JEUX ASIATIQUES A DJAKARTA : D’ENTREE UN DESACCORD SINO-JAPONAIS

Eric LAHMY

Dimanche 19 Août 2018

Dès la première journée, ce qui était prévu est arrivé, c’est-à-dire que presque toutes les médailles de natation des Jeux asiatiques qui ont débuté à Djakarta sont revenues aux exposants chinois et japonais. Et qu’on se le dise, cela va continuer comme ça. La FINA pourra multiplier les épreuves à l’infini sous le prétexte d’universaliser le sport, elle n’empêchera pas les premiers d’arriver toujours en tête.

Chez les hommes, les Chinois ont gagné deux des trois courses disputées, le 200 libre et le 100 mètres dos, et les Japonais se sont vengés en réalisant un doublé sur la troisième, le 200 mètres papillon.

Côté dames, c’est assez équilibré, quoique là encore, l’avantage doive être donné aux Chinoises, qui doublent sur 800 mètres et remportent le dos. Mais le Japon marque un point en s’appropriant le relais de nage libre.

Connaissez-vous Juoh LEE ? Non ? Ce Coréen est le seul nageur ni chinois ni japonais a avoir atteint un podium aujourd’hui. Sur 100 dos, derrière XU et IRIE. Une médaille sur 18 mises en jeu…

ENTRE WANG ET LI, LE 1500 METRES CHINOIS SE PORTE BIEN

1500 mètres dames : Jianjiahe WANG, un des grands gabarits que la Chine attire à la natation, avec son mètre quatre-vingt-deux, l’emporte en 15’53s68, et ne devance sa compatriote Bingjie LI, Chine, 15’53s80, que d’un rien; toutes les deux sont de 2002, WANG la plus jeune, née le 17 juillet, WANG ayant soufflé ses seize bougies quatre mois plus tôt, le 3 mars… WANG était au départ une petite rondouillarde que ses parents mirent à l’eau pour qu’elle perde du poids et ça a marché. Elle est grande et fine et n’a pas cherché trop loin pour trouver son « idole », puis que c’est Katie LEDECKY. LI, elle, surnommée dans l’équipe « le SUN Yang féminin, en raison à la fois de l’étendue de son registre, brillante autant sur 200 que 1500, et de ses sprints finaux monumentaux, pouvait difficilement échapper à la natation.

En effet, ses parents, LI Jiang et WANG Wei (cette dernière avait été  piquée à la douane australienne avec des diurétiques en 1998, c’est pas bien, ça), étant des « nageurs professionnels », elle n’a pas eu son mot à dire. Comme on fait son LI, on se couche dans l’eau et on nage !

La course a été d’une simplicité rare. LI a mené jusqu’à mi-chemin, WANG est passée en tête aux 800 (8’27s57 contre 8’27s68), puis a creusé un avantage de deux secondes et demie au 1400 mètres. Là, LI a changé d’allure, remonté WANG presqu’invinciblement dans les deux dernières longueurs de bassin, qu’elle parcourt en 58s22, contre 1’0s59, mais trop tard et de trop loin.

SUN YANG COMMENCE SA RAZZIA PAR LE 200 METRES

Comme prévu, SUN Yang a gagné, facile, le 200 mètres messieurs, première étape d’un triomphe annoncé.

La course est lancée sur des bases élevées par le Nippon Naito EHARA, qui passe en 24s47 et 51s58. Ce gabarit léger a montré ses talents de poids plume au Mare Nostrum, cette année, où il a gagné le 400 mètres autant à Barcelone qu’à Canet-en-Roussillon. SUN YANG, lui, nage à sa cadence, qui passe en 25s07 (5e), 51s96, (4e), et 1’18s83 (1er). Autant dire qu’il s’est contenté de garder le train qu’il s’est choisi, avec 26s89 et 26s87 entre 50 et 150… Or EHARA, encore 2e, a perdu une grosse seconde, presqu’une longueur. SUN termine à son allure, en 26s60… Si le temps n’es pas extraordinaire, la course a été parfaitement conduite.

Le 200 mètres dos dames est revenu à Yaxin LIU. Finaliste olympique à Rio, c’est une assez grande fille de 1,78m, qui a été bombardée travailleur modèle de sa province, le Zheijiang. Et cette finale ne dément pas la distinction, car ça a été du travail bien fait. Menée de plus d’un mètre au premier virage, et d’un mètre cinquante au second, par la Japonaise SAKAI, elle « met le paquet » dans l’avant-dernière longueur, remonte l’avance et passe en tête. SAKAI, qui avait laissé filer dans cette troisième longueur, se reprend, mais trop tard. Et elle ne reprendra rien à LIU qui équilibre parfaitement ses deux moitiés de course.

CONTRE LE CHAMPION DU MONDE CHINOIS, IRIE S’EST REBIFFE

Le 100 dos messieurs s’est résumé en un duel serré entre un ancien recordman du monde, Ryosuke IRIE, l’homme qui nage avec une bouteille vide sur le front sans la renverser, lequel, à 28 ans, ne semble pas vouloir raccrocher ses maillots, et XU Jiayu, de cinq ans son cadet, médaille d’argent olympique sur la distance, champion du monde 2017 devant Matt GREVERS et Ryan MURPHY… et IRIE, 4e.

Le « vieux » IRIE, en 25s61, semblait distancé par le Chinois qui virait plus ou moins détaché en 25s16. Ryosuke parvint à effectuer un meilleur retour. Il s’en fallut de peu, mais l’avantage restait au Chinois, dans le bon temps de 52s34 (plus vite que lors de sa victoire à Budapest… en 52s44). IRIE, approche son record du Japon, 52s24 en 2009 dans un maillot désormais prohibé… Bref, battu mais avec les honneurs.

MESSIEURS.- 200 libre : 1. SUN Yang, Chine, 1’45s43 ; 2. Katsuhiro MATSUMOTO, Japon, 1’46s50 ; 3. JI Xinjie, Chine, 1’46s68 ; 4. Khader Ghetrich BAQLAH, Jordanie, 1’46s77 ; 5. Naito EHARA, Japon, 1’47s66.

100 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 52s34 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 52s53 ; 3. Juho LEE, Corée, 54s52.

200 papillon : 1. Daya SETO, Japon, 1’54s53 ; 2. Nao HOROMURA, Japon, 1’55s58 ; 3. LI Zhuhao, Chine, 1’55s76 ; 4. WANG Zhou, Chine, 1’56s75.         

DAMES.- 1500 libre : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 15’53s68 ; 2. Bingjieli, Chine, 15’53s80; 3. Waka KOBORI, Japon, 16’18s31

200 dos : 1. LIU Yaxin, Chine, 2’7s65 (30s77, 1’3s41, 1’35s30, soit 30s77, 32s64, 31s89, 32s25); 2. Natsumi SAKAI, Japon, 2’8s13 (29s84, 1’2s45, 1’35s49, soit 29s84, 32s61, 33s04, 32s64); 3. PENG Xuwei, Chine, 2’9s14; 4. Sayaka AKAZE, Japon, 2’10s35.

100 brasse : 1. Satomi SUZUKI, Japon, 1’6s40 ; 2. Reona AOKI, Japon, 1’6s45 ; 3. Jinglin SHI, Chine, 1’7s36 ; 4. Jingyao YU, Chine, 1’7s44. En séries, Jamie Zhen Mei YEUNG, Hong Kong, 1’7s86.

4 fois 100 mètres : 1. JAPON, 3’36s52 (Rikako IKEE, 53s60 (25s68) ; Natsumi SAKAI, 17 ans, 54s81; Tomomi AOKI, 54s21; Chihiro IGARASHI, 53s90); 2. CHINE, 3’36s78 (ZHU Menghui, 54s, WU Yue, 54s67, WU Qingfeng, 54s43; YANG Jungxuan, 53s68); 3. HONG KONG, Chine, 3’41s88 


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