MEETING DE PEKIN (1) : AVEC YULIA EFIMOVA ET KIRIL PRIGODA, LA BRASSE EST RUSSE

Eric LAHMY

Samedi 3 Novembre 2018

Ce n’est pas la Coupe du monde, mais bien la Coupe de natation des pays de l’Est, qui s’organise désormais chaque année sous la coupe de la Fédération internationale, et ce n’est pas le meeting de Pékin, qui s’est tenu ce week-end dans le « Cube d’Eau » de la capitale chinoise, qui nous démentira.

A une poignée de nageurs occidentaux près (une Suédoise, deux Néerlandaises et quelques Australiens) ce qui a nagé vite la première journée du meeting se trouve être de nationalité russe ou chinoise, sans oublier Katinka HOSSZU, qui a réussi un de ses coups favoris, le « doublé gagnant », sur 200 papillon et 100 quatre nages…

Si l’information ne cesse, désormais, de diriger ses phares sur les multi-vainqueurs, à la HOSSZU et à la MOROZOV (lequel a gagné, lui, le 50 libre dans un temps quelconque et sans adversité digne de ce nom et le folklorique 100 mètres quatre nages), c’est que dans cette espèce de décathlon que semble être devenu le programme de natation, la victoire ne compte plus. Il faut gagner plus d’une fois pour se faire remarquer. On pèse les breloques au poids et le vainqueur est celui qui fait pencher le plus la balance !

Bien entendu, il s’agit d’une forme d’injustice. Les deux meilleures performances de cette première journée, ne sont ni le fait d’Hosszu, ni le fait de Morozov, mais bel et bien des vainqueurs de la brasse – russes. Yulia EFIMOVA et Kirill PRIGODA, respectivement sur 200 brasse dames et 100 brasse messieurs, ont été les héros de ces journées. EFIMOVA a archi-dominé la finale du 200 brasse, dans un parcours bien équilibré, tandis que PRIGODA s’est extrait d’une peloton relativement serré, sur 100 brasse, grâce à sa deuxième moitié de course en moins de 30 secondes (seul de la finale)…

Si l’on doutait encore que le demi-fond féminin chinois était devenu une force avec laquelle, Katie LEDECKY mise à part, tout le monde devrait compter, le fait serait confirmé parce que l’absence de la toute nouvelle recordwoman du monde en petit bassin (3’53s97) WANG Jianjiahe a été comblée sur 400 mètres par sa compatriote LI Bingjie. LI était l’an passé le « grand espoir jaune » du 400. Certes, elle nage moins vite, en 3’59s20…

A noter, sur 200 dos messieurs, le facile succès, dans un temps quelconque, du champion asiatique XU Jiayu, sur l’Australien Mitchell LARKIN.

Dans l’ensemble, la tendance des filles à nager mieux et plus près de leurs records que les garçons dans ces meetings a été une nouvelle fois illustrée. Sarah SJÖSTRÖM, qui a du mal, depuis quelques semaines, à maintenir sa condition physique, a été devancée sur 100 quatre nages par HOSSZU et sur 50 libre par Ranomi KROMOWIDJOJO. Elle a reconnu que sa forme n’est pas la meilleure…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s87.

400 libre : 1. JI Xinjie, Chine, 3’40s82 ; 2. Mykhaylo ROMANCHUK, Ukraine, 3’43s32.

200 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 1’49s08 ; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 1’50s72.

100 brasse : 1. Kiril PRIGODA, Russie, 56s61; 2. YAN Zibei, Chine, 57s01; 3. Ilya SHYMANOVICH, Russie, 57s10; 4. Anton CHUPKOV,  Russie, 57s42; 5. Matthew WILSON, Australie, 57s52; 6. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 57s74; 7. Michael ANDREW, USA, 57s91.

100 papillon : 1. LIU Zuhao, Chine, 50s74.

DAMES.- 50 libre : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s48 ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s54 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 23s91 ; 4. Pernille BLUME, Danemark, 23s99 ; 5. ZHU Menghui, Chine, 24s04.

400 libre : 1. LI Bingjie, Chine, 3’59s20 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 4’2s24 ; 3. LUI Yaxin, 4’4s30 ; 4. LIU Xiaohan, Chine, 4’4s99. En séries, Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’5s76.

50 dos : 1. Kira TOUSSAINT,  Pays-Bas, 26s21 ; 2. FU Yuanhui, Chine, 26s33 (en série, 26s27) ; 3. Emily SEEBOHM, 26s39 ; 4. LIU Xiang, Chine, 26s49; 5. Minna ATHERTON, Australie, 26s65.

200 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 2’16s98; 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’19s86; 3. HE Yun, Chine, 2’21s33; 4. YE Shiwen, Chine, 2’21s90.

200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’2s88; 2. ZHANG Yufei, Chine, 2’3s44

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s05; 2. Sarah SJÖSTRÖM, 57s71; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 58s63; 4. Alia ATKINSON, Jamaïque, 58s99. En séries, YE Shiwen, 59s42.    


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5 comments:

    1. Eric Lahmy *

      Désolé, je ne connais rien à ce sujet. Je croyais qu’International Sports Leisure, si c’est bien de ça qu’il s’agit, était une entreprise ayant fait faillite il y a fort longtemps, qui pratiquait entre autres l’envoi de pots de vin aux dirigeants internationaux les plus influents, style Joao Havelange…

    1. Eric Lahmy *

      Oui Vincent, merci, j’ai reçu tes infos sur mon mail. Je ne voyais pas du tout de quoi il s’agissait. Je n’ai pas suffisamment d’infos et de retours sur ce sujet qui est intéressant. A priori, c’est la FINA qui doit garder le contrôle des compétitions. Mais j’avoue que le comportement des dirigeants internationaux est devenu tellement… disons purement commercial que je ne crois pas qu’elle ait conservé appelons ça l’avantage moral… Je ne sais pas quoi en penser, il serait intéressant de voir si l’association des nageurs créée par Katinka HOSSZU pourra être réactivée sur le sujet.

    2. Eric Lahmy *

      Je me demande s’il n’y a pas là un gros conflit juridique en puissance. Ces nageurs étant des professionnels, ils peuvent arguer que la FINA leur interdit la pratique de leur profession, ou encore d’une jurisprudence anti-monopolistique ! De chic, cela peut aller loin, à condition qu’Energy Standard et les nageurs soient solidaires… et batailleurs, ce qui n’est pas garanti!

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