FINA CONTRE ISL (1): LA FINA CONTINUE DE FAIRE SA VOLEUSE D’IDÉES

LES 17-19, LES NAGEURS INVITÉS PAR L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PLANCHAIENT AUTOUR DU PROJET DE MEETING PROFESSIONNEL. PENDANT CE TEMPS LES BARBONS DE LA FINA S’ENTENDAIENT À LEUR CHOURAVER L’IDÉE

Éric LAHMY

Mercredi 19 Décembre 2018

Merveilleuse FINA.

Alors que ses mondiaux en petit bassin se déroulaient à Hangzhou, le Bureau de la FINA faisait savoir qu’il approuvait l’organisation d’un nouvel événement de natation, qui serait lancé en 2019 et s’ajouterait au programme actuel.

Cette superbe idée dont on peut bien entendu se demander quel en est le génial inventeur, et baptisée « FINA champions swim series », prendra la forme de trois compétitions, entre mars et mai, s’adressera aux médaillés olympiques et mondiaux et « dans un format innovant chargé de créer une plate-forme de classe mondiale pour l’élite mondiale et pour développer un nouveau centre d’intérêt. » Je vous passe le laïus : du baratin, digne de bonimenteur de foire.

On y évoque « une présentation innovante et des divertissements » comprenant des 50, 100 et des 200 en nage libre, dos, brasse et papillon (voilà qui est en effet le comble de l’originalité) ainsi que sur 400 libre et 200 quatre nages (arrêtez, c’est génial) en plus de quatre courses de relais (c’est trop, prodigieusement inventif, on soupçonne là un savoir faire effarant).) Mais c’est là qu’il fait s’accrocher. « Le programme des FINA Champions Swim Series ne comprendra que des finales, où les quatre meilleurs nageurs de chaque épreuve se rencontreront dans des courses individuelles. Les compétitions se dérouleront en bassin de 50 mètres et dureront trois jours – de vendredi à dimanche. »

Seuls les nageurs invités participeront à ces séries : on y trouvera les champions olympiques et du monde, les tenants des records mondiaux et les mieux placés dans les  bilans mondiaux de chaque événement. Tous ces nageurs recevront des prix et des primes d’engagement, leurs dépenses (voyage, gîte et couvert) leur seront remboursées.

Les nageurs seront regroupés en équipes continentales ou de sponsors, chaque équipe comprenant 24 athlètes (12 hommes et 12 femmes).

Bien entendu, tout ce qui précède ne vaut pas la présentation du président de la Fédération Internationale, Julio Cesar Maglione selon qui “dans son constant effort d’innovation et de proposition de nouvelles opportunités aux étoiles de notre sport, la FINA est très heureuse de lancer cette nouvelle compétition, (laquelle) complètera de la meilleure façon possible notre calendrier de natation, avec d’abord ces séries des champions de natation, ensuite nos championnats du monde, et finalement la Coupe du monde. En créant cette compétition additionnelle de l’élite, la FINA génèrera un vrai show aquatique, où la présentation du sport et la promotion des stars sont les concepts clés d’un meeting réussi. »

On a bien eu raison de retarder l’âge de la retraite pour garder Jules Cesar, ça permet d’écouter ce bonimenteur de placarde baratiner le chaland.

Ayant évoqué sa puissance de feu en termes de diffusion de l’événement, la FINA en arrive à l’essentiel et fait savoir que ces séries permettront de distribuer 3,9 millions de dollars de prix ainsi distribués : 2.436.000$ de prix individuels, 648.000$ de prix de relais, et 840.000$ de prix d’équipe…

Sans être un expert et sans connaître du meeting que proposait I.S.L. autre chose que ce que la Ligue en avait fait connaître, on peut dire que c’est de cette grande réunion avortée de Turin que vient l’inspiration.

Il serait d’ailleurs intéressant de savoir s’il  n’y a pas lieu pour I.S.L., qui traîne la F.I.N.A. devant un tribunal californien, de lui intenter un autre procès, pour contrefaçon cette fois.

LA FINA ENTRE LE PLAGIAT ET L’ABUS DE POSITION DOMINANTE !

Cela dépend quand même des traces écrites laissées par la Ligue dans les tractations qu’elle prétend avoir menées avec la F.I.N.A. Pour cette dernière, démarquer ainsi le projet I.S.L. et le présenter comme sa création, pourrait n’être rien autre qu’un plagiat, une captation non autorisée ou un démarquage. Bien entendu, il sera sans doute difficile de démontrer une propriété intellectuelle pour ce type de shows, et donc que la dite propriété ait été violée. Comme je ne crois pas qu’il soit facile de défendre un quelconque « droit d’auteur » en la matière.

L’ I.S.L. pourrait peut-être à nouveau faire remarquer que l’abus de position dominante est une infraction prévue par le droit de la concurrence pour sanctionner une entreprise, qui, en situation de domination de par son pouvoir de marché, profite de sa position pour s’émanciper des conditions que devrait lui imposer le marché.

Bien entendu, j’ignore totalement si I.S.L., primo, dispose d’éléments qui permettraient d’attaquer la F.I.N.A. sur ce point, secundo si elle en a l’intention.

ON TROUVE TOUT DANS LA BOUTIQUE GRANDE SURFACE F.I.N.A. : LE LÉGISLATIF, L’EXÉCUTIF, LE JUDICIAIRE ET L’ÉPICERIE DU COIN

La FINA, depuis quelques lustres, s’est permis d’être à la fois le législatif (elle fait les lois), le judiciaire (elle applique les lois), l’exécutif (elle établit la vie du sport) et, pour couronner le tout, se déclare en être le seul créateur événementiel habilité. Elle a passé ces dernières années à détourner à son profit les meetings internationaux et à en bloquer l’accès… Plutôt que de se conduire en association sans but lucratif, elle se pose comme une association lucrative, sans but… autre que celui de nuire à tout ce qui s’approche de son rayon d’action, puis de ramasser toute la galette.

MIRACLE : PENNY HEYNS PARLE… POUR NE RIEN DIRE.

Penelope (Penny) HEYNS, la double championne olympique sud africaine de brasse aux Jeux d’Atlanta, en 1996, devenue présidente de la très silencieuse commission des athlètes de la FINA, ne pouvait sans doute pas se soustraire au devoir de voler au secours de « ce nouveau concept », ce qui est un peu normal, étant invitée, logée et nourrie à Hangzhou et touchant pendant les mondiaux ses frais, les per diem, soit quotidiennement deux fois le salaire minimum mensuel en Afrique du Sud, 244 € – ou une fois le salaire moyen, 457€.

Défendre le produit maison est le moins qu’elle puisse faire, HEYNS, mais on aimerait qu’elle ne fasse pas trop carrière de l’autre côté. Elle a ainsi récemment remplacé Beckie SCOTT, la championne olympique canadienne de ski nordique qui a démissionné de la WADA en septembre dernier pour protester contre l’étrange revirement de l’institution dans l’affaire du dopage d’Etat russe.

Censée parler au nom des athlètes, Penny HEYNS n’a en fait le droit de rien dire, étant tenue comme tous les autres commissionnaires qui gravitent autour des caciques de la FINA à un devoir de réserve et une obligation de discrétion. On la préférait en nageuse…

Et quand elle parle soi-disant au nom des athlètes, cette pauvre Penny ne fait que répercuter la voix de ses maîtres. Elle sera à la WADA comme elle l’est à la FINA l’un de ces muets du sérail qui donne l’illusion d’une démocratie là où il n’y a que l’arbitraire de bureaucrates.

 Quoiqu’elle raconte en cette qualité, ses propos de porte-parole rétribuée, à la différence de ses déplacements en classe affaire, de ses hôtels haut de gamme et de ses sympathiques per diem, ne vaudront pas un penny !

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA RETRAITE A 23 ANS: MISSY FRANKLIN ARRÊTE DE NAGER

Mercredi 19 décembre 2018

Missy FRANKLIN a annoncé sur la chaîne ESPN qu’elle prenait sa retraite. La championne olympique américaine des Jeux de Londres, où elle avait remporté 100 et 200 mètres dos et participé aux trois relais dont deux furent vainqueurs (4 fois 200m et 4 fois 100 quatre nages), se retire donc de la compétition à seulement 23 ans ; elle avait rapporté six médailles d’or des championnats du monde 2013, à Barcelone (100 et 200 dos, 200 libre et les trois relais) qui constitua le sommet athlétique de sa carrière ; depuis les Pan Pacs 2014, elle avait été victime de divers maux physiques à répétition, au dos et aux épaules, qui n’ont cessé de la torturer, exigé diverses opérations, provoqué de longues interruptions, et ont nettement réduit ses capacités en compétition comme à l’entraînement. Au-delà de la championne, FRANKLIN laisse le souvenir d’une belle personnalité. E.L.

 

 

 

 

 

 

 

 

DU 200 DOS D’EVGUENY  RYLOV AUX CHAMPIONS DES CHAMPIONS DU MONDE DE HANGZHOU

Éric LAHMY

Mardi 18 Décembre 2018

Les différents jurys qui s’empressent, à la fin des championnats du monde, de désigner les meilleurs nageurs de la petite semaine de compétitions d’Hangzhou, tendraient à provoquer chez moi moins de conviction qu’un petit rictus sarcastique, dont je ne sais s’il procède de Voltaire ou de la hyène tachetée.

Hors mondiaux, les mondiaux continuent donc !

Mais c’est un rictus contraint. Car après six journées à voir distribuer trente-quatre titres individuels et douze de relais (mais je peux me tromper, vous recompterez pour moi), et le constat que la FINA n’a pas pu y insérer le 1500 mètres dames et le 800 mètres messieurs (signe d’une préférence claire et nette pour le sprint), on ne sait plus trop ce qu’on a vu, peut-être pas toujours ce qu’on aimerait en retenir. Chercher à désigner un « meilleur » parmi ces vainqueurs est peut-être la façon adéquate de saluer une dernière fois Hangzhou…

Je ne vous cache pas que je ne me souviens pas des noms de tous les vainqueurs, il s’en faut de beaucoup et que les chiffres se mêlent parfois : de chic, j’avais évalué à 1’53s le temps de RYLOV sur 200 dos (c’est 1’47s !). C’est vous dire si je ressens parfois une certaine confusion !

OLIVIA SMOLIGA PLUS KELSI DAHLIA FONT HUIT PLUS SEPT EGALE QUINZE

Les amateurs de statistique se sont déjà emparés du terrain, alignant fébrilement les chiffres, décrétant qu’Olivia SMOLIGA a remporté huit médailles d’or à ces championnats et qu’elle devance sous cet angle Kelsi DAHLIA, sept médailles.

C’est une façon comme une autre de tenter de circonscrire un événement, et si j’ose m’exprimer ainsi de lui faire exprimer son jus.

Je crois que trop de chiffres tuent les chiffres. Ce déluge arithmétique me rappelle le propos du Premier ministre britannique Disraeli pour qui le mensonge s’aggravait en allant du simple mensonge au sacré mensonge et du sacré mensonge à la statistique. Churchill, un demi-siècle plus tard, précisait quant à lui que « les seules statistiques auxquelles vous pouvez vous fier sont celles que vous avez falsifié vous-même. »

Le problème, avec le programme de la Fédération Internationale de Natation – laquelle association représente de nos jours à peu près l’idéal de crédibilité d’un congrès global de voleurs de poules -, c’est que la falsification se trouve au cœur du programme.

Prétendre par exemple qu’un relayeur ayant nagé les séries d’une course gagnée par d’autres nageurs en finale est champion olympique, du monde ou des environs, est l’une de ces dérives ; mais il est tant d’autres d’arrangements « finassiers » de ce genre qu’on reste interdit devant la tâche de les dénoncer.

ET SI LE MEILLEUR NAGEUR D’HANGZHOU ETAIT RAPSYS ?

Ce type de règlement pue la démagogie, et réunit autour de lui en rangs tellement serrés ceux qui y trouvent avantage ou espèrent un jour profiter de ces privilèges, que se placer à contre-courant d’un tel flux de vaniteuses complaisances parait être une tentative vouée à l’échec…

J’ai eu un peu chaud quand j’ai lu sur un blog que Cameron Van Der Burgh était désigné (ou devait l’être?) meilleur nageur de Hangzhou. Je n’ai rien contre le Sud-Africain, mais à part l’élément de surprise à l’issue de son 100 mètres brasse où je ne l’attendais pas trop (en fait je n’attendais personne, j’ai laissé la porte ouverte en me promettant de jouer la surprise dans tous les cas), je ne lui ai rien vu d’exceptionnel en-dehors du fait qu’être champion du monde n’a en soi rien de commun…

Vu que je suis orienté demi-fond, et que pour moi, n’est pas nageur qui ne peut pas traverser le détroit de Gibraltar, le meilleur nageur d’Hangzhou était le Lituanien Danas RAPSYS ; non pas sans conteste, vu que Mykhailo ROMANCHUK avait ramené la peau de PALTRINIERI à l’issue d’un 1500 mètres haletant.

LE CLOS, BIEN SÛR ! QUI N’AIME PAS LE CLOS ?

Finalement, la FINA (ou son jury, je ne sais trop) a désigné Chad LE CLOS. Qui n’aime pas le Sud Africain, personnalité éminemment sympathique ? Qui n’admire pas son diabolique talent, cette capacité méphistophélique de briller un peu partout et de porter le danger partout où il se présente ? Vainqueur de DRESSEL. sur 100 papillon, présent sur le podium du 100 nage libre.

Peut-être parce que je pensais tellement que KOLESNIKOV pouvait tout casser, et qu’il n’en a rien été, je me suis intéressé finalement à son compatriote Evgueny RYLOV. Il a gagné le 50 (22s58) et le 200 (1’47s02) dos aux dépens de Ryan MURPHY, ce qui laisse à penser ce qui se serait passé sur la distance intermédiaire si les Russes n’avaient pas laissé les clefs de la course à KOLESNIKOV et Andrei SHABASOV.

DE LA GRANDE FORME D’EVGUENY RYLOV A CELLE DE DAYA SETO

Il est d’ailleurs possible que les Russes ne mesuraient pas alors la grande forme de RYLOV. Le premier jour des compétitions, s’ils l’avaient utilisé en séries du relais quatre fois 100 mètres pour qualifier l’équipe en finale, ils l’avaient, malgré son superbe 46s09 au start, retiré pour présenter en finale un Sergei FESIKOV, auteur de 46s21 lancé, d’une valeur inférieure de près d’une seconde ! Comme les USA enlevèrent la course avec seulement 0s08 d’avance, en 3’3s03 contre 3’3s11, je me dis que laisser RYLOV aux commandes de l’avion aurait été mieux inspiré.

…Mais je reconnais que c’est diantrement plus facile à expliquer APRES la bataille qu’avant…

RYLOV se signala aussi par un 20s37 lancé qui faisait de lui le 4e performeur du relais quatre fois 50 mètres nage libre, devancé seulement par les deux Américains, DRESSEL et HELD et par MOROZOV.

HOSSZU, TITMUS, WANG, KROMOWIDJOJO, ON DÉPARTAGE COMMENT?

Élever LE CLOS au titre de champion des champions d’HANGZHOU, n’est-ce pas négliger ou pire déconsidérer Daya SETO, ce jeune père de famille de 24 ans qui l’a battu sur 200 papillon, lui et son son record mondial, en 1’48s24 ? Et qui s’est imposé sur 400 mètres quatre nages avec six secondes d’avance sur son second ?

Côté femmes, désigner Katinka HOSSZU, voilà qui semble logique, n’est-il pas vrai ? Mais je retiens Ariarne TITMUS, la double gagnante, 200 et 400 libre (avec record du monde sur 400) et la Chinoise WANG Jianjiahe, qui enlève le 800 mètres et finit 2e du 400m. Ranomi KROMOWIDJOJO, avec sa razzia sur le sprint, n’est pas à dédaigner non plus…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CAELEB DRESSEL TOMBE MOROZOV SUR 100 : RIEN NE SERT DE PARTIR, IL FAUT FINIR À POINT

Éric LAHMY

Lundi 17 décembre 2018

Parce qu’elle était inattendue, la victoire de Caeleb DRESSEL sur Vladimir MOROZOV dans le 100 mètres des championnats du monde (petit bassin) de Hangzhou vient à point nommé pour nous rappeler qu’une course disputée par deux nageurs de force à peu près équivalente reste aléatoire et que le favori ne monte pas toujours sur la plus haute marche du podium.

Le Russe, au sortir d’une saison hivernale époustouflante, à écumer les meetings de la Coupe du monde, avait notamment frôlé d’un centième de seconde le record mondial en petit bassin d’Amaury Leveaux (44s95 contre 44s94) sur 100 libre. Mais il avait aussi enlevé une foule d’autres courses et sprints divers, 100 mètres quatre nages et autres papillon. Il s’imposait comme le meilleur sprinteur en petit bassin de la saison.

MOROZOV est un séduisant jeune homme de 26 ans qui n’a rien d’un colosse du sport. Il mesure 1,80m, pèse 78kg, selon les nomenclatures officielles. Chez lui, pas de dimensions exceptionnelles, c’est la qualité musculaire qui prédomine et parait devoir expliquer ses performances.

Comme pas mal de nageurs russes, il n’a pas été épargné par une controverse concernant le dopage. MOROZOV et sept de ses équipiers, dont Nikita LOBINTSEV et Daria K USTINOVA, furent impliqués dans une affaire de disparition de tests positifs à la veille des Jeux.

MOROZOV sut plaider sa cause, semble-t-il. Il argua ainsi qu’il n’avait jamais été déclaré positif, et que, disparus ou pas, plusieurs des tests auxquels il s’était soumis n’avaient pas été gérés par les Russes, mais effectués par les Britanniques, les Américains et par la FINA elle-même.

MOROZOV a été un aussi fort dossiste que crawleur, à ses débuts, avant de donner la préférence au libre (un peu comme POPOV), et il a fini 9e du 100 libre des Jeux de Rio, manquant la finale d’assez peu (0s83 séparaient le premier du 16e des demi-finales olympiques !). A Budapest, en 2017, il a fini 4e du 50 mètres enlevé par DRESSEL, 21s46 contre 21s15, et seulement 24e du 100 mètres (48s99) dont la finale serait enlevé par l’Américain, en 47s17.

En 2018, il a continué de s’ingénier à ne pas monter sur le podium, aux championnats d’Europe de Glasgow, où il a fini 4e du 50 mètres en 21s74, trouvant le moyen de se faire battre par PROUD, GOLOMEEV et VERGANI alors qu’il avait nagé 21s44 en demi-finales. La tension de la finale lui coûta personnellement trois dixièmes…

Il ne passa pas le cap des séries sur 100 mètres, en raison de la loi des deux nageurs par nation en séries.

La seule médaille individuelle en grand bassin qu’il ait ramené semble être l’argent du 50 libre de Barcelone, aux mondiaux 2013.

Le natif de l’Oblast de Novossibirsk (en 1992), s’il a soigneusement évité de monter sur un quelconque podium international en grand bassin, s’est fait une spécialité du 25 mètres. Le goût lui en est peut-être venu de ses années, émigré aux Etats-Unis, à disputer les compétitions scolaires pour son école secondaire de Torrance, au sud de Los Angeles, puis universitaires de la NCAA, dont il a été plusieurs fois champion avec la légion étrangère de Dave Salo, à USC.

Si MOROZOV est devenu une sorte de phénomène du sprint en petit bassin, il ne peut jusqu’ici comparer son palmarès à celui, énorme, de Caeleb DRESSEL, que j’ai souvent évoqué dans ce blog (à tout seigneur tout honneur). Sa carrière en Universitaires, sa montée en puissance dans les épreuves de grand bassin jusqu’à l’épiphanie des championnats du monde de Budapest (trois médailles d’or individuelles: 50 mètres, 100 mètres et 100 mètres papillon) font de lui le sprinter du jour.

Mais aux mondiaux d’Hangzhou, l’Américain n’a pas paru aussi à son aise que par le passé. MOROZOV l’a défait sur 50 mètres, en 20s33 contre 20s54 (tandis que PROUD était disqualifié – pour la 2e fois de l’année, après les Jeux du Commonwealth).

Sur 100 papillon, Caeleb s’est fait surprendre par Chad LE CLOS, passant pour sa part en 5e position avant de revenir, mais trop tard. On a beau dire, malgré l’estime due à LE CLOS, c’était un peu surprenant.

Caeleb DRESSEL a gagné le 100 libre en utilisant la même approche que sur le 100 papillon – qu’il a en revanche perdu, preuve que la stratégie employée n’est qu’un des éléments de la victoire, comme de la défaite(!). Il est parti plus lentement que ses principaux rivaux et a nagé une course équilibrée.

A l’arrivée, il a devancé MOROZOV de deux centièmes et LE CLOS de 0s27. Son passage en 21s86 le laissait à la traîne de ces deux hommes, qui touchaient en 21s39 et 21s59.

Mark SPITZ disait malicieusement qu’une course ne se gagne pas au départ, mais à l’arrivée. Il y a de ça.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

POUR QUOI KELSI DAHLIA A REMPORTÉ LE 100 PAPILLON EN SOLITAIRE

Éric LAHMY

Lundi 17 Décembre 2018

On s’attendait à une belle bataille Dahlia-Hosszu sur 100 papillon dames. Il n’en a rien été. Hosszu absente excusée (très occupée ailleurs), Dahlia s’est promenée…

A la veille de ce 100 mètres papillon, j’avais écrit pour moi-même : « Kelsi Dahlia, auteur d’un 2’1s73 du 200 mètres papillon et d’un 24s97 sur 50, qu’est-ce que cela indiquait sur la distance moyenne ? Qu’elle allait faire des dégâts. »

Avec des temps de 24s97 au 50 papillon et de 2’1s73 au 200, que pouvait-elle espérer sur 100 mètres ?

Un outil statistique personnel que je n’ai pas renouvelé depuis longtemps me faisait conclure, que la jeune Américaine pourrait valoir 55s1 ou 55s20.

Bien entendu, c’était dans le cadre de sa confrontation avec Katinka HOSSZU que je m’étais fait ces questions.

Or, au moment de se présenter au départ de sa série du 100 mètres papillon, pas de HOSSZU. Pourquoi ?

On sait qu’en 2016, HOSSZU s’était astreinte à un de ces travaux d’Hercule dont elle a le secret : s’emparer de TOUS les records hongrois en petit bassin. Son coup fut parfaitement réussi. Si, depuis, deux de ses records ont été repris (par Boglarka KAPAS sur 400 mètres en 3’58s15, et Anna SZANKOVICS sur 50 mètres brasse en 30s59) il ne fait guère e doute que, préparée sur la distance, à son meilleur, HOSSZU aurait pu signer un 400 mètres en 3’54s.

Pour ce qui est du papillon, HOSSZU avait nagé le 50 mètres en 25s64 le 30 décembre 2014, le 100 mètres en 55s12 le 11 décembre 2016 et le 200 mètres en 2’1s12 le 3 décembre 2014.

A Hangzhou, samedi, HOSSZU devait nager deux 200 mètres quatre nages, séries et finales, et deux 100 papillon, séries et demies. D’habitude, ce n’est pas ce genre de perspective qui lui fait peur. En Coupe du monde, nul doute qu’elle y serait allée. Mais en championnats du monde, elle prend plus de temps pour réfléchir, car l’enjeu est différent. En Coupe du monde, HOSSZU ratisse, en championnats, elle fignole son palmarès.

Or en séries du 200 quatre nages, elle avait été accrochée par YE Shiwen. On s’en souvient peut-être, YE Shiwen est cette jeune Chinoise qui avait battu les records du monde des quatre nages aux Jeux olympiques de Londres, et provoqué une forte polémique lancée par John LEONARD. YE avait fini son 400 mètres quatre nages par un parcours de crawl plus rapide que celui du vainqueur de la course masculine et certains observateurs avaient soupçonné là l’œuvre du dopage.

HOSSZU vit-elle dans cette résurgence, six années plus tard, de YE Shiwen dans sa série du 200 quatre nages et dans l’attente de la rencontrer à nouveau en finale, devant son public, en Chine, une bonne raison de s’inquiéter ? Allez savoir.

D’un autre côté, elle ne pouvait pas sous-estimer Kelsi DAHLIA, qui s’annonçait comme une formidable rivale sur 100 papillon. Avant Hangzhou, les records personnels en petit bassin de l’Américaine, en papillon, étaient de 24s94, 54s84 (2e performance mondiale tous temps) et 2’2s89. De plus, DAHLIA était en grande forme. Sur 200 papillon. elle avait rétréci d’une grosse seconde son record et perdu de peu. Comme DAHLIA est plus sprinteuse qu’HOSSZU, la faible marge par laquelle la Hongroise l’avait emporté ne présentait aucune garantie sur 100 pour la Magyare !

L’Américaine pouvait même taquiner, peut-être, le record du monde de SJÖSTRÖM, 54s61… Et HOSSZU ne se sentait sans doute pas capable d’aller la chercher sous les 55 secondes.

L’Américaine a dominé d’une façon qu’on rencontre désormais rarement dans les compétitions de natation, enlevant les séries de plus d’une seconde, en 55s46 contre 56s52 à sa suivante, la Japonaise Ai SOMA ; les demi-finales en 55s09 contre 56s06 à la deuxième, l’Italienne Elena DI LIDDO , et la finale en 55s01, devançant sa co-équipière Kendyl STEWART, 56s22.

Le foisonnement d’épreuves individuelles et de relais aux justifications incertaines fit que DAHLIA trouva sa dernière journée très occupée, à nager, puis à monter et redescendre les podiums. Les nageurs à ce jeu là, pourront se reconvertir en adeptes du cardio step. Kelsi, pour sa part, trouva le temps ce 16 décembre, de remporter le relais quatre fois 50 mètres en compagnie de Madison KENNEDY, Mallory COMERFORD et Erika BROWN, réalisant pour sa part un 23s37 lancé, 4e temps de la finale ; et le relais quatre nages, en compagnie de Olivia SMOLIGA, Katie MEILI et Mallory COMERFORD, effectuant son parcours de papillon, lancée, en 54s89.

Ce genre de programme aboutit à ces informations sensationnelles, selon lesquelles Olivia SMOLIGA est monté sur 8 podiums des championnats du monde d’Hangzhou, « record », devant DAHLIA, 7 podiums. Bien entendu, tout cela est bien sympathique, mais ça me parait être de la natation fanfreluche.

Personnellement, je retiens surtout que SMOLIGA a gagné le 100 dos et DAHLIA le 100 papillon. Cela n’enlève rien à ces championnes!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU : ROMANCHUK ENCORE DEVANT PALTRINIERI SUR 1500 METRES

Eric LAHMY
Dimanche 16 Décembre 2018

A l’issue d’un terrible duel, le 1500 mètres est revenu à l’Ukrainien Mykhailo Romanchuk. Gregorio Paltrinieri, l’Italien, tenant du titre, une nouvelle fois n’a pas pu l’emporter. Seul témoignage de sa supériorité passée, le record mondial en petit bassin, qui est resté debout.
On ne peut parler d’une surprise. Lors de leur précédente rencontre, aux championnats d’Europe de Copenhague, l’an passé, l’Ukrainien avait devancé l’Italien, en 14’14s59 contre 14’22s93 sur 1500 mètres. Ici, les chronos ont été épatants, 14’9s14 et 14’9s87. C’est sans doute le duel le plus rapide de l’histoire sur la distance en petit bassin : lors qu’il établit le record mondial, en 2015, aux championnats d’Europe de Natanya, PALTRINIERI l’avait emporté de dix secondes sur son compatriote Gabrielle DETTI, 14’8s06 contre 14’18s, et on ne put vraiment parler de duel… Quant au record des mondiaux petit bassin, il appartenait au Coréen PARK en 14’15s51.
C’est un spectacle dramatique que celui d’un nageur relativement privé de vitesse mais extrêmement endurant, qui tente de décoller un adversaire dont il sait pertinemment, s’il ne parvient pas à le lâcher au train, qu’il le devancera au sprint.
Le 1500 mètres. La distance la plus difficile du programme de natation, dont le pari du sprint effectué par les instances et les programmes de musculation pas très bien pensés (sur 1500m, qui dit poids supplémentaires dit régression), ont amené une sorte de désertification. Il en est, cependant, qui continuent d’illustrer la course, presqu’insensée de difficulté, et qui représente l’épreuve, au sens étymologique du terme, de test : une sorte de Rubicon aquatique…
Qui a nagé un 1500 mètres de compétition sait ce que cela représente – le ventre, la poitrine, qui brûlent, les bras qui se crispent, les jambes qui se tétanisent, l’impression d’une torture auto-infligée, le cœur qui parait atteindre le point de rupture. Rite d’initiation qui frôle la férocité, et dans lequel, à travers l’incandescente astreinte à laquelle on se soumet, se révèlent les tempéraments.
Paltrinieri a tout gagné dans le passé, il est champion olympique (2016), double champion du monde (2015 et 2017), triple champion d’Europe, dans les conditions olympiques. Il savait ce qu’il devait faire pour rompre l’enchantement. Il passait plus vite que dans son record, en 3’43s88 (contre 3’44s02) et 7’30s31 (contre 7’31s33). Mais Romanchuk ne bronchait pas, et Paltrinieri ne pouvait rajouter à cette accélération initiale. Il baissa même le rythme de façon assez peu perceptible. C’est dans le dernier aller-retour, comme il devait s’y attendre, que Paltrinieri fut défait. Quand Romanchuk, encore devancé d’un mètre environ, passant la vitesse supérieure, le défit enfin : 25s84 contre 27s16.
Le Norvégien Henrik Christiansen terminait, en 14’19s39, troisième de la course, tout comme il avait fini 3e aux Europe de Natanya et aux mondiaux de Copenhague.
Deux Français s’étaient qualifiés pour cette finale, Damien JOLY, qui battait un vieux record de France, et David AUBRY. En finale, ce fut AUBRY, 4e, qui devança JOLY, 5e, le devançant de 0s56, 14’23s44 contre 14’24s, et lui ravissant son record national tout neuf. Tous deux devancent Jan MICKA, qui détenait la meilleure performance de l’année 14’24s88.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

200 QUATRE NAGES A HANGZHOU : KATINKA HOSSZU TOUJOURS BIEN INSTALLEE

ET DEUX GIRLS US SUR LE PODIUM, MELANIE MARGALIS ET KATHLEEN BAKER

Eric LAHMY

Dimanche 16 Décembre 2018

Les Hongrois sont actuellement agités par d’autres soucis, eux qui sortent dans les rues par un froid de canard, conspuer leurs dirigeants, un truc à la mode dans la vieille Europe ces derniers temps. Il est possible que le sort que la rue veut faire à Monsieur ORBAN, leur homme de fer, ne lui donne pas loisir d’entendre, depuis les mondiaux « petit bassin » d’Hangzhou, que les affaires ne vont pas si mal pour leur dame de fer!

La preuve est donc faite que coachée par son un peu hystérique Shane Tusup d’ex-époux ou par le placide Arpad PETROV (distingué beau-frère de Zsuzsanna Jakabos), qui a repris le flambeau, elle n’a perdu ni son talent, ni son goût batailleur et encore moins son sens de la gagne.

Fallait juste revoir les points de rouille!

200 mètres papillon, 200 et 400 quatre nages, sont tombés dans son escarcelle, et si le 200 dos lui fut fatal, le titre du 100 mètres dos ne lui a semble-t-il échappé qu’en fonction des bras de basketteuse de la splendide Olivia SMOLIGA.

Son succès sur 200 quatre nages a été magistral. Melanie MARGALIS et Kathleen BAKER, qui l’accompagnèrent sur le podium purent, la première sur les trois dernières nages, la seconde dans son parcours en dos, l‘égaler ou lui reprendre du terrain. Mais la longueur de corps qu’elle leur infligea d’entrée, en 26s74, dans son parcours initial de papillon, fut peut-être décisive. BAKER et SEEBOHM lui revinrent sur le paletot et la passèrent dans leur spécialité, mais l’Iron Lady, qui est aussi forte dossiste qu’elle, ne les laissa revenir que parce qu’elle s’économisait avant de se lâcher en brasse, où elle surclassa tout son monde – à l’exception de l’Italienne CUSINATO, qui ne jouait aucun rôle pour la gagne -, puis solidifia son avance dans le parcours de crawl. Sans approcher son record mondial, 2’1s86 en 2014, elle gardait la haute main sur l’un des joyaux de sa couronne. Une MARGALIS teigneuse à souhait confirmait, elle, après le 400 quatre nages, qu’elle était  bien sa dauphine, tandis que BAKER sauva le bronze d’un retour de YE Shiwen…

DAMES.- 200 m 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s25 (26s74, 58s14, 1’33s35, 2’3s25 – 26s90, 31s40, 35s21, 29s90); 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’4s62 (27s53, 59s14, 1’34s82, 2’4s62 – 27s53, 31s61 35s68 29s80); 3. Kathleen BAKER, USA, 2’5s54 (27s02, 57s79, 1’34s18 2’5s54 – 27s02 30s77 36s39 31s36) 4. YE Shiwen, Chine, 2’6s17 (27s54, 59s20, 1’35s84, 2’5s79 – 27s54, 31s66, 36s64, 29s95); 5. Ilaria CUSINATO, Italie, 2’6s17; 6.Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s80; 7. Abbey HARKIN, Australie 2’8s30 (en séries, 2’7s45); 8. Sakiko SHIMIZU, Japon, 2’8s41 (en séries, 2’7s75).

En séries, Fantine LESAFFRE, FRANCE, 2’8s27

LI, YANG, ZHANG, WANG : UN RELAIS CHINOIS AUX SONORITÉS D’ASTÉRIX CONTRE LES ROMAINS REMPORTE UN QUATRE FOIS DEUX ÉPIQUE

Éric LAHMY

Samedi 15 Décembre 2018

LI, YANG, ZHANG, WANG. Non, ce n’est pas un quartette d’interjections tirées d’une bande dessinée Marvel ou des aventures d’Obélix contre les sangliers avernes, mais les noms des quatre relayeuses qui ont donné le relais quatre fois 200 mètres dames à la Chine.

Pas une grosse surprise : à domicile, avec toutes ces jeunes nageuses talentueuses qui arrivent, les LI, les YANG, les ZHANG, et les WANG, etc., une connaissance accrue de la technique et de l’approche des compétitions et la capacité asiatique de s’impliquer dans une atmosphère de discipline militaire, ce succès n’a rien d’extraordinaire en soi.

Pendant une bonne dizaine d’années, les Chinoises ont beaucoup compté sur le dopage et il est certain que leurs championnes des années 1980-90, voire plus tard, ont décoré, après leurs illustres devancières allemandes de l’Est, tout un pan avili du sport.

Honte à leurs dirigeants, techniques et politiques, d’avoir joué avec la santé, la féminité, et la vie de leurs athlètes, pour leur notion répugnante de la gloire sportive; honte, aussi, à la FINA, dirigée par une phalange de douteux affairistes et qui, à plus d’un moment, aurait pu régler la question, mais préférait sauvegarder ses arrangements financiers avec les Chinois et les Russes (autres parfaits chenapans).

On aimerait que ce temps soit fini. L’équipe chinoise, il se pourrait bien qu’elle soit « propre », aujourd’hui, acceptons-en l’augure.

Ce relais fut fort disputé. Pour commencer, lancée par une Ariarne TITMUS décisive, l’Australie conserva l’avantage sur les futures gagnantes jusqu’aux 560 mètres, le temps pour Junxuan YANG et Yuan ZHANG, qu’elles récupèrent aux dépens de Minna ATHERTON et de Carla BUCHANAN les deux secondes un tiers que l’énorme TITMUS avait provisionné pour elles aux dépens de Bingjie LI.

Le passage de témoin, si j’ose dire, se passa avec tambours et trompettes, le peuple chinois rassemblé dans les tribunes faisant connaître sans complexes vers qui penchaient ses préférences et les autres équipes présentes dans les travées s’accordant à faire grimper les décibels.

PAUVRE HARKIN, ABBEY TOMBÉE DANS UN GUÉPIER

Après cela, le tour était joué, d’autant que les Chinoises avaient réservé le soin d’achever la tâche à Jianjiahe WANG, qui, si elle n’est pas vraiment une nageuse de 200 mètres, lui ressemble à s’y méprendre, et paraphait son parcours d’un solide 1’52s56. Pour l’Australie, la « quatre nageuse » Abbey HARKIN – plus connue ces derniers temps par les tourments que lui a fait subir la presse people australienne pour la pseudo part qu’on lui a attribuée dans la rupture entre Mitchell LARKIN et Emily SEEBOHM – , HARKIN donc trouvait de quoi se distraire de ces soucis dans le bassin d’HANGZHOU où non seulement Erika BROWN, pour les USA, lui reprit deux longueurs et lui rafla l’argent, mais Veronika ANDRUSENKO, pour la Russie échoua d’un quart de seconde de la déposséder du bronze.

Les USA, ici encore, comme la veille dans le même relais conjugué au masculin, ont perdu un titre pour n’avoir pas pu aligner leur plus forte équipe. Sauf le respect dû aux relayeuses chinoises, je crois qu’avec Katie LEDECKY et Simone MANUEL dans la bagarre, la tournure du relais eut été différente.

Mais, bien sûr, les absents ont toujours tort… et les Américains ont bien le droit de négliger ces mondiaux petit bassin, qui n’ont pas atteint l’audience des grands.     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RECORD DE FRANCE DU 1500 POUR DAMIEN JOLY, QUALIFIE COMME AUBRY POUR LA FINALE

Eric LAHMY

Samedi 15 Décembre 2018

Carrière que celle de Damien JOLY, avec ses hauts et ses bas, ses épiphanies (finale olympique à Rio) et ses descentes aux Enfers. Dire qu’on l’a cru perdu dans ses va-et-vient à la recherche du club ou d’une cellule qui lui offrirait un programme à la mesure de ses ambitions, est une évidence. Sur la distance la plus difficile du programme de natation, cela pouvait mener au désastre. Ou à la désertion, enfin, si on préfère, la retraite.

Ici, en petit bassin, il a amélioré la vieille marque nationale de Sébastien ROUAULT, 14’30s58, vieille de neuf ans et deux jours, et s’est qualifié, 2e, pour la finale du mondial d’Hangzhou. Ses 14’28s25 lui ont permis d’enlever sa série devant le champion olympique et du monde Gregorio PALTRINIERI, 14’28s97et de faire mieux que le Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, 14’28s90. Il ne le cède, au temps, que face aux 14’21s50 de Mykhailo ROMANCHUK, tandis que David AUBRY, notre crack de l’eau libre, s’est lui aussi magistralement qualifié, 6e, en 14’30s72… L’eau libre aide à sauver notre demi-fond !

PALTRINIERI détient le record du monde, 14’8s06.

 Damien JOLY, 14’28s25

50m, 27s04; 100m, 55s86 (28s82); 150m, 1’24s85 (28s99); 200m, 1’53s82 (28s97); 250m, 2’22s79 (28s97); 300m, 2’51s78 (28s99); 350m, 3’20s78 (29s00); 400m 3’49s58 (28s80); 450m, 4’18s28 (28s70); 500m, 4’47s22 (28s94); 550m, 5’16s05 (28s83); 600m, 5’45s07 (29s02); 650m, 6’14s03 (28s96); 700m, 6’43s06 (29s03); 750m, 7’12s03 (28s97); 800m, 7’40s91 (28s88); 850m, 8’10s19 (29s28); 900m, 8’39s30 (29s11); 950m, 9’08s40 (29s10); 1000m, 9’37s48 (29s08);  1050m, 10’06s54 (29s06); 1100m, 10’35s85 (29s31); 1150m, 11’5s15 (29s30); 1200m, 11’34s37 (29s22); 1250m, 12’03s62 (29s25); 1300m, 12’32s99 (29s37); 1350m, 13’2s32 (29s33); 1400m, 13’31s82 (29s50); 1450m, 14’0s95 (29s13); 1500m, 14’28s25 (27s30).

VAINQUEUR D’UN 4 FOIS 200 METRES À COUPER LE SOUFFLE, LE BRÉSIL REMPORTE LE RELAIS DES NATIONS

Éric LAHMY

Samedi 15 Décembre 2018

Donc le Brésil est champion du monde, à Hangzhou, de la course des nations.

On appelait le quatre fois 200 mètres nage libre la course des nations. Course séculaire, qui s’imposa d’entrée aux Jeux olympiques, et dont le palmarès concentre tout ce qu’il y a eu de plus grand dans ce sport. Johnny WEISSMULLER, Murray ROSE, Don SCHOLLANDER, Mark SPITZ, Michael PHELPS l’ont gagné.

Aujourd’hui, on en compte cinq, de relais, que leurs majestés de la FINA ont imposé, dans  leur grande sagesse, des quatre fois 50, des quatre fois100, libre ou quatre nages, et un quatre fois 100 mixte qu’on devrait présenter en vedette au Moulin Rouge.

Mais ils n’ont pas encore pensé à un relais avec des trucs en plumes, comme Zizi Jeanmaire. Ça manque.
Le quatre fois deux, pour ce qui me concerne, reste la course des nations. C’est une épreuve dans laquelle on ne peut tricher, il faut trouver quatre vrais nageurs, à la fois sprinteurs et stayers, rapides et durs au mal, pas faciles à fatiguer.

Ce titre, il n’a pas été une marche triomphale, pour les Brésiliens, car tout du long, le match fut âpre.

Les Américains lancèrent leur champion du monde individuel, Blake PIERONI (en 1’41s49), et celui-ci, à défaut de faire mieux, assura. En 1’41s85, il terminait son parcours en tête. Mais pour les Brésiliens, Luiz Altamir MELO, qui devait être déçu de sa 8e place de la course individuelle, mercredi, s’était pleinement retrouvé : ses 1’42s03, dix centièmes de mieux qu’en séries du 200m, deux jours plus tôt, n’avait guère cédé que 0s18 à Pieroni, et Fernando SCHEFFER eut tôt fait de prendre la tête de la course tandis que le Russe Mikhail VEKOVISHCHEV, partie en 4e position,  passait Ryan HELD (USA) et Jack GERRARD (Australie), ce dernier ayant démarré en 3e position grâce à l’excellent 1’42s24 au start d’Alexander GRAHAM pour les Dolphins. GRAHAM qui avait terminé 3e de la course individuelle trois jours plus tôt et qui rééditait son temps quasi à l’identique, 1’42s24 contre 1’42s28.

Le Brésil se trouvait en tête à mi-course mais rien n’était dit, la meute était rassemblée derrière et une jungle de bras véloces et de battements puissants, de virages agiles et de coulées frénétiques, de départs en bascule et d’arrivées furieuses, envahissaient l’espace d’une atmosphère électrique.

Le grand moment de la Chine arriva quand l’immense SUN Yang, qui n’avait disputé aucune course individuelle se lança en troisième position, et on pouvait imaginer que la nation la plus peuplée du monde le tirait et le poussait dans l’eau.

On pensera ce qu’on veut de SUN, il a été, peu ou prou, le meilleur nageur de la planète, depuis maintenant six ans, pendant sept saisons, et il montra encore hier, après tant de temps à trop nager et malgré les blessures et les douleurs, de beaux restes, reprenant une pleine longueur sur l’homme de tête et passant en première place à l’issue de son parcours.

Le Brésil, à ce moment, était repassé 3e, derrière la Chine et aussi la Russie, pour laquelle Ivan GIREV avait maintenu la 2e place. La chance des Brésiliens fut double. D’abord ils avaient mis pour finir l’un des finalistes de la course de mercredi, Breno Correia – il avait fini 5e en 1’42s36 -, ensuite ce garçon de dix-neuf ans, en pleine progression, déjà recordman brésilien du 200 mètres (1’47s94), signa un parcours exceptionnel, en 1’40s98, et parvint à reprendre in extremis un pourtant remarquable Alexandr KRASNYKH et à brûler la politesse du Chinois WANG Shun.

Il me frappe que, deux ans après des Jeux olympiques où leurs résultats les déçurent profondément, les nageurs brésiliens semblent avoir atteint une certaine plénitude. Ces succès retardés (même si, bien sûr, je ne prends par les courses d’Hangzhou pour des Jeux olympiques) témoignent peut-être de la longue durée nécessaire pour construire une équipe de natation de nos jours. Les Français, aujourd’hui, pourraient y trouver une raison d’espérer et de prendre patience…

…Les trois premières équipes battirent l’ancien record du monde, et les Américains, qui souffraient des absences d’un ou deux cadors qui lui auraient sauvé la mise (ainsi Townley HAAS, 1’43s78 en grand bassin cet été aux Pan Pacs, ou Andrew SELISKAR, retenu par les NCAA), les Américains donc se retrouvèrent hors podium.

MESSIEURS.- 4 x 200 mètres :

1 BRESIL,  6’46s81 record mondial; ancien record, RUSSIE, 6’49s04 le 16 décembre 2010

MELO Luiz Altamir, 22s95, 48s26, 1’14s67, 1’42s03 (2) 1’42s03

SCHEFFER Fernando, 22s92, 48s25, 1’14s39, 1’40s99 (1) 3’23s02

COELHO SANTOS Leonardo, 22s97, 48s98, 1’15s78, 1’42s81 (3) 5’5s83

CORREIA Breno, 22s90, 48s21, 1’14s21, 1’40s98 (1) 6’46s81

2 =RUSSIE, 6’46s84

MALYUTIN Martin, 23s73, 49s66, 1’15s87, 1’42s34 (4) 1’42s34

VEKOVISHCHEV Mikhail, 23s15, 48s72, 1’15s13, 1’41s57 (2) 3’23s91

GIREV Ivan, 22s95, 48s96, 1’15s25, 1’41s85 (2) 5’5s76

KRASNYKH Aleksandr, 23s28, 48s92, 1’15s05, 1’41s08 (2) 6’46s84

3 CHINE, 6’47s53

JI Xinjie, 23s38, 49s34, 1’16s13, 1’42s67 (6) 1’42s67

XU Jiayu, 22s86, 48s62, 1’14s99, 1’41s68 (3) 3’24s35

SUN Yang, 23s48, 49s30, 1’15s34, 1’41s25 (1) 5’5s60

WANG Shun, 23s25, 49s03, 1’15s57, 1’41s93 (3) 6’47s53

4 USA,  6’49s84

PIERONI Blake, 23s74, 49s64, 1’15s47, 1’41s85 (1) 1’41s85

HELD Ryan, 22s53, 48s19, 1’15s31, 1’43s05 (4) 3’24s90

HARTING Zach, 23s61, 50s30, 1’16s59, 1’42s92 (4) 5’7s82

GROTHE Zane, 23s24, 48s98, 1’15s70, 1’42s02 (4) 6’49s84

5 AUSTRALIE, 6’53s05; 6. ITALIE, 6’55s67; 7. Portugal, 6’58s26 ; 8. SUEDE, 6’59s35.