GEORGES PECHERAUD, (1925-2017)

Eric LAHMY

Vendredi 1er septembre 2017

Georges Pécheraud, l’un des grands dirigeants de la natation, s’est éteint ce matin. Il était, à quatre-vingt-douze ans (il était né le 1er juillet 1925), le grand ancien de ce sport. Sa carrière s’étendait sur plus de soixante-dix ans et fut très active. Il fut le fondateur du Club des Nageurs de Paris, qu’il présida pendant plus d’un demi-siècle, et l’une des chevilles ouvrières de la FFN ainsi que de la ligue de l’Île-de-France, occupant plusieurs postes de responsabilité. Actif et bienveillant, il fut un candidat malheureux à l’élection à la présidence de la Fédération française de natation, mais il ne semblait n’avoir retiré aucune amertume de cet échec. Auparavant, il avait été l’un des membres influents du comité directeur de la présidence d’André Soret, auprès de Georges Ronsin, P. Broustine, Yves Moreau et J. Chastagner, entre autres. Devenu président honoraire de la Fédération, il n’avait rien perdu de ses qualités intellectuelles et occupait encore jusqu’à son décès, des suites d’une infection, le poste de trésorier de l’amicale des internationaux de natation.

UNIVERSIADES DE TAIPEH : CES SERIES QUI FONT PEUR, par Eric LAHMY

Eric LAHMY

Mercredi 30 Août 2017

L’une des tendances les plus marquantes des courses de natation qui viennent de s’achever aux Universiades de Taipeh, a été la réalisation de performances parfois très élevées en séries et (pour le sprint de nage libre) en demi-finales. C’est une constatation récurrente, que font ce qu’intéresse la natation, que cette quasi-obligation de nager vite dès les épreuves qualificatives.

La plupart des concurrents se sentent contraints de produire une performance maximale dès les courses qualificatives, et je crois que c’est parce qu’il leur est très difficile, s’ils ne démarrent pas à fond, de trouver la vitesse qui leur permettre à la fois de s’économiser et de se qualifier [une chose qu’Yannick Agnel semblait parfaitement posséder, en 2012 et en 2013, au risque de donner des sueurs froides à ses entraîneurs, et qui lui permettait de sortir des courses transcendantes de lignes d’eau proches du bord].

Il y a aussi, dans doute, que, dans l’ignorance du niveau d’excellence et de préparation de leurs différents adversaires, iles uns et les autres craignent de se faire piéger s’ils ne se donnent pas sans calculs.

On a ainsi vu, dans le 50 mètres nage libre de Taipeh, deux performance de moins de 22 secondes, réalisées dès leurs demis, par les deux premiers de la finale, le Finlandais Mekka LIUKONNEN, 21s99, et le Brésilien Amaral Dual Garoff, Italo AMARAL DUAL GAROF, BRA, 21s93. Tous deux, avec 22s02 et 22s03, ne rééditèrent pas ces temps, et le Brésilien termina 2e de la finale tout en ayant été l’auteur de la meilleure performance absolue, tandis que le Japonais Katsumi NAKAMURA, 22s01 en demi, nageait 22s05 en finale.

Les Brésiliens doivent avoir des consignes leur intimant de nager vite en séries, car deux d’entre eux, DA SILVA SANTOS et SILVA SPAJARI,  n’ont pas, en finale du 100 mètres, outrepassé leurs temps des demis.

UNE NATATION PLUS MATURE

Si la tendance à s’employer fort dès le matin n’est pas récente, elle s’est amplifiée en raison de la densification des performances dans à peu près toutes les épreuves nagées, au cours des dernières années, après que la natation, longtemps considéré comme un sport jeune, eut atteint une sorte de maturité.

Cette maturité est marquée par deux choses : les records durent plus longtemps, et son battus par des marges moins importantes. Il fut un temps où, chaque saison, on enregistrait plusieurs dizaines de records mondiaux – battus qui plus est largement – alors que le programme était moins fourni qu’aujourd’hui (nul 50 mètres de spécialités, aucun de ces ridicules relais « de genre » dans lesquels on voit des nageuses se faire atomiser par les garçons, et surtout pas de records mondiaux en petit bassin).

DE SPITZ A SKINNER ET DE SKINNER A CHALMERS

Le tournant de l’évolution de la natation mondiale s’est effectué en 1976, à l’issue d’une olympiade où la valse des records fut impressionnante. Côté femmes, certes, l’Allemagne de l’Est, avec son monstrueux programme de dopage collectif d’Etat, menait le bal des vampires, mais quelques Américaines, emmenées par une formidable Shirley Babashoff, leur tenait la dragée haute. Et il semble qu’une fille de la RDA, nommée Kornelia Ender, qui détint des records en sprint, en crawl et en papillon, n’était pas dopée (elle était tellement douée qu’elle s’imposait sans cela). Côté garçons, il suffit de dire, pendant cette olympiade fatidique, que les records mondiaux de nage libre, passèrent, pendant ces quatre années, de 1’52s78 à 1’50s29 sur 200 mètres, de 4’0s11 à 3’51s93 sur 400 mètres et de 15’52s58 à 15’2s40 sur 1500 mètres. Soit, dans ce laps court de quatre ans, des progrès de 2s49 sur 200 mètres, 8s24 sur 400 mètres et 50s18 sur 1500 mètres. Comme on peut le voir à travers ces chiffres, cette évolution se fit surtout par le demi-fond et l’endurance, puisque la progression fut de 1s24 , par 100 mètres, sur 200 mètres, de 2s06 , par 100 mètres, sur 400 mètres et de 3s32 , par 100 mètres, sur 1500 mètres.

Cependant, l’avancée du 100 mètres contrecarra cette tendance. En effet, aux Jeux de Munich, en août 1972, Mark Spitz avait conclu sa poursuite victorieuse de sept médailles d’or olympiques par un record mondial du 100 mètres en 51s22. Trois années plus tard, un des géants de la natation, dont le gabarit annonçait les colosses actuels, James Montgomery, avait nagé la distance étalon en 50s59, record, en séries des championnats des Etats-Unis (avant de se faire battre en finale (preuve qu’il ne s’agit pas seulement d’une spécialité de Sarah SJÖSTRÖM). Un an plus tard, aux Jeux olympiques de Montréal, il améliora ce temps en demi-finales de la course avec 50s39. Avant la finale, mon confrère Jacques CARDUCCI vint me voir, et me montra le titre du papier d’après la finale qu’il avait déjà écrit avant la finale en raison d’exigences du journal L’Equipe, qui, pendant quinze jour des Jeux, devait jongler avec trois éditions (matinale, « olympique » et du soir). Jacques, qui focalisait sur la performance, estimait que Montgomery ne pouvait pas battre le « mur » des 50 secondes et se proposait de titrer : « cette limite qui ne pouvait être battue. » Il me demanda d’authentifier son intuition, mais je ne sus quoi lui répondre, ayant oublié la boule de cristal que je n’ai jamais retrouvée depuis, laquelle permet de lire l’avenir… Il me semblait que les paris restaient ouverts. Jim Montgomery nagea 49s99, Carducci reformula le titre de son article, qui devint « cette limite qui devait être battue ». Mais le plus beau restait à venir, et c’est que, quinze jours plus tard, un Sud-Africain, Jonty Skinner, interdit de Jeux olympiques en raison de sa nationalité, et qui avait battu Montgomery en finale des championnats US 1975 où l’Américain avait nagé ses 50s59, nagea, aux championnats US 1976 la distance en… 49s44.

10 KILOMETRES : FIRST : OLASZ ; THIRD : FURST

Entre 1972 et 1976, le record du 100 mètres avait donc progressé de 1s78. Si l’on retranche cette différence de 1s78 sur le temps de Skinner, on tombe sur un temps de 47s66, tout près des 47s52 de Nathan Adrian, vainqueur de la course des Jeux de Londres, en 2012, et des 47s58 de Kyle Chalmers, vainqueur à Rio en 2016.

Les progrès, obtenus sur 100 mètres nage libre entre 1972 et 1976, équivalent donc plus ou moins à ceux obtenus depuis 32 ou 36 ans, soit en huit ou neuf olympiades consécutives.  

L’aventure de Domenico ACERENZA, lequel nage les séries les plus rapides, passe les quinze minutes et, fort de cette position, s’invite avec une belle assurance au match pour la gagne entre Paltrinieri et Romanchuk. Plus exactement, il tient tête à son compatriote au départ, avant de souffrir le martyre et la déconfiture. Paltrinieri, en fait n’aura pas d’adversaire, et augmentera son avance à chaque longueur pour devancer l’Ukrainien de dix secondes.

PALTRINIERI peut être considéré comme le « héros » (l’auteur de la performance majeure des ces Jeux universitaires), puisqu’il a remporté 800 mètres, 1500 mètres et le 10 kilomètres marqué par le forfait des Américains Taylor ABOTT et David HERON, Catherine CAMPBELL et Rebecca MANN, en raison de la température de l’eau. Il a archi-dominé le 1500 mètres, malgré la présence de l’Ukrainien ROMANCHUK qui lui porta une sévère contestation sur 800 mètres. Sur la distance du marathon nautique, l’eau trop chaude ne lui fit ni chaud ni froid, il devança aisément les ténors habituels de la spécialité, auxquels il va poser un problème difficile à résoudre ces prochaines années.

Toujours en eau libre, fut marquée la seule présence française au niveau des médailles, quand Adeline FURST enleva le bronze des dix kilomètres.

Le Lituanien Danas RAPSYS gagna le 200 libre et le 200 dos, tandis qu’un Kosuke HAGINO, quoiqu’en petite forme, dut à l’abondance toujours grandissante du nombre d’épreuves de trouver sa niche, sur 200 mètres quatre nages. Les Japonais furent d’ailleurs avec les Russes, des auteurs de belles performances collectives (à noter le 200 papillon du jeune Nao HOROMURA en 1’53s90, une performance de médaille mondiale), et ont donné l’impression de trouver une équipe féminine de qualité (d’où notamment une victoire dans le relais quatre nages dames) forte de deux vraies vedettes, Yui OHASHI gagnante des courses de quatre nages, et Kanako WATANABE, qui enlève 100 et 200 brasse…

Avec une équipe dans laquelle manquent beaucoup de leurs éléments de pointe, les USA dominent, quoique difficilement dans l’ensemble, surtout grâce à leurs relais et quoique sans une personnalité de pointe.

MESSIEURS. 50 libre : 1. Mekka LIUKONNEN, FIN, 22s02 (en demi-finale, 21s99) ; 2. AMARAL DUAL GAROF, BRA, (en demi-finale, 21s93) et Katsumi NAKAMURA, JAP, (en demi-finale, 22s01), 22s05.

100 libre : 1. Ryan HELD, USA, 48s36 ; 2. Kacper MAJCHRZACK, POL, 48s38; 3. Katsumi NAKAMURA, JPN, 48s63; 4. Gabriel DA SILVA SANTOS, BRA, 48s84 (en demi-finale, 48s71); 5. Maxime ROONEY, USA, 49s16; 6. Pedro SILVA SPAJARI, BRA, 49s17 (en demi-finale, 49s09); 7. Nikita KOROLEV, RUS, 49s27. Serhil SHEVTSOV, UKR, en séries, 48s92, en demi-finale 49s12. En séries, Kenneth TO, HKG, 49s39.

200 libre : 1. Danas RAPSYS, LTU, 1’45s75 ; 2. Kacper MAJCHRZACK, POL, 1’46s19 ; 3. Mikhail VEKOVISHCHEV, RUS, 1’46s48; 4. Filippo MEGLI, ITA, 1’46s70. En demi-finale, Kosuke HAGINO, JPN, 1’47S49.

400 libre : 1. Mykailo ROMANCHUK, UKR, 3’45s96; 2. Jay LELLIOTT, GBR, 3’48s88 (en série, 3’48s30); 3. Grant SHOULTS, USA, 3’49s03; 4. Adam PAULSSON, SWE, 3’49s86; 5. Sergii FROLOV, UKR, 3’51s27 (en série, 3’49s67). En série, DARRIGO, USA, 3’49s84; HUTCHINS, NZL,3’49s93; Joris BOUCHAUT, FRA, 3’52s22

800 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 7’45s76; 2. Mykhailo ROMANCHUK, UKR, 7’46s28; 3. Sergii FROLOV, UKR, 7’51s06; 4. Grant SHOULTS, USA, 7’53s83; 5. Jay LELLIOTT, 7’55s36;… 8. Joris BOUCHAULT, FRA, 8’0s82.

1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 14’47s75; 2. Mykhailo ROMANCHUK, UKR, 14’57s51; 3. Gergely GYURTA, HUN, 15’1s11; 4. Shingo NAKAYA, JPN, 15’3s06; 5. Jay LELLIOTT, GBR, 15’6s51. En séries, Domenico ACERENZA, ITA, 14’58s14.

10 kilomètres: 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 1h54’52s4; 2. Soeren Detlef MEISSNER, GER, 1h55’1s5 ; 3. Krzysztof PIELOWSKI, POL, 1h55’19s6 ; 4. Allan LOPES MAMEDIO DO CARMO, BRA, 1h55’24s2.

50 dos : 1. Shane RYAN, Irlande, 24s72; 2. Justin RESS, USA, 24s73; 3. Youngjun WANG, Corée, 25s06.

100 dos : 1. Justin RESS, USA, 53s29; 2. Kosuke HAGINO, JPN, 54s12; 3. Danas RHAPSYS, LIT, 54s17; 4. Shane RYAN, IRL, 54s35; 5. Benjamin TREFFERS, AUS, 54s39; 6. Apostolos CHRISTOU, GRE, 54s49; 7. Taylor DALE, USA, 54s53.

200 dos : 1. Danas RAPSYS, LIT, 1’56s52; 2. Austin KATZ, USA, 1’56s70; 3. Roman LARIN, RUS, 1’57s29; 4. Kosuke HAGINO, JPN, 1’57s77; 5. Andrei SHABASOV, RUS, 1’58s17; 6. Martin BINEDELL, RSA, 1’58s17.

50 brasse : 1. Ilya SHYMANOVICH, Belarus, 27s39.

100 brasse : 1. Ilya SHEMANOVICH, Belarus, et Andrew WILSON, USA,1’0s15; 3. Dmitriy BALANDIN, Kazakhstan, 1’0s17; 4. Yannick KASER, SUI, 1’0s35

200 brasse : 1. Andrew WILSON, USA, 2’8s45; 2. Dimitry BALANDIN, KAZ, 2’9s70 ; 3. Rustam GADIROV, RUS, 2’9s72; 4. Mikhail DORINOV, RUS, 2’9s92; 5. Yannick KASER, SUI, 2’10s37; 6. Rincaro OKUBO, JPN, 2’10s72; 7. William LICON, USA, 2’10s75.

50 papillon : 1. Andrii GOVOROV, UKR, 22s90; 2. Andrey ZHILKIN, RUS, 23s40; 3. Henrique DE SOUZA MARTINS, BRA, et Andrii KHLOPTSOV, UKR, 23s54; 5. Konrad CZERNIAK, POL, 23s62 ; 6. Sunichi SAKAO, JPN, 23s65.

100 papillon : 1. Aleksandr SADOVNIKOV, RUS, 51s81; 2. Andrii KHLOPTSOV, UKR, 51s91; 3. Henrique DE SOUZA MARTINS, BRA, 51s96; 4. Kondrad CZERNIAK, POL, 52s; 5. Yuki KOBORI, JPN, 52s09; 6. Bence PULAI, HUN, 52s56; 6. Vinicius MOREIRA LANZA, BRA, 52s59.

200 papillon : 1. Nao HOROMURA, JPN, 1’53s90; 2. Daya SETO, JPN, 1’55s09; 3. Bence BICZO, HUN, 1’56s16; 4. Leonardo GOMEZ DE DEUS, BRA, 1’56s29; 5. Aleksandr KUDASHEV, 1’56s48; 6. Justin WRIGHT, USA, 1’57s06; 7. Alexsandr PRYBITOK, RUS, 1’57s15.       

200 4 nages: 1. Kosuke HAGINO, JPN, 1’57s35 ; 2. Daya SETO, JPN, 1’58s73 ; 3. Joe LITCHFIELD, GBR, 1’59s36 ; 4. Andrei ZHILKIN, RUS, 2’0s26.   

400 4 nages : 1. Daya SETO, JPN, 4’11s98; 2. Kosuke HAGINO, JPN, 4’15s44; 3. Aleksandr OSIPENKO, RUS, 4’16s63.

4 fois 100 mètres : 1. USA, 3’14s01 ; 2. Italie, 3’15s24 ; 3. Russie, 3’15s78

4 fois 200 mètres: 1. Japon, 7’8s45; 2. USA, 7’12s19 ; 3. Russie, 7’13s47.

4 fois 100 m 4 nages: 1. USA, 3’33s27; 2. Russie, 3’34s85 ; 3. Japon, 3’34s88 ; 4. Pologne, 3’36s34.

DAMES.- 50 libre : 1. Caroline BALDWIN, USA, 25s02.

100 libre : 1. Siobhan HAUGHEY, GBR, 54s10; 2. Mariia KAMENEVA, RUS, 54s37; 4. Arina OPENYSHEVA, RUS, 54s89; 5. Katerine SAVARD, CAN, 54s98.

200 libre : 1. Siobhan HAUGHEY, GBR, 1’56s71; 2. Katherine DRABOT, USA, 1’57s61; 3. Arina OPENYSHEVA, 1’58s53; 4. Manuella DUARTE LYRIO, BRA, 1’58s64; 5. Claire RASMUS, USA, 1’58s74;  6. Katerine SAVARD, CAN, 1’59s21; 7. Anastasia GUZHENKOVA, RUS, 1’59s44.

400 libre : 1. Sarah KOEHLER, GER, 4’3s96; 2. Joanna EVANS, Bahamas, 4’8s52; 3. Sierra SCHMIDT, USA, 4’9s82; 4. Simona QUADARELLA, ITA, 4’10s49; 5. Kaersten METZ, 4’10s84.

800 libre  : 1. Simona QUADARELLA, ITA, 8’20s54 ; 2. Sarah KOEHLER, GER, 8’21s67 ; 3. Joanna EVANS, Bahamas, 8’31s18; 4. Kiah MELVERTON, AUS, 8’32s46; 5. Camille HATTERSLEY, GBR, 8’32s84; 6. Julia HASSLER, Lichtenstein, 8’32s86.

1500 libre : 1. Sarah KOEHLER, GER, 16’21s49; 2. Julia HASSLER, LIE, 16’24s42; 3. Kia MELVERTON, AUS, 16’24s95.

10 kilomètres: 1. Anna OLASZ, HUN, 2h4’12s2; 2. Giulia GABRIELLESCHI, ITA, 2h4’17s9; 3. Adeline FURST, FRA, 2h4’17s9; 4. Viviane EICHELBERGER JUNGBLUT, BRA, 2h4’39s3; 5. Onon Katalin SOMENEK, HUN, 2h4’40s8; 6. Barbara POZZOBON, ITA, 2h4’42s8; 7. Yukimi MORIYAMA, JAP, 2h4’49s5.

50 dos : 1. Kira TOUSSAINT, NED, et Alexandra DE LOOF, USA, 28s07.

100 dos : 1. Sian WHITTACKER, AUS, 1’0s14; 2. Hannah STEVENS, USA, 1’0s23; 3. Anna KONISHI, JPN, 1’0s33; 4. Alexia SEVNIK, CAN, 1’0s78; 5. Alexandra DE LOOF, USA, 1’1s22

200 dos : 1. Sian WHITTACKER, AUS, 2’9s50; 2. Alexia SEVNIK, CAN, 2’9s92; 3. Bridgette K ALEXANDER, USA, 2’10s30; 4. Asia Marie SEIDT, USA, 2’10s31; 5. Margherita PANZIERA, ITA, 2’10s34; 6. Mackenzie Elizabeth GLOVER, CAN, 2’10s69.

50 brasse  31s12: 1. Andrea COTTRELL, USA, 30s77; 2. Laeiston PICKETT, AUS, 30s82

100 brasse : 1. Kanako WATANABE, JPN, 1’6s85; 2. Reona AOKI, JPN, 1’7s36; 3. Andrea COTTRELL, USA, 1’7s37; 4. Tatiana SCHOENMAKER, RSA, 1’7s44; 5. Miranda TUCKER, USA, 1’7s90.

200 brasse : 1. Kanako WATANABE, JPN, 2’24s15; 2. Tatjana SCHOENMAKER, RSA, 2’24s61; 3. Marlia TEMNIKOVA, RUS, 2’24s73; 4. Kayla BRUMBAUM, USA, 2’24s91; 5. Jiwon YANG, KOR, 2’25s68.

50 papillon : 1. Aliena SCHMIDTKE, GER, 26s16 (en demi-finale, 26s07)..

100 papillon : Hellen MOFFITT, USA, 58s75; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s81; 3. Rachael KELLY, GBR, 58s90; 4. Kine ZANDRINGA, NED, 58s92

200 papillon : 1. Ella EASTIN, USA, 2’8s21.       

200 4 nages : 1. Yui OHASHI, JPN, 2’10s03; 2. Ella EASTIN, USA, 2’11s12; 3. Seoyeong KIM, KOR, 2’11s62; 4. Miho TERAMURA, JPN, 2’11s85; 6. Sarah DARCEL, CAN, 2’12s18.

400 4 nages : 1. Yui OHASHI, JPN, 4’34s40 [1’2s; 2’12s17 (1’10s17); 3’31s16 (1’18s99); 1’3s24]; 2. Allison Jane MCHUGH, USA, 3’40s22; 3. Seoeyong KIM, Corée, 4’41s52; 4. Sarah Elisabeth DARCEL, CAN, 4’42s07.

4 fois 100 mètres: 1. Canada, 3’39s21; 2. Russie, 3’39s39 ; 3. USA, 3’40s09.

4 fois 200 mètres : 1. Russie, 7’55s28 ; 2. USA, 7’55s32 ; 3. Japon, 7’59s59 ; 4. Grande-Bretagne, 8’0s93.

4 fois 100m 4 nages: 1. Japon, 4’0s24 ; 2. USA, 4’0s49 ; 3. Italie, 4’2s240 ; 4. Australie, 4’3s58.

NATATION, SOUPÇONS DE DOPAGE, ET CONSEIL D’ETAT.

Jean-Yves TRENNEC

Lundi 28 Août 2017

L’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), appartient à la catégorie des autorités administratives indépendantes dotées de prérogatives de puissance publique qui lui permettent d’agir dans son champ d’intervention qui comprend notamment la matière disciplinaire.

Dans le cadre des contrôles inopinés que cet organisme est habilité à conduire dans les centres d’entraînement, des préleveurs – nom donné aux personnels habilités à réaliser des prélèvements sur les sportifs – se sont présentés au mois d’octobre 2016 sur le bassin du Cercle des Nageurs de Marseille (CNM) pour effectuer leur mission.

L’organisme de lutte contre le dopage a considéré, après une prise de contact que, le manager : M. B, par son attitude, s’opposait à la procédure de contrôle de trois de ses nageuses.
Un rapport relatant cette opposition a été établi.
La Fédération Française de Natation, saisie du dossier et qui dispose d’un pouvoir de sanction aux termes des dispositions de l’article L.231-21 du code du sport a décidé, sans doute pour des motifs d’opportunité, de ne pas sévir.
l’AFLD a alors usé des prérogatives qu’elle tient du troisième alinéa de l’article L.232-22 du même code pour réformer la décision de la fédération française de natation et frapper, par une sanction prise le 6 juillet 2017, l’entraîneur français, d’une interdiction d’exercice de ses fonctions d’une durée de six mois.
M. B a, dans le cadre d’un recours de plein contentieux, demandé au Conseil d’Etat d’annuler cette sanction. II a également sollicité sa suspension par la voie du référé.

On rappellera qu’en matière de référé suspension, l’article L. 521-1 du code de justice administrative exige que le requérant établisse d’une part, que les moyens juridiques exposés sont de nature à créée un doute sérieux sur la légalité de la décision ; d’autre part, que la demande de suspension est justifiée par une situation d’urgence avérée.

C’est dans le cadre de cette demande de suspension que s’est tenue au Conseil d’Etat, l’audience publique du 23 août 2017.

Lors de cette audience les deux parties ont exposé oralement leurs moyens juridiques que l’on peut ainsi résumer.

La défense de M.B a consisté à soutenir d’abord qu’on ne peut qualifier juridiquement son attitude d’opposition à contrôle, au sens du 3° de l’article L.232-10 du code du sport, dès lors que la notification du contrôle prévu à l’article L.232-13-2 n’avait pas encore été faite aux nageuses :

« Les contrôles mentionnés à L’article L.232-13 sont réalisés après notification du contrôle au sportif (…) »

Il a insisté pour indiquer qu’à aucun moment les préleveurs n’avaient cherché à entrer en contact avec les nageuses et qu’il ne se serait pas opposé à un contrôle si les préleveurs avaient insisté pour accomplir leur mission.
Cette argumentation visait, en droit, à disqualifier les faits, à les priver de leur caractère fautif, de façon à saper la sanction de sa base légale (1).

Le Président de la juridiction a fait observer que l’argument lui semblait assez spécieux dès lors que la manifestation claire d’une opposition au contrôle interdisait aux agents préleveurs de poursuivre matériellement leur travail et de procéder à la notification du contrôle.

M.B a également soutenu que les réticences qu’il avait exprimées au contrôle étaient d’ordre strictement sportif en ce sens que l’une de ses nageuses devait se rendre à une séance d’ostéopathie et qu’un second entraînement devant avoir lieu l’après-midi, il était nécessaire de respecter un temps de repos.

Au titre de la légalité interne, l’avocat de M.B a invoqué le caractère sérieux du moyen tiré de la violation par L’AFLD de l’article 6 de Convention Européenne des Droits de l’Homme qui garantit un procès équitable et de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen .

Cette violation résultait, selon lui, du cumul, par cette autorité de régulation, des fonctions de poursuite et de sanction.

Plus précisément, il a été fait référence aux dispositions des articles R. 232-94 et R.295 du code du sport qui disposent respectivement :

:  » Le président de l’Agence française de lutte contre le dopage désigne un rapporteur parmi les membres du collège. Celui-ci établit un rapport exposant les faits et rappelant les conditions du déroulement de la procédure, tant, le cas échéant, devant la fédération sportive que devant l’agence. Le rapporteur procède, sans pouvoir les assortir de mesures de contrainte, à toute investigation utile dont le résultat est versé au dossier et communiqué avant la séance à l’intéressé (…)  » ;

 » Le rapporteur présente oralement son rapport à la formation disciplinaire. / L’intéressé, son défenseur, et le cas échéant, la ou les personnes investies de l’autorité parentale ou le représentant légal sont invités à prendre la parole en dernier. (…)  »

Il a ainsi été reproché au rapporteur d’être à la fois la personne qui instruisait le dossier et qui le présentait à la formation disciplinaire.
Ce faisant, L’AFLD en opérant une confusion des fonctions aurait violé le principe de l’impartialité objective consacré par le droit européen (2).

Sur ce point de droit, le Président a fait observer que les pouvoirs de l’AFLD étaient semblables à ceux reconnus à l’Autorité de la Concurrence pour laquelle le Conseil d’Etat a estimé que les dispositions du code de commerce garantissaient l’indépendance du rapporteur général à l’égard des formations compétentes pour prononcer des sanctions (3).

L’Autorité de la Concurrence ayant été considérée comme un organisme impartial, il serait logique d’en déduire la même conclusion s’agissant du fonctionnement de l’AFLD.

L’avocat de l’AFLD a, quant à lui, fait remarquer qu’il était singulier que M.B se plaigne de ce que les préleveurs ne s’étaient pas présentés à l’heure habituelle, alors qu’il entre précisément dans les missions de l’agence de réaliser des contrôles inopinés : le contrôle perdant toute efficacité si ses destinataires en sont prévenus par avance.
Il a également relevé que M.B avait signé le rapport constatant son opposition au contrôle.

Les parties ont ensuite débattu de la condition d’urgence laquelle doit être démontrée dans le cadre d’un référé suspension.

Pour accréditer l’urgence, l’avocat de M.B a fait valoir que son absence des bassins du fait de la sanction prononcée était de nature à mettre en cause la préparation des athlètes. Il a fait observer que le club, au statut amateur, serait certainement contraint de le licencier dès lors qu’il ne pourrait plus exercer ses fonctions. Il a également été souligné le caractère intrinsèquement disproportionné de la sanction au regard de la notoriété du requérant.

En réponse, l’AFLD a considéré que la gravité de l’infraction justifiait le quantum de la sanction, au demeurant modérée. Elle a soutenu également que le Cercle des Nageurs de Marseille était suffisamment pourvu en entraîneurs et en personnels pour que l’absence temporaire de M.B ne puisse nuire aux nageurs et que M.B ne s’exposait personnellement à aucun risque économique pour lui-même.

Après avoir délibéré pendant deux jours, le juge des référés a estimé devoir finalement rejeter la demande de suspension présentée, par M.B en écartant les moyens mettant en cause la légalité de la sanction (4).

Le juge constate tout d’abord dans son ordonnance datée du 25 août 2017 que les dispositions réglementaires relatives à la procédure ne méconnaissent pas les exigences constitutionnelles de séparation des compétences pour l’exercice des poursuites et le prononcé des sanctions.
Le Conseil d’Etat aligne ainsi sa jurisprudence sur son arrêt d’Assemblée du 21 décembre 2012 concernant l’Autorité de la concurrence.

En ce qui concerne l’opposition au contrôle qui était contestée par M.B, le juge des référés relève ensuite que le code du sport n’exige pas qu’une notification soit opérée auprès des tiers, autres que les sportifs, et que le comportement de ces tiers non sportifs peut recevoir la qualification d’opposition au contrôle dès lors que les opérations amorcées sont entravées.
La sanction infligée à M.B pour s’être opposé aux opérations de contrôle des nageuses est donc considérée comme s’étant appuyée sur une procédure régulière.

L’argumentation de M.B selon laquelle il ne serait pas véritablement opposé au contrôle est également réfutée par le juge qui relève qu’il a signé le rapport qui mentionne en termes clairs sa décision de s’opposer au contrôle et de le refuser. Faisant état de la qualité de professionnel averti de M.B, le juge des référés du Conseil d’Etat s’interdit de considérer que l’intéressé a pu se méprendre sur la portée du document qu’il a signé.

Le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction est écarté sans être analysé, le juge des référés estimant qu’il est inopérant au stade du référé dès lors que les moyens présentés doivent ressortir du dossier sans qu’il soit nécessaire de se livrer à une analyse approfondie du dossier.

Dans le paragraphe 7 de l’ordonnance, le juge des référés indique que la demande de suspension ne peut qu’être rejetée et que la condition d’urgence ne mérite pas qu’on s’y attarde dès lors que l’absence de moyens sérieux suffit par elle-même à justifier le rejet de la requête.

L’ordonnance du 25 août 2017 ne se prononçant que sur l’instance de référé, elle ne préjuge pas de la position que les juges du fond pourront adopter sur les faits soumis à leur appréciation.

Si l’on nous permet une boutade en guise de conclusion sur cette affaire, on ne peut s’empêcher de penser que l’ostéopathie, à laquelle M.B a rendu un hommage vibrant, quoique bien involontaire, aurait sans doute mérité d’être célébrée dans des circonstances de lieu et de temps mieux appropriées.

Jean-Yves TRENNEC est avocat

Notes :

1. CAA Lyon, 8 janv 2015, req. n°13LY02260.

2. CEDH, 25 juin 1992, Thorgeir Thorgeirson c/ Islande : aff. N° 13778/88

3. CE, Assemblée, 21 décembre 2012, Société Groupe Canal Plus et société Vivendi Universal, req. n° n°353856.
4. CE, ordonnance du 25 août 2017, M.B, req. n° 413353.

JULIEN ISSOULIÉ DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL : GRÂCE AUX, OU MALGRÉ LES, ÉTRANGES MANOEUVRES DU MINISTÈRE DES SPORTS?

Eric LAHMY

Jeudi 24 Août 2017

Julien ISSOULIÉ est depuis ce soir le nouveau Directeur technique de la natation française. Il devient le 10e titulaire du poste après Pierre BARBIT, Lucien ZINS, Gérard GAROFF, Patrice PROKOP, Jean-Paul CLÉMENÇON, Claude FAUQUET, Christian DONZÉ, Lionel HORTER et Jacques FAVRE…

 Cette nomination conclut un feuilleton complexe de quelques mois qui met notamment en lumière les dysfonctionnements de l’ancienne présidence de la Fédération.

La nomination d’ISSOULIÉ a été permise par deux ouvertures à candidatures au poste. La deuxième avait été souhaitée par le Ministère après que les premiers candidats n’avaient pas satisfait les exigences de l’avenue de France. C’est dans cette seconde fournée que s’est engouffré ISSOULIÉ. Elle a été facilitée également par les soucis de Romain BARNIER au regard de la législation antidopage. L’entraîneur marseillais s’était opposé au contrôle de trois nageuses…

En février dernier, l’affaire BARNIER avait été classée sans suite par la Commission ad hoc de la Fédération, mais l’antidopage a mal vécu une telle indulgence et interjeté appel… Le tarif appliqué, six mois d’interdiction, a été qualifié d’assez indulgent, vu la gravité des faits.

Hier, le Conseil d’Etat était censé se prononcer sur la condamnation de BARNIER, sans préjuger du fond.

BARNIER et son clan des Marseillais a allégué qu’une interdiction totale d’activités de l’entraîneur allait gravement perturber les résultats de la natation française (je vous laisse imaginer leurs autres arguments, dans le style : la patrie est en danger).

S’ils savaient ce qu’on s’en fout ! Comme me dit un ami : « pourquoi c’est grave qu’il arrête, ton BARNIER, il sauve des vies, il est chirurgien du cerveau ? »

Les si importantes responsabilités de BARNIER sont une chose, ce qui s’est passé au cours de ce contrôle en sont une autre. Arguer qu’il est entraîneur chef d’un pôle France, ou coach de l’équipe nationale, ou grand mamamouchi, est-ce dire qu’il se tient au-dessus des lois ? En est-on encore là ? Quand comprendra-t-on qu’un rôle « important » donne plus de devoirs que de droits, de responsabilités que de prérogatives ?

BARNIER, plus qu’un autre, devrait connaitre et respecter les règles de l’antidopage… Sans vouloir l’enfoncer (il fait très bien ça tout seul), je trouve plus ennuyeux qu’un homme exerçant ses responsabilités à la pointe de son sport commette une telle bévue, plutôt que l’animateur bénévole du club des « Anchois » de Trifouilly-les-Oies ou l’adjoint du bassin mobile de Pétaouchnok !

Par ailleurs, sincèrement, il peut très bien refiler ses nageuses à Julien JACQUIER, l’entraîneur phocéen ayant obtenu les meilleurs résultats aux mondiaux de Budapest ; elles ne seront pas gâchées, les filles.

Mathieu BURBAN, le 3e coach marseillais, pourrait, quant à lui, prendre un peu de recul et l’accompagner dans ses six mois de congé avec ou sans solde ; ce charmant garçon ayant pris l’habitude, depuis deux ou trois années, de planter ses équipes, je le verrai très bien pendant ce semestre en planteur antillais ou de tubercules (l’agriculture manque de bras) ! G.O. au Club Med lui conviendrait bien également. Je suis sûr qu’il reviendrait régénéré au bord des bassins…

Mais parlons un peu de l’incident…

Si mes informations sont bonnes, les faits paraissent établis. Les personnes chargées des prélèvements, qui étaient bien connues de BARNIER (l’une d’elles officie habituellement), arrivent à la piscine du Cercle pendant l’entraînement. Dans un premier temps, BARNIER leur demande d’attendre la fin de la séance, ce qu’elles font calmement, pensant qu’elles pourront alors procéder. Là, changement de ton, l’entraîneur explique à la responsable qu’il n’est pas question de « déranger » les nageurs. Il argue de leur programme, un rendez-vous, semble-t-il, avec un ostéopathe. La préleveuse attire son attention, à plusieurs reprises, sur les risques (prévus dans le Code du Sport, L.232.23) de s’opposer au contrôle.  Rien n’y fait.

Si les choses se sont bien passées ainsi, c’est, bien entendu, une position assez irresponsable qu’a pris BARNIER. Je crois que les nageuses, premières concernées, auraient dû passer outre leur coach et demander à être contrôlées, car menacées d’un « no show ». La règlementation est assez claire.

Peut-être n’ont-elles même pas été averties de ce qui se tramait ? Ou bien elles n’ont pas osé. Respect du coach. Dont la position rend intenable celle des filles. Si l’une d’elles avait décidé d’être contrôlée, les autres auraient dû suivre, elles auraient été vilipendées par leur coach, mais lui auraient sauvé la mise : il n’en serait pas là aujourd’hui !

Bien entendu, il vaut mieux un « no show » qu’un contrôle positif. C’est là que le comportement de BARNIER provoque des soupçons… Si les filles étaient propres, ce que je veux croire, qu’est-ce qui a pu le rendre aussi téméraire ?

LES ADIEUX DE VOYOUS DE LUYCE ET COMPAGNIE

La question qu’on se pose, est de savoir comment une affaire qui a débuté en octobre 2016 a-t-elle pu rester secrète et ne ressortir qu’en juillet dernier… Et pourquoi avoir laissé un entraîneur dans la situation de BARNIER emmener ses nageurs aux championnats du monde de Budapest, en juillet 2017.

La réponse est simple : la Fédération a étouffé le scandale, ce qui était le meilleur moyen d’en créer un autre.

Comment cela est-il possible, et comment se fait-il que la nouvelle équipe fédérale, désignée depuis le 2 avril, n’a-t-elle pu rectifier le tir ?

« Lors de la remise du rapport de la Cour des comptes régionale, explique Christiane GUÉRIN, secrétaire générale de l’équipe actuelle, issue des élections du 2 avril 2017, nous avions été frappés par un paragraphe, où il était demandé à la Fédération de se mettre en accord avec la réglementation du dopage. Ce n’était pas plus explicite que cela, et nous nous étions alors demandé ce qu’un tel passage signifiait, où pouvait être le souci. L’affaire BARNIER avait été traitée par le groupe LUYCE exclusivement, le président et, j’imagine, le DTN (Jacques FAVRE), sans doute aussi le Directeur administratif (L.-F. DOYEZ) et mon prédécesseur (SAUGE). Saisie de la situation, la commission fédérale du dopage, qui est indépendante, a blanchi BARNIER. Mais, à réception du compte-rendu de cette décision, l’Association française anti-dopage a fait appel, estimant que le coach marseillais ne pouvait être exonéré de toute faute ! Tout cela s’est fait sans qu’aucune personne de l’équipe actuelle ne soit au courant.

Comment, élus le 2 avril, n’avons-nous rien appris avant l’été ? Il faut voir dans quelle condition s’est passée la transition entre la Fédé LUYCE et notre administration. Nous pensions bien qu’il y aurait souci, et DALMONT, SEZIONALE et moi avions décidé, si nous étions élus, dimanche matin, de nous rendre l’après-midi même au siège fédéral, rue Scandicci. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est qu’un dimanche, en raison des normes de sécurité, nous ne pourrions pas rejoindre les bureaux. En revanche, LUYCE et les siens s’y trouvaient bel et bien, et ils ont bien travaillé. Les bureaux du président, du DTN, du secrétaire général et de DOYEZ avaient été nettoyés, vidés de tous les dossiers. Il ne restait plus rien. Ils étaient allés très loin dans la nuisance. Par exemple, toutes les bouteilles de champagne avaient été emportées [il n’y a pas de petits bénéfices, NDLR], et, dernière petite amitié, la température de la cave à vin avait été abaissée à -10°, une façon de tuer les bouteilles du cellier. Dans la gestion fédérale, on est vraiment partis de zéro, en s’appuyant seulement sur les dossiers du directeur financier et du personnel. L’affaire BARNIER a donc fait partie de ce nettoyage par le vide des occupants précédents, qui avaient bien fait le ménage. Son dossier avait été retiré. »

 UN MINISTÈRE DES SPORTS QUI ROULE POUR MARSEILLE

Avant de souhaiter bonne chance à Julien ISSOULIÉ, certaines choses doivent être dites…

Je crois que la personnalité, plutôt sympathique, (« ronde », dit un de ses collègues) de Mr ISSOULIÉ, ou ses compétences, qu’il pourra toujours étendre, posent moins problème que la façon dont le tandem Fédération-Ministère des Sports a fonctionné (ou dysfonctionné ?). Voilà un Ministère qui désigne deux favoris parmi les candidats à la DTN, Mr BARNIER et Mr ISSOULIÉ. Et là, je me dis que j’hallucine. Si le ministère veut que le siège fédéral se change en siège d’affrontements, il est en effet très intéressant de nommer Mr BARNIER.

Je pense beaucoup de bien de Mr BARNIER. Il est un coach créatif, toujours en ébullition, en recherche. Il se remet techniquement en cause de façon permanente. Il a très certainement un profil séduisant. Sa passion, ses qualités d’entraîneur ne sont pas en cause. Mais son caractère, sa façon de peser sur les décisions en équipe de France – comme s’il s’agissait d’une annexe du Cercle des Nageurs de Marseille – font de lui une personnalité aussi « clivante » que Jacques FAVRE. Nous en sommes sans doute tous un peu là, mais BARNIER a les défauts de ses qualités.

Comprenez-vous que, la commission ministérielle, ayant donné deux noms, Julien ISSOULIÉ, qu’elle pare de vertus qu’on a déniées à Richard MARTINEZ, Philippe DUMOULIN et consorts, et Romain BARNIER, le second nommé de la short-liste pose problème ; et jette l’ombre d’un doute sur l’ensemble, et donc sur le premier nommé ? Si la commission a élevé BARNIER, c’est qu’elle ne comprend pas que, s’il est nommé, la Fédération peut exploser.

Ou bien le cabinet n’en a cure. Après avoir toléré un DTN qui faisait de sa cuisine mulhousienne le centre d’intérêt de la natation française, puis un DTN qui tâtonnait, faisait ses classes, et trouvait les solutions aux questions soulevées par son job au Cercle de Marseille, le ministère propose un DTN pour qui le nombril de la natation est (à nouveau) Marseille, et qui fonctionnait comme l’inspirateur de Jacques FAVRE : en quelque sorte, un FAVRE monté à la puissance.

Vous comprendrez dès lors que, si je pose un point d’interrogation sur  ISSOULIÉ, parce que je ne le connais pas bien, pour BARNIER c’est d’un point d’exclamation que j’accompagne son nom, parce que je le connais trop. Pour ce qui est du cabinet du Ministre, je le ferais suivre de trois points de suspension…

Dès lors, si la commission se plante pour BARNIER, pourquoi aurait-elle vu juste au sujet d’ISSOULIÉ ? Et puis Gilles SEZIONALE avait prévenu qu’il n’accepterait jamais ni FAVRE, ni BARNIER.

De là découle que, sauf entente souterraine entre SEZIONALE et le Ministère, entente dans laquelle le Ministère aurait « short-listé » son propre candidat et celui du président de la Fédération, on peut dire que c’est le ministère qui a choisi le DTN et que la Fédération s’est trouvée squeezée, n’a pas eu son mot à dire, contrainte qu’elle a été de désigner ISSOULIÉ

Vous trouvez ça confus ? Vous n’y comprenez rien ? C’est pas grave, moi non plus.

Reprenons. Le ministère, opération orchestrée par Pierre DANTIN, membre du cabinet, veut (à tout prix ?) faire passer BARNIER. Pour contraindre la Fédération, il réfute la première liste de candidatures dont il trouve les personnalités insuffisantes, et les flingue de commentaires des plus désobligeants.

Bon. On réfute là des pointures de la natation, comme Richard MARTINEZ, entraîneur emblématique de Font-Romeu, ou encore Philippe DUMOULIN, on se refuse à proposer une short-liste, et achève le massacre en déglinguant le premier choix de SEZIONALE, Laurent GUIVARC’H, qu’on charge des pêchés capitaux et à qui on reproche, par exemple, de devoir prendre un avion pour le Japon, où il doit cosigner un protocole important avec le maire de Kanazawa, le jour de son audition, alors qu’on lui a refusé le report de cette audition. Bizarre ?

Là, le cabinet exige un second tour. Des candidatures pilotées depuis l’avenue de France se font connaître, dont on ne peut dire si elles sont meilleures ou moins bonnes que les autres. Tout profil peut être intéressant. Mais la meilleure façon de faire passer BARNIER, pourrait être, auprès du Marseillais, de glisser le nom d’un second couteau. De quelqu’un qui ne pourrait faire de l’ombre au préféré. Julien ISSOULIÉ va faire l’affaire. L’adjoint au water-polo, qui a noté l’invasion des candidats du ministère et craint que le poste n’échoie à une personne extérieure à la natation, s’est porté candidat.

Le choix se porte-t-il sur lui, avenue de France, parce qu’il a séduit la commission ? ou parce qu’on a fait le pari que SEZIONALE ne pourra pas décemment le retenir, face à BARNIER ?

Manque de bol, SEZIONALE, sans broncher, entérine l’outsider. Il a sans doute plus d’une raison d’agir ainsi. D’abord, il a sans doute flairé le piège. Pourtant, cette nomination est étrange. S’il réfute BARNIER, il n’y a plus qu’à entériner ISSOULIÉ sans même prendre la peine de l’auditionner.

Une autre raison pour laquelle SEZIONALE a pu accepter d’opérer ce choix tronqué, c’est qu’au fond ISSOULIÉ lui convient. Le responsable du water-polo est un homme de consensus, qui sait travailler en équipe. Rue Scandicci, celles et ceux qui le connaissent le mieux pour l’avoir côtoyé vantent l’ambition qui le pousse, la part qu’il a prise dans les succès du water-polo français, ce désir qui l’a amené à ne cesser de se former, de progresser, de passer des diplômes, tout en préparant les équipes de France de jeunes à l’INSEP et en accompagnant les progrès du Sept, ces dernières années.

Quelques techniciens, proches de lui, ne tarissent pas d’éloges sur le DTN que s’est finalement choisi la natation. Florilège : « c’est un mec bien, honnête, pas tordu pour un sou. Un meneur d’hommes. On dit que le water-polo français a été mené par l’entraîneur jusqu’aux Jeux, mais Florian [BRUZZO],, s’il est un bon entraîneur, il fallait le choisir, et le défendre, et dans le contexte de la présidence LUYCE et de la DTN FAVRE, c’était tout sauf facile. Homme de sports co’, arrivé à sa place en 2013, il a cette approche de ceux qui savent qu’on ne fait rien tout seul, très différente de celle, individualiste, qui préside trop souvent en natation course. De plus, il est convivial, amusant, doté d’un humour fin… »

N’en jetez plus.

ISSOULIÉ (toujours présenté sur le site fédéral comme directeur du water-polo d’Île-de-France) a commencé comme accompagnateur, chargé de filmer les équipes de France. Une action assez restreinte. « Assez intelligent », nous dit à son sujet Marc CROUSILLAT, qui ne lui accordait « aucune chance d’être choisi, » surtout, en raison de sa spécialité water-polo. Cela vaut-il élimination ? Sûrement pas. D’autant qu’il est sympathique. Peut-être la natation a-t-elle besoin d’un pacificateur. D’un type cool, quelqu’un qui calme les égos, qui magnifie l’action collective NATIONALE et non pas d’un club, Mulhouse, Marseille, Nice, Toulouse, etc… Et, par définition, puisqu’il bosse dans une Fédération, d’un fédérateur.

A son sujet, on pourrait répéter  la légende de ce lutteur et humaniste, Ghani YALOUZ, qui a fait tellement fort comme DTN à la tête de l’athlétisme français après autant de succès à la lutte qu’il a été bombardé cette année Directeur de l’INSEP… On va en faire un mantra. Et on aimerait bien que l’histoire se reproduise.

Bien entendu, DUMOULIN, MARTINEZ et autres sont passés à la trappe, mais on ne fait pas d’omelettes, etc., et SEZIONALE, même s’il a perçu les façons de peser de son ministère de tutelle, ne s’est pas senti, à peine sorti de son bras de fer contre LUYCE, d’affronter FLESSEL.

Bien entendu, la cerise sur le gâteau (ou peut-être le gâteau sur la cerise), c’est la cagade du contrôle anti-dopage. Le ministère, une fois reçu le choix fédéral, a quand même mis des semaines à l’entériner !

 

ROMAIN BARNIER PERD SON CONTRÔLE, SON JOB, SA CANDIDATURE A LA DTN, ET JULIEN ISSOULIE PREND LA TAILLE AU-DESSUS

Eric LAHMY

Jeudi 17 août 2017

On a pu lire dans les gazettes que Romain BARNIER, l’entraîneur du Cercle des Nageurs de Marseille, suite à un bel énervement, a été suspendu 6 mois de ses fonctions par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage.

BARNIER a fait appel de la décision devant le Conseil d’Etat, selon l’AFP.

Le coach marseillais a été sanctionné le 6 juillet par le collège de l’AFLD pour s’être opposé au cours du mois précédent à un contrôle antidopage concernant trois de ses nageuses lors d’un entraînement. Son appel sera débattu le 23 août au Conseil d’Etat.

Les réseaux sociaux, immanquablement, se sont emparés de l’affaire et ont commencé de raconter des histoires effarantes sur les « responsabilités » d’ici et de là, notamment de la Fédération française de natation, qui aurait dû, lit-on sous la plume de personnes plus imaginatives que bien informées, prendre des dispositions pour empêcher BARNIER de se rendre à Budapest où il faisait partie de l’encadrement de l’équipe de France.

Voire !

La Fédération, quoiqu’impliquée de par les rôles de BARNIER, dont le contrat de préparation olympique s’arrête le 31 août et dont il ne vous étonnera pas d’apprendre qu’il ne sera pas reconduit, la Fédération, donc, n’avait pas jugé bon d’intervenir plus tôt (l’affaire s’étant passée en juin) au nom de la présomption d’innocence.

ROMAIN PERD L’EMPIRE DE LUI-MÊME

Dans un premier temps, BARNIER avait été relaxé, mais l’AFLD avait fait appel. La « condamnation » de notre impétueux Phocéen a pris son temps pour voyager, et n’a pu être connue de la Fédération que le 3 août, soit après quatre semaines. Arrivée sous forme d’un pli en recommandé alors que les décideurs fédéraux étaient déjà sur place à Budapest, elle n’avait pu être ouverte, par le personnel, en l’absence d’une personne autorisée. La Fédération n’a donc pas disposé officiellement à temps des éléments qui auraient pu l’amener à écarter BARNIER du staff au moment du départ pour les mondiaux de Budapest…

Une autre question, BEAUCOUP PLUS GRAVE, se pose en l’occurrence. Il me semble que personne, en France, n’a osé se la poser, comme on l’aurait fait s’il s’était agi d’un coach chinois à Shanghai ou russe à Moscou ! Comment BARNIER, riche d’une vingtaine d’années d’expérience de nageur de haut niveau et d’entraîneur à succès, a-t-il pu prendre le risque d’opter pour un comportement aussi énervé, aux portes du suicidaire, professionnellement s’entend, quand on sait les enjeux du contrôle anti-dopage et les pouvoirs qui ont été donnés à l’institution pour lutter contre ce genre d’obstruction ? Comment a-t-il pu se permettre d’interdire à une personne diligentée par l’anti-dopage d’effectuer sa mission de salubrité publique ? Ne sait-il pas ce qu’est une entrave à l’exercice de la justice ?

Le soupçon qu’on n’ose formuler, mais qu’on ne va pas se priver de nourrir à l’étranger, à travers l’Europe, l’Australie et les Amérique, après avoir écarté l’hypothèse du « soupe au lait caractériel qui ne se contrôle » pas, est le suivant : BARNIER s’est-il jeté en avant et a-t-il « donné sa peau » pour protéger ses nageuses, Mathilde CINI, Anna SANTAMANS et Mélanie HENIQUE, parce que celles-ci auraient pu avoir ingéré un produit répréhensible situé entre créatine et meldonium, sinon pire? Est-ce que l’on protège, est-ce que l’on encourage, est-ce que l’on défend le dopage à Marseille? Et est-ce que cette histoire ne polluera pas définitivement sa carrière ?

Voilà dans quel pastis, et avec quelle paranoïa on se trouve confronté après une telle histoire.

LES ETRANGES MANOEUVRES DU MINISTERE DES SPORTS

L’un des effets secondaires de l’affaire BARNIER est d’avoir réduit à néant sa candidature au poste de Directeur technique national de la Natation Française.

Sa nomination, vue de loin, aurait pu paraître jouable, puisque BARNIER était l’un des deux prétendants que le Ministère avait retenus dans la short liste (la très short list) proposée à Gilles SEZIONALE. L’affaire du contrôle au cours duquel le coach marseillais perd le sien, de contrôle, fait que l’autre nom est comme qui dirait celui du prochain DTN de la natation française et c’est Julien ISSOULIE.

Actuel directeur du water-polo de l’Île-de-France, Julien ISSOULIE, un protégé de Richard PAPAZIAN à Nice, a parait-il tapé dans l’œil de la commission ministérielle dont on aimerait 1) connaître les critères ; 2) savoir si elle se réunissait après des repas très arrosés ; 3) comprendre comment elle apprécie les qualités nécessaires à la direction de la natation.

Cette nomination, qui ne saurait tarder, fait penser, dans les milieux techniciens, que les instances dirigeantes ont fait le choix d’un DTN faible ces prochaines années. On verra à l’usage ?

On se demande quand même un peu comment ISSOULIE, quelles que soient ses qualités, par ailleurs, a pu peser plus lourd dans la balance qu’un Richard MARTINEZ, pour ne parler que de lui – mais aussi de quelques autres. Peut-être va-t-il nous étonner, et franchement je le souhaite, mais il y a quelque chose de mystérieusement politique, d’étonnamment orienté, de tractations souterraines dans son élévation au poste éminent qui sera sien.

Disons-le, parce que ce n’est rien d’autre qu’un secret de Polichinelle, BARNIER n’était pas tenu pour candidat valable par le président de la Fédération française de natation, ce qu’on peut comprendre après certaines contre-performances sportives et humaines du CNM de ces dernières années.

SEZIONALE avait clairement fait comprendre à la direction des sports du ministère qu’il n’était pas question pour lui de travailler avec aucun des deux Marseillais qui s’étaient présentés, Romain BARNIER et Jacques FAVRE. Antidopage ou pas, les chances de BARNIER d’atteindre le poste se situaient au niveau zéro virgule zéro.

Pour des raisons purement marseillaises, BARNIER était fortement appuyé localement et auprès du ministère par un membre du Cabinet ministériel, Pierre DANTIN, qui a travaillé dans le passé avec l’Olympique de Marseille, avec le handballeur ONESTA, des perchistes, avec BARNIER mais aussi avec Laura FLESSEL. On dit qu’il jouit d’une certaine influence sur la ministre actuelle, dont il est présenté comme un vieil ami.

DANTIN est peut-être de bonne volonté dans cette affaire, mais il ne connait manifestement pas le dossier, où, à mon humble avis, il s’est seulement occupé de faire avancer un de ses potes.

Après la mise à l’écart de Jacques FAVRE, SEZIONALE avait désiré Laurent GUIVARC’H au poste de DTN. Mais tout en reconnaissant les qualités administratives de celui qui avait pris le poste de DTN par intérim, le président n’a pas pu s’empêcher d’observer que GUIVARC’H ne s’imposait pas dans le milieu compliqué et jonché de peaux de bananes des entraîneurs de l’équipe de France, lesquels, parait-il, ne reconnaissaient pas en lui les qualités d’un chef naturel. Pourtant, ses pairs de la technique estiment qu’il est l’un des seuls à disposer de la pointure intellectuelle pour mener les actions compliquées de Directeur technique.

Il n’est pas impossible que les choses soient encore plus difficiles pour ISSOULIE, deuxième poloïste, trois décennies après Jean-Paul CLEMENÇON, à accéder au poste. Mais CLEMENÇON avait une puissance de feu cérébrale et une autorité née dans les basques de Patrice PROKOP. Sans médire des qualités d’ISSOULIE, il y a un côté lapin qui sort d’un chapeau dans sa nomination. Il reste à lui souhaiter bonne chance (et à la natation française).

Pour en revenir à BARNIER, il s’est vu «(interdire) de participer, directement ou indirectement, pendant six mois, à l’organisation et au déroulement des compétitions et manifestations sportives autorisées ou organisées par la Fédération française de natation ainsi qu’aux entraînements y préparant», indique la décision de la formation disciplinaire de l’AFLD.

Que signifie «contrecarr(er) clairement l’action des préleveurs», venus effectuer un contrôle antidopage inopiné sur son lieu d’entraînement ?

Il parait que la sanction reste modérée, un rugbyman ayant écopé de deux ans d’interdiction pour les mêmes faits. Il reste à savoir ce qu’en pensera le Conseil d’Etat.

COUPE DU MONDE A EINDHOVEN : RECORDS DU MONDE DU 100 ET DU 200 POUR SARAH SJÖSTRÖM, DU 400 QUATRE NAGES POUR MIREIA BELMONTE

Éric LAHMY

Dimanche 13 Août 2017

Décidément, quand on se dit que Sarah SJÖSTRÖM pourrait connaître un petit coup de moins bien, rien n’est moins certain. Voici que la grande Suédoise, à l’étape d’Eindhoven de la Coupe du monde en petit bassin 2017, s’offre (entre autres) deux records du monde. Le premier ? Sur 100 mètres. En 50s58. L’ancien ? Pas très ancien, justement, qui était tombé à Moscou, le 3 août, soit huit jours avant. Avec 50s77. SJÖSTRÖM, qui avait essayé assez fort en séries (51s02) est passée en 24s49, deux centièmes plus vite que la fois précédente, et a terminé aussi un peu plus vite, en 26s09 contre 26s28 à Moscou. A un tel niveau, grignoter devient un art difficile, et les petits ruisseaux font les grands records. SJÖSTRÖM a dû se débarrasser d’une Ranomi KROMOWIDJOJO qui n’a jamais paru aussi en verve, depuis des années, et a signé un 51s17 de toute beauté, et de Cate CAMPBELL dont les devoirs de vacances, pendant sa saison sabbatique, sont assez réjouissants…

KROMOWIDJOJO allait devancer (d’un centième) SJÖSTRÖM sur 50 mètres papillon. Et SJÖSTRÖM continuait d’humilier la toute nouvelle championne du monde italienne du 200 mètres, Federica PELLEGRINI, sur sa distance fétiche. Menant tambour battant, la Suédoise passait en 25s99, 54s45, 1’22s61, pour finir en 1’50s43. C’était un autre record mondial. Le précédent lui appartenait depuis le 7 décembre 2014 (mondiaux de Doha) avec 1’50s78. PELLEGRINI, plus lente au démarrage, restait en troisième position jusqu’à l’avant-dernier virage, et passait HEEMSKERK qui l’avait devancée jusqu’alors.

Mireia BELMONTE provoquait une belle surprise, quand elle dominait Katinka HOSSZU sur la distance préférée de la Hongroise, le 400 quatre nages, et lui subtilisait le record du monde. On peut voir dans les résultats les passages de BELMONTE et de HOSSZU, et noter le remarquable parcours de brasse de l’Ibérique, tandis que Katinka coinçait dans cette partie de la course où elle avait souvent fait la différence dans le passé. BELMONTE en verve gagnait aussi le 800 mètres et le 200 mètres papillon, dont elle est en grand bassin la championne olympique et du monde… HOSSZU gagnait en revanche le 200 quatre nages, et aussi le 200 dos, en 2’0s05, après un temps en séries, 2’0s53, qui indiquait que son volontarisme reste toujours sans faille…

Alia ATKINSON refaisait le coup du « doublé » de brasse, aux dépens de Ruta MEILUTYTE.

Côté messieurs, on notait un beau 100 dos du Japonais Masaki K    ANEKO tandis que Kirill PRIGODA triomphait sur 200 brasse de Marco KOCH. Mais le grand homme du week-end restait ce grand spécialiste des meetings Coupe du monde qu’est le Sud-Africain Chad Le CLOS qui, non content de doubler 100 et 200 papillon, raflait le 100 libre aux dépens du Russe MOROZOV, vainqueur, lui, du 50 et du 100 quatre nages.

Le  Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, lui, dérobait le 1500 mètres à l’Italien DETTI.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 20s79.

100 libre : 1. Chad LE CLOS, RSA, 45s96; 2. Vladimir MOROZOV, RUS, 46s14; 3. Marco ORSI, ITA, 46s70.

400 libre : 1. Aleksander KRASNYKH, RUS, 3’38s35; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 3’38s42; 3. Gabriele DETTI, ITA, 3’38s85; 4. Ferry WEERTMAN, NED, 3’41s53.

1500 libre : 1. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 14’26s48; 2. Gabriele DETTI, ITA, 14’28s43.

50 dos : 1. Pavel SANKOVICH, BLR, 22s84.

100 dos : 1. Masaki KANEKO, JPN, 49s65; 2. Christian Erik DIENER, GER, 50s32; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 50s43; 4. Pavel SANKOVICH, BLR, 50s49.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 25s63; 2. Kirill PRIGODA, RUS, 26s; 3. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 26s10; 4. Renato PRONO, PAR, 26s34.

200 brasse : 1. Kirill PRIGODA, RUS, 2’2s15; 2. Marco KOCH, GER, 2’2s62; 3. Anton CHUPKOV, RUS, 2’2s83; 4. Nic FINK, USA, 2’4s14; 5. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 2’4s19; 6. Arno KAMMINGA, NED, 2’5s50 (en série, 2’4s14); 7. Yukihiro TAKAHASHI, JPN, 2’5s85 (en série, 2’5s48).

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 49s09; 2. Matteo RIVOLTA, ITA, 49s54; 3. Tom SHIELDS, USA, 49s90; 4. Yauhen TSURKIN, BLR, 50s13; 5. Joeri VERLI NDEN, CLB, 50s31.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 1’48s67; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’49s29; 3. Masayuki UMEMOTO, JPN, 1’52s12; 4. Pace Talmadge CLARK, USA, 1’52s30; 5. Joeri VERLINDEN, CLB, 1’52s85.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 50s70; 2. Kenneth TO, HKG, 51s95 ; 3. Kyle STOLK, NED, 52s18 ; 4. Philip Marvin HEINTZ, GER, 52s31.             

200 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 1’53s23 ; 2. Kirill PRIGODA, RUS, 1’53s81; 3. Clyde LEWIS, AUS, 1’54s54. 

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 50s58 (record du monde, ancien, 50s77 par elle-même le 3 août 2017, Moscou) ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 51s19 ; 3. Cate CAMPBELL, AUS, 51s75 ; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 52s08; 5. Andrea MUREZ, ISR, 52s98; 6. Olivia SMOLIGA, USA, 53s11 (en série, 52s86). En série, Kim BUSCH, NED, 53s06.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 1’50s43 (record du monde, ancien, 1’50s78, elle-même à Doha, 7 décembre 2014) ; 2. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’51s63 ; 3. Femke HEEMSKERK, NED, 1’52s24 ; 4. Melanie MARGALIS, USA, 1’53s66; 5. Andrea MUREZ, ISR, 1’54s67; 6. Mikkayla Paige SHERIDAN, AUS, 1’55s74.

800 libre : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 8’7s47; 2. Sarah KOHLER, GER, 8s12s45; 3. Kristel KOBRICH, CHI, 8’14s11.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 56s; 2. Olivia SMOLIGA, USA, 56s58; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 58s11 (en série, 56s95).

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’0s05; 2. Emily SEEBOHM, AUS, 2’1s15;

50 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 28s84; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 29s57.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 1’2s67; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 1’3s79; 3. Breeja LARSON, USA, 1’4s81

50 papillon : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s54; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s55 (même temps en série: 24s55) ; 3. Maalke DE WAARD, NED, 25s46 (en série, 25s39).

200 papillon : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 2’3s02 ; 2. Franziska HENTKE, GER, 2’4s28.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’5s01; 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’5s65; 3. Ella EASTIN, USA, 2’6s37 ; 4. Emily SEEBOHM, AUS, 2’6s40.

400 4 nages : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 4’18s94 (record du monde ; ancien, 4’19s46, par Katinka HOSSZU, à Netanya, Israël, le 2 décembre 2015) ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 4’25s18.

Passages de Belmonte, 59s38, 2’6s46, 3’19s24, 4’18s94, soit 59s38, 1’8s08, 1’12s78, 59s70.

Passages records d’Hosszu, 59s19, 2’4s32, 3’19s75, 4’19s46, soit 59s19, 1’5s13, 1’15s43, 59s71.

Passages d’Hosszu, 59s20, 2’3s79, 3’22s35, 4’25s18, soit 59s20, 1’4s59, 1’18s56, 1’2s83.

BERLIN APRÈS MOSCOU : KATINKA HOSSZU DAME LE PION À SARAH SJÖSTRÖM : UN À UN ?

Éric LAHMY

Samedi 12 Août 2017

Katinka HOSSZU, à Berlin, les 7 et 8 Août, a-t-elle un peu mieux joué que Sarah SJÖSTRÖM, dans le cadre de sa Coupe du monde ? C’est possible. Après avoir subi le feu de la Suédoise, à Moscou, la Hongroise a assez judicieusement choisi ses courses, et gagné toutes les quatre. SJÖSTRÖM s’est trouvée moins chanceuse.

Si l’on tient compte de ce qu’on croit savoir de son tempérament, Katinka ne s’est pas contentée de cela, et a essayé de battre un ou deux records du monde, afin de redresser la situation (étant menée aux points très largement par la Scandinave). En vain. Sur 400 mètres quatre nages, il s’en est fallu de peu, HOSSZU nageant la distance en 4’19s82, très près des 4’19s46 qu’elle avait signés, le 2 décembre 2015 à Netanya, en championnats du monde petit bassin. Le volontarisme de la Magyare est souligné par le formidable effort consenti d’entrée de jeu. Elle était chronométrée, à Berlin, dans les temps de 58s70 dans le parcours de papillon (contre 59s19 lors de son record), 2’2s82 après le dos (contre 2’4s32 à Netanya). Mais ensuite les choses se brouillèrent, la fatigue jouant en sa défaveur lors de la brasse, à l’issue de laquelle elle passait en 3’19s60 (contre 3’19s75 en 2015). Elle disposait dès lors d’une très faible avance, désormais, sur le record, avance qu’elle ne put maintenir. Il y a deux ans, HOSSZU avait terminé en 59s71, ici elle ne put faire mieux que 1’0s22. Un temps plus que méritoire, mais peut-être Katinka avait-elle commis une certaine erreur de train ? L’Espagnole Mireia BELMONTE, qui signait un beau 4’22s55 derrière elle, lui reprenait 1s26 dans le parcours de crawl.

Et SJÖSTRÖM ? Celleci trouva, sur 50 mètres, en Ranomi KROMOWIDJOJO, une adversaire (et donc, ce qu’on appelle en termes de stratégie militaire, une « alliée objective » d’HOSSZU). KROMOWIDJOJO se permit en effet le luxe de battre la Suédoise sur 50 libre.

Autre adversaire « objectif » de SJÖSTRÖM, le règlement clownesque concocté par la FINA qui la contraignait à passer par les séries de ce 50 mètres alors qu’en raison de son statut sur la distance, KROMOWIDJOJO atteignait directement la finale. SJÖSTRÖM, dès les séries, nageait fort vite, en 23s22, soit en une seconde et seize centièmes plus vite que la dernière qualifiée pour la finale, et à seulement 12 centièmes de son record mondial.

C’est là que KROMOWIDJOJO l’attendait et lui infligea une défaite un peu inattendue. On sait que la Néerlandaise championne olympique du 50 mètres en 2012 et toujours redoutable compétitrice, pouvait menacer à peu près n’importe qui sur l’aller retour d’un bassin de 25 mètres, mais de là à faire plier Sarah ! Celle-ci ne se laissa guère faire, qui battait son record personnel et mondial. Mais cela ne suffit guère. SJÖSTRÖM signait un temps de 23s00, et la Néerlandaise la devançait en 22s93.

SJÖSTRÖM, sur 200 mètres, battait la championne du monde italienne Federica PELLEGRINI et peut-être cette victoire, qui exigeait un peu plus d’endurance, pouvait expliquer son insuccès sur 50, ce qui est gagné en termes de résistance se perdant presque toujours en termes de « vitesse pure. » Mais SJÖSTRÖM commit sans doute une petite erreur en préférant aller chatouiller HOSSZU sur 100 mètres quatre nages plutôt que d’assurer une victoire presque certaine sur 100 papillon. Plantage stratégique, car non seulement HOSSZU la devança sur 100 quatre nages, mais elle gagna également la course de papillon où le choix de la Suédoise lui avait laissé le champ libre !

SJÖSTRÖM obtint une victoire sur KROMOWIDJOJO sur 50 mètres papillon, en revanche…

Le meeting de Berlin donna lieu à d’autres solides performances, tel un 45s23 au 100 libre par le Russe MOROZOV. Quelques doublés furent enregistrés, ainsi par le Polonais KAWECKI (100 et 200 dos), Chad LE CLOS (50 et 200 papillon), l’Allemand HEINTZ sur 200 et 400 quatre nages, et, côté filles, dans le faible espace que ne ravagèrent pas SJÖSTRÖM et HOSSZU, par la Jamaicaine Alia ATKINSON en brasse. HOSSZU réussissait, soit dit en passant, une victoire marquante, en dos, sur Emily SEEBOHM, en 2’0s37, après un temps en séries de 2’0s18 (autre tentative manquée de peu de record mondial).

Au bout du compte, malgré le talent des nageurs (et, de vous à moi, plus encore des nageuses), la Coupe du monde FINA a atteint un nouveau zénith en termes d’idiotie, avec son été en petit bassin, avec ses séries privées des nageurs d’élite, lesquels se retrouvent en finales directe, ce qui est le genre de triche organisée par le règlement, avec aussi, désormais, ses programmes tronqués.

Ce dernier point est un régal. A force de se vouloir aussi grosse que je ne sais quel boeuf, la grenouille FINA s’est trouvée avec une Coupe du monde rendue insipide par son fichu programme aberrant, sorte de non sens bourré d’épreuves qui se cannibalisent l’une l’autre et dont on ne sait plus trop bien à la fin à quoi elles correspondent, sauf à permettre à une athlète infatigable comme Katinka HOSSZU de chaluter les compétitions à son seul avantage.

Au lieu de réparer cette boursouflure par un amincissement général, et d’admettre que le programme de la FINA ressemble de plus en plus à un œdème, ce qu’on ne peut pas faire, au risque de se déjuger, on opère à coups de ciseaux conjoncturels : dans telle réunion, on enlève telles épreuves, dans telle autre d’autres. Bien entendu, on se demande pourquoi soigner un non sens par un autre non sens, mais c’est comme ça. La FINA a ficelé un noeud gordien dont elle ne sait pas comment se défaire…

 MESSIEURS.-  100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, RUS, 45s23 ; 2. Chad LE CLOS, RSA, 45s78; 3. Kacper MAJCHRZAC, POL, 46s19; 4. Dominik KOZMA, HUN, 46s50; 5. Tom SHIELDS, USA, 46s58; 6. Konrad CZERNIAK, POL, 47s02; 7. Kyle STOLK, NED, 47s13

200 libre : 1. Dominik KOSMA, HUN, 1’41s03; 2. Kacper MAJCHRZAC, POL, 1’41s62; 3. Chad LE CLOS, RSA, 1’41s67; 4. Danas RAPSYS, LTU, 1’42s23; 4. Aleksandr KRASNYKH, RUS, 1’42s46; 5. Kyle STOLK, NED, 1’42s81; 6. Clyde LEWIS, AUS, 1’43s52.

1500 libre : 1. Gabriele DETTI, ITA, 14’18s33; 2. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 14’21s53; 3. Wojciech WOJDAK, POL, 14’30s57; 4. Florian WELLBROCK, GER, 14’33s25; 5. Ruwen STRAUB, CLB, 14’39s38; 6. Ilia DRUZHININ, RUS, 14’54s15.

100 dos : 1. Radoslaw KAWECKI, POL, 49s97; 2. Masaki KANEKO, JPN, 50s29; 3. Pavel SANKOVICH, BLR, 50s70; 4. Grigory TARASEVICH, RUS, 50s75; 5. Mitchell LARKIN, AUS, 50s87; 6. Christian Erik DIENER, GER, 50s99; 7. Markus LIE, NOR, 51s02; 8. Tomasz POLEWKA, POL, 51s18.

200 dos : 1. Radoslaw KAWECKI, POL, 1’48s20 ; 2. Masaki KANEKO, JPN, 1’49s11; 3. Christian Erik DIENER, GER, 1’49s30; 4. Danas RAPSYS, LTU, 1’49s64.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 25s49; 2. Fabio SCOZZOLI, ITA, 25s77; 3. Kirill PRIGODA, RUS, 25s86; 4. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 26s09; 5. Renato PRONO, ITA, 26s23.

100 brasse : 1. Kirill PRIGODA, RUS, 56s35; 2. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 56s38; 3. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 56s57; 4. Fabio SCOZZOLI, ITA, 56s81; 5. Arno KAMMINGA, NED, 57s09; 6. Anton CHUPKOV, RUS, 57s43; 7. Fabian SCHWINGENSCHLÖGL, CLB, 57s57; 8. Basten CAERTS, BEL, 57s99.  

50 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 22s32; 2. Yuhen TSURKIN, BLR, 22s49; 3. Adam BARRETT, GBR, 22s53; 4. Tom SHIELDS, USA, 22s67; 5. Deividas MARGEVICIUS, LTU, 22s70.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 1’49s08; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’49s26; 3. Masayuki UMEMOTO, JPN, 1’52s80; 4. Philip Marvin HEINTZ, GER, 1’53s15; 5. Masaki KANEKO, JPN, 1’53s53; 6. Jonathan GOMEZ, COL, 1’53s59; 7. Joeri VERLINDEN, NED, 1’54s31

200 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 1’52s64; 2. Kirill PRIGODA, RUS, 1’54s05; 3. Kenneth TO, HKG, 1’54s97; 4. Kyle STOLK, NED, 1’55s27 (en série, 1’54s33); 5. Clyde LEWIS, AUS, 1’55s30; 6. Masaki KANEKO, JPN, 1’55s37. 

400 4 nages : 1. Philip Marvin HEINTZ, GER, 4’5s16; 2. Federico TURRINI, ITA, 4’5s73; 3. Ayrton SWEENEY, RSA, 4’6s72; 4. J. HEIDTMANN, GER, 4’7s20.

DAMES.- 50 libre: 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 22s93 (record du monde; ancien, 23s10 par Sarah SJÖSTRÖM) ; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s00 ; 3. 3. Cate CAMPBELL, AUS, 23s62; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 23s93; 5. Tamara VAN VLIET, NED, 24s01; 6. Aleksandra URBANCZYK, POL, 24s31 (en série, 24s24); 7. Erika FERRAIOLI, ITA, 24s36; 8. Valerie VAN ROON, NED, 24s40 (en série, 24s38). En série, Kim BUSCH, NED, 24s41.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 1’51s56; 2. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’52s05; 3. Femke HEEMSKERK, NED, 1’52s23; 4. Mikkayla Paige SHERIDAN, AUS, 1’55s01; 5. Carla BUCHANAN, AUS, 1’55s08; 6. Robin NEUMANN, NED, 1’55s72 (en série, 1’55s56); 7. Blair EVANS, AUS, 1’56s48; 8. Marjolein DELNO, NED, 1’56s60.

400 libre : 1. Mireia BELMONTE, ESP, 3’57s79; 2. Sarah KOHLER, GER, 4’1s03; 3. Mikkayla Paige SHERIDAN, AUS, 4’3s90; 4. Kristel KOBRICH, CHI, 4’5s40; 5. Dahlas ROGER, AUS, 4’5s77.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 26s15; 2. Kira TOUSSAINT, NED, 26s24; 3. Maalke DE WAARD, NED, 26s55 ; 4. Mimosa JALLOW, FIN, 26s56 ; 5. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 26s64

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’0s37 (en série, 2’0s18); 2. Emily SEEBOHM, AUS, 2’0s65; 3. Nadine LAEMMLER, CLB, 2’5s41; 4. Kira TOUSSAINT, NED, 2’5s47.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 1’3s16; 2. Jenna LAUKANEN, FIN, 1’4s56 ; 3. Fanny LECLUYSE, BEL, 1’5s81 ; 4. Arianna CASTILGLIONE, 1’5s84.  

200 brasse : 1. Alia ATKINSON, JAM, 2’18s96; 2. Rikke PEDERSEN, DEN, 2’19s52; 3. Fanny LECLUYSE, BEL, 2’19s96.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s57 (en série, 24s52); 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 24s95; 3. Maaike DE WAARD, NED, 25s24; 4. Aleksandra URBANCZYK, POL, 25s36; 5. Kimberly BUYS, BEL, 25s42.

100 papillon : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 55s86 (en série, 55s52); 2. Ilaria BIANCHI, ITA, 56s42; 3. Kimberly BUYS, BEL, 56s44; 4. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 56s97 (en série, 56s63); 5. Aliena SCHMIDTKE, GER, 57s33.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 56s91; 2. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 57s30; 3. Alia ATKINSON, JAM, 58s12; 4. Jenna LAUKKANEN, FIN, 59s52.     

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’19s82; 2. Mireia BELMONTE, ESP, 4’22s55; 3. Blair EVANS, AUS, 4’29s56.

ROME : CHAD LE CLOS DEVANCE NATHAN ADRIAN SUR 100 LIBRE, UN TRIOMPHE DE L’ « ENERGY » !

Éric LAHMY

Samedi 12 Août 2017

ROME.- Grand bassin du Stadio del Nuoto, la piscine du traditionnel Trophée des Sept Collines et du mondial de Rome 2009. Natation spectacle by-night, les 8 et 9 août, orchestré par les professionnels de l’Energy Standard, et aussi opération caritative, laquelle, bien ordonnée, passe par les enfants. Dans ce meeting, l’Italie nage donc pour Save The Children, l’Australie pour Cure Brain Cancer, les USA pour Make a Splash et l’Energy Standard (club professionnel à base italo-ukrainienne) pour Tabletochki. (fonds international de charité de défense des enfants). Gala conduit par Massimiliano Rosolino et un visage avenant du showbiz italien, Giorgia Surina, commentaires techniques de Filippo Magnini, double champion du monde du 100 nage libre et capitaine de l’équipe italienne, etc., etc.

Sur 100 libre, Chad LE CLOS (quel talent) brûle la politesse à Nathan ADRIAN (48s38 contre 48s69). Le champion olympique de l’épreuve en 2012, peut être le sprinter le plus régulier et le plus médaillé de ces dernières années, il ne se fait pas moins surprendre par l’un des talents les plus éclectiques de l’époque, les plus proches de ce qu’a pu produire la natation mondiale dans le genre, avec Michael PHELPS et Ryan LOCHTE. Le record personnel de LE CLOS sur la course est de 48s16 (réussi à Chartres le 11 août 2015), et il a réussi un 48s38 à Dubaï en juin 2016…

En déroulant le programme, on note la performance de pointe de Gabriele DETTI, tout près de son record d’Italie, sur 400 mètres, avec 3’44s40 contre 3’43s36 en avril dernier. DETTI devance un Mykhaylo ROMANCHUK qui a marqué d’importants progrès cette saison et s’est permis de frôler l’or, sur 1500, derrière Greg PELLEGRINI, aux mondiaux de Budapest.

Kliment KOLESNIKOV a devancé Ryan MURPHY, le champion olympique américain, décidément bien malmené cette saison par tous les nouveaux talents qui se lèvent, dont le Kolesnikov en question, lequel l’a également devancé sur la distance double.

Alors que Chad LE CLOS enlevait le 100 papillon face à Piero CODIA et Tim PHILLIPS très menaçants jusqu’au bout, Chase KALISZ gagnait le 200 papillon devant LE CLOS, le 200 quatre nages devant Ryan LOCHTE et le 400 quatre nages devant… personne à moins de douze ou quinze mètres à l’arrivée. Une Sarah SJÖSTRÖM à l’économie triomphait sur 50 et 200 libre, 50 et 100 papillon, et désertait le 100 mètres qui revenait à Femke HEEMSKERK devant Cate CAMPBELL. Sur 200, SJÖSTRÖM se jouait de la championne du monde Federica PELLEGRINI, et faisait mieux que résister au fameux emballage final de l’Italienne, auquel elle opposait victorieusement l’atout formidable que constitue sa vitesse de base…

Emily SEEBOHM enlevait ses trois courses de dos ; l’Australienne réalisait, sur 100 dos, la performance la plus élevée des deux journées, si l’on considère les points FINA auxquels elle correspond. Leah SMITH, elle, signait un temps convaincant sur 400 libre… Divers relais achevaient ces journées.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Nathan ADRIAN, USA, 22s00.

100 libre : 1. Chad LE CLOS, RSA, 48s38 ; 2. Nathan ADRIAN, USA, 48s69; 3. Kyle CHALMERS, AUS, 49s08; 4. Jack CARTWRIGHT, AUS, 49s12; 5. Marco ORSI, ITA, 49s32; 6. Conor DWYER, USA, 49s40; 7. Sergii SHEVTSOV, UKR, 49s47; 8. Lucca DOTTO, ITA, 49s54.

200 libre : 1. Gabriele DETTI, ITA, 1’47s67.

400 libre : 1. Gabriele DETTI, ITA, 3’44s40; 2. Mykhaylo ROMANCHUK, UKR, 3’45s58; 3. Zane GROTHE, USA, 3’49s10; 4. Sergii FROLOV, UKR, 3’49s34; 5. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 3’50s01.

50 dos : 1. Ryan MURPHY, USA, 25s17; 2. Danas RAPSYS, LTU, 25s28.

100 dos : 1. Kliment KOLESNIKOV, RUS, 53s35 (record du monde junior, ancien 53s38 par lui-même) ; 2. Ryan MURPHY, USA, 53s37; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 53s82; 4. Jacob PEBLEY, USA, 54s15; 5. Danas RAPSYS, LTU, 54s73.

200 dos : 1. Kliment KOLESNIKOV, RUS, 1’56s65 ; 2. Ryan MURPHY, USA, 1’57s19 ; 3. Mitchell LARKIN, AUS, 1’57s41; 4. Jacob PEBLEY, USA, 1’57s48.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, 26s88; 2. Fabio SCOZZOLI, ITA, 27s02; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 27s08; 4. Kevin CORDES, USA, 27s49; 5. Nicolas FINK, 27s68.

100 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, RSA, et Fabio SCOZZOLI, ITA, 59s58 ; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 59s95 ; 4. Andrius SIDLAUSKAS, LTU, 1’0s55 ; 5. Jake PACKARD, AUS, 1’0s85; 6. Nicolas FINK, USA, 1’0s86; 7. Kevin CORDES, USA, 1’1s05; 8. Matthew WILSON, AUS, 1’1s08.

200 brasse : 1. Josh PRENOT, USA, 2’9s36; 2. Luca PIZZINI, ITA, 2’10s90; 3. Kevin CORDES, USA, 2’12s12; 4. Matthew WILSON, AUS, 2’12s44; 5. Andrius SIDLAUSKAS, LTU, 2’13s72; 6. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 2’14s01.

50 papillon : 1. Benjamin PROUD, GBR, 23s33; 2. Tim PHILLIPS, USA, 23s54; 3. Andrii KHLOPTSOV, UKR, 23s63.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, RSA, 51s45; 2. Piero CODIA, ITA, 51s56; 3. Tim PHILLIPS, USA, 51s60; 4. Andrii KHLOPTSOV, UKR, 52s24.

200 papillon : 1. Chase KALISZ, USA, 1’56s72; 2. Chad LE CLOS, RSA, 1’57s61.         

200 4 nages : 1. Chase KALISZ, USA, 1’58s22; 2. Ryan LOCHTE, USA, 1’59s75. 

400 4 nages : 1. Chase KALISZ, USA, 4’9s67.

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 24s13; 2. Cate CAMPBELL, AUS, 24s43; Madison KENNEDY, USA, 24s86.

100 libre : 1. Femke HEEMSKERK, NED, 53s45; 2. Cate CAMPBELL, AUS, 53s56; 3. Federica PELLEGRINI, ITA, 54s24; 4. Michelle COLEMAN, SWE, 54s32; 5. Madison KENNEDY, USA, 54s98.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 1’55s51; 2. Federica PELLEGRINI, ITA, 1’55s72; 3. Melanie MARGALIS, USA, 1’57s17; 4. Leah SMITH, USA, 1’57s35; 5. Michelle COLEMAN, SWE, 1’57s78; 6. Alice MIZZAU, ITA, 1’59s06.

Sjöström, 27s47, 57s23, 1’26s72, 1’55s51.

Pellegrini, 27s47, 57s05, 1’26s89, 1’55s72.

400 libre : 1. Leah SMITH, USA, 4’4s58; 2. Simona QUADARELLA, ITA, 4’9s74.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 27s68; 2. Olivia SMOLIGA, USA, 28s03; 3. Georgia DAVIES, GBR, 28s13; 4. Daryna ZEVINA, UKR, 28s29.

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 59s02; 2. Olivia SMOLIGA, USA, 1’0s26; 3. Georgia DAVIS, GBR, 1’0s32; 4. Daryna ZEVINA, UKR, 1’0s53; 5. Margherita PANZIERA, ITA, 1’0s56; 6. Ali DELOOF, USA, 1’0s94.

200 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 2’7s86; 2. Daryna ZEVINA, RUS, 2’8s54; 3. Margherita PANZIERA, ITA, 2’9s89.

50 brasse : 1. Ruta MEILUTYTE, LTU, 30s59 ; 2. Jennie JOHANSSON, SWE, 30s67 ; 3. Ariana CASTIGLIONI, ITA, 30s94.

100 brasse : 1. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’7s16 ; 2. Ruta MEILUTYTE, LTU, 1’7s36; 3. Bethany GALAT, USA, 1’7s55; 4. Tessa WALLACE, 1’7s85.

200 brasse : 1. Bethany GALAT, USA, 2’25s27; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 2’25s37; 3. Ruta MEILUTYTE, LTU, 2’25s62.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 25s79; 2. Farida OSMAN, EGY, 25s87.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 57s56; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s14.

200 papillon  : 1. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 2’10s09.     

200 4 nages : 1. Melanie MARGALIS, USA, 2’11s29 ; 2. Madisyn COX, USA, 2’11s64 ; 3. Sara FRANCESCHI, ITA, 2’12s83 ; 4. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 2’12s98.

400 4 nages : 1. Hannah MILEY, GBR, 4’38s10 ; 2. Madisyn COX, 4’39s57; 3. Bethany GALAT, USA, 4’41s53; 4. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’41s99; 5. Blair EVANS, AUS, 4’42s75.

LA COLÈRE ET L’APAISEMENT

Éric LAHMY

Mercredi 9 Août 2017

Savez-vous ce qu’il faut penser de la « voix du peuple » ? Difficile d’élaborer, en face d’elle, une ligne de conduite. Je vous parle de ça parce que, ces derniers jours, à Londres où se tiennent de très beaux championnats du monde, la Fédération Internationale d’Athlétisme a hésité à organiser la cérémonie de remise de médailles du 100 mètres plat à l’issue de la course.

L’épreuve a été gagnée par Justin GATLIN, l’athlète, nous dit-on, le plus détesté de l’époque. GATLIN, à chacune de ses apparitions sur le stade, est copieusement hué. La crainte du scandale faisait l’IAAF hésiter à organiser une remise de médailles! Le public lui reproche deux contrôles anti-dopage positifs, l’un aux amphétamines, l’autre à un anabolisant.

Comme dirait l’autre: que fait la police?

Au nom du principe de proportionnalité, le souhait de certains d’écarter des stades à vie de tels récidivistes, ne peut être exaucé. Or, le traumatisme (fort médiatisé d’ailleurs) que constitue, dans le sport, aujourd’hui, chaque contrôle positif, salit, dirait-on, de façon indélébile, ceux qui en sont les sujets. Voir ceux qui ont fraudé hanter le stade et surtout enlever des médailles en insupporte plus d’un.

Craig Lord, sur son site SwimVortex, a pris sur le sujet, en natation, une position de pointe. Il accompagne systématiquement d’un astérisque le nom de chaque contrevenant, quand l’actualité le contraint à en commenter les faits et gestes .

Marque infâmante qui, dans le cas du Chinois SUN Yang, après ses victoires mondiales, aboutit à ce qu’il n’eut pas même droit à ce que son nom soit cité. Lord désignait SUN sous le nom d’ « astérisque » tout le long de l’article. La Russe Julia EFIMOVA a été traitée de manière équivalente. Il s’agit d’un rejet total et semble-t-il définitif. Dans le passé, on marquait les criminels au fer rouge – flétrissure définitive, infamante.

On peut s’interroger sur la validité d’un tel extrémisme. Se doper est tricher, certes. Mais tricher, en football ou en water-polo, par exemple, conduit au pire à une expulsion temporaire. Une interdiction de jouer quelques matches peut s’ensuivre. Dans les cas les plus graves, elle couvre quelques rencontres, ou quelques semaines.

Par ailleurs, on peut distinguer des degrés dans la culpabilité d’un dopé. Il y a ce que j’appelle le dopage par accident. Il y a aussi les dopés « à l’insu de leur plein gré », selon la formule immortelle du cycliste Richard Virenque. Peut-on sérieusement comparer le cas de ces nageuses chinoises ou est-allemandes, innocentes et parfois même victimes, trafiquées par le médecin de leur équipe, avec celui de Lance ARMSTRONG, cynique de tempérament criminel, qui orchestrait lui-même les tricheries de son équipe ?

Il y a, sous cet angle, deux façons de voir le champion: soit comme on le voit traiter dans les sports olympiques, selon la  version anglo-saxonne, intransigeante, de la morale; soit comme un être que son statut place au-dessus des règles – Diego MARADONA et Lionel MESSI, dieux du foot, bâtis à force d’anabolisants et d’hormones de croissance sans que nul n’ait paru s’en offusquer, MARADONA encore, tricheur mégalo, corrompu, drogué jusqu’à l’os, dont rien ne parait devoir affecter l’aura divine que lui trouvent ses admirateurs.

Disons-le, cette rigidité là, que l’on voit faire tant de dégâts dans le monde politique, où qui « vole un œuf » est traité comme s’il avait tué père et mère, finit par être presqu’aussi dérangeante que l’attitude contraire…

C’est que les temps ont changé. En-dehors des limites du sport, dans la fiction, les héros du passé se sont perdus dans les sables de l’ambiguïté. L’antihéros leur a succédé : mesurez la distance entre Richard RIDDICK, le sombre personnage de Pitch Black, incarné à l’écran par Vin DIESEL, et Robin des Bois, joyeux maître de la forêt de Sherwood. Et goûtez la différence.

Les antihéros actuels, tissés d’autant de défauts que de qualités, font plus vrais, en cette époque de désillusions, que les chevaliers blancs du passé, qu’ils ont un peu ringardisé – et dont les profils, d’ailleurs, étaient plus compliqués qu’il n’y parait. L’Hercule romain, son modèle grec, n’étaient guère recommandables. Leurs actions les rapprocheraient du « cool bad guy » de Quentin Tarantino plus que du preux Lancelot du Lac (lequel, d’ailleurs, couchait avec l’épouse de son roi lige).    

Thomas BACH, le président du Comité International Olympique, s’est récemment déclaré pour la radiation à vie de ceux qui étaient convaincus de dopage. Une déclaration coûte certes moins qu’une action, et on se souvient des atermoiements, des manœuvres diverses du même BACH, l’an passé, pour se débarrasser de l’affaire du dopage organisé en Russie, de son peu d’empressement à sévir quand il le pouvait. Depuis Jean-Sébastien, les BACH, il est vrai, connaissent la musique, et plus encore l’art de la fugue.

Comment agir face à un athlète dont le dopage est avéré ? Peut-on le considérer comme un criminel ? Doit-on lui garder une éternelle aversion ?  

On a vu l’Australien Mackenzie HORTON et l’Américaine Lilly KING adopter, aux Jeux olympiques de Rio, des positions très agressives face à leurs adversaires directs, respectivement SUN Yang (Chine) et Julia EFIMOVA (Russie), bien trop protégés par la FINA, disons-le. Ces relations tendues perdurèrent jusqu’aux championnats du monde de Budapest. SUN et HORTON réussirent à se saluer sans trop de grimaces sur le podium du 400 mètres, où ils cohabitèrent un instant.

Quelle que soit la sympathie limitée que provoque SUN Yang, la radiation à vie n’est pas proportionnée à ses erreurs. Et le stigmate éternel, le signe infâmant pérenne, le doigt sur la faute, ne me parait pas très généreux. Il est bon qu’à un moment donné, la faute soit sinon oubliée, du moins pardonnée.

A la fin des mondiaux, ce 30 juillet, à l’issue de leur dernière rencontre individuelle, sur 50 brasse, on a pu voir KING et EFIMOVA parler, rire et échanger quelques mots dans l’eau. Interrogée au sujet de ce changement de comportement, l’Américaine expliqua qu’elle avait eu du plaisir à se confronter avec la Russe, que celle-ci avait, au fond valorisé ses courses, les avait rendues intéressantes. Elle semblait avoir pardonné la faute de la rivale. Deux jours plus tôt, une autre nageuse US, Bethany GALAT, l’avait précédée dans cette attitude. Deuxième du 200 brasse derrière la Russe, GALAT s’en alla féliciter EFIMOVA ; interrogée par les medias, elle expliqua qu’il lui paraissait naturel et congratuler la gagnante : « c’est une grande nageuse ; c’est une fantastique nageuse de brasse ; elle a produit une course phénoménale. Alors oui, je la félicite. Je ne vois pas pourquoi je ne le ferais pas. » Après le temps de la colère était venu celui de l’apaisement.

MARIE WATTEL PAPILLON HAUT : CHAMPIONNE DES USA, 57s53, RECORD DE FRANCE HORS POLYURETHANE

Eric LAHMY

5 Août 2017

Marie WATTEL empoche un deuxième titre, à l’open des USA, celui du 100 mètres papillon, après celui du 100 mètres libre. La Française, entraînée à l’année à Loughborough et licenciée à Montpellier, s’était qualifiée sans forcer, en séries, écopant le troisième temps, 59s34 derrière Amanda KENDALL, une nageuse très expérimentée, ancienne membre de l’équipe US, et la toute jeune Cassidy BEYER, 17 ans

En finale, la course se limita d’emblée à un duel entre KENDALL, passée en 27s08, et WATTEL, qui la précédait de huit centièmes, une misère. Dans le retour, le résultat demeura incertain, mais WATTEL l’emportait finalement dans le temps de 57s53 contre 57s87.

WATTEL améliorait son record de l’année, 58s66, de plus d’une seconde, et, dans le bilan national, passait Béryl GASTALDELLO, qui avait gagné le titre national aux championnats de France, à Schiltigheim. En 2016, elle avait nagé 58s30, son record personnel, et semblait plafonner depuis quelques années. La voici relancée. Elle se trouve désormais à distance raisonnable du record de France, 56s89, détenu depuis les championnats du monde de Rome, en 2009, avec 56s89.

En début d’après-midi, Fantine LESAFFRE avait donné l’impression de réaliser elle aussi l’exploit de l’emporter, sur 400 mètres quatre nages. Fantine avait hérité du meilleur temps en séries, 4’44s55, et menait la finale après un bon retour dans son parcours de brasse, mais ne put empêcher le retour de Sharli BRADY, une fille du Missouri qui empochait le titre en 4’42s70 contre 4’43s25 à LESAFFRE.

Jonathan ROBERTS de North Texas Nadadores, gagnait le 400 4 nages messieurs en 4’14s93. Le 100 papillon masculin revenait à Matthew JOSA, des California Aquatics avec 52s15.