ANGZHOU : KATINKA HOSSZU ECRASE TOUT, LARA GRANGEON TALONNE FANTINE LESAFFRE

Eric LAHMY

Mardi 11 Décembre 2018

Fantine LESAFFRE, 4’27s74, et Lara GRANGEON, 4’27s91, ont joué à série fais-moi peur, qui se sont disputées ferme la victoire dans la 2e série du 400 mètres quatre nages dames et ont toutes deux passé l’Italienne Ilaria CUSINATO, 4’28s02, laquelle avait tenté déjà de causer quelques soucis à la première nommée aux championnats d’Europe de Glasgow. Ces séries ont vu, on s’en doute, un « survol » de Katinka HOSSZU, qui nage 4’23s59… En finale, il faut compter aussi avec l’Américaine Melanie MARGALIS, 4’29s14.

Sur 100 mètres dos, trois hommes ont cassé les 50 secondes, le Brésilien Guilhermo GUIDO, 49s57, l’Américain Ryan MURPHY, 49s72, et le Chinois WU Jiayu, 49s83, qui détient le record mondial avec 48s88. Le deuxième Américain, Matt GREVERS, suivait en 50s12, devant Robert GLINTA, Roumanie, 50s22, Mitchell LARKIN, Australie, qui devait revenir pour le 200 quatre nages, 50s27, Christian DIENER, Allemagne, 50s28, et Simone SABBIONI, Italie, 50s62. Ryosuke IRIE et Clément KOLESNIKOV (lequel, comme LARKIN, nagerait le 200 quatre nages) passaient en demi-finales avec les 9e et 10e temps, 50s73 et 50s76.

Le Japonais Daya SETO a nagé pas mal vite dans les séries du 200 mètres papillon des championnats du monde en petit bassin : en 1’49s88, pas très loin du record du monde, 1’48s56, établi au mondial 2014 par le Sud Africain Chad LE CLOS. Lequel a fini avec le 7e temps, 1’51s90, en gagnant la 3e série. LI Zuhao, Chine, 1’51s28, Luiz Altamir MELO, Brésil, 1’51s31, Alexandr KHARLANOV, Russie, 1’51s58, Zach HARTING, USA, 1’51s66, Antani IVANOV, Bulgarie, 1’51s81. Dernier qualifié, l’Australien Nick BROWN, 1’52s15.

Sur 50 mètres brasse dames, le meilleur temps est revenue à la Lituanienne Ruta MEILUTYTE, avec 29s56, à une seconde du record mondial d’Alia ATKINSON, 3e ex-aequo en 30s avec l’Italienne Martina CARRARO. Katie MEILI, USA, 29s94.

Thibaut CAPITAINE a fait 27e du 100 brasse messieurs (58s72). Kiril PRIGODA, le Russe qui a dominé la Coupe du monde, s’est contenté du 7e temps de qualification, 57s17, les séries ayant été dominées par le Biélorusse Ilya SHYMANOVICH, 56s47. Autres temps notables, Fabio SCOZZOLI, Italie, 56s94, Andrew WILSON, USA, 57s01, WANG Lizhuo, Chine, 57s03, Felipe LIMA, Brésil, 57s14. Le recordman du monde (55s61), Cameron VAN DER BURG, a signé le 9e temps, 57s39

Sur 100 mètres dos dames, Mathilde CINI, de justesse, était retenue pour les demi-finales, avec un temps de 58s16, 16e. La grande Américaine Olivia SMOLIGA, avec son temps de 55s47, record des USA à seulement 0s44 du record mondial de Katinka HOSSZU. Derrière, la plus rapide de ses concurrentes étaient à 1s6, et vingt filles, pas une de moins, se tenaient dans un écart équivalent. Parmi elles, les « noms » de la spécialité : Emily SEEBOHM, Australie, 57s08, Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s09, Kathleen BAKER, USA, 57s16, Minna ATHERTON, Australie, 57s17, Michelle COLEMAN, Suède, 57s21, ou la moins connue, Simona, KUBOVA, Tchèque, 57s13.

Le Chinois WANG Shun, 1’53s18, s’est qualifié en tête du 200 mètres quatre nages messieurs, qui s’annonce très serré, neuf hommes terminant dans une seconde. A noter les deux dossistes, Clément KOLESNIKOV et Mitchell LARKIN, qui se retrouvent et se classent dans ces séries respectivement 7e et 8e (1’53s63 et 1’53s69).

Onze équipes seulement disputaient le relais quatre fois 100 mètres féminin, mais les Américaines tinrent à montrer qu’elles tenaient la forme. Elles finirent nettement détachées, en 3’29s52, et Kelsi DAHLIA signa un brillant 51s25 lancé pour l’achever. Les Néerlandaises sans HEEMSKERK, étaient 2es , en 3’32s67.

Le quatre fois 100 messieurs voyait les Russes se qualifier en tête et en 3’5s16. Le meilleur temps au start était l’œuvre de Ryan HELD, pour les USA, 45s82 (devant Evgueny RYLOV, qui, pour la Russie, daignait nager sur le ventre en 46s09). Meilleur temps lancé, Bruno CORREIA, Brésil, 45s32.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MONDIAUX D’HANGZHOU : COMERFORD-TITMUS SUR 200 METRES, L’AFFAIRE S’ANNONCE CHAUDE

Lundi 11 Décembre 2018

L’Américaine Mallory COMERFORD a hérité de la première place qualificative du 200 mètres dames à l’issue des séries, aux championnats du monde de Hangzhou. Elle a battu par la même occasion le record US en petit bassin, qui appartenait à Missy Franklin, avec un temps de 1’52s52. Comerford a sauvé de peu la première place, l’Australienne Ariarne TITMUS, 1’52s66, lui reprenant un mètre dans le dernier 50 mètres. Les autres qualifiées étaient reléguées à distance respectueuse : Veronika ANDRUSENKO, Russie, 1’54s11, Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’54s16, Michelle COLEMAN, Suède, 1’54s22, Federica PELLEGRINI, Italie, 1’54s46, Jianjiahe WANG, Chine, 1’54s63 et Barbora SEEMANOVA, Tchéquie, 1’54s82.

MONDIAUX D’HANGZHOU: DAVID AUBRY 12e DES SERIES DU 400 METRES

DAVID AUBRY 12e DES SERIES DU 400 METRES

Mardi 11 Décembre 2018

David AUBRY a terminé 12e des séries du 400 mètres libre messieurs, première épreuve des championnats du monde en petit bassin. Il a nagé la distance en 3’42s62, à 2s26 du dernier qualifié. Les séries ont été dominées par Danas RAPSYS, Lituanie, qui nageait esseulé dans la 3e série en 3’36s65, nettement plus vite que les deux premiers de la 4e série, Henrik Christiansen, Norvège, 3’38s04, et Fernando Scheffer, Brésil, 3’39s10. Quatre autres nageurs nageaient (dans la 4e série) sous les 3’40s, Zane Grothe, USA, 3’39s73, Alexandre Krasnykh, Russie, et Martin Malyutin, Russie, ex-aequo en 3’39s96, et l’Italien Gabriele Detti, 3’39s89. Le Polonais Wojciech Wojdak, 3’40s36, était le dernier qualifié

POURQUOI I.S.L. A FINI QUAND MÊME PAR ATTAQUER

Éric LAHMY

Lundi 10 Décembre 2018

La lecture du réquisitoire rédigé par les plaignants de l’International Swimming League (I.S.L.) dans le procès qu’ils intentent à la Fédération Internationale de Natation (F.I.N.A.), devant la Cour du Northern District de California, permet d’apprendre certains détails des événements qui ont conduit au litige.

 On peut mieux comprendre en effet, en lisant le texte déposé par leurs avocats, qu’ISL, avant de projeter leur meeting italien, avaient essayé de le poser aux Etats-Unis, puis en Grande-Bretagne. Là, ses dirigeantss avaient pu tester l’entêtement de l’organisme mondial à vouloir les éliminer en jouant des règlements, ou en exigeant des sommes astronomiques et un contrôle total de l’opération projetée…

Il n’est pas indifférent qu’ISL, ait décidé d’attaquer en Californie, alors que sa cause jouissait d’une  jurisprudence prometteuse en Europe. Il n’est pas impossible que l’entreprise ait voulu se donner un avantage du terrain, en quelque sorte.

Cela peut signifier aussi qu’I.S.L. entend, à l’avenir, s’implanter prioritairement aux U.S.A., dans la continuité de son premier mouvement, qui avait été d’organiser son grand show sur le territoire des cinquante Etats. Un jugement qui lui serait favorable, issu d’une Cour de Californie, aurait plus de poids auprès de la fédération américaine, USA Swimming, que la décision d’une juridiction européenne.

On sait par ailleurs que le judiciaire est un vrai pouvoir aux Etats-Unis, qui ne craint pas de juger les systèmes les plus puissants, et que la distance qui va de San Francisco à Lausanne ne dérangera pas.

J’ai traduit quelques passages du réquisitoire d’ISL, en essayant d’éviter certains formalismes de la terminologie du droit :

« Le plaignant, International Swimming League, Ltd. (“ISL”), intente cette action contre la Fédération Internationale de Natation (FINA) afin de prévenir et d’interdire les claires violations des règlements anti-monopolistiques que provoque la façon illégale de la FINA de contrôler complètement, par des moyens illégaux, la promotion et l’organisation des compétitions internationales de natation, lit-on pour commencer.

« Par ses manœuvres, la FINA s’assure qu’elle et elle seule, peut déterminer à quel niveau les athlètes de la natation seront payés de leurs efforts.

« La FINA se désigne comme l’organe qui gouverne tous les sports aquatiques. En tant que gardienne du passage obligé conduisant aux événements aquatiques des Jeux olympiques, il ne fait pas de doute, ainsi qu’elle s’en vante dans son propre site Web, que la FINA « contrôle le développement » de la compétition, autant en natation et en plongeon.

« Ce procès a pour objet de connaître si le contrôle par la FINA des opportunités de nager – du moins celles exercées en-dehors des Jeux olympiques et des compétitions de la FINA – constitue une restriction illégale de la possibilité pour les nageurs – dont dépendent l’argent et le pouvoir de la FINA – de gagner ce qu’ils pourraient espérer dans un marché libéré de la main de fer de la Fédération internationale.

« Ce procès concerne également les actions de la FINA, qui, retranchée et dans la crainte de perdre un total contrôle des compétitions de natation lucratives,  exerce de façon illégale son influence dominante afin d’interdire à des organisations autres qu’elle-même d’accroître les opportunités de centaines de nageurs de classe mondiale et de leurs millions supporters à travers le monde.

« La FINA agit de façon à non seulement interdire aux compétiteurs d’entrer sur le marché de la promotion de compétitions internationales comme ISL en propose, mais aussi elle restreint les opportunités pour les commanditaires, sponsors, diffuseurs, et autres types d’agents d’affaires subordonnées, de bénéficier de l’accroissement du nombre de compétitions internationales de natation de haut niveau.

« Ce procès pose également la question de savoir si ces restrictions illégales et déraisonnables et le pouvoir renforcé de la FINA sur le marché a, de façon illégale, réduit la capacité des meilleurs nageurs du monde de jouir d’opportunités accrues d’exploiter les bénéfices de leur dur travail, plutôt que d’avoir à subir l’exploitation continue, contrôlée par la FINA, de leur valeur d’entraînement et de travail.

DERRIÈRE USA SWIMMING, BRITISH SWIMMING OU LA FEDERNUOTO, TOUJOURS L’OMBRE NÉFASTE ET MENAÇANTE DE LA FINA

 « Au début 2018, ISL s’inquiéta de mettre en place une compétition de niveau international sous la forme d’une compétition par équipes. Cette compétition, dans l’idéal, se tiendrait aux Etats-Unis d’Amérique, où vivent un grand nombre des meilleurs nageurs du monde.

« Au départ, ISL reçut un accueil enthousiaste d’USA Swimming, la fédération de natation des USA. Au printemps 2018, elle se mit donc à travailler en étroite collaboration avec ISL au projet de compétition qui, décida-t-on, se tiendrait en décembre 2018. ISL et USA Swimming envisagèrent quelques théâtres potentiels du dit spectacle, comme le Mandalay Bay Resort and Casino de Las Vegas, ou l’Université de Californie du Sud (USC), où se tinrent les épreuves de natation des Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984.

« Mais la FINA exerça des  pressions, à la suite de quoi USA Swimming se retira des négociations. Il ne fut plus question, tout à coup, d’organiser un tel meeting aux USA.

« ISL se mit donc à la recherche d’autres partenaires.

« Pour commencer, elle entra en relations avec British Swimming, dans l’idée d’organiser son événement à Londres. Mais, tout comme sa contrepartie américaine, British Swimming plia sous les pressions de la FINA et rompit toute collaboration avec ISL.

« Comme l’expliqua le responsable en chef des opérations d’USA Swimming (1), dans une lettre du 13 Juin 2018, la FINA « voit cet événement de décembre comme un défi. » De ce fait, USA Swimming ne pouvait prendre part à aucun plan d’ISL, même en tant que participant passif, jusqu’à ce qu’elle reçoive « une assurance écrite d’ISL et de la FINA précisant que la FINA est en accord avec le concept d’ISL et approuve ce concept, » et, pour résumer « qu’ISL puisse exister à côté de la FINA. »

« Finalement, ISL fit équipe avec la Fédération Italienne de Natation. Celle-ci avait précédemment travaillé avec le groupe Energy Standard, dont le président conduit ISL, à l’organisation des championnats juniors en 2017 et en avril 2018. La Fédération italienne donna son accord pour un événement fin décembre 2018 à Turin.

« En dépit de l’important travail d’organisation et des dépenses de ressources d’ISL et de la Fédération italienne de natation, et malgré le fait que des accords de participation furent obtenus avec 50 nageurs en provenance du monde entier, la FINA contraignit ses fédérations membres à participer à un effort ouvert de fermeture du Turin Event en menaçant les nageurs d’un bannissement de la FINA – ainsi des compétitions servant de qualifications aux Jeux olympiques de 2020. »

  • L’actuel responsable des opérations est Dan McAllen.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FRANCAIS EN LICE POUR LES MONDIAUX D’HANGZHOU

Dimanche 9 Décembre 2018

Que peuvent faire les Français aux mondiaux en petit bassin d’Hangzhou, en Chine,qui se tiennent du 11 au 16 décembre 2018 ? Plutôt que d’émettre des hypothèses, j’ai noté leurs places dans les listes de départ. A partir de là, à eux de jouer avec la grande incertitude du sport. E.L.

5 MEHDY METELLA

Sur 100 mètres papillon hommes, Mehdy METELLA, 49s71, se situe en 5e position derrière Chad le CLOS, Afrique du Sud, 49s22, Matteo RIVOLTA, Italie, 49s54, Takeshi KAWAMOTO, Japon, 49s60, et Zhuhao LI Chine, 49s64.

6 FANTINE LESAFFRE 

7 LARA GRANGEON

Au 400 mètres quatre nages, Fantine LESAFFRE est 6e temps d’engagement avec 4’30s89, loin de Katinka HOSSZU et de ses 4’21s91, mais pas hors de portée des suivantes de l’intimidante Magyare :  Catalina CORRO, Espagne, 4’28s26, Miho TAKAHASHI, Japon, 4’29s07, Ilaria CUSINATO, Italie, 4’29s36, Min ZHOU, Chine, 4’30s26. Lara GRANGEON se situe en 8e position, avec 4’31s21. A noter l’absence de la Japonaise Yui HOHASHI, qui a dominé Jeux asiatiques et PanPacifics l’été dernier.

6 FANTINE LESAFFRE

Au 200 mètres quatre nages, Fantine LESAFFRE est pointée en 6e position, avec dans l’ordre : Katinka HOSSZU, 2’4s13, Melanie MARGALIS, USA, 2’4s65, Emily SEEBOHM, 2’6s37, YE Shiwen, Chine, 2’7s09, Fantine LESAFFRE, 2’7s67.

7 MELANIE HENIQUE

Pas de Sara SJÖSTRÖM sur 50 mètres papillon, où Mélanie HENIQUE, 25s59, hérite du 7e temps d’engagement. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s51, précède sur le papier Kelsi DAHLIA, USA, 24s97. Suivent Maaike de WAARD, Pays-Bas, 25s24, Yufei ZHANG, Chine, 25s31, Rozaliya NASRETDINOVA, Russie, 25s37, Aliena SCHMIDTKE, Allemagne, 25s49.

8 DAMIEN JOLY

9 DAVID AUBRY

Sur 1500 mètres, Damien JOLY et David AUBRY, crédités de 14’34s47 et 14’34s71, se placent 8 et 9 sur les listes de départ. L’Ukrainien Mykhailo ROMANCHUK, 14’14s59, devance sur le papier le Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, 14’21s53, et l’Italien Gregorio PALTRINIERI, 14’22s93.

10 LARA GRANGEON

Lara GRANGEON se situe en 10e position sur avec 2’7s69. Le groupe de tête est constitué de l’inévitable Katinka HOSSZU, 2’2s86, la Chinoise Yufei ZHANG, 2’3s06 et l’Américaine Kelsi DAHLIA, 2’3s31.

15 MATHILDE CINI

Sur 50 mètres dos dames, Mathilde CINI, 26s47, est 15e engagée. Katinka HOSSZU et la Brésilienne Etiene MEDEIROS mènent le bas avec 25s95 devant Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 26s04, Emily SEEBOHM, 26s05, Alicia TCHORZ, Pologne, 26s09 et Ranomi KROMOWIDJOJO, 26s10.

16 DAVID AUBRY

David AUBRY, 16e engagé sur 400 mètres messieurs avec 3’42s96 ; le meilleur temps d’engagement, par Aleksandr KRASNYKH, 3’35s51. Il faudrait nager autour de 3’41s pour se rendre en finale (8e engagé 3’41s05).

18 MELANIE HENIQUE

Au 50 mètres libre dames, Mélanie HENIQUE, 24s63, est 18e engagée. Ranomi KROMOWIDJOJO est 1ere avec 22s93.

19 MATHILDE CINI

100 mètres dos : Mathilde CINI, avec 58s01, est engagée avec le 19e temps ex-aequo. Les gros bras, SEEBOHM, BAKER, TOUSSAINT, HOSSZU, se situe entre 55s81 et 56s09. Peu d’espoir de finale au-delà de 57s !

21 THIBAUT CAPITAINE

200 mètres brasse messieurs : Thibaut CAPITAINE, 2’7s84, est  21e. En tête, trois hommes sous les 2’2s : Kirill PRIGODA, Russie, 2’1s11, Marco KOCH, Allemagne, 2’1s52, Mikhail DORINOV, Russie, 2’1s85.

22.MEHDY METELLA

Avec 22s95 au 50 mètres papillon, Mehdy METELLA est 22e sur les listes de départ du 50 mètres papillon. A plus d’une seconde du Brésilien Nicholas ANTOS et de ses 21s75.

23. FANTINE LESAFFRE

Sur 200 mètres brasse, Fantine LESAFFRE, 2’24s90, est 23e engagée. Les listes de départ sont dominées par YE Siwen, la double championne olympique de 4 nages des Jeux de Londres, recyclée brasseuse, 2’18s39, et Jessica VAL, Espagne, 2’18s41.

26.THIBAUT CAPITAINE

Sur 100 brasse, Thibaut CAPITAINE dispose du 26e temps d’engagement, 58s62. En l’absence d’Adam PEATY, c’est le Russe Kiril PRIGOAD qui mène la danse avec 56s02. La finale pourra nécessiter un temps de 57s.

37.THIBAUT CAPITAINE

Thibaut CAPITAINE, 27s39 sur 50 brasse, est 37e engagé. Loin devant gros bagarre entre Fabio SCOZZOLI, Italie, 25s62 et Kiril PRIGODA, 25s68.

38.MEHDY METELLA

Sur 100 mètres nage libre messieurs, Mehdy METELLA, 48s09, est assez loin au chrono des 44s95 de Vladimir MOROZOV, mais aussi au classement, puisqu’il n’apparait qu’en 38e position.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ENTRAÎNER AU SEUIL OU POLARISER : (2) ENTRE NAGE LENTE ET HYPERFRÉQUENCE

Éric LAHMY

Dimanche 9 Décembre 2018 

L’une des caractéristiques de la thèse (comme : dissertation, travail universitaire) de Robin PLA est qu’elle contient une autre thèse (comme : hypothèse ou théorie), qu’elle emboîte comme s’il s’agissait de deux poupées russes. Son titre, anodin, « Les Limites de la Performance en Natation : Entre Facteurs Innés et Influences des Stratégies d’Entraînement », ne permet pas de saisir ce projet sous-jacent.

PLA défend en fait le retour en grâce d’une approche de l’entraînement en natation différente du travail « au seuil », qui semble être à l’honneur chez nos entraîneurs. Il milite pour un entraînement dit « polarisé ».

Le « seuil » revient à adopter des rythmes qui permettent d’évoluer à la limite de l’aérobie et de l’anaérobie. C’est la vitesse la plus élevée dans laquelle on ne produit qu’une part insignifiante d’acides lactiques. Cela donne un entraînement d’intensité à l’équilibre entre une allure d’endurance facile, et une allure désagréable à maintenir. » Au-delà, l’athlète entre dans le domaine de l’effort élevé, du sprint, du fractionné, de la VO2max et de la production d’acide lactique  et d’oxyde de carbone, …

L’entraînement au seuil a donné des résultats impressionnants dans les épreuves prolongés du ski de fond, du marathon, du demi-fond long en général, du cyclisme… de la natation.

En natation, la plupart des entraîneurs ajoutent au seuil 10 ou 11% d’efforts au-delà du seuil, dans la zone de l’effort intense, du sprint, du fractionné.

Ces dernières années, nous dit PLA, plusieurs athlètes et entraîneurs ont expérimenté avec succès une autre méthode. Elle s’appuie sur un très grand pourcentage d’efforts d’intensité inférieure au seuil aérobie-anaérobie. Une zone que le seuil avait négligée, estimant que le travail qui y est effectué, course ou nage lente, jogging, donnait des résultats insignifiants.

FACE AU TABOU : NAGER LENTEMENT, CELA DÉTRUIT-IL LA TECHNIQUE ?

Ce type de travail, dit polarisé, évacue en grande parte, et, parfois, presque totalement, le travail au seuil, et alterne donc des parcours résolument lents (pour 80% de la durée des séances) complétés par du travail de sprint, dans des proportions proches (10% environ) que celles qu’utilise la méthode du « seuil ».

PLA s’interroge sur le peu d’intérêt que les entraîneurs de natation porteraient au polarisé… mais nous en explique aussi les raisons.

« En natation, culturellement, un bon nombre d’entraîneurs apprécient de prescrire de telles séances [au seuil] afin d’améliorer le seuil lactique, écrit-il. Il est possible que le milieu aquatique, la position couchée du corps soient des éléments qui permettent au nageur de mieux réagir face à ce genre d’activités. » 

Mais la raison première pour laquelle les entraîneurs de natation privilégieraient le mouvement plus rapide effectué au « seuil » est technique : au seuil, le nageur atteint une pleine efficacité motrice. Travailler en nage lente serait destructeur de la technique. Par exemple, le nageur va ajouter à la phase glissée de son attaque de bras ou ne va pas respecter la coordination bras jambes. L’entraîneur affectionne, donc, que son nageur évolue au seuil pour construire cette technique, l’efficience motrice étant plus élevée dans la zone du seuil qui débouche sur l’effort anaérobie.

« L’efficience de nage importante qu’obtiennent les nageurs autour du seuil lactique est l’hypothèse principale permettant d’expliquer cette orientation de l’entraînement, insiste PLA. En course à pied, à l’inverse de la natation – l’efficience locomotrice semble être relativement stable à toutes les allures de course. »

ALAIN GOTTVALLES NAGEAIT-IL POLARISÉ ?

Or PLA croit cependant trouver, grâce à certaines mesures physiologiques – réalisées notamment au niveau du catabolisme, des raisons de croire que la polarisation a de l’avenir en natation, que l’entraînement axant sur le travail plus lent constitue une niche de progrès..

« Chez les sportifs en formation, les périodes caractérisées par des sessions de longue durée et de faible intensité provoquent des profondes adaptations au sein des muscles squelettiques incluant une augmentation du contenu mitochondrial et de la capacité respiratoire des fibres musculaires, » écrit-il (page 60).

Mais je pense pouvoir trouver des textes proclamant de mêmes effets obtenus par l’entraînement au seuil. Je me demande aussi, aujourd’hui que le travail à sec a sa place dans la préparation du nageur, si un tel développement ne peut se faire largement hors de l’eau (et je crois que plus d’un entraîneur y a pensé). Alors ?

Pour démontrer ses hypothèses, Robin PLAT va s’appuyer sur quelques expériences. Dans l’une d’entre elles, l’entraînement polarisé, estime-t-il, donne de meilleurs résultats que l’entraînement au seuil.

De quoi s’agit-il ? De 33 nageurs réduits ensuite à 22 et entraînés pendant 28 semaines.  La distribution de l’intensité pour les nageurs soumis à une préparation polarisée était de  81 (lent)-4(aérobie)-15(lactique) et pour ceux qui travaillaient au seuil de 65(lent)-25(seuil)-10(lactique).

Selon Robin PLA, « l’entraînement polarisé semble être une option supplémentaire pour les entraîneurs qui permet d’induire des gains en performance, sans laisser une fatigue importante. Il favorise le travail à haute intensité et la récupération. Ce constat vient contrecarrer les études observationnelles rapportant un entraînement orienté autour d’un fort travail réalisé autour du seuil anaérobie en natation. »

Cette expérience est-elle convaincante ? Dans certaines limites. Les deux groupes de nageurs ont eu ainsi droit à des temps d’affutage équivalents (3 à 5 jours). Ce qui est peu par rapport aux deux à trois semaines recommandées.  Un affutage court me parait avantager le type d’entraînement le moins fatigant.

Une question que je me pose, c’est : existe-t-il dans le concret de la vie quotidienne d’un club un entraînement qu’on puisse définir comme polarisé au sens strict du terme ?

Son nom mis à part, je ne sais d’ailleurs pas si l’entraînement « polarisé » est aussi neuf qu’il est dit. Je lui trouve, dans ses descriptions, un petit air de déjà vu, ou d’éternel retour. Et s’il y a du neuf, il se trouve sans doute dans des détails, ou des agencements. En course à pied, par exemple, la « méthode naturelle » de fartlek chère au Suédois Gosta OLANDER, qu’on a opposée à l’interval training, et dont Michel JAZY suivit à Volodalen les indications, se distinguait par ses jeux de courses à des rythmes variés, riches de parcours lents en forêt. 

Dans quelle mesure aussi, voici plus d’un demi-siècle, quand Lucien ZINS coachait Alain GOTTVALLES, le mélange d’efforts lents longs et courts intenses, échelonné dans des périodes stratégiques de l’année, ne se distribuait pas dans une proportion équivalente ?

ZINS me disait (avec un petit air étonné d’ailleurs) que le nageur devait « mariner » longtemps avant de réaliser de grandes performances. Mariner ne voulait pas dire : s’épuiser ! L’entraînement lui paraissait être un processus plus long qu’il n’eut pensé. Il exigeait cette longue patience que mettent en avant les grands entraîneurs d’aujourd’hui, d’Eddie REESE à Fabrice PELLERIN.

Deux choses me paraissent distinguer  les polarisés d’aujourd’hui et ceux qui, à l’époque, polarisaient comme monsieur Jourdain faisait de la prose – sans le savoir : le travail à sec (qui n’existait pas) et une belle différence dans le kilométrage parcouru. Je ne sais si GOTTVALLES aurait supporté, mentalement, les volumes de travail d’aujourd’hui… et ZINS accepté d’arpenter le bord du bassin huit heures par jour.

Richard MARTINEZ, le Directeur national de la natation, incite à la prudence. D’ailleurs, « pour les entraîneurs, ce n’est pas aussi tranché que ça, et il convient de prendre des précautions au sujet de savoir s’ils travaillent plus près du « seuil », ou du polarisé… même si j’encourage ce type de questions. »

Il est toujours intéressant, en effet, de réfléchir, parce qu’alors s’ouvrent des opportunités d’avancer.

Selon Philippe HELLARD, les entraîneurs panacheraient les méthodes : «  On trouve un faux polarisé, avec Marseille, où on nage 1.500 km par an, avec beaucoup de travail à sec, et en mêlant basse intensité et travail technique, et haute intensité. Le vrai polarisé, c’est Nice je crois, où ça nage 2500 à 3000 km par an, voire plus. On y trouve beaucoup de travail technique, et un travail progressif à haute intensité. Au seuil, il y a tous les autres, avec une palme à Philippe Lucas. C’est le travail qui semble convenir à l’eau libre. »

« Pour que le travail à basse intensité soit très bien fait il faut le coupler au travail technique, dit encore HELLARD, et Jacky BROCHEN semble rebondir sur ce propos, qui affirme avoir travaillé en polarisé depuis toujours, ou presque :

« Ce dont on ne se rend pas compte, c’est que la nage lente fatigue, explique-t-il. Quand je la faisais pratiquer à mes nageurs, ils commençaient par rigoler. Nager au rythme de 47 secondes par 50 mètres sur un 400 mètres, pour des gars qui pouvaient faire 15 secondes de mieux par longueur, c’était gentil, comme séance. Mais après quelques jours, ils s’apercevaient que la nage lente exige beaucoup de force dans l’eau. Et puis cela nécessite qu’on accomplisse de très longues distances. Donc cela travaille la force. En compensation, je leur faisais faire des parcours en hyper fréquence. 

D’ailleurs, je ne suis pas le seul, Guennadi TOURETSKY faisait beaucoup travailler Alexandr POPOV en lenteur. Est-ce que cela détruit la technique ? Non. Mais le nageur ne doit pas patiner. Il faut le surveiller, insister sur la coordination bras jambes, par exemple, parce qu’en effet, elle se perd dans ce genre d’exercices. »

Des coaches comme BROCHEN ou PELLERIN utilisent aussi énormément d’exercices dans l’eau, styles éducatifs (PELLERIN a sorti je crois dans le commerce deux DVD sur ses méthodes et des séries d’éducatifs. Il s’évade du quantitatif). J’imagine mal ces éducatifs effectués au seuil.

Alors, seuil ou polarisé ? Les deux, mon général ? Ce qui est bien, c’est que cet autre débat soit ouvert, et qu’une variable supplémentaire dans l’art de concocter des séances intéressantes et productives soit offerte aux entraîneurs désireux d’ouvrir des pistes nouvelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KATINKA HOSSZU, MICHAEL ANDREW ET TOM SHIELDS A L’ASSAUT DU MONSTRE FINA

Eric LAHMY

Samedi 8 Décembre 2018

Trois nageurs, Katinka HOSSZU, Michael ANDREW et Tom SHIELDS, ont déposé plainte contre la FINA qu’ils accusent de violer les lois anti-monopole américaines, peut-on lire dans SwimSwam sous la signature de Braden KEITH. Leur plainte, conjointe à celle, équivalente, d’International Swimming League, a été déposée en leurs noms par les cabinets juridiques Farella Braun & Martel (celui utilisé par ISL) et Lieff Cabraser Heimann & Bernstein. L’intéressant de l’affaire, outre le fait de voir des nageurs se décider à l’action contre une fédération internationale despotique, est que Katinka HOSSZU et Michael ANDREW vont nager aux championnats mondiaux FINA en petit bassin d’Hangzhou, en Chine.

On n’ose imaginer leurs tendres retrouvailles au bord du bassin avec les caciques de la FINA, Cornel Marculescu et le président Maglione en têtes de gondoles, voire en têtes à claques.

L’action en justice se réfère à un précédent, le procès intenté voici des années en Europe contre la fédération internationale de patinage, laquelle avait été condamnée pour des actions équivalentes à celles de la FINA. La loi Shermann, rappelle Braden KEITH visait le monopole pétrolier qui aboutit à la rupture de ce monopole entre Standard Oil et AT&T. L’histoire rappelle également qu’elle n’est pas toute puissante et qu’il ne suffit pas de l’invoquer pour gagner. Il n’empêche.

Les plaignants réclament entre autres des dommages-intérêts pour eux-mêmes et pour les « class members » (membres du groupe lésé, dont ils font partie), « qui pourrait inclure des dizaines de nageurs professionnels du monde entier qui ont contracté (avec ISL). « Si le principe de class est accepté, il ne se limiterait pas aux seuls Américains, même si le procès se déroule aux USA ». Selon l’information parvenue aux media, le procès a été intenté quand la FINA a demandé une somme de 50 millions de dollars pour approuver les projets d’ISL.

« Peu de nageurs parviennent à vivre de la natation quand la FINA fait un malheur, a déclaré Michael ANDREW, le champion du monde 2016 du 100 mètres quatre nages qui, en 2013, est devenu le plus jeune nageur professionnel de l’histoire.

Katinka HOSSZU, qui pour sa part, avait montré sa combativité en créant le premier syndicat de nageurs, et monte aujourd’hui une nouvelle fois au créneau, apportera, au moins dans la natation, sa crédibilité de triple championne olympique, de (vingt fois) championne du monde et de (29 fois) championne d’Europe.

« La FINA a ramené le sport au Moyen Âge en bloquant ainsi la demande d’ISL, a déclaré pour sa Thomas (Tom) SHIELDS, un champion du monde en petit bassin, et champion olympique de relais (en séries) Nous n’avons jamais été aussi près de voir ce rêve (d’une ligue professionnelle de natation) devenir réalité. Ce rêve est interdit pas la FINA. » SHIELDS est le premier plaignant, celui dont le nom apparait dans le procès en « class action »… qui pourrait coûter assez cher à la FINA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I.S.L. CONTRE LA F.I.N.A., C’EST PARTI

Eric LAHMY

Samedi 8 Décembre 2018

La Fédération Internationale de Natation (FINA) n’a plus de soucis à se faire. Le sort de l’entité dirigeant la natation mondiale se trouve avoir été questionné devant l’United States District Court Northern District of California, dans un acte de 44 pages déposé par le cabinet d’avocats californien Farella Braun et Martell LLP.

Il s’agit d’un procès intenté par la toute jeune International Swimming League contre la centenaire institution lausannoise qu’elle accuse d’avoir violé la loi SHERMAN et contredit le droit commun.

La loi Shermann (1890) est en résumé un acte juridique fondamental américain de « protection des échanges et du commerce contre les restrictions illégales et contre les monopoles. »

Pour l’instant, la procédure a pris la forme d’un document de quarante quatre pages qui dénoncent (et espère-t-on annoncent la fin d’) un monopole qui devenait insupportable et risquent de gâcher un peu les championnats du monde en petit bassin de Hangzhou, pour nos sympathiques Pieds Nickelés de Lausanne, Cornel MARCULESCU et Cesar MAGLIONE.

Le document entier se trouve à l’adresse électronique suivante :

https://isl.global/wp-content/uploads/complaint-for-violations-of-the-sherman-act.pdf

Après avoir expliqué que le pouvoir de la FINA dérive de la structure des olympiades modernes ; puis démontré que l’institution utilise sa domination du marché pour en retirer des avantages et en jouir, et garde largement pour elle seule les revenus substantiels que produisent  les efforts des meilleurs nageurs du monde; le document présente l’International Swimming League, les requérants dénoncent un « collusion illégale de la FINA » visant à « restreindre la compétition de façon déraisonnable ».

La Ligue présente ensuite le cœur du litige, et brosse à grands traits les événements de l’été ; elle expose le fait que ses « idées innovatrices » ont été ressenties comme des « menaces vis-à-vis de la domination de la FINA », puis que la FINA a menacé ses fédérations membres désireuses de coopérer avec ISL.

ISL argue ensuite que la FINA lui a offert de ne plus s’opposer aux efforts promotionnels d’ISL en échange du versement d’une somme de 50 millions de dollars, et a travaillé concurremment à saper les efforts promotionnels d’ISL.

Enfin, ISL et la Fédération italienne ayant décidé d’organiser conjointement avec la ville de Turin une compétition fin décembre 2018 à Turin réunissant la crème de la natation mondiale, la FINA a menacé les nageurs qui avaient répondu aux appels des organisateurs et appelé les fédérations nationales à boycotter l’événement de Turin, toutes manoeuvres qui ont amené les organisateurs à annuler leur événement.

En conséquence de quoi, les requérants estiment que la FINA a illégalement monopsonisé (1) ou tenté de monopsoniser le marché des services des nageurs d’élite ; suivent en trois points les violations de la loi Shermann Act par la Fédération Internationale, dont une « interférence tortueuse avec des relations économiques potentielles. » 

(1). Se dit d’une structure de marché dans laquelle un seul acheteur contrôle substantiellement le marché en tant qu’acheteur principal de biens et de services offert par plusieurs vendeurs potentiels. Si un fabricant monopolise, un acheteur « monopsonise ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ENTRAINER AU SEUIL OU POLARISER: (1) MITOCHONDRIE ET MYTHE OLYMPIQUE

Eric LAHMY

« Les Limites de la Performance en Natation : Entre Facteurs Innés et Influences des Stratégies d’Entraînement ». Tel est le titre que Robin Plat, chercheur français de 27 ans, conseiller technique à la Fédération Française de Natation, a donné à la thèse qu’il vient de passer, sans trop de mal, me semble-t-il, ce qui ne l’a pas empêché, le lendemain, d’assister au concert de Paul McCartney à La Défense.

Et quoi de plus approprié, n’est-il pas, vrai, le lendemain de sa soutenance, que d’entendre chanter « Yesterday » ?

Si ce n’est pas la thèse de PLA qui a inspiré l’ex-chanteur et guitariste des Beatles, en revanche, ce travail va pas mal interroger – si ce n’est déjà fait – la communauté des entraîneurs de natation, et poser LA question qui les obsède : To Morrow ?

« Il s’agit, s’enorgueillit Philippe HELLARD, qui a dirigé le service recherche de la Fédération Française de Natation entre 1998 et 2016, de « la cinquième thèse pilotée par le service après celles de Marc Elipot en 2009 sur les coulées sous marines, de Frédéric Puel en 2010 sur les virages en natation, de Djamel Benarab sur le développement de méthodes vidéos informatiques d’analyses de courses, de David Simbana sur l’analyse de la variabilité technique en compétition. »

LE MYSTÈRE DE LA NATATION, POURQUOI TOUS CES KILOMÈTRES ?

Plonger dans les « Limites de la Performance » n’est pas une affaire sans risques.

Pour un journaliste dont la fonction pourrait être de décrire en termes de miracles le passage (en tête) de Yannick Agnel aux 150 mètres d’un 200 mètres olympique ou mondial qu’il va bien entendu enlever, il peut être difficile en effet, d’entrer (et surtout de ne pas en ressortir avant la dernière page) dans un travail d’ambition scientifique, bardé de sigles techniques, parfois compliqué, et d’essayer de le décrire, de s’interroger sur son bien fondé, sur sa portée, ses limites et sur ce que pourront être ses apports pour les entraîneurs auxquels il s’adresse – au-delà du jury réuni pour l’occasion et qui lui attribue sa note un 27 novembre 2018…

Dans son travail, Robin pose l’éternel « mystère » de son sport, sous forme d’une interrogation  non dénuée d’angoisse : « Tous ces kilomètres dans l’eau pour nager moins de trois minutes en compétition ! »

PLA, bien sûr, qui connait par cœur ses filières énergétiques, pose la question en termes plus élaborés : « pourquoi prépare-t-on l’effort de la compétition, qui est aux deux-tiers anaérobie, par une année à ne nager que seulement 10% en anaérobie. »

Question disons-le tout de suite, on ne peut moins originale. Mais tellement fondamentale, tellement centrale dans la vie du nageur (et de l’entraîneur donc) qu’elle n’en a pas perdu son caractère urticant : « tout ça pour ça ??? » Seize mille kilomètres parcourus en quatre ans pour un 200 papillon en 2’6s et gagner de trois centièmes aux Jeux de Rio ??? N’y a-t-il pas là de quoi hurler ?

L’amusant, c’est que la rédaction d’une thèse exige une obstination équivalente à celle du nageur. A l’arrivée, cela lui donne un côté recension, parfois difficile à avaler ; la thèse cherche à s’établir dans la constellation, ce qui lui donne un aspect « résumé des chapitres précédents ». Une sorte de parcours obligé de sinon tout ce qui a été mené comme travaux sur la question, du moins ce que l’auteur juge indispensable à la compréhension du sujet !

Cette exhaustivité n’est pas inintéressante pour le lecteur, qui a l’impression de réviser ses classiques, et de multiplier les points de vue. Mais il convient de s’accrocher.

COACHES À LA POURSUITE DE L’INSAISISSABLE QUALITÉ

L’originalité de PLA qui a mené son travail sous les trois étendards de l’Université Paris-Descartes, de la Fédération française de natation et de l’INSEP, vient de ce que, étiqueté chercheur, entraîner l’attire. Il a pas mal publié, seul ou en association avec des chercheurs type Philippe HELLARD ou des coachs, telle Magali MERINO.

Dans une saine logique, PLA se pose d’abord la question des « caractéristiques des meilleurs nageurs mondiaux ». D’abord, parler des acteurs !

Examinant la courbe de progression de la natation au niveau mondial, PLAT estime que l’on approche les limites des possibilités humaines. Les raisons qu’il évoque pour émettre ce diagnostic ? Le ralentissement de la production de records et le tassement des valeurs, démontré par certaines courses olympiques où l’on se départage au centième de seconde. Ainsi à Rio où Florent MANAUDOU est devancé d’un centième sur 50 mètres libre, et où, sur 200 mètres papillon, 0s03 séparent BELMONTE de GROVES (1).

Comme d’un autre côté on ne peut plus augmenter à l’infini les charges d’entraînement, devenues énormes parce que la natation traumatise beaucoup moins que les autres sports, c’est dans une recherche de qualité qu’il convient de s’orienter. L’idée n’est pas si nouvelle, les entraîneurs de sprinteurs américains ou Guennadi TOURETSKY, pour ne citer qu’eux, se la posaient, et y répondaient avec talent, voici un quart de siècle (lisez à ce sujet les passages qui s’y rapportent dans « Nager dans le Vrai », le livre de Alexandr POPOV et Alain COLTIER).

Près du nageur et de l’entraîneur, dans cette recherche « qualitative », se place le scientifique (ou plutôt les scientifiques ; Fred VERGNOUX, coach de Mireia BELMONTE et de la natation espagnole, explique qu’il utilise de façon suivie ou ponctuelle les apports d’une dizaine de spécialistes de disciplines diverses).

PLA évoque ensuite la question de la taille du nageur et met en lumière un savoir qui parait bien établi aujourd’hui : la taille favorise la performance en natation.

Vers 1970, Raymond Thomas avait émis une hypothèse sur la morphologie du sportif. Le sport qui avantageait les grands, expliquait-il, avait tendance à réunir des éléments de plus en plus grands, le basket en étant l’exemple extrême, et celui qui avantageait les petits (gymnastique) des acteurs de plus en plus petits. Il avait appelé ce phénomène « extrémisation ».

Après les Jeux olympiques de 1976, j’avais produit dans L’Equipe une bête statistique qui montrait une relation arithmétique entre la distance parcourue et la taille chez les crawleurs. Les plus grands étaient les huit nageurs de la finale olympique du 200 masculin mesuraient en moyenne 1,93m ; le 100 mètres était un peu moins grand, avec 1,90m ou 1,91m, le 400 mètres, si mes souvenirs sont bons, 1,84m, le 1500m plafonnait à 1,78m. Il y avait en outre une relation à creuser entre la durée de l’effort et le gabarit (2)…

Diverses études ont affiné ces constatations brutes, et depuis, les nageurs ont beaucoup grandi. L’extrêmisation a joué, Brian Goodell, champion olympique du 1500 de Montréal, mesurait 1,73m, et Sun Yang, recordman du monde actuel, 2 mètres.

PLA recense plusieurs études sur la relation entre la performance et divers détails morphologiques. Il rappelle que les femmes atteignent leur plénitude athlétique deux ans avant les hommes et les sprinters deux ans après les nageurs de demi-fond (d’où la tendance des meilleurs nageurs de passer du long au court et rarement du court au long) (3).

Ayant posé la question du kilométrage, soyons clair : Robin PLA n’y répondra pas. (D’ailleurs, tout porte à croire qu’elle a un côté insoluble.) En fait, il va questionner non pas le volume mais la façon de le faire. Ce qui va l’amener à, plus ou moins, remettre en question la méthode d’entraînement qui tiendrait le haut du pavé en natation, l’entraînement « au seuil », au profit d’une autre méthode, qui connait quelques succès de mode dans le ski de fond, le cyclisme, l’athlétisme et autres sports de course terrestres, et qui a été baptisée « entraînement polarisé ». Je vais tenter dans un second article de mesurer l’enjeu et d’exposer la façon dont PLA voit les choses.

(à suivre)

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(1). Les tailles des sportifs données dans Sports Reference (qui est par ailleurs une mine magnifique de renseignements) et reprises partout sont parfois fantaisistes : Jim MONTGOMERY se voit attribuer 1,90m alors qu’il mesurait 2 mètres et John NABER 1,98m alors qu’il était plus près du 1,90m : un beau matin, nous nous trouvâmes seuls, NABER et moi, devant Le Joueur de Luth du Caravage au musée de l’Ermitage, à Saint Petersbourg, et je fus étonné de noter que ce supposé « double mètre » était un peu plus grand que moi (1,85m).

(2). Je suis de cet avis. D’aucuns pensent le contraire (comme Marc BEGOTTI, qui l’a exprimé dans ce blog). Je crois qu’une partie non négligeable des progrès ces dernières années provient d’évolutions « non nagées » comme les matériels de départ (backstroke start wedge) et les virages en dos, ou les coulées de virages en brasse.

(3). L’eau libre a illustré un phénomène qui est le passage du long au très long, avec les exemples d’Oussama MELLOULI, champion olympique du 1500 mètres en 2008 et du 10 kilomètres en 2012, et en France de Damien CATTIN-VIDAL, d’Aurélie MULLER et de Lara GRANGEON. De façon intéressante, la démarche contraire est illustré aujourd’hui par David AUBRY tandis que Lara GRANGEON affectionne le va-et-vient, partie des quatre nages, montée vers le marathon retournée au 1500 mètres !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FANTINE LESAFFRE ET MEHDY METELLA AUX MONDIAUX D’HANGZHOU

Eric LAHMY

Lundi 4 Décembre 2018

Huit nageurs français participeront aux championnats du monde 2018, petit bassin, qui se tiendront à Hangzhou, en Chine, du mardi 11 au dimanche 16 décembre. Charlotte BONNET, qui avait réalisé les temps de qualification, a décliné la sélection. Elle n’estime pas être au niveau de forme qui lui permettrait de jouer la victoire, qui seule, l’intéresserait, ce dont on ne peut lui faire grief. Compte tenu de son niveau (de championne d’Europe) et de ses objectifs, il ne lui parait pas intéressant d’effectuer un tel déplacement qui la ferait minimiser par la même occasion sa préparation à Nice pour moins qu’une chance de médaille.

L’autre championne d’Europe française de Glasgow, l’été dernier, la « quatre nageuse » Fantine LESAFFRE, sera du voyage. Elle a beaucoup moins d’expérience internationale que Bonnet et après ses exploits de l’été sera suivie avec intérêt en face des meilleures extra-européennes actuelles, et aussi du défi que représente le retour de Katinka HOSSZU à son top niveau.

Il est assez difficile de mesurer les chances des autres nageurs, en fonction des adversaires qu’ils trouveront à Hangzhou. Si près d’un millier de nageurs se trouveront sur place, un grand nombre d’entre eux se déplaceront sur les (largement démagogiques) quatre invités de la FINA par nation et ne représenteront pas de valables adversaires. Cependant, Mehdy METELLA, qui a nagé le week-end passé à Grenoble en papillon, et réalisé 50s04 au 100 mètres papillon et 23s01 au 50 papillon, aura une chance de se placer. A suivre aussi Mélanie HENIQUE, autre sélectionnée pour la Chine et qui a également nagé à Grenoble (24s44 au 50 libre et 25s43 au 50 papillon).

Les autres nageurs : Mathilde CINI, de Valence Triathlon, Lara GRANGEON, CN Calédoniens, David AUBRY (qui est le benjamin de cette équipe) et Damien JOLY, tous deux du Montpellier Métropole, Thibaut CAPITAINE, de Cergy Pontoise. AUBRY et GRANGEON, selon un scénario intéressant et qui va sans doute se reproduire, passent la frontière de l’eau libre pour venir se frotter au bassin de 25 mètres : bonjour les virages !

L’équipe est emmenée par Olivier NICOLAS, se compose également des deux entraîneurs Julien JACQUIER et Franck ESPOSITO, du docteur Sébastien Le GARREC et de deux kinés, Christophe COZZOLINO et Paul RUELLAN.