L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PEUT-ELLE METTRE FIN AU MONOPOLE DE LA FINA ? (4)

KONSTANTIN GRIGORISHIN: « LE CHIFFRE D’AFFAIRES DU SPECTACLE DE LA NATATION POURRAIT SE MONTER À UN MILLIARD PAR AN – DONT LA MOITIÉ IRAIT AUX ACTEURS »

Éric LAHMY

Mercredi 29 Novembre 2018

On a vu précédemment qu’à condition de le vouloir et de s’atteler à cette tâche, l’International Swimming League pouvait mettre fin au monopole de la FINA sur les compétitions internationales en raison du caractère illégal de cet accaparement.

Pourquoi les champions qui ont été contactés par l’International Swimming League ont-ils répondu en nombre, avec un enthousiasme très clairement exprimé pour certains d’entre eux, et pourquoi s’apprêtaient-ils à venir à Turin – certains d’entre eux, et non des moindres, Katie Ledecky ou Adam Peaty par exemple, n’ayant pas daigné se présenter aux championnats du monde en petit bassin de la FINA ?

On imagine qu’ils ont été séduits par la présentation qui leur a été faite par Konstantin GRIGORISHIN, grand patron et « bras financier » de l’opération, ou ses représentants.

Mr GRIGORISHIN est un homme pour le moins intrigant. Homme d’affaires influent, ayant évolué pendant une vingtaine d’années en Russie avant d’obtenir la nationalité ukrainienne à 51 ans en 2016 alors que la situation politique entre ces deux pays est tendue.

On lui prête de puissants amis (on ne prête qu’aux riches), avec lesquels il a pris ses distances, et il y a gagné la réputation de ne pas épargner de ses critiques les cercles du pouvoir, en raison de la corruption qui y règne, et qui, dit-il, empêche l’Ukraine de se développer. Son entreprise, Energy Standard, détient plusieurs usines d’équipement électrique.

Clairement, Mr GRIGORISHIN est à la fois un intellectuel et un sportif. Doté d’un physique solide et qu’on devine athlétiquement entretenu, ce diplômé en ingénierie physique d’une grande école de Moscou, est également doté d’une intelligence mathématique solide, et s’intéresse, dit-on, à l’astronomie et la cosmologie.

Son mode de vie est simple – presque ascétique, si on le compare à ses pairs. Sa fortune, évaluée entre 950 millions et 1,1 milliard, dont un tiers en œuvres d’art, en fait le 6e homme le plus riche d’Ukraine (et le 1638e du monde).

Si vous allez sur le site de l’International Swimming League, vous pouvez suivre deux de ses exposés, en russe, sous-titré anglais. Intelligent, subtil, il égrène ses convictions avec une sorte d’ironique tranquillité et ses analyses, remarquables, sont difficiles à prendre en défaut.

Cette intervention:

Konstantin Grigorishin on the proposed revenue distribution model at the ISL.

Konstantin Grigorishin on the proposed revenue distribution model at the ISL(part 2).

Publiée par International Swimming League sur Vendredi 31 août 2018

Dans mon précédent article, j’avais largement cité l’un de ses énoncés. Dans un autre développement, d’un peu moins de quinze minutes, il explique sa conception du « partage des revenus » dans les meetings qu’il propose de la Ligue.

En voici les grandes lignes, telles que je me suis efforcé de les résumer :

« On n’a pas besoin de réinventer la roue, explique Mr. Grigorishin. On s’aligne sur la pratique des ligues sportives professionnelles américaines et sur certains autres sports commercialisés qui voient le sport comme un business.

« Les principes de distribution [qu’empruntent ces différentes structures] sont très proches. En gros, 50% des revenus vont aux athlètes, en fonction des performances réalisées et de la valeur du marché des droits des media qu’ils représentent. »

« Toujours approximativement, les autres 50% s’en vont aux organisateurs : la ligue et les clubs. [Dans le monde du sport professionnel], on distingue quelques variations dans les modalités de paiement. Dans le football professionnel, les joueurs reçoivent leur argent des clubs, et n’ont pas de contacts directs avec l’UEFA ou la FIFA. Les clubs et les équipes nationales sont les bénéficiaires, et paient les joueurs. Dans les ligues américaines, les gains sont également distribués par les clubs, avec quelques restrictions non négligeables, qui sont en fait les limites – minimum et maximum – des « salary caps ». Sans aller dans le détail – il est clair que le champion touchera plus que le finaliste – le principe fondamental st de réserver 50% du paiement à l’athlète. »

C’est ce principe qu’on suivra à l’International Swimming League. Entre 20 et 30% du revenu total constitueront un fond de primes et bonifications, et de 15 à 20% le fonds salarial. En outre, de 15 à 20% des revenus seront distribués aux clubs, chose que je mentionne parce que nous envisageons pour les clubs un pourcentage progressif (en fait régressif) : plus les revenus générés par ISL augmenteront, plus faible sera le pourcentage des clubs (tout cela est encore en discussion).

« Mais le principe reste que les gains des athlètes seront fixes et ceux des clubs seront dégressifs. En effet, nous estimons que les organisateurs de la Ligue doivent être gratifiés s’ils font plus d’efforts pour faire monter les revenus.

« Mais de toute façon, plus le revenu s’élèvera, plus les clubs toucheront, grâce aux contrats de sponsoring direct, et cela fait sens pour nous. L’essentiel, c’est que 50% ira aux athlètes comme dans les autres ligues professionnelles, partiellement par le club qui salarie, partiellement sous formes de primes reliées à la performance – performance individuelle et performance de l’équipe. L’équipe qui domine le classement à la fin de la saison reçoit une prime maximum.

« Cela dit, le système peut varier : dans la Ligue des champions de l’UEFA, 60% des revenus sont distribués au prorata de la performance et 40% répondent à la valeur du marché des droits des media que le club représente. Grossièrement parlant, si la valeur des droits media d’un marché particulier fait 50% de l’ensemble des droits média, les clubs qui représentent ce marché seront assurés de recevoir 50% des 40% affectés au paiement des droits des media.

Ce fonctionnement permet d’expliquer pourquoi dans la Champion’s League, ces dernières années, le club vainqueur ne touchait pas le plus d’argent. Ces quatre ou cinq dernières années, le champion a été Madrid, mais le club anglais touchait plus, qu’il soit finaliste, demi-finaliste, voire quart-finaliste parce que dans la Champions’ League, en termes de parts de marché, le Royaume Uni devance l’Espagne, ce qui permet aux clubs britanniques de recevoir des paiements plus élevés…

« De même, la Juventus a touché plus que Madrid non pas parce que les parts du marché italien sont plus importants que ceux de l’Espagne, mais parce que trois ou quatre clubs espagnols se partagent leurs parts de marché alors que la Juve, seul club italien, recevait toute la part de l’Italie.

«  Combien d’argent pourrons-nous faire avec l’ISL ? 300 millions de personnes nagent dans le monde, mais sur une base de cent millions susceptibles de nous suivre –c’est notre ambition d’y parvenir), le revenu d’ISL ne pourra pas être inférieur à un milliard. Ce qui vous donne une claire idée de ce que chacun des 300 à 350 nageurs liés à l’ISL pourront recevoir. En moyenne, un nageur devra toucher un million, et ce n’est pas une projection tirée par les cheveux. Des nageurs actuellement en activité pourraient pouvoir atteindre ces chiffres de gains, chiffres que nous projetons de rejoindre d’ici quatre ou cinq ans.

« Alors, qu’est-ce qui nous retient ? L’inertie qui gouverne les esprits et la résistance des fédérations internationales, plus spécialement la FINA en raison de leurs conceptions conservatrices, et, il est possible, un certain degré de malveillance, une chose que je ne veux même pas imaginer. »  

On peut croire ou ne pas croire qu’Energy Standard parviendra à ses buts – ou que la natation professionnelle peut dégager de tels chiffres d’affaires et de gains pour ses exposants. Si cela est, alors une possibilité de professionnalisme pourra être entrevue en natation.

Ce que le système dominé par la FINA ne permet pas.

Mais le pire (ou le meilleur) n’est pas que les nageurs ont été séduits par les propositions d’Energy Standard et de Mr GRIGORISHIN. Le pire ou le meilleur serait qu’ils aient pris conscience de l’avarice sordide de la FINA, qui développe depuis des lustres des tournois millionnaires et, tout en feignant de promouvoir la natation professionnelle, se garde bien de distribuer aux acteurs de ses spectacles plus que les miettes du festin.

POUR HILDA, LES INSTANCES SPORTIVES INTERNATIONALES NE FONT PAS LEUR BOULOT

« LES CONTRÔLES DE DOPAGE FRÔLENT PARFOIS LA PLAISANTERIE »

Éric LAHMY

28 Novembre 2018

Hrafnhildur Lúthersdóttir, vous connaissez ? Bon, son nom est un peu compliqué à orthographier; et à prononcer, je ne vous dis pas. Aussi comprend-on que ses potes l’appellent Hilda. Mais ça ne l’a pas empêché d’être une sacrément bonne nageuse islandaise. Elle est née à Hafnarfjordur, 3e ville du pays (et un autre défi pour un larynx made in France). Elle a étudié à Gainesville, en Floride, nagé avec les Florida Gators et ramené quelques trophées des NCAA. Spécialiste de la brasse, elle a été 6e en finale du 100 mètres brasse des Jeux olympiques de Rio, en 2016 et pas mal médaillée de championnats d’Europe.

Ses exploits l’ont rendue célèbre dans son île, dont la population avoisine celle de Toulouse, ce qui lui a valu d’être présentée à la clôture des Jeux olympiques, porte-drapeau de l’Islande.

Elle est aussi diplômée en criminologie, Hilda, et on l’imagine, nouvelle Kyra Sedgwick dans un Closer arctique, interrogeant cet ours polaire soupçonné d’avoir assassiné une famille de macareux : « que faisiez-vous dans la nuit du 27 octobre au 19 février ? »

Tout cela pour dire qu’on ne peut pas trop lui en conter, à Hrafnhildur ; et peut-être parce qu’elle a arrêté sa carrière de nageuse, elle peut balancer plus librement sur les mœurs des dirigeants de son sport. Enfin, balancer, c’est beaucoup dire. Mais ils ne l’ont pas trop impressionnée. « Je me souviens d’avoir été choquée, j’étais aux championnats d’Europe de Londres, en 2016 ; j’ai nagé à onze reprises, neuf fois en brasse et deux fois en relais, et enlevé trois médailles, et pas une fois je n’ai été contrôlée », a-t-elle raconté à Insidethegames, propos repris par le chroniqueur italien Stefano ARCOBELLI Je notais aussi que le centre de tests de dopage était rarement fréquenté. C’était quelque chose d’isolé, j’espère, parce qu’heureusement, dans d’autres meetings, la salle des contrôles était plus active. »

Il semble qu’elle mérite bien son nom de famille qui, si j’en crois ce que m’en dit le site « NameDoctor » (tout en m’imposant quelques cookies délétères), signifierait CORBEAU BATAILLEUR. Et s’il est clair, au vu des clichés de son site instagram, qu’elle a bien le corps beau, ce qui suit montre qu’elle n’est pas mal dotée non plus au plan du tempérament batailleur.

Ni la LEN, ni la FINA ne l’impressionnent donc par leur diligence à aider les athlètes et par leur plus d’empressement à les quadriller qu’à lutter contre les dérives du dopage.

CORBEAU BATAILLEUR À LA DÉFENSE DES SPORTIFS

« Je ne sais pas trop si la FINA est impliquée dans les contrôles de dopage, mais j’espère bien que la WADA fait de son mieux pour stopper le dopage, parce que le dopage est une injustice pour tout le monde, même pour ceux qui se dopent. Ils volent à d’autres leurs chances d’aller en finale, d’enlever une médaille. Et ils se volent leur propre fierté. »

Pas contente, non plus Hilda, d’avoir siégé dans les instances de la fédération islandaise, où, dit-elle, on lui fermait son caquet dès qu’elle faisait une remarque : « vous êtes jeune, vous ne savez pas… »

Elle a sans doute quelques raisons d’être un peu chagrine vis-à-vis des dirigeants, Hilda, parce que c’est avec les sous d’un rare sponsor qu’elle a payé le voyage olympique de son entraîneur. Elle appuie donc les actions de l’escrimeur allemand Max Hartung et de Katinka Hosszu et leurs revendications en faveur des athlètes.

Manifestement, ces combats ont désormais le vent en poupe.

L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PEUT-ELLE METTRE FIN AU MONOPOLE DE LA FINA ? (3)

QUAND MONSIEUR GRIGORISHIN PARLE MILLIARDS

Éric LAHMY

Mardi 27 Novembre 2018

J’ai essayé, dans deux articles précédents, de comprendre le fonctionnement de la F.I.N.A., en face de l’ambition de la toute nouvelle Ligue de Natation Internationale (I.S.L.) et de ses projets qui séduisent les grands nageurs. J’ai analysé sans complaisance cette réaction en termes de lutte de pouvoir. J’ai relié le réflexe de défense de ses intérêts de la F.I.N.A. à la politique qu’elle mène depuis quelques années. Désireuse de développer le sport, l’institution a oublié son rôle de catalyseur de ce développement et se découvre des réflexes de propriétaire.

Peut-on le comprendre ? Oui. Le sentiment trompeur de « devoir tout faire », d’avoir créé un empire, d’avoir en charge le destin de la natation, peut conduire à ces réaction machinales de « c’est à moi ».

Peut-on l’approuver ? Non, si l’on admet qu’une activité mondiale ne peut être laissée à un monopole lausannois.

Le doute n’est plus permis. La F.I.N.A. veut garder une mainmise sur tout ce qui, en raison de sa taille ou de son potentiel, risque de rapporter. Or, quel que soit le sentiment de dépossession qu’elle puisse ressentir, elle doit se débarrasser de ces réflexes tyranniques.

Il y a plus de cent dix années, la Fédération Internationale a été créée dans le but d’harmoniser ou d’établir puis de défendre les règles sportives comme celle de l’amateurisme, et d’enregistrer les records du monde en accord avec le Comité International Olympique. Il s’agissait d’obtenir un consensus… On décidait de la taille des bassins, de la densité de l’eau et de toutes les données techniques qui permettaient de reconnaître les performances. Cela prenait du temps, et pouvait prendre des tours inattendus. Par exemple, on se posait des questions sur la décence des maillots que portaient les nageurs, en fonction des normes de l’époque. Pour que les dossistes ne donnent de la tête sur les murs, on instituait les lignes de rubans qui traversaient le bassin en largeur à quelques mètres du point d’impact. On légiférait sur les plots de départ, d’abord amovibles, puis plus tard fixes.

DE LA MISSION D’HARMONISER LE SPORT AU SENTIMENT DE PROPRIÉTÉ

En légiférant sur ces domaines, on harmonisait le développement du sport. En quelque sorte, comme les autres fédérations internationales, la F.I.N.A. accordait les violons de l’activité en vue d’une pratique globale…

A l’amateurisme des athlètes correspondait un bénévolat des dirigeants qui, à l’exemple du baron de Coubertin, payaient de leurs poches leurs dépenses. Coubertin se ruina, et d’autres dirigeants comme Avery Brundage étaient des millionnaires [fait, qui, à une certaine époque, lui fut amèrement reproché]. Diriger le sport ne rapportait rien. Il coûtait.

L’origine sociale du dirigeant a évolué avec le temps. Les grands patrons du sport sont beaucoup moins recrutés dans la noblesse, même si quelques majestés comme Albert de Monaco ou Nora du Lichtenstein honorent le C.I.O de leurs fidèles présences. L’homme d’affaires a remplacé le dandy bénévole, et ce n’est peut-être pas un mal ! Je me souviens, ayant lu les mémoires du comte de Beaumont, banquier et président du Comité Olympique français (1967-71), membre (1951-1990) français et vice-président (1970-1974) du Comité International Olympique, de mon étonnement de ne pas trouver dans cet ouvrage UNE SEULE LIGNE sur le sport ou sur sa vie de dirigeant sportif. Ses successeurs ont été plus impliqués !

Les droits de télévision, puis les commanditaires, désireux de s’associer aux exploits des sportifs – ces aventuriers des temps modernes – ont attiré sur le CIO, les Fédérations Internationales et nationales, des flux d’argent considérables et inattendus.

A la FINA, on décida de développer son programme sportif, ce qui parait être un bon réflexe. On créa donc les championnats du monde (qui manquaient cruellement), qui, prévus pour 1971, se tinrent en 1973, et dont la 18e édition aura lieu à Gwangju, en Corée, en juillet prochain. On lança des programmes de plus en plus nombreux qui emplissent de façon exponentielle (et pas toujours harmonieuse) le calendrier. Comme l’empire de Charles Quint, la saison de natation ne voit jamais le soleil se coucher.

Le souci, c’est que cette dérive des attributions qu’elle s’est données amène la F.I.N.A. se poser à la fois comme le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Comme elle dirige les affaires (sportives et commerciales), édicte les lois et en assure l’interprétation, un conflit d’intérêt surgit inévitablement quand elle se trouve être juge et partie dans un litige concernant la légitimité d’un « concurrent ».

En s’appliquant à sabrer les velléités d’autres organisateurs, la F.I.N.A. s’oppose frontalement à d’importantes possibilités de développement de la natation. Pour la première fois, avec I.S.L., elle trouve en face d’elle un adversaire qui a les moyens de répliquer.

Une fronde, qui semblerait se préparer au cœur de la natation, a-t-elle une chance d’aboutir ? Un article de Craig Lord dans le Sunday Times nous signale que plus de quinze grandes fédérations de natation auraient « défié les patrons mondiaux et délibérément rompu avec les règles désuètes en appuyant la sécessionniste ISL dans son combat pour mettre fin au monopole de leur sport par la FINA. »

Toujours selon LORD, ces fédérations estiment qu’en interdisant à ses membres d’engager « aucune sorte de relation avec une entité non affiliée », la FINA a enfreint les lois antitrust de la Fédération européenne. Un porte-parole de British Swimming a pris fait et cause en faveur d’Adam PEATY (et, dirai-je, de Duncan SCOTT, élu meilleur nageur britannique de 2018)) et a déclaré au Sunday Times : « nous avons parlé à nos nageurs, leurs entraîneurs et leurs agents aussi bien qu’à la LEN, la FINA, ISL et à d’autres pays. La natation est un grand sport et nous encouragerons l’innovation afin d’accroître les images de nos nageurs et ces événements sportifs. »

Ayant déjà tenté d’examiner la situation juridique qui se présente entre F.I.N.A. et I.S.L., et découvert sans surprise que la F.I.N.A. était hors des clous, j’aimerais ici me demander aussi ce qu’aurait pu apporter le développement I.S.L. à la natation, en-dehors de la très nécessaire mise à bas, aujourd’hui, d’une tutelle, devenue étouffante, exercée par la F.I.N.A.

« LA NATATION BUSINESS, SPECTACLE QUI PEUT RAPPORTER GROS »

Sur le site Facebook de l’International Swimming League, Mr Konstantin Grigorishin, présenté comme le grand argentier de l’opération, explique que la natation est très loin d’avoir atteint le développement qu’elle mérite.

De son point de vue, le sport doit être aujourd’hui appréhendé sous un angle professionnel. « C’est un spectacle ; un show business. » Il faut « oublier les autres aspects, propagande, passe-temps, activité sociale.  Un athlète professionnel qui passe de 6 à 8 heures quotidiennes à se préparer, effectuant une énorme charge de travail avec peu de temps pour, il ne s’agit ni d’un hobby ni d’une activité sociale. »

« Les coaches de natation, eux, voient dans le sport une sorte d’expérience scientifique. Ils s’intéressent à la vitesse qu’un corps humain peut développer dans un milieu comme l’eau… Le spectateur ne trouve aucun intérêt dans ces choses. Les temps sont vite oubliés, personne (et cela même souvent parmi les spécialistes) ne se souvient précisément de ce que sont les records du monde, ou encore du temps qu’a mis pour gagner tel vainqueur olympique, tel champion du monde. Non, ce qu’on retient, c’est qui a gagné. »

« Le sport est un spectacle. Un business, avec beaucoup d’argent. A présent, le sport et tout ce qui est relié à lui représente une valeur ajoutée d’environ un trillion. Un trillion de dollars, ce qui représente plus d’un pour cent du produit intérieur brut mondial.

« Les événements sportifs représentent 100 milliards. 100 milliards sont générés par les droits des média, les commandites, les ventes de billets, le merchandising. L’équipement et le sportswear, 300 milliards. L’infrastructure, 200 milliards par an ; la nutrition, les vitamines, de 150 à 200 milliards ; les paris sportifs, zone un peu grise,200 milliards. La progression de ce business, plus rapide que celle de l’économie globale, est de 7 à 8% par an actuellement. Pourquoi cela se développe-t-il ainsi ? On a de plus en plus de loisirs qu’on cherche à remplir. Les événements sportifs conviennent parfaitement à ce genre de préoccupations. Ensuite les gens, jeunes adultes et d’âge moyen, qui pensent à leur bien-être, et dont le nombre croît vite. Ils seraient près d’un milliard d’individus dans ce cas. Sachant que ce ne sont pas les plus pauvres, ils ont de quoi consacrer du temps et de l’argent à ces activités.

« Le sport représente une expérience émotionnelle qui manque dans nos vies. Cela explique que le programme sportif TV ne vaut la peine d’être vendu qu’en direct. Le public s’unit dans une expérience émotionnelle tandis qu’il assiste à une expérience physique extrême. Cela rend le spectacle sportif passionnant. Le public développe une empathie pour les sportifs qu’il suit.

« Notre point suivant est de savoir pourquoi les sports d’équipes sont plus populaires que les sports individuels. Le sport, pour développer l’empathie et donc la passion du spectateur doit être simple. Les sports compliqués ne créent pas trop d’empathie parce que leurs règles sont complexes, ou ne sont pas aisément imitées. Les règles doivent être aussi objectives et justes. Le sport doit aussi pouvoir être facile à pratiquer. La popularité du football vient de ce que tout un chacun à essayé d’y jouer. De même pour le basket. Le hockey l’est moins…

« Ces observations générales une fois dites, revenons à la natation. Pourquoi jusqu’ici on n’a pas tenté d’appréhender la natation comme un spectacle ? Ceci alors que la natation est l’un des sports les plus populaires qui soient ? D’après les statistiques FINA, 300.000.000 de personnes dans le monde pratiquent la natation de façon régulière, en moyenne tous les deux  – ou dix jours… en piscines privées, publiques, plans d’eau, lacs, rivières, océans. 60% sont des enfants, donc susceptibles de suivre la natation pendant leur existence. Et les statistiques donnent 300 millions de téléspectateurs aux Jeux olympiques. Les championnats du monde sont suivis par 200 millions de gens. 30 millions aux USA suivent la natation aux Jeux, chiffre que seul le SuperBowl surpasse.

« On me répond que c’est l’effet des Jeux olympiques, pas la natation. Ce qui m’amène à demander pourquoi, dès lors, l’escrime ou le tir à l’arc aux Jeux n’attirent pas 300 millions de téléspectateurs ? Ou encore le karaté non contact ou le taekwondo ? »

 (à suivre)

LA NATATION N’A PAS HONTE DE SES CENTRES D’ENTRAÎNEMENT. SEULEMENT, ELLE NE SAIT PAS LES VENDRE !

 Éric LAHMY

Lundi 26 Novembre 2018

Suite à mon article du 22 novembre intitulé « exemple de l’INSEP : la fédération a-t-elle honte de ses centres d’entraînement ? », dans lequel je m’étonnais du peu de cas que la Fédération semble faire des résultats de l’INSEP et de Font-Romeu, j’ai reçu les deux commentaires qui suivent.

Un, de Patrick FRADET, membre du comité directeur de la FFN, président de la commission informatique, qui m’écrit ce qui suit :

« Vous avez écrit, « Pourra-t-on me l’expliquer? Non, on ne pourra pas, parce que c’est tellement idiot que personne n’aura le courage de me donner une explication qui de toute façon ne tiendra pas debout. »
En tant que Président de la commission informatique fédérale, je peux vous donner quelques explications même si vous ne semblez pas en mesure de les entendre.
Les pôles ‘FRANCE’ et ‘ESPOIR’ ont été supprimés en fin de saison dernière pour faire place à un nouveau projet ‘Haut Niveau’ décliné sous le nom de PPF ‘Projet de Performance Fédéral’ mis en place au début de cette saison ( à ne pas confondre avec un autre projet PPF,  »Passion Pétanque Française) ‘. Seul deux Pôles France, appelés ‘Centre Nationaux d’Entrainement subsistent , INSEP et Font Romeux.
Vous trouverez plus d’explications en suivant le lien ci-après:
http://www.ffnatation.fr/projet-performance-federal-ppf
Ce projet est en cours de mise en place, c’est pourquoi il nous a paru opportun d’enlever l’ancienne appartenance aux anciens pôles qui ne sont plus d’actualité et je reste persuadé que si nous les avions laissé, il y aurait eu également quelques pointilleux qui nous auraient fait la remarque de publication d’une information erronée.
Rassurez-vous, lorsque la mise en place du PPF sera terminé et que nous pourront identifier les nageurs des différentes structures du PPF (Clubs partenaires d’excellence, CAF, CNAHN, etc.), cette appartenance sera indiquée dans les résultats des compétitions.
Pour le moment il est trop tôt pour le faire et les priorités actuelles informatiques sont concentrées sur la réforme de la licence et de ses 21 modules connexes, modules indispensables pour le bon fonctionnement de nos clubs. »

Pour mon deuxième interlocuteur, le dirigeant blésois Jean-Pierre Miquel, autre membre de la commission informatique, l’absence d’information correspondant à l’appartenance aux centres d’entraînement des championnats de France ne tient pas à un bug informatique, comme un autre lecteur commentateur l’avait supposé :

« Il ne s’agit pas d’un bogue informatique, mais d’une conséquence de la réforme des licences décidée par les élus, écrit-il. En effet cette réforme a des impacts sur les applications
d’extranat (résultats, liveffn). Depuis des mois les équipes des services d’informations sont sur le pont pour intégrer cette nouvelle gestion. Il y a des priorités plus importantes à ce jour que l’indication que vous regrettez. Je citerai entre autres la gestion de l’ENF, des officiels, etc. Si vous vous aviez fait une enquête approfondie, c’est plutôt un article sur les difficultés que rencontrent ces équipes pour mettre en œuvre cette réforme et ses conséquences »
que vous auriez pu faire.

IL Y A LA QUESTION INFORMATIQUE ET IL Y A LA QUESTION DE LA DÉSINFORMATION

Je remercie ces deux dirigeants d’avoir pris la peine de me répondre. Ils nous expliquent ce qui se passe au niveau technique informatique.

Je n’ai certes pas mené d’enquête approfondie sur ces questions mais j’étais assez au courant, depuis plusieurs mois, de certain challenge dû à l’application en termes de procédures informatiques des données nouvelles de la vie fédérale.

J’ai cru ainsi comprendre que la refonte des régions nécessitait un alignement des profils informatiques des licenciés qui ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Tel licencié alsacien devenant licencié Grand Est, il fallait réécrire son identité informatique. Effectuer l’opération 300.000 + fois demande énormément de temps et pas mal d’astuce. Cela m’a bien été expliqué.

On découvre aussi, m’a-t-on fait comprendre, certains soucis nés de la réforme des licences, ainsi aux interclubs quand des licenciés dirigeants (licence 15€) se sont aperçus qu’ils ne pouvaient nager car pour nager, il leur faut la licence nageur, et c’est 55€, etc.

Il faut régler cela et bien d’autres choses encore.

Je comprends parfaitement.

Maintenant, cela fait plus d’un an que cela dure. Et puisque j’en suis à ce que j’ai appris, je me suis laissé dire que la Fédé n’a pas souhaité engager suffisamment de personnel pour effectuer le travail dans des délais raisonnables, et donc c’est toujours le chantier…

Il y a des moments où il faut accélérer le(s) mouvement(s).  

J’ai rechigné à entrer dans ce genre de développements. Je n’ai pas créé ce site pour évoquer ces questions, mais parce que j’aimais la façon dont Camille Muffat nageait la seconde moitié d’un 800 treize secondes plus vite que la première, dont Agnel dynamitait une finale olympique, dont Gilot et Bousquet décoiffaient dans les relais, dont Jérémy Stravius effectuait ses ondulations de départ et de virage, et dont Diane Buy-Duyet jaillissait telle une torpille en reprise de nage…

Mais cette question n’est pas que de votre ressort, mais de celui de la communication.

La communication ne s’arrête pas à des limites techniques informatiques. Elle part de la volonté de communiquer.

Lorsque vous recevez les résultats des championnats et que vous n’y trouvez pas le nom de la structure qui produit les nageurs, c’est une désinformation. Lorsque le calendrier de l’agenda fédéral ne contient qu’une seule date, celle des championnats du monde, et oblitère tout le reste, c’est une désinformation.  Lorsque sur le site qui était tenu de façon impeccable jusqu’à l’an passé, on trouve que 35 records battus ces deniers mois ne sont pas mis à jour ou référencés, c’est une désinformation. En 2009, 489 références de records (monde, Europe, France) étaient tombées et ces références étaient constamment à jour, quotidiennement, dans la base de données, par Marc Planche, qui a été dégommé l’an passé. Nul n’est éternel, mais manifestement, Francis Luyce a été plus facile à remplacer que Marc Planche!

Ce sont donc, aussi, des chances perdues, à ma montre, de donner aux journalistes, aux nageurs, aux entraîneurs, à tout le monde, une information exacte et actualisée; des chances ratées de rebondir sur une information (et pour cause, elle n’existe pas) et de publier un papier sur les débuts d’une nouvelle donne à l’INSEP, ou le premier champion de France INSEPIEN depuis Mathusalem, ou de produire certaines photos, ou de publier tel reportage télé, ou de trouver un « angle », qu’affectionne le medium moderne.

Je puis vous dire une chose : bien avant les championnats, j’ai effectué des recherches sur le site (dramatiquement faible depuis toujours) de l’INSEP et dans beaucoup d’autres endroits et je n’ai pas trouvé qui nageait à l’INSEP (et à Amiens non plus).

Et je crois que pour l’INSEP, pour Amiens et pour la FFN, laisser passer des occasions comme ça d’allumer la curiosité des media, de faire parler de soi, au moment de la grande réunion des championnats de France, c’est dommage.

Toujours aux championnats, vous vous dites : qu’est-ce qui se passe à Marseille ? Vous allez sur les sites de Marseille et vous avez TOUTES les informations désirées. TOUTES. Qui nage, qui entraîne, le kiné, l’ostéopathe, le préparateur mental, le préparateur physique, qui est le président, l’historique, les kinés, les médecins, qui était Monsieur Vahouny. Les sites de Marseille sont très bien tenus, très bien faits, très lisibles, pour moi, par rapport à ce que j’attend, c’est 8 sur 10. (J’enlève deux points parce qu’en revanche, quand je questionne par mails je n’ai pas de réponse. Même chose à l’INSEP, mais le site de l’INSEP, c’est zéro et je ne sais pas enlever deux points à zéro).

Autour de l’INSEP natation, vous avez pas mal d’ingrédients. Un coach expérimenté et charismatique, de jeunes entraîneurs autour de lui, des situations intéressantes, des possibilités d’appuis scientifiques uniques en France. Des nageurs qui redorent le blason. Une solution originale, mi-chèvre, mi-chou, associant Amiens et le bois de Vincennes. Une HISTOIRE A RACONTER, de bien des manières différentes.

Ça n’a rien à voir avec l’informatique. Ça a à voir avec la communication. Dans les temps lointains où Sophie Kamoun s’occupait de la com’ fédérale, elle n’aurait pas laissé passer l’occasion de vendre cette histoire aux media.

Mais encore faut-il connaître son truc, aimer ça et avoir les coudées franches…

Il est temps que le service communication de la FFN remette à plat la question de savoir à qui il a affaire en termes de médias, et comment leur parler…

De vous à moi ? C’est le doux chant de CHANDOU que j’aurais voulu entendre, en réponse à mon article. Quelqu’un pourra-t-il réveiller Adrien CHANDOU de sa sieste ?

Les choses étant ce qu’elles sont, c’est de Vincent Leroyer que j’ai reçu les informations que la Fédération n’a pas su nous donner. Avec moult détails que je n’attendais pas, par-dessus le marché. Je vous livre le tout, il y a les Amiénois, les Amiénois Insepiens, les Insepiens non Amiénois…

LES NAGEURS D’AMIENS ET DE L »INSEP

 par Vincent LEROYER

💦AMIENS Métropole Natation / Entraîneur Mathieu NEUILLET
✅Amiens Métropole Natation saison 2018-2019
•tableau synthétique des meilleures performances des nageurs sur saisons N, N-1, N-2, N-3
•et liens vers les historiques swimrankings des performances des nageurs
✅les performances seront mises à jour automatiquement durant la saison , et les liens restent actifs
Alexandre DERACHE 1998 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Mewen TOMAC 2001 (Amiens Métropole Natation)
Adrien MUSART 2002 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Mathieu ROTHON 2000 (Amiens Métropole Natation)
Enzo TESIC 2000 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Aron BARRY 2002 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Eva BONNET 2000 – BEL (Denain Natation Porte du Hainaut)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Camille MALLET 2001 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
💦CAF AMIENS MN / Entraîneur Antoine BRITZ (Centre d’accession et de formation)
✅ saison 2018-2019
•tableau synthétique des meilleures performances des nageurs sur saisons N, N-1, N-2, N-3
•et liens vers les historiques swimrankings des performances des nageurs
✅les performances seront mises à jour automatiquement durant la saison , et les liens restent actifs
Maximilien HUGOT 2003 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4 (pas disponible)
•Historique de toutes les perfs en carrière
Paul ANNOCQUE 2003 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Clément MALLET 2002 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
pas disponible
•Historique de toutes les perfs en carrière
Aron BARRY 2002 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Léa DUROT 2003 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
pas disponible
•Historique de toutes les perfs en carrière
Naële PORTECOP 2003 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Chloé QUINT 2002 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Mathilde JEAN 2000 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
💦INSEP 2018 / Entraîneur Michel CHRETIEN, assisté de Mathias MERCADAL
•tableau synthétique des meilleures performances des nageurs sur saisons N, N-1, N-2, N-3
•et liens vers les historiques swimrankings des performances des nageurs
✅les performances seront mises à jour automatiquement durant la saison , et les liens restent actifs
Roman FUCHS 1998 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Maxime GROUSSET 1999 (Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Hugo SAGNES 2001(Amiens Métropole Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Yohann NDOYE BROUARD 2000 (Dauphins d’Annecy)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Stanislas HUILLE 1999 (SN Versailles)
Théo BERRY 1997 (Angers Natation)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Joana DESBORDES 2000 (Stade Français Olympique Courbevoie)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière
Pierre HENRY ARRENOUS 1998 (ASPTT Poitiers)
•Tableau de synthèse N, N-1, N-2, N-3, N-4
•Historique de toutes les perfs en carrière

JORDAN POTHAIN : « FABRICE (PELLERIN) ME SURPREND ET J’ADORE ÇA »

Éric LAHMY

Dimanche 25 Novembre 2018

Après comme avant les championnats de France, Jordan Pothain représentait pour moi une énigme. Ceux qui suivent la natation savent par quels soucis le garçon, finaliste du 400 mètres des Jeux olympiques de Rio (3’45s43 en séries) est passé, aux plans de la santé et de sa vie de nageur. Ila donc mis une certaine distance entre Grenoble et lui et a installé ses pénates à Nice, Fabrice PELLERIN ayant accepté de l’entraîner. Celui qui était un nageur seul s’est retrouvé dans une cellule « Olympic » où ça va vite, avec Charlotte BONNET, Jérémy DESPLANCHES, Jérémy STRAVIUS, Charles RIOUX et Tom PACO PEDRONI.

POTHAIN, on le sait, a eu quelques soucis cardiaques qui ont été réparés. On peut imaginer que ces soucis ont joué un rôle dans ses contre-performances d’après Jeux olympiques, en 2017.

A Montpellier, en petit bassin, il a fini :

7e du 100 mètres où il manque de vitesse pour se mêler de la grande bagarre pour le titre, 48s74 contre 47s72 au vainqueur Oussama SAHNOUN.

4e du 200 mètres en 1’44s89, où seul Jérémy STRAVIUS le domine clairement (1’43s28). FUCHS, 1’44s62) et Jonathan ATSU, de Toulouse, 1’44s80, produisant des courses très proches en fin de compte de la sienne.

4e du 400 mètres en 3’43s44, très près d’une médaille puisque la course a été gagnée en 3’41s12 par Roman FUCHS, devant David AUBRY, 4’43s et Joris BOUCHAUT, 3’43s22.

6e du 50 mètres dos

et 7e du 100 mètres dos.

Ce qui m’a paru intéressant, c’est qu’il n’a pas connu ces effondrements en fins de courses dramatiques de la saison passée.

« JE ME RÉGALE ET ÇA FAIT DU BIEN »

En face des interrogations, le mieux était de lui poser quelques questions.

« Tout va pour le mieux, répond-il ! Mon quotidien est juste génial, je suis dans une dynamique magnifique, autant par le groupe que par le travail avec Fabrice. Je me régale et ça fait du bien. Les France 25m étaient sans doute un des pires championnats pour moi en terme de classement puisque je rentre sans médaille, mais vraiment hyper constructifs pour Fabrice et moi. Les changements dans ma nage sont déjà très notables, le processus est en cours et il y a quelques étapes à passer. Une période charnière mêlée à un peu de frustration de ne pouvoir aller chercher la gagne, je t’avoue m’être dit à l’issue de ma 4e place du 400 comme du 200m, que ces courses me donneraient la rage pour la suite. 

« Techniquement, on stabilise ce roulis qui me freine tant, on réduit la puissance que je mettais sous l’eau au profit d’une nage plus fluide et moins énergivore pour le moment. Il y aura un entre-deux à trouver par la suite. J’ai vraiment progressé sur mes coulées et départs, je pense que ça sera plus lisible en grand bassin, et avec 2 mois de travail en plus.

« Pour ce qui est de l’entraînement, nous n’avons coupé que 3 jours avant les France, soit à partir du lundi qui a suivi les interclubs. Ça m’a permis de régénérer un peu, mais j’ai besoin de plus que ça pour exploser. C’est donc un bon bilan entre les lignes du live.ffn). 

« Sinon que te dire sur Fabrice… Tu devrais vraiment essayer de le joindre. C’est un homme plus qu’intéressant. On alterne toujours ces différentes modalités, une nage très lente, des éléments techniques, du progressif et des efforts spécifiques. Et ça peut être mixé : de la technique dans une récupération active (du  trois-temps tout bête en crawl au lieu de faire du dos à l’agonie), une équation à deux facteurs : nager tel temps avec tant de coups de bras, ou avec tel tempo… Il me surprend toujours et j’adore ça. Et je me surprends aussi, ça fait du bien dans une activité que tu pratiques depuis 20 ans. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PEUT-ELLE METTRE FIN AU MONOPOLE DE LA FINA ? (2)

LE TRAITÉ DE ROME AU SECOURS DES MALTRAITÉS DE TURIN? MAIS ENCORE FAUT-IL QU’ILS ATTAQUENT LA F.I.N.A.

 Éric LAHMY

Samedi 24 Novembre 2018

Voici une trentaine d’années, Robert-Louis Dreyfus, alors patron d’Adidas, partit en quête d’un club de football de Première division et se mit à arpenter la côte d’Azur et autres rives de la Méditerranée afin de décider lequel serait l’élu de son cœur. Il fut pour ce faire invité à rencontrer les conseils d’administration des divers clubs. A chacune de ces réunions, il était accompagné par un monsieur assez effacé, qu’il présentait vaguement comme son conseiller, qui assistait à toutes les séances et restait silencieux. Ce mystérieux personnage était un gradé de l’antigang, et il signalait discrètement à l’équipementier les membres des staffs des différents clubs qu’il rencontrait et qui étaient fichés au grand banditisme.

Il serait intéressant de connaître les débuts de la voyoucratie dans le sport, au plan national comme à l’international. Il est probable que vers les années 1980, avec le développement du spectacle sportif et des droits télé, certaines personnes du demi monde politico-voyou s’aperçurent que le sport commençait à générer pas mal d’argent et que ses structures, assez fragiles, de bénévoles à l’ancienne, pouvaient facilement être sujettes d’une invasion de grand style. J’ai de bonnes raisons de croire qu’un petit nombre de fédérations furent systématiquement visées par des opérations d’entrisme finement menées (notamment par un ou plusieurs partis politiques)… Mais le phénomène fut très contingenté. Le Comité National Olympique et Ssportif Français a pu être traversé d’ambitions partisanes ou maçonniques, mais on reste à l’opposé d’une histoire de gangsters…

Au niveau international, les choses se passèrent de façon différente, et c’est la « démocratie » qui veut qu’en natation, Anguila, Aruba, la Micronésie ou Vanuatu représentent dans les décisions une voix, tout comme les Etats-Unis ou l’Australie, qui permit à certains grands commanditaires de s’emparer du pouvoir à coups de prébendes bien dirigées. Il est bien connu aujourd’hui que l’Adidas d’Horst Dassler joua à l’époque un rôle essentiel dans ce changement de paradigme . Des hommes d’entregent comme Primo Nebiolo à l’athlétisme eurent vite fait de comprendre la combine. Et l’un des résultats majeurs, pour la natation, fut que ces trente dernières annéess, est présidée par Mustafa Larfaoui et Jules Cesar Maglione, qui, quelles que soient leurs éminentes qualités, ne se sont pas fait connaître dans leurs pays d’origine, l’Algérie et l’Uruguay, par le développement qu’ils ont imprimé à leur sport.

Les pays de l’ex Union soviétique et autres soi-disant démocraties populaires, apportèrent à l’abaissement éthique du sport la contribution essentielle d’apparatchiks pour qui le sport était un instrument de propagande nationale, et donc un domaine où tous les coups étaient permis. Cette approche criminogène était à cent lieues de l’idée qu’on peut se faire du fair-play, et on en voit encore les traces dans le sport emblème national à la Vladimir Poutine ou à la Xi Jinping.

Mais revenons à l’année 2018…

…L’information qui vient de ce panier de crabes ou ce nid de vipères que paraissent par moments constituer le Comité International Olympiques et le fatras de Fédérations Internationales qui l’entourent, a parfois des accents réjouissants. On dirait qu’une bande d’escrocs de haute volée s’y meut en toute impunité ou presque, au milieu de parfaits honnêtes hommes qu’ils roulent régulièrement dans la farine ; s’y présentent une quantité de profils d’aigrefins et de personnages qui auraient inspiré un Charles Dickens ou un Coppola.

Les faits les plus récents?

Le 16 novembre, Luciano ROSSI, candidat à l’élection à la présidence de la Fédération Internationale de Tir, recevait un email intraçable le menaçant de mort (et sa fille de  kidnapping). ROSSI se présente contre le Russe Vladimir LISIN et le Libanais Boutros JALKH.

Le 21, on apprenait qu’une banque suisse, la Cantonale Vaudoise, basée à Lausanne, avait clôturé un compte de l’Association Internationale de Boxe. L’AIBA avait eu le bon goût de nommer président par intérim Gafur RAKHMANOV, homme d’affaires ouzbek listé depuis 2012 par le département du Trésor américain comme membre important d’un groupe criminel, le Cercle des Frères d’Union Soviétique.

Dans le même temps, un membre du Comité d’éthique de la FIFA (football), Sundra RAJOO, était arrêté en Malaisie pour faits de corruption. Dans la foulée, un Sheik koweitien, président de la Solidarité Olympique, était accusé d’avoir fait façonner des vidéos truquées pour déconsidérer un de ses pairs. Le même jour, le secrétaire général du comité olympique kényan démissionnait pour une affaire de corruption liée aux Jeux olympiques de Rio.

Chaque semaine amène son lot d’informations sur ces douteux dirigeants qui ont décidé que rien ni personne ne les empêcherait de banqueter ou de s’octroyer des fortunes plutôt que de s’occuper de leurs athlètes… Le site Inside The Games a créé une rubrique pour traiter ces affaires, intitulée « l’olympisme à la peine ». Et là, ce ne sont pas les infos qui manquent.

Il y a aussi ceux qui, entrés puceaux dans ce sérail, sont vite déniaisés par l’opulence et le sentiment de toute-puissance. Ils se découvrent bientôt des serres et des griffes et, devenus rapaces, s’aperçoivent que le goût et surtout l’exercice du pouvoir les a métamorphosés…

TRENTE-HUIT ANS APRES LA FIN DE L’AMATEURISME, DES FEDERATIONS N’ONT TOUJOURS RIEN COMPRIS A LA DONNE DU SPORT PROFESSIONNEL

Pour défendre leur domaine, certaines Fédérations  internationales se sont bardées de règlements protecteurs qui ressemblent à s’y méprendre à autant d’entraves à la concurrence sous couvert de protection de l’athlète ou de la pratique sportive. Trente-huit années après que le terme « amateurisme » ait été éliminé du vocabulaire olympique, les dirigeants en sont toujours aux mêmes réflexes qui les gouvernaient au temps où le professionnalisme et ses exigences n’existaient pas. Ils ont toujours le réflexe protectionniste et mettent leur fonction réglementaire au service de leurs intérêts…

Bien entendu, l’affaire qui oppose l’antique FINA et la toute jeune ISL est sur ce point exemplaire de la façon dont le réflexe monopoliste de la première marque le territoire qu’elle estime être sien.

Quand la nouvelle association, International Swimming League (ISL), décide de créer un meeting hors-norme, riche de 2 millions d’Euros de prix, d’emblée, la FINA flaire un danger pour ses propres organisations. Les contacts tournent assez vite au vinaigre. La FINA ne communique guère à ce sujet – un classique du pouvoir en place : on ne s’abaisse pas à répondre ! ISL raconte qu’au cours de leurs discussions, la FINA a exigé un paiement de deux millions de dollars sans même garantir qu’elle reconnaîtrait le meeting.

Après l’échec des pourparlers, qui auraient pris des mois, l’ISL croit dès lors pouvoir agir en toute sécurité dans la mesure où son meeting de prestige sera organisé à Turin par la Fédération Italienne sous le couvert de Paolo Barelli, président de la LEN et de ce fait vice-président de la FINA ! Il s’agira d’un meeting national, n’ayant pas besoin de l’assentiment de la « haute autorité ».

Mais la FINA l’interdit quand même, prétendant que l’interprétation de ses règles fait de ce meeting national un meeting international et qu’il va de son devoir réglementaire de protéger les nageurs en face d’organisateurs venus de nulle part. Ce qui représente par la même occasion une insulte à la fois aux 50 meilleurs nageurs du monde, qui désiraient y participer, à la Fédération Italienne, à la Ligue européenne et à la ville de Turin, sans oublier un bras d’honneur réservé à Paolo Barelli, vice-président de la FINA!

Ce qui s’appelle avoir du culot.

UN RÈGLEMENT PRÉCIS SOUS DES APPARENCES FLOUES, ET UN PARAGRAPHE OU DEUX SANS DOUTE A REVOIR

Le règlement sur lequel s’est appuyée la FINA pour envoyer l’ISL et son projet au fossé est, sinon flou, du moins composé de façon assez stratifiée pour nécessiter une analyse.

Dans son article BL 12.1, on qualifie de compétition internationale « toute compétition organisée ou sanctionnée par la FINA, toute organisation continentale ou régionale ou toute fédération membre dans laquelle participent d’autres fédérations, clubs ou individuels. »  [C’est moi qui souligne].

Ici, dans la partie de la phrase (mal rédigée de mon point de vue) soulignée par mes soins, on comprend qu’est internationale toute compétition dans laquelle apparaissent des étrangers à la nationalité de l’organisateur. Dès lors, se dit-on, les championnats de France du week-end passé sont-ils internationaux puisqu’on y voit divers étrangers, Algériens, Hollandaise, Russe, Suisse, y participer ?

Si cela est, il n’y a plus qu’à rendre les armes : on s’apprête donc à conclure qu’en effet, la reconnaissance par Lausanne du meeting turinois d’ISL est bel et bien exigée par les règlements, puisqu’il est à n’en pas douter international.

Mais cette impression est infirmée dès l’article suivant, BL 12.3, lequel précise que  « l’approbation (par la FINA) n’est, cependant, pas nécessaire pour les compétitions nationales dans lesquelles participent des clubs étrangers ou des individus ne représentant pas leur Fédération Membre. » (c’est encore moi qui souligne).

Précision importante puisqu’elle nous dit que malgré le caractère multinational de sa participation, un meeting dans lequel des étrangers à la nationalité de l’organisateur ne représentent pas leur fédération nationale, mais participent soit à titre personnel, soit dans le cadre d’un club, CE MEETING N’A PAS BESOIN DE L’APPROBATION DE LA FINA. L’ouverture est ici très claire.

Dès lors, il convient certes de vérifier le statut (représentatif ou pas représentatif), au regard de leur fédération, des nageurs qui prévoyaient de concourir à Turin.

Organisé par la Fédération Italienne et la ville de Turin, le meeting financé par l’International Swimming League utilise en effet une quantité industrielle de nageurs étrangers. C’est donc une compétition multinationale par nature.

Le caractère représentatif national de ces nageurs pourrait-il naître de leur réunion dans des groupes nationaux? Rien n’est moins sûr, mais de toute façon, ce n’est pas le cas. L’idée de l’ISL était de former des groupes de nageurs de nationalités indéfinies selon des critères qu’il restait d’ailleurs à définir.

Les organisateurs avaient fait savoir que la compétition qu’ils envisageaient opposerait huit « clubs internationaux composés de douze mâles et de douze femelles (sic). » Si ce sont des clubs multinationaux qui seront ainsi formés, cela veut bien dire que ce ne sont pas des clubs nationaux, et donc ils ne représenteront pas des nations, n’est-il pas vrai ?

Ces huit clubs, a-t-on expliqué, s’opposeraient à travers deux premiers jours du programme de courses dans un bassin de 25 mètres ; puis les quatre équipes ayant marqué le plus de points disputeraient une « grande finale » les deux jours suivants.

Le fait que Mehdy Metella, par exemple, est le seul nageur français ayant signé un contrat avec ISL, montre qu’il aurait dans le meeting, été adjoint à un groupe de nageurs d’une ou plusieurs autres nations. Il me parait logique qu’à la cinquantaine de stars ayant signé avec le meeting, auraient été adjoints de fort nombreux nageurs italiens, puisque le meeting se présente comme italien, pour rejoindre le nombre de 192 éléments (96 garçons et 96 filles) qu’exigent la présentation de huit fois douze garçons et douze filles.

Il parait manifeste que jusqu’ici, la notion de REPRÉSENTATION NATIONALE n’apparait pas, d’autant plus que ISL ne s’est pas adressée aux fédérations nationales et ne leur a pas demandé de se faire représenter. Je dirais même que la représentation est effacée, oblitérée. Les organisateurs ont bien spécifié qu’ils étaient mus par l’idée de spectacle.

J’ai laissé de côté cependant un point qui risque d’être litigieux. La situation juridique du meeting de Turin se complique en effet quand les règlements de la FINA stipulent (BL12.2, niveau 5) que sont compétitions internationales, outre celles définies plus haut, « toutes autres compétitions internationales majeures telles que définies par la FINA. »

C’est, il me semble, le paragraphe qui tue. Est compétition internationale toute compétition dont la FINA a décidé qu’elle est une compétition internationale…

Bien entendu, on n’en a quand même pas fini, parce que dès lors risque de se poser la question de LA LÉGALITÉ du paragraphe BL.2 niveau 5, par lequel la FINA ouvre toute interprétation à son libre arbitre ! Elle décide, régalienne, du statut juridique de « toutes les compétitions internationales majeures »! Comme tout potentat au pouvoir illimité, le FINA s’arroger le droit de décider que tel meeting est international parce qu’elle en a décidé ainsi.

Les rédacteurs de ce genre d’articles paraissent ignorer qu’une Fédération se doit de respecter un certain nombre de principes généraux du droit ou de lois fondamentales du droit international.

Le fameux arrêt Bosman, qui avait mis fin à une réglementation contrevenant à la liberté de choix du travailleur sportif qu’est le footballeur, s’était basé sur l’exigence de liberté de circulation  des travailleurs, garantie par l’article 48 du traité de Rome.

L’arrêt Bosman ne s’appliquait pas au sens strict à la situation créée aujourd’hui dans la natation, mais s’était opposé à l’application de règles restrictives de la liberté des joueurs édictées par des associations sportives ; et il se pourrait bien que toute la réglementation FINA des meetings soit annihilée par le législateur européen.

LA JURISPRUDENCE BOSMAN OPPOSABLE A LA FINA ?

Des arrêts consécutifs à l’arrêt Bosman, s’appuyant sur sa jurisprudence, ont en effet interdit de discriminer des joueurs sur leurs nationalités. Il est bon de savoir que cette jurisprudence est aujourd’hui, en raison d’accords internationaux, applicable non seulement dans l’Union Européenne, mais aussi dans l’espace économique européen, en Suisse, en Russie et dans 79 autres pays (signataires des accords de Cotonou). Autant dire que la F.I.N.A. pourra difficilement arguer de son caractère régional.

Le blog d’Inside The Games du 11 juillet 2018, relevant les menaces que laissait planer, dans une lettre du 5 juin, la FINA sur le meeting de Turin, rappelait que la Commission européenne avait jugé contraires aux lois antitrust de l’Union européenne les pénalités décidées par la Fédération Internationale de Patinage (ISU) à l’encontre de patineurs disputant des rencontres non autorisées. Le président de l’ISU s’était élevé contre cette décision qui, disait-il, menaçait de détruire les valeurs olympiques. On se demande bien lesquelles.

Valeurs olympiques, ou voleurs olympique, that is the question ! L’I.S.U. alors, telle la F.I.N.A. aujourd’hui, réagissait assez exactement comme le chien à qui on a piqué son os.

Or, dans une situation très exactement équivalente à celle de la FINA contre ISL, la Commission européenne avait sévèrement jugé les règles de l’ISU qui permettaient de sanctionner, y compris par des interdictions à vie, les patineurs qui participaient à des épreuves non reconnues. Elle avait dénoncé comme inadmissibles ces persécutions d’athlètes qui entravaient par ailleurs « les innovations et le développement du sport ».

Tout en reconnaissant l’utilité d’un mouvement international garant de la santé et de la sécurité des athlètes « par ces sévères pénalités qu’elle impose aux athlètes, l’ISU protège ses propres intérêts commerciaux et interdit à d’autres de mettre en place leurs propres événements. En particulier, l’ISU ne devrait pas imposer, ou menacer d’imposer, des pénalités injustifiées aux athlètes qui participent à des compétitions qui ne menacent en rien les objectifs légitimes du sport. Si l’ISU maintient ses règles d’autorisation d’événements organisés par des tierces parties, elles doivent être basées sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires et ne pas viser simplement à exclure des organisateurs d’événements indépendants concurrents. »

Le genre d’attendus qui pourrait resservir tel quel pour la FINA, si l’International Swimming League et les nageurs veulent monter au créneau.

J’essaierai dans un 3e article de mesurer la légitimité des ambitions de l’ISL.

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PEUT-ELLE METTRE FIN AU MONOPOLE DE LA FINA (1) ?

LES RAPETOUT ONT LEUR SIÈGE À LAUSANNE

La Fédération Internationale de Natation (FINA), en menaçant de sanctions graves (un à deux ans d’interdiction de nager) les (50) nageurs professionnels qui entendaient disputer le meeting d’une nouvelle organisation, l’International Swimming League (ISL), ces 20 et 21 Décembre à Turin, a montré qu’elle entendait défendre ses intérêts, fut-ce aux dépens des athlètes et du développement de la natation dans son ensemble. Suite à cette menace, le meeting s’est en quelque sorte autodétruit, annulation décidée par Paolo Barelli, président des Fédérations italienne et européenne. Les nageurs professionnels y ont perdu l’occasion d’exercer leur métier et de se partager 2 millions d’Euros de prix mis sur la table par l’ISL. Laquelle a promis de porter l’affaire devant le tribunal européen, qui pourrait lui donner raison…

ÉRIC LAHMY

Samedi 24 Novembre 2018

La FINA contre la natation ? Ça pourrait bien être ça. Au siège lausannois de l’institution, en tout cas, on parait penser, l’affrontement le démontre,  que tout ce qui est bon pour la natation n’est pas bon pour la fédération. Et que défendre les intérêts de l’institution est plus important, pour elle, que de promouvoir le sport.

C’est dire s’il y a du souci à se faire.

La natation n’est certes pas le seul sport à avoir un problème de gouvernance, à l’international.

Parce qu’une fédération internationale peut facilement devenir un « machin ». Une fausse démocratie, où les quelques nations qui génèrent le sport le voient leur échapper au profit d’une caste de démagogues appuyés sur une vision clientéliste de la démocratie.

Je vous donne un exemple que je connais bien. En 1976, un certain Tamas AJAN devient le Secrétaire général de la Fédération Internationale d’Haltérophilie. Sa campagne, orchestrée par les nations de l’Est, n’est pas privée de relents antisémites (son prédécesseur est un britannique de confession juive).

En 2000, il quitte le secrétariat de la FIH (devenue depuis l’IWF) pour en devenir le président. Depuis, il a été réélu sans cesse, malgré de sérieux soupçons de corruption qui, dans le monde des affaires, auraient conduit à enquêtes criminelles… Il faut dire que l’Afrique vote pour lui comme un seul homme, il suffit pour cela que l’élection se déroule à Moscou et que les billets d’avion soient offerts ; et si à 79 ans, il tient toujours autant à son poste au sommet d’un sport vérolé par le dopage, c’est pour protéger, dit-on, les affaires de ses gendres, dont la gestion de certains intérêts fédéraux qui leur ont été confiés, népotisme oblige, a tendance a être facturée de plus en plus cher à la Fédération du beau-père. L’IWF, après 42 années, est devenue un petit business familial.

La Fédération Internationale de Natation a son Tamas AJAN, et il s’appelle Cornel MARCULESCU. Il n’est pas le président, lequel est l’Uruguayen Jules Cesar MAGLIONE, fringant octogénaire réélu grâce à un recul de la limite d’âge du président taillé sur mesure… Une opération signée Marculescu: c’est beau l’entr’aide!

Les Fédérations internationales ne sont-elles plus, à peu près, qu’autant de luxueuses maisons de retraite pour vieux renards retors et madrés ?

UNE PLUS GROSSE PART DE TARTE

Il y a un quart de siècle maintenant, Karine HELMSTAEDT me confiait, réprobatrice, comment l’actuel Directeur de la FINA, Cornel MARCULESCU donc, lui disait son impatience que la Fédération puisse s’attribuer « une plus grosse part de la tarte. »

Le courant passait mal entre la jeune idéaliste qui avait fait de la lutte anti-dopage une affaire personnelle, et le cacique au discours de mort de faim qui avait rejoint la FINA en 1986, après avoir occupé divers postes dont celui de Directeur des natations roumaine (1970-1980) et espagnole (1980-1986). Que l’intégrité du sport soit respectée ne lui importait guère trop, on allait le voir avec son traitement du dopage et des combinaisons polyuréthane. La tarte à l’oseille se devait de gonfler et peu importait le genre de levure qu’on y mettait.

Pour arriver à ses fins, Cornel a parié sur le professionnalisme. Lequel professionnalisme est un fait  – mais assez difficile à promouvoir dans un sport qui regroupe, croit-on savoir, trois cent cinquante millions de pratiquants, mais peine à réunir autant de spectateurs dans dix-sept jours de championnats du monde qu’un soir de clasico Barcelone-Madrid de football au Camp Nou ou à Bernabeu.

Car quand même, qui dit professionnalisme dit : spectateurs. Et je préciserai spectateurs payants. Et c’est là que ça devient compliqué.

C’est au nom de ce rêve professionnel que Maglione, Marculescu and co ont conçu leur série de meetings baptisée FINA Coupe du monde, trompeuse hyperbole, vu qu’un peu plus de dix pour cent des meilleurs nageurs du monde y participent.

LES GRANDS MEETINGS N’ONT PAS ATTENDU LA FINA

Malgré ce qu’en diront les dirigeants de la FINA, les meetings ont toujours existé, ils n’ont pas attendu la FINA. Des meetings de grande amplitude, spectacles et compétitions. En Grande-Bretagne, vers 1900, le roi George V en avait présidé quelques-uns. Très loin dans le temps, au 17e siècle, le Japon les connaissait, et la Rome antique elle-même tint des naumachies. C’est dire.

Entre le souci de faire des sous et celui d’offrir un spectacle, la FINA n’a pas hésité à déplacer son cirque des lieux où le sport vivait à d’autres où les moyens financiers régnaient. De grands meetings du passé, au temps où l’institution de Lausanne  n’y avait pas mis son nez, se déroulaient à Paris, à Rome, à Boulogne-Billancourt, à Amersfoort, à Crystal Palace, à Yale, à Santa Clara, à Mission Viejo. Bien assis sur des lieux de vie férus de sport, où siégeaient de grands clubs.

La FINA n’a eu qu’à faire main basse sur cette tradition du spectacle aquatique. Aujourd’hui, la moitié des rendez-vous FINA se situent à Dubaï, à Doha, cités états bâtis sur des puits de pétrole qui ne produisent aucun nageur international, mais peuvent payer des sommes très élevées pour organiser, ou à Singapour, où la FINA s’installa afin de faire capoter (déjà) un projet de nageurs emmenés par Stephan CARON et Frédérick BOUSQUET.

Un même souci de « faire accroître la visibilité du sport » a amené Marculescu and co à pousser à un développement démesuré du programme. En natation de course, celui-ci avait été longtemps trop restreint, aux Jeux olympiques, et encore en 1956, à Melbourne, il ne comptait que treize épreuves, sept masculines et six féminines.

Mais graduellement, le nombre de courses avait augmenté, passait à 15 à Rome en 1960, à 18 à Tokyo en 1964, à 27 à Mexico en 1968, à 29 à Munich en 1972, et s’il baissait à 27 en 1976 à Montréal, il a sensiblement progressé en nombre d’épreuves et, avec l’eau libre, aujourd’hui, en était à 35 à Rio de Janeiro, en sera à 37 à Tokyo.

Mais la « FINA-Marculescu » pousse à l’acceptation d’autres épreuves, les 50 mètres de spécialités et les relais mixtes, inventions que n’eut pas reniées le cirque Bouglione…  En eau libre, outre le 10 kilomètres, elle ne cesse d’ « innover » : 5 km, 25 km, course mixte. La natation artistique est passée de deux ou trois à je ne sais combien d’épreuves aussi peu justifiées les unes que les autres. Idem pour le plongeon, seul le water-polo a été épargné par ce déluge inventif…

L’idée de vendre plus de jours et de créneaux de compétitions aux télés est certes centrale, dans tout ce déploiement.

LE POUVOIR VIENT D’EN HAUT ET L’ARGENT VIENT D’EN BAS

La FINA a organisé la traite de la natation mondiale comme s’il s’agissait de sa vache à lait. L’institution contraint en effet les organisateurs à respecter ce programme plein à éclater, et les coûts de la compétition ne cessent d’augmenter. Une équipe nationale complète de championnats du monde, sur une quarantaine d’épreuves, coûte deux fois plus cher que sur une vingtaine d’épreuves. Plus encore peut-être, parce que pour entrer tout le programme, la durée des grands rendez-vous est passée de 10 à 17 jours.

Voilà pour les concurrents : les organisateurs passent également à la caisse. Comme le programme est devenu pléthorique, avec ses épreuves redondantes et ses demi-finales à caser, qui allongent la sauce, le bassin des débuts, qui, comme au théâtre, organisait cette unité de lieu sans laquelle il n’était pas de bon spectacle, devient insuffisant. Le show éclate… On nage toujours dans un bassin, mais en exige un deuxième, olympique s’il vous plait, d’échauffement, un autre pour le water-polo, et un pour la synchro, sans oublier le plongeon et l’eau libre.

Belgrade, qui organisa les premiers championnats du monde en 1973, aurait l’air fraîche, aujourd’hui, avec son Centre nautique Tasmadjan. Pour accueillir l’événement, de nos jours, il lui faudrait s’ajouter un bassin olympique, un bassin de synchro, une fosse de plongeon adaptée, un ou deux bassins pour le water-polo, des dizaines de millions d’installations supplémentaires. La FINA-natation s’est employée pendant un siècle à développer le sport. Ces vingt dernières années, elle s’occupe à le métastaser…

LA FINATATION A PROMU DES EPREUVES OU ON NE SAIT MÊME PAS NAGER

Pendant qu’elle s’employait à pressurer les fédérations nationales et les organisateurs grâce à ses souvent douteuses innovations, la FINA leur enseignait à répercuter vers le bas les coûts de production et de participation qu’elle leur infligeait. C’est ainsi qu’en France, à l’école du racket lausannois, on fit monter les coûts tous azimuts. Les prix des licences, le droit d’organiser les championnats de France, les engagements dans les compétitions, les transferts, notamment ceux des nageurs du niveau équipe de France, furent taxés, des amendes élevées prévues dans certains cas, etc., une véritable culture du prélèvement et parfois de l’extorsion se mit en place. La FFN était supposée développer la pratique du sport. Elle fit de l’organisation des compétitions une affaire, avec des coûts d’engagements élevés ; et on multiplie les courses de sprint. Huit nageurs de 1500 qui disputent leur course vont prendre 20 minutes de bassin pour huit fois 9€, soit 72€, temps pendant lequel on va faire passer dix courses de sprint qui rapporteront 10 fois plus, soit 720€. A la fin de la journée, goûtez la différence.

…Si vous avez assisté comme moi à ces innombrables vagues de sprints en meeting, vous aurez noté en plus que 90% des participants à ces 50 mètres de spécialités ne savent presque pas nager…

Au bout du compte, on m’a affirmé que l’organisation d’un championnat d’Île-de-France rapportait 30.000€ à la région en un week-end. Bien entendu, l’essentiel est de savoir ce qui est fait de cet argent, c’est ca qui peut le rendre vertueux ou pas. En attendant, passez la monnaie.

Il a fallu une bataille électorale assez rude, en France, entre 2016 et 2017, pour qu’une nouvelle équipe chasse l’ancienne, et que soit rendue à la gouvernance fédérale une certaine cohérence morale.

L’idée qui prévaut à la FINA, c’est que la base de la pyramide est aux ordres du sommet. La notion de service est remplacée par celle de pouvoir. Les ordres viennent d’en haut, où se situe l’autorité suprême, concentrée entre deux ou trois paires de pattes aux griffes croches. Et l’argent circule vers le haut où les hauts dignitaires se gobergent à longueur d’année de nuits d’hôtels de standing et de généreux frais quotidiens (les fameux per diem).

La natation est la chose de la F.I. On impose le sigle F.I.N.A. partout où il y a du fric à faire, à l’international, et chaque fois que la F.I.N.A. juge qu’il s’agit de son domaine. La FINA s’octroie en toutes choses la part du lion.

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EXEMPLE INSEP : LA FÉDÉRATION FRANÇAISE A-T-ELLE HONTE DE SES CENTRES D’ENTRAÎNEMENT ?

Éric LAHMY

Jeudi 22 Novembre 2018

J’ai beaucoup aimé ce petit texte paru dans le site fédéral Extra Nat que je vous passe in extenso.

 « Jeudi 22 Novembre 2018 – 17:54
Le Centre national d’entraînement de l’INSEP performe lors des championnats de France 25m – C’est fort d’un bilan de 17 médailles – 6 en or, 6 en argent et 5 en bronze – conquises en quatre journées, que les nageurs du Centre national d’entraînement de l’INSEP sont repartis des championnats de France 25m de Montpellier. De quoi satisfaire pleinement les trois entraîneurs du CNE, qui avait fait de ce premier rendez-vous avec la concurrence nationale, une étape test dans la préparation de cette saison préolympique. Un bilan historique que la structure fédérale n’avait plus connu depuis le début des années 90 ! »

 La belle information que voilà. Mais ce qui m’intéresse, c’est pourquoi l’appartenance des nageurs aux divers centres nationaux d’entraînement a-t-elle disparu des résultats des championnats de France alors que cette appartenance était bien indiquée les années passées ? Pourquoi cette information qui permettait de distinguer les centres nationaux d’entraînement (et donc par exemple celui de l’INSEP) et d’évaluer leur job a-t-elle été jugée inutile et a-t-elle été effacée ?

Pourquoi les clubs comme le Stade de Vanves ou Montpellier Métropole qui n’entraînent pas leurs nageurs vedettes sont-ils cités auprès des noms des nageurs et de leurs résultats (ce qui ne me dérange pas d’ailleurs) tandis que les centres qui les hébergent et les préparent et font tout le boulot à l’année passent à la trappe ? 

Pourra-t-on me l’expliquer? Non, on ne pourra pas, parce que c’est tellement idiot que personne n’aura le courage de me donner une explication qui de toute façon ne tiendra pas debout.

Pourquoi en lisant les résultats des championnats de France, ne voit-on pas la distinction entre Roman FUCHS, le vainqueur du 400 mètres, qui est entraîné à l’INSEP par Michel CHRETIEN et Mewen TOMAC qui est entraîné à Amiens par son remplaçant Mathieu NEUILLET, distinction que je ne puis faire et que je n’apprends que quand Jérémy STRAVIUS prend la peine d’en faire la remarque à travers le Facebook de Swim Swam français ?

Et dès lors, pourquoi, une fois passés les championnats de France, la Fédération française de natation qui a bien planqué l’info vient-elle se glorifier à la 13e heure du travail qui a été si bien fait par le Centre, du combien de médailles qui ont été gagnées, mais de manière « modeste », entre nous, au milieu d’un tombereau d’infos ExtraNat, après nous l’avoir caché comme une maladie honteuse et sans même nous faire savoir qui sont les nageurs du Centre médaillés, ni d’ailleurs nous donner les résultats des autres mystérieux centres où se concocte notre « excellence » ?

Curieux, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CHAMPIONNATS DE FRANCE D’HIVER DE MONTPELLIER LOIN DES YEUX, PRÈS DU CŒUR

Éric LAHMY

Montréal, Mardi 20 Novembre 2018

Vus de 5000 kilomètres, les championnats de France deviennent une sorte de distraction : où en sont-ils ? Je ne sais pas trop s’ils ont connu un succès médiatique. J’imagine que les télés se sont moins ruées qu’aux temps de Laure ou de Florent, de Yannick, et des deux Camille (Muffat et Lacourt)…

Mais bon, les télés, c’est comme les hirondelles ; au premier signe de beau temps, elles reviendront.

Je me branche sur le « cloud » des infos électroniques…

Des échos enthousiastes remontent depuis Facebook. Des enthousiastes très domestiques, Facebook est l’invasion du public par le privé, de l’infiniment grand par le définitivement petit. Le père, la sœur, les meilleurs copains viennent dire combien vous êtes mignons, uniques, combien ce que vous avez accompli est gigantesque. Messages illustrés de cœurs ou de sourires réjouis… C’est souvent répétitif, on ajoute des petits « émoticines » au message, à la fois cucul et attendrissants.

D’ailleurs, c’est à ce niveau intime que la natation représente une aventure qui vaut d’être vécue… Michaël PHELPS, avant ses grandes finales que scrutaient un milliard de téléspectateurs, allait chercher des yeux ce coin des tribunes où se trouvait son groupe, essentiellement sa mère et sa sœur aînée…

On appartient à une famille, à un camp, mais aussi à un club, et bien entendu surtout à soi-même. Les appartenances ne sont plus ce qu’elles étaient. Jérémy STRAVIUS se réalise maintenant à Nice, avec Fabrice PELLERIN, mais il est toujours amiénois, sur le papier, sans doute dans son cœur comme dans ses intérêts (partenaires locaux et le « kart » qu’il projette).

Jordan POTHAIN a coupé plus clairement le cordon avec Grenoble et signé à Nice, mais, comme il l’a clairement expliqué ici, il n’a pas renié certaines attaches – ainsi avec Guy LA ROCCA. J’ai vu que Fantine LESAFFRE, grande voyageuse devant l’Eternel, a signé au Stade de Vanves (comme Joris BOUCHAUT d’ailleurs) mais si elle a quitté Mathieu BURBAN (Marseille) qui l’avait amenée au titre européen comme auparavant Guillaume STROHMEYER (Mulhouse), et, plus loin encore dans le temps, Xavier IDOUX (Rennes), elle est depuis août dernier dirigée par Franck ESPOSITO à Antibes…

On n’attendait guère grand’ chose de ces championnats au plan de l’énorme, du ‘’mondial’’, on n’a pas trouvé un 3e MANAUDOU, un 2e LACOURT ou AGNEL, une nouvelle MUFFAT. La natation française se reconstruit, parait-il, et donc prendre connaissance de ce qu’il s’est passé à Montpellier, ce long week-end, ressemble à visiter un chantier.

LE 100 METRES SANS METELLA NI STRAVIUS, C’EST L’EFFET PAPILLON ?

Il y en a même qui rajoutent à ce sentiment. Prenez Mehdy METELLA, il a été l’exemple type du nageur dont on ne savait trop où il allait. Annoncé sur  50, 100, 200 et 400 libre, 50 et 100 papillon et deux relais, il déclare forfait sur la moitié de ce programme, nage le 400 (moins vite que Charlotte BONNET), gagne quand même le 100 mètres papillon, finit 4e du 50 libre et se présente dans les relais quatre fois 50 libre et 4 nages.

C’est sans doute ce qui s’appelle papillonner ??    

Mehdy n’est peut-être, au fond, qu’une des nombreuses victimes du programme imposé par la FINA, programme qui est devenu un large creuset bardé d’épreuves, 41 courses (enfoncé l’athlétisme, qui en compte vingt-six) disputées à Montpellier ! La FINA, on le sait, a voulu changer la natation en ‘’finatation’’, le résultat est un peu épuisant à suivre, et je ne sais pas si les nageurs en sortent gagnants.

Ce qui est sûr, c’est que cette inflation dévalue la victoire individuelle.

Le symptôme d’une telle perte de sens, à Montpellier, c’est que la « course reine », ainsi nommée, du programme masculin, le 100 mètres nage libre, se dispute en l’absence de ses deux ténors. Ni METELLA, ni STRAVIUS ne daignent s’y présenter. METELLA aurait-il gagné ? Â peu près sûr… Quant à STRAVIUS. Si je note que Jérémy a nagé au départ du relais 21s62 au 50 et qu’il a gagné le 200 en 1’43s28, sachant ce que je sais du registre d’un nageur, je présume que Jérémy valait autour de 47s2 sur 100, soit une demi-seconde de mieux que le vainqueur, Oussama SAHNOUNE.

D’ailleurs, opposé dans le relais quatre fois 50 à SAHNOUNE, il l’a devancé de 0s25. Plus rapide et plus résistant que le sprinteur algérien de Marseille, Jérémy n’aurait pu que le battre…

LE PATRON S’APPELLE CHARLOTTE

Etonnant, STRAVIUS. Son passage sous la houlette de Fabrice PELLERIN semble l’avoir régénéré. Ce n’est pas tant qu’il nage plus vite, à 30 ans, cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique mais le changement d’air lui va bien.

On m’a dit que ses récentes déclarations étaient maladroites, ou choquantes, rapport à son ancien entraîneur. Rien n’est moins sûr, même si dans la sécheresse du rapport écrit de ses dires a disparu le ton employé, qui aurait sans doute adouci la portée des propos; d’ailleurs le divorce était consommé depuis longtemps et je suis persuadé que STRAVIUS admettrait sans barguigner ce que Michel CHRETIEN lui a apporté dans sa carrière. Mais encore faudrait-il que quelqu’un lui pose la question !

Je ne vous étonnerai pas en disant que « le » nageur français de ces championnats, c’est Charlotte BONNET, et donc qu’en l’occurrence c’est le féminin qui l’emporte. Charlotte, à mes yeux, c’est la fille qui n’a pas raté une course depuis… depuis disons cinq ans, plus, moins ??? L’événement, à Montpellier, la concernant, c’est qu’elle ait été battue sur 50 mètres. Pour le reste, c’est elle, le roi Midas des championnats, elle change en or tout ce qu’elle touche : 100, 200, 400 mètres, et un 50 brasse pour faire bonne mesure.

Celle qui l’approche, en termes de réussite, c’est Fantine LESAFFRE, redoutable dès que ça devient difficile, et qui gagne ses deux courses de quatre nages et le 800 mètres. Dans l’idée, on se dit que le 400 mètres nage libre, où elles s’affrontent, élira la reine des championnats. Le suspense n’est pas long ! BONNET prend trois secondes d’avance dès les premiers cent mètres, mène de trois longueurs à mi-course devant LESAFFRE et ne sera jamais rejointe.

C’est la force de Charlotte, sa faculté de partir vite et de ne laisser revenir personne. Dès le départ, elle ne parait s’embarrasser d’aucune autre stratégie que celle qui revient à faire exploser la course. Ça me fait penser à cette conviction assénée par Philippe HELLARD, depuis 18 ans le directeur de recherche de la Fédération, selon qui (je résume et espère ne pas trop tortiller sa pensée) que LE GRAND NAGEUR DEVAIT SAVOIR PARTIR VITE. DEVAIT SAVOIR CHANGER DE RYTHME (ET DONC OUBLIER LES COMPTAGES DE COUPS DE BRAS). ET SAVOIR NE PAS SE FAIRE REPRENDRE, BIEN SÛR…

Sujet suivant. La jonction parait faite entre l’eau libre et le demi-fond en piscine, qui s’enrichit d’une course supplémentaire, le 800 mètres pour les hommes, le 1500 pour les femmes. Trois « marathoniens » de service font un, deux, trois, sur 800 et 1500 messieurs, et dans le même ordre : AUBRY, BOUCHAUT et OLIVIER. Côté filles, Lara GRANGEON et Sharon VAN ROUWENDAAL priment sur 1500 mètres.

Une bonne nouvelle, dans cette natation qui cherche un nouveau souffle : la nage libre (messieurs) reste relativement solide. Avec un petit plus pour le demi-fond grâce au panachage heureux des exposants du bassin et ceux de l’eau libre (lesquels s’entraînent d’ailleurs en bassin). Stéphane LECAT, directeur de la discipline, rappelait d’ailleurs opportunément à ses ouailles qu’elles se devaient d’améliorer leurs performances de piscine pour espérer s’imposer dans les sprints féroces qui concluent les courses de pleine eau !

Bien entendu, je ne sais pas trop si Lecat laissera ses marathoniens jouer le jeu de la piscine au-delà des championnats de France. Cela dit, si Aubry ou Olivier nageaient 14’40s en grand bassin, ils auraient tort de ne pas essayer.

Jordan Pothain nage encore en point d’interrogation. Ce qu’il fait n’est pas mal, mais ce n’est pas encore gagnant.

DU NOUVEAU EN DOS : YOHANN NDOYE BROUARD ET MEWEN TOMAC

Ce qui m’a le plus frappé dans tout cela, c’est les résultats du dos masculin. Il y a un an et demi, dans le marasme des championnats de printemps 2017, on avait accueilli comme le sauveur le Clermontois Geoffroy MATHIEU, en raison d’un 1’57s04 sur 200 dos qui avait paru miraculeux. Mais « l’avenir doré de la natation française » ne brilla guère aux mondiaux de Budapest et l’année suivante échoua en demi-finales des championnats d’Europe.

Elève ingénieur à l’école Sigma de Clermont, il s’est lancé dans cinq années d’études étalées en sept. Mais le souci de Geoffroy, c’est le manque de vitesse, et c’est là-dessus que le jeune Yohann NDOYE BROUARD, Annecien récemment intégré à l’INSEP, s’est imposé. Coaché par Michel CHRETIEN et Mathias MERCADAL, il a gagné le 200 dos en 1’52s78 alors que son record était de 1’56s83, et le 100 dos en 51s86 contre 53s6. Ça s’appelle progresser !! Dans la finale, un Amiénois, autre élève de CHRETIEN,  Mewen TOMAC, 17 ans… La relève est là.

 

[Dans les classements sélectifs qui suivent, vous trouverez à chaque course la performance qui correspond à 850 points qui vaut peu ou prou la valeur internationale. Je n’ai publié les noms que des nageurs qui dépassent cette valeur ou, parfois, qui la frôlent de vraiment très près, sauf quand il s’agit du champion ou de la championne de France, que j’ai retenu systématiquement, même si sa valeur est inférieure à 850 points.

J’y ai ajouté les noms et résultats des jeunes qui ont battu une meilleure performance dans une catégorie d’âge].

MESSIEURS

50 libre (21s38) : 1. Lionel GOVINDIN, CN Marseille, 21s62.

100 libre (47s44) : 1. Omar SAHNOUNE, Algérie, CN Marseille, 47s72 ; 2. Tom PACO PEDRONI, Nice Olympic, 47s81. … 5e. Julien BEROL, Mulhouse, 48s36 (m.p.f. 17 ans).

200 libre (1’44s90) : 1. Jérémy STRAVIUS, Amiens Métropole, 1’43s28 ; 2. Roman FUCHS, Amiens Métropole, 1’44s62 ; 3. Jonathan ATSU, D Toulouse OEC, 1’44s80 ; 4. Jordan POTHAIN, Olympic Nice, 1’44s89.

400 libre (3’44s06) : 1. Roman FUCHS, Amiens Métropole, 3’41s12 ; 2. David AUBRY, Montpellier Métropole, 3’43s ; 3. Joris BOUCHAUT, Vanves, 3’43s22 ; 4. Jordan POTHAIN, Nice Olympic, 3’43s44.

800 libre (7’48s10) : 1. David AUBRY, Montpellier Métropole, 7’36s45 ; 2. Joris BOUCHAUT, Stade de Vanves, 7’41s29 ; 3. Marc-Antoine OLIVIER, Denain Hainaut, 7’44s54 ; 4. Paul BEAUGRAND, Antibes, 7’44s95 ; 5. Nicolas DORIANO, Antibes, 7’48s12. 

1500 libre (14’55s26) : 1. David AUBRY, Montpellier Métropole, 14’32s78 ; 2. Joris BOUCHAUT, Stade de Vanves, 14’43s35; 3. Marc-Antoine OLIVIER, Denain Hainaut, 14’46s85 ; 4. Paul BEAUGRAND, Antibes, 14’49s; … 6. Clément KUKLA, Sarcelles, 15’4s59 (m.p.f. 16 ans).

50 dos (23s45) : 1. Jérémy STRAVIUS, Olympic Nice, 23s27.

100 dos (51s64) : 1. Yohann NDOYE BROUARD, D. Annecy, 51s86; … 5. Mewen TOMAC, Amiens Métropole, 53s28 (m.p.f. 17 ans).

200 dos (1’51s51) : 1. Yohann NDOYE BROUARD, D. Annecy, 1’52s78. … 4e. Mewen TOMAC, Amiens Métropole, 1’55s77 (en séries) et 1’54s85 (m.p.f. 17 ans).

50 brasse (26s65): 1. Jean DENCAUSSE, CN Marseille, 27s29… Mateo GIRARDET, Mulhouse, 27s68, (m.p.f. 17 ans).

100 brasse (58s70): 1. Jean DENCAUSSE, CN Marseille, 58s54 ; 2. Thibault CAPITAINE, Cergy Pontoise, 58s62.

200 brasse (2’7s18) : 1. Thibaut CAPITAINE, Cergy Pontoise, 2’4s93 ; 2. Antoine VIQUERAT, D Toulouse OEC, 2’5s41.

50 papillon (23s01) : 1. Julien HENX, Luxembourg, Talence, 23s31 ; 2. Serguei COMTE, Bron, 23s49.

100 papillon (51s13): 1. Mehdy METELLA, CN Marseille, 49s58 (record de France); ; 2. Jérémy STRAVIUS (Nice Olympic), 50s40 ; 3. Nans ROCH, Antibes, 51s09… 19. Léon MARCHAND, Toulouse, 53s97 (m.p.f. 16 ans).

200 papillon (1’54s60): 1. Nans ROCH, CN Antibes, 1’53s76 (en séries, 1’53s44); 2. Jérémy DESPLANCHES, Nice Olympic, 1’53s93. Léon MARCHAND, Toulouse, 2’0s33 (en séries) et 2’0s23 (m.p.f. 16 ans).

100 4 nages (53s48) : 1. Jérémy STRAVIUS, Amiens Métropole, 52s38; 2. Jérémy DESPLANCHES, Suisse et Nice Olympic, 53s04 ; … 4. Clément BIDARD, Mulhouse, 54s45 (m.p.f. 17 ans); … 9. Léon MARCHAND, DTOEC, 55s72 en séries, 55s50 (m.p.f. 16 ans).       

200 4 nages (1’55s73) : 1. Jérémy DESPLANCHES, Suisse, Olympic Nice, 1’53s51; 2. Jérémy STRAVIUS, Olympic Nice, 1’56s98. … 4. Clément BIDARD, Mulhouse, 1’59s62 (en séries) et 1’58s16 (m.p.f. 16 ans)… 10. Léon MARCHAND, Toulouse, 2’0s66 (m.p.f. 16 ans).

400 4 nages (4’8s60) : 1. Jérémy DESPLANCHES, Olympic Nice, 4’4s89 ; 2. Léo BERRY, Angers, 4’12s14; … 8. Léon MARCHAND, D. Toulouse OEC, 4’18s (en séries) et 4’17s25 (m.p.f. 16 ans).

DAMES

50 libre (24s53) : 1. Mélanie HENIQUE, CN Marseille, 24s03 ; 2. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 24s16 ; 3. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 24s34 ; … 18. Lucile TESSARIOL, Mérignac, 25s85 (en séries) et 25s82 (m.p.f. 14 ans).

100 libre (53s74) : 1. Charlotte BONNET, Nice Olympic, 52s; 2. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 52s39; 3. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 53s34.

200 libre (1’56s94): 1. Charlotte BONNET, Nice Olympic, 1’52s83; 2. Alizée MOREL, D Toulouse OEC, 1’56s30; … 6. Marine NECTOUX, Saint-Raphaël, 1’59s48 (m.p.f. 14 ans, ancienne Lucie TESSARIOL, Mérignac, 2’0s52 lors de la finale C).

400 libre (4’7s57): 1. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 4’2s19; 2. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 4’7s55; … 5. Marine NECTOU, Saint-Raphaël,4’16s29 (en séries) et 4’12s98 (m.p.f. 14 ans).

800 libre (8’26s02): 1. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 8’21s89 ; 2. Anna EGOROVA, Russie, Montpellier Métropole, 8’22s13… 8. Marine NECTOUX, Saint-Raphaël, 8’44s14 (m.p.f.  14 ans).

1500 libre (16’10s90): 1. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 16’3s77; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, Pays-Bas, Montpellier Métropole, 16’9s50.

50 dos (27s09) : 1. Mathilde CINI, 26s46 (record de France) ; 2. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 26s64 ; …5. Louise LEFEBVRE, Mulhouse, 27s97 (m.fp.f. 15 et 16 ans en séries, 27s74 (m.p.f. 15, 16 et 17 ans).

100 dos (58s09) : 1. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 57s69 ; 2. Mathilde CINI, Valence, 58s01 ; 3. Louise LEFEBVRE, Mulhouse, 58s71 (m.p.f. 15 ans).

200 dos (2’5s86) : 1. Valeria EGOROVA, Russie, Montpellier Métropole, 2’6s66 ; 2. Louise LEFEBVRE, 15 ans, Mulhouse, 2’7s92.

50 brasse (30s40) : 1. Charlotte BONNET, Nice Olympic, 29s98 (Record de France)…. 14. Justine DELMAS, Cercle Nageurs Ouest, 32s50 (en séries) et 32s44 (m.p.f. 13 et 14 ans).

100 brasse (1’5s83) : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 1’6s10… 8. Justine DELMAS, Cercle Nageurs Ouest, 1’10s27 (en séries) et 1’9s71 (m.p.f 13 ans).

200 brasse (2’22s06) : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 2’23s38; … 6. Justine DELMAS, 13 ans,  CN Ouest, 2’30s30 (séries), et 2’29s29, m.p.f. 14 ans).

50 papillon (25s73) : 1. Mélanie HENIQUE, CN Marseille, 25s05 (record de France) ; 2. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 25s68 ; 3. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 25s70 ; … 6. Naële PORTECOP, Amiens, 26s55 (m.p.f. 15 ans).

100 papillon (57s64) : 1. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 56s92.

200 papillon (2’6s26) : 1. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 2’7s69… 20. Justine DELMAS, Cercle Nageurs Ouest, 2’19s79 (m.p.f. 13 ans).

100 4 nages (59s82) : 1. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 58s67 ; 2. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 59s91… 23. Justine DELMAS, 1’5s61 (m.p.f. 13 ans).

200 4 nages (2’8s64) : 1. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 2’7s67 (record de France) ; … 22. Justine DELMAS, CN Ouest, 2’20s13 (m.p.f. 13 ans).

400 4 nages (4’33s90) : 1. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 4’28s13 ; 2. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 4’31s21… 10. Noah BONDOUY, ES Massy, 4’52s70 (m.p.f. 14 ans).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IKEE ET HOHASI EN VERVE ET EN GRAND BASSIN

Eric LAHMY

Dimanche 18 Novembre 2018

Baptisé d’après son nageur de brasse devenu une légende vivante dans son pays, le meeting Kosuke Kitajima, qui se tient au Centre national de natation Tatsumi, a offert une compétition en grand bassin de grande classe au milieu d’une activité plutôt tournée vers le « petit bain ». Les filles ont été à l’honneur – elles qui ont rarement égalé les hommes dans la natation japonaise. Tout d’abord, Yui HOHASHI, qui a dominé la saison sur 400 mètres quatre nages dames, a réussi un temps de 4’32s juste, confirmant sa supériorité que seule pourrait contester aujourd’hui la recordwoman hongroise Katinka HOSSZU.

Rikako IKEE, pour sa part, a nagé un 100 papillon en 57s06, ce qui n’a rien d’exceptionnel pour elle, qui a déjà nagé la distance en 56s08 cette saison, lors des Pan Pacifics – mais elle venait de nager un 800 mètres dont elle avait terminé 10e en 9’14s54 après avoir « beaucoup souffert » et « songé à abandonner. »

IKEE a surtout nagé un 100 mètres libre en 52s79, ce qui améliore son record national, 53s03, établi en avril dernier aux championnats du Japon. IKEE nagera en cette fin de semaine au meeting par invitations de Tokyo, en petit bain, mais n’honorera pas de sa présence les mondiaux en petit bassin, au mois de décembre.

Yoshida KEISUKE, un nageur de dix-huit ans, a réussi un doublé sur 200 (en 1’47s02), et 400 mètres (où il devançait Kosuke HAGINO en 3’48s51). HAGINO, lui, a réussi 1’59s04 et 4’15s70 aux 200 et 400 mètres quatre nages.

Sur 100 mètres, Katsumi NAKAMURA a nagé en 22s05 (50 mètres) et 48s43 (100 mètres).