TROIS DEMISSIONS AU BUREAU DE CONTRÔLE ANTI-DOPAGE DE LA FINA

Lundi 5 septembre 2016

La FINA ne marche pas d’un pas derrière ses hauts dirigeants, s’il faut en croire Nick Butler. Trois des huit membres du Bureau de contrôle du dopage de la Fédération Internationale de Natation, dont le président du dit Bureau, le docteur canadien Andrew Pipe, ancien président des Jeux du Commonwealth, ont donné leur démission pour protester contre la façon dont la Fédération a géré la crise du dopage et les critères d’inclusion des nageurs russes aux Jeux olympiques de Rio. Une lettre, envoyée au président Julio Cesar Maglione, a été obtenue et publiée par les services de l’opérateur de radio irlandais RTE. Ses signataires se plaignaient de ce que leur avis concernant la façon de traiter le dopage des Russes avait été ignoré.

Le Bureau avait recommandé de façon unanime d’appliquer des critères stricts au sujet de la participation des Russes aux Jeux olympiques, mais la haute direction de la FINA a opté pour une approche beaucoup moins sévère. Les deux démissionnaires accompagnant M. Pipe sont, d’après le site Inside the Games, Susan White, Australie, ancien médecin chef de Swimming Australia, et Larry Bowers, le responsable du secteur scientifique de l’agence anti-dopage des USA.

« Malgré notre expertise dans la lutte contre le dopage, peut-on lire dans cette lettre, la FINA a choisi d’ignorer notre avis. Nous avons appris les décisions de la FINA concernant l’admissibilité des compétiteurs russes en observant les compétitions olympiques. Nous eûmes la déception de noter que nos recommandations n’avaient pas été suivies – et encore plus déçus de ne recevoir aucune réponse spécifique à une lettre écrite subséquemment demandant des informations concernant la décision de la FINA. »

Il est certain que le dossier des Russes se présentait extrêmement mal. L’avocat canadien Richard McLaren menant une enquête indépendante pour le compte de l’Association Mondiale Anti-Dopage avait mis en lumière un système de dopage dirigé et orchestré par le gouvernement russe . La Russie était accusée par diverses sources, aussi nombreuses que précises, de subtiliser les échantillons « positifs » au dopage par d’autres propres lors de diverses compétitions comme les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Sochi et les championnats du monde de natation de Kazan. La gravité des faits avait amené l’AMA et d’autres organismes à suggérer une élimination complète des sportifs russes aux Jeux olympiques. Mais le Comité olympique international avait laissé les fédérations internationales être maîtresses de la décision. Les critères choisis par la FINA exigeaient que les nageurs russes devaient avoir passé des tests effectués par des agences anti-dopage crédibles. Mais sept sur 37 nageurs russes furent rejetés dans un premier temps en raison de contrôles positifs ou parce qu’ils avaient été nommément désignés par le rapport McLaren. Finalement ces sept eux-mêmes participèrent après avoir fait appel à la Cour d’arbitrage du sport. C’est ainsi que Julia Efimova, deux fois positive au cours des deux ans précédents, a pu disputer les Jeux olympiques et y remporter deux médailles d’argent, au scandale de nombreux nageurs, dirigeants, entraîneurs et observateurs d’autres nations.

Si tous les membres de l’anti-dopage se sont sentis frustrés des décisions de la haute direction (présidence et directeur de la FINA essentiellement), seuls les trois susnommés, sur les huit membres de la commission, ont démissionné. Le président de la FINA a exprimé sa surprise de ces démissions et a voulu, dans sa réponse, défendre la « lutte » menée par l’organe international contre le dopage. Allons bon ! Eric LAHMY


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