INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE CONTRE FINA, ÇA NE FAIT PEUT-ÊTRE QUE COMMENCER

Éric LAHMY

Dimanche 18 Novembre 2018

Lu dans le blog de SwimVortex, qu’anime toujours Craig Lord, au sujet de la « non-approbation » du meeting de l’International Swimming League qui devait se tenir les 21 et 22 décembre à Turin et a été finalement annulé par la fédération italienne de natation. L’affaire avait débuté beaucoup plus tôt que les premières communications qui en ont été faites par ISL à la mi juin dernier. Il semble que le financier de l’ISL, Konstantin Grigorishin, avait rencontré les responsables de la Fédération internationale à plusieurs reprises. Il lui avait été répondu qu’il lui fallait payer deux millions de dollars le privilège d’avoir une chance de voir approuver son meeting de deux journées. Lord souligne l’incongruité d’une telle demande, laquelle n’a d’ailleurs pas été rendue publique par la FINA, sachant que des meetings équivalents, comme « l’US Pro Tour, empli de nageurs non américains, fier à bon droit de cela et en bénéficiant, est-il un meeting approuvé par la FINA » se demande-t-il ?

Est-il possible que la FINA, ayant frappé d’interdiction le meeting de Turin parce que l’approbation de la FINA n’avait pas été soumise, « ait pu ne pas mentionner à ses 209 fédérations membres que les responsables de la FINA avaient constamment négocié avec ceux d’ISL et leur avaient demandé $2 millions, sans qu’aucun règlement de la Fédération internationale ne paraisse autoriser un quelconque de ses responsables à demander quelque argent que ce soit, sans parler de deux millions ? »

 Lord pose quelques questions pertinentes. « La bataille, écrit-il, vient juste de commencer pour l’avenir de la natation et les droits des nageurs de recevoir un salaire de l’exercice de leur profession, tandis que le profil du sport recevrait un plus en termes de croissance authentique et non pas par de simples additions d’événements de formats mondiaux créés dans le but de nourrir le cirque FINA et sa constante boursouflure dans un calendrier pléthorique, que sa taille même prévient toute personne située à l’intérieur du monde aquatique de s’y intéresser.

Selon une interview exclusive que Grigorishin a accordée au Sunday Times, “la FINA entend retenir son monopole de 110 années. Elle n’a jamais été confrontée à un combat contre de vraies personnes ; elle a seulement malmené des enfants sans expériences. Je leur ai dit que j’étais prêt à un grand procès. J’aimerais savoir pourquoi les nageurs doivent s’entendre dire où ils doivent ou ne doivent pas pouvoir nager afin de gagner leur vie par des personnes qui restreignent leurs droits, qui leur disent quel commanditaire doit avoir son nom sur leur bonnet de bain et n’assurent ni un salaire, ni des garanties sociales ni sécurité sociale, ni assurance médicale ou assurance tout court, ni pensions de retraite,”

Il doit y avoir là les bases d’un procès qui pourrait miner définitivement les pratiques malsaines des dirigeants internationaux. Et les moyens financiers pour mener ce combat ne manquent pas. Grigorishin pèse plus d’un milliard de dollars, souligne Craig Lord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SINGAPOUR : XU JIAYU EN DOS MAJEUR À LA POURSUITE DE LUI-MÊME

Éric LAHMY

Samedi 17 Novembre 2018

Savez-vous ce qu’est un xu ? Moi non plus, mais le dico Merriam-Webster me l’a confié. C’est une monnaie sud-vietnamienne, et qui valait un centième de dong. Le nom xu, vous en seriez-vous douté, venait du sou français, vu qu’à l’époque, la France, qu’on le veuille ou non, disposait d’un empire colonial…

Aujourd’hui, un Xu est tout à fait autre chose. En natation, ce n’est pas de l’argent, mais il évolue dans l’élément liquide, se positionnant toujours côté face. Bref Xu est un nageur de dos chinois très, très rapide.

Ce XU, qui se prénomme Jiayu, a failli améliorer à Singapour aujourd’hui son record du monde petit bassin des 100 mètres dos, établi trente-sept jours plus tôt à Tokyo. Ce jour-là, le Chinois avait effacé avec 48s88 le record du jeune Clément KOLESNIKOV, 48s99 (Copenhague, 15 décembre 2017). KOLESNIKOV avait établi là à la fois le record mondial junior et senior. XU, à 23 ans (il est né le 19 août 1995), en raccourcissant de onze centièmes de seconde la durée du parcours, avait rétabli une différence entre le record absolu et celui des jeunes.

À Singapour, quoiqu’il soit très difficile de présumer une intention à partir d’un temps de passage, on peut soupçonner que XU préméditait un grand coup (d’ailleurs, même si je pense pis que pendre de la FINA, elle paie les records du monde et XU, rien que pour cela, aurait eu tort de ne pas essayer).

Il n’est pas interdit de penser non plus qu’il essayait par la même occasion de se mettre à l’abri de Mitchell LARKIN, l’ex-champion du monde australien qu’il a régulièrement battu ces derniers temps, mais d’assez peu, et à qui la supériorité du Chinois ne convient sûrement pas. Entre eux, deux années de différence d’âge suffisent à faire de leurs affrontements une querelle de générations (avant qu’ils ne rencontrent KOLESNIKOV, né, lui, le 9 juillet 2000 !).

Toujours est-il que XU passait en 23s65, 0s11 plus vite qu’à Tokyo. Mais il finissait un peu moins vite. LARKIN, largué au deuxième virage, faisait plus que jeu égal ensuite, mais payait son retard initial et finissait à une brassée, 48s98 contre 49s38…

SARAH SJÖSTRÖM LES A TOUTES EUES À L’USURE

On ne saurait dire si Sarah SJÖSTRÖM a retrouvé une grande forme ou si ses adversaires sont encore plus cramées qu’elle par les incessants va-et-vient, décalages horaires, différents lits d’hôtels, et autres affûtages qu’exige d’eux le programme de la World Cup, toujours est-il qu’elle s’est payée deux victoires dans cette dernière journée, sur 100 papillon et sur 100 libre s’il vous plait, et que KROMOWIDJOJO, cette fois, n’a pas existé en crawl, ayant été dépassée également par Femke HEEMSKERK, ce qui n’a pas dû lui arriver souvent en sprint. KROMOWIDJOJO n’a même pas cherché l’affrontement en papillon où elle s’est fait porter pâle. Les calculs qui fleurissaient sur les possibilités de remonter SJÖSTRÖM aux points, pour Katinka HOSSZU dans la Coupe, en seront pour leurs frais. Après le rapproché précédent, Katinka a vu à nouveau la « proie » lui échapper.

La Hongroise a bien gagné les 200 quatre nages, mais en est restée à ce résultat minimum pour une fille de son talent. Elle n’est plus à la place qu’elle pouvait revendiquer encore en 2016 de probable meilleure dossiste du monde – même si elle en reste une formidable exposante – et n’a pu rien faire contre les Australiennes de service, Emily SEEBOHM et Minna ATHERTON, en l’absence des deux vraies patronnes de la spécialité, Kathllen BAKER et Kylie MASSE.

Les deux ondines de Brisbane (elles s’entraînent ensemble) lui ont bel et bien faussé compagnie. ATHERTON se lança tellement vite qu’on aurait pu se demander si elle ne croyait pas disputer un 100 au lieu d’un 200 dos. Elle amassa une avance considérable de presqu’une longueur à mi-course, mais commença à payer sa témérité juste après le quatrième virage, et ne cessa de baisser de rythme. SEEBOHM n’eut plus qu’à la cueillir telle un fruit mur dans l’ultime longueur !

À part ça, quoi de notable ? Michael ANDREW, en 22s37 et 22s32, bat et rebat son record américain en petit bassin, et continue de construire sa jeune carrière de pur sprinteur, nous informent les amis de SwimSwam ; Anton CHUPKOV parvient à devancer Kiril PRIGODA, sur 200 brasse, ce qui n’était plus arrivé depuis des semaines. Mais on peut dire de ces deux là qu’ils se tiennent par la barbichette !

C’est un peu partout ce même scénario, répétitif (sauf sans doute pour le public présent), ces duels que l’on retrouve d’une semaine ou d’un mois à l’autre, le côté ronron de la World Cup. Les organisateurs essaient de la renouveler, mais c’est la formule elle-même qui a quelque chose d’un défaut générique.

La seule World Cup qui pourrait tenir la route, à mon avis, est une World Cup qui s’organiserait autour d’une série de tournois de qualifications continentaux dans les cinq parties du monde, pour aboutir à une finale qui serait les championnats du monde annuels et en petit bassin. A ce moment, une gradation dans l’intérêt se construirait et se maintiendrait à travers les tournois, sans doute mieux qu’avec dix duels copiés-collés entre Sjöström et Kromowidjojo, ici, Pieroni et Chalmers là, Chose et Machin ailleurs, espacés d’une ou deux semaines ; et toutes les natations qui ne s’intéressent pas à la formule se sentiraient impliquées.

…Ou pas !

MESSIEURS.- 200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s15 ; 2. Kyle CHALMERS, Australie, 1’41s50 ; 3. Velimir STJEPANOVIC, Serbie, 1’43s32.

100 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 48s98 (23s65) ; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 49s38

200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, Russie, 2’1s73 ; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 2’1s85 ; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’3s45 ; 4. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’3s49 ; 5. Matthew WILSON, Australie, et Marco KOCH, Allemagne, 2’3s56

50 papillon : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 22s17 ; 2. Michael ANDREW, USA, 22s32 ; 3. Joseph SCHOOLING, Singapour, 22s40; 4.Yauhen TSURKIN, Biélorussie, 22s61; 5. LI Zuhao, Chine, 22s74; 6. TEONG Tzen Wei, Singapour, 22s85.

400 quatre nages : 1. WANG Shun, Chine, 3’59s99 ; 2. Hiromasa FUJIMORI, 4’3s54; 3. David VERRASZTO, Hongrie, 4’4s21

DAMES.- 100 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s13 ; 2. Femke HEEMSKERK, Suède, 51s29; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, 5156; 4. Pernille BLUM, Danemark, 52s04.

800 mètres: Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 8’33s.

200 dos : 1. Emily SEBOHM, Australie, 2’1s60 [28s86, 59s91, 1’31s13, 2’1s50, soit: 28s86, 30s05, 31s22, 30s37]; 2. Minna ATHERTON, Australie, 2’2s20 [27s96, 58s71, 1’30s46, 2’2s20, soit 27s96, 30s75, 31s75, 31s74]; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s43; 4. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 2’3s59.

50 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 28s93 ; 2. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s25

100 papillon: 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 55s73 (25s47 !) ; 2. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 56s95.

200 quatre nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’4s79 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s95 ; 3. Siobhan O’CONNOR, 2’7s95.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UN VLADIMIR MOROZOV SUPERLATIF, SUR 100 METRES, A 1/100e DU RECORD DE LEVEAUX

Eric LAHMY

Vendredi 16 Novembre 2018

Je ne dirais pas qu’on le sentait venir, mais Vladimir MOROZOV, à défaut d’effacer le nom d’Amaury LEVEAUX de la liste des recordmen du monde en petit bassin du 100 mètres, a rejoint le Français sous les 45 secondes, et l’a approché d’un centième, avec 44s95 contre 44s94, au cours de la deuxième journée du meeting de Singapour. Après s’être qualifié sans effort, en 47s03, à la ligne 4, il passait selon son habitude très vite en finale, en 21s34 au 2e mur de virage, 0s10 plus vite que six jours plus tôt à Tokyo, quand il avait établi le record « world cup », l’amenant à 45s16. Amaury LEVEAUX, lorsqu’il avait réussi ses 44s94, le 13 décembre 2008 à Rijeka, en Croatie, était passé plus lentement, en 21s72.

Peut-être parce que Leveaux était plus résistant, comme le démontraient ses temps sur 200 mètres, alors que MOROZOV s’approche plus, techniquement et physiologiquement, du profil du sprinteur pur ; peut-être aussi parce qu’à l’époque des combinaisons polyuréthane, la flottabilité du nageur était mieux assurée ; sans doute enfin parce qu’en passant plus vite, on se condamne simplement à finir moins bien, Vladimir n’a pas pu conserver son avance. Mais il ne s’en est pas fallu de beaucoup, et nul ne peut prédire si le Russe ne peut faire un petit peu mieux d’ici les mondiaux en petit bassin, à la mi-décembre.

Derrière lui, Kyle CHALMERS, s’il subissait la vitesse de base du vainqueur, ne perdait plus rien après les 50 et remontait même légèrement. Mais il restait à un mètre du vainqueur à l’arrivée.

Le meeting apparut assez peu fréquenté dans certaines courses, ce qui donna quelques « cavaliers seuls », comme celui de Katinka HOSSZU qui laissa sa seconde, Boglarka KAPAS, à quatorze secondes ! ou de Femke Heemskerk, qui gagna le 200 mètres libre dames délaissé par SJÖSTRÖM, avec deux grosses longueurs d’avance. En brasse, Alia ATKINSON ne laissa aucune chance à Yulia EFIMOVA…

Mauvaise pioche pour cette pauvre HOSSZU, débuter son après-midi par un 400 quatre nages, et, en outre, le parcourir à fond la caisse, cela a pu laisser des traces, quand elle se présente au départ du 100 dos. Surtout avec les gros bras qui se concentrent dans l’épreuve. Kira TOUSSAINT, qui a alterné l’excellent et l’encore meilleur pendant cette Coupe du monde trouve le moyen de devancer Minna ATHERTON dans un temps de 55s.

Mais on sait que Hosszu marche à l’orgueil, et que si elle donne une certaine importance (financière) aux meetings, n’en garde pas moins l’œil fixé sur les « grandes » compétitions, celles qui construisent votre palmarès. Quand elle nage dans les meetings, World Cup ou pas, elle se prépare pour autre chose…

 

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 44s95 (record, ancien, 45s16 par lui-même) ; 2. Kyle CHALMERS, Australie, 45s54 ; 3. Blake PIERONI, USA, 46s26.

1500 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 14’44s22

50 dos: 1. XU Jiayu, Chine, 22s71; 2. Michael ANDREW, USA, 23s11

50 brasse: 1. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 25s95; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 26s01; 3. Peter STEVENS, Slovaquie, 26s09; 4. Michael ANDREW, USA, 26s10; 5. YAN Zibei, Chine, 26s32.

200 papillon: 1. LI Zuhao, Chine, 1’50s96; 2. WANG Kuan-Hung, Taipeh, 1’52s38 ; 3. Masayuki UMEMOTO, Japon, 1’52s72; 4. Sajan Prakash PRAKASH, Inde, 1’53s47.

200 4 nages : 1. Shun WANG, Chine, 1’51s84; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 1’52s21; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 1’53s86.

DAMES.- 200 mètres : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’52s57.

100 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 55s92 ; 2. Minna ATHERTON, Australie, 56s21 ; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 56s47; 4. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s66.

100 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’2s74; 2. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’3s58.

50 papillon: 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s63; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s64 ; 3. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 25s54.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’24s02.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PAOLO BARELLI : « LE HONTEUX COMPORTEMENT DE LA FINA »

Vendredi 16 Novembre 2018

Suite à la pénible affaire de l’annulation du meeting Energy for Swim de Turin, Paolo Barelli, le président de la Fédération Italienne de Natation (FIN), de la Ligue Européenne de Natation (LEN) et député italien, a écrit une lettre à toutes les parties prenantes. En voici la traduction. Elle donne le point de vue de M. Barelli et certaines indications sur les faits qui ont conduit à la décision finale d’annulation prise par l’Italie.

 

« Chères Fédérations nationales, chers amis,

C’est avec regret que je vous informe que la Fédération Italienne de Natation (FIN) a, contre ses souhaits, décidé d’annuler la compétition Energy for Swim 2018, que la FIN avait décidé d’organiser les 20 et 21 décembre avec la ville de Turin.

La FIN a été forcée de prendre cette décision parce qu’elle donne toujours la prééminence au statut et au confort de l’athlète. Elle ne pouvait prendre le risque que des athlètes, en participant au meeting Energy Swimming et ne représentant pas leur fédération membre, puissent être sanctionnés. Il est clair, dans l’énoncé du mémo de la FINA du 30 octobre 2018, que des sanctions étaient envisagées si l’exhibition d’Energy avait lieu.

A la suite de la lettre d’invitation pour cet événement, que vous avez reçue de la FIN, au nom de la ville de Turin, les 18 et 19 octobre 2018, la FIN recevait une lettre et un mémo de la FINA, envoyés à tous les membres le 30 octobre et dans lesquels il était spécifié que le meeting d’Energy for Swim de Turin 2018 n’était pas reconnu par la FINA.

La FIN note la reclassification unilatérale et subjective effectuée par la FINA de cette compétition en « compétition internationale », par le biais d’une soi-disant « interprétation » des règles FINA BL 12, 3.

La FIN (en référence à la Constitution, et aux règles de la FINA) n’admet pas la classification en tant  compétition internationale d’Energy for Swim 2018  et n’adhère pas plus à la soi-disant « interprétation » ou à l’application en l’espèce de l’article BL 12, 3 des règles FINA.

En cas de compétition nationale, en effet, la règle BL 12, 3 établit que « l’approbation de la FINA n’est pas nécessaire pour les compétitions nationales dans lesquelles participent des clubs étrangers ou des individuels ne représentent pas leurs fédérations. » Telle est l’exacte formulation de la règle de la FINA citée.

En fait, la FIN note que la conséquence de la soi-disant interprétation de la FINA, était de conduire à l’annulation de l’événement Energy for Swim 2018. Par cette pseudo-interprétation, la FINA a pu déclarer cette épreuve « non sanctionnée ni approuvée. » Dès lors, si des nageurs participaient à cette compétition, ils pouvaient être sanctionnés.

En relation avec ce qui précède, outre le souci de la FIN vis-à-vis les athlètes qui ont exprimé leur intérêt  pour le meeting, je voudrais vous informer que le 8 novembre, en réponse à la lettre du 30 octobre, la FIN a adressé une lettre à la FINA, lui demandant de reconsidérer sa position dont le but était d’interdire la participation aux nageurs. Dans ce courrier, la FIN soulignait l’importance d’une garantie par la FINA de leur droit de participer à la compétition. Pour la FIN, en l’absence d’une raison sérieuse et compréhensible (sous forme d’une justification loyale des objections et des actions de la FINA), il est tout simplement indigne, de la part de la FINA, de priver les athlètes d’une opportunité de démontrer leurs talents, rehausser leurs images et celle des entreprises qui les commanditent et de concourir loyalement en vue de recevoir des prix en argent.

Au nom de la FIN et de Turin, je voudrais remercier à nouveau les athlètes qui avaient exprimé le voeu de venir nager à Turin et comprends leur déception devant l’annulation de la compétition. J’en suis désolé, mais mon souhait est de les protéger de disqualifications malhonnêtes et de toutes autres sanctions.

En l’absence de toute explication ou d’une claire justification des actions de la FINA, la FIN affirme que le seul motif d’une telle action de la FINA a été de protéger sa position dominante de seul et exclusif propriétaire du sport aquatique. La FINA en la circonstance utilise son pouvoir de restreindre la compétition, au détriment des nageurs et de leur capacité de gains commerciaux et professionnels. Cela peut être considéré comme une conduite anti-compétitive, non permise par la loi de l’Union Européenne, à laquelle la FIN doit se ranger.

Honteusement, une telle annulation tardive amènera inévitablement des pertes et à des coûts, en particulier au regard des assurances souscrites par la FIN en tant qu’organisatrice.

Malgré la position de la FIN au sujet de la reclassification unilatérale et subjective du meeting par la FINA, en « meeting international », et suite à l’absence de réponse de la FINA au courrier de la FIN du 8 novembre, la FIN confirme avec regret que la compétition en question est annulée. »

Paolo Barelli, président

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SINGAPOUR (1) : VLADIMIR MOROZOV LOIN DEVANT. SARAH SJÖSTRÖM SE REBIFFE

Eric LAHMY

Jeudi 15 Novembre 2018

Vladimir MOROZOV, en gagnant largement le 50 mètres libre et le 100 mètres quatre nages, s’est encore une fois imposé, en la première journée de Singapour, comme l’homme en forme des meetings de cet automne 2018. Il a réalisé des performances de valeur, approchant sur 50 le record mondial de Florent MANAUDOU, avec 20s48 contre 20s26. Sur 100 quatre nages, il a frôlé en 50s31 le record mondial qu’il avait établi à Eindhoven le 28 septembre et égalé ce 8 novembre à Tokyo avec 50s26.

Sur 100 mètres brasse, en l’absence notable de Kiril PRIGODA, qui avait dominé les compétitions de la Coupe dans ce style, Anton CHUPKOV a malheureusement pour lui trouvé un autre nageur pour le devancer, le Chinois YAN Zibei.

Côté filles, les courses présentaient le match en filigrane entre Katinka HOSSZU et Sarah SJÖSTRÖM se disputant la couronne de reine de la Coupe du monde 2018. SJÖSTRÖM, qui avait été dominatrice  lors des premiers rendez-vous, avait connu un fléchissement, et la Hongroise semblait décidée à en faire son profit.

Dès les séries du 100 mètres quatre nages, Hosszu jouait l’intimidation. Dans la cinquième course de qualification, Sjöström avait nagé 58s10. Immédiatement après, Hosszu et Emily Seebohm prenaient le départ. Si l’Australienne héritait d’un bon 59s13, Hosszu, elle, signait un remarquable 57s18 qui n’était pas bien éloigné de son « record du monde », établi le 7 août 2017 à Berlin en 56s51.

Mais en finale, les événements tournèrent à l’avantage de la Suédoise, qui passait après ses longueurs en papillon et en dos avec 13/100e d’avance sur la Hongroise. Celle-ci revenait en brasse mais Sjöström imposait sa puissance de crawleuse… de pas grand’ chose.

Une Sjöström retrouvée infligeait ensuite sur 50 mètres une défaite à Ranomi Kromowidjojo qui lui avait causé des déboires ces semaines passées. Et HOSSZU, qui avait cherché à gagner trois courses, se retrouvait avec une victoire, une deuxième place.

Sur 400 mètres, Femke HEEMSKERK croyait avoir gagné son 400 mètres. Mais s’était trompée dans ses comptes et n’avait nagé que… 350 mètres. En 3’28s44. Le temps de se rendre compte de son erreur et de repartir, et la victoire s’était envolée, au profit d’une Allemande qu’elle devançait de neuf secondes…

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s48 ; 2. Michael ANDREW, USA, 20s94 ; 3. Kyle CHALMERS, Australie, 21s06

400 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 3’41s44 ; 2. Velimir STJEPANOVIC, Serbie, 3’41s52 ; 3. Blake PIERONI, USA, 3’41s94.

200 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 1’48s93 ; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 1’49s28.

100 brasse : 1. YAN Zibei, Chine, 56s34 ; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 56s69 ; 3. Ilya SHYMANOVICH, Russie, 56s81 ; 4. Matthew WILSON, Australie, 57s24 ; 5. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s74 ; 6. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 57s82 ; 7. Peter STEVENS, Slovaquie, 57s96.

100 papillon : 1. LI Zhuhao, Chine, 49s64.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 50s31 ; 2. Michael ANDREW, USA, 51s16 ; 3. Shun WANG, Chine, 51s62; 4. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 51s63; 5. Kenneth TO, Hong-Kong, 51s97.

DAMES.- 50 mètres: 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s21; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s46 ; 3. Pernille BLUME, Danemark, 23s67 ; 4. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 23s69

400 mètres : 1. Eva FOOS, Allemagne, 4’7s07.

50 dos: 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 26s04 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 26s13 ; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 26s45; 4. Minna ATHERTON, Australie, 26s45.

200 brasse: Yulia EFIMOVA, Russie, 2’16s05; 2. YE Shiwen, Chine, 2’18s39; 3. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’20s96.

200 papillon: 1. Katinka HOSSZU, Hongroe, 2’2s86; 2. ZHANG Yufei, Chine, 2’3s93

100 quatre nages : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s49 ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s56 (en series, 57s18); 3. Emily SEEBOHM, Australie, 58s52; 4. Siobhan O’CONNOR, Grande-Bretagne, 59s10.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

TURIN, C’EST FINI AVANT DE COMMENCER

Jeudi 15 Novembre 2018

Le meeting de Turin, organisé par la Fédération Italienne de natation et qui devait réunir les 20 et 21 décembre prochain 50 des meilleurs nageurs du monde, a été annulé, après un  bras de fer de relativement courte durée entre la FINA, qui avait menacé les nageurs d’une à deux années de suspension.

C’est Paolo Barelli, le président de la Fédération italienne, de la Ligue européenne, et, par ailleurs, réélu député à la chambre italienne, qui a décidé d’arrêter les frais, tout en déclarant se positionner contre la FINA. Il a déclaré estimer qu’il ne pouvait exposer les nageurs à prendre le risque d’être suspendus.

On peut lire cette décision de deux façons. Soit penser que le sage Barelli a sauvé la mise des nageurs très remontés et qui, semble-t-il, auraient pu mener une action de force en se présentant à Turin; soit se dire qu’il a, exactement comme M. Marculescu, empêché les nageurs d’agir comme des adultes responsables. Peut-on aussi imaginer des tractations sous-marines entre dirigeants européens et mondiaux?

On constate que cette décision a provoqué l’ire de deux nageurs au moins, Adam Peaty, qui a critiqué la décision de Barelli, et Katinka Hosszu, qui avait déclaré il y a peu que, sanctionnée au pas, elle serait au départ des courses de Turin. Quant à l’agent de Sarah Sjöström, il a laissé planer la menace d’une action juridique contre la Fédération Internationale.

Le match n’est peut-être pas fini, il n’est pas impossible que la FINA ait ici remporté une victoire à la Pyrrhus. Notre consoeur Giusy Cisale, de SwimSwam Italia, Braden Keith (SwimSwam USA), ainsi que Craig Lord, de Swimvortex, qui ont approfondi la question, citent des points de vue légaux selon lesquels la position de la FINA n’est pas tenable juridiquement.

Les organisateurs ont promis de payer, de toute façon, la moitié des 2.100.000$ de primes promises contractuellement aux nageurs ! Eric Lahmy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COUPE DU MONDE A SINGAPOUR : QUAND LA COMPÉTITION GLOBALE FAIT PÂLIR LES MATCHES INDIVIDUELS

Éric LAHMY

Jeudi 15 Novembre 2018

Tout en continuant à nuire au beau projet de l’International Swimming League de présenter des meetings où les nageurs seraient intéressés financièrement à leur pratique de professionnels, les détestables dirigeants de la Fédération Internationale reçoivent à Singapour les engagés à la septième étape du tour de compétitions qu’ils présentent sous le vocable de « FINA World Cup », et qui fait partie du monopole que les parrains ont décidé de se tailler dans les compétitions les plus juteuses de la natation…

Le concept, pour des raisons étrangères à ce qu’il est, a plus ou moins métamorphosé l’intérêt qu’on porte à la natation, en ringardisant, ou du moind en faisant passer au second plan la victoire individuelle.

J’en veux pour preuve les présentations qui fleurissent du rendez-vous de Singapour. Depuis ce 7 Septembre et après Kazan, Doha, Eindhoven, Budapest, Pékin et Tokyo, la communication concernant les joutes qui ont démarré ce jour devant les 3000 places assises de l’OCBC Aquatic Center de Singapour n’évoque pas grand’ chose des VRAIS duels de la piscine, pour se recentrer autour d’un match de comptables, mais qui me parait moins intéressante (sauf pour les intéressés et l’établissement de leurs feuilles d’imposition), autour de la question de savoir qui va ramasser le plus d’argent à l’issue de la Coupe du monde 2018.

Dès lors, « la compétition concernant le classement général semble promettre un final de thriller, avec la Suédoise Sarah SJÖSTRÖM devançant avec 285 points, de seulement quinze points, la Hongroise Katinka HOSSZU, nous explique Mike Rowbottom, pour le blog d’Inside The Games.

La Hongroise a repris du terrain lors de l’étape précédente de Tokyo, plus tôt dans le mois, se montrant la nageuse la plus couronnée avec quatre victoires.

Rowbottom a bien révisé ses classiques et nous le prouve en nous rappelant que « l’histoire penche du côté d’Hosszu, sachant qu’elle a gagné 27 courses de Coupe du monde à Singapour et occupé 43 places de podiums ici même – plus que tout(-e) autre nageur(-euse).

« Le Russe Vladimir Morozov est très loin en tête dans le classement masculin, ses 342 points le rendant irrattrapable. L’Australien Mitchell Larkin suit avec 13 victoires. Le concurrent le plus proche de Morozov reste son compatriote Kirill Prigoda, 213 points, contre Larkin, 183. »

A chaque étape de la Coupe du monde, 12 points sont comptés en faveur du vainqueur de chaque course, la meilleure performance générale recevant 24 points et un record du monde 20 points. La Russe Yulia Efimova, pour sa part, devrait remporter sa sixième victoire sur 200 brasse dames de la Coupe du monde.

On s’est demandé en revanche si Chad Le Clos est perdu pour le grand show aquatique de Cornel Marculescu ! Chi lo sa ? Depuis octobre dernier, le Sud Africain a fait savoir que son cœur était pris (par une certaine Jeanni Mulder), mais aussi qu’il nagerait à Turin le meeting International Swimming League (projet sans lendemain,vu que… ça y est, le meeting a été annulé!).

Est-ce de cela qu’il s’agit, toujours est-il qu’après des ennuis de santé, on ne l’a plus revu sur le circuit (absent depuis Pékin). En revanche, il servait d’ambassadeur du meeting de luxe de Dubai, cette semaine, le Daman DXB, auquel plus de 1000 nageurs participaient, avec notamment une course en eau libre autour d’un des hôtels les plus luxueux du monde (7 étoiles), le Burj-Al-Arab.

Bien entendu, derrière ce match abstrait, aux points, arbitré par des comptables, se situent des rencontres autrement plus réelles et par K.-O, entre Sjöström, Kromowidjojo et Heemskerk ici, entre Hosszu, Atherton, Seebohm, ailleurs, Morozov, Chalmers et Pieroni là ou encore Efimova et Atkinson en brasse, etc. Il serait bon que cet aspect de la natation, au fond le seul vivace, ne s’efface pas derrière les outils statistiques et les feuilles de paie !

 

42 SUR LA LISTE D’ISL, QUI DÉFIENT LES MENACES D’INTERDICTION DE LEUR FÉDÉRATION INTERNATIONALE

Éric LAHMY

Mercredi 14 Novembre 2018

Suite à la signature de Simone MANUEL, la championne olympique et du monde du 100 mètres nage libre, avec l’International Swimming League (ISL), Craig LORD a publié sur son site web Swimvortex la liste des (42) grands noms de la natation qui ont signé un contrat avec ISL (communiqués par la Ligue) et qui sont donc censés être présents au meeting que cette ligue nouvellement créée organise à Turin, les 20-21 décembre prochain.

Meeting que la FINA a virtuellement interdit, puisqu’elle a menacé de suspension ceux qui s’y rendraient. « Turin n’est pas l’essentiel. Regardez le circuit qui se profile pour l’année prochaine. Comptez les champions olympiques et du monde, écrit Lord ; plus de support en quelques mois que la World Cup depuis des années. Attendez-vous à un gigantesque combat face au monopole de la FINA et sa strangulation des nageurs et de leurs droits à concourir et à gagner leur vie par leur pratique sportive professionnelle. »

NAGEURS ISL: 
Adam Peaty, Grande-Brtagne
Alexandr Krasnykh, Russie
Anastasia Fesikova, Russie
Andrew Minakov, Russie
Beth Galat, USA
Cameron van der Burgh, Afrique du Sud
Chad Le Clos, Afrique du Sud
Chase Kalisz, USA
Danas Rapsys, Lituanie
David Verraszto, Hongrie
Duncan Scott, Grande-Bretagne
Emily Seebohm, Australie
Federica Pellegrini, Italie
Femke Heermskerk, Pays-Bas
Georgia Davies, Grande-Bretagne
Gunnar Bentz, USA
Jacob Pebley, USA
Katie Meili, USA
Katinka Hosszu, Hongrie
Kendyl Stewart, USA
Kliment Kolesnikov, Russie
Kristian Gkolomeev, Grèce
Laszlo Cseh, Hongrie
Lia Neal, USA
Lisa Bratton, USA
Maria Ugolkova, Russie
Mark Szaranek, Grande-Bretagne
Max Litchfield, Grande-Bretagne
Mehdy Metella, FRANCE
Michael Andrew, USA
Michelle Coleman, Suède
Mikhail Romanchuk, Ukraine
Pieter Timmers, Belgique
Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas
Ryan Murphy, USA
Sarah Sjostrom, Suède
Sergey Fesikov, Russie
Sergii Shevtsov, Ukraine
Simone Manuel, USA
Siobhan O’Connor, Grande-Bretagne
Tom Shields, USA
Veronika Andrusenko, Russie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAMPIONNATS DE RUSSIE A KAZAN (6) : RYLOV EN ROUE LIBRE, GRINEV ENROUE KOLESNIKOV

Eric LAHMY

Mardi 13 Novembre 2018

Les deux finales, du 100 mètres libre et du 200 mètres dos, dans lesquelles Clément KOLESNIKOV aurait pu jouer un rôle majeur, se disputaient à onze minutes de distance, lors de la dernière journée des championnats de Russie en petit bassin. Trop près pour que la jeune étoile s’essaie dans un tel exercice. Il aurait pu choisir le 200 dos, où il avait des comptes à régler avec Evgeny RYLOV, le champion d’Europe de l’exercice. A Glasgow, l’été dernier, KOLESNIKOV s’était trouvé piégé par les règlements abscons qui régissent la natation européenne en l’occurrence.

Il avait nagé la 3e performance des séries du 200 dos, avec 1’57s31, mais était devancé par deux nageurs de Russie, RYLOV, 1’56s67, et Grigory TARASEVICH, 1’57s07. Il s’agissait d’une étourderie de sa part, puisqu’il évoluait dans la même série (la 4e) que TARASEVICH et s’était laissé doubler alors qu’il avait les moyens de le devancer et savait que dans la série suivante, RYLOV allait faire un malheur.

Finalement, la règle des « deux par nation » a fait que KOLESNIKOV n’a pas avancé en demi-finale.

Bien entendu, dira-t-on, il connaissait ce point de règlement et, donc, n’a rien à dire. Il n’a d’ailleurs rien dit! Peut-on cependant affirmer ici qu’il est des règles injustes et qu’en voici une, puisqu’elle a permis au Lusitanien Gabriel LOPES, fort de ses 2’0s35, de passer le tour tandis que, sans vouloir sous-estimer TARASEVICH, KOLESNIKOV, médaillé certain à condition de nager, était éliminé ?

Ce n’est pas tout. Dans les nations n’ayant pas engagé plus de deux forts nageurs, leurs représentants peuvent se concentrer dans la seule optique de réaliser l’une des seize meilleures performances des séries et l’une des huit meilleures performances des demi-finales, alors que les exposants des natations les plus fortes sur une distance donnée, doivent cracher le feu d’entrée.

Les exemples de ces distorsions étaient nombreux, cet été à Glasgow, aux championnats d’Europe ! Je n’en prendrai qu’un exemple, sur 200 brasse, où quatre nageurs russes étaient engagés. Parmi eux, CHUPKOV, PRIGODA et KHOMENKO, étaient engagés chacun dans une opération de survie qui fit qu’ils réalisèrent les trois meilleures performances des dites séries, 2’7s70, 2’8s91 et 2’9s63, alors que le dernier qualifié pour les demis se situait à 2’12s69.

Autant dire que les Russes durent nager, en séries, quatre secondes plus vite que les nageurs de la plupart des autres pays, ce qui est une forte astreinte.

CHUPKOV tint jusqu’au bout et sortit de l’aventure champion d’Europe. Mais il n’est pas du tout impossible que PRIGODA, 5e de la finale, ait pâti de cette obligation de nager à fond en séries, que James WILBY, Luca PIZZINI et Ross MURDOCH, qui le précédèrent dans la finale, et furent respectivement médaillés de bronze, d’argent et 4e,  n’eurent pas à subir.  

Après sa mésaventure des séries du 200 dos, KOLESNIKOV estima qu’il aurait pu surprendre RYLOV en finale. Sans aucune garantie. On pouvait s’attendre que la rencontre de ces deux au 200 dos des championnats de Russie, dimanche, ferait des étincelles, mais KOLESNIKOV trouva plus intéressant d’élargir son champ de compétence. Le voilà champion national du 200 quatre nages.

Sur 100 libre, en revanche, à l’issue d’une bagarre de chaque microseconde, c’est GRINEV qui l’a emporté, de 0s004.

Un autre duel serré a eu lieu, sur 1500 mètres, qui a vu Martin MALUTIN gagner d’un rien, en 14’32s10 contre 14’32s73, devant Yaroslav POTAPOV, et dont les deux protagonistes ont rarement été séparés de plus d’un mètre, chacun attaquant et menant à son tour… Ernest MAXUMOV se mêla pendant les deux tiers de la course à ce match d’indécision avant de perdre pied vers les 1200 mètres.

Quant au 200 dos, il a été remporté certes par RYLOV qui n’a jamais été menacé. Il a nagé près de quatre secondes moins vite que le record russe, qui fut record du monde, 1’46s11, par Arkady VIATCHANIN (avant que Mitch LARKIN ne l’amène à 1’45s63.

 MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Vladislav GRINEV, 46s39 ; 2. Clément KOLESNIKOV, 46s43; 3. Sergey FESIKOV, 46s88.

1500 mètres : 1. Martin MALUTIN, 14’32s10; 2. Yaroslav POTAPOV, 14’32s73; 3. Ernest MAXUMOV, 14’36s01; 4. Ilya DRUZIN, 14’45s88.

200 dos : 1. Evgeny RYLOV, 1’49s95 ; 2. Gregory TARASEVICH, 1’50s48.

DAMES.- 50 mètres: 1. Maria KAMENEVA, 24s30.

200 brasse : 1. Maria TEMNIKOVA, 2’18s85 ; 2. Daria CHIKUNOVA, 2’19s57.

CHAMPIONNATS DE RUSSIE A KAZAN (5) : KOLESNIKOV PREND LES MESURES DE VLADISLAV GRINEV AU 100 LIBRE

Eric LAHMY

Mardi 13 Novembre 2018

L’avant-dernière journée des championnats de Russie en petit bassin, à Kazan, n’a pas été particulièrement animée, pour le moins en ce qui regarde les finales. Alexandr KOLESNIKOV s’est contenté de se qualifier pour la finale du 100 mètres, le lendemain, d’abord avec le 3e temps des séries, 47s26, derrière les 46s94 de Vladislav GRINEV et les 47s20 de Michael VEKOVISCHEV, puis le 2e des demi-finales, 46s84, derrière les 46s54 de GRINEV, décidément son plus dangereux adversaire pour le titre, et devant les 46s94 d’Ivan KUZMENKO et les 46s99 de VEKOVISCHEV.

MESSIEURS.- 50 papillon: 1.Mikhail KEKOVISHEV, 22s72.

400 4 nages : 1. Daniel PASINKOV, 4’4s82.

DAMES.- 50 dos : 1. Anastasia FESIKOVA, 26s94.

200 4 nages: 1. Victoria ANDREEVA, 2’8s35.

4 fois 200m : 1. Sverdlovsk, 7’45s72 (Anastasia Kirpichnikova, 1’56s82; Daria K. Ustinova, 1’57s24; Daria Mulakayeva, 1’55s96; Valeria Salamatina, 1’55s70). Au start, Irina KRIVONOGOVA (Samara), 1’56s83. Lancée, Anastasia Guzhenkova (Samara), 1’56s08.