FRANKLIN [Melissa Jeannette « Missy »]

Natation. (Née à Pasadena, Californie, le 10 mai 1995-). Considérée peu ou prou comme la meilleure nageuse du monde en 2011, 2012 et 2013, c’est une fille de très grande taille (1,87m) dotée d’une envergure de 1,93m, de grandes mains, de pieds de taille 46, qui sont des « palmes incorporées », s’amuse à dire son père. Bébé nageur, adorant l’eau, cette fille unique se met à nager sur l’insistance de sa mère, à cinq ans. Elle étudie au lycée Jésuite d’Aurora, dans le Colorado, et son entraîneur, depuis qu’elle a sept ans, est Todd Schmitz, au club Colorado Stars. La fille de deux Canadiens, Richard et Dorothy Franklin, dotée de la double nationalité US et Canadienne, sa mère suggéra qu’elle représente le Canada, où l’accession à l’équipe nationale est plus facile. Elle préféra les USA, et elle n’a pas eu tort, parce que Melissa Franklin est assez forte pour ne pas s’inquiéter de la difficulté d’être sélectionne en équipe ! En 2008, à treize ans, elle participe aux sélections olympiques US. Elle finit 37e, et ne peut, de très loin, se qualifier pour les Jeux de Pékin. En 2010, Missy se qualifie, seconde du 100 mètres dos et du 200 mètres dos des championnats US, pour les PanPacifics qui ont lieu en Californie, à Irvine. Elle termine 4e du 100 mètres dos et ne peut se qualifier en finales sur 50 mètres ni sur 200 mètres dos. Elle s’empare de sa première médaille internationale aux Mondiaux (petit bassin) de Dubaï, en décembre 2010, quand elle finit 2e du 200 mètres dos (2’2’’01) derrière la Française Alexianne Castel (2’1’’67). Egalement 2e avec le 4 fois 100 mètres quatre nages de ces mondiaux où elle est seulement alignée en séries, elle nage aussi sur 50 et 100 mètres dos, 100 mètres et 200 mètres quatre nages et dans le relais 4 fois 200 mètres. Entre le 24 et le 31 juillet 2011, ne cessant de progresser, elle conquiert cinq médailles aux mondiaux de Shanghai : d’or sur 200 mètres dos (2’5’’90 en séries, 2’5’’10 en finale, records US), et dans deux des trois relais. Sur 4 fois 200 mètres (7’46’’14, avec Dagny Knutson, Katie Hoff, Allison Schmitt ; elle lance la course en 1’55’’06, plus vite que Pellegrini, gagnante de la course individuelle en 1’55’’58 ; sur 4 fois100 mètres quatre nages (3’52’’36, avec Natalie Coughlin, Rebecca Soni, Dana Vollmer ; elle nage le parcours lancé de crawl en 52’’79) ; le 4 fois 100 mètres enlève l’argent (3’34’’47, avec Natalie Coughlin, Jessica Hardy et Dana Vollmer, et Franklin nage lancée 52’’99) ; elle est aussi médaillée de bronze sur 50 mètres dos, en 28’’01, derrière Anastasia Zuyeva, 27’’79, et Aya Terakawa, 27’’93. Trois jours plus tard, aux championnats des USA, à Palo Alto, elle enlève 100 mètres libre (53’’63) et 100 mètres dos (59’’18). Le 22 octobre, à Berlin, elle bat en 2’0’’03 le record mondial en petit bassin, sur 200 mètres dos de Shiho Shakai, 2’0’’18). C’est le premier record du monde de l’époque qui suit l’horreur des combinaisons de nage. En décembre, elle co-établit avec Coughlin, Soni et Vollmer un record petit bassin en relais 4 nages de 3’45’’56 où elle exécute son parcours de crawl en 51’’32. Elle réussit de grandes sélections US pour les Jeux olympiques de Londres, gagnant le 100 mètres dos en 58’’85, record US de Coughlin battu (en restant à bonne distance du record du monde de Gemma Spofforth, 58’’12), et le 200 mètres dos en 2’6’’12. Une demi-heure après les séries du 200 mètres dos nagées en 2’7’’91, elle est 2e du 100 mètres libre (54’’15) derrière Jessica Hardy, 53’’96. Plus tôt, elle s’est qualifiée 2e du 200 mètres (1’56’’79) derrière Allison Schmitt (1’54’’40), autant de performances qui la qualifient dans sept épreuves. Aux Jeux olympiques de Londres, Melissa apprend qu’un fou a tiré dans une salle de cinéma d’Aurora, faisant douze morts et cinquante-quatre blessés, et elle s’épanche longement sur ce drame qui la bouleverse. Elle a refusé les avances de la Californie pour continuer à étudier à Aurora jusqu’à ses dix-huit ans. Elle remporte le 100 mètres dos, non sans une fière résistance de l’Australienne Emily Seebohm, qui survole les séries, 58’’23, et les demi-finales, 58’’39. Missy, qui a nagé, elle, respectivement, en 59’’37 et 59’’12, remporte la finale en 58’’33, record US, mais moins vite que le record olympique de Seebohm, 2e en 58’’68. C’est qu’elle dispute en même temps le 200 mètres libre, et entre séries, demi-finales et finales, ce sont six courses de haut niveau qu’elle doit disputer. Sur 200 mètres crawl, d’ailleurs, elle frôle l’élimination et se qualifie avec le dernier temps en demi-finale, en 1’57’’57, à dix-huit centièmes de laisser la place à l’Espagnole Costa Schmid, 1’57’’76. En finale, dans la ligne 8, elle échoue à un centième du bronze, 1’55’’82. Trois jours plus tard, le 3 août, Franklin, qui s’est également qualifiée avec le 2e temps derrière celui d’Elisabeth Beisel, 2’6’’84 contre 2’6’’18, se lâche en finale : 2’4’’06, record du monde, et devance sa seconde, la Russe Zueva, 2’5’’92, de plus d’une longueur. Entre-temps, elle a nagé le 100 mètres libre sans pouvoir se mêler à la lutte pour la gagne, et terminé 5e en 53’’64. Plus tôt, le 28 juillet, Franklin, équipière modèle, a lancé le relais 4 fois 100m US par un 53’’52 qui est son record personnel, mais ses équipières sont moins pointues. Les USA terminent 3e en 3’34’’24. Le 1er août, Franklin lance le relais quatre fois 200 mètres en troisième position, en 1’55’’96, mais cette fois, les USA comblent ce petit retard grâce à une course record d’Allison Schmid, et gagnant en 7’42’’92. Enfin, Missy lance le relais quatre nages en 58’’50. L’écart est creusé en brasse par Rebecca Soni, 1’4’’82, en papillon par Dana Vollmer, 55’’88. Schmid conclut, le temps final est record mondial, 3’52’’05.

A l’issue des Jeux olympiques, Melissa Franklin est une gloire nationale. La nageuse impressionne, et la personne plait. Melissa est simple, souriante, désintéressée. Elle représente des valeurs qui sont admirées, quoique très peu pratiquées. Elle refuse ainsi l’argent que lui proposent la Fédération américaine pour ses victoires et des sponsors qui veulent s’attacher son image. Ce sont des sommes qui pourraient avoisiner 1,5 millions de dollars par an. Missy repousse ces avances parce qu’elle rêve de nager en équipe universitaire, et que la Fédération du sport universitaire, la NCAA, refuse depuis toujours le professionnalisme. Repousser le Dieu dollar n’est pas une vertu pratiquée aux USA, mais confusément, les gens sont impressionnés par cette attitude qui leur parait stoïque. Melissa ne déclare pas mépriser l’argent – là, elle serait incomprise – elle met seulement son désir d’une fraternité (sororité conviendrait mieux dans ce cas), d’une aventure collective devant ces sommes alléchantes. D’ailleurs, elle ne fait que retarder son entrée dans le professionnalisme de deux saisons, et n’ira pas au bout de sa scolarité dans les rangs amateurs. Certains analystes affirment d’ailleurs à ce sujet que ce choix ne devrait même ne pas la léser financièrement dans le long terme. En se présentant comme une étudiante sérieuse, son image ne pourra que grandir dans le public bien plus que si elle n’est qu’une pro de la natation. Nager pour une institution aussi puissante que Cal Berkeley risque aussi de lui apporter énormément en termes de réseaux personnels et de prestige, à la fois sportif et universitaire, milieux d’affaires, dirigeants, etc. Enfin, le professionnalisme en natation n’a pas toujours été une très bonne affaire, si l’on excepte le cas Michael Phelps, et bien des nageurs qui ont choisi cette voie tirent en fait le diable par la queue (et ont fait leur deuil d’une éducation).

Quoiqu’il en soit, le public américain en pince pour Melissa. Quand la revue américain The Reader’sDigest publie un numéro spécial sur « les cinquante raisons d’aimer l’Amérique », non seulement Franklin constitue d’une de ces raisons, mais c’est elle qui se retrouve à la couverture du magazine…

Melissa a fait l’impasse sur les mondiaux en petit bassin, en décembre 2012. Aux sélections US pour les mondiaux de Barcelone, qui se disputent à Indianapolis, elle gagne le 100 mètres en 53’’43, le 200 mètres en 1’55’’56, le 100 mètres dos, 58’’67, le 200 mètres dos en 2’6’’33, et se qualifie, 2e, sur 50 mètres dos en 28’’15. Avec les relais, cela lui offre un programme de huit courses à Barcelone. Sur 100 mètres libre, elle sera dominée en vitesse par les sprinteuses : 4e en 53’’47. Mais elle va gagner le 200 mètres en 1’54’’81, échappant à un retour de l’Italienne Federica Pellegrini, 1’55’’14, qu’elle n’a peut-être pas vu sur sa gauche, respirant du côté droit. Sur 100 mètres dos, elle inflige, un an après Londres, une nouvelle défaite à Seebohm, en 58’’42 contre 59’’06. Sur 200 mètres dos, elle creuse l’écart d’emblée et triomphe aisément, en 2’4’’76 avec trois mètres d’avance. Présente dans les relais, elle aide à gagner (3’32’’31) le 4 fois 100 mètres, qu’elle lance en 53’’51 ; sur quatre fois 200 mètres, dernière relayeuse, elle s’élance 1’’12 derrière l’Australienne Alicia Coutts, lui reprend son avance, et finit détachée, temps personnel, 1’54’’27, pour un temps total de 7’45’’14 aux USA contre 7’47’’08 à l’Australie. Enfin elle offre, à l’issue du parcours en dos, 58’’39, une grosse seconde d’avance sur l’Australienne (en revanche la Japonaise Terakawa a nagé en 58’’70). Les USA gagnent détachés, 3’53’’23 contre 3’55’’22 à l’Australie. Avec les trois relais, Missy empoche six titres. Elle peut dès lors partir en vacances et préparer la rentrée universitaire à Cal Berkeley.

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