parce qu’elle s’économisait avant de se lâcher en brasse, où elle surclassa tout son monde – à l’exception de l’Italienne CUSINATO, qui ne jouait aucun rôle pour la gagne -, puis solidifia son avance dans le parcours de crawl. Sans approcher son record mondial, 2’1s86 en 2014, elle gardait la haute main sur l’un des joyaux de sa couronne. Une MARGALIS teigneuse à souhait confirmait, elle, après le 400 quatre nages, qu’elle était  bien sa dauphine, tandis que BAKER sauva le bronze d’un retour de YE Shiwen…

DAMES.- 200 m 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s25 (26s74, 58s14, 1’33s35, 2’3s25 – 26s90, 31s40, 35s21, 29s90); 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’4s62 (27s53, 59s14, 1’34s82, 2’4s62 – 27s53, 31s61 35s68 29s80); 3. Kathleen BAKER, USA, 2’5s54 (27s02, 57s79, 1’34s18 2’5s54 – 27s02 30s77 36s39 31s36) 4. YE Shiwen, Chine, 2’6s17 (27s54, 59s20, 1’35s84, 2’5s79 – 27s54, 31s66, 36s64, 29s95); 5. Ilaria CUSINATO, Italie, 2’6s17; 6.Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s80; 7. Abbey HARKIN, Australie 2’8s30 (en séries, 2’7s45); 8. Sakiko SHIMIZU, Japon, 2’8s41 (en séries, 2’7s75).

En séries, Fantine LESAFFRE, FRANCE, 2’8s27