LA FRANCE ET LE MONDE: (1) CLASSEMENT HOMMES, TOUS DERRIERE ET METELLA DEVANT

SI LES MONDIAUX AVAIENT EU LIEU EN 2018, SEUL MEHDY METELLA SERAIT PARVENU EN FINALE

Eric LAHMY

Lundi 25 Septembre 2018

Le développement du programme de natation fait de toute tentative d’analyse de la valeur d’une natation nationale un exercice long, répétitif et oiseux pour celui qui s’y risque.

J’ai cependant extrait d’un bilan mondial 2018 que me glisse Vincent Leroyer les deux meilleurs français de chaque course quand ils apparaissent dans les 200 premiers (et les 4 premiers pour les courses à relais 100 et 200 libre). Entre parenthèses, j’ai ajouté le temps du meilleur mondial de la saison…

Je ne sais si la natation française (ou du moins son équipe nationale, qui est à la fois son porte-drapeau et sa vitrine, parce que la natation française dans son ensemble se porte très bien), je ne sais, dis-je, si la natation française est, comme je le lis ou l’entends souvent, « en reconstruction », mais j’imagine que cela sonne juste par rapport à sa situation actuelle et les efforts que déploient Richard Martinez et son groupe ainsi que les entraîneurs de pointe.

Il n’est pas besoin d’être un connaisseur pour savoir que la retraite soudaine d’une génération de nageurs ne serait pas compensée par un renouvellement suffisant. Des lecteurs nous le disaient et s’inquiétaient depuis quelques années, qui prédisaient ce qui est arrivé. Tout le monde savait que la suite serait difficile et on y est.

Les choses se sont un petit peu plus mal présentées qu’on l’aurait espéré. Deux des nageurs français les plus en pointe des Jeux olympiques de Rio, Jordan Pothain sur 400 mètres et Damien Joly sur 1500 mètres ont connu des soucis à répétitions dont ils se seraient bien passés, ce qui a hypothéqué les résultats de notre demi-fond…

Le renfort des nageurs d’eau libre, pour important, n’a pas comblé leurs défaillances, ennuis de santé et autres.

Mehdy Metella est resté notre meilleur élément, avec sa 6e place mondiale sur 100 papillon. Il est bien le seul finaliste mondial potentiel français dans l’optique de 2019. Sur 100 libre, il n’est que 16e, mais à une demi-seconde du leader, une différence assez faible, me semble-t-il, pour qu’on puisse se dire qu’en un jour donné, tout lui est possible… dans un sens comme dans l’autre. La natation de compétition, dans le haut niveau, est une affaire de détails minuscules, de précision extrême, où chaque détail compte…

Sur 200 mètres, individuellement nos représentants sont… largués, mais on peut se demander si le relais quatre fois 200 mètres ne constitue pas un creuset d’excellence. Trois jeunes nageurs entraînés par Michel Chrétien à l’INSEP et Jordan Pothain en forment aujourd’hui l’ossature et… la musculature ! Seulement 6e Européen avec 7’13s12, ce quatuor s’est fait passer en finale à Glasgow par les Espagnols, mais ce n’est peut-être qu’anecdotique. Il est devancé mondialement par les USA, 7’4s36, l’Australie, 7’4s70, le Japon, 7’5s17, la Grande-Bretagne, 7’5s32, la Chine, 7’5s45, la Russie, 7’6s66, l’Italie, 7’7s58, l’Allemagne, 7’9s31, le Brésil, 7’11s65, l’Espagne, 7’13s07. D’autres pays, la Hongrie, la Pologne, peut-être l’Afrique du Sud, peuvent se placer, donc l’affaire ne sera pas facile, mais le potentiel de progrès de ce quatuor est important. A suivre ?

Pour le reste, l’équipe de France masculine a perdu ses places-fortes et si elle veut exister à l’international en reconquérir quelques-unes. Lesquelles ? Les nageurs, les entraîneurs et la compétition en décideront, mais on peut toujours faire des paris ?

 

50 mètres (21s11): 22s13, Yonel Govindin, 41e; 22s14, Maxime Grousset, 42e.

100 mètres (47s75): 48s24, Mehdy Metella, 16e; 48s81, Jérémy Stravius, 50e.

200 mètres (1’45s12): 1’47s48, Jonathan Atsu, 44e; 1’47s97, Jordan Pothain, 76e ; 1’48s26, Roman Fuchs, 91e; 1’48s36, Alexandre Derache, 96e.

400 mètres (3’42s92): 3’48s81, David Aubry, 36e; 3’49s19, Roman Fuchs, 44e.

1500 mètres (14’36s15): 14’53s52, Damien Joly, 11e; 15’1s85, David Aubry, 19e.

100 dos (51s94): 54s37, Paul-Gabriel Bedel, 54e ; 54s39, Stanislas Huille, 48e.

200 dos (1’53s36): 1’58s65, Geoffroy Mathieu, 48e; 1’58s76, Maxence Orange, 50e.

100 brasse (57s10): 59s46, Théo Bussière, 16e; -.

200 brasse (2’6s80): – ; -.

100 papillon (50s50) : 51s24, Mehdy Metella, 6e; 52s59, Jérémy Stravius, 68e.  

200 papillon (1’52s71): 1’57s85, Nans Roch, 81e; 1’58s24, Jordan Coelho, 100e.

200 4 nages (1’55s40): -; -.

400 4 nages (4’7s95): 4’20s70, Sammy Helmbacher, 100e.


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