CHAMPIONNATS D’ITALIE : FEDERICA PELLEGRINI SUR 200, LA BELLE HISTOIRE N’EST PEUT-ÊTRE PAS FINIE

Éric LAHMY

Vendredi 30 Novembre 2018

Federica Pellegrini a beau faire croire depuis quelque temps qu’elle abandonne le 200 mètres nage libre, la distance qu’elle a éclaboussé de sa classe depuis dix ans maintenant, je la vois mal quitter aujourd’hui ce bloc de compétence que représente pour elle la distance, au carrefour du sprint et du long, au cœur des capacités de résistance athlétique, et se transformer à trente ans en sprinteuse capable d’aller chercher noise à Cate ou Bronte CAMPBELL, à Simone MANUEL ou à Sarah SJÖSTRÖM. Et tant pis si je me trompe…

Pour des raisons qu’on peut expliquer mais un peu trop longuement pour que je m’y essaie ici, et qui tiennent à leurs qualités musculaires, mécaniques, physiologiques (et peut-être même mentales), certains nageurs, quoique préparés en demi-fond, sans être des sprinteurs, produisent plus de vitesse que d’autres. Et je pense au Yannick AGNEL de 2012, à Michael PHELPS bien sûr, ou encore à SUN Yang, capable d’être recordman du monde du 1500 et de nager autour de 49s au 100, sans oublier LOCHTE ni THORPE. Dans le passé, Mark SPITZ présentait un cas équivalent (et proprement phénoménal). Don SCHOLLANDER fut champion olympique du 100 alors qu’il pulvérisait tout un chacun, record mondial compris, sur 400, et l’Australien John KONRADS autant que Bruce FURNISS présentaient des profils équivalents. Côté féminin, personne sous cet angle n’a égalé Shane GOULD, laquelle détenait tous les records du monde du 100 au 1500 mètres. En me remémorant leurs noms, je remarque que tous nageaient TRÈS bien.

Jordan POTHAIN n’a pas atteint jusqu’ici le niveau de compétition de ces grands nageurs, mais me parait doté d’un registre proche.

PELLEGRINI est une nageuse hors normes, entendons-nous bien, mais elle n’a pas montré de telles capacités de vitesse « pure » et a battu le record du monde du 200 mètres, dans le passé, en utilisant une vitesse de base relativement faible : 53s52 au 100 au temps de ses 1’52s98 au 200 (1). On peut imaginer des raisons à cela : d’abord une relative carence dans les coulées et les virages et une tonicité assez limitée du train inférieur (c’est surtout une grande nageuse « de bras »), qui la désavantagent dans ses poussées ; et, en sens inverse, une capacité de résistance acquise par cette bûcheuse et qui lui a permis de maintenir des vitesses très proches de son maximum (recordwoman du monde du 400 mètres) !

On va peut-être voir à ces championnats italiens en petit bassin si « la divina » saura faire progresser sa base de vitesse. Ses records, sur 100 mètres, sont de 53s18 (grand bassin) et 52s17 (petit bassin) et datent de 2016.

Hier, notre « trentenaire » a gagné le 200 mètres, le premier jour des championnats d’hiver en petit bassin, à Riccione. Temps quelconque pour elle, 1’55s31, mais suffisant pour devancer de deux secondes juste Laura LETRARI, une autre « jeunesse » de 29 ans. Federica n’a pas traîné, qui a lancé la course, 26s79, 55s79, accumulant d’entrée toute son avance sur LETRARI. Un bon signe, peut-être, que cette première moitié de course, pour ce qui est de sa vitesse…

Si elle s’améliore suffisamment sur 100, alors elle pourra définitivement tirer un trait sur la distance double. Mais si elle n’y parvient pas ?

Dans ces championnats d’hiver, pas de finales, seulement des séries et classement au temps. Silvia SCALIA, 23 ans, bat le record du 50 dos en 26s67. Son père, Roberto, l’a mise à l’eau à l’âge de trois mois et fut son premier entraîneur au club de Lecco où elle est née. Elle nage maintenant à Rome avec les Canottieri Aniene, comme beaucoup de celles et ceux qui nagent vite en Italie. Son perso était de 26s83, le record d’Italie 26s77.

 (1). Alors ses records personnels. Il est très probable cependant que Federica valait beaucoup mieux sur 100 ; son 53s52 fut réalisé dans un meeting où elle nagea en 1’54s47 (record du monde).Je sais que cette comparaison est à la limite absurde tant la situation a changé dans le sport depuis, mais aux Jeux olympiques de Munich, Mark SPITZ battit les records du monde du 100 mètres avec 51s22 et du 200 mètres avec 1’52s78, et nagea 2s3 plus vite que PELLEGRINI de 2009 sur 100 et seulement 0s2 sur 200…

 

MESSIEURS.- 400 libre : 1. Alessio PROIETTI COLONNA, 3’43s21; 2. Matteo CIAMPI, 3’43s87.

50 brasse : 1. Fabio SCOZZOLI, 25s99; 2. Nicolo’ MARTINENGHI, 26s58.

50 papillon : 1. Marco ORSI, 22s87.

400 4 nages : 1. Lorenzo TAROCCHI, 4’6s90; 2. Alberto RAZZETTI, 4’8s43

4 x 50 : 1. Esercito, 1’26s17 ; 2. Fiamme Oro, 1’26s23 (Ceccon, 21s62 au depart). Avec Aurelio Nuoto, Santo Yukio CONDORELLI, 21s60 au départ. Meillurs temps lancés, Lorenzo ZAZZERI, Esercito, 21s02 ; Marco ORSI, Fiamme Oro, 21s14.

DAMES.- 200 libre : 1. Federica PELLEGRINI, 1’55s31.

50 dos : 1. Silvia SCALIA, 26s67 (record ‘Italie ; ancien, Elena GEMO, 26s77).

100 brasse : 1. Martina CARRARO, 1’5s86 ; 2. Arianna CASTIGLIONE et Ilaria SCARCELLA, 1’6s.

100 papillon : 1. Elena DI LIDDO, 57s01; 2. Ilaria BIANCHI, 57s20.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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