JORDAN POTHAIN: MA VERITE, OU POURQUOI JE SUIS PARTI DE GRENOBLE POUR ALLER M’ENTRAÏNER A NICE

Son état de santé, le profil depuis des mois frustrant de sa progression, les raisons qui l’ont conduit à quitter son « deuxième père » Guy La Rocca (bons amis) et le NC Alp’ 38 (moins bons amis) pour Fabrice Pellerin et Nice, son ambition de redevenir le nageur de 2016, Jordan POTHAIN fait le point avec franchise. ERIC LAHMY  (ericlahmy@yahoo.com)

Jeudi 4 Octobre 2018

 Q. Les journaux ont fait état de tes problèmes de santé : peux-tu faire le point là-dessus ?

Jordan POTHAIN:  Pour faire simple, environ 3 jours après le retour des championnats d’Europe de Glasgow, en août dernier, j’ai ressenti des accélérations anormales de mon rythme cardiaque plusieurs fois dans la journée. Les manifestations ont été de plus en plus nombreuses et désagréables (sensations de poitrine qui serre, besoin de s’asseoir lorsque j’étais debout…).

J’ai commencé par mettre ça sur le compte de la décompression et de la fatigue de la saison, puis j’ai rapidement prévenu le médecin de la fédération et mon médecin à Grenoble, enchaîné avec deux rendez-vous chez des cardiologues. Et l’opération a pu se faire une semaine après, le 7 septembre. En gros, à proximité du nœud atrioventriculaire, la structure du cœur qui transmet l’impulsion électrique de contraction au cœur, il y a une petite zone de quelques millimètres qui correspond à des voies périphériques du courant électrique émis.

Ces voies font un « court-circuit » avec la voie principale de conduction. L’opération consiste à supprimer ces voies périphériques.

Malheureusement ils n’ont pas pu toutes les enlever, donc j’ai encore quelques traces légères aujourd’hui, et je vais décider sous peu si je réalise une 2e opération en octobre ou lors de la coupure de Noël. 

 Q. Comment s’est passé ton début niçois ? Installation, arrivée sur place, organisation. 

J.P. : J’ai été super bien accueilli, ça fait chaud au cœur. J’ai fait un aller retour à Nice pour déposer mes meubles et mes affaires la semaine de l’opération. Mes amis nageurs de Grenoble m’ont aidé à vider mon appartement et les nageurs du groupe de Nice et les parents de Charlotte sont venus me donner un coup de main à mon arrivée. Les déménagements sont toujours compliqués, surtout quand tu pars dans l’inconnu, je les remercie tous d’être venus m’aider.

Je suis revenu quatre jours après l’opération pour attaquer l’entraînement malgré quelques restes de l’opération (des tachycardies toujours présentes et une petite douleur à la hanche, où le chirurgien entre dans la veine).

Le rythme normal est pris pour l’entraînement, et côté vie, je suis actuellement dans un appartement prêté par l’Olympic Nice Natation que je partage avec Jéjé Stravius, le temps qu’on effectue nos recherches personnelles. La coloc’ se passe super bien comme toujours !

 Q: Est-ce que tu estimes que tout est bien en ordre pour une réussite ?

J.P. : Tout est en place. Je vis comme à Grenoble, je fais mes petites courses, je découvre les marchés niçois pour mes fruits et légumes (j’adore aller au marché !). On se déplace avec nos voitures personnelles car la piscine est un peu excentrée de la ville. Ma voiture a subi les foudres d’un petit c** qui n’aime sûrement pas les étrangers du 06. Ca fait chier mais c’est la vie, tu appelles l’assurance, la dépanneuse… Les petites galères du quotidien.

On avance quand même! Hâte de travailler dur et de voir ce que ça va donner.

Q- Qu’est-ce qui t’a donné l’idée de venir à Nice ? Tes mauvaises performances ou des relations tendues avec des gens, et qui ?

J.P. : Après les derniers championnats de France, Guy nous avait mis une semaine de break. J’ai beaucoup réfléchi après une semaine encore bien difficile pour la tronche. Le bilan est là, j’ai régressé et je n’ai pas peur de le dire. J’ai pourtant travaillé comme un forcené, peut-être trop, peut-être mal. C’est difficile de répondre, on ne trouvait plus de réponses avec Guy. C’est un sentiment vraiment désagréable de te faire mal tous les jours, de faire tourner ta vie pour un rêve et de voir que tu t’en éloignes à chaque sortie compétition.

UN GATEAU DONT CERTAINS ONT VOULU LA PLUS GROSSE PART

Mais j’ai connu ça longtemps avant d’exploser en 2015, et j’ai cette voix dans ma tête (qui est la mienne en fait), et qui me dit que ça va payer. C’est peut-être mon profil, encaisser les coups pour finalement frapper fort. 

A côté de ça, mentalement j’ai beaucoup subi au retour de Rio. J’ai mis un moment à mettre le doigt dessus. Il y a deux points essentiels : 

– Dès mon retour, je suis devenu un gâteau dont certains ont voulu la plus grosse part. A commencer par le directeur technique du NC Alp’38, qui ne fait que quémander de façon implicite des remerciements et des projecteurs pour mes performances du Brésil. Qui se sert de moi, pour nourrir son projet utopique d’américaniser la natation française à partir du NC Alp’38 : plus de nageurs, plus de rendement. Sauf que nous n’avons pas les moyens logistiques pour ça. Alors oui, la vitrine est belle. « Venez rejoindre Jordan Pothain, pur produit grenoblois, étudiant en réussite et finaliste olympique ».

CHAMBON, ce n’est pas une coïncidence, suite à mon ascension, a postulé à cette époque au poste de Directeur technique national – de Jacques FAVRE, ce qui laisse penser que cette aventure du club, il la vivait très fortement en termes d’ego et d’ambitions personnelles !

UN MASTER DE CINQ ANS ACHEVE EN QUATORZE ANS, CE N’EST QUAND MÊME PAS L’AMERIQUE

La vérité, c’est que le Jordan, il en chie tous les jours pour tout mener de front et que le système est plus que limité malgré tous les acteurs qui m’ont aidé dans ma licence STAPS, et aujourd’hui à l’école de kiné. Je lis dans ton interview de Chambon : « 40% des médaillés olympiques de Pyeong Chang viennent de l’université de Grenoble. » C’est vrai. Mais ce qui l’est encore plus, c’est que ces sportifs, dont certains que je côtoie, bénéficient d’un système particulier, appelé Inter’Val, qui leur permet de recevoir des cours particulier durant l’année, mais surtout de réaliser le plus gros du travail universitaire durant leur période de coupure, qui n’est pas de trois semaines comme en natation.

Soyons clair. Inter-Val est un dispositif réservé aux sport d’hiver. Il ne faut pas se leurrer, l’Université de Grenoble est géniale et précurseur dans son aide au double projet. Mais tout reste difficile quand on atteint un certain niveau sportif, et donc les contraintes qui vont avec. 

Laisse-moi rappeler que Marie Dorin-Habert, médaillée d’or aux Jeux cet hiver, à 32 ans, finit juste son Master en Biologie malgré tout son travail, soit environ 14 années pour un master de 5 ans. Le système est-il comparable aux Etats-Unis…?

Sans parler de l’aspect financier. J’ai la chance de vivre de la natation depuis deux ans maintenant, mais nous devons être une petite dizaine en France. J’ai bénéficié d’une bourse de l’Université Grenoble-Alpes en 2016. Les autres années, les autres nageurs ? Rien. Rien de comparable au système américain.

Et pourtant, le problème d’ego de notre « camarade » va attirer quelques nageurs, qui, je parle d’expérience, tomberont de bien haut en découvrant la réalité sur place. Du nombre, du nombre, du nombre, on en vient même cette saison à prendre des nageurs de niveau interrégional, dans ce groupe « Elite », qui été finalement composé uniquement de finalistes aux derniers championnats de France.

GUY LA ROCCA MIS AU PLACARD A DEUX JOURS DES EUROPE

Petite anecdote du premier rendez-vous avec Chambon en septembre 2016 : il me présente son projet pour l’olympiade (j’appellerai plutôt ça un PPF comme Power Point Fade et tout ce qu’il y a de plus commun car on n’y trouve aucune consistance ni directive), avec pour objectif final : 4 nageurs du NC Alp’38 sélectionnés à Tokyo. J’ai répondu que ça pourrait être sympa, et lui ai demandé où était ma médaille dans sa diapo… ? 

Et notre « bon » président, qui ne comprend rien à rien au haut-niveau, aux réseaux sociaux et encore moins à la communication, qui suit le même fil et qui s’accroche comme un boulet à ma cheville pour briller sous les projecteurs. Comportement classique de l’éternel frustré qui vit par procuration. Quand j’ai annoncé mon départ pour Nice, j’ai cassé son jouet. Il me l’a bien fait comprendre avec la mise au placard de Guy à deux jours des Championnats d’Europe cet été.

J’AI DÛ ME BATTRE, AVEC GUY, CHAQUE JOUR OU PRESQUE, CONTRE CE PROJET QUI MET EN DANGER LE MIEN

Du coup, tu l’as compris, on en vient au 2e point : 

– Il faut que je me batte chaque jour ou presque, avec Guy, pour faire face à ce projet qui clairement, met en danger le mien. On n’a pas à se plaindre de tout, loin de là, mais on reste dans un fonctionnement associatif : on a 3 ou 4 lignes de 50 mètres, parfois 2. Parfois 2 lignes de 25 mètres pour douze nageurs. J’ai un niveau d’entraînement qui ne demande pas les mêmes efforts, les mêmes récupérations que les autres, bref c’est Guy qui gère ça, mais c’est compliqué de faire plaisir à tout le monde quand la logistique ne suit pas. Alors je m’organise (en concertation avec Guy), je vais m’entraîner seul parfois à d’autres horaires, parfois sans coach. Évidement, ma médaille vaut moins que nos quatre plus qu’incertains qualifiés aux prochains Jeux, et je me fais brasser par le président et le directeur technique ! Du coup, je le fais en cachette. J’ai la chance d’avoir de super relations avec les MNS des bassins. 

Au final c’est usant, ce sont des discussions informelles, des rendez-vous autour d’une table, qui te décentrent de ta pratique. Même en réduisant ça durant la saison dernière, c’est aussi une de mes grandes motivations à partir : redevenir juste un nageur, qui s’entraîne, qui fait sa vie, qui va en compétition et s’éclate. Retour aux bases que l’on m’a volées. 

C’est ce que j’ai expliqué à Fabrice. 

Q – Est-ce qu’il y a eu un « divorce » avec Guy et êtes-vous en bons termes ? 

J.P. : Un divorce ? Pas du tout. C’est un deuxième père pour moi ! Il y aurait pu avoir un divorce il y a 8 ans, quand j’ai été séparé de mon ancien coach (Sébastien Bonnet) à la naissance du NC ALP’38, avec Chambon aux commandes encore une fois… Licenciement économique pour celui qui sort du système et qui avait compris le premier son petit jeu ! En fait, licenciement abusif d’un caractère bien trempé qui freinait le « projet ». 

J’ai cru que j’arrêtais tout, déjà parce que c’était la fin d’un projet à long terme. Je ne nageais pas très vite à 15 ans, j’avais fini bon dernier des championnats de France cadets 2010 sur 100 mètres papillon et 1500 mètres nage libre, mais je m’entraînais déjà bi-quotidiennement et plus que bien. Mon corps était en difficulté, car je n’étais pas mature physiquement, j’ai grandi à 17 ans. Mon ancien coach, Sébastien Bonnet, nous faisait travailler vraiment fort et peu récupérer. On n’était plus que deux, la dernière année, Dorian Coninx et moi. Dorian est parti vers le triathlon (il a été champion du monde junior puis espoir, sélectionné à Rio). Malgré l’absence de résultats à cette époque, pour ma part, j’étais certain que ça allait payer et j’ai toujours cru en ce coach et à son travail.

Bref quand Sébastien Bonnet s’en va, tout s’écroule, je rejoins Guy sans trop avoir le choix. La tête pleine d’a priori sur Guy suite aux guéguerres de club précédant la fusion, je ne crois pas en lui et nos échanges sont compliqués. Il faut dire que j’avais déjà la tête dure à 16 ans.

On fait finalement des pas l’un vers l’autre, je progresse doucement alors que ça ne m’arrivait plus depuis un petit moment, on commence à fixer des objectifs sympas, puis tout va très vite… On a vécu des choses incroyables tous les deux, avec le groupe également. On dit que le sport c’est l’école de la vie, mais ce sont aussi les coachs qui nous forment.

Je mesure pleinement ce qui m’a construit, c’est pour ça que j’ai toujours remercié mon ancien coach pour mes résultats des dernières années, et aujourd’hui je suis fier d’avoir été formé par Guy, c’est un homme formidable et aux valeurs humaines incroyables. Ça fait seulement deux semaines que je suis à Nice et on a dû s’appeler 3 ou 4 fois ! Comme mes amis les plus proches.

Q – Quelle a été la réaction de Pellerin à ta demande de nager à Nice…

J.P. : Ça a pris la forme un petit entretien d’embauche, il a fallu que j’expose mes motivations : sportives d’abord, être prêt à tout quitter ; ensuite, changer de méthode et de relation pour me laisser guider (un défi pour un cérébral comme moi!). Le contact était facilité par les bonnes relations que Pellerin entretient avec Guy, donc tout s’est fait dans la transparence. Il m’a dit qu’il pensait pouvoir « m’apporter quelque chose », puis tout s’est enchaîné.

Q -Tu as commencé à Grenoble des études de kiné je crois. Qu’en est-il ici ?

J.P. : Je suis rentré en 2e année à l’école de Grenoble, car le changement n’est pas possible avant la fin de la 2e année. J’attaque donc cette année les matières théoriques à distance, puis je ferai une césure l’an prochain. Après ces 2 années, j’aviserai pour la suite ! Il faut que je me laisse du temps pour ma pratique et mon rêve, j’accepte mieux l’idée de peut-être obtenir mon diplôme à 30 ans ou plus. Je n’ai pas « rien dans les mains » grâce à mon travail passé, licence Entrainement STAPS et diplôme universitaire de préparateur mental) et je me laisse le droit de prendre du temps pour vivre ces belles années.

Q-Peux-tu dire quelque chose sur Pellerin ? Quelles sont tes idées sur le coach, les rapports que tu as avec lui, quel est son  style ?

J.P. : C’est difficile de donner mon avis après deux semaines. Je me sens bien avec lui malgré le fort contraste avec ma relation avec Guy. Et pourtant, il fait preuve d’attention sur mon bien être et mon confort.

Pour ce qui est de l’aspect natatoire, je dirai que c’est comme s’il ressentait tout comme nous au niveau technique. Il nous pose des problèmes, des équations que l’on doit résoudre seul, mais il y a un feedback de notre part lorsqu’on en a besoin. C’est vraiment un travail intéressant. Attention, à côté de ça, ou parfois mélangé à ce travail, il y a un gros travail physiologique. Ce qui me change, c’est surtout l’aspect spécifique du travail. On construit, on met en place sur des allures spécifiques. Et inversement, il y a un niveau d’attention vraiment élevé, qui chute parfois au cours de l’entraînement mais c’est totalement maîtrisé par Fabrice. Je pense que le but, c’est aussi d’avoir un éventail de compétences le plus large possible, et grâce à ça, pouvoir choisir des modalités dans les courses. C’est ma première interprétation, il en parlera sûrement bien mieux que moi !

Q -Jérémy Stravius  arrive en même temps que toi, deux gros bras de la natation française. Comment ça se passe ?

J.P. : On prend nos marques et on s’y plaît ! Il est arrivé quand je me suis fait opérer, pour attaquer le lundi 10. On se fait des petits retours car ça nous change tous les deux. On avait besoin de ce changement, sûrement pas pour les mêmes raisons, mais on était tous les deux dans le creux de la vague, sauf que moi, ça ne me permet pas de rester au niveau international ! C’est un vrai poisson et je ne me compare pas lui, j’aime m’inspirer simplement.

Le groupe est vraiment sympa, je les connaissais tous. Ça travaille sérieusement et dans une ambiance rigolade. On ne se fait pas de cadeaux quand on est dans l’eau ! Ça me fait énormément de bien d’avoir à m’accrocher parfois, je ne connaissais plus cette sensation. Et à l’inverse, je pense aussi apporter aux autres quand c’est moi qui tire…

Charlotte est très impressionnante, c’est sûrement elle qui maîtrise le mieux le travail de Fabrice. Elle est au point sur beaucoup d’exercices et d’allures différentes. Ses titres cet été ne sont pas une surprise pour moi, c’est une bosseuse incroyable et elle a la rage. Elle ne va pas s’arrêter là.

Q -Quel est l’état de tes relations avec La Rocca ? Avec le président ? Chambon ?

J.P. : Tout d’abord, je suis super heureux que Guy ait pu retrouver son poste car c’est un passionné, vraiment. Ça l’amène à être « psychorigide » comme il le dit souvent, mais c’est aussi un gage de son investissement. Il ne se contente pas de venir au bord du bassin à 6h30 tous les matins, il se lève à 5h pour retravailler sa séance et ne pas laisser échapper de détails…

Aujourd’hui, je pense qu’on apprend tous les deux à vivre sans l’autre. C’est une transition, mais on sait tous les deux que c’était la meilleure solution. On prend des nouvelles régulièrement, comme des amis, comme une famille.

Quand tu pars, tu vois également qui était là pour toi et qui était là pour ce que tu fais. Ils se reconnaîtront, ce sont tous des amis qui font partie de ma vie en dehors de la natation : mon ancien groupe, certains élus bénévoles, la fabuleuse directrice administrative qui fait tourner le club, les MNS, employés et directeurs des bassins dans lesquels j’ai passé tant de temps. Tu reçois un message et ça suffit pour comprendre. Tu ne reçois rien et ça suffit pour comprendre aussi.

CHARLOTTE EST UNE BOSSEUSE INCROYABLE ET ELLE A LA RAGE

Q-Qu’est-ce qui s’est passé en 2017, qu’est-ce qui a amené ces soucis avec ta nage. J’ai lu des choses concernant une fatigue après une saison où nager+étudier=être épuisé… quelle est ton analyse là-dessus, je n’ai jamais rien lu de toi sur la question…

J.P. : C’est une grosse énigme. Je n’ai pas la réponse et je ne l’aurai jamais. J’ai fait un inventaire de tout ce que j’ai vécu et c’est difficile de mettre le doigt sur un seul facteur : le trop peu de coupure après Rio, le « burn-out » post-olympique, le combat quotidien avec le club pour avoir les moyens de mes ambitions, l’investissement universitaire, le retour médiatique et la gestion d’image, les sollicitations événementielles, la couche supplémentaire qu’on a mis à l’entraînement, l’introduction de l’haltérophilie. Mon coeur qui se mettait à s’emballer? Des restes de la mononucléose que j’ai vaincue en express ? Tout ça emballé par une belle claque que j’identifie bien : je pensais avoir changé de dimension en 2016, au niveau des performances. Et dès le premier meeting après Rio, eh! bien, je me rends compte que tout est à refaire, que je ne suis pas (encore) dans la catégorie de ces nageurs qui maintiennent un niveau international de compétitions en compétitions. Anecdote : j’aurais pu faire une mauvaise saison en 2017 et me qualifier aux mondiaux, mais mon niveau moyen ne me l’a pas permis, CQFD. C’est quelque chose que j’ai accepté, je ne suis pas extraordinaire, je travaille pour l’être parfois.

Q -Qu’est-ce qui aurait dû changer pour que tu restes à Grenoble ?

J.P. : Il aurait fallu que je me sente en mesure de mener mon projet jusqu’au bout. Il y a une chose que j’ai toujours refusée, c’est de faire les choses à 99%, autant ne pas les faire du tout. Guy n’avait plus les cartes en main, il se battait chaque jour pour qu’on ne décide pas pour lui, et donc pour moi. C’était très clair dans ma tête, et je pouvais l’exposer aux dirigeants du NC Alp’, leur dire : si je ne peux pas décider de mon avenir, je préférai arrêter que de me mentir.

La seconde solution, c’était de prendre une nouvelle voie, où je suis maître de la suite. Il n’y a aucune garantie sur la suite, mais je suis certain de pouvoir m’investir à la hauteur de mes objectifs, option que ne m’offrait pas Grenoble.

Q -Quelles questions ai-je oublié de te poser ?

J.P. : C’est toi l’expert !

 

 

 

 

 

 


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7 comments:

  1. JP

    La faute à Agnel la faute au président la faute au Directeur technique, la faute au dirigeants la faute à la mononucléose, la faute etc…

    Aucun véritable palmarès mais déjà aigri et revanchard à 23 ans quel gâchis !!!

    1. Eric Lahmy *

      On n’a pas lu le même article. Moi, j’ai lu : Merci mon premier entraîneur; merci Guy La Rocca, mon dernier entraîneur et mon second père; merci la directrice administrative de Grenoble; merci à tous ceux qui m’ont aidé; merci Nice; merci Pellerin; merci Jérémy; merci les parents de Charlotte; Et des critiques d’un système pas encore bien ficelé !
      J’ai vu aussi que ce post n’est pas signé ! Beau de défendre ses convictions ?

      1. JP

        Bonsoir

        Pour commencer parfois l’anonymat s’impose comme une nécessité et vous le tolérez je vous remercie pour cette ouverture d’esprit.

        Vous avez raison il y a chez ce jeune homme une vision dichotomique et simpliste du fonctionnement d’un club avec les bons et les méchants, digne d’un bon western, vous relevez un aspect moi l’autre mais au final ce qui compte c’est que la réalité n’est jamais aussi simple !

        JP

        1. Eric Lahmy *

          Je ne peux pas parler sur le fond. Je note la polémique, ou au moins le désaccord. Que mettre en avant ? Ce qui apparait, c’est une certaine confusion. Un club qui annonce une politique ambitieuse inquiète son meilleur nageur, le perd, écarte son entraîneur à succès. Je note aussi qu’au lieu de répondre sur le fond à Pothain, vous le discréditez comme personne.
          Au sujet du désir d’anonymat, je le comprends mais je ne l’approuve pas. Cela vient peut-être de ce que j’ai TOUJOURS dit et SIGNE ce que je pensais. Ce n’est pas tout. Je vois des Pussy Riot, des Anna Politkovskaïa, et des Tara Fares risquer et perdre leur VIE pour défendre des idées dans des pays dangereux, et ici des personnes qui se masquent avant d’envoyer leur point de vue sur une salade concernant la natation française ! J’ai aussi comme ça un responsable de service « développement des pratiques » fédéral qui a ouvert le parapluie et décrété le silence radio quand je lui ai demandé s’il avait des idées sur la façon de préparer les jeunes nageurs !

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