Mois : août 2018

COUPE DU MONDE TOUJOURS LA EN 2018, MAIS ATTENTION: BIENTÔT PLUS DE COURSES QUE DE NAGEURS?

Eric LAHMY

Vendredi 31 Août 2018

La FINA annonce une Coupe du monde 2018 attractive. Mais vu d’ici, elle ne parait ni plus ni moins importante que celles des années précédentes. Mais elle survit. Des nageurs professionnels, et non des moindres, s’annoncent. Certains sont des habitués. D’autres représentent des nouveaux noms. Ce qui est frappant, c’est avec un programme de 36 courses par meeting, on aura beaucoup plus d’épreuves que de stars de la natation.

Le Russe Kirill PRIGODA a ainsi fait savoir qu’il disputera toutes les étapes de cette Coupe du monde. Deux autres grands noms de la natation russe, Yulia EFIMOVA (triple championne d’Europe) et Vladimir MOROZOV (recordman du monde petit bassin du 100 mètres quatre nages) sont d’ores et déjà annoncés à Kazan, chez eux, donc, où se déroulera la première étape de la Coupe du monde.

Les vainqueurs de la Coupe du monde 2017, la Suédoise Sarah SJÖSTRÖM et le Sud-Africain Chad LE CLOS sont également attendus, tout comme la Hongroise Katinka HOSSZU, qui a bâti une partie de sa réputation sur les innombrables succès obtenus en Coupe du monde, et ses compatriotes Zsuzsanna JAKABOS et David VERRASZTO.

La double championne olympique de sprint (50 et 100 mètres) des Jeux olympiques de Londres, la Néerlandaise Ranomi KROMOWIDJOJO et son compatriote Jesse Puts sont annoncés. Il en va de même du double champion du monde 2015 en dos (100 et 200 mètres) et recordman du monde petit bassin du 200 mètres dos australien Mitchell LARKIN.

La Chine délèguera plusieurs nageurs, dont Yifan YANG (dossiste, 18 ans), Yuhang WU (nageur de 200 papillon) et Zhiaho ZHANG (pas vraiment des grands noms), tandis que, selon la FINA, la délégation US sera emmenée par Michael ANDREW, le champion du monde en petit bassin).

Les nageurs auront droit à s’engager dans un maximum d’épreuves, mais seulement leurs trois meilleurs résultats compteront pour la classement de la Coupe du monde.

Le rendez-vous de Kazan (Russie) sera précédé le 4 septembre par un symposium (clinic) de Speedo et une séance d’autographes, et le 5 par une présentation au Tatarstan, le Kremlin de Kazan bâti sur ordre d’Ivan le Terrible. Une conférence de presse se tiendra le 6 septembre au centre nautique.

Les étapes de la Coupe du monde sont réunies en trois « grappes » de meetings :

  • Kazan, Russie, 7-9 septembre
  • Doha Qatar, 13-15 septembre
  • Eindhoven, Pays-Bas, 28-30 septembre
  • Budapest, Hongrie, 4-6 octobre
  • Pékin, Chine, 2-4 novembre
  • Tokyo, Japon, 9-11 novembre
  • Singapour, 15-17 novembre

Des prix monétaires sont prévus, à trois niveaux : pour les six premiers classés individuels et les trois premiers relais des différents meetings, un ensemble de 144.600US$. Pour les vainqueurs des trois « grappes » de meetings, un total de 942.000US$ à se partager. Et 300.000US$ attribués lors du classement final des vainqueurs de la Coupe.

La Coupe du monde comptera dans la qualification pour les 14emes championnats du monde en petit bassin, les 11-16 décembre à Hangzhou, Chine.

Innovation, la Coupe du monde se déroulera soit en bassin de 25 mètres (c’était au départ l’idée : donner corps à une saison en petit bassin) soit en bassin de 50 mètres. A voir.

QUAND KLIMENT KOLESNIKOV A REPONSE A TOUT

Vendredi 31 Août 2018

Le 12 août dernier, Kliment KOLESNIKOV a été reçu au siège de la rédaction de Sport-Express, le plus grand site et journal de sport de langue russe. Publié dans 31 villes de Russie et à l’extérieur (audience, 700.000 personnes par jour).

Cette interview, particulièrement intéressante, et que j’ai pompée sans vergogne, d’un nageur qui est non seulement en train de devenir l’un des meilleurs dossistes du monde, mais celui qui en raison de son jeune âge, 18 ans, pourrait bien avoir le plus beau potentiel d’avenir, me parait être un document digne d’intérêt…

Par ses exploits, KOLESNIKOV a dominé les championnats d’Europe de Glasgow. Il y a battu un record du monde du 50 dos, gagné le 50 dos et le 100 dos ainsi que participé au relais quatre nages vainqueur et ramené une médaille d’argent et une de bronze.

J’ai gardé tout ce que je pouvais de l’entretien, n’évinçant que des fragments qui concernaient ses études, non parce que je les trouvais sans intérêt, mais parce qu’ils utilisaient des sigles qui me les rendaient incompréhensibles. Je ne pouvais les traduire, cela pouvait être des parcours d’études ou des noms d’écoles.

D’un autre côté, j’ai gardé des questions qui nous paraitront absconses mais qui font à mon avis la part de différences entre sociétés et de préoccupations typiquement russes.

Il est assez intrigant, par exemple, au sujet de questions sur la foi, qu’il ne viendrait pas à l’esprit de poser aujourd’hui en France (encore que), de constater que l’ancien paradis socialiste et sa critique acerbe de la « religion opium du peuple » est bien loin derrière la Russie de Poutine. Le livre d’Alexandr POPOV Nager dans le vrai (Le Cherche Midi éditeur, adaptation française d’Alain Coltier) nous avait éclairés sur cette question également du retour en force d’un Dieu chrétien qui slave plus blanc que le blanc…

L’intervieweur lance ses questions sans plan préconçu, passant d’un sujet à l’autre, ce qui donne au texte un aspect décousu. Mais au bout du compte, il y a de la substance.

On note, à entendre KOLESNIKOV, qu’il est difficile aussi, là-bas, de conjuguer pratique de haut niveau et études, et que l’attraction de l’université américaine représente comme chez nous une tentation. On constate aussi que le système qui classifie les performances et leur attribue un rang (comme maître émérite des sports) a perduré. La sainte Russie a retrouvé la religion de Dieu, mais conservé la religion du sport !

Mais le plus frappant, pour ce qui concerne la natation, est cet aveu quand même surprenant de Kolesnikov, concernant sa crainte de la mer, de sa phobie du fond des eaux libres. Depuis les analyses psychologiques de Christine Lahana, on savait que la peur de l’eau était omniprésente dans l’enseignement de la natation, et les thèses d’Alain Vadepied qu’un champion pouvait avoir été enseigné sans que cette crainte primordiale n’ait été évacuée… Aujourd’hui, Kolesnikov en fait le simple aveu

Mais place à l’interview. La parole est à Kliment Kolesnikov. Eric Lahmy

 

Q : Vous ne vous êtes pas qualifié pour la demi-finale du 200 mètres dos, où vous auriez pu ajouter à votre collection de médailles… Quels étaient vos sentiments après un tel échec ?

KOLESNIKOV : Pour commencer, un ressentiment contre moi-même. Parce que j’ai réalisé que j’avais commis une erreur tactique. Une distraction qui a fait qu’en nageant, je n’ai pas vu Grigory Tarasevich qui, dans les derniers mètres, m’a viré des demi-finales (en prenant la place du 2e Russe).

Q : Vous n’aviez pas nagé au maximum de vos possibilités ?

KOLESNIKOV : Tous nos nageurs devaient nager au maximum de leurs possibilités, dès les premiers mètres de la course. La réglementation, c’est que deux nageurs pouvaient seulement représenter chaque pays en finale. Donc, de quatre au départ, quels que soient leurs temps, seuls les deux premiers étaient retenus. Et donc ce matin j’ai commis en erreur tactique. C’est dommage, parce que je sentais que je pouvais rivaliser avec Evgeny Rylov.

Mais on m’a rappelé que je ne pouvais me laisser aller à des états d’âme, car il y avait encore deux relais à disputer

L’AFFAIRE JULIA EFIMOVA, UNE QUESTION D’AVERSION PERSONNELLE

Q : Après votre record du monde, vous a-t-on donné le titre de maître émérite des sports ?

KOLESNIKOV : D’après les tableaux spéciaux publiés sur le sujet et certains calculs qui ont été effectués, ils devraient m’attribuer ce titre. De son côté, mon entraîneur devrait recevoir le titre d’entraîneur de Russie. Mais ce n’est pas un processus rapide. Je saurais ce qu’il en est lorsque la Fédération le déclarera.

Q : Qu’avez-vous ressenti quand vous avez battu le record du monde 50 mètres dos ?

KOLESNIKOV : Seulement de la joie. Parce qu’en fait, je ne voulais pas vraiment battre le record du monde. C’est pourquoi au début je n’ai pas bien compris ce qui se passait. C’est après cinq ou six secondes que j’ai réalisé ce qui s’était passé, et alors une joie m’a étreint.

Q : A l’entraînement, aviez-vous nagé à ce niveau de vitesse.

KOLESNIKOV : A l’entraînement, le temps est toujours plus lent, car vous vous préparez à la compétition en nageant longuement. La fatigue que donne l’entraînement, le travail qu’on vous demande d’accomplir fait que vous ne pouvez pas nager aux vitesses de compétition, qui ne s’atteignent, par définition, qu’en compétition.

Q : N’avez-vous pas rencontré, à Glasgow ou dans d’autres tournois, des attitudes « spéciales » envers l’équipe russe ?

KOLESNIKOV : Je n’ai ressenti aucune pression sur notre équipe, et il n’y en avait très probablement pas. Le sport se situe hors de la politique, croit-on, et lors des derniers championnats d’Europe, c’était vraiment le cas. Personne n’a essayé de nous manquer de respect d’une manière ou d’une autre, ou de faire pression sur nous. L’équipe nationale russe à Glasgow a bien mené sa compétition, nous avons participé au tournoi sans problème.

Q : Lors des tests de dopage, il n’ya pas eu d’incidents?

KOLESNIKOV : J’ai fait des tests antidopage à cinq reprises lors du Championnat d’Europe. Mais personne n’est venu à cinq heures du matin et n’a cherché à troubler l’entraînement. Pour tous les athlètes le traitement a été le même.

Q : Que pensez-vous des incidents comme lors des Olympiades de Rio, lorsque des rivales ont refusé de serrer la main de Julia Yefimova lors de la cérémonie de remise des prix?

KOLESNIKOV : Je crois que cette affaire est née d’une aversion personnelle. Cette humiliation de l’adversaire, c’est un comportement dégoûtant. On devrait avoir du respect pour l’adversaire, car il fait exactement le même travail que vous. Et votre aversion personnelle ne vaut pas la peine d’être montrée en public.

Q : Y a-t-il des athlètes à qui vous ressentez de tels sentiments?

KOLESNIKOV : J’ai de bonnes relations avec tout le monde. Et en termes de sport et au-delà du cercle sportif, de la communication. Quand je vois des incidents, je ne comprends pas comment cela est possible. 

A GLASGOW, LES ATHLETES SE SONT PLAINT DUNE NOURRITURE INSUFFISANTE ET LES FILLES DE LA SYNCHRO DE BOUFFER DU CHLORE

 Q : Yefimova s’est plaint de la nourriture à Glasgow…

KOLESNIKOV : Chaque pays a ses propres traditions alimentaires, mais la nourriture des championnats d’Europe était maigre. Si les entraîneurs pouvaient manger tranquillement, les nageurs, nous devions faire quelque chose ou aller au restaurant. Juste pour avoir la force de parcourir la distance !

Q : Avez-vous des habitudes alimentaires particulières?

KOLESNIKOV : Non, je n’ai pas de préférences, et je ne suis pas un gourmet. Mais j’exclus de la diète frites et fast foods.

Q : Tu dois surveiller le poids?

KOLESNIKOV : Oui bien sûr, surtout avant la compétition. Toute augmentation de poids ou vice versa, perte de poids, affecte les résultats. Même 500 grammes supplémentaires peuvent faire la différence.

Q : Les nageuses synchronisées de Glasgow se sont plaint de la présence de trop de chlore dans la piscine. Et vous avez eu des plaintes?

KOLESNIKOV : Beaucoup se sont plaints ; ils toussaient, avaient les larmes aux yeux en raison d’un excès d’eau de Javel. Mais j’ai eu de la chance, tout allait bien pour moi.

Q; – Beaucoup ont encore dit que la piscine pour les championnats d’Europe était trop compliquée.

KOLESNIKOV : Je n’y ai pas fait attention. Il me semblait qu’il y avait une piscine habituelle, les tribunes étaient constamment remplies, l’atmosphère des grandes compétitions se faisait sentir.

Q :  En regardant d’autres nageurs de la tribune?

KOLESNIKOV : – Nous sommes montés à la tribune avec l’équipe, avons encouragé nos gars lors des avant-dernière et dernière journées du programma alors que nous n’avions pas à nager le matin. La plupart des compétiteurs ne peuvent pas regarder les autres, car nous sommes très occupés.

 A L’AISE DANS TOUS LES STYLES, EN LIBRE ET EN QUATRE NAGES

 Q- A Glasgow, vous avez essayé de donner des interviews en anglais …

KOLESNIKOV : – Oui, après avoir nagé, mais c’était des questions standard – sur les sensations, sur le résultat. J’ai appris l’anglais à l’école primaire sous la supervision de ma grand-mère, je peux parler couramment, communiquer avec des jeunes d’autres pays. Bien sûr, il est difficile de parler l’anglais quand on ne pratique pas de façon courante.  

Q : Votre coach dans une interview avec « Sport Express » a dit que vous pouvez nager dans n’importe quel style et sur n’importe quelle distance. Pourquoi lors des Championnats d’Europe n’avez-vous pas nagé, par exemple, en papillon?

KOLESNIKOV : – En effet, je suis un athlète polyvalent à cet égard, car depuis mon plus jeune âge, j’ai commencé à nager de toutes les manières. Mes meilleures nages étaient le dos, le crawl et les quatre nages. Actuellement, je nage seulement en dos parce que, d’abord, c’est mon meilleur style, ensuite parce que le calendrier des compétitions ne me permettait pas d’ajouter une autre épreuve à mon programme de compétitions. Après les finales sur le dos, nager une autre course ne me convenait pas.

Q : Le programme était-il plus dense que d’habitude?

KOLESNIKOV : C’est juste que lors des Championnats d’Europe, le calendrier a été établi de cette manière. Aux Jeux Olympiques, ce sera différent. En fonction de ces différences, et du programme tel qu’il sera établi, je verrai sur quelles distances je nagerai. Cela revient à dire qu’il y aura des compétitions où, quand je voudrai nager les quatre nages, je ne pourrai pas disputer le 100 et el 200 mètres dos. J’aimerais, par exemple, voir comment je me comporterai sur un 200 mètres quatre nages.

Q : Donc, si dans une prochaine compétition, vous nagez en brasse, nous ne devrons pas nous montrer surpris ?

KOLESNIKOV : En fait, avec en plus la brasse et le papillon, la situation serait encore plus compliquée. Par conséquent, je ne pense pas que cela vaille la peine d’essayer. C’est dur pour moi. Mais vous devez travailler encore ces techniques, si vous voulez nager les quatre nages !

NAGER ET ETUDIER, CEST DIFFICILE SI LES PROFESSEURS N’Y METTENT PAS DU LEUR

Q : Vous ne savez pas encore sur quelles distances vous nagerez aux Jeux olympiques de Tokyo?

KOLESNIKOV : – Je veux me présenter en dos, sur 100 mètres, et si ça marche, sur 200 mètres, parce que je suis bon dans cette distance, je ne veux donc pas la retirer de ma liste. Je tenterai également de m’aligner sur 200 mètres quatre nages avec si possible de bons résultats sur la distance. Mais encore faudra-t-il regarder si les horaires de toutes ces compétitions conviennent à un tel programme.

Q Avez-vous suivi les courses de l’Américain Ryan Murphy, l’un des plus forts dossistes au monde?

KOLESNIKOV : Oui, j’ai regardé ses courses aux Jeux olympiques de Rio, où il a établi un record mondial au départ du relais. Murphy est un dossiste exceptionnel de notre époque. Je pense déjà à la façon d’aborder notre rencontre si, bien sûr, tout va bien se passer, l’an prochain aux Championnats du monde et en 2020 aux Jeux olympiques de Tokyo.

Q : En plus d’Evgeny Rylov, quelqu’un peut-il intervenir dans votre lutte?

KOLESNIKOV : Il y a beaucoup de bons éléments et d’ici un an, quelqu’un d’autre peut apparaître.

(Ici, des questions que je n’arrive pas à interpréter, qui concernent semble-t-il ses études. E.L.)

Q : Es-tu allé dans une école ordinaire?

KOLESNIKOV : Jusqu’en neuvième année, j’ai étudié au gymnase, mais j’ai finalement réalisé qu’ils demandaient les mêmes efforts à tout le monde de manière égale et que je n’étais pas pris en considération en tant qu’athlète. Et à cause de cela, c’est devenu difficile. J’ai affronté des compétitions plus sérieuses. Les formations que je suivais exigeaient plus de temps. J’ai donc déménagé dans une école ordinaire. Là, j’ai étudié et réussi l’examen.

Q : Avec votre rythme fou, avez-vous réussi à apprendre avec le reste des gars?

KOLESNIKOV : Il n’y avait aucun problème à étudier, en termes de réussite scolaire, aussi. Il y avait des jours où nous manquions l’école avec les garçons de mon groupe, mais les professeurs étaient d’accord avec ça. Ils comprenaient que nous étions tous sérieux au sujet de la natation et ils nous ont aidés dans nos études.

ENERGY STANDARD NOUS DONNE DES CONDITIONS ET LA POSSIBILITE DE CINQ DEPLACEMENTS PAR AN

 Q : Continuerez-vous à étudier dans le domaine du sport?

KOLESNIKOV : Oui, je veux associer ma future carrière au sport. Partir de ce domaine est plus facile qu’apprendre quelque chose d’autre. De plus, la charge de travail de mon entraînement ne me permettra pas d’aller dans une autre direction.

Q : Dans une interview, vous disiez être assez paresseux. A quoi cela s’applique-t-il? A l’entraînement ou aux problèmes liés à la vie e tous les jours ?

KOLESNIKOV : Je suis vraiment paresseux dans ma vie et dans mes études. Je reste au niveau des autres en ce qui concerne mes résultats académiques, mais en moi il y a un tel état de paresse à cet égard. Cependant, en natation, je suis très efficace. Je ne sais pas pourquoi cela se passe comme ça.

Q : Nous avons beaucoup d’athlètes qui s’entraînent à l’étranger. Voulez-vous essayer cette option dans le futur?

KOLESNIKOV : Je travaille avec le club « Energy Standard », qui fournit toutes les conditions pour la formation. Au cours de l’année, nous ne sommes pas en permanence à Moscou. Le club offre la possibilité de se rendre en stage à l’étranger au moins cinq fois par an.

Q : Avez-vous pensé à l’option d’étudier aux États-Unis? On y trouve probablement plus d’opportunités …

KOLESNIKOV : Dans l’équipe russe, de nombreuses personnes ont choisi d’étudier et de se former aux États-Unis. Les universités US nous suivent de près. J’avais de telles offres. On a réfléchi à ce sujet. Mais comme il reste deux ans avant les Jeux olympiques, je ne voudrais pas changer quelque chose dans mon mode de vie. De plus, cela peut être compliqué d’aller dans un autre pays, d’avoir un autre coach, de vivre dans une nouvelle société. Je vais me préparer pour Tokyo en Russie dans les conditions actuelles. C’est là que j’ai obtenu les résultats, effectué les progrès. Aussi – je ne changerai rien.

 FOI, CROIX, RITES ET TATOUAGES, OU LE RETOUR DE LA SAINTE RUSSIE DANS L’ANCIEN PARADIS SOCIALISTE

 Q : Vos parents sont des personnes religieuses. Et vous ?

KOLESNIKOV : Je vais à l’église le dimanche avec mes parents, comme tous les croyants.

Q : Pendant la compétition?

KOLESNIKOV : Non, bien sûr. Il en est qui, avant la compétition, dirigent leurs pensées pour obtenir de l’aide de Dieu. Des athlètes dans l’équipe nagent avec une croix.

Q : Anton Chupkov embrasse une croix avant de nager. Avez-vous déjà pensé à quelque chose comme ça?

KOLESNIKOV : Anton est un être apaisant et serviable. Je pense que c’est une question personnelle pour chaque personne, une façon d’exprimer ses émotions. Je préfère garder tout à l’intérieur.

Q : N’avez-vous pas pensé à développer certains « rites » mémorables, comme le balancement des mains chez Michael Phelps?

KOLESNIKOV : J’y ai pensé. Mais jusqu’à présent, je n’ai imaginé aucun rituel avant le départ. Je note seulement que dans le dos, je préfère plonger tête baissée. En fait, je suis totalement à l’aise en faisant ça. Les autres nageurs l’ont noté, ils m’en parlent et s’amusent à me parodier.

Q : Au championnat de Russie, vous avez nagé en ayant laissé pousser vos favoris. Est-ce que cela va attirer l’attention et allez-vous continuer à expérimenter des effets de look?

KOLESNIKOV :  En principe, tous les athlètes qui nagent rasent les poils sur tout le corps et l’épiderme, ce qui permet une meilleure sensibilité à l’eau et au glissement. Aux championnat de Russie, j’étais en très bonne forme… Dans les grandes compétitions internationales, bien sûr, je vais m’abstenir.

Q : Beaucoup de nageurs se font des tatouages. Envisagez-vous de les imiter?

– KOLESNIKOV : Je n’ai pas pensé aux tatouages. Je ne veux pas faire ça. Ce n’est pas que je ne les aime pas. Je ne veux tout simplement pas voir de peintures sur mon corps. Peut-être changerais-je d’avis, mais jusqu’à présent, je n’en veux pas.

 Q : Comment récupérez-vous et vous détendez-vous avec votre emploi du temps fou?

KOLESNIKOV : Il s’agit d’une formation complète et d’une expérience compétitive. Depuis des années que je nage, je suis habitué à un horaire serré. Je participe généralement à de nombreuses courses individuelles et de relais. Pour le reste, je dors souvent. Je nage la distance, je viens dans la chambre, je vais me reposer et m’endormir. Ensuite, je me lève et je vais à la partie soirée de la compétition, quand les demi-finales et les finales se passent.

Q : Beaucoup de nageurs écoutent de la musique avant d’aller nager. Comment vous préparez-vous?

KOLESNIKOV : Par habitude, j’aime le silence. Plus la situation est calme, plus je suis à l’aise. J’aime écouter de la musique, mais pas en période de compétition.

 J’AI PEUR DE LA MER ET LA PHOBIE DU LARGE

 Q : On sait que vous aimez le basketball. Seul le basketball NBA ou le russe?

KOLESNIKOV : Je ne suis pas particulièrement le basketball. J’aime plutôt jouer moi-même. Nous allons avec les copains, sur différents terrains. Si beaucoup de gens viennent, nous jouons au basket classique, sinon au 3×3. Je ne peux pas dire que je joue pour me distraire des pensées négatives ou même dans un but précis. J’aime simplement le jeu pour lui-même, je l’apprécie.

Q : Que fais-tu dans l’équipe de basket?

KOLESNIKOV : Nous ne jouonsà des postes ou avec des rôles précis. Je suis probablement un joueur universel. Comme en natation.

Q : Est-ce que vous « dunkez » ?

KOLESNIKOV : Oui. Je marque en dunk, et à trois points – je sais tout faire à pu près aussi bien.

Q : Comment préfères-tu passer tes vacances?

KOLESNIKOV : Jusqu’à récemment, lorsque l’été n’était pas si chargé en compétitions, j’aimais les vacances à la plage. Nous sommes allés à la mer, par exemple, en Italie. Mais maintenant, pour la troisième année de suite, en juin, juillet et début août, j’ai été occupé à disputer des tournois. Il reste très peu de temps. Je vais donc me reposer au chalet ou même je reste en ville. L’essentiel est d’oublier pendant quelques semaines ce qu’est une piscine et en général de nager, et de reprendre mes esprits avant de réattaquer une nouvelle préparation pour la saison qui vient.

Q : Certains athlètes en vacances ont peur de nager en mer, car ils ne voient pas le fond.

KOLESNIKOV : J’ai une terrible phobie à ce sujet. Je peux nager n’importe où, mais pas dans la mer! Ce n’est même pas si je vois le fond ou pas. Mais l’immense espace d’eau me fait peur.

Q : Autrement dit, en eau libre, vous ne pouvez pas performer sous aucune condition?

KOLESNIKOV : Eh bien, si j’étais entouré de beaucoup de monde, ce serait toujours possible. Mais seul, j’aurais même peur d’aller seulement vers le large.

Q : Préférez-vous vous reposer entre amis ou avec vos parents?

KOLESNIKOV : Je suis parti en vacances avec mes parents, car nous ne nous voyons pas souvent avec la famille pendant un an. Passer du temps en famille est très agréable. Mais j’ai beaucoup d’amis, pas seulement parmi les nageurs, mais aussi à l’école, par exemple.

Q : La natation a-t-elle une chance d’entrer dans le top 3 des sports en termes de popularité?

KOLESNIKOV : Souvent, j’ai réfléchi à cette question ces derniers temps. J’ai beaucoup de réflexions sur la façon de changer la nage pour amener un public à suivre cela. Maintenant, tout est éclipsé par le football. Une personne ordinaire ne restera pas sur la diffusion des compétitions de natation à moins de voir quelque chose d’excitant.

JEUX ASIATIQUES: ENTRE LA CHINE ET LE JAPON, C’EST DU 50/50

Eric LAHMY

Jeudi 30 Août 2018

Les Jeux asiatiques dont les épreuves de natation se sont achevées à Djakarta ont donné l’impression d’une natation du continent asiatique (65% de la population mondiale) à faible évolution. Marquée par un duel sino-japonais des plus serrés. Les Chinois avaient marqués un « envol » spectaculaire encouragé par l’organisation des Jeux olympiques de Pékin en 2008,et malheureusement entaché par un effrayant système de dopage d’Etat systématique hérité d’Allemagne de l’Est émulé. Aujourd’hui, le Japon, taraudé par l’ambition de bien faire à Tokyo en 2020, effectue une remontée. Les hasards de la compétition l’ont aidé avec l’élimination du relais quatre nages féminin chinois, mais au décompte des médailles, le Japon a devancé d’un rien la Chine. Bien sûr, cela n’a guère de signification précise dans l’idée des Jeux de Tokyo, en raison des épreuves non olympiques (50 mètres de spécialités) qui ne seront pas disputées dans deux ans. Mais c’est clair, les Japonais se sont rapprochés et se trouvent au coude à coude avec les Chinois.

La grande absente de la natation asiatique, voire mondiale, comme dans l’ensemble du sport, c’est l’Inde, pays de plus d’un milliard d’habitants, mais qui ne prend pas au sérieux les joutes sportives. L’ancienne nageuse du Racing Valérie NICAISE, aujourd’hui disparue, passionnée d’Inde, où elle passait ses étés pendant des années, m’avait alors expliqué la position des Indiens vis-à-vis du sport, qu’ils ne jugeaient pas être une affaire sérieuse. Ils préféraient, disait-elle, « laisser cela aux autres ».

Les autres nations du continent n’ont pas, semble-t-il, la même attitude de nonchalante « sagesse hindoue », mais toujours est-il qu’elles n’ont pas développé de nombreux systèmes ambitieux. Emergent la Corée du Sud et de petites entités issues du Commonwealth britannique, où la tradition sportive a été élaborée : Singapour et Hong-Kong. Le Vietnam, l’Indonésie, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, deux pays d’ancienne obédience soviétique, la Jordanie, placent aussi des éléments sur les podiums ou dans les finales.  

 

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. YU Hexin, Chine, 22s11 ; 2. Katsumi NAKAMURA, Japon, 22s20; 3. Sunichi NAKAO, Japon, 22s46 ; 4. Virdhawal Vikram KHADE, Inde, 22s47.

100 libre  49s04 : 1. Shinri SHIOURA, Japon, 48s71 ; 2. Katsumi NAKAMURA, Japon, 48s72 ; 3. YU Hexin, Chine, 48s88 ; 4. HOU Yujie, 48s95 ; 5. Khader BAQLAH, Jordanie, 49s10; 6. Matthew ABEISINGHE, Sri Lanka, 49s28.

200 libre : 1. SUN Yang, Chine, 1’45s43 ; 2. Katsuhiro MATSUMOTO, Japon, 1’46s50 ; 3. JI Xinjie, Chine, 1’46s68 ; 4. Khader Ghetrich BAQLAH, Jordanie, 1’46s77 ; 5. Naito EHARA, Japon, 1’47s66.

400 libre : 1. SUN Yang, Chine, 3’42s92 [26s19, 54s45 (28s26), 1’22s65 (28s20), 1’51s07 (28s42), 2’19s47 (28s40), 2’48s33 (28s86), 3’16s33 (28s), 26s59]; 2. Naito EHARA, Japon, 3’47s14 ; 3. Kosuke HAGINO, Japon, 3’47s20 ; 4. Hojoon LEE, Corée, 3’48s26 ; 5. LI Xinjie, Chine, 3’50s06 ; 6. Hu Kim Sun NGUYEN, Vietnam, 3’51s67.

800 libre : 1. SUN Yang, Chine, 7’48s36 (57s, 1’57s03, 2’57s10, 3’57s10, 4’56s50,5’54s88, 6’53s64, soit 57s, 1’0s10, 1’, 59s40, 58s38, 58s76, 54s72); 2. Shogo TAKEDA, Japon, 7’53s01; 3. Huy Hoang NGUYEN, Vietnam, 7’54s32.

1500 libre : 1. SUN Yang, Chine, 14’58s53 ; 2. Huy Hoang NGUYEN, Vietnam, 15’1s63; 3. JI Xinjie, Chine, 15’6s18; 4. Shogo TAKEDA, Japon, 15’17s13; 5. Ayatsugu HIRAI, Japon, 15’24s26; 6. Aflah Fadlan PRAWIRA, Indonésie,15’24s59

50 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 24s75; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 24s88; 3. Jiseok KANG, Corée, 25s17; 4. WANG Peng, Chine, 25s28; 5. I Gede Suman SUDARTAWA, Indonésie, 25s29.

100 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 52s34 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 52s53 ; 3. Juho LEE, Corée, 54s52.

200 dos  1’57s01 : 1. XU Jiayu, Chine, 1’53s99 (26s04, 54s59, 1’24s17); 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’55s11 (27s05, 56s41, 1’25s97); 3. Keita SUNAMA, Japon, 1’55s54 (27s27, 57s08, 1’26s62); 4. LI Guangyuan, Chine, 1’57s13.

50 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 27s07 ; 2. YAN Zibei, Chine, 27s25 ; 3. Dmitry BALANDIN, Kazakhstan, 27s46; 4. SUN Jiajun, 27s65; 5. Vladislav MUSTAFIN, Ouzbékistan, 27s72.

100 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 58s86 ; 2. Zibei YAN, Chine, 59s31 ; 3. Dmitriy BALANDIN, Kazhakstan, 59s39; 4. Ippei WATANABE, Japon, 1’0s15.

200 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’7s81 (28s51, 1’0s89, 1’33s96) ; 2. Ippei WATANABE, Japon, 2’7s82 (28s96, 1’1s82, 1’34s85) ; 3. Haiyang QIN, Chine, 2’8s07 (29s10, 1’1s98, 1’34s70) ; 4. YAN Zibei, Chine, 2’11s07 (28s94, 1’1s70, 1’35s90) ; 5. Denis PETRASHOV, Kyrgyzstan, 2’12s19 ; 6. Sungiae CHO, Corée, 2’13s86. 

50 papillon   23s45 : 1. Joseph SCHOOLING, Singapour, 23s61 ; 2. WANG Peng, Chine, 23s65 ; 3. Adilbeck MUSSIN, Kazakhstan, 23s73

100 papillon : 1. Joseph SCHOOLING, Singapour, 51s04 ; 2. LI Zuhao, Chine, 51s46; 3. Yuki KOBORI, Japon, 51s77; 4. Zheng Wen QUAH, Singapour, 52s54.

200 papillon : 1. Daya SETO, Japon, 1’54s53 ; 2. Nao HOROMURA, Japon, 1’55s58 ; 3. LI Zhuhao, Chine, 1’55s76 ; 4. WANG Zhou, Chine, 1’56s75.        

200 4 nages  1’59s18 : 1. WANG Shun, Chine, 1’56s52 ; 2. Kosuke HAGINO, Japon, 1’56s75; 3. QIN Haiyang, Chine, 1’57s09; 4. Daya SETO, Japon, 1’57s13.

WANG Shun, 25s03, 54s65, 1’28s91, 1’56s52

Kosuke HAGINO 24s93, 54s15, 1’28s06, 1’56s75

400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 4’8s79; 2. Kosuke HAGINO, Japon, 4’10s30 ; 3. WANG Shun, Chine, 4’12s31 ; 4. Yizhe WANG, Chine, 4’19s61.

4 fois 100 mètres: 1. JAPON, 3’12s68 (Shinri Shioura, 48s85, Katsuhiro Matsumoto, 47s85, Katsumi Nakamura, 48s08, Juran Mizohata, 47s90) ; 2. CHINE, 3’13s29 (Jintong Yang, 49s24, Jiwen Cao, 48s29, Yang Sun, 48s38, Hexin Yu, 47s38) ; 3. SINGAPOUR, 3’17s22 (Schooling, 48s27 lancé) ; 4. COREE, 3’17s92.

Relais 4 fois 200 mètres: 1. JAPON, 7’5s17 (Naito Ehara (1’47s31), Reo Sakata (1’46s51), Kosuke Hagino (1’46s50), et Matsumoto (1’44s85)) ; 2. CHINE, 7’5s45 (Ji Xinjie (1’47s58)Shang Keyuan, (1’47s15), Wang Shun (1’46s53) et Sun Yang (1’44s19); 3. SINGAPOUR, 7’14s15 ; 4. CORÉE, 7’15s26.

4 fois 100 4 nages: 1. CHINE, 3’29s99 (Xu Jiayu, 52s60, Yan Zibei, 58s86, Li Zuaho, 50s61, Yu Hexin, 47s92); 2. JAPON, 3’30s03 (Ryosuke Irie, 52s53,Yasuhiro Koseki, 58s45, Yuki Kobori, 51s06, Shinri Shioura, 47s99).

 DAMES.-  50 libre : 1. Rikako IKEE, Japon, 24s53 ; 2.LIU Xiang, Chine, 24s60 ; 3. WU Qingfeng, Chine, 24s87.

100 libre : 1. Rikako IKEE, Japon, 53s27 (26s) ; 2. ZHU Menghui, Chine, 53s56 (25s49); 3. YANG Junxuan, Chine, 54s17; 4. Tomomi AOKI, Japon, 54s58.

200 libre : 1. LI Bingjie, Chine, 1’56s74 ; 2. Junxuan YANG, Chine, 1’57s48 ; 3. Chihiro IGARASHI, Japon, 1’57s49 ; 4. Yui OHASHI, Japon, 2’0s29

400 libre : 1. WANG Jianjiahe, Chine, 4’3s18 [58s27, 2’0s06, 3’2s49] ; 2. LI Bingjie, Chine, 4’6s46 ; 3. Chihiro IGARASHI, Japon, 4’8s48 ; 4. Waka KOBORI, Japon, 4’11s69.

800 libre : 1. WANG Jianjiahe, Chine, 8’18s55 (28s86, 1’0s03, 1’31s27, 2’2s91, 2’34s36, 3’5s84, 3’37s41, 4’9s, 4’40s56, 5’12s10, 5’43s07, 6’14s53, 6’46s20, 7’17s93, 7’49s48) ; 2. LI Bingjie, Chine, 8’28s14 ; 3. Waka KOBORI, Japon, 8’30s65.

1500 libre : 1. WANG Jianjiahe, Chine, 15’53s68 ; 2. Bingjie LI, Chine, 15’53s80; 3. Waka KOBORI, Japon, 16’18s31

50 dos : 1. LIU Xiang, Chine, 26s98 (record du monde) ; 2. FU Yuanhui, Chine, 27s68 ; 3. Natsumi SAKAI, Japon, 27s91 ; 4. Anna KONISHI, Japon, 28s37 ; 5. Hanbyeol PARK, Corée, 28s39.

100 dos : 1. Natsumi SAKAI, Japon, 59s27 ; 2. Anna KONISHI, Japon, 59s67 : 3. CHEN Jie, Chine, 1’0s28 ; 4. FU Yuanhui, Chine, 1’0s35 ; 5. Dasol IM, Corée, 1’1s08.

200 dos : 1. LIU Yaxin, Chine, 2’7s65 (30s77, 1’3s41, 1’35s30, soit 30s77, 32s64, 31s89, 32s25); 2. Natsumi SAKAI, Japon, 2’8s13 (29s84, 1’2s45, 1’35s49, soit 29s84, 32s61, 33s04, 32s64); 3. PENG Xuwei, Chine, 2’9s14; 4. Sayaka AKAZE, Japon, 2’10s35.

50 brasse  30s82 : 1. Satomi ZUZUKI, Japon, 30s83 (record des Jeux) ; 2. ; 2. Roanne HO, Singapour, 31s23; 3. FENG Junyang, Chine, 31s24.

100 brasse : 1. Satomi SUZUKI, Japon, 1’6s40 ; 2. Reona AOKI, Japon, 1’6s45 ; 3. Jinglin SHI, Chine, 1’7s36 ; 4. Jingyao YU, Chine, 1’7s44. En séries, Jamie Zhen Mei YEUNG, Hong Kong, 1’7s86.

200 brasse : 1. Kanako WATANABE, Japon, 2’23s05; 2. YU Jingyao, Chine, 2’23s31; 3. Reona AOKI, Japon, 2’23s33.

Passages de WATANABE, 32s72, 1’9s31 (36s59), 1’46s08 (36s77), 2’23s05 (36s97).

Passages de YU Jingyao, 32s17, 1’8s33 (36s16), 1’45s35 (37s02), 2’23s31 (37s96)

Passages de Reona AOKI, 32s03, 1’8s47 (36s44), 1’45s73 (37s26), 2’23s33 (37s60)

50 papillon : 1. Rikako IKEE, Japon, 25s55 ; 2. WANG Yichun, Chine, 26s03; 3. LIN Xintong, Chine, 26s39.

100 papillon : 1. Rikako IKEE, Japon, 56s30 ; 2. ZHANG Yufei, Chine, 57s40 ; 3. Sehyeon AN, Corée, 58s ; 4. Ai SOMA, Japon, 58s68.

200 papillon : 1. Yufei ZHANG, Chine, 2’6s61 ; 2. Sachi MOCHIDA, Japon, 2’8s72 ; 3. Suzuka HASEGAWA, Japon, 2’8s80 ; 4. Sehyeon AN, Corée, 2’8s83.    

200 4 nages : 1. Seoyeong KIM, Corée, 2’8s34 [27s31, 59s37 (32s06), 1’37s60 (38s23) 2’8s34 (30s74)]; 2. Yui OHASHI, Japon, 2’8s88 [27s73, 1’0s78 (33s05), 1’38s04 (37s26), 2’8s88 (30s84)]; 3. Miho TERAMURA, Japon, 2’10s98; 4. ZHOU Min, Chine, 2’11s42; 5. YANG Chang, Chine, 2’13s68.

400 4 nages : 1. Yui OHASHI, Japon, 4’34s58 (28s56, 1’1s48, 1’36s24, 2’10s80, 2’50s08, 3’29s96, 4’2s64; soit 1’1s48 en papillon, 1’9s32 en dos, 1’19s16 en brasse, 1’4s62 en crawl); 2. Seoyong KIM, Corée, 4’37s43 (1’0s96, 2’10s66, 3’31s54) ; 3. Sakiko SHIMIZU, Japon, 4’39s10.

4 fois 100 mètres : 1. JAPON, 3’36s52 (Rikako IKEE, 53s60 (25s68) ; Natsumi SAKAI, 17 ans, 54s81; Tomomi AOKI, 54s21; Chihiro IGARASHI, 53s90); 2. CHINE, 3’36s78 (ZHU Menghui, 54s, WU Yue, 54s67, WU Qingfeng, 54s43; YANG Jungxuan, 53s68); 3. HONG KONG, Chine, 3’41s88 

Quatre fois 200 mètres: 1. CHINE, 7’48s61 (Li Bingjie (1’56s94), Wang Jianjiahe (1’55s35), Zhang Yuhan (1’58s37), Yang Junxuan (1’57s95) ; 2. JAPON, 7’53s83 (Chihiro Igarashi, 1’57s69, Rikako Ikee, 1’55s27, Yui Ohashi, 2’1s33, Rio Shirai, 1’59s54) ; 3. HONG KONG, Chine, 8’7s17.

Relais 4 fois 100 quatre nages: 1. JAPON, 3’54s73 (record des Jeux, ancien, Chine, 3’57s80 en 2010)  [Natsumi Sakai (59.42), Satomi Suzuki (1:05.43), Rikako Ikee (55.80) et Tomomi Aoki (54.08) ; 2. HONG KONG, 4’3s15 ; 3. SINGAPOUR, 4’9s65. CHINE et COREE DU SUD disqualifiées.

 MIXTE.- 4 fois 100 quatre nages : CHINE, 3’40s45 (LIU Xiayu, 52s30 en dos) ; 2. JAPON, 3’41s21 (Irie, 52s55 en dos, Rikako Ikee, 55s68 en papillon ; 3. COREE, 3’49s27 ; 4. HONG KONG, 3’50s22.

AU CALENDRIER DE LA FINA, LIGNES D’EAU ET LIGNES DE CREDIT

La Fédération Internationale a trouvé un financier de sa saison petit bassin

Mardi 29 Août 2018

La Fédération Internationale de Natation  a annoncé un nouveau partenariat avec une banque chinoise, la SPD Bank CCC (la banque de développement et centre de carte de crédit Shanghai Pudong). Ce partenariat couvrira les événements suivants: La Coupe du monde 2018 et les championnats du monde petit bassin 2018, soit les quatre mois de la saison en 25 mètres.

Etant un centre de cartes de crédit se développant le plus rapidement en Chine, la SPD Bank CCC cherche à accroître son impact global et sa popularité. Ce partenariat est censé l’aider dans cette voie. Le souci déclaré de la banque étant d’ « aider les jeunes à jouir de la vie et de poursuivre leurs rêves » se promet d’aider la FINA à « promouvoir les valeurs de la natation et de la haute compétition sur le marché chinois. »

La Coupe du monde FINA (Swimming World Cup) 2018 démarre le 7 Septembre à Kazan ‘Russie).

Etapes suivantes : Doha, Eindhoven, Budapest, Pékin, Tokyo et Singapour.

Ces rencontres serviront de qualification pour les championnats du monde en petit bassin, à Hangzhou, Chine, du 11 au 16 Décembre.

OURAGAN SUR LES FIDJI : LES USA FONT LEUR RAZZIA AUX PANPACIFICS

Éric LAHMY

Dimanche 26 Août 2018

Les nageurs américains ont archi-dominé le match « pan pacifique » des jeunes, à Suva, dans les îles Fidji du 23 au 26 août.

Deux sœurs, Gretchen et Alex WALSH, 15 et 17 ans, ont remporté des victoires individuelles, la première sur 100 mètres libre, la seconde sur 200 quatre nages. Gretchen est un prototype de nageuse précoce, et améliore des records US de jeunes depuis quelque temps déjà. Elle a nagé 54s38 au 100 mètres à 15 ans, temps qui ne le cède, à 15-16 ans, qu’aux 53s63 de Missy FRANKLIN et aux 53s86 de Simone MANUEL.

Coïncidence : la fille vient de Nashville, qui fut en 1978 la « Mecque » de la natation féminine mondiale, avec Tracy CAULKINS et Joan PENNINGTON en têtes de gondoles. Or, elle ressemble étrangement, physiquement, à ces ondines ultralégères qu’étaient CAULKINS, 1,73m, 53kg, et PENNINGTON, 1’75m, 50kg.

Une autre fratrie est montée sur le podium du 400 mètres quatre nages messieurs. Carson FOSTER, 17 ans, a devancé son frère aîné Jake, 18 ans dans cette course qui délivre le titre officieux de nageur complet (et résistant).

Carson a également gagné le 200 quatre nages et le 200 dos, ce qui en fait le seul auteur de trois victoires à Fidji. Il a également participé au relais quatre fois 200 mètres libre vainqueur, réalisant un temps lancé de 1’49s68. A noter que les FOSTER ont une sœur aînée, Hannah, qui nage également…

Notables aussi, les deux succès sur deux distances reines, 100 et 200 libre, de Drew KIBLER, qu’on retrouve par ailleurs dans les trois relais masculins vainqueurs. Ross DANT gagne 400 et 800 mètres tandis que le Chinois Long CHENG tente de perpétuer la tradition chinoise sur 1500 mètres.

Parfois, cependant, dominer n’est pas facile. Phoebe BACON semblait bien partie pour enlever 100 et 200 dos féminin, mais elle laisse un peu aller en séries du 200, et se trouve reléguée en finale B, tandis que sa compatriote Isabel STADDEN effectue un super-temps pour enlever la grande finale…

On retrouve ici les mêmes façons de dominer qui se reproduisent dans toutes les compétitions de natation. Regardez Lani PALLISTER. Il y a trois ans, Lani – qui est la fille de Janelle ELFORD, double finaliste olympique (400 et 800) à Séoul en 1988 –, aurait gagné le 400 et le 1500 et fini 2e du 200. Aujourd’hui, elle remporte également le 800. Une anecdote ? Sa mère avait fini 6e du 800 mètres olympiques, il y a trente ans, en 8’30s94. Et Lani 8’29s95 pour gagner les PanPacs juniors… Les Australiens la présentent déjà comme la rivale de TITMUS.

Par principe, ces compétitions de « jeunes » comme ces PanPacifics juniors devraient être prises pour ce qu’elles sont avant tout : une attraction pour les jeunes talents, un moyen de rendre intéressantes leurs années de formation. Une façon aussi de se forger aux arcanes de la haute compétition avec ses rites et ses difficultés, d’apprendre à garder sa concentration dans une situation tendue, où la moindre faute menace de tourner au désastre, à la gestion de la fatigue née des déplacements.

Dans la natation de l’ère amateur, des rencontres internationales de jeunes n’auraient paru ni légitimes, ni viables. La haute compétition était dominée par le système américain, lequel se basait sur la double fondation de l’Université et du club. Le professionnalisme n’étant pas toléré, jusqu’à ce que le terme « amateur » disparaisse  (en 1981) de la Charte olympique, le champion de natation type, une fois ses études universitaires achevées, généralement à vingt-deux ans, rangeait ses maillots de bain et entrait dans une autre compétition, celle de la vie active.

Quelques contre-exemples « surnageaient », si l’on ose. Deux Australiens exceptionnels, Murray ROSE et Dawn FRASER, qui battaient encore des records à 25 et 28 ans, un Russe, Georgy PROKOPENKO, recordman du monde à 27 ans, paraissaient extraordinairement vieux à l’époque ! Les Russes, les Allemands de l’Est, étaient dans un autre système, mais, par mimétisme, la natation restait pour l’essentiel un sport des moins de 22 ans…  

Ce fonctionnement, aidé par certaines caractéristiques de ce sport, faisait de la natation – avec la gymnastique – le sport le plus jeune qui soit. C’était parmi les jeunes que se trouvaient les champions olympiques. Parler d’une natation de jeunes était sinon pléonastique, du moins redondant.

De ce fait, l’élite de la natation US, qui représentait une part très importante de l’élite mondiale, passait sans discontinuer des « age-groups » à la lutte pour la médaille olympique, et, selon la précocité des uns et des autres, de la médaille olympique à la retraite sportive.

 

Il ne faut pas prendre trop au pied de la lettre ces résultats, par rapport à un avenir. Je ne veux pas dire par là que ces compétitions ne sont pas sérieuses, tout au contraire. Mais que la « jeunesse » en natation est assez difficile à appréhender. Par exemple, les sexes ne sont pas à égalité au regard de la maturité, et une fille de seize est aussi mature qu’un garçon de dix-huit. Ensuite, à l’intérieur de chaque genre, le chemin qui conduit à l’état adulte n’est pas rigoureusement le même pour tous. Par ailleurs, il est plus difficile pour un jeune de sprinter… Enfin, tel jeune talentueux peut décider qu’il ne nagera pas sérieusement, ou encore qu’il nagera sérieusement seulement pour payer ses études, pendant que tel autre donnera la prééminence sur tout le reste à la natation.  

Le monde de la natation est rempli de ces histoires de jeunes grandis très vite et donnant d’immenses espoirs mais qui ne progressaient plus par la suite. Il y a aussi ces « phénomènes » comme PHELPS, LEDECKY, FRANKLIN, MEILUTYTE ou aujourd’hui KOLESNIKOV ou MILAK qui, encore « cadets » ou « juniors », s’imposent au plus haut niveau (mondial, olympique) et ne le quittent plus.

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Ashley BRINKWORTH, 18 ans, Australie, 22s72 (en série, 22s68).

100 libre : 1. Drew KIBLER, USA, 18 ans, 49s42.

200 libre : 1. Drew KIBLER, USA, 18 ans, 1’47s65.

400 libre : 1. Ross DANT, USA, 18 ans, 3’52s44; 2. Brendon SMITH, Australie, 18 ans, 3’52s67.

800 libre : 1. Ross DANT, USA, 18 ans, 8’0s51.

1500 libre : 1. Long CHENG, Chine, 18 ans, 15’24s55.

100 dos : 1. Destin LASCO, USA, 17 ans, 55s75 (en séries, 55s57). Finale B : Peter LARSON, USA, 17 ans, 55s55.

200 dos : 1. Carson FOSTER, USA, 17 ans, 1’59s10.

100 brasse : 1. Gabriel MASTROMATTEO, Canada, 16 ans, 1’1s27.

200 brasse : 1. Daniel ROY, USA, 18 ans, 2’11s79; 2. A.J. POUCH, USA, 18 ans, 2’11s80 ; 3. Yamato FUKASAWA, Japon, 18 ans, 2’13s57

100 papillon : 1. Gianluca URLANDO, USA, 16 ans, 52s40

200 papillon : 1. Gianluca URLANDO, USA,  16 ans, 1’56s25 ; 2. Van MATHIAS, USA, 18 ans, 1’57s64 (en séries, 1’56s39).       

200 4 nages : 1. Carson FOSTER, USA, 17 ans, 1’59s86 ; 2. Gianluca ORLANDO, USA, 16 ans, 2’0s60.

400 4 nages : 1. Carson FOSTER, USA, 17 ans, 4’14s73 ; 2. Jake FOSTER, USA, 18 ans, 4’15s78.

4 fois 100 mètres : 1. USA, 3’19s44 ; 2. AUSTRALIE, 3’20s86 ; 3. JAPON, 3’21s32

4 fois 200 mètres : 1. USA, 7’16s42 ; 2. JAPON, 7’21s40 (Taki Ayashi, 14 ans, 1’52s25 lancé) ; 3. AUSTRALIE, 7’26s57

4 fois 100 4 nages : 1. USA, 3’39s04 (Peter Larson, 56s21 ; Daniel Roy, 1’1s57 ; Gianluca Orlando, 52s23; Drew Kibler, 49s03); 2. JAPON, 3’41s95; 3. CANADA, 3’42s05.

 

DAMES.-

50 libre : 1. Maxine PARKER, USA, 16 ans, 25s39.

100 libre : 1. Gretchen WALSH, USA, 15 ans, 54s47; 2. Lucie NORDMANN, USA, 18 ans, 54s74; 3. Elizabeth KING, Australie, 17 ans, 54s92

200 libre : 1. Claire TUGGLE, USA,14 ans, 1’58s58 ; 2. Lani PALLISTER, Australie, 16 ans, 1’59s ; 3. Nagisa IKEMOTO, Japon, 16 ans, 1’59s02.

400 libre : 1. Lani PALLISTER, Australie, 16 ans, 4’7s76 ; 2. Claire TUGGLE, USA, 14 ans, 4’10s31.

800 libre : 1. Lani PALLISTER, Australie, 16 ans, 8’29s65 ; 2. Mariah DENIGAN, USA, 15ans, 8’30s01.

1500 libre : 1. Lani PALLISTER, Australie, 16 ans, 16’8s09.

100 dos : 1. Phebe BACON, USA, 16 ans, 59s72; 2. Katharine BERKOFF, USA, 17 ans, 1’0s16; 3. Madison BROAD, Canada, 18 ans, 1’0s53. Finale B: 1. Alex WALSH, USA, 17 ans, 1’0s23; 2. Lucie NORDMANN, USA, 18 ans, 1’0s88 (en séries, 1’0s30).

200 dos : 1. Isabel STADDEN, USA, 16 ans, 2’9s52 (en séries, 2’8s81); 2. Madison BROAD, Canada, 18 ans, 2’10s73. Finale B: Phoebe BACON, USA, 16 ans, 2’10s65.

100 brasse : 1. Emily WEISS, USA, 17 ans, 1’7s55.

200 brasse : 1. Shiori ASABA, Japon, 18 ans, 2’27s48 ; 2. Ella NELSON, USA, 17 ans, 2’27s83.

100 papillon : 1. Maggie MCNEIL, Canada, 18 ans, 58s38.

200 papillon : 1. Olivia CARTER, USA, 18 ans, 2’9s45    

200 4 nages : 1. Alex WALSH, USA, 17 ans, 2’12s06

400 4 nages : 1. Emma WEYANT, USA, 17 ans, 4’40s64 ; 2. Mariah DENIGANT, USA, 15 ans, 4’41s39.

4 fois 100 mètres : 1. USA, 3’40s10 (au départ, Gretchen Walsh, 54s92).

4 fois 200 mètres : 1. USA, 7’57s93 ; 2. AUSTRALIE, 7’59s97 (au start, Lani Pallister, 16 ans, 1’58s83).

4 fois 100 4 nages : 1. USA, 4’2s33 (Phoebe Bacon, 1’0s49 ; Emily Weiss, 1’8s52; Lucie Nordmann, 58s57; Gretchen Walsh, 54s75); 2. CANADA, 4’0s64

MIXTE, 4 fois 100 4 nages : 1. USA, 3’47s01 (en crawl, Gretchen WALSH, 15 ans, 53s78).

 

 

LES MONOPOLISTES COMPLETENT LEURS EMPIRES: SUN YANG ET WANG JIANJAHE SUR LE DEMI-FOND, YASUHIRO KOSEKI EN BRASSE ET RIKAKO IKEE SUR 50 LIBRE

Eric LAHMY

Vendredi 24 Août 2018

SUN Yang a bel et bien complété le tableau, en remportant le 1500 mètres nage libre. Il détient les quatre courses des Jeux asiatiques 2018 qui viennent de s’achever à Djakarta, en Indonésie, du 200 au 1500 mètres. Pour achever son triomphe, il lui a fallu se débarrasser du Vietnamien  NGUYEN Huy Hoang, une jeunesse de 18 ans et un mois (né le 10 juillet 2000) qui s’entraîne à raison de 20 kilomètres quotidiens au centre national des sports vietnamien de Can Tho (célèbre pour ses marchés flottants) et qui entend faire du dégât à l’avenir.

NGUYEN n’est pas un géant et il n’est pas épais, et ses 56kg pour 1,78m ne font pas le poids face aux 89kg pour 1,98m de SUN, mais il a porté la contradiction, prenant la tête aux 750 mètres atteints en 7’33s66 et attaquant avec conviction. SUN, qui le tenait de près, parfois devant parfois derrière, parvint à se dégager à deux cents mètres du but.

On connait ses qualités de finisseur !

On ne peut pas se rendre compte de chez nous de l’importance que pouvaient revêtir pour SUN ses résultats aux Jeux asiatiques. Pratiquement aucune information ne filtre entre l’est et l’ouest, voire même entre l’équipe et les média chinois.

Mais il suffisait de voir comment SUN se comportait après sa première victoire, en début de semaine à Djakarta, sur 200 mètres, l’émotion qu’il dégageait en allant visiter dans les tribunes un groupe, sans doute d’entraîneurs et de dirigeants, peut-être de journalistes chinois, voir les quelques pleurs qu’il versait, pour comprendre qu’il y avait beaucoup de sentiments en jeu.

Que s’était-il passé ? Quelle avait été la cause de tous ces sentiments ? Avait-il douté, ou été mis en doute, avait-il craint de ne pas être à la hauteur, ou quoi d’autre ?

Les nageurs ne sont pas des machines, et l’anecdote me le démontrait. Venant de SUN, loin d’être le nageur le mieux apprécié, elle n’en prenait que plus de forces…

NATATION SPORT DE CONTACT

En parlant d’émotions, une algarade a fait les choux gras de la presse spécialisée, une KIM coréenne, 5e du 100 dos, a été « agressée » par une nageuse chinoise qu’elle avait accidentellement touchée au visage. Il parait qu’elle s’est excusée mais en coréen, que la Chinoise a cru qu’elle l’insultait et lui a vulgairement parlant mis sur la gueule. Les Chinois ont le sang chaud, il me souvient que SUN, encore lui, avait comme ça châtié une nageuse brésilienne aux Jeux olympiques. Je vous passe la suite de cette histoire d’extrême horion, qui s’est terminée par de courtoises visites de délégations nationales avec excuses, courbettes et autres déclarations d’éternelle amitié entre les peuples…

YASUHIRO KOSEKI GAGNE LE 50 APRES LE 100 ET LE 200 BRASSE : QUI PEUT LE PLUS PEUT LE MOINS

Revenons à la compétition. Yasuhiro KOSEKI enlevait le 50 brasse, victoire ajoutée à celles obtenues sur 100 et 200. Pour rares qu’ils soient, ces triplés démontrent combien le programme de la FINA est une aberration, un non sens dont le seul but est de pourvoir autant ou plus de médailles que l’athlétisme. Les dirigeants internationaux arguent qu’ils offrent ainsi à d’autres nageurs et à d’autres programmes l’occasion de se distinguer, mais c’est une illusion à combattre. KOSEKI a fait le triplé que BALANDIN avait réussi quatre ans plus tôt, et plus on ajoute d’épreuves au programme, plus ce sont les mêmes qui l’emportent…

Ce qui précède est vrai pour SUN, vainqueur sur 200, 400, 800 et 1500 mètres, pour KOSEKI, vainqueur sur 50, 100 et 200 brasse, c’est vrai aussi pour Rikako IKEE, la Japonaise qui a raflé avec le 50 nage libre sa huitième médaille des Jeux, sa sixième d’or et sa quatrième victoire individuelle, avec le 100 crawl, les 50 et 100 papillon – qui aurait pu être sa cinquième si elle s’était présentée au départ du 200 libre…

C’est vrai aussi pour WANG Jianjiahe, qui a gagné le 400 après le 800 et le 1500 mètres, et qui aurait gagné le 900 mètres et le 1150 mètres s’il prenait la fantaisie à la FINA d’instaurer de telles courses, et le 500 mètres aussi quand j’y pense.

Sur 400, WANG n’a pas laissé la moindre chance à LI Bingjie, laquelle n’est techniquement plus à la hauteur de ses prestations 2017. La gamine de seize ans et de haute taille, 1,82m, s’en est allée vers un succès facile, qui a achevé sa course sans être inquiétée par une longueur de bassin exécutée en 29s38. Avec 4’3s18, elle frôle son record de la saison, 4’3s14 au meeting d’Atlanta, et reste en-dessous du record d’Asie, 4’1s75 par… LI Bingjie.

En revanche, Yui OHASHI a été séparée du monopole des quatre nages par une défaite sur 200 quatre nages face à une miniature Coréenne de 1,63m pour 52kg. Seoyeong KIM, à 24 ans, n’est pas une révélation, elle nage depuis dix-neuf ans et a connu des hauts et des bas, comme une blessure à l’épaule qui a entravé sa carrière, en 2011…

OHASHI, après sa victoire sur 400 quatre nages, avait montré quelques déficiences sur 200 mètres nage libre, d’abord dans le relais japonais – mais avec l’excuse qu’il se jouait juste après son 4 nages – puis dans l’épreuve individuelle, où elle ne pouvait pas reproduire à deux-trois secondes près ses temps d’avril dernier, quand elle terminait 2e du championnat national.

Ici, elle n’a pas mal nagé, mais elle n’a jamais pu s’imposer, malmenée de bout en bout. Et une remontée en brasse – en une seconde plus vite que KIM – ne suffisait pas à renverser la tendance.

VERS LA GESTION DES MICRO-DETAILS QUI FONT GAGNER…

Parce qu’ils s’étaient magnifiquement conduits aux PanPacifics, les relayeurs japonais du quatre fois 100 quatre nages étaient très attendus à Djakarta. Ils ont été battus, encore une fois d’une poignée de centièmes, par des Chinois aussi décidés qu’eux. Il est remarquable de noter combien le succès est séparé, désormais, dans la natation actuelle, par une différence anecdotique. Je dirais presque que le vainqueur devient de moins en moins souvent le plus fort, mais celui qui s’est « réveillé du pied droit » le matin de la course.

XU est actuellement plus fort qu’IRIE sur 100 dos, mais dans le relais, celui-ci le précède. D’un rien, mais le précède. En brasse, en revanche, il n’y a pas photo, et KOSEKI domine YAN, quoique de pas grand’ chose, quatre dixièmes. Après cela, KOBORI, le papillonneur japonais, lâche un peu plus de centièmes de secondes en face de son homologue chinois LI. Pour finir, les Nippons comptent sur Shinri SHIOURA, qui a gagné le 100 mètres individuel, et part avec 4/100e d’avance sur YU, qu’il avait laissé derrière lui en finale du 100 mètres. Mais là, c’est YU qui touche devant. Trois centièmes…

Alors ? Alors, c’est désormais sur des détails guère plus importants qu’on comptera de plus en plus pour faire la différence. Le temps des grandes conquêtes chronométriques est probablement achevé – même si nul ne peut prédire l’irruption dans le paysage d’une autre Katie LEDECKY. Sauf changement de « paradigme » au niveau de l’entraînement (la dernière livraison du blog Swimming science évoque « le futur de l’entraînement du nageur » et suggère l’aube d’une révolution technologique qui rationnaliserait, formaliserait et objectiverait la technique du nageur), sauf changement de cet ordre, c’est vers « l’infiniment petit » qu’il faudra se tourner pour gagner. Il y a vingt ans, Claude FAUQUET avait expérimenté la micro-nutrition (et l’avait abandonnée, parce qu’elle coûtait trop cher) ; devra-t-on explorer la micro-gestion des détails qui font gagner ?

Cela a peut-être déjà été fait. Les Français n’étaient pas les plus mal placés dans le domaine de la réussite en compétition dans les douze premières années 2000, à cheval sur les directions techniques Fauquet et Donzé. La recette a été égarée, mais peut-être pas perdue définitivement, et qui sait, les Richard MARTINEZ, Olivier NICOLAS, Stéphane LECAT, voire le service de recherche emmené par Philippe HELLARD, voire Patrick DELEAVAL, le service du haut-niveau et les entraîneurs nationaux entre autres, auraient des choses à dire à ce sujet…

Mais j’imagine qu’ils ne m’ont pas attendu et planchent à l’année sur le sujet.

MESSIEURS.- 1500 libre : 1. SUN Yang, Chine, 14’58s53 ; 2. Huy Hoang NGUYEN, Vietnam, 15’1s63; 3. JI Xinjie, Chine, 15’6s18; 4. Shogo TAKEDA, Japon, 15’17s13; 5. Ayatsugu HIRAI, Japon, 15’24s26; 6. Aflah Fadlan PRAWIRA, Indonésie,15’24s59

50 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 27s07 ; 2. YAN Zibei, Chine, 27s25 ; 3. Dmitry BALANDIN, Kazakhstan, 27s46; 4. SUN Jiajun, 27s65; 5. Vladislav MUSTAFIN, Ouzbékhistan, 27s72.

4 fois 100 4 nages: 1. CHINE, 3’29s99 (Xu Jiayu, 52s60, Yan Zibei, 58s86, Li Zuaho, 50s61, Yu Hexin, 47s92); 2. JAPON, 3’30s03 (Ryosuke Irie, 52s53,Yasuhiro Koseki, 58s45, Yuki Kobori, 51s06, Shinri Shioura, 47s99).

DAMES.- 50 libre : 1. Rikako IKEE, Japon, 24s53 ; 2.LIU Xiang, Chine, 24s60 ; 3. WU Qingfeng, Chine, 24s87.

400 libre : 1. WANG Jianjiahe, Chine, 4’3s18 [58s27, 2’0s06, 3’2s49] ; 2. LI Bingjie, Chine, 4’6s46 ; 3. Chihiro IGARASHI, Japon, 4’8s48 ; 4. Waka KOBORI, Japon, 4’11s69.

200 4 nages : 1. Seoyeong KIM, Corée, 2’8s34 [27s31, 59s37 (32s06), 1’37s60 (38s23) 2’8s34 (30s74)]; 2. Yui OHASHI, Japon, 2’8s88 [27s73, 1’0s78 (33s05), 1’38s04 (37s26), 2’8s88 (30s84)]; 3. Miho TERAMURA, Japon, 2’10s98; 4. ZHOU Min, Chine, 2’11s42; 5. YANG Chang, Chine, 2’13s68.

FAUT-IL OUBLIER LI BINGJIE ? LA NOUVELLE COQUELUCHE DU DEMI-FOND CHINOIS, C’EST WANG JIANJIAHE

Eric LAHMY

Jeudi 23 Août 2018

S’il fallait désigner la meilleure course de cette avant-dernière journée des épreuves de piscine des Jeux asiatiques de Djakarta, je proposerais le 200 mètres dos messieurs. Avec un temps de 1’53s99, la qualité technique de la course est indiscutable. Son vainqueur est XU Jiayu, fils d’une nageuse de papillon de niveau national, YU ZhenZhen, le médaillé d’argent du 100 dos des Jeux de Rio, il y a deux ans. XU avait déjà gagné 50 et 100 dos à Djakarta. Il s’éagissait donc pour lui d’achever sa mainmise sur les courses de dos. Sa manière n’a pas manqué de panache : XU s’est élancé dans le double but probable d’écoeurer ses adversaires et de réussir un exploit chronométrique. Il est passé très vite, en 54s57, temps à comparer à celui, 52s34, qui lui a donné la victoire sur 100 dos, puis a été contraint de composer avec la fatigue. Aussi, après deux longueurs en 26s04 et 28s55, il effectue la suivante en 29s58, et repart à fond, 28s02 pour achever son effort.

Le groupe emmené par Ryosuke IRIE finit à une longueur. IRIE, deuxième, est lui-même talonné par le retour de SUNAMA qui, à la différence de XU, s’est montré très prudent, est passé en 27s27 et 57s08 et revient en 58s46…

Le 800 mètres dames a été gagné haut la main par WANG Jianjiahe, dix secondes devant LI Bingjie dont on attendait une plus forte résistance. Mais WANG, qui a réussi un parcours lancé dans le relais quatre fois 200 mètres qui trahissait une grande forme, et qui avait ajusté LI, dans le 1500 mètres, en 15’53s68 contre 15’53s80, est à ce jour plus forte que son équipière. LI Bingjie a été médaillée mondiale de la course derrière Katie LEDECKY, aux mondiaux de Budapest, en 8’15s46 contre 8’12s68 à l’Américaine. Elle avait quinze ans. Un an plus tard, alors que je l’aurais bien vue en train d’asticoter LEDECKY, elle a perdu pas mal de terrain et se trouve dominée par WANG, sa cadette de quatre mois.

LI, après ses mondiaux de Budapest, a été beaucoup vue en grand comme en petit bassin, et a peut-être cédé à la lassitude. Elle dont on disait qu’elle avait LEDECKY en vue en demi-fond a maintenant WANG en vue !

Et WANG est la jeune Chinoise en forme.

Si ce n’était une stratégie d’équipe liée également à l’impossibilité d’engager une nageuse dans toutes les épreuves où elle domine, lorsque le programme, en raison de son développement, ne permet plus de récupérer entre les courses, WANG aurait pu gagner le 200m.

Maintenant, il est possible que ses progrès récents ont surpris ses entraîneurs.

La voici championne asiatique du 800 et du 1500, et elle devrait demain en faire de même avec le 400m.

Les Japonais ont doublé sur 100 mètres nage libre où Shinri SHIOURA a arraché le titre de justesse, d’un centième de seconde devant son équipier Katsumi NAKAMURA. Les résultats ont été techniquement moyens, ni les Japonais, ni les Chinois et aucun autre Asiatique ne se présentant en concurrent sérieux au niveau mondial. Dans un championnat du monde virtuel basé sur les performances réussies dans les championnats continentaux cette saison, SHIUOURA n’atteindrait pas la finale, à une demi-seconde du huitième, le Français Mehdy METELLA, fort de ses 48s24…

Le Japon a remporté le relais quatre fois 100 mètres quatre nages dames. Jusqu’ici, je ne peux vous dire dans quelles circonstances exactes, sauf que les Chinoises ayant été déclassées pour prise de relais incorrect. Il serait intéressant, juste par curiosité, de savoir si elles étaient arrivées devant ou derrière les Japonaises.

Le record du monde féminin du quatre fois 100 quatre nages est détenu par une équipe des USA, 3’51s55 aux championnats du monde de Budapest. Cette saison, l’Australie, 3’52s74, les USA, 3’53s21 et la Russie, 3’54s22 ont fait mieux que les Japonaises.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Shinri SHIOURA, Japon, 48s71 ; 2. Katsumi NAKAMURA, Japon, 48s72 ; 3. YU Hexin, Chine, 48s88 ; 4. HOU Yujie, 48s95 ; 5. Khader BAQLAH, Jordanie, 49s10; 6. Matthew ABEISINGHE, Sri Lanka, 49s28.

200 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 1’53s99 (26s04, 54s59, 1’24s17); 2. Ryosuke IRIE, Japon, 1’55s11 (27s05, 56s41, 1’25s97); 3. Keita SUNAMA, Japon, 1’55s54 (27s27, 57s08, 1’26s62); 4. LI Guangyuan, Chine, 1’57s13.

50 papillon : 1. Joseph SCHOOLING, Singapour, 23s61 ; 2. WANG Peng, Chine, 23s65 ; 3. Adilbeck MUSSIN, Kazakhstan, 23s73

DAMES.-  800 libre : 1. WANG Jianjiahe, Chine, 8’18s55 (28s86, 1’0s03, 1’31s27, 2’2s91, 2’34s36, 3’5s84, 3’37s41, 4’9s, 4’40s56, 5’12s10, 5’43s07, 6’14s53, 6’46s20, 7’17s93, 7’49s48) ; 2. LI Bingjie, Chine, 8’28s14 ; 3. Waka KOBORI, Japon, 8’30s65.

50 brasse : 1. Satomi ZUZUKI, Japon, 30s83 (record des Jeux) ; 2. ; 2. Roanne HO, Singapour, 31s23; 3. FENG Junyang, Chine, 31s24.

Relais 4 fois 100 quatre nages: 1. JAPON, 3’54s73 (record des Jeux, ancien, Chine, 3’57s80 en 2010)  [Natsumi Sakai (59.42), Satomi Suzuki (1:05.43), Rikako Ikee (55.80) and Tomomi Aoki (54.08) ; 2. HONG KONG, 4’3s15 ; 3. SINGAPOUR, 4’9s65. CHINE et COREE DU SUD disqualifiées.

D’UN HEROS OLYMPIQUE AUSTRALIEN A L’AUTRE : JOHN DEVITT REND HOMMAGE A CECIL HEALY

CHAMPION OLYMPIQUE, HEROS DE GUERRE ET MODELE DE FAIR-PLAY DES ANTIPODES, CECIL HEALY MOURUT SUR LES TRANCHEES EN DEFENDANT LA FRANCE

Eric LAHMY

Jeudi 23 Août 2018

John COATES, le président du Comité Olympique Australien, a aidé au lancement d’un livre sur Cecil HEALY, l’un des premiers champions olympiques australiens, ai-je lu sur le site Inside the Games, sous la signature de Duncan McKay.

Ce livre remet en mémoire une très vieille histoire, certes, mais qui mérité sans doute de ne pas être oubliée…

Le livre, écrit bien entendu en anglais, et intitulé Cecil Healy – A biography, a été rédigé par John DEVITT, lui-même champion et médaillé olympique (en 1956 et 1960).

HEALY fut un des concurrents des Jeux olympiques de Stockholm, en 1912. Avec son équipe d’Australasie, il fut champion sur quatre fois 200 mètres. Mais c’est un autre fait qui a retenu alors l’attention en Australie, où l’on apprécia l’humilité, la sportivité et la gentillesse du personnage.

Cecil se présentait sur 100 mètres et savait qu’il ne pourrait devancer l’Américain hawaïen Duke KAHANAMOKU, lequel dominait de façon extraordinaire l’épreuve (de deux à trois secondes, ce qui est bien entendu énorme pour un effort d’une minute environ).

Un erreur de logistique empêcha l’équipe des Etats-Unis de se présenter à l’heure de la course et les officiels, appliquant le règlement, disqualifièrent les absents, dont KAHANAMOKU. C’était offrir une chance d’or sur un plateau à Cecil Healy et à quelques autres. Healy estimait qu’une victoire obtenue en l’absence de KAHANAMOKU n’aurait aucune signification. Il obtint des officiels australiens d’élever une protestation, laquelle fut admise. On attendit les Américains, la course eut lieu en leur présence et Duke KAHAMOKU, 1’3s4, l’emporta devant Cecil HEALY, 1’4s6, et le deuxième Américain, Ken HUSZAGH, 1’5s6.

KAHANAMOKU, on l’imagine, apprécia le geste de sportivité à sa juste valeur. Il leva le bras de Cecil HEALY et le présenta à la foule comme « un vrai champion olympique. »

Lors de la présentation du livre, COATES rappela un autre fait de sportivité qui fut célèbre en Australie, celui du coureur à pied John LANDY (devenu en 2001 gouverneur de l’Etat de Victoria). En 1956, aux championnats d’Australie, qui précédaient les Jeux olympiques, John LANDY disputait le mile et suivait Ron CLARKE, lequel, accroché par un autre concurrent, tomba. LANDY le blessa accidentellement avec ses pointes en le passant, stoppa, se retourna pour s’inquiéter de CLARKE, qui l’enjoignit de repartir. LANDY, dont on estima qu’il perdit sept secondes dans l’incident, refit tout son retard et gagna la course. Quelques semaines plus tard, il enleva le bronze du 1500 mètres olympique.  

Selon John COATES, quelle qu’ait été la portée du geste de LANDY, celui de HEALY est plus significatif : « en termes de sportivité, il est le plus important. »

Malheureusement, HEALY, qui s’engagea en 1915, après avoir servi en Egypte et en France, fut tué dans la Somme, le 29 août 1918, exactement soixante-quatorze jours avant la fin de la Première Guerre mondiale, alors que, sous-lieutenant, il emmenait ses hommes à l’attaque d’une tranchée allemande. Il avait trente-six ans.

HEALY, un homme très attentif à l’autre, était très apprécié et, rapportant son décès, son supérieur hiérarchique, le major Syd MIDDLETON, écrivit les lignes qui suivent : « Par la mort d’Healy, le monde perd un de ses plus grands champions, un de ses meilleurs hommes. Aujourd’hui, après quatre années passées sur le front, j’ai pleuré pour la première fois. »

Comment DEVITT en arriva-t-il à écrire ce livre ? Il fut approché par les responsables du Manly Aquatic Centre, qui voulaient baptiser de son nom le bassin couvert (25 mètres) de huit lignes d’eau qui venait d’être construit (l’ensemble du Centre porte le nom d’un autre héros de la natation australienne, Andrew Boy CHARLTON). DEVITT, depuis toujours, avait fait d’HEALY son héros. Il fit remarquer que le nom d’HEALY s’imposait, et que baptiser ce bassin du nom d’un héros de guerre disparu il y a exactement cent ans doublé d’un champion exemplaire serait une bonne idée. Le bassin portera donc leurs deux noms et John DEVITT, s’étant rendu sur la tombe d’HEALY, en France, y apportant du sable de Manly Beach, se fendit d’un livre coécrit avec Larry WRITER, un écrivain australien reconnu.

JEUX ASIATIQUES: SCHOOLING A MOITIE REMIS EN SELLE

Eric LAHMY

22 Août 2108

Après le 100 mètres brasse des Jeux asiatiques qui se termineront demain pour ce qui concerne les courses en bassin de natation, Dmitry BALANDIN, LE champion olympique de natation du Kazhakstan a parlé de retraite. Après sa victoire surprise aux Jeux où, dernier qualifié à l’issue des demi-finales, il avait gagné la finale depuis la ligne huit, BALANDIN n’a plus rien fait qui soit, de près ou de loin, équivalent.

Aux mondiaux 2017, il avait terminé 26e du 50 brasse (en 27s74), 21e du 100 (en 1’0s25) et était sorti 13e des demi-finales du 200 (en 2’9s68).

A 23 ans, BALANDIN, un grand gabarit de 85kg pour 1,95m, n’est pas menacé par l’âge, mais peut-être par une usure mentale. Il s’était affirmé aux Jeux asiatiques 2014, enlevant les titres du continent autant sur 50, 100 et 200 brasse, défaisant à la bagarre le grand favori japonais Yasuhiro KOSEKI et son compatriote Kazuki KOHINATA, entre autres. Bien avant cela, il avait tracé sa voie, et se plaçait parmi les meilleurs cadets en 2010 et 2011. Moins performant aux mondiaux 2015, où il se contenta de places d’honneur, 4e du 100 et du 200, il se retrouva in extremis aux Jeux. En demi-finales, le Japonais Ippei WATANABE réussit 2’7s22, un temps que personne ne réédita en finale. Les valeurs étaient tellement resserrées que moins d’une seconde, seulement 0s98, séparaient le meilleur du moins bon qualifié !

Il doit être difficile, dans la plupart des cas, quand on est isolé dans sa natation nationale, de conserver son ambition, et il doit y avoir un peu de cela, dans les cas de BALANDIN, de MEILUTYTE ou de SCHOOLING. Bien entendu, l’explication parait courte, n’est que très partielle, et chaque cas est différent. BALANDIN n’a pas nagé à Djakarta le 200, et sur 100, qui n’a jamais été sa meilleure distance, il s’est contenté de la 3e place. Le vainqueur ? KOSEKI, qu’il avait battu il y a quatre ans. KOSEKI, ajouterons-nous, qui avait déjà, quelques jours plus tôt, gagné le 200 brasse…

SCHOOLING, un autre vainqueur des Jeux de Rio de Janeiro, a fait mieux que BALANDIN, car il a gagné le 100 papillon, l’épreuve qu’il avait dominée au Brésil. Son temps est fort éloigné du record mondial qu’il déclare ambitionner depuis deux saisons, et constitue une fort discutable remontée en selle, pour le Singapourien qui, aux mondiaux de Budapest, un an après Rio, avait dû se contenter de la 3e place, mais en 50s83, ex aequo avec James GUY, et derrière Caeleb DRESSEL, 49s86, et Kristof MILAK, 50s62. Aux Jeux de Rio, SCHOOLING avait été chronométré en 50s39, et donc son résultat de Budapest constituait une régression en temps et en place. A Djakarta, hier, SCHOOLING a encore perdu du terrain au plan chronométrique, mais il gagné, ce qui reste l’essentiel. Alors ?

Alors SCHOOLING repart à l’entraînement, et reste une étoile incontestée dans son pays. Et si les choses seront compliquées pour lui, on ne peut l’écarter de la course au titre de 2020, ne serait-ce que parce que DRESSEL n’a pas autant dominé.

Daya SETO a repris le flambeau du 400 quatre nages à un Kosuke HAGINO beaucoup moins flambant et fringant que d’habitude. Mais même un peu en dessous, les deux Japonais ont réussi un doublé or et argent pour le Japon, qui a également, côté garçons, enlevé comme on l’a vu le 100 mètres brasse, ainsi que le relais quatre fois 100 mètres.

Les Chinoises, en revanche, se sont mieux sorties de la journée que leurs rivales. Certes, deux Japonaises ont ravi les deux premières places du 100 dos, où XU, la toute fraîche recordwoman du monde du 50 dos, n’avait pas été engagée… Natsumi SAKAI, jeune espoir de 17 ans, l’a emporté devant son aînée, Anna KONISHI, 22 ans, qui a tiré la quintessence de des 159 centimètres pour ravir l’argent…

Le 200 mètres dames a sans doute perdu un peu de son intérêt, les deux meilleures nageuses asiatiques, attestées par le relais de la veille, la Japonaise Rikako IKEE et la Chinoise WANG Jianjiahe, ne l’ayant pas disputé. A ce jeu, provoqué par le nombre d’épreuves où leur talent les convie, mais que le besoin de parfois récupérer ne leur permet pas de toutes les disputer. Bingjie LI a gagné la course pour la Chine, en 1’56s74, deux dixièmes de seconde plus vite qu’au départ du relais chinois la veille… Le 400 ni le 800 dames ne se sont pas joués et LI pourrait bien devenir la grande nageuse de ces Jeux s’il lui arrivait de les remporter…

MESSIEURS.-

100 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 58s86 ; 2. Zibei YAN, Chine, 59s31 ; 3. Dmitriy BALANDIN, Kazhakstan, 59s39; 4. Ippei WATANABE, Japon, 1’0s15.

100 papillon : 1. Joseph SCHOOLING, Singapour, 51s04 ; 2. LI Zuhao, Chine, 51s46; 3. Yuki KOBORI, Japon, 51s77; 4. Zheng Wen QUAH, Singapour, 52s54.

400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 4’8s79; 2. Kosuke HAGINO, 4’10s30 ; 3. WANG Shun, Chine, 4’12s31 ; 4. Yizhe WANG, Chine, 4’19s61.

4 fois 100 mètres: 1. JAPON, 3’12s68 (Shinri Shioura, 48s85, Katsuhiro Matsumoto, 47s85, Katsumi Nakamura, 48s08, Juran Mizohata, 47s90) ; 2. CHINE, 3’13s29 (Jintong Yang, 49s24, Jiwen Cao, 48s29, Yang Sun, 48s38, Hexin Yu, 47s38) ; 3. SINGAPOUR, 3’17s22 (Schooling, 48s27 lancé) ; 4. COREE, 3’17s92.

DAMES. 200 libre : 1. LI Bingjie, Chine, 1’56s74 ; 2. Junxuan YANG, Chine, 1’57s48 ; 3. Chihiro IGARASHI, Japon, 1’57s49 ; 4. Yui OHASHI, Japon, 2’0s29

100 dos : 1. Natsumi SAKAI, Japon, 59s27 ; 2. Anna KONISHI, Japon, 59s67 : 3. CHEN Jie, Chine, 1’0s28 ; 4. FU Yuanhui, Chine, 1’0s35 ; 5. Dasol IM, Corée, 1’1s08.

200 papillon : 1. Yufei ZHANG, Chine, 2’6s61 ; 2. Sachi MOCHIDA, Japon, 2’8s72 ; 3. Suzuka HASEGAWA, Japon, 2’8s80 ; 4. Sehyeon AN, Corée, 2’8s83.    

MIXTE.- 4 fois 100 quatre nages : CHINE, 3’40s45 (LIU Xiayu, 52s30 en dos) ; 2. JAPON, 3’41s21 (Irie, 52s55 en dos, Rikako Ikee, 55s68 en papillon ; 3. COREE, 3’49s27 ; 4. HONG KONG, 3’50s22.

IKEE PAPILLONNE EN NAGE LIBRE, SE LIBERE EN NAGE PAPILLON

Eric LAHMY

Mardi 21 Août 2018

Donc Rikako IKEE a enlevé son quatrième or des Jeux Asiatiques de Djakarta. Sur 100 mètres papillon. Elle a archi-dominé la course, et établi avec 56s30 un nouveau record de ces Jeux. Cela ne chatouille pas encore le record du monde de Sarah SJÖSTRÖM, qui nagea 55s48 en finale des Jeux olympiques de Rio, mais c’est une performance qui lui aurait donné l’argent à Rio, où elle avait fini 5e en 56s86, record du Japon battu pour la troisième fois après un 57s27 en séries et un 57s05 en demi-finale.  Elle est passée en 26s53, ni trop vite ni trop lentement pour une fille qui avait enlevé le 50 papillon dans cette même piscine, la veille, en 25s55, mais à une vitesse idéale pour faire le ménage de ses adversaires.

Seule Sarah SJÖSTRÖM est capable, au monde, de tenir un tel rythme sans souffrir et comme la Suède ne se trouve pas en Asie…

IKEE menait donc au virage, mais d’une assez faible marge, la Chinoise Yufei ZHANG, 20 ans, ex recordwoman du monde junior (en fait toutes les recordwomen du monde juniors du 100 papillon qui ont été reconnues ne sont pas légitimes, Sarah SJÖSTRÖM ayant nagé plus vite (en 56s06) en 2009, avant que la FINA ne « reconnaisse » ces dits records) et médaillée de bronze des mondiaux 2015 ainsi que redoutable nageuse de crawl, membre du relais quatre fois 200 de l’Empire du milieu, menant la poursuite dans le temps de 26s76.

SUN YANG TOUJOURS SOLAIRE SUR 400 METRES, HAGINO A GENOUX

ZHANG est une fille résistante, mais dans une course, même la plus résistance ne tient pas un rythme trop élevé pour elle. Le régime auquel IKEE la soumit fit son effet. La nage papillon a ceci de redoutable qu’elle est très énergivorace et exigeante en termes de fréquence et de coordination. Quand la fatigue s’installe, la perte de vitesse peut devenir très importants…

C’est sans doute pour cette raison que les pertes de vitesse en fin de course sont parfois désastreuses. ZHANG perdit contenance dans la deuxième longueur et y laissa plus d’un mètre… On la reverra ans doute sur sa distance traditionnelle, le 200…

SUN Yang, pour sa part, gagnait, comme on l’imagine, le 400 mètres. Même en superforme, HAGINO aurait du mal à s’imposer au Chinois, dont la classe est sans égale dans la natation, et qui règne sans autre rival que lui-même (quand il commet des impairs) sur les « distances moyennes » quand cela va mal, dans tout ce qui existe entre 200 et 1500 quand tout va pour le mieux.

La disparition des grands nageurs de 200, l’incapacité, pour tous ceux qui évoluent sur la distance, de « casser » les 1’45s, lui ont facilité la tâche. Cette extinction est aussi incompréhensible que celle des grands dinosaures, mais ne peut s’expliquer par la chute d’un météore dans le Yucatan. Toujours est-il que la race des GROSS, des VAN DEN HOOGENBAND, des THORPE, PHELPS, AGNEL s’est éteinte. SUN profite de cette éclipse.

Sur 400, en revanche, ses succès ne font pas l’ombre d’un doute. Impossible de faire la moue. SUN n’y est pas grand parce que les autres sont petits, mais parce qu’il les ratiboise. Au niveau asiatique le départ de PARK, au contraire, fait qu’il est le seul gros bras de la finale. Et si EHARA tente un héroïque coup de force, menant grand train, cela ne dure que 150 mètres. SUN s’en va dès qu’il le veut. EHARA, 1’51s16 et 1’55s98, finira assez mal et parviendra de justesse à sauver la deuxième place d’un retour d’HAGINO un peu attardé et qui équilibre parfaitement son effort (1’53s13 et 1’54s07). SUN, lui finit par un cent mètres en 54s59. Il avait achevé son 800 mètres vainqueur, la veille, en 54s72 !

Le 200 brasse donna lieu à une de ces grandes courses, qui le sont de par le temps réalisé et par l’intensité de la lutte. KOSEKI y devança WATNABE d’un centième, pour u n doublé japonais tandis que le Chinois Qin finissait à un avant-bras.

LIU Xiang battait pour sa part en 26s98 le record du monde du 50 mètres dos. Un record, 27s09, vieux de neuf années, détenu depuis les mondiaux de Rome 2009 par sa compatriote ZHAO Jing, record polyuréthane et en outre parfumé de stéroïdes. On souhaite – acceptons en l’augure – que LIU soit plus saine. La nageuse chinoise la plus espiègle de l’histoire a dû régaler son public de bonnes blagues qu’il nous faudra traduire du mandarin !

Une autre course qui n’a pas fait un pli. Le quatre fois 200 mètres dames, qui a été gagné par les Chinoises, dans un temps finale de 7’48s61, record des Jeux. Le Japon a terminé à presque huit mètres. Les Chinoises prirent l’avantage dès leur premier relais, LI devançant IRAGASHI d’un mètre environ. IKEE, qui prenait la suite pour le Japon, malgré un remarquable 1’55s27 lancé, meilleur temps absolu réalisé dans ce relais, ne reprenait pratiquement rien sur WANG, qui ne lui rendait que huit centièmes de seconde, une misère.

Le troisième relais fut celui de la déroute nipponne. Yui OHASHI, qui venait de remporter le 400 mètres quatre nages, ne put faire mieux que 2’1s47, elle qui avait nagé la distance, au start, en 1’57s97 lors des championnats du Japon, en avril dernier. Sur sa meilleure forme, elle aurait pu achever de reprendre du terrain sur ZHANG, mais le 400 mètres quatre nages n’est pas considérée pour rien comme l’épreuve la plus épuisante du programme olympique, après le 1500 mètres.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. YU Hexin, Chine, 22s11 ; 2. Katsumi NAKAMURA, Japon, 22s20; 3. Sunichi NAKAO, Japon, 22s46 ; 4. Virdhawal Vikram KHADE, Inde, 22s47.

 400 libre : 1. SUN Yang, Chine, 3’42s92 [26s19, 54s45 (28s26), 1’22s65 (28s20), 1’51s07 (28s42), 2’19s47 (28s40), 2’48s33 (28s86), 3’16s33 (28s), 26s59]; 2. Naito EHARA, Japon, 3’47s14 ; 3. Kosuke HAGINO, Japon, 3’47s20 ; 4. Hojoon LEE, Corée, 3’48s26 ; 5. LI Xinjie, Chine, 3’50s06 ; 6. Hu Kim Sun NGUYEN, Vietnam, 3’51s67.

200 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’7s81 (28s51, 1’0s89, 1’33s96) ; 2. Ippei WATANABE, Japon, 2’7s82 (28s96, 1’1s82, 1’34s85) ; 3. Haiyang QIN, Chine, 2’8s07 (29s10, 1’1s98, 1’34s70) ; 4. YAN Zibei, Chine, 2’11s07 (28s94, 1’1s70, 1’35s90) ; 5. Denis PETRASHOV, Kyrgyzstan, 2’12s19 ; 6. Sungiae CHO, Corée, 2’13s86. 

DAMES.- 50 dos : 1. LIU Xiang, Chine, 26s98 (record du monde) ; 2. FU Yuanhui, Chine, 27s68 ; 3. Natsumi SAKAI, Japon, 27s91 ; 4. Anna KONISHI, Japon, 28s37 ; 5. Hanbyeol PARK, Corée, 28s39.

100 papillon : 1. Rikako IKEE, Japon, 56s30 ; 2. ZHANG Yufei, Chine, 57s40 ; 3. Sehyeon AN, Corée, 58s ; 4. Ai SOMA, Japon, 58s68.

400 4 nages : 1. Yui OHASHI, Japon, 4’34s58 (28s56, 1’1s48, 1’36s24, 2’10s80, 2’50s08, 3’29s96, 4’2s64; soit 1’1s48 en papillon, 1’9s32 en dos, 1’19s16 en brasse, 1’4s62 en crawl); 2. Seoyong KIM, Corée, 4’37s43 (1’0s96, 2’10s66, 3’31s54) ; 3. Sakiko SHIMIZU, Japon, 4’39s10.

Quatre fois 200 mètres: 1. CHINE, 7’48s61 (Li Bingjie (1’56s94), Wang Jianjiahe (1’55s35), Zhang Yuhan (1’58s37), Yang Junxuan (1’57s95) ; 2. JAPON, 7’53s83 (Chihiro Igarashi, 1’57s69, Rikako Ikee, 1’55s27, Yui Ohashi, 2’1s33, Rio Shirai, 1’59s54) ; 3. HONG KONG, Chine, 8’7s17.