RUSSIE: KOLESNIKOV PREND LES MESURES DE VLADISLAV GRINEV AU 100 LIBRE

Eric LAHMY

Mardi 13 Novembre 2018

L’avant-dernière journée des championnats de Russie en petit bassin, à Kazan, n’a pas été particulièrement animée, pour le moins en ce qui regarde les finales. Alexandr KOLESNIKOV s’est contenté de se qualifier pour la finale du 100 mètres, le lendemain, d’abord avec le 3e temps des séries, 47s26, derrière les 46s94 de Vladislav GRINEV et les 47s20 de Michael VEKOVISCHEV, puis le 2e des demi-finales, 46s84, derrière les 46s54 de GRINEV, décidément son plus dangereux adversaire pour le titre, et devant les 46s94 d’Ivan KUZMENKO et les 46s99 de VEKOVISCHEV.

MESSIEURS.- 50 papillon: 1.Mikhail KEKOVISHEV, 22s72.

400 4 nages : 1. Daniel PASINKOV, 4’4s82.

DAMES.- 50 dos : 1. Anastasia FESIKOVA, 26s94.

200 4 nages: 1. Victoria ANDREEVA, 2’8s35.

4 fois 200m : 1. Sverdlovsk, 7’45s72 (Anastasia Kirpichnikova, 1’56s82; Daria K. Ustinova, 1’57s24; Daria Mulakayeva, 1’55s96; Valeria Salamatina, 1’55s70). Au start, Irina KRIVONOGOVA (Samara), 1’56s83. Lancée, Anastasia Guzhenkova (Samara), 1’56s08.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAMPIONNATS DE RUSSIE A KAZAN: KOLESNIKOV FAIT LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS

Eric LAHMY

Mardi 12 Novembre 2018

Malgré les -9°, neige et froid, qui règnent sur Kazan, on dirait que le temps y est clément. Clément KOLESNIKOV, est-il besoin de préciser. Le jeune recordman du monde du 50 mètres dos a fait la loi, ce vendredi 10 novembre,, lors de la quatrième journée des championnats en petit bassin de toutes les Russies,  d’abord sur 100 quatre nages, où il s’est joué de Sergei Fesikov,  ensuite sur 50 mètres dos, où il a devancé Evgueny RYLOV de quinze centièmes. Enfin, il a empoché un troisième titre avec le relais quatre fois 200 mètres de Moscou, sans trop avoir à se défoncer d’ailleurs, vu qu’il terminait et que ses équipiers lui avaient assuré une avance de près de huit mètres…

MESSIEURS.- 50 mètres: 1. Eugene SEDOV, 21s14; 2. Ivan KUZMENKO, 21s18.

50 dos: 1. Clément KOLESNIKOV, 22s82; 2. Evgueny RYLOV, 22s97.

200 brasse: 1. Michael DORINOV, 2’2s65; 2. Rustam GADIROV, 2’4s15; 3. Ilya KHOMENKO, 2’4s26.

100 4 nages: 1. Clément KOLESNIKOV, 51s35; 2. Sergey FESIKOV, 52s06; 3. Andrei ZILKIN, 52s30.

4 fois 200 mètres: 1. MOSCOU, 6’56s02 (Michael Dovgalyuk, 1’43s04; Daniel Pasinkov, 1’43s44; Vladislav Grinev, 1’44s65; Clément Kolesnikov, 1’44s89). Meilleur temps au start, Alexandr KRASNYKH, 1’42s26, équipe du Tatarstan.

DAMES.- 400 mètres: 1. Anna EGOROVA, 3’58s91; 2. Anastasia KIRPICHNIKOVA, 4’2s33.

50 papillon: 1. Rosalia NASREDDINOVA, 25s37.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RUSSIE: DARIA K. USTINOVA, 2’2s25 SUR 200 DOS DAMES

Eric LAHMY

Mardi 12 Novembre 2018

Une seule finale masculine pour la 3e journée des championnats de Russie à Kazan, jeudi dernier : le 100 mètres papillon, remporté par Roman SHEVLYAKOV en 50s31. Sur 100 brasse dames, l’absence de Yulia EFIMOVA et de SIMONOVA se fait sentir. La seule performance de valeur internationale ce jour est signée Daria USTINOVA, avec ses 2’2s25 sur 200 dos…

MESSIEURS.- 100 papillon : 1. Roman SHEVLYAKOV, 50s31.

DAMES.- 100 mètres: 1. Maria KAMENEVA, 52s68.

800 mètres : 1. Anna EGOROVA, 8’13s96 ; 2. Anna KIRPICHINNOVA, 8’20s79.

200 dos : 1. Daria K. USTINOVA, 2’2s25.

100 brasse : 1. Maria TEMNIKOVA, 1’5s05.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

RUSSIE : ALEXANDR KOLESNIKOV, 49s57 AU 100 DOS HEROS DU JOUR… COMME CHAQUE JOUR

Eric LAHMY

Dimanche 10 Novembre 2018

La deuxième journée des championnats de Russie en petit bassin, à Kazan, mercredi dernier, a confirmé les tendances inchangées de la natation du pays : forte équipe masculine, équipe féminine relativement faible. Sur 100 brasse, malgré l’absence de PRIGODA et de CHUPKOV retenus par l’aventure de la Coupe du monde, on assiste à une belle course, gagnée dans un temps remarquable, par Oleg KOSTIN. Ses 56s56 ne sont pas si éloignés du record de PRIGODA, 56s02. Sur 200 mètres, à défaut d’une grande performance, on note la densité de la finale en l’absence de KOLESNIKOV, lequel gagne le 100 dos devant le « vieux » (24 ans) SHABASOV et ne peut pas tout faire.

MESSIEURS.- 200 mètres: 1. Michael VEKOVISCHEV, 1’42s52; 2. Martin MALUTIN, 1’42s65; 3. Mikhail DOVGALYUK, 1’42s83; 4. Alexandr KRASNYKH, 1’42s97; 5. Vladislav GRINEV, 1’43s18; 6. Ivan GIREV, 1’43s64.

100 dos: 1. Clément KOLESNIKOV, 49s57; 2. Andrey SHABASOV, 49s97; 3. Eugène RYLOV, 50s38; 4. Gregory TARASEVICH, 50s86.

100 brasse: 1. Oleg KOSTIN, 56s56; 2. Ilya KHOMENKO, 57s17; 3. Danil SEMYANINOV, 57s98 (en demi-finale, 57s68); 4. Nikolay KLEPIKOV, 58s06; 5. Alexandr PALATOV (en demi-finale, 58s09) et Andrey NIKOLAEV, 58s12.

DAMES.- 100 dos: 1. Anastasia FESIKOVA, 57s44.

50 brasse: 1. Maria TEMNIKOVA, 30s17

200 papillon: 1. Svetlana CHIMROVA, 2’5s03.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30 BRITISH POUR GWANGJU

Eric LAHMY

Dimanche 10 Novembre 2018

Un maximum de trente nageurs britanniques seront sélectionnés pour les championnats du monde 2019, qui se tiendront du 17 au 29 juillet à Gwangju, en Corée du Sud. L’équipe sera désigne à l’issue des championnats britanniques, les 16-21 avril prochain, au Centre International Tollcross de Glasgow. Tous les vainqueurs des courses inscrites au programme olympique seront automatiquement sélectionnés, à la condition de réussir un temps minimum. Huit sélections additionnelles pourront être effectuées à la discrétion  du Directeur National de Performance (c’est son nom) et de l’entraîneur chef de la Grande-Bretagne, qui pourront s’appuyer sur les classements statistiques de la saison. En cas de désaccord entre les deux, le Directeur aura le dernier mot. Les relais seront désignés en fonction des places acquises en finales. En fonction de certains paramètres, les Directeurs pourront former un relais « mixte ».

Les minima choisis en l’occurrence sont très sévères. Mais une autre série de minima moins sévères a été publiée, en fonction de considérations liées aux relais ou de nageurs à rajouter dans les courses individuelles. Par exemple, sur 100 mètres, les temps sont de 48s43 (messieurs) et 53s95 (dames), et sur 200 mètres 1’46s47 et1’56s66.

                            MESSIEURS              DAMES

50 libre              21s45                          24s21

100 libre            48s00                          52s72

200 libre            1’45s70                       1’55s82

400 libre            3’45s32                       4’3s57

800 libre            7’46s75                       8’20s53

1500 libre          14’48s40                     15’57s85

100 dos              52s66                         59s12

200 dos              1’55s54                      2’6s82

100 brasse         59s19                         1’6s26

200 brasse         2’8s05                        2’22s22

100 papillon       51s24                         57s22

200 papillon       1’54s23                      2’7s13   

200 4 nages        1’56s85                     2’9s80

400 4 nages        4’11s                         4’35s09

Pour les différents critères sélectifs des compétitions de la saison:

https://www.britishswimming.org/performance/swimming/selection-policies/2019-selection-policies/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAMPIONNATS RUSSES : LE RETOUR D’ALEXANDR KRASNYKH

Eric LAHMY

Dimanche 10 Novembre 2018

La première journée des championnats de Russie en petit bassin, qui s’achève à Kazan, la capitale du Tatarstan, devenue décidément un haut lieu de la natation, a donné de bons résultats, malgré les absences de quelques professionnels délégués aux meetings de fin d’année (World Cup), tells PRIGODA, CHUPKOV et EFIMOVA (et qui d’ailleurs s’y distinguent.

On aimerait que cette natation ne soit pas polluée, comme elle l’a été depuis longtemps et jusqu’à un passé récent, par les pratiques de pollution qui ont gravement terni sa réputation, sauf à la FINA, certes, où la fin justifie les moyens et où Cornel MARCULESCU a trouvé le moyen de s’assurer d’indéfectibles alliés en étendant sur eux une aile protectrice.

La natation russe a tout ce qu’il faut en termes de moyens, d’organisation « sport-études » et aussi de capacités techniques de ses entraîneurs pour se passer du dopage et égaler les résultats qui firent d’elle, au moins chez les hommes, la triomphatrice des Jeux olympiques de Barcelone en 1992 (où tout porte à croire cependant que les nageurs russes, comme depuis une ou deux décennies passées, ne fonctionnaient pas essentiellement à l’eau claire).

UN « QUATRE NAGEUR » QUI SE NOMME ALEXANDR KOLESNIKOV

On aimerait qu’une nouvelle politique apparaisse où les talents s’affirment par leur technique et leur travail, dans la tradition d’un Alexandr POPOV, peut-être le plus beau nageur de la fin du siècle écoulé, comme on veut croire que c’est le cas avec RYLOV, KOLESNIKOV, PRIGODA et CHUPKOV, pour ne citer qu’eux.

Ici, les résultats d’Alexandr KRASNYKH [bronze du 200 mètres des mondiaux de Budapest en 2017, 8e aux Jeux olympiques de Rio, mais étrangement absent en 2018 à Glasgow où il partait en favori sur ses performances de la saison (1)] sur 400 mètres, d’un autre Alexandr, HARLANOV sur 200 papillon, et de Clément KOLESNIKOV qui, comme il l’avait annoncé, élargit son registre au 200 mètres quatre nages, sont plus que prometteurs. KOLESNIKOV, avant de gagner le 200 quatre nages, avait assuré en demis sa qualification sur 100 dos devant RYLOV, en 50s54 contre 50s74, annonçant une furieuse bataille en perspective…

  • Etrangement parce qu’aucune explication de cette absence n’a été donnée. Krasnykh était l’un des favoris du 200 mètres et du 400 mètres parce qu’il y avait inscrit son nom en deuxièmes positions sur les chartes de la saison. Etrangement aussi parce que l’une des pratiques des nations dopeuses était d’ôter au dernier moment (et sans explication bien entendu) les athlètes qui ne passaient pas aux contrôles anti-dopage maison. C’est ainsi par exemple que les haltérophiles russes se déplaçaient à vingt alors qu’ils n’avaient droit à engager seulement dix. On espère qu’en l’occurrence, il ne s’agissait pas de ça, mais je ne saurais jurer de rien !

 MESSIEURS.- 400 mètres: 1. Alexandr KRASNYKH, 3’36s84; 2. Martin MALUTIN, 3’37s84; 3. Vyacheslav ANDRUSENKO, 3’40s20; 4. Daniel PASINKOV, 3’40s68.

200 papillon: 1. Alexandr HARLANOV, 1’51s20; 2. Alexandr PRIBOK, 1’52s04; 3. Daniel PAKHOMOV, 1’52s12; 4. Alexandr KUDASHEV, 1’52s31; 5. Peter ZHIKHAREV, 1’53s16; 6. Nikolai SKVORTSOV, 1’53s38.

200 4 nages: 1. Clément KOLESNIKOV, 1’53s66; 2. Semen MAKOVICH, 1’54s25.

DAMES.- 200 mètres: 1. Veronika ANDRUSENKO, 1’53s57; 2. Anna EGOROVA, 1’54s19; 3. Anastasia GUSENKOVA, 1’54s28; 4. Valeria SAMALATINA, 1’55s12.

400 4 nages: 1. Irina KRIVONOGOVA, 4’34s87.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 TOKYO : XU JIAYU EFFACE KOLESNIKOV SUR 100 DOS

Eric LAHMY

Dimanche 12 Novembre 2018

Pour deux centièmes de seconde, le Chinois XU Jiayu a effacé le record du monde en petit bassin du 100 mètres dos, que détenait Kliment KOLESNIKOV. En 48s88, XU a devancé l’ancien champion du monde Mitchell LARKIN, qui lui a rendu l’insigne service de le défier et de le contraindre à se dépasser pour l’emporter. Un Larkin qui n’était pas à son meilleur ces derniers jours, mais qui revient en bonne forme.

Kiril PRIGODA n’a pas battu de record mondial, mais il a enlevé la course la plus relevée de cette dernière journée du meeting de Tokyo, le 200 mètres brasse, à l’arraché devant son compatriote Anton CHUPKOV, et, un peu plus loin, une pléiade de brasseurs de haut niveau. A l’approche de la fin du cycle des meetings Coupe du monde et à un mois du mondial en petit bassin, le niveau des performances parait s’élever et les compétitions deviennent plus âpres. C’est ainsi que Kyle CHALMERS s’est employé pour devancer Blake PIERONI sur 200 mètres libre. En revanche, Kosuke HAGINO a dominé son 400 quatre nages de bout en bout…

Côté dames, Ranomi KROMOWIDJOJO a enlevé le 100 libre devant Femke HEEMSKERK et Sarah SJÖSTRÖM, les trois premières arrivant sur le mur presque dans le même mouvement. SJÖSTRÖM n’était pas au bout de ses peines, qui se faisait devancer par la jeune Rikako IKEE sur 100 mètres papillon. Ce n’était qu’une demi-surprise, IKEE ayant nagé plus vite qu’elle au cours de la saison d’été et la Suédoise n’étant pas au mieux de sa forme actuellement.

Minna ATHERTON qui avait gagné le 100 dos la veille tentait crânement d’en faire de même sur la distance double. Elle mena grand train pendant cent vingt-cinq mètres, mais Emily SEEBOHM la reprenait, puis s’élançait vers un net succès tandis qu’ATHERTON, épuisée par son effort, ne sauvait sa deuxième place que d’un centième face à Katinka HOSSZU qui, très attardée, la menaçait à l’approche du mur d’arrivée…

Sur 200 quatre nages, HOSSZU l’emporta comme prévu. Moins attendu, la sévère résistance de Yui HOHASHI, qui battait son record japonais petit bassin : HOHASHI est assez inconstante sur la distance, au regard de sa solidité sur 400 quatre nages…

 

MESSIEURS. –  200 mètres: 1. Kyle CHALMERS, Australie, 1’41s83; 2. Blake PIERONI, USA, 1’42s16 ; 3. WANG Shun, Chine, 1’43s43.

100 dos: 1. XU Jiayu, Chine, 48s88 record du monde; ancien record, Kliment Kolesnikov, Russie, 48s90 le 22.12.2017) ; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 49s54 ; 3. Masaki KANEKO, Japon, 50s48 ; 4. Christian DIENER, Allemagne, 51s13.

200 brasse: 1. Kiril PRIGODA, Russie, 2’1s30; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 2’1s57; 3. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’2s84 ; 4. Matthew WILSON, Australie, 2’2s89 ; 5. Marco KOCH, Allemagne, 2’3s52 ; 6. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’4s26 ; 7. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’5s33. En séries, Ippei WATANABE, Japon, 2’5s37 ; Yukihiro TAKAHASHI, Japon, 2’5s64 ; Kazuki KOHINATA, Japon, 2’5s92

50 papillon: 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 22s29; 2. Michael ANDREW, USA, 22s39; 3. Takeshi KAWAMOTO, Japon, 22s60; 4. Dylan CARTER, Trinidad et Tobago, 22s66; 5. Kousuke MATSJUI, Japon, 22s71.

400 4 nages: 1. Kosuke HAGINO, Japon, 4’1s93; 2. David VERRASZTO, Hongrie, 4’3s29; 3. Ippei WATANABE, Japon, 4’3s52; 4. Travis MAHONEY, Australie, 4’5s78; 5. Tomoya TAKEUCHI, Japon, 4’5s83; 6. Yuuki IKARI, Japon, 4’6s12.

DAMES.- 100 mètres: 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s26 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s38 ; 3. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s42 ; 4. Pernilla BLUME, Danemark, 52s11.

800 mètres: 1. Mayuko GOTOU, Japon, 8’19s74; 2. Boglarka KAPAS, Hongrie, 8’19s87. 

200 dos: 1. Emily SEEBOHM, Australie, 2’1s13; 2. Minna ATHERTON, Australie, 2’2s88; 3. Katinka HOSSZU, 2’2s89; 4. Rio SHIRAI, Japon, 2’3s85.

Passages de Seebohm: 28s22, 59s15, 1’30s39, 2’1s13.

Passages d’Atherton: 27s95, 58s75, 1’30s61, 2’2s88.

Passages d’Hosszu: 28s53, 59s29, 1’31s46, 2’2s89.

50 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 28s95; 2. Yulia EFIMOVA, Russie, 29s56; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 29s99.

100 papillon: 1. Rikako IKEE, Japon, 55s31; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 55s56; 3. ZHANG Yufei, Chine, 56s18.

200 4 nages: 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’4s65; 2. Yui OHASHI, Japon, 2’5s29; 3. YE Shiwen, Chine, 2’7s09; 4. Emily SEEBOHM, Australie, 2’7s22.

400 QUATRE NAGES À TOKYO : KATINKA HOSSZU A REMIS LE MOTEUR, ET REGARDÉ OHASHI DANS SON RÉTRO

Éric LAHMY

Dimanche 11 Novembre 2018

Katinka HOSSZU a remporté le 400 mètres quatre nages du meeting de Tokyo, et même si Vladimir MOROZOV a réussi un temps épatant sur 100 mètres, la distance reine du programme, il me semble bien que l’événement de la deuxième journée du meeting de Tokyo se situe autour du match de la Hongroise avec sa rivale japonaise.

 Il a fallu en effet, pour ce faire dominer Yui HOHASHI, la gracile Japonaise médaillée mondiale en 2017 à Budapest, qu’on voyait venir depuis une ou deux saisons, et qui, avant et pendant l’été dernier, s’était imposée comme la plus rapide du monde cette année sur la distance, aux nationaux du Japon, en avril, avec un temps de 4’30s82, et avait remporté les PanPacifics (à la mi-août en 4’33s77), puis, un week-end plus tard les Jeux asiatiques (en 4’34s58). Autant de courses gagnées par des marges confortables. Aussi trône-t-elle, dans le bilan de la saison 2018, avec une avance considérable sur une certaine Fantine LESAFFRE, surprenante championne d’Europe en 4’34s17.

Quoiqu’on pense  de la dextérité « phelpsienne » de Katinka HOSSZU de se sortir neuf fois sur dix par le haut dans les courses les plus hétéroclites dont elle fait son quotidien, des 50 mètres de styles au 800 mètres (et parfois même au 1500 mètres libre), vous aurez du mal à me convaincre que sa course signature n’est pas le 400 mètres quatre nages! HOSSZU en forme ne gagne pas le 400 quatre nages, elle l’écrabouille…

Les événements de 2018, sa rupture avec son coach, mari, homme d’affaires et à tout faire, supposé Pygmalion (pas mal fêlé de la cafetière), et la destruction, consécutive à la bruyante scène de ménage qui s’ensuivit, du cocon dans lequel HOSSZU avait sculpté, dès après l’échec des Jeux de Londres, sa stature de meilleure nageuse d’Europe – et, LEDECKY exceptée, du monde – ; ces événements, donc, eurent tôt fait de rendre HOSSZU beaucoup plus fragile. Elle traversa la saison 2018 telle un avion, dont les moteurs ont été coupés, glissant dans les airs et sur son erre, de moins en moins vite, de moins en moins portée par la vitesse acquise, en attendant l’inévitable (?) crash final.

Il n’en fallut pas plus pour que quelques donzelles bien placées se partagent les dépouilles avant même que la carcasse ne se mette à fumer et alors même que l’aéronef tenait encore l’air (quoique péniblement, au coeur des perturbations). Et à ce jeu-là, Yui OHASHI, médaillée d’argent de Budapest, qui était déjà prête, et Fantine LESAFFRE, qui ne l’était pas du tout, mais effectua un rapt assez bluffant lors des championnats d’Europe de Glasgow, furent les mieux-disantes…

Ayant choisi un coach à sa mesure et l’ayant engagé, HOSSZU a repris le chemin du « hard labour » qui bâtit les grands nageurs de distances moyennes à coups de centaines de kilomètres effectuées dans une recherche permanente d’améliorations techniques.

QUAND KATINKA SE MET À ÊTRE INSAISISSABLE, C’EST DANS TOUS LES STYLES !

Le problème, pour HOHASHI, que représente une HOSSZU en pleine forme, c’est tout simplement que la Magyare est imprenable dans tous les styles. La Japonaise a bien tenté quelque chose, et si c’est une erreur, c’est une erreur qui est tout à son honneur. Après que HOSSZU l’ait devancée en papillon, HOHASHI s’employa férocement, dans le parcours de dos, au point de lui reprendre une demi-longueur de corps ; il est fort possible qu’en se laissant ainsi reprendre, HOSSZU était en train de gagner, car, médaillée d’argent olympique du 100 dos et médaillée d’argent mondiale du 200 dos, elle ne devait pas se fouler, ventre à l’air, pendant qu’OHASHI mettait les gaz en grand.

Il est vain de tenter de distinguer, dans les quatre nages, les moments où le nageur appuie de ceux où il temporise, car les efforts ne peuvent se mesurer qu’en fonction de ses points forts ou de ses points faibles dans chaque style, le jour même de l’épreuve, et non tout simplement par rapport à la performance finale, comme dans toute course mono-technique.

Mais on peut sans craindre de se tromper parier qu’HOSSZU s’est promenée dans son parcours de dos, tandis qu’OHASHI appuyait furieusement sur l’accélérateur. HOSSZU reprit l’avantage en brasse (répondant ainsi du tac au tac à la Japonaise, qui l’avait devancée sur son style préféré, le dos, en lui coupant sa chique en brasse, le style où HOHASHI marque des points : voilà ce que j’appelle une belle bagarre ! – Je ne puis d’ailleurs m’empêcher de soupçonner que chacune a essayé d’impressionner l’autre en tentant de l’éreinter dans meilleur style, ce qui ferait de cette rencontre une sorte de bras de fer psychologique entre deux conquérantes).

HOSSZU conclut en crawl en 1’0s05, sept centièmes moins vite que HEEMSKERK dans les cent derniers mètres de son 400 mètres nage libre, la veille, à Tokyo !

Les 4’21s91 d’HOSSZU la laissent à distance respectueuse du record mondial en petit bassin de Mireia BELMONTE, 4’18s94, voire de son record de Hongrie, 4’19s46, ce qui fut un record du monde quand il fut établi, en décembre 2015 à Netanya. Mais on imagine, pour elle, que la bonne nouvelle n’est pas tant qu’elle est arrivée, mais bien qu’elle a retrouvé le chemin des sommets…

…VLADIMIR MOROZOV À 0s22 DES 44s94 POLYURÉTHANE D’AMAURY LEVEAUX…

Avec 45s16, Vladimir MOROZOV a établi un nouveau record de Russie en petit bassin du 100 mètres nage libre. Précédemment, le sprinteur russe avait  nagé 45s23 (à Berlin le 6 août 2017). Le voici qui se rapproche des 44s94 polyuréthane d’Amaury Leveaux, qu’il a en valeur pure probablement battu… Course intéressante aussi, en ce que le second de l’épreuve n’est autre que le jeune champion olympique australien, Kyle CHALMERS, devancé d’un mètre ; CHALMERS lui-même laissait presque Blake PIERONI dans son battement de jambes

Sur 100 mètres brasse, la recordwoman du monde jamaïcaine Alia ATKINSON a réussi à dominer Yulia EFIMOVA dans une course tendue où la Russe s’est efforcée en vain de prendre la main. Les deux nageuses, en respectivement 1’3s09 et 1’3s42, restent en-dessous de leurs meilleurs, 1’2s36 et 1’2s91…

A défaut de battre des records, l’Australienne Minna ATHERTON ne cesse de s’imposer dans les courses de meetings de fin de saison comme la patronne du 100 dos en petit bassin. Elle l’a une nouvelle fois emporté devant Kira TOUSSAINT, également en forme, mais surtout deux grands noms, Katinka HOSSZU et Emily SEEBOHM, un peu inférieures à leurs meilleurs… C’est une bonne nouvelle pour l’ondine, élève diplômée de l’école secondaire (Grammar School) de Brisbane, aujourd’hui étudiante en bio-médecine de Bond University, ex-recordwoman du monde junior (59s58 et 59s37 en 2015) qui n’avait guère trop brillé après février 2016. On la croyait perdue, mais elle digérait à son rythme ses succès pré-olympiques et, surtout, se concentrait sur ses études. Née à Auchenflower, dans le Queensland, le 17 mai 2000, grande, 1,81m, surpuissante (75kg), exhibant la largeur d’épaules qui distingue la nageuse de race, la fille, néo-zélandaise par un de ses grands-parents, annonce la couleur: elle veut être championne olympique. C’est bon à savoir…

Femke HEEMSKERK a battu d’un poil SJÖSTRÖM sur 200 libre, ajoutant le 200 au 400! Voilà qu’après dix années dans les bassins la Néerlandaise, qui paraissait ne pas pouvoir s’évader de son cocon de relayeuse, se met à gagner des courses… et elle y prend goût. A suivre en présence de LEDECKY et autres féroces de l’épreuve…

A deux secondes de son record du Japon, Kosuke HAGINO s’est fait devancer par le Chinois WANG Shun sur 200 quatre nages. Le « Phelps japonais » n’a plus rien de triomphant depuis un an, qui accumule les défaites, sans qu’on puisse dire s’il s’agit d’un chant du cygne ou d’un passage à vide. Maintenant, il ne s’agit ici que d’un meeting et WANG n’est pas n’importe qui, formidable nageur protée qui avait enlevé le bronze des Jeux olympiques, derrière Michael PHELPS et… Kosuke HAGINO, et l’or aux Jeux asiatiques 2018 devant… Kosuke HAGINO, 1’56s52 contre 1’56s75.

 

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 45s16 ; 2. Kyle CHALMERS, Australie, 45s78 ; 3. Blake PIERONI, USA, 46s79.

1500 libre : 1. Mykhailo ROMANCHUK, Ukraine, 14’27s93 ; 2. Syogo TAKEDA, Japon, 14’33s26; 3. Sergi FROLOV, Ukraine, 14’39s22;

50 dos : 1. XU Jayu, Chine, 22s87 ; 2. Michael ANDREW, USA, 23s17.

50 brasse : 1. Peter STEVENS, Slovaquie, 26s03 ; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 26s19; 3. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 26s20; 4. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 26s26.

200 papillon : 1. LI Zhuhao, Chine, 1’50s92 ; 2. Takumi TERADA, Japon, 1’52s ; 3. Nao HOROMURA, Japon, 1’52s04 ; 4. Masato SAKAI, Japon, 1’52s24 ; 5. Yuuya YAJIMA, Japon,

200 4 nages : 1. WANG Shun, Chine, 1’51s45; 2. Kosuke HAGINO, Japon, 1’52s50; 3. Keita SUNAMA, Japon, 1’53s96; 4. Ippei WATANABE, Japon, 1’54s34.

DAMES.- 200 libre : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’51s91; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’51s92; 3. Rio SHIRAI, 1’54s67; 4. Tomomi AOKI, Japon, 1’55s11.

Passages d’HEEMSKERK, 25s97, 54s48, 1’23s26, 1’51s91

Passages de SJÖSTRÖM, 26s62, 55s17, 1’23s73, 1’51s92.

100 dos : 1. Minna ATHERTON, Australie, 56s04; 2. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 56s24 ; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s47 ; 4. Emily SEEBOHM, Australie, 56s59 ; 5. Rio SHIRAI, Japon, 57s48 ; 6. Miyuki TAKEMURA, Japon, 57s56.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’3s09 ; 2. Yuliya EFIMOVA, Russie, 1’3s42 ; 3. Siobhan O’CONNOR, Grande-Bretagne, 1’5s07.

50 papillon : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s51; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s58 ; 3. Rikako IKEE, 24s80.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’21s91; 2. Yui HOHASHI, Japon, 4’22s73; 3. Sakiko SHIMIZU, Japon, 4’28s62; 4. Miho TAKAHASHI, Japon, 4’31s19.

Passages d’HOSSZU, 59s96, 2’6s49, 3’21s86, 4’21s91

Passages d’HOHASHI, 1’0s24, 2’5s91, 3’21s89, 4’22s73.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MOROZOV-EFIMOVA-PRIGODA : LES RUSSES ENVAHISSENT TOKYO !

Eric LAHMY

Dimanche 11 Novembre 2018

Plus que jamais les nageurs russes ont dominé les compétitions masculines, lors de la première journée du meeting « world cup » de Tokyo. Vladimir MOROZOV a réalisé les meilleures performances absolues, avec 20s49 sur 50 mètres libre (laissant Michael ANDREW et Kyle CHALMERS un mètre derrière lui), et 50s26 sur 100 mètres quatre nages, performance qui égale son propre record mondial, établi six semaines plus tôt à Eindhoven.

De son côté, Kiril PRIGODA qui connait une forme excellente depuis quelques semaines a une fois de plus contrôlé le 100 mètres brasse. Contrôlé façon de dire, car le niveau général de la course était élevé et PRIGODA n’a touché que d’un rien devant Yasuhiro KOSEKI, sans doute l’un des meilleurs nageurs de brasse de la saison écoulée (triple vainqueur des Jeux asiatiques cet été). La course était serrée, huit nageurs terminant dans une longueur de corps, tandis que Marco KOCH, le toujours recordman du monde en petit bassin du 200 brasse (2’0s44), finissait 9e des séries et ne passait pas en finale.

Pour une fois, les filles ont été un ton en-dessous. Mais c’est encore une Russe qui a produit la meilleure performance : Julia EFIMOVA, sur 200 brasse, avec un joli temps final de 2’16s29, après avoir « dynamité » la course par un départ rapide, laissant finalement ses adversaires, dont trois exposantes de l’école japonaise de brasse à deux longueurs. En tête de bout en bout, EFIMOVA passait en 31s49, 1’5s99 et 1’40s66.

Sarah SJÖSTRÖM contenait Ranomi KROMOWIDJOJO sur 50 mètres et Femke HEEMSKERK, 3e de ce 50, remportait haut la main le 400 devant un groupe de Japonaise, lequel devançait la championne d’Europe hongroise Boglarka KAPAS.

SJÖSTRÖM était devancée de 3 centièmes sur 100 quatre nages par Katinka HOSSZU, laquelle enlevait aussi le 200 papillon.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s49 ; 2. Michael ANDREW, USA, 21s05 ; 3. Kyle CHALMERS, Australie, 21s09 ; 4. Kousuke MATSUI, Japon, 21s19.

400 libre : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 3’40s58 ; 2. Kosuke HAGINO, Japon, 3’42s24 ; 3. Mykhailo ROMANCHUK, Ukraine, 3’42s63.

200 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 1’48s32 ; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 1’48s51.

100 brasse : 1. Kiril PRIGODA, Japon, 56s58 ; 2. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 56s68 ; 3. YAN Zibei, Chine, 56s96 ; 4. Anton CHUPKOV, Russie, 56s99 ; 5. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 57s12 ; 6. Ippei WATANABE, Japon, 57s73 ; 7. Matthew WILSON, Australie, 57s79 ; 8. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s92. En séries, Marco KOCH, Allemagne, 9e, 58s12.

100 papillon : 1. Takeshi KAWAMOTO, Japon, 50s28.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 50s26 (record du monde égalé par lui-même le 28 septembre 2018 à Eindhoven) ; 2. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 51s58 ; 3. Michael ANDREW, USA, 51s59 ; 4. Kousuke MATSUI, Japon, 52s17 ; 5. WANG Shun, Chine, 52s19.          

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s26 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s40 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 23s69; 4. Pernilla BLUME, Danemark, 23s81.

400 libre : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 4’1s29 ; 2. Miyu NANBA, Japon, 4’3s80 ; 3. Natsumi SHIBATA, Japon, 4’4s20 ; 5. Aoi MASUDA, Japon, 4’5s03 ; 6. Mayuko GOTOU, Japon, 4’5s25 ; 7. Boglarka KAPAS, Hongrie, 4’5s69.

50 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 26s21 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 26s24 ; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 26s26 ; 4. Minna ATHERTON, Australie, 26s32.

200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, Russie, 2’16s28; 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’29s53; 3. Reona AOKI, Japon, 2’19s87; 4. Runa IMAI, Japon, 2’20s11; 5. Miho TAKAHASHI, Japon, 2’20s25.

200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s01; 2. ZHANG Yufei, Chine, 2’3s50; 3. Franziska HENTKE, Allemagne, 2’3s73; 4. Suzuka HASEGAWA, Japon, 2’4s36.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 57s25 (en séries, 57s06); 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s28; 3. Rikako IKEE, Japon, 58s17; 4. Siobhan O’CONNOR, Grande-Bretagne, 58s35; 5. Emily SEEBOHM, Australie, 58s94.     

LA FINA CAROTTE ET LA FINA BÂTON OU COMMENT L’OGRE DE LAUSANNE ENTEND DÉVORER SES PROPRES ENFANTS

Éric LAHMY 

La FINA a fait connaître les primes que recevront les nageurs aux championnats du monde en petit basin de Hangzhou, en Chine (11-16 décembre).

En 2016, l’ensemble des prix hors records du monde s’était monté à 1.173.000 $ US.

Cette fois, il atteindra 2.070.000$ US, dont 1.530.000 iront aux nageurs les mieux placés dans les (34) courses individuelles, et les 540.000 restant aux (12) relais. Il est également prévu de récompenser tout nouveau record mondial établi pendant ces championnats par une somme de 15.000$ US.

Cela représente une augmentation de 76% en deux ans…

La FINA a fait connaître le détail des chiffres. Les prix seront ainsi étalés dans les finales: 1er, 10.000$; 2e, 8.000$ ; 3e, 7.000$; 4e, 6.000$; 5e, 5.000$ ; 6e, 4.000$ ; 7e, 3.000$ ; 8e, 2.000$.

La FINA a l’habitude de faire connaître sur le tard ses décisions. Cette fois ci, les augmentations, annoncées précipitamment, correspondent à une stratégie destinée à contrer le projet de la Ligue de Natation Professionnelle, une organisation récente. Projet de créer un prestigieux meeting à Turin, en Italie, invitant une pléiade de champions…

Le 13 juillet 2018, le blog de SwimSwam faisait connaître les projets de cette Ligue, The International Swimming League (ISL).

Avant toute chose, précisions ce qu’est cette entité. L’International Swimming League est présidée par un certain Ali Khan (qui y amène une expérience de banquier et d’investisseur de plus de vingt années avec des grandes banques, UBS, HSBC and RBS). Son directeur manager est Andrea Di Nino, entraîneur, entre autres, d’Evgueny Korotyshkin et de Chad Le Clos.

Cette récente organisation annonçait clairement son « projet spécifique de bâtir à partir de la popularité grandissante de la natation à travers son organisation et de mettre en place un format innovant de compétition basée sur des formations de nageurs en équipes. Les dites équipes sont censées être mixtes, formées d’un nombre égal de filles et de garçons, qui s’affronteront en tant que membres d’une équipe plutôt qu’en tant qu’individuels. Toujours selon les organisateurs, « ce nouveau format reflète les demandes changeantes des fans, des nageurs, des diffuseurs et des commanditaires – bourré d’action, avec des spectacles aux tempos rapides en son cœur… »

L’événement inaugural de l’International Swimming League devait se dérouler les 20 et 21 décembre à Turin et représentait un effort financier de 2,1 millions de dollars en prix divers. « Il était censé ne pas contrecarrer les championnats mondiaux en petit bassin de la FINA, les 11-16 décembre en Chine, » ajoutaient les organisateurs. Voire!

A COUPS D’APPEARANCE FEES GÉNÉREUX ET DE PRIMES NÉGOCIÉES DE GRÉ A GRÉ, PLUSIEURS DES MEILLEURS NAGEURS DU MONDE ONT ÉTÉ ATTIRÉS PAR LA FORMULE.

Il n’étonnera personne que ce “nouveau format”,a été conçu avec l’idée d’attirer une audience de « millions de personnes » soutenant son avenir commercial. Auto-baptisant leur « concept » de nouveauté dans la natation internationale, leurs créateurs affirment qu’il a été « bien reçu par les athlètes, qu’ils soient des amateurs ou des professionnels. »

Très vite la Ligue Européenne de Natation (LEN) a fait connaître son intérêt pour le dit concept en signant dès le 4 mai 2018 un accord cadre avec ISL.

La caractéristique la plus remarquable, et sans doute la plus attrayante pour les nageurs est que toutes les parties intéressées à l’événement sont intéressées aux bénéfices de l’opération. Ce qui nous change des méthodes de la FINA où l’organe international se fade les bénéfices et saupoudre quelques aumônes – devenus il est vrai assez importantes – au bénéfice des intermittents du spectacle.

Divers clubs et équipes ont fait connaître leur intérêt pour l’innovation d’ISL, annonçait-on dès juillet dernier, et huit équipes finalistes étaient prévues. Tout nageur ayant un passé de dopage ne pouvait participer à la compétition. A coups d’appearance fees généreux et de primes négociées de gré à gré, plusieurs des meilleurs nageurs du monde ont été attirés par la formule. C’est très vraisemblablement en raison du succès croissant de cette entreprise et du nombre de stars de la natation qui n’ont cessé de signer que la FINA, jusque là silencieuse, a décidé de « sévir ». Mauvais réflexe !

Tout en annonçant les augmentations de prix distribués aux nageurs aux prochains mondiaux en petit bassin, la FINA se décidait donc à montrer les dents, et menaçait directement tous nageurs qui participeraient à l’organisation d’une institution « non reconnue… »

Je vous passe les articles de son règlement que la FINA évoque pour barrer le chemin aux nageurs et au meeting, je reviendrai peut-être dessus, je puis cependant suggérer qu’ils sont assez vagues et qu’on n’est pas bien sûr qu’ils « couvrent » réellement la situation actuelle. Après tout, c’est quand même sous le double couvert de la Fédération Italienne et de la Ligue Européenne que ce meeting s’organise…

Alors que le rendez-vous de Turin était annoncé depuis six mois, la FINA sort aujourd’hui l’argument selon lequel cette réunion présentée comme nationale (italienne) est en fait internationale – et là, on est d’accord, il s’agit d’une évidence, il ne s’agit pas d’une petite réunion locale transalpine –, et qu’elle aurait dû être présentée six mois plus tôt pour avoir l’aval de la FINA.

L’ennui, c’est que la manœuvre de la FINA est bien dans la tradition de cet organisme, beaucoup moins intéressé par le bien-être de « ses » nageurs et les opportunités de développement du sport que par ses soucis de faire de la natation son trottoir, une affaire dont elle se veut le propriétaire exclusif.

Je me souviens de ce que Stephan Caron me disait de la façon dont la FINA avait tué son projet de meeting de Singapour, imaginé en compagnie de Fred Bousquet et d’un troisième nageur . La FINA était intervenue auprès de la fédération singapourienne afin de la prévenir contre le manque de sérieux de ces jeunes organisateurs. Puis elle avait immédiatement organisé un meeting FINA à Singapour. Et enfin laissé courir, une fois que le « danger » était passé !

La Fédération Française de Natation en a fait de même avec une autre organisation de Stephan CARON, en eau libre… Il n’y a pas de place dans ce sport pour des enthousiasmes individuels et des organisations privées !

LE PÉCHÉ ORIGINEL DE LA FINA VIENT DE CE QU’ELLE CONFOND SON AUTORITÉ DE GARDIENNE DES LOIS ET SON PREMIER SOUCI : FAIRE DU FRIC.

Sincèrement, a priori, je ne donnerais pas cher de la peau d’ISL et je ne suis d’ailleurs pas près de me liquéfier de béate admiration devant elle. Même si je dois dire qu’elle me parait présenter plus de garanties que la FINA, elle n’a peut-être pas joué franc jeu en s’associant très tôt avec la Ligue Européenne, dont l’opposition à la FINA est notoire depuis que son président, Paolo Barelli a été battu à l’élection à la présidence mondiale.

Autant de points relevés par un correspondant, Vincent Leroyer, pour qui « ISL et ses dirigeants ont, eux aussi, une grande responsabilité dans cette situation de crise ouverte, car ils se sont positionnés en rupture avec la FINA dès le début du projet. Ça servait sans doute leur communication. Ce n’était pas le meilleur angle d’attaque à mon sens. Ils ont fini par trouver un terreau favorable, en Italie, en terre d’accueil de grand meetings, et de grands championnats, et ne l’oublions pas, d’opposition politique frontale de M. Paolo Barelli, Président de la LEN et de la Fédération Italienne de Natation, contre la FINA. »

Par ailleurs, relève-t-il, « la Fédération Italienne de Natation a inscrit ce meeting à son calendrier sans respecter le délai règlementaire de prévenance de six mois pour son inscription au calendrier international. »

Le tort originel de la FINA vient du pouvoir quelle s’est donnée de confondre son autorité de gardienne des lois et son premier souci qui est – parlons vrai – de faire du fric. Dès lors, quand elle se positionne au nom du respect du règlement, on peut la soupçonner de défendre plutôt son monopole…

Al Capone, moraliste chicagoan bien connu de la police et qui s’y connaissait en termes de rapports de force, disait qu’on « obtient plus avec un mot gentil et un fusil qu’avec un mot gentil sans fusil », et c’est suivant ces préceptes que les nageurs de l’élite mondiale se sont vus offrir un demi-million de dollars de primes supplémentaires (équivalent d’un mot gentil) et menacer de se faire éliminer de toutes compétitions officielles pendant deux ans (et avec ça pas besoin même d’un fusil)…

Capone (le philosophe cité un peu plus haut) disait aussi que le « capitalisme est le racket légitime de la classe dirigeante », doctrine que les élites françaises, depuis 40 années, semblent avoir prise au pied de la lettre, mais que la FINA a amélioré à sa manière…

Vincent Leroyer, toujours lui, met en avant le rapport des forces. Malgré les apparences, en cas de jeu dur, la FINA pourrait ne pas avoir le dessus, parce que, dit-il, « je vois mal la FINA, composée d’élus de fédérations, suspendre Adam Peaty, Chad Le Clos, Kliment Kolesnikov, Laszlo Cseh, Ranomi Kromovidjojo, Sarah Sjöström, Katinka Hosszu, Duncan Scott, et autres stars qui manqueraient ainsi les mondiaux d’été de Gwangju. »

Et de noter le caractère farce d’une telle sanction : « les suspendre alors que sur le dossier dopage la FINA n’a toujours pas été capable de se faire communiquer les dossiers russes manquants que la WADA attend toujours. Sans suspension d’aucun dirigeant russe. »

Mettre au piquet Peaty, Sjöström, Hosszu tandis que Monsieur Vladimir Salnikov peut s’asseoir pendant des mois sur les dossiers de dopés de la natation russe, cela pourrait passer pour une drôle de politique ! Sauf si on connait les accointances de Cornel Marculescu.

Une autre raison pour laquelle la FINA pourrait mordre la poussière? Les nageurs ne sont plus des individus isolés, ils ont des avocats, ils ont recours au Tribunal arbitral du sport, et ces dernières années, « des arbitrages vont déjà dans le sens de la défense des athlètes au niveau des juridictions européennes. »