NCAA (8): AU DELÀ D’ATLANTA, LILLY KING RÊVE DÉJÀ D’OMAHA ET DE RIO

Éric LAHMY

LILLY KING, QUI RÉVOLUTIONNE LES RECORDS UNIVERSITAIRES DE BRASSE, VEUT MAINTENANT DÉPASSER LE PETIT BASSIN EN YARDS ET SONGE ALLER AUX JEUX OLYMPIQUES ET BIEN SÛR GAGNER…

Samedi 19 Mars 2016

Lilly King ne cachait pas qu’elle s’était efforcée de rester concentrée sur son sujet, les finales NCAA, mais que sa tête avait tendance à se tourner vers les Jeux de Rio, via les sélections d’Omaha, Nebraska, du 26 juin au 3 juillet. En grand bassin, elle est encore 3e Américaine, et il faut donc qu’elle déloge une nageuse pour obtenir son visa pour le Brésil. Pour l’instant, c’est Katie Meili et Jessica Hardy qui sont devant elles en grand bassin. Pas très loin, surtout pour Hardy, dont l’avance se limite à un humble 1/100e de secondes! Et si l’on se fie aux records qu’elle a balayé en yards, à Atlanta, en finale des NCAA, on n’est plus très sûr de la supériorité des anciennes!

Son ambition vient de loin. Elle remonte à ses douze ans, quand, élève de la high school Reitz et licenciée des Newburg Sea Creatures, cette fille d’un athlète devenu dessinateur industriel et d’une nageuse devenue enseignante, se présenta à ses premières compétitions de groupes d’âge de l’Indiana et l’emporta. Depuis, elle a accompli un joli chemin. Record US junior du 100 yards brasse battu en en 1973, 58s67, puis 6e des championnats nationaux (adultes) 2014, double médaillée d’or des Pan Pacific juniors à Maui en 2014, 3e des Jeux universitaires l’été passé, puis maintenant ses claques à répétition sur les records… la jeune fille de 19 ans, née le 10 février 1997 à Evansville n’a cessé de progresser.

Son coach du temps de Sea Creatures, John Hart, notait l’intérêt que Lilly portait à son sport : « je pense, disait-il, qu’elle a les instruments nécessaires pour devenir une des meilleures nageuses du pays, et même internationale. Elle semble toujours savoir ce qui se passe dans le monde de la natation. Elle est curieuse de la technique utilisée par les bons nageurs. C’est une véritable étudiante du sport. » Ce n’est pas tout, ajoute son père, Mark : « c’est une fille positive. Une chose que j’admire chez elle, si quelque chose ne va pas, elle la met de côté. Elle n’est pas dans la négativité. Elle sait ce qu’il faut pour avancer. » Quant à David Baumeyer, son coach à Reitz, il note son sérieux, son implication : « c’est l’athlète que vous rencontrez une fois dans votre vie. Elle est toujours en avance, jamais en retard. Elle travaille bien avec les autres jeunes, elle les améliore. Elle aime prendre du temps, après son entraînement, pour aider les autres avec leur technique. C’est un plaisir de l’avoir autour. »

Sa mère, Ginny, raconte la première expérience de Lilly dans une grande compétition. En janvier 2012, elle se trouve à Austin, au Texas. Quelques-uns des plus grands noms de la natation se trouvaient là. « Tous ces grands fauves nageaient. Ce fut une expérience amusante. Lilly a beaucoup de confiance en soi. Nous sommes arrivées tôt, nous nous sommes assises dans les gradins, et voilà que Michael Phelps, Missy Franklin, Ryan Lochte arrivent, s’asseoient tout près d’elle. Et là elle se met à paniquer, l’air de se dire : je ne suis pas supposée être assise ici. A la fin du week-end, elle avait assimilé la situation. Il lui a juste fallu deux jours pour s’habituer. » Lilly elle-même se souvient de l’anecdote : « les internationaux avaient une place pour eux, simplement limitée par une corde, ils n’étaient pas arrivés et je m’étais assise contre cette corde. Contente d’être là. Et puis ils sont arrivés, et là, je suis devenue nerveuse, je me disais, il faut que je m’éloigne. Je n’ai jamais été aussi frappée que ce jour là. Il y avait plein de jeunes dont d’était le premier meeting. Ils voulaient des autographes. Moi non. C’était des nageurs, ils étaient là pour nager, et on devait respecter leur espace. »

« Je n’ai jamais vu une nageuse détester autant perdre », explique un autre de ses entraîneurs, Michael Chapman. Sa première victoire, a douze ans, a été un signal pour elle, de la qualité qu’elle peut atteindre. »

 Elle a choisi d’être Hoosier parce qu’elle avait été frappée par l’amitié qui courait entre les filles. “Il y a un risque de fortes jalousies entre les filles qui me parait ne pas exister. Elle sont compétitives mais liées. » Entre l’école et l’Université, elle a noté une différence: alors qu’elle nageait beaucoup, Ray Looze, le coach d’Indiana, fait beaucoup travailler aux poids et au rameur. “Lilly est très douée, surtout de par ses qualités athlétiques, son explosivité. C’est aussi une compétitrice sans peur. Elle ne craint de rencontrer personne, quand et où que ce soit. »

On l’a vu à Atlanta.

 

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