LE SOUS-MARIN SUZUKI PRESIDENT AU JAPON

25 juin 2013

Par Eric LAHMY

     Ce 23 juin, Daichi Suzuki a été élu président de la Fédération japonaise de natation. Grand champion, vainqueur du 100 mètres dos des Jeux de Séoul, en 1988, chercheur, scientifique et ardent défenseur de la lutte anti-dopage, Suzuki utilisa une technique de nage sous-marine. Son histoire mérite d’être contée.

Né à Narashino, province de Chiba, le 10 mars 1967, Suzuki a été champion olympique du 100m dos en 1988. Il imposa alors un style fort controversé de nage sous-marine en dos que lui avait inspiré un autre grand champion, Jesse Vassallo – mais qui avait été originellement été employé, en dos et en papillon, par le Britannique Gary Abraham, sans doute son vrai inventeur, double finaliste olympique à Moscou ; cette technique, Suzuki l’emploie dès 1981, sept années durant, avant la finale du 100m dos des Jeux de Séoul. En 1984, il l’utilise ainsi aux Jeux de Los Angeles, est le plus rapide sur vingt-cinq mètres mais termine 25e des séries, et passe inaperçu. En 1986, Suzuki entre dans les dix premiers nageurs de 100 mètres dos en nageant les premiers vingt cinq mètres et vingt mètres après le virage sous l’eau. Du coup, il attire l’attention sur sa technique. L’année suivante, il mène pendant l’essentiel de la course, aux PanPacifics, avant d’être asphyxié, vaincu par la dette d’oxygène, et de finir 3e de la course. En 1988, reprenant la technique sous-marine inventée, donc, par Abraham, reprise par Vassallo et amplifiée par Suzuki, l’Américain David Berkoff améliore le record du monde à trois reprises, deux fois aux sélections américaines et une fois en séries des Jeux olympiques. Les Américains, qui ignorent l’historique de ces ondulations, mais ont manifestement tout inventé, les ont baptisées « style Berkoff ».

En finale de Séoul, Berkoff a beau être le super favori, c’est Suzuki qui l’emporte, en poussant l’ondulation sous-marine à trente-cinq mètres au lieu de vingt-cinq mètres. Après les Jeux, le dos sous-marin est interdit au-delà de dix mètres, puis ultérieurement de quinze mètres après chaque départ et chaque virage. Devenu médecin, Suzuki devient chercheur à l’Université de Boulder et entraîneur à Harvard avant de venir diriger l’entraînement à l’Université de Juntendo.

Toujours très impliqué dans le sport, attaché à la lutte contre le dopage, il a publié plusieurs ouvrages sur la natation, la science sportive et la santé. Entré au bureau de la Fédération en 2009, devenu Directeur exécutif en 2011, il devra s’attacher à combler un trou de 1,3 millions d’Euros dans le budget fédéral. Suzuki est aussi membre du Comité pour la candidature de Tokyo aux Jeux olympiques de 2020, Le voici donc maintenant pour deux ans Président de la Fédération Japonaise de Natation.

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