D’UN HEROS OLYMPIQUE AUSTRALIEN A L’AUTRE : JOHN DEVITT REND HOMMAGE A CECIL HEALY

CHAMPION OLYMPIQUE, HEROS DE GUERRE ET MODELE DE FAIR-PLAY DES ANTIPODES, CECIL HEALY MOURUT SUR LES TRANCHEES EN DEFENDANT LA FRANCE

Eric LAHMY

Jeudi 23 Août 2018

John COATES, le président du Comité Olympique Australien, a aidé au lancement d’un livre sur Cecil HEALY, l’un des premiers champions olympiques australiens, ai-je lu sur le site Inside the Games, sous la signature de Duncan McKay.

Ce livre remet en mémoire une très vieille histoire, certes, mais qui mérité sans doute de ne pas être oubliée…

Le livre, écrit bien entendu en anglais, et intitulé Cecil Healy – A biography, a été rédigé par John DEVITT, lui-même champion et médaillé olympique (en 1956 et 1960).

HEALY fut un des concurrents des Jeux olympiques de Stockholm, en 1912. Avec son équipe d’Australasie, il fut champion sur quatre fois 200 mètres. Mais c’est un autre fait qui a retenu alors l’attention en Australie, où l’on apprécia l’humilité, la sportivité et la gentillesse du personnage.

Cecil se présentait sur 100 mètres et savait qu’il ne pourrait devancer l’Américain hawaïen Duke KAHANAMOKU, lequel dominait de façon extraordinaire l’épreuve (de deux à trois secondes, ce qui est bien entendu énorme pour un effort d’une minute environ).

Un erreur de logistique empêcha l’équipe des Etats-Unis de se présenter à l’heure de la course et les officiels, appliquant le règlement, disqualifièrent les absents, dont KAHANAMOKU. C’était offrir une chance d’or sur un plateau à Cecil Healy et à quelques autres. Healy estimait qu’une victoire obtenue en l’absence de KAHANAMOKU n’aurait aucune signification. Il obtint des officiels australiens d’élever une protestation, laquelle fut admise. On attendit les Américains, la course eut lieu en leur présence et Duke KAHAMOKU, 1’3s4, l’emporta devant Cecil HEALY, 1’4s6, et le deuxième Américain, Ken HUSZAGH, 1’5s6.

KAHANAMOKU, on l’imagine, apprécia le geste de sportivité à sa juste valeur. Il leva le bras de Cecil HEALY et le présenta à la foule comme « un vrai champion olympique. »

Lors de la présentation du livre, COATES rappela un autre fait de sportivité qui fut célèbre en Australie, celui du coureur à pied John LANDY (devenu en 2001 gouverneur de l’Etat de Victoria). En 1956, aux championnats d’Australie, qui précédaient les Jeux olympiques, John LANDY disputait le mile et suivait Ron CLARKE, lequel, accroché par un autre concurrent, tomba. LANDY le blessa accidentellement avec ses pointes en le passant, stoppa, se retourna pour s’inquiéter de CLARKE, qui l’enjoignit de repartir. LANDY, dont on estima qu’il perdit sept secondes dans l’incident, refit tout son retard et gagna la course. Quelques semaines plus tard, il enleva le bronze du 1500 mètres olympique.  

Selon John COATES, quelle qu’ait été la portée du geste de LANDY, celui de HEALY est plus significatif : « en termes de sportivité, il est le plus important. »

Malheureusement, HEALY, qui s’engagea en 1915, après avoir servi en Egypte et en France, fut tué dans la Somme, le 29 août 1918, exactement soixante-quatorze jours avant la fin de la Première Guerre mondiale, alors que, sous-lieutenant, il emmenait ses hommes à l’attaque d’une tranchée allemande. Il avait trente-six ans.

HEALY, un homme très attentif à l’autre, était très apprécié et, rapportant son décès, son supérieur hiérarchique, le major Syd MIDDLETON, écrivit les lignes qui suivent : « Par la mort d’Healy, le monde perd un de ses plus grands champions, un de ses meilleurs hommes. Aujourd’hui, après quatre années passées sur le front, j’ai pleuré pour la première fois. »

Comment DEVITT en arriva-t-il à écrire ce livre ? Il fut approché par les responsables du Manly Aquatic Centre, qui voulaient baptiser de son nom le bassin couvert (25 mètres) de huit lignes d’eau qui venait d’être construit (l’ensemble du Centre porte le nom d’un autre héros de la natation australienne, Andrew Boy CHARLTON). DEVITT, depuis toujours, avait fait d’HEALY son héros. Il fit remarquer que le nom d’HEALY s’imposait, et que baptiser ce bassin du nom d’un héros de guerre disparu il y a exactement cent ans doublé d’un champion exemplaire serait une bonne idée. Le bassin portera donc leurs deux noms et John DEVITT, s’étant rendu sur la tombe d’HEALY, en France, y apportant du sable de Manly Beach, se fendit d’un livre coécrit avec Larry WRITER, un écrivain australien reconnu.


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