STEPHAN CARON

LA TÊTE ET… LES BRAS

Eric LAHMY

                                                                                  Mardi 7 Juillet 2015

CARON [Stephan] Natation. (Rouen, 1er juillet 1966-). France. Écossais par sa mère, il fut découvert et entraîné à Rouen par Guy Boissière, avec qui il forma un couple pittoresque entraîneur nageur, et fut le plus constant et le plus titré des nageurs français entre 1982 et 1992. Très à l’aise dans l’eau grâce à son abattage et sa légèreté (2,01m pour 83kg), il se concentre sur 100 et 200 mètres même si ses particularités techniques (c’est surtout un « nageur de bras ») auraient pu faire de lui un grand nageur de demi-fond. Mais peut-être cette notion peut-elle être revue, Caron n’étant pas le seul grand sprinter privé d’un gros battement de jambes (Robert McGregor, Mike Wenden, Jonty Skinner). S’il a toujours trouvé un grand sprinter pour lui interdire la plus haute marche du podium (Biondi de 1985 à 1991, Popov en 1992), il a été, pour l’ensemble de son œuvre, le deuxième nageur du monde pendant deux olympiades.

Champion d’Europe devant le champion olympique est-allemand de 1980, Jorg Woithe (50’’20 contre 50’’38), et vice champion du monde universitaire en 1985, devenant à Kobé le premier français sous les 50’’ (49’’98) sur 100 mètres et sous les 1’50’’ (1’49’’78) sur 200 mètres; vice champion du monde 1986 derrière Matt Biondi (48’’94 contre 49’’73) et devant Tom Jaeger (49’’79), 2e des championnats d’Europe 1987, battu par Sven Lodziewski, 49’’79 contre 49’’88, 3e des Jeux Olympiques de Séoul en 1988, en 49’’62, derrière les Américains Biondi, 48’’63 et Chris Jacobs, 49’’08, et devant le Russe Guennadi Prigoda, 49’’75, il retrouve la même place quatre ans plus tard à Barcelone, en 49’’50, derrière Alexandre Popov, 49’’02 et Gustavo Borges, 49’’43 ; en 1991, au départ du relais de son club aux championnats de France, il amène le record d’Europe à 49’’18. Sa carrière a été affectée par un problème de santé qui lui vaut des déconvenues à répétition, heureusement jamais dans des compétitions importantes. Il s’agit de tachycardies qui le rendent, quand elles le saisissent, incapable de s’employer à fond, voire de nager. La répétition à quelques reprises de ces crises va ajouter une inquiétude dont Stephan Caron par ailleurs un excellent compétiteur, se serait bien passé, au départ des courses. Intelligent, étudiant brillant, Caron a envisagé un retour à la compétition dans l’optique des Jeux de 1996. Il pense alors qu’Alexandre Popov est à sa portée. Mais il abandonne cette idée, en raison de ses aléas et du fait qu’elle le conduirait à retarder ses plans de carrière professionnelle.

Stephan Caron a été trente fois champion de France individuel, dont quatorze fois d’été : du 50 mètres en 1984 (hiver, 23’’81, été, 23’’59), 1986 (hiver, 23’’88), 1987 (hiver, 23’’26, record de France)), 1988 (hiver, 23’’40, été, 23’’32), 1989 (hiver, 23’’18), 1990 (été, 22’’93), et 1991 (été, 22’’74, record de France) ; du 100 mètres en 1983 (hiver, 53’’01, été 52’’14), 1984 (hiver, 50’’94, record de France, été 51’’23), 1985 (hiver, 51’’65), 1986 (hiver, 51’’11, été 51’’24), 1987 (hiver 50’’29, été, 51’’63), 1988 (hiver 49’’93, été, 50’’09), 1989 (hiver, 50’’50, été, 50’’90), 1990 (été, 50’’48) et 1991 (hiver 50’’45, été, 50’’18), 1992 (hiver, 49’’87), du 200 mètres en 1984 (hiver, 1’51’’85, record de France), 1985 (hiver, 1’50’’20, record de France), 1986 (hiver, 1’52’’70, été, 1’51’’41).

Stephan Caron a mené une belle carrière dans la finance, essentiellement en Grande-Bretagne, travaillant pour Suez et, pendant quatorze ans, la General Electric, qu’il a quitté pour rejoindre l’investisseur international BlackRock, où il opère au titre de directeur du corporate financing, et où, croyez-le ou pas, son grand patron s’appelait Michael Phelps.

Stephan Caron n’a pas tout à fait quitté la natation, organisant un meeting international à Singapour et commentant les images de télévision pendant les Jeux olympiques de Pékin et de Rio. L’un de ses enfants, Julie, 11 ans, est championne de Grande-Bretagne minimes à l’épée, mais elle nage aussi, et donc tout est possible.

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