DE LA REUNION DU CIO DU 24 JUILLET AUX TRIPOTAGES DE LA FINA

Samedi 28 août 2016

L’attention amicale de ma correspondante G. Necker glisse dans ma boîte courriel un long texte qui se révèle être la version française des décisions de la commission exécutive du CIO du 24 juillet dernier concernant la participation des athlètes russes aux Jeux olympiques de Rio 2016. Ce n’est pas à proprement parler de la natation, quoique la natation soit très impliquée dans cette affaire et c’est une délibération vieille d’un mois, mais ces lignes ont ceci d’important qu’elles donnent une autre lumière que celle qui a été projetée concernant les choix du CIO, et, selon moi, peuvent contrarier efficacement d’acerbes critiques qui ont visé l’organe faîtier du sport mondial, mais pas les fédérations internationales. Je ne puis que constater qu’une chose, au bout de tout ça, c’est que Mme Stepanova n’était pas aux Jeux, ce qui me parait justifié après avoir écouté les arguments du CIO concernant le caractère opportuniste de ses aveux, et que Mlle Efimova y était et s’y est même médaillée d’argent, ce qui me fait penser que la FINA doit encore plus à Mr Poutine qu’on ne le dit. E.L.

« Les discussions ont porté sur le rapport d’enquête indépendante de l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) rédigé par le professeur Richard McLaren, la décision du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) du 21 juillet 2016 concernant les règles de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF) et la participation des athlètes russes aux compétitions d’athlétisme régies par l’IAAF, ainsi que la Charte olympique et le Code mondial antidopage » rappelle ce texte en préambule qui souligne en outre la proximité des Jeux (dans douze jours et le processus d’inscription des athlètes étant en cours. La commission exécutive doit donc prendre une décision préliminaire quant à la participation des athlètes russes aux Jeux dans une urgence absolue. Le professeur Mc Laren, qui a mis le feu aux poudres, déclare (ou admet) qui a rempli « partiellement » sa mission, et demande à le poursuivre pour le finaliser. Il faut prendre des décisions graves sans attendre cependant la conclusion de l’enquête. Compliqué : c’est un peu comme si on a trouvé le cadavre et le couteau, certes, mais qu’on doive fusiller ou non l’assassin sans procès…

DE LA PRESOMPTION DE CULPABILITE COLLECTIVE A CELLE D’INNOCENCE INDIVIDUELLE

La commission exécutive du CIO a noté que le rapport d’enquête indépendante ne tirait aucune conclusion à l’encontre du ROC en tant qu’institution. Aussi, M. Alexander Zhukov, président du Comité National Olympique russe (ROC), a-t-il été autorisé à plaidé sa cause et celle des athlètes russes. Il explique que la Fédération de Russie et le ROC « s’engagent à coopérer pleinement avec toutes les organisations internationales afin de faire la lumière sur tous les éléments de ce dossier. Il a également donné l’assurance que le ROC allait opérer une vaste et complète restructuration du système russe de lutte contre le dopage. À ce propos, il a souligné que le ROC était « attaché au sport propre et qu’il œuvrerait pour un sport propre en Russie. » Il souligne « que tous les athlètes russes sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Rio 2016 ont été contrôlés au cours des six derniers mois par des agences antidopage étrangères. Les échantillons ont été prélevés par des officiers de contrôle du dopage étrangers et analysés dans des laboratoires étrangers. Les athlètes russes qui ont participé aux différentes compétitions dans tous les sports ont fait l’objet de plus de 3 000 contrôles de dopage. Les résultats se sont révélés négatifs dans leur grande majorité. »

Il ne répondait pas là aux conclusions du rapport d’enquête indépendante, pour lequel « tous les athlètes russes souhaitant participer aux Jeux Olympiques de Rio 2016 sont considérés comme étant touchés par un système visant à détourner et manipuler les procédures antidopage. En raison « du délai extrêmement serré », il n’a « pu que survoler la masse de données disponibles. »

« Les athlètes russes des 28 sports olympiques d’été doivent assumer les conséquences de ce qui équivaut à une responsabilité collective et la « présomption d’innocence » ne peut donc leur être appliquée dans ce cas. Mais le droit à la justice individuelle, auquel tout être humain peut prétendre, doit être appliqué. Chaque athlète concerné doit se voir offrir la possibilité de réfuter l’applicabilité de la responsabilité collective à son cas personnel. » 

La commission exécutive décide alors que le CIO n’acceptera aucune inscription d’un athlète russe aux Jeux sans que l’athlète concerné ne réunisse certaines conditions : apporter des preuves satisfaisant totalement sa Fédération Internationale (FI) quant aux critères qui suivent :

Répondre « aux exigences du Code mondial antidopage, en particulier l’absence de contrôle antidopage positif au niveau national ne peut pas être considéré comme suffisant par les FI ; les FI devront procéder à une analyse du dossier antidopage de chaque athlète, en tenant compte uniquement des contrôles appropriés et fiables effectués au niveau international, des spécificités de son sport et des règles de ce dernier, afin de garantir des conditions de compétition équitables pour tous ; Les FI examineront les informations contenues dans le rapport d’enquête indépendante et à cet égard chercheront à obtenir de l’AMA les noms des athlètes et des fédérations nationales impliqués. Aucune personne, athlète ou officiel ni aucune fédération nationale impliqués ne pourront être autorisés à participer ou recevoir une accréditation aux Jeux Olympiques ; • Les FI devront également appliquer leurs règlements respectifs quant aux sanctions à infliger à des fédérations nationales entières ; Le ROC n’est pas autorisé à inscrire aux Jeux Olympiques de Rio 2016 un athlète qui aura déjà été sanctionné pour dopage, même s’il a purgé la sanction prononcée à son encontre : le CIO n’acceptera d’inscription de la part du ROC que si la FI de l’athlète est satisfaite des preuves apportées quant aux conditions 2 et 3 susmentionnées et si cette inscription est confirmée par un expert de la liste des arbitres du TAS nommé par un membre du Conseil International de l’Arbitrage en matière de Sport (CIAS), indépendant de toute organisation sportive associée aux Jeux Olympiques de Rio 2016 ; L’inscription de tout athlète russe accepté en définitive par le CIO sera subordonnée à un programme rigoureux de contrôles hors compétition supplémentaires menés en coordination avec la FI correspondante et l’AMA. Toute indisponibilité d’un athlète pour les contrôles effectués dans le cadre de ce programme aboutira au retrait immédiat de son accréditation par le CIO. »

Après cela, on se demande par quel tour de passe-passe de la FINA, Julia Efimova et compagnie se sont retrouvés à Rio. Mais il y a une défense très solide des dopés de Russie et de Chine par les pontes de la FINA qui laisse rêveur !!

POURQUOI STEPANOVA N’A PAS CONCOURU AUX JEUX, AU CONTRAIRE D’EFIMOVA

« La commission exécutive du CIO a par ailleurs examiné plus avant la demande de l’athlète russe Iuliia Stepanova (athlétisme) de concourir aux Jeux Olympiques de Rio 2016 en tant « qu’athlète neutre ». Étant donné que Mme Stepanova a refusé de participer aux compétitions en tant que membre de la délégation du ROC, la commission exécutive du CIO devait examiner s’il était possible et approprié de faire une exception aux règles de la Charte olympique. Cette demande revêtant des aspects éthiques d’importance, la commission exécutive du CIO a demandé son avis à la commission d’éthique, laquelle a entendu Mme Stepanova ainsi que des représentants de l’IAAF et du ROC.

Mme Stepanova fonde sa demande sur son rôle de « lanceur d’alerte » s’agissant de la manipulation du système antidopage et de la corruption impliquant le laboratoire antidopage de Moscou accrédité par l’AMA, la Fédération russe d’athlétisme et l’IAAF. La commission d’éthique salue la contribution de Mme Stepanova à la lutte contre le dopage. Elle l’a examinée à la lumière de son implication de longue date, au moins cinq ans, dans ce système de dopage et au regard du moment choisi pour devenir lanceur d’alerte, lequel est intervenu une fois que ledit système ne l’a plus protégée suite à un contrôle positif pour lequel elle a été sanctionnée pour dopage. 

Après une évaluation minutieuse des arguments avancés, la commission d’éthique a émis l’avis suivant à l’intention de la commission exécutive du CIO :

« S’il est exact que le témoignage et les déclarations publiques de Mme Stepanova ont apporté une contribution à la protection et à la promotion des athlètes propres, au fair-play, à l’intégrité et à l’authenticité du sport, les dispositions impératives de la Charte olympique relatives à l’organisation des Jeux Olympiques s’opposent à la reconnaissance d’un statut d’athlète neutre. De plus, la sanction dont Mme Stepanova a fait l’objet ainsi que les circonstances dans lesquelles elle a dénoncé les pratiques de dopage, qu’elle a elle-même utilisées, ne satisfont pas aux exigences éthiques pour qu’un athlète participe aux Jeux Olympiques. 

La commission exécutive du CIO a suivi l’avis de sa commission d’éthique, prenant également en considération la décision susmentionnée de ne pas autoriser un athlète russe qui a déjà été sanctionné pour fait de dopage à participer aux Jeux Olympiques de Rio 2016. Par conséquent, le CIO n’inscrira pas Mme Stepanova en tant que concurrente aux Jeux Olympiques de Rio 2016. 

Toutefois, la commission exécutive du CIO souhaiterait exprimer sa reconnaissance à Mme Stepanova pour sa contribution à la lutte contre le dopage et à l’intégrité du sport. Aussi le CIO invite-t-il Mme Stepanova et son mari aux Jeux Olympiques de Rio 2016. De plus, le CIO est prêt à soutenir Mme Stepanova afin qu’elle poursuive sa carrière sportive et qu’elle puisse éventuellement rejoindre un autre Comité National Olympique. » 


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