POUR HILDA, LES INSTANCES SPORTIVES INTERNATIONALES NE FONT PAS LEUR BOULOT

« LES CONTRÔLES DE DOPAGE FRÔLENT PARFOIS LA PLAISANTERIE »

Éric LAHMY

28 Novembre 2018

Hrafnhildur Lúthersdóttir, vous connaissez ? Bon, son nom est un peu compliqué à orthographier; et à prononcer, je ne vous dis pas. Aussi comprend-on que ses potes l’appellent Hilda. Mais ça ne l’a pas empêché d’être une sacrément bonne nageuse islandaise. Elle est née à Hafnarfjordur, 3e ville du pays (et un autre défi pour un larynx made in France). Elle a étudié à Gainesville, en Floride, nagé avec les Florida Gators et ramené quelques trophées des NCAA. Spécialiste de la brasse, elle a été 6e en finale du 100 mètres brasse des Jeux olympiques de Rio, en 2016 et pas mal médaillée de championnats d’Europe.

Ses exploits l’ont rendue célèbre dans son île, dont la population avoisine celle de Toulouse, ce qui lui a valu d’être présentée à la clôture des Jeux olympiques, porte-drapeau de l’Islande.

Elle est aussi diplômée en criminologie, Hilda, et on l’imagine, nouvelle Kyra Sedgwick dans un Closer arctique, interrogeant cet ours polaire soupçonné d’avoir assassiné une famille de macareux : « que faisiez-vous dans la nuit du 27 octobre au 19 février ? »

Tout cela pour dire qu’on ne peut pas trop lui en conter, à Hrafnhildur ; et peut-être parce qu’elle a arrêté sa carrière de nageuse, elle peut balancer plus librement sur les mœurs des dirigeants de son sport. Enfin, balancer, c’est beaucoup dire. Mais ils ne l’ont pas trop impressionnée. « Je me souviens d’avoir été choquée, j’étais aux championnats d’Europe de Londres, en 2016 ; j’ai nagé à onze reprises, neuf fois en brasse et deux fois en relais, et enlevé trois médailles, et pas une fois je n’ai été contrôlée », a-t-elle raconté à Insidethegames, propos repris par le chroniqueur italien Stefano ARCOBELLI Je notais aussi que le centre de tests de dopage était rarement fréquenté. C’était quelque chose d’isolé, j’espère, parce qu’heureusement, dans d’autres meetings, la salle des contrôles était plus active. »

Il semble qu’elle mérite bien son nom de famille qui, si j’en crois ce que m’en dit le site « NameDoctor » (tout en m’imposant quelques cookies délétères), signifierait CORBEAU BATAILLEUR. Et s’il est clair, au vu des clichés de son site instagram, qu’elle a bien le corps beau, ce qui suit montre qu’elle n’est pas mal dotée non plus au plan du tempérament batailleur.

Ni la LEN, ni la FINA ne l’impressionnent donc par leur diligence à aider les athlètes et par leur plus d’empressement à les quadriller qu’à lutter contre les dérives du dopage.

CORBEAU BATAILLEUR À LA DÉFENSE DES SPORTIFS

« Je ne sais pas trop si la FINA est impliquée dans les contrôles de dopage, mais j’espère bien que la WADA fait de son mieux pour stopper le dopage, parce que le dopage est une injustice pour tout le monde, même pour ceux qui se dopent. Ils volent à d’autres leurs chances d’aller en finale, d’enlever une médaille. Et ils se volent leur propre fierté. »

Pas contente, non plus Hilda, d’avoir siégé dans les instances de la fédération islandaise, où, dit-elle, on lui fermait son caquet dès qu’elle faisait une remarque : « vous êtes jeune, vous ne savez pas… »

Elle a sans doute quelques raisons d’être un peu chagrine vis-à-vis des dirigeants, Hilda, parce que c’est avec les sous d’un rare sponsor qu’elle a payé le voyage olympique de son entraîneur. Elle appuie donc les actions de l’escrimeur allemand Max Hartung et de Katinka Hosszu et leurs revendications en faveur des athlètes.

Manifestement, ces combats ont désormais le vent en poupe.


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