NATALIE COUGHLIN, DU SOUFFLE ET DU COEUR

Par Eric LAHMY                                             Mercredi 4 Mars 2015 

COUGHLIN [Natalie]. Natation. (Vallejo, 23 août 1982-). États-Unis.

Championne olympique, première femme à avoir nagé sous la minute au 100 mètres dos en grand bassin (59’’58, en 2002, à Fort Lauderdale, au championnat des États-Unis), première femme à conserver son titre olympique sur 100 mètres dos à Pékin, en 2008, quatre ans après celui d’Athènes en 2004, Natalie Coughlin rêve encore de lauriers olympiques à Rio. Elle aura 34 ans!

D’ascendance irlandaise (et un quart philippine) et la fille d’un sergent de police, Coughlin montre très tôt des qualités aquatiques et mentales exceptionnelles. La nageuse la plus douée de sa génération? Ses ondulations en dauphin, en papillon, sont incomparables. La qualité de ses virages, de sa reprise de nage, en font surtout la terreur des petits bassins. Aussi le souffle au cœur qu’on lui a décelé, enfant, ne l’a pas dérangée. Elle étudie à Sainte Catherine of Sien avant d’être inscrite à l’école secondaire du Carondelet, à Concord. Elle trempe dans l’eau à dix mois, derrière sa maison de Vallejo, apprend à nager dans des cours d’été avant que ses parents la placent dans un club, les Benicia Blue Dolphins. Elle montre très vite ses ambitions, sa détermination à nager vite, à suivre, puis battre les meilleurs. Sa passion pour la natation est à ses yeux un donné, incontournable. Un jour, dans une enquête, elle répond à la question : « pourquoi nagezvous dans une équipe US ? » par cette réponse : « parce que je vis aux USA. » Sportive, aimant se dépenser, elle fait de la gym, du ballet, de la tap dance, du volley. Mais, dira-t-elle, « j’étais grasse, maladroite, gauche, sauf quand je me trouvais dans l’eau. » A quoi tient l’amour ! Elle nage donc, à dix ans, dans un club YMCA. Remarquée par un coach à succès, Ray Mitchell, elle le rejoint à treize ans au club de Terrapin Station, à Concord. En partie pour la rapprocher de la piscine, ses parents déménagent de Benicia, où ils habitent, à Concord, à dix-huit kilomètres de là. L’entraînement est très exigeant. Natalie arrive tous les matins à la piscine à 5 heures pour sa première séance dans une piscine dont le chauffage tombe parfois en panne. L’été, elle passe dans le groupe des meilleurs, de Mitchell, où elle bat souvent les garçons.

PLUS DOUÉE QUE MICHAEL PHELPS!

Elle a quinze ans, en 1997, quand elle devient la première nageuse de l’histoire à être qualifiée dans toutes les épreuves (14) des championnats nationaux. Cette année, elle apparait dans les bilans mondiaux en nage libre et en quatre nages, et sera classée en dos et en papillon en 1998. Elle démontre, outre une polyvalence sans équivalent depuis Tracy Caulkins, des qualités inégalables de glisse et de technique – départs, virages, ondulations. « Quand Coughlin nage, vous voyez une relation avec l’eau, expliquera Terri McKeever, qui l’entraînera à l’Université de Berkeley. L’eau la calme. J’étais comme ça. Je n’étais pas extravertie, pas spécialement jolie, mais dans l’eau je me sentais bien, » ajoute McKeever. Ce talent, ou cette affinité avec l’élément liquide, qu’on a remarqué chez de grands nageurs, depuis Johnny Weissmuller jusqu’à Roland Matthes, de Mark Spitz à Michael Phelps, de Dawn Fraser à Dara Torres, de Kornelia Ender à Inge De Bruijn, donne une impression de facilité. Même quand elle se donne au maximum, quand elle endure les pires souffrances dans son effort, elle parait sereine, impériale. Les coaches en ont plein les yeux. « Elle est posée comme dans un cocon », s’extasie Jack Bauerlé. Elle est la nageuse la plus talentueuse qu’il n’a jamais vue, prétend Richard Quick. « Elle est plus douée que Michaël Phelps, dira une équipière, Marcelle Miller, son toucher de l’eau et ses mouvements la mettent dans une classe à part. Elle nage sans faute, comme si elle n’essayait même pas. » De plus elle dispose d’une capacité pulmonaire phénoménale.

Autre caractéristique de cette facilité apparente : son économie de nage. Sa « glisse » lui donne une amplitude, une longueur inhabituelle : en dos, 1’’4 à 1’’5 par coup de bras, contre 1’’2 pour les autres dossistes d’élite. Cette façon de s’évertuer avec lenteur tient, bien entendu, à une capacité supérieure d’appréhension du bon mouvement. Selon Milton Nelms, le maître de nage qui a remodelé le style de Thorpe (et épousé Shane Gould, ce qui n’est pas mal non plus), « elle va piquer immédiatement le bon mouvement qui prendra cinq à six heures à tout autre nageur. Cela tient à son intelligence supérieure, et plus particulièrement à son intelligence physique. » Pour devenir la championne incontournable de son temps, que lui manque-t-il ? Ah ! Oui : c’est une battante, toujours prête à reculer ses limites, ou le seuil de la fatigue. « J’étais frappée par la vision de sa lèvre inférieure constamment sanglante pendant les grands matches, témoignera sa copine et cependant intraitable adversaire Haley Cope. J’ai réalisé que, quand l’effort commençait à faire mal, elle se mordait la lèvre inférieure afin que ses jambes soient moins douloureuses que sa bouche ».

Comment fabrique-t-on une championne ? Ou, au contraire, comment la détruit-on ? Car Coughlin a bien failli être ratée. Nelms dira d’elle ce qui aura été dit de Dara Torres et peut s’appliquer à nombre de cracks : « c’est un chat qui a été entraîné comme un chien. » Le responsable de ce presque échec, que vise Nelms, n’est autre que Ray Mitchell. Le portrait qui est fait de Mitchell dans l’autobiographie de Natalie est la représentation presque caricaturale d’un coach autocrate, inflexible, que ses nageurs adorent détester, et appellent entre eux « Le Diable » ou « Staline. » Selon des témoignages il en rajoute en férocité au sujet de Natalie. Quand elle part en congés avec la famille, se lamente-t-elle, il lui donne des devoirs de vacances, ne lui accorde aucun répit. Il a du mal à comprendre que les nageurs grandissent, et, dira l’intéressée, ne traitera jamais Natalie en adulte. C’est ainsi que ce « père abusif » fera tout pour l’empêcher de s’épanouir auprès de son jeune boy-friend, Ethan Hall, un nageur courageux et talentueux auquel elle est attachée et qu’elle épousera. Selon Milt Nelms, « un grand nombre de coaches de jeunes sont restés des adolescents attardés », d’où cette coupante assertion de Ray Mitchell : « il est impossible pour une nageuse d’élite d’avoir une relation ». – La vérité, c’est que cela doit être difficile, mais moins sans doute pour la nageuse d’élite que pour l’ami en question !

S’ENTRAINER À TRAVERS LA BLESSURE

La touche finale de cette représentation tragique du coach obtus doit être achevée quand, en mars 1999, alors qu’elle se prépare sur 200 mètres papillon, elle se blesse gravement à l’épaule gauche. Mitchell a toujours encouragé ses nageurs à s’entraîner « à travers la blessure ». S’ils ne le peuvent, il les traite d’hypocondriaques (il y en a), se moque de leur propension à être « toujours malades » (cela existe) et finalement, quand ils sont réellement abîmés (car cela aussi, cela arrive), les amène à se blesser plus gravement. Or Natalie s’est déchiré le labrum, ce cartilage en forme de monture qui entoure l’épaule, et doit être opérée. Natalie tente pourtant d’éviter le scalpel avec une thérapie et s’adresse à Lisa Giannone, d’Activ Care, à San Francisco. Pendant ce temps, Mitchell, fidèle à son personnage, fait tout pour l’encourager à ne pas écouter les conseils de prudence et à nager à travers la douleur. A cette époque, quand la souffrance se fait intolérable, elle prend une planche et effectue d’interminables longueurs jambes seules. D’un mal peut naître un bien car, témoigne-t-elle, ces séances vont développer encore plus son formidable battement des jambes, dans la nage comme au départ et dans les virages. Mais Mitchell ne la lâche pas, qui l’accuse de travailler « moins qu’à treize ans » et lui intime l’ordre de quitter Ethan Hall. Coughlin, dès lors, ne peut plus que détester la natation. « Je me sentais prête à quitter mon coach, personnage abusif et manipulateur – qui voulait contrôler chaque aspect de ma vie » dira-t-elle. Son taux de cortisol, hormone relâchée dans l’organisme dans les états dépressifs, d’agitation et de stress, est mesuré à 60 (normale de 8 à 20).

TERI MCKEEVER, COACH INTERACTIVE

C’est l’époque où il lui faut aussi décider de son avenir, et donc de l’Université où elle étudierait et nagerait. Écœurée par la natation punitive de Mitchell, elle écoute sans enthousiasme les propositions de coaching haut de gamme que lui propose un entraîneur réputé mais très exigeant, Richard Quick, à Stanford, qui achèveront de la dégoûter de la natation ; elle préfère l’Université de Berkeley, où entraîne Teri McKeever, une femme de 42 ans, timide et mal à l’aise socialement, qui milite pour des méthodes « interactives », alors assez mal vues par la culture dominante, axée sur un énorme kilométrage et le développement de l’endurance à outrance. Coughlin, qui déteste désormais la vision de la natation, brutale et impérative, que cultive Ray Mitchell, à qui elle croit devoir sa blessure, sait qu’elle préfèrerait abandonner la natation que continuer dans cette voie. Ray Mitchell, comme le coach de football Vince Lombardi, est un adepte de la motivation par la peur. Mais Natalie doit lutter pour imposer sa façon de voir à ses parents, qui ne saisissent pas l’enjeu et la voient déjà à Stanford. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que McKeever est terrorisée par la responsabilité qui lui échoit autant que passionnée à l’idée de devoir s’occuper d’un pareil bijou. Coughlin trouve étrange d’être désirée, en raison de son épaule qui ne guérit pas. Avec McKeever, elle travaille sa puissance et sa vitesse par un travail qualitatif et très varié, dans lequel, par exemple, la base aérobie sera assurée au sol par de la course. McKeever change sa nage, de façon à améliorer son efficience aquatique et à réduire l’effort qui pèse sur son épaule fragilisée. Mais aussi, elle va rendre l’entraînement attractif, amusant même, grâce à des variations, des exercices inattendus, des expériences parfois osées.

UN CHAT QU’ON A ENTRAINÉ COMME UN CHIEN

Reste le problème de l’épaule. Milt Nelms prend conscience de l’étendue des dégâts: il note, en la voyant, une forte asymétrie. « Dans l’eau ou hors de l’eau, je ressentais une impression de grotesque », dira-t-il. Il souligne la gravité de son problème d’épaule. Quand elle nage, Coughlin se compare, dit-il, à un marcheur qui aurait un talon à un seul pied, ou à deux nageurs qui auraient été accolés : l’un serait bien en ligne, agressif et énergique, l’autre boiteux, tel un skateboard, glissant jusqu’au coup de bras suivant ; elle lui évoque aussi « quelque chose d’arythmique, comme la course d’un chien à trois pattes. »  Pour réparer, il va la faire nager en respiration bilatérale. Mais « tout dans tout, il fallut deux ou trois ans pour déprogrammer les habitudes qu’elle avait prises ».

Aux mondiaux 2001 de Fukuoka, elle l’emporte sur 100 mètres dos en 1’0’’37 après s’être égarée dans sa ligne d’eau et frottée aux bouchons dans la seconde longueur. Au départ du relais quatre nages, elle réussit 1’0’’18, à 2/100e du vieux record de la Chinoise Cihong He, laquelle est fortement suspectée de dopage. En novembre 2001, Coughlin améliore les records du monde en petit bassin du 100 et du 200 dos (57’’08 et 2’3’’62). L’été 2002, à Fort Lauderdale, elle remporte les titres nationaux des 100 mètres (54’’66), 200 mètres (1’58’’20), 100 mètres dos (59’’58, record du monde), 200 mètres dos (2’8’’53) et 100 mètres papillon (58’’49). Douze jours plus tard, victoires en rafale, 100 mètres libre (53’’99), 100 mètres dos (59’’72) et 100 mètres papillon (57’’88) aux Panpacifiques. La suite ne confirme pas ces débuts tonitruants. Victime d’un virus local, la polivalencia, elle ne peut, aux mondiaux 2003 de Barcelone, atteindre un seul podium individuel : épuisée par une fièvre à 39°5, des maux de gorge et des maux de tête, son 1’3’’18 des séries ne la qualifie pas pour les demi-finales du 100m dos. Elle fait cependant partie des relais 4 fois 100 mètres vainqueur et 4 fois 100 mètres quatre nages médaillé d’argent.

Ces ennuis de santé lui font réévaluer à la baisse ses ambitions olympiques à Athènes, et à abandonner son projet de tenter d’établir un record du nombre de médailles olympiques, comme un Michaël Phelps au féminin. Au-delà d’une polyvalence qui, dans l’histoire du sport, ne le cède que devant Tracy Caulkins (meilleur nageuse américaine en activité sur 100 mètres dos, papillon et crawl, 200 mètres libre et 200 mètres dos), elle doutait d’avoir la santé de relever un tel défi, d’autant que le programme olympique féminin s’adaptait mal à une telle ambition, alors que le masculin semblait avoir été taillé sur mesure (pas par hasard d’ailleurs) pour favoriser le challenge de Phelps. Après beaucoup de réflexions, d’hésitations, elle écartera le 100 mètres papillon et le 200 mètres libre pour se consacrer à une programme copieux quoiqu’allégé.

L’OR À NATALIE, L’ARGENT À LAURE

McKeever a décidé que le stage de janvier 2004 se déroulera en Australie. Pendant neuf matinées, Coughlin sera exemptée de l’entraînement et travaillera sa technique dans une piscine adjacente avec Milt Nelms, le seul en-dehors de McKeever en qui Natalie a confiance. Aux sélections, à Long Beach, Coughlin se qualifie en séries en 1’0’’71, en demi-finale en 1’0’’91. En finale, elle commet la même « erreur de navigation » qu’aux mondiaux de Fukuoka, mais nage en 59’’85, une grosse longueur de corps devant sa seconde, Haley Cope, 1’1’’24.

Ayant retrouvé sa forme, elle enlève cinq médailles aux Jeux 2004, à Athènes : deux en or (100 dos et relais 4 fois 200 mètres) ; deux en argent (relais 4 fois 100 mètres et 4 fois 100 mètres 4 nages), une en bronze (100 mètres libre). Sur 100 mètres dos, où elle s’est lancée loin devant, elle flanche, épuisée, vers les 75 mètres, parait perdre sa technique, puis se reprend, et arrache à l’énergie la victoire devant la Zimbabwéenne Kirsty Coventry.

Passée professionnelle, elle réussit des mondiaux en demi-teinte (toutes proportions gardées), à Montréal en 2005, malgré l’or du relais 4 fois 200 mètres et l’argent du 100 mètres libre, à quoi elle ajoute l’argent du relais quatre nages, le bronze du 100 mètres dos (1’0’’88) et du relais quatre fois 100 mètres libre. Aux mondiaux 2007 de Melbourne, quoique éjectée du podium du 100 mètres libre, et battue sur 100 mètres papillon (3e en 57’’34) elle reprend le titre du 100 mètres dos en 59’’44, record du monde, devant la Française Laure Manaudou, et ajoute l’or du relais 4 fois 200 mètres et l’argent du relais 4 fois 100 mètres. Elle améliore 59’’21 le record (dos) le 18 février 2008 au Grand Prix du Missouri à Columbia. Elle doit faire face  à plus d’une menace, en cette année olympique, dont surtout celle de la Zimbabwéenne Coventry, qui la devance aux Jeux de Pékin, en séries ; mais elle l’emporte en finale et devient ainsi la première femme à garder son titre olympique sur la distance) ; à ces Jeux, elle enlève en outre trois médailles d’argent grâce aux relais féminins, et celle de bronze du 100 mètres libre.

L’ÉTÉ PROCHAIN AUX PANAMÉRICAINS

Après une coupure de dix-huit mois, Nathalie Coughlin reprend la compétition. Qualités intactes, elle se qualifie pour les PanPacifics 2010 où elle remporte le 100 mètres en 53’’67 et finit 3e du 100 mètres dos. Son aventure semble se terminer aux sélections olympiques 2012, où, 3e du 100 mètres dos derrière Melissa Franklin et Rachel Bootsma, 7e du 100 mètres papillon et 6e du 100 mètres libre, elle arrache la qualification pour Londres au titre du relais, où elle nagera les séries qualificatives. Assez mécontente de ses prestations londoniennes, qu’elle qualifie de « travail pas terminé », elle décide de rempiler, et de viser les Jeux olympiques de 2016. Ses raisons « j’aime nager et j’aime voyager ». La gamine qui avait un souffle au cœur, a toujours du souffle, et du cœur. Elle change sa façon de travailler, se concentre sur le sprint en libre, nageant sous la férule du coach de l’équipe masculine universitaire de Cal (Berkeley) Dave Durden auprès de « purs » sprinteurs comme Nathan Adrian et Anthony Ervin et avoue pousser plus de poids qu’elle n’en a jamais poussé. Elle est donc encore là en 2013, gagne le 50 mètres des sélections US pour les mondiaux devant la toute jeune Simone Manuel, 24’’97 contre 25’’01, termine 5e du 100 mètres. Aux mondiaux de Barcelone (finale gagnée par Kromowidjojo), elle se qualifie en demis en 25’’01, mais se voit éjectée de la finale par la marge de 0’’11, derrière Simone Manuel, 24’’91 contre 25’’02. Dans le relais quatre fois 100 mètres, elle nage lancée en 52’’98 et participe à la victoire US, pour 0’’12, devant l’Australie. C’est sa 18e médaille, et sa 7e d’or, en championnats du monde en grand bassin. En 2014, elle ne parvient pas à se qualifier pour les Pan Pacifics, mais refait surface l’hiver venu, et fait partie des 4 fois 50 mètres et 4 fois 100 mètres médaillés d’argent des championnats du monde d’hiver à Doha, nageant même en séries du quatre fois 100 mètres un bon 51’’93 au start. 2015 : évincée de l’équipe américaine des championnats du monde de Kazan, elle a été retenue dans l’équipe des 32 qui se rendra au Jeux Panaméricains. Certes, elle n’est plus la force dominante qu’elle fut dix ans plus tôt, mais le temps des podiums n’est peut-être pas fini ? Dara Torres n’a-t-elle pas été médaillée olympique à 41 ans ?

Natalie Coughlin a publié une autobiographie intéressante et très documentée, coécrite avec Michaël Silver, Golden Girl (2006).

1 comment:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *