SARAH SJÖSTRÖM HÉSITE : L’ARGENT DE LA COUPE OU L’OR DU CHAMPIONNAT ?

SARAH SJÖSTRÖM HÉSITE ENTRE L’ARGENT DE LA COUPE ET L’OR DU CHAMPIONNAT. LE CŒUR DE LA MEILLEURE SPRINTEUSE DU MONDE BALANCE EN EFFET ENTRE ACHEVER LE LUCRATIF PARCOURS DES MEETINGS COUPE DU MONDE ET PRÉPARER LES CHAMPIONNATS DU MONDE. ALORS, L’OR OU L’ARGENT ? OU LES DEUX ?

Éric LAHMY

Samedi 30 Septembre 2018

Sarah Sjöström pourrait bien couper dans son programme hivernal. Certes, elle a été des trois premiers rendez-vous de la Coupe du monde 2018 (qu’elle domine), Kazan en Russie, Doha au Qatar, Eindhoven aux Pays-Bas, et sera également présente à Budapest, le week-end prochain, mais elle ne décidera pas avant la réunion hongroise de se rendre ou non en Asie, où se disputeront les autres meetings estampillés FINA World Cup (à Pékin, les 2-4 novembre, Tokyo, les 9-11 novembre, et Singapour, les 15-17 novembre).
Dans son esprit, elle hésite entre être présente à ces rendez-vous ou disputer les championnats du monde, qui auront lieu en Chine les 11-16 décembre.

Son souvenir de l’an passé la décourage d’embrasser le programme dans son entier. Pour sa première apparition en Coupe du monde depuis 2014, elle a tout nagé jusqu’aux championnats d’Europe 2017 en petit bassin, à Copenhague, et elle a fini l’année sur les rotules.

Au Danemark, entre le 13 et le 17 décembre 2017, en effet, elle avait certes gagné le 50 libre et le 100 mètres papillon, mais son état de forme lui avait valu quelques déboires, comme finir 9e ex-aequo en séries sur 50 papillon (et rater la finale gagnée par Ranomi Kromowidjojo), ou encore être battue sur 100 libre par la même Kromowidjojo. Bien entendu, mille nageuses seraient fières d’un tel parcours, mais pas la supposée meilleure nageuse du monde.

Si Sarah avait éclipsé Katinka Hosszu dans la coupe du monde 2017, la Hongroise, dans la Royal Arena de Copenhague, lui avait rendu la pareille, enlevant pour sa part les six courses de son programme, trois en dos et trois en quatre nages.

Sjöström n’avait pas jugé bon de nager le mondial en petit bassin en 2016, et il semble qu’elle préfère cette compétition aux attraits du circuit de Coupe du monde. Même si les mondiaux en petit bassin restent une compétition subalterne, la World Cup FINA se situe beaucoup plus bas dans la hiérarchie, et elle n’est pas généralement considérée comme faisant partie de la haute compétition, à laquelle appartiennent les Jeux olympiques, les championnats du monde et (à la rigueur) les championnats continentaux en grand bassin.

Elle ne s’adresse qu’aux professionnels et les trois quarts des champions la dédaignent, parce qu’elle n’est pas adaptée aux réalités de la natation et aux nécessités de respecter des phases dédiées à l’entraînement – et au repos. Elle n’est même pas placée convenablement (et d’ailleurs elle serait difficile à être placée, le développement des compétitions a littéralement mangé le calendrier). Le petit bassin n’a pas réellement décollé, même s’il offre des compétitions attrayantes. On y effectue plus d’acrobaties et de glissées sous-marines que de nage. D’ailleurs, sous cet angle, en poussant à peine, les seuls vrais nageurs se trouvent dans l’eau libre…

La fascination du petit bassin en général et des meetings en particulier est essentiellement monétaire. Sjöström n’a jamais gagné autant d’argent à nager qu’au cours des derniers mois de 2017 : plus d’un millions de Couronnes : « ça aide à payer le loyer », se marre-t-elle ! Et les locations sont chères à Stockholm…

Alors, essaiera-t-elle de repousser la fatigue en raison de ces données lucratives ? A voir. L’acier suédois parait moins résistant, sous cet angle, que le fer hongrois…

ericlahmy@yahoo.com


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