AUSTRALIE: KAYLEE MCKEOWN SE JOUE D’EMILY SEEBOHM SUR 200 DOS

Eric LAHMY

Lundi 15 Janvier 2018

Aux championnats open 2016 de l’état de Victoria, en Australie, qui se sont tenus entre vendredi 12 et dimanche 14 janvier à Melbourne, Emily SEEBOHM, 25  ans, a inaugurée sa douzième saison d’internationale australienne… en étant devancée de 4/100e, sur 200 dos, par Kaylee MCKEOWN, 16 ans, la jeune sœur de Taylor MCKEOWN.

Les deux rivales semblèrent vouloir nager à l’économie, ce qui donna à leurs parcours des profils de « negative split », course d’attente conclue en accélération dans laquelle on « revient » plus vite qu’on ne part. Seebohm se contenta pendant une centaine de mètres de coller à la tête de la course, mais sans mener, et n’était encore que 4e au virage de la mi-course derrière Minna ATHERTON, MCKEOWN et Sian WHITTAKER.

MCKEOWN prit alors ses distances avec une forte troisième longueur. Kaylee, 4e de l’épreuve aux championnats du monde de Budapest, n’eut plus qu’à résister au retour de son aînée. Les passages des deux premières protagonistes : MCKEOWN, 30s51, 1’4s30, 1’37s34 pour un temps de 2’8s76, soit 30s51, 33s79, 33s04, 31s42, ou encore 1’4s30 et 1’4s46 ; SEEBOHM, 30s72, 1’4s50, 1’38s09, 2’8s80, soit 30s72, 33s78, 33s59, 30s71, ou encore 1’4s50 et 1’4s30.

Ces profils de course laissent à penser que SEEBOHM aura voulu jouer avec la benjamine de la finale, et qu’elle a perdu – ou aura-t-elle voulu tester sa vitesse finale (en effet impressionnante) dans l’optique des championnats d’Australie qui qualiferont pour les Jeux du Commonwealth ?

MCKEON ET PALTRINIERI SE PARTAGENT SUR QUATRE ET QUINZE

SEEBOHM ne se laissait pas surprendre une deuxième fois sur 100 dos où, seule, elle accomplissait la distance en moins d’une minute, et approchait de 0s17 le temps réalisé à Austin le même week-end par Regan SMITH à Austin aux Tyr Series avec 59s45 contre 59s38.

 Emma MCKEON enlevait pour sa part quatre épreuves, dont trois, 100 et 200 libre et 100 papillon, dans des temps corrects, ceci malgré une douleur à une épaule.

Le jeune champion olympique du 100 mètres Kyle CHALMERS, bien revenu de son opération d’un trouble du rythme cardiaque (tachycardie supraventriculaire), a enlevé 100 et 200 mètres nage libre.

Sur 400 et 1500 mètres, Mackenzie HORTON, champion olympique du 400, rencontrait l’Italien Gregorio PALTRINIERI, vainqueur olympique du 1500 mètres, et chacun d’eux conservait son épreuve fétiche. HORTON et PALTRINIERI, qui s’entraînent ensemble, ont approché un ex-aequo sur 800 mètres… Entre-temps, les deux compères étaient allés disputer les 1200 mètres en mer de Lorne Pier, où HORTON se présentait pour la 3e fois et finissaient 2e (HORTON) et 3e, battus d’un rien par Sam SHEPPARD, sept fois vainqueur de cette course!

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Kyle CHALMERS, 49s48. 200 libre : 1. Kyle CHALMERS, 1’48s29. 400 libre : 1. Mack HORTON, 3’51s38 ; 2. Gregorio PALTRINIERI, Italie, 3’51s80; 3. David MCKEON, 3’52s04. 800m: 1. PALTRINBIERI, Italie, 7’58s27; 2. Mackenzie HORTON, 7’58s33. 1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, Italie, 15’12s96. 50 dos : 1. Benjamin TRAFFERS, 25s32; 2. Mitchell LARKIN, 25s34. 200 dos : 1. Mitchell LARKIN, 1’57s70. 50 brasse : 1. Jake PACKARD, 27s91. en séries, 27s67. 100 brasse :  1. Jaekwon LOON, Corée, 1’0s64; 2. Jake PACKARD, 1’0s85. 200 brasse : 1. Matt WILSON, 2’11s66. 200 4 nages : 1. Mitchell LARKIN, 1’59s96.

DAMES.- 100 libre : 1. Emma MCKEON, 54s69. 200 libre : 1. Emma MCKEON, 1’57s54. 50 dos : 1. Emily SEEBOHM, 28s09; 2. Hayley BAKER, 28s43. 100 dos : 1. Emily SEEBOHM, 59s45; 2. Kaylee MCKEOWN, 1’0s16; 3. Hayley BAKER, 1’0s52; 4. Minna ATHERTON, 1’0s77. 200 dos : 1. Kaylee MCKEOWN, 2’8s76; 2. Emily SEEBOHM, 2’8s80. 100 brasse : 1. Jessica HANSEN, 1’7s02. 200 brasse : 1. Taylor McKEOWN, 2’23s74. 100 papillon : 1. Emma MCKEON, 58s95.

TYR SERIES AUSTIN: ZANE GROTHE ET BINGJIE LI “TRIPLENT” SUR 200, 400 ET 800 METRES

Lundi 15 Janvier 2018

A Austin, capitale du Texas, Le programme de la natation des Tyr Series a distillé ses doublés et ses triplés habituels. Nathan Adrian a gagné 50 et 100 mètres. Sur la plus courte distance, il s’est laissé mener en séries et en demi par le jeune Michael Andrew, avant de le devancer d’un centième en finale, imposant son expérience à la fougue de l’étoile du Race Pace Club. Sur 100, le champion olympique 2012 de la distance a maîtrisé Ryan Held, le champion olympique du relais quatre fois 100 mètres des Jeux olympiques de Rio et champion du monde universitaire du 100. Zane Grothe, lui, a démontré une nouvelle fois, s’il en était besoin que le programme du demi-fond en natation incite au bégaiement : le recordman américain du mile en petit bassin gagnait le 200, le 400 et le 800 mètres. Il perdait le 1500 mètres après avoir calqué sa course sur celle du Danois Ipsen, laissant s’échapper deux Japonais, Takeda et Nakaya, qui lui prirent quatre secondes à mi-course. Grothe revint sur Nakeda, lequel lui brûla la politesse au finish.

Dans les courses féminines, la Chinoise Bingjie Li réalisait le même triplé de distances que Grothe, réalisait de bonnes courses sur les trois distances, et gagnait à chaque fois avec des avances confortables…

Chase Kalisz réussissait un triplé classique pour lui, sur 200 mètres papillon et les deux épreuves de quatre nages, et le vieux Matt Grevers, 33 ans le 26 mars prochain, surprenait Ryan Murphy sur 100 mètres dos.

Taylor Ruck emmenait une fine équipe de Canadiennes, et se multipliait, gagnant le 100 mètres libre et finissait sur d’autres podiums (2e du 100 dos, 3e des 200 libre et dos). La Chinoise Wuwei Peng signait un solide 2’8s au 200 dos et Melanie Margalis battait un record personnel de presque quatre ans sur 400 quatre nages.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Nathan ADRIAN, Californie, 22s08; 2. Michael ANDREW, Race Pace, 22s09. 100 libre : 1. Nathan ADRIAN, California, 48s75 ; 2. Ryan HELD, California, 49s35; 3. Daniel KRUEGER, 18 ans, Mc Farland Sparta, 49s77. 200 libre : 1. Zane GROTHE, Mvn, CA, 1’48s18. 400 libre :1.Zane GROTHE,Mvn, CA, 3’48s59;2. Anton Oerskov IPSEN,NC State U. et Danemark, 3’50s43 ; 3. Clark SMITH, Longhorns, 3’52s56. 800 libre : 1. Zane GROTHE, Mvn, CA, 7’56s69; 2. Anton Oerskov IPSEN, NC State U. et Danemark, 7’57s64. 1500 libre : 1. Shogo TAKEDA, Japon, 15’13s16; 2. Shingo NAKAYA, Japon, 15’16s87; 3. Zane GROTHE, Mvn, CA, 15’17s34; 3. Anton Oerskov IPSEN, NC State U et Danemark, 15’19s42.

50 dos : 1. Justin RESS, NC State, 25s10 ; 2. Matthew GREVERS, Tucson, 25s11. F: 1. Matt GREVERS, 24s81. 100 dos : 1. Matthew GREVERS, Tucson, 53s73 ; 2. Ryan MURPHY, California, 53s99; 3. Justin RESS, NC State, 54s43; 4. Jacob PEBLEY, California, 54s77. 200 dos : 1. Ryan MURPHY, California, 1’56s11 ; 2. Jacob PEBLEY, California, 1’56s40. 50 brasse ; 1. Andrew WILSON, Longhorns, 27s43; 2. Nick FINK, Athens Bulldogs, 27s59; 3. Zibei YAN, Chine, 27s53. F: 1. Nick FINK, 27s44. 100 brasse : 1. Zibei YAN, Chine,59s84; 2. Andrew WILSON, Longhorns, 1’0s90. 200 brasse : 1. Zibei YAN, Chine, 2’10s33; 2. Joshua PRENOT, California, 2’10s91; 3. Chase KALISZ, Athens, 2’11s21; 4. Will LICON, Longhorns, 2’11s99; 5. Nicolas FINK, Athens Bulldogs, 2’12s09; 6. Carlos CLAVERIE, Louisville, Venezuela, 2’13s34; 7. Reece WHITLEY, Penn Charter, 2’13s92. 50 papillon : 1. Jack CONGER, Nation’s Capital et Michael ANDREW, Race Pace, 23s59. F: 1. Jack CONGER, 23s37; 2. Michael ANDREW, 23s43. 100 papillon : 1. Jack CONGER, Nation’s Capital, 51s80. 200 papillon : 1. Chase KALISZ, Athens Bulldogs, 1’55s63; 2. Masayu UMEMOTO, Japon, 1’57s64. 200 4 nages : 1. Chase KALISZ, Athens Bulldogs, 1’57s50. 400 4 nages : 1. Chase KALISZ, Athens Bulldogs, 4’18s80.

DAMES.- 50 libre :1.Margo GEER, Tucson Ford Dealers, 24s91(en série, 24s83;en demi, 24s89). En séries, Taylor RUCK, Canada, 25s03. F: 1. Margo GEER, 24s90; 2. Yufei ZHANG, Chine, 24s99. 100 libre : 1. Taylor RUCK, Canada, 53s51; 2. Margo GEER, Tucson Ford Dealers, 53s74; 3. Kayla Noelle SANCHEZ, Canada, 54s71; 4. Ariana VANDERPOOL-WALLACE, Wolfpack, 54s75. 200 libre : 1. Bingjie LI, Chine, 1’56s96 ; 2. Melanie MARGALIS, Saint Petersburg, 1’58s23 ; 3. Taylor RUCK, Canada, 1’59s26. 400 libre : 1. Bingjie LI, Chine, 4’6s87 ; 2. Hannah MOORE, NC State, 4’11s48. 800 libre : 1. Bingjie LI, Chine, 8’28s98; 2. Kristel KOBRICH, Chili, 8’35s65. 1500 libre : 1. Kristel KOBRICH, Chili, 16’17s11.

50 dos :1. Olivia SMOLIGA, Athens Bulldogs, 27s98; 2.Regan SMITH, Riptide, 28s07. F: Regan SMITH, 27s85; Olivia SMOLIGA, 27s89. 100 dos : 1. Regan SMITH, Riptide, 59s38; 2. Taylor RUCK, Canada, 1’0s18; 3. Olivia SMOLIGA, Athens Bulldogs, 1’0s23; 4. Xuwei PENG, Chine, 1’0s57; 5. Isabelle STADDEN, Riptide Aquajets, 1’0s63; 6. Jade Savanah Sienna HANNAH, Island, Canada, 1’0s69; 7. Kayla Noelle SANCHEZ, Canada, 1’0s70; 8. Lisa BRATTON, Texas, 1’1s30. 200 dos : 1. XuWei PENG, Chine, 2’8s17 ; 2. Regan SMITH, Riptide, 2’8s64; 3. Taylor RUCK, Canada, 2’8s90. 50 brasse : 1. Molly HANNIS, Tnaq-SE, 30s35 (30s27); 2. Katie MEILI, New York, 30s77 (30s74); 3. Rachel NICOL, UCSC 30s92. F: Molly HANNIS, 29s71. 100 brasse : 1. Katie MEILI, New York Athletic, 1’6s49; 2. Rachel NICOL, Canada, UCSC, 1’7s70 (en séries, 1’7s66); 3. Molly HANNIS, Tennessee, 1’7s93. 200 brasse : 1. Chloe TUTTON, Swim Wales, Galles, GBR, 2’23s92; 2. Emily ESCOBEDO, Condors, 2’25s94. 50 papillon : 1. Yufei ZHANG, Chine, 26s23; 2. Amanda KENDALL, MVN-CA, 26s31; 3. Helen MOFFIT, TE-NC, 26s42.  F: Amanda KENDALL, 26s07. 2. Yufei ZHANG, 26s21. 100 papillon : 1. Amanda KENDALL, Mvn-CA, 58s29; 2. Yufei ZHANG, Chine, 58s39; 3. Rebecca SMITH, Canada, 58s72. 200 papillon : 1. Alys THOMAS, Galles, GBR, 2’9s50. 200 4 nages : 1. Sydney PICKREM, Canada, Texas A&M, 2’9s92; 2. Melanie MARGALIS, Saint Petersburg, 2’10s66; 3. Madisyn COX, Longhorns, 2’10s98. 400 4 nages : 1. Melanie MARGALIS, Saint Petersburg, 4’37s43; 2. Madisyn COX, Longhorns, 4’42s12

 

DE KATIE LEDECKY À LA COMÉDIE DES SPORTIFS DE L’ANNÉE

Éric LAHMY

LUNDI 1er JANVIER 2018

Comme je j’ai écrit hier, c’est-à-dire l’an dernier, « L’Équipe » vient d’attribuer le titre de « championne des championnes » pour 2017 à Katie Ledecky.  C’est la deuxième fois, après 2014.

Ça peut paraître bête d’avoir l’air de s’en plaindre maintenant, mais la natation n’a jamais eu beaucoup de chance avec le quotidien du sport, et entre 1975, année du début de ce palmarès international, et 2014, année où Ledecky est honorée pour la première fois, aucun nageur  n’avait été retenu. Même les quatre médailles d’or individuelles de Michael Phelps en 2004 aux Jeux olympiques d’Athènes, les cinq autres à Pékin, ou celles remportées en 2012, à Londres, n’ont suffi à passer.

Ce genre d’élections de fin d’année a d’ailleurs quelque chose d’incertain, et d’extrêmement subjectif. Comment comparer les envolées d’Usain Bolt, « l’homme le plus rapide du monde », les ippon de Teddy Riner et les revers slicés de Roger Federer ?

Que cela soit clair. Le champion des champions est d’abord le champion des stars du sport. Le vainqueur jouit au départ de la notoriété de sa pratique. Disciplines confidentielles, perdez toute espérance…  Le meilleur plongeur, le plus formidable poloïste n’aura aucune chance. La France a disposé, avec Virginie Dedieu, pendant cinq ans, de la plus grande nageuse synchronisée du monde, laquelle n’a jamais pu se prévaloir d’un seul titre de championne des championnes françaises.

L’ÉQUIPE OU LA FORTERESSE ATHLÉTISME

L’athlétisme a toujours été très vaillamment défendu par « L’Equipe ». C’est le « premier sport olympique » (d’où une bonne visibilité) et il jouit d’une réputation de « sport exact » (parce que mesurable, donc une certaine assise, une impression d’objectivité, comme la natation d’ailleurs). C’est en outre un « sport de base » (ce qui ne présente pas, en soi, un avantage).

Mais pour ce qui concerne L’Equipe, ce journal a longtemps été une forteresse de l’athlétisme. Deux des patrons de sa rédaction, Gaston Mayer et Robert Parienté, plusieurs de ses rédacteurs en chef, Marcel Hansenne, Guy Lagorce, étaient des hommes de stade. Leur influence a fait que depuis 1975, sur les 50 « champions des champions » qui ont été honorés (et un déshonoré, le Canadien Ben Johnson), 23 l’ont été dans l’athlétisme. Soit 46%. Ce qui est très bien servi. Onze d’entre eux sont issus du sprint (100 mètres et 200 mètres), sept autres sont des coureurs de demi-fond, du 800 au 5000 mètres. Ce qui nous conduit à ce constat frappant ; trente-six pour cent des élus champion(ne)s des champion(ne)s de L’Equipe sont issus des courses de vitesse pure ou prolongée. Les cinq autres ? Une sauteuse en hauteur, Rosemarie Ackermann, deux perchistes, Sergei Bubka et Renaud Lavillénie), et un triple sauteur, Jonathan Edwards.

Pas un marathonien, pas un lanceur, pas un décathlonien… Cela s’explique par le contexte dans lequel la désignation se fait. Le Champion des Champions donne parfois plus d’informations sur le jury que sur celui qu’il récompense.

QUAND LE FOOTEUX EST UN MANCHOT ET LE VÉLO UN SPORT ASSIS

L’Equipe a toujours accueilli au sein de sa rédaction diverses idéologies, concernant la valeur respective des sports, et qu’Antoine Blondin évoquait en son temps. On digressait et polémiquait à fleurets mouchetés sur la supériorité de l’athlète ou du footballeur, du cycliste (LEquipe avait les mêmes patrons que le Tour de France) ou du gymnaste, du rameur ou du judoka, etc. Les arguments pouvaient être oiseux ou passionnants, intelligents ou subtils, et chacun, inévitablement, cherchait quand même un peu à tirer la couverture à soi. Les débats entre Gaston Meyer ou Robert Parienté, chantres de l’athlétisme, avec Jacques Ferran ou Pierre Chany, aèdes du football et du vélo, mériteraient peut-être de vivre dans la mémoire du journal. Je crois pouvoir dire que les footballeurs ont été appelés « manchots » à L’Equipe. Gaston Meyer, un jour, dans un billet, traita le cyclisme de « sport assis », ce qui n’était pas un compliment, ce qui eut le don d’enrager Jacques Goddet, patron du journal et co-directeur du Tour de France !

Je n’échappais pas moi-même à la guerre des mots et un jour, ayant subi des mois durant l’humour acerbe de Marcel Hansenne (ancien recordman du monde du 1000 mètres) parce que j’avais défendu un jour dans un article la cause des lanceurs, je finis par lui répondre que la course à pied était un sport de fuyards, ce qui était certes bien envoyé mais à moitié faux…

LE MONOPOLE DU STADE

Les cinq premiers titres de champion des champions de L’Equipe entre 1975 et 1980, revinrent à des athlètes. Bien entendu, chacun des vainqueurs consacrés était de belle qualité, mais il n’en est pas moins vrai que la rédac’ chef du journal, emmenée par Robert Parienté, directeur de la rédaction, était infatuée d’athlétisme. Les vainqueurs de L’Equipe de ces années furent John Walker (1975), Alberto Juantorena (1976), Rosemarie Ackermann (1977), Henry Rono (1978), Sebastian Coe (1979). Alors ? Alors, regardons le palmarès du sport de ces années selon la chaîne de radio et de télévision BBC : 1975 : Arthur Ashe ; 1976 : Olga Comaneci ; 1977 : Niki Lauda ; 1978 : Mohammed Ali ; 1979 : Bjorn Borg, et comparons :

Le Néo-Zélandais Walker, en 1975, année où il est honoré par L’Equipe, a battu le record du monde du mile, et été élu athlète de l’année par la revue US Track and Field News ; cette année, Arthur Ashe, honoré par la BBC, a dominé le tennis mondial, battu Bjorn Borg et Jimmy Connors à Wimbledon et remporté cinq tournois majeurs. Si je devais, 42 ans plus tard, désigner le meilleur choix, je dirais, avantage : BBC.

En 1976, Alberto Juantorena réalise un exploit unique, aux Jeux olympiques, en ce qu’il gagne le 400 et le 800 mètres, à Montréal. Nadia Comaneci, elle, obtient sa fameuse note 10, la première de l’histoire de la gymnastique… Malgré mon respect pour Juantorena, je dirais encore une fois, avantage : BBC.

En 1977, Rosemarie Ackermann, première femme « champion des champions » de L’Equipe, fait passer de 1,95m à 2 mètres le record mondial du saut en hauteur féminin. Niki Lauda obtient son second sacre de champion du monde de Formule 1 et obtient le Grand Prix de l’Académie des Sports. Avantage : BBC.

En 1978, le Kényan Henry Rono s’affirme comme un grand coureur à pied ; il établit quatre records du monde, sur 3000 mètres, 3000 mètres steeple, 5000 mètres et 10.000 mètres, gagne le steeple et le 5000 des Jeux du Commonwealth, le steeple et le 10.000 des Jeux panafricains… Cette année, Mohammed Ali, malgré un net déclin athlétique, reprend le titre mondial des poids lourds à Leon Spinks. Je dirais que c’est un suffrage émotionnel de la part de la BBC, comme l’Oscar d’honneur offert à Cecil B de Mille ou à Alfred Hitchcock en fin de carrière. La direction de L’Equipe, à l’époque, n’aimait pas trop le boxeur. Avantage : L’Equipe.

En 1979, Sebastian Coe réécrit les records du monde du 800, du 1500 et du mile et devient le premier athlète au monde à détenir les trois records. Bjorn Borg, lui, reste le n°1 du tennis mondial pendant toute l’année, remporte ses quatrièmes Roland Garros et Wimbledon d’affilée. Comme toujours, il est difficile de partager de tels exploits, mais il faut admettre que (l’année où Bernard Hinault enlève son 2e Tour de France à la suite), L’Equipe reste fidèle à son instinct pedestrian… Avantage : BBC.

JE NE TROUVE PAS MIKE POWELL, ET CARL LEWIS EST CHAMPION DE L’ANNÉE

Pour parvenir à distinguer, année après année, autant d’athlètes du stade, la direction de la rédaction défendait comme un pré carré l’élection du champion des champions. Vingt années après être entré au journal, je ne savais toujours pas comment était désignée la personnalité récompensée. En 1991, « on » hésitait entre Carl Lewis et Mike Powell, qui s’étaient disputés le titre de champion du monde en longueur et avaient battu tous deux le mythique 8,90m de Bob Beamon, établi vingt-trois années plus tôt, avec 8,91m pour Lewis et 8,95m pour Powell. Je fus chargé, après avoir couvert la traversée du Pacifique à la rame de Gérard D’Abboville,  de les joindre tous deux et assez bizarrement ne pus repérer Powell qui se baladait, me disait-on, entre Philadelphie, la côte ouest et New York. Je coinçai plus facilement Lewis qui vivait et s’entraînait alors à Houston et pus le rencontrer. C’est comme ça que Carl Lewis devint notre champion des champions 1991 (et pas Powell). Mais je ne savais toujours pas qui, et comment, votait…

Des années plus tard, la direction institua que tous les employés du journal s’exprimeraient, ce qui donna un tout autre tour à la votation.

Les différences de résultats entre les palmarès de L’Equipe et de la BBC s’obtiennent après une simple traversée de la Manche. En traversant l’Atlantique, les sports mêmes changent, et on ne s’y reconnait plus. Les stars honorées au cours de ces mêmes années 1975-1979 par Sports Illustrated, s’appellent : Pete Rose (baseball, 1975), Chris Evert (tennis, 1976), Steve Cauthen (hippisme, 1977), Jack Nicklaus (golf, 1978), Terry Bradshaw (football américain) et Willie Stargell (baseball, 1979).

Pas une fois les palmarès entre L’Equipe, la BBC et Sports Illustrated ne se recoupent. On doit signaler que le champion de l’année de Sports Illustrated est ouvert à des non-américains, ce qui reste assez théorique : sur les 80 personnalités sportives désignées de 1954 à 2016, seulement huit sont étrangères, résultat qui illustre bien le degré de chauvinisme sportif des USA.

Une autre idée du sport US est représentée par le Sullivan Award, lequel récompense des athlètes amateurs, et, depuis que l’exigence d’amateurisme a disparu des règlements olympiques, des sportifs « éligibles » aux Jeux olympiques. Plusieurs nageurs y ont eu droit dans le passé, mais il est bon de noter que Katie Ledecky n’a jamais été élue. Un scandale ? Possible, même si la détentrice du Sullivan Award pour 2016, une certaine Lauren Carlini, passeuse dominatrice par sa qualité de jeu, sans être une Katie Ledecky du volley, n’a rien d’une usurpatrice  !

En 2013, le vainqueur du Sullivan est un footballeur américain Canadien, John Urshel. Non content de peser 136kg et d’avoir été un joueur de la NFL, il est considéré, selon le magazine Forbes comme l’un des meilleurs mathématiciens de notre époque. Ce personnage d’exception a récemment co-publié dans le Journal of Computational Mathematics une contribution concernant  « un réseau algorithmique en cascade de calcul du vecteur Fielder des Graphes Laplaciens ». Ne me demandez pas ce que cela veut dire, il parait que cela vaut référence. En 2014, triomphe Ezekiel Elliot, running back des Dallas Cowboys, membre des équipes de foot et de basket et athlète (sprint et haies) en scolaires. En 1975, Keenan Reynolds, football, et Breanna Stewart, basket, se partagent la tiare.

ÉLOGE DE LA SUBJECTIVITÉ

Un autre palmarès américain est offert depuis 1931 par l’agence Associated Press : trois nageurs – Don Schollander, 1964, Mark Spitz, 1972, Michael Phelps, 2008 et 2012 – et huit nageuses –Helene Madison, 1931, Katherine Rawls, 1937, Gloria Callen, 1942, Ann Curtis, 1944, Dawn Fraser, 1962, Debbie Meyer, 1969, Amy Van Dyken, 1996 et Katie Ledecky, 2017, ont été honorés… Comme pour le Sullivan, le palmarès de l’AP est censément mondial (la présence de l’Australienne Dawn Fraser en témoigne) mais presque tous les honorés sont états-uniens…

On a compris que la subjectivité pèse lourd dans ce type d’élection de fin d’année, elle en est même le facteur essentiel. Il fallut que je suive pour la première fois le Tour de France, en 1986, pour prendre la mesure de la démesure de l’effort consenti.

Je sympathisai, entre autres, avec Charlie Mottet et Eric Guyot, avec qui j’essayais d’échanger quelques mots aux départs d’étapes, et je pus mesurer, étape après étape, la dégradation physique que cette course de titans infligeait à ces copains du matin, la lassitude qu’elle inscrivait sur les visages, les épaules, dans la démarche.

Je me souviens m’être mis à relativiser l’aspect moral (ou plutôt : immoral) du dopage dans le Tour. Il m’apparut presque comme un mode de survie, alors qu’il me répugnait d’entendre que tel sprinteur, tel nageur, tel haltérophile se « chargeait ». Mais surtout, il me parut beaucoup plus évident, beaucoup plus concret, en quelque sorte, qu’un Bernard Hinault devienne champion des champions français ou que Greg Lemond soit élu meilleur sportif au monde.

Certes, bien avant 1986, j’avais parfaitement admis la grandeur des Gino Bartali, Fausto Coppi, Louison Bobet, Jacques Anquetil. Mais rendu sur les lieux du crime, je percevais mieux l’incroyable défi que constituait le Tour de France.

QUAND LASHA TALAKHADZE ARRACHE 220 KILOS, TOUT LE MONDE S’EN FICHE

De même, c’est en échappant à la chapelle olympique du journal et en travaillant sur d’autres sports que je pus apprécier pleinement les performances de tennismen, footballeurs, judokas, lutteurs, patineurs, gymnastes, admirer le caractère polyphonique de l’excellence sportive…

En effet, on ne peut se représenter parfaitement la dimension d’un exploit sportif si l’on n’y assiste pas ou, mieux, si l’on ne s’est pas essayé au sport concerné. Les jurys qui président à l’élection d’un champion au sein d’un échantillonnage multisports ont-ils, par exemple, entendu parler de l’arraché à 220kg qu’a réalisé cette saison l’haltérophile georgien Lasha Talakhadze, et pu comprendre seulement ce qu’il signifie ? Même si les pratiques dopantes en haltérophilie préviennent tout excès d’enthousiasme, et si Talakhadze, ayant été « pris » en 2013 la main dans le pot de stanozolol…

Mais passons. En face du dopage, tout le monde ne se trouve pas à égalité. Le sprinteur canadien Ben Johnson (1986) a été barré de la liste de L’Equipe pour s’être dopé en 1988, et Diego Maradona (1987), dont le palmarès de tricheur patenté ne s’arrête pas à l’absorption de stéroïdes et autres produits dopants, puisqu’il utilise « la main de Dieu » pour marquer des buts, restera sans doute inscrit à jamais. Le palmarès des vainqueurs du « sport personality » de Sports Illustrated recèle une fascinante panoplie de dopés et de drogués de la plus belle eau, issus du football américain, du basket et du baseball. Entre le « Walk of Fame » et le « Walk of Shame » athlétiques des USA (et d’ailleurs, malheureusement), la frontière n’est pas nettement tracée.

ON A EU UN PAPE POLONAIS, ET VOICI MAINTENANT UNE PAP POLONAISE

Comme souvent, la lumière nous vient d’un “petit”. L’agence polonaise PAP, n’ayant pas le poids, la réputation d’AP, AFP, ou L’Equipe, a eu l’idée de mettre dans le coup de son élection des champions sportifs, chaque année, toutes les consoeurs, 26 agences sportives européennes. De cette consultation, n’espérez pas une image plus « objective », mais, disons, une intersubjectivité assez intéressante.

  1. Cristiano Ronaldo (Portugal/football), 159 pts
  2. Lewis Hamilton (Grande-Bretagne/ automobilisme/F1), 143
  3. Roger Federer (Suisse/tennis), 124
  4. Rafael Nadal (Espagne/tennis), 113
  5. Sarah Sjoestroem (Suède/natation), 75
  6. Marcel Hirscher (Autriche/ski alpin), 68
  7. Laura Dahlmeier (Allemagne/biathlon), 51
  8.  Mo Farah (Grande-Bretagne/athlétisme), 51
  1. Chris Froome (Grande-Bretagne/cyclisme), 50
  2. Ekaterini Stefanidi (Grèce/athlétisme), 41
  3. Katinka Hosszu (Hongrie/natation), 34.

Les quatre premiers appartiennent aux trois grands sports populaires et professionnels des plus argentés, football, Formule Un automobile et tennis), le premier classé d’un sport olympique est une femme et une nageuse, Sarah Sjöström, et une autre nageuse, Katinka Hosszu se place en 11e position…

On ne sait ce que donnerait un tel sondage si on l’étendait au niveau mondial. J’aime imaginer que Katie Ledecky aurait été bien placée pour triompher, au moins une ou deux fois, ces cinq dernières années…

KATIE LEDECKY DEVIENT POUR LA 2eme FOIS « CHAMPIONNE DES CHAMPIONNES » DE « L’EQUIPE »

Eric LAHMY

Dimanche 31 Décembre 2017

Katie Ledecky est pour la seconde fois la « championne des championnes » de « L’Equipe ». Le quotidien de sport semble avoir bien mesuré le caractère exceptionnel, quelque part unique, de la nageuse américaine, pour l’honorer une seconde fois, en 2017, après l’avoir fait en 2014.

A l’occasion, le magazine propose un article intéressant de Maxime Malet qui a rencontré Katie Ledecky. Il y décrit une Ledecky telle que d’autres témoins nous la racontent, douée sans doute, mais aussi terriblement sérieuse, accrocheuse, et totalement immergée à la fois dans son sport… et dans ses études, un fait qui la distingue de tous les « professionnels » de la natation.

Cet article complète, me semble-t-il, par une touche de vécu et d’actualisation, le sujet que j’avais présenté le 2 juin 2016, la concernant, intitulé Qu’est-ce qui fait Katie Ledecky nager si vite :

http://galaxienatation.com/wp-admin/post.php?post=6335&action=edit

Il est frappant une nouvelle fois, de constater que Ledecky est honorée par un journal omnisports alors que la Fédération Internationale de Natation, pour la quatrième année consécutive, lui a préféré une autre nageuse. Ce fut en 2014, 2015 et 2016 Katinka Hosszu ; c’est maintenant Sarah Sjöström. Ledecky n’avait trouvé grâce auprès de la FINA qu’en 2013. Mais il est manifeste qu’une universitaire, quels que soient ses exploits, quelle que soit l’image qu’elle projette sur ce sport n’intéresse pas des responsables internationaux qui ont décidé que la natation serait professionnelle ou ne serait pas. Ledecky ne se prêtant pas aux jeux de la performance rétribuée (elle perdrait, selon des analystes financiers, 5 millions de dollars de contrats en ayant choisi une carrière universitaire) va à l’encontre de ces choix stratégiques qui représentent un suicide pour ce sport…

L’un des points intéressants soulevé par L’Equipe est le suivant :

« Le paradoxe de cette année 2017, c’est que si l’Américaine n’a jamais semblé aussi forte et aussi complète en matière de distances nagées, elle n’a pas battu de record du monde pour la première fois depuis 2012, et a connu sa première défaite en finale d’un grand Championnat, sur 200 m face à l’Italienne Federica Pellegrini. Le paradoxe dans le paradoxe, c’est qu’elle avait nagé plus vite (d’une demi-seconde) en demi-finales la veille, alors qu’elle venait de disputer la finale du 1 500 m vingt minutes plus tôt.« C’était finalement très intéressant pour nous en tant qu’entraîneurs, sourit Meehan. On essaie d’évaluer si cet échauffement sur 1 500 m lui a permis d’être rapide en demies du 200 m car elle était déjà bien en route, ou si elle a payé en finale du 200 m le lendemain la fatigue accumulée lors de cet enchaînement. On en a parlé, on a appris et on va s’ajuster.»

Autre point assez fascinant. Katie Ledecky, à vingt ans comme à ses débuts, avant même ses dix ans, continue d’inscrire sur des cahiers d’entraînement les temps qu’elle entend réaliser dans l’année, voire dans les années à venir.

« En début de saison, elle se fixe de manière individuelle des want times, des chronos qu’elle souhaite réaliser dans l’année sur chaque distance. La perspective de les atteindre est une immense source de motivation au quotidien. « Là, j’ai déjà une bonne idée de mes want times pour 2020, lâche-t-elle dans un nouveau petit rire. Pour 2017, c’était dur de m’en fixer à la sortie des JO. Je voulais simplement gagner dans toutes les disciplines. Là, je sais où j’en suis. Je peux fixer des temps pour 2020 mais aussi pour 2018 et 2019. J’ai pris quelques années d’avance. »

Ce n’est pas tant le nombre des titres mondiaux (14) enlevés par Katie Ledecky que le fait que ces titres sont de la nage libre, que je tiens pour l’essentiel du programme de natation, que ce sont pour l’essentiel des titres individuels (pour moi les titres de relais ne devraient pas compter), mais surtout qu’ils montrent l’étendue de son registre, puisqu’ils vont du 200 au 1500 mètres (et au 100 mètres par le biais des relais).

Bien entendu, ce n’est de nager du 200 au 1500 qui la rend exceptionnelle (cela est même assez banal), mais bien de détenir des records et de gagner des titres olympiques et mondiaux sur toutes ces distances ! Si l’on remonte dans l’histoire de la natation mondiale, on trouve relativement peu de nageuses qui en ont fait de même : Gertrude Ederle, américaine des années 1920, Hélène Madison, américaine des années 1930, Ragnhild Hveger, Danoise des années 1940, Lorraine Crapp, Australienne, en 1956, Debbie Meyer (1968), Shane Gould, Australienne, 1971-1973) ; sans le dopage des Allemandes, de l’Est, Shirley Babashoff (1972-1976), une autre Américaine, en aurait sans doute fait autant…

Précisons que Lorraine Crapp et Shane Gould avaient ajouté à leurs palmarès le record du 100 mètres…

Il convient quand même de noter que la domination de Katie Ledecky, aujourd’hui, est plus difficile à réaliser que dans le passé, surtout aux tous débuts du sport, quand les piscines étaient rares et la natation peu pratiquée.

Cela en fait une nageuse unique. Il faut remonter à 40 années pour trouver l’équivalent de Ledecky, dans l’Australienne Shane Gould, laquelle, dans un contexte moins difficile certes, seuls les USA et l’Australie développaient des programmes importants de natation, établit des records du monde dans toutes les courses, du 100 mètres au 1500 mètres. Sous cet angle, le registre de Gould était plus impressionnant que celui de Ledecky, et seule depuis, Shirley Babashoff a réussi à dominer le demi-fond en tant très compétitive sur l’épreuve de sprint prolongé qu’est le 100 mètres. En revanche, Shane Gould n’avait pas su durer…

Comment s’explique l’étendue du registre de l’Américaine ? Par l’impressionnante supériorité qui est la sienne sur ses distances fétiches, dont on ne peut dire s’il s’agit plutôt du 400, du 800 ou du 1500 mètres. Katie Ledecky a tellement poussé sa supériorité sur 400 mètres, améliorant de quatre secondes le record du monde en maillot de bain (l’Italienne Pellegrini, précédente recordwoman du monde, avait bénéficié des combinaisons de polyuréthane), avait gagné en vitesse de base de quoi inquiéter les nageuses de la distance inférieure. C’est un schéma classique, chez les nageurs de demi-fond (comme d’ailleurs chez les athlètes, les cyclistes, les patineurs de vitesse), et dans le cas de Ledecky, il eut été paradoxal qu’elle dispose d’une telle avance sur 400 mètres sans tirer son épingle du jeu sur la distance inférieure.

Je ne sais pas si cette particularité a été étudiée scientifiquement. De façon purement empirique, je dirai que la possibilité d’exceller sur  plusieurs distances est accentuée par une caractéristique de la natation. C’est un sport porté. En raison de la poussée d’Archimède, le corps ne pèse guère, dans l’eau, qu’une faible partie du poids qu’il accuse sur terre (entre 5 et 10 kilo, en fonction entre autres de la vitesse à laquelle coule un homme les poumons vides).

En outre, l’essentiel de la traction du corps du nageur se fait par les bras, dont les masses musculaires sont faibles, alors que le coureur à pied utilise essentiellement les plus gros muscles du corps (cuisses et fessiers) pour se mouvoir. Enfin la natation est un sport couché, qui plus est dans l’eau. Tous ces détails jouent dans le sens d’un ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie). La fatigue cardiaque est donc moindre dans la nage, ce qui permet au nageur de maintenir sa vitesse à mesure que la distance parcourue augmente. En fait, pour le nageur (au moins le nageur jeune et correctement entraîné), c’est la fatigue asphyxique, plus que la fatigue cardiaque, qui est le facteur limitant de la performance.

On peut le constater quand on compare les records des distances dont les temps d’effort correspondent plus ou moins, 400 mètres et 800 mètres nage libre d’un côté, 1500 mètres et 3000 mètres course à pied de l’autre. 

Les records mondiaux de ces épreuves sont, en nage libre, au 400 : 3’56s46 (Katie Ledecky) ; au 800 : 8’4s79 (Katie Ledecky). En course à pied , au 1500 : 3’50s07 (Genzebe Dibaba) ; au 3000 : 8’6s11 (Wang Junxia).

Comme on le voit ci-dessous, la perte de vitesse au niveau des records du monde féminins fait que si le 400 mètres dames est nagé 6s39 MOINS VITE que le 1500 mètres en course à pied, sur les distances doubles, la nageuse de 800 termine son effort 1s39 AVANT la coureuse de 3000 mètres…

Ou, si l’on préfère, la perte de vitesse de la distance à la distance double est de 11s87 en natation (du 400 au 800) en natation et de 25s97 (du 1500 au 3000) en athlétisme.

Cela n’ôte rien au caractère exceptionnel du talent de Ledecky, dont ne sait pas, d’ailleurs, quelles pourraient être les limites sur 5 kilomètres, la distance la plus courte du programme d’eau libre. On ne le saura vraisemblablement jamais, car l’intéressée a fait s’avoir qu’elle… n’était pas intéressée.

Les eaux du bassin font pour l’instant son bonheur. Mais, à vingt ans, elle a tout le temps de changer d’avis.

(à suivre – prochain article : « de Katie Ledecky à la comédie des sportifs de l’année »).

LAUREN BOYLE, PASSEE COACH, ANALYSE LES FAIBLESSES DE LA NATATION NEO-ZELANDAISE

LAUREN BOYLE, PASSEE COACH, ANALYSE LES FAIBLESSES DE LA NATATION NEO-ZELANDAISE

Eric LAHMY

Mardi 26 décembre 2017

Le 22 décembre, une équipe néo-zélandaise de dix-neuf éléments (dont deux plongeurs) a été sélectionnée en vue des Jeux du Commonwealth. Malgré l’optimisme des entraîneurs et des accompagnateurs, on ne saurait s’attendre à plusieurs médailles pour les Kiwis. Depuis dix ans, les chances néo-zélandaises de podium avaient un nom, Lauren Boyle. A trente ans, suite à une blessure, elle s’est retirée de la compétition…

…Lauren Boyle, une ancienne championne du Commonwealth (sur 400 mètres en 2014), spécialiste du demi-fond et meilleur représentant néo-zélandais de natation des deux sexes, ces dernières olympiades, est passée entraîneur.

Boyle est une nageuse d’exception dans un pays qui, malgré sa proximité avec l’Australie, n’en produit guère beaucoup. Dans la lignée de Danyon Loader, double champion olympique, de Jean Stewart-Hurring et de Rebecca Perrott, rares médaillés dans les compétitions internationales, elle n’a pas attendu plus de quatre mois après sa retraite sportive pour replonger, non plus dans l’eau, mais le long de la plage des bassins de natation.

Trente ans, était-ce la limite d’âge ? On ne dirait pas. La cause de son départ à la retraite est une (assez rare chez les crawleurs) blessure à une hanche qui avait entravé sa préparation à l’approche des Jeux de Rio, exigé une opération et l’empêchait, a-t-elle expliqué, de nager au niveau qu’elle ambitionnait.

Boyle, en fait, est désormais une employée  de la Commonwealth Bank d’Australie, à Auckland ; elle reste en relation avec son sport de prédilection en tant que mentor de l’équipe « Jet Star Super Swim », qui accueille les jeunes nageurs les plus prometteurs de la plus grande zone urbaine de Nouvelle-Zélande.

Le terme de retraite, pour un nageur professionnel, n’a pas le même sens que pour un travailleur classique. La retraite à vingt-neuf ans ans ne laisse pas de moyens d’existence, sauf si l’on s’appelle Michaël Phelps, dont la fortune est estimée à 79 millions de dollars (source : David Long, Sunday Star Times), ce qui, à condition de ne pas dilapider et de judicieusement investir, permet d’aller jouer au golf et de voir venir.

Lauren Boyle n’était pas une nageuse précoce, un phénomène à la Katie Ledecky, Missy Franklin, Ian Thorpe ou encore Michaël Phelps. « Je n’ai jamais été si forte que ça », dit-elle, et a beaucoup nagé avant, à 14 ans, de battre ses records de jeunes néo-zélandais. Elle a construit l’essentiel de son palmarès à vingt ans passés, ce qui est rare en natation. Malgré son mètre quatre-vingt-trois, elle fait assez fragile (avec 67kg). Souvent malade ou blessée, elle admet avoir été poussée par sa passion.

Lui parle-t-on de l’ennui de nager ? Elle réfute l’argument. « Jeune, dit-elle à Stuff, un site néo-zélandais d’informations, tant de choses se passent, pas le temps de s’ennuyer. Au niveau de l’élite, l’intensité chasse tout sentiment d’ennui. Au plus haut niveau international, peu de choses séparent l’échec du succès. On est donc tout le temps dans l’intensité, en train de surveiller ce qui se passe, comment tu te meus dans l’eau, où en sont tes rotations. Quand ton cerveau fonctionne, pas de place pour l’ennui. »

Cette tête bien pleine qui ne pense pas qu’en nageant lui vaut d’avoir décroché un diplôme de business de l’Université de Berkeley, en Californie. Après les Jeux de Londres, à 24 ans, elle hésite au sujet de son avenir. Elle continue et, à 26 ans, elle obtint ses résultats les plus brillants, aux championnats du monde de Barcelone : trois médailles de bronze, sur 400, 800 et 1500 mètres. L’or étant enlevé les trois fois par Ledecky, l’argent par Melanie Costa sur 400, par Lotte Friis sur 800 et 1500 !

En 1974, c’était le titre sur 400 mètres aux Jeux du Commonwealth. En 2015, à Kazan, elle se mélangeait les pinceaux sur 400, par manque flagrant de vitesse, mais enlevait deux fois l’argent, sur 800 et 1500 mètres, effaçant en outre deux records océaniens… La  blessure aux hanches suivrait de près.

Le départ de Boyle a été durement ressenti par la natation néo-zélandaise. D’abord parce que la fille, quand elle était en bonne santé, signifiait : espoir de médailles. Ensuite parce qu’ « une réduction financière significative » des fonds affectés à la Fédération néo-zélandaise de natation (Swimming New Zealand) a suivi presque directement la blessure à la hanche de Lauren Boyle et par les contre-performance olympiques qui s’en sont ensuivies, à Rio. Pour faire court, la dotation gouvernementale à la natation passa de $1,3 million à $900.000.

…Un seul être vous manque…

Interrogée au sujet de l’équipe néo-zélandaise actuelle, Boyle n’a pas caché que les succès n’étaient pas possibles sans aide financière aux nageurs… et que la façon dont cette aide fonctionne pose un problème complexe.

“On ne peut réussir sans argent – un bon nageur avec beaucoup de talent peut surgir des rangs dans le secondaire et recevoir une bourse d’études aux USA. Une fois que vous êtes 12e au monde dans votre épreuve individuelle, alors vous pouvez recevoir une aide, la PEG (Performance Enhancement Grant), que vous attribue le High Performance Sport de Nouvelle-Zélande. Il s’agit d’un fonds omnisport. Si vous regardez le mode de fonctionnement du High Performance Sport New Zealand, est-il imparfait ? Le concept est bon. La structure pyramidale est nécessaire. L’argent part du High Performance Sport NZ vers les organisations sportives nationales, et s’il y a des problèmes à ce niveau, comme un manque de managers de qualité ou de décideurs, alors, je ne sais pas, il peut y avoir là des problèmes. »

A ce second niveau, la question, ajoute-t-elle, est une question d’équilibre : « Si vous ne coupez pas les ressources destinée à l’entraînement, alors, devez-vous couper du côté des fonds de l’administration ? Le sport néo-zélandais semble avoir le chic pour bâtir une infrastructure qui sert l’institution au moins aussi bien que les « clients » que sont les athlètes. Selon moi, on devrait couper dans les ressources managériales, et non pas dans l’interface piscine, mais c’est difficile. »

Un autre souci, toujours selon elle, nait dans l’approche insulaire du sport Kiwi. « M’est avis qu’on n’est pas une meilleure nation de natation parce que la culture sportive n’est pas devenue globale. Même si le monde est devenu petit maintenant, en termes de portée technologique, au niveau du sport, la Nouvelle-Zélande est assez insulaire. Le sport au quotidien nous donne un assez bel aperçu de cette culture. Les jeux d’équipe sont plus prisés que les sports individuels. Je pense que les media de Nouvelle-Zélande ont une mentalité presque exclusive. Je ne regarde pas trop la télé, mais si je me tourne vers les nouvelles du soir, la couverture du sport, c’est, vous savez, Andrew Saville avec ses trois histoires de rugby. Ces infos sont dominées par ce qui se passe au niveau régional, et un peu par quelques nouvelles de rugby international. C’est très étroit et je pense que cela affecte les autres sports. La natation est un sport global extrêmement compétitif, j’imagine que les media ne s’y intéressent pas et les familles néo-zélandaises n’y sont pas exposées. » 

« Les Néo-Zélandais idolâtrent les rugbymen, beaucoup de gens veulent être de grands joueurs de rugby et cela draine beaucoup de talents en-dehors de la natation et des autres sports. Mon ambition de nageuse vint de ce que je vis Danyon Loader gagner ses médailles d’or aux Jeux olympiques, il y a donc eu là quelque chose né du fait de voir un autre Kiwi gagner. Quand les media ne couvrent pas les événements, il n’y a pas d’argent. Imaginez Lydia Ko (néo-zélandaise, phénomène du golf, numéro un mondiale à 14-15 ans) nageuse. Les choses seraient différentes. »

Lauren Boyle a sans doute raison. Cette grande nageuse n’a pas volé son diplôme de business. Mais l’expérience néo-zélandaise nous parait moins limitée qu’elle ne le dit. En changeant certains paramètres (et par exemple le mot rugby par le mot football), son analyse pourrait ainsi servir dans un pays qui affecte une forme hexagonale.

MILITAIRES : LE BRESIL DOMINE A DOMICILE, AUBRY ET BOUSQUIN CHAMPIONS DU MONDE

MILITAIRES : LE BRESIL DOMINE A DOMICILE, AUBRY ET BOUSQUIN CHAMPIONS DU MONDE

Eric LAHMY

Mardi 26 Décembre 2017

Première : les 49e championnats du monde militaires de natation (traditionnellement organisés par le Conseil International du Sport Militaire (CISM) se sont tenus au Brésil, dans des installations érigées pour les Jeux de Rio de Janeiro en 2016 par le Commissariat des Sports Aéronautiques . Ils ont opposé 131 nageurs des pays suivants : Allemagne, Brésil, Canada, France, Inde, Irak, Luxembourg, Pologne, Russie, Sri Lanka, Suisse et Ukraine.  

L’équipe de France ? Chef de mission, commandant Henri Duval, capitaine d’équipe Xavier Colomba, entraîneurs Loïc Cordonnier (adjudant) et Fabienne Charlopin, médecin Claire Richefort. Dix-huit nageurs, Oleg Garasymovitch,  Jean Dencausse, Alexandre Derache, Florian Truchot, Marc-Antoine Olivier, David Aubry, Guillaume Judes, Gaëtan Droguet, Yannick Chatelain, Hugo Deplanque, Anouchka Martin, Lena Bousquin, Camille Gheorghiu, Solène Gallego, Karine Bilski, Elodie Georges, Audrey Lombard et Anaëlle Quilliec.

A noter les victoires des Français David Aubry, vainqueur d’un 400 mètres très disputé contre le Brésilien Lopes, et de Lena Bousquin, ex-aequo sur 50 libre avec Etiene Medeiros, ainsi que du « quatre nageur » suisse Jeremy Desplanches, entraîné à Nice par Fabrice Pellerin. Le Brésil a largement dominé les compétitions, enlevant huit courses individuelles masculines et huit courses féminines, soit la moitié des épreuves, ainsi que les relais.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Gabriel Silva Santos, Brésil, 22s20 ; … Florian Truchot, France, 23s14.

100 libre : 1. Padro Henrique Silva Spajari, Brésil, 48s25 ; 2. Kacper Majchrzak, Pologne, 48s36

200 libre : 1. Kacper Majchrzak, Pologne, 1’47s18 ; … 4. David Aubry, France, 1’50s06 ; 5. Alexandre Derache, France, 1’50s35..

400 libre : 1. David Aubry, France, 3’49s76 ; 2. Luis Altamir Lopes Melo, Brésil, 3’49s83; … 5. Marc-Antoine Olivier, France, 3’51s71.

1500 libre : 1. Guilherme Da Costa, Brésil, 15’3s35 ; 2. Marc-Antoine Olivier, France, 15’4s84 ; 3. Sergii Frolov, Ukraine, 15’7s55; 4. David Aubry, France, 15’10s36.

50 dos : 1. Tomasz Polewka, Pologne,  25s01 ;… 6. Oleg Garasymovitch, France, 26s67.

100 dos : 1. Tomasz Polewka, Pologne,  54s62.

200 dos : 1. Leonardo De Deus, Brésil, 1’58s58.

50 brasse : 1. Joao Luiz Gomez Jr, Brésil, 26s80.

100 brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 1’0s20.

200 brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 2’9s12 ; 2. Oleg Kostin, Russie, 2’11s30 ; 3. Yannick Käser, Suisse, 2’11s51 ;… 5. Jean Dencausse, 2’17s34. 

50 papillon : 1. Henrique De Souza Martins, Brésil, 23s06 ; 2. Vlacheslav Prudnikov, Russie, 23s67.

100 papillon : 1. Henrique De Souza Martins, Brésil, 51s64 ; 2. André Pakhomov, Russie, 52s39.

200 papillon : 1. Leonardo De Deus, Brésil, 1’55s61 ; 2. Luiz Altamir Lopes Melo, Brésil, 1’57s29.         

200 4 nages : 1. Jeremy Desplanches, Suisse, 1’57s85.

400 4 nages : 1. Jeremy Desplanches, Suisse, 4’14s49; 2. Brandon Pierri Cruz de Almeida, Brésil, 4’16s84.

DAMES.- 50 libre : 1. Etienne Medeiros, Brésil, et Lena Bousquin, France, 25s35 ; 3. Anouchka Martin, France, 25s63.

100 libre : 1. Larissa Martins Oliveira, , Brésil, 55s70 ; 2. Manuella Lyrio, Brésil, 55s75 ; … 5. Lena Bousquin, France, 56s20.  

200 libre : 1. Manuella Lyrio, Brésil, 1’58s82.

400 libre : 1. Gabriella Gonçalves Roncatto, Brésil, 4’13s00.

800 libre : 1. Gabrielle Gonçalves Roncatto, Brésil, 8’49s00.

50 dos : 1. Etiene Pires Medeiros, Brésil, 28s04; 2. Lisa Graf, Allemagne, 29s; 3. Camille Gheorghiu, France, 29s06.

100 dos : 1. Etiene Medeiros, Brésil, 1’0s71; 2. Lisa Graf, Allemagne, 1’0s82; 3. Camille Gheorghiu, France, 1’2s73.

200 dos : 1. Lisa Graf, Allemagne, 2’12s51.

50 brasse : 1. Jhennifer Alves Conceicao, Brésil, 30s58; 2. Mariia Liver, Ukraine, 31s02.

100 brasse : 1. Maria Temnikova, Russie, 1’9s03.

200 brasse : 1. Maria Temnikova, Russie, 2’27s31.

50 papillon : 1. Svetlana Chimrova, Russie, 26s29.

100 papillon : 1. Svetlana Chimrova, Russie, 57s76.

200 4 nages : 1. Viktoria Andreeva, Russie, 2’14s22.

CHAMPIONNATS BRITANNIQUES : TAYLOR RUCK EN POINTE A SHEFFIELD

Lundi 25 décembre 2017

Le grand bassin de Ponds Forge, à Sheffield, n’a pas effrayé les nageurs britanniques qui ont disputé les championnats petit bassin entre le 13 et le 17 décembre. Mais c’est une Canadienne, Taylor Ruck, qui s’y est distinguée, y gagnant toutes les courses qu’elle s’était proposé de disputer, sauf sur 200 libre où, menée de bout en bout par Eleanor Faulkner, elle ne put lui reprendre la totalité de son avance au sprint. Taylor Ruck a finalement enlevé 100 libre, 100 et 200 dos

MESSIEURS.- 400 libre : 1. Jay Lelliott, Sheffield, 4’47s85; 2. Timothy Shuttleworth, Loughboro, 3’50s25. 1500 libre : 1. Jay Lelliott, Sheffield, 15’10s22; 2. Tom Derbyshire, Bath, 15’13s21. 100 dos : 1. Luke Greenbank, Loughboro, 54s58; 2. Chris Walker-Hebborn, Bath, 54s61. 50 brasse : 1. James Wilby, Loughboro, 27s58 ; 2. Lawrence Palmer, Putteridge, 27s71. 100 brasse : 1. James Wilby, Loughboro, 59s95. 200 brasse : 1. James Wilby, Loughboro, 2’10s28; 2. Andrew Willis, Bath, 2’11s10. 200 papillon : 1. James Guy, Bath, 1’56s66 ; Jacob Peters, Poole, 1’57s16.

DAMES.- 100 libre : 1. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 52s96; 2. Anna Hopkin, Bath, 54s76; 3.Eleanor Faulkner, Sheffield, 54s88. 200 libre : 1. Eleanor Faulkner, Sheffield, 1’56s76; 2. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 1’56s91. 400 libre : 1. Eleanor Faulkner, Sheffield, 4’6s90; 2. Holly Hibbott, Stockport, 4’7s20. 100 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 1’0s09; 2. Jessica Fullalove, Bath, 1’0s65; 3. Kayla Sanchez, Ontario, CAN, 1’0s94; 4. Chloe Golding, Manchester, 1’1s22. 200 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 2’6s87; 2. Chloe Golding, Manchester, 2’9s93. 50 brasse : 1. Imogene Clark, Loughboro, 30s62. 200 brasse : 1. Kiera Smith, Ontario, 2’24s09 ; Molly Renshaw, Loughboro, 2’24s71: 3. Abbie Wood, Loughboro, 2’26s72. 100 papillon : 1. Rebecca Smith, Ontario, CAN, 58s18. 200 4 nages : 1. Aimee Willmott, Stirling, 2’12s05; 2. Abbie Wood, Loughboro, 2’12s49. 400 4 nages : 1. Aimee Willmott, Stirling, 4’36s89 ; 2. Rosie Rudin, Sheffield, 4’39s95; 3. Abbie Woord, Loughboro, 4’40s30.

AF’ SUD: LE CLOS ET VAN DER BURGH QUALIFIES POUR LES COMMONWEALTH GAMES

Lundi 25 décembre 2017

Aux championnats d’Afrique du Sud qui se sont tenus à Durban pendant six jours, 29 filles et garçons, ont réalisé les minima requis pour entrer dans l’équipe nationale pour les Jeux du Commonwealth. Ils représentent 47 engagements

Les seuls nageurs de gros calibre international sud-africain restent Chad Le Clos, qualifié sur 100 et 200 mètres en nage libre et en papillon, et Cameron Van Der Burgh, le champion olympique 2012 du 100 brasse, a assuré sa présence sur 50 et 100 brasse.

La natation sud-africaine est constamment menacée dans ses programmes, en raison des coupes effectuées par le gouvernement. Les nageurs paient souvent une grande partie de leurs déplacements, et plusieurs d’entre eux n’ont pu honorer leurs sélections en raison des coûts. C’est ainsi que la plupart des sélectionnés sud-africains n’avaient pas effectué le déplacement pour les mondiaux de Kazan, en 2015…

…Duné Coetzee, 15 ans, protégée de Karin Prinsloo et l’un des espoirs de la natation sud-africaine, s’est qualifiée dans trois courses…

Calvyn Justus – 100m dos M (55s57)

Calvyn Justus – 100m libre M (50s35)

Ayrton Sweeney – 200m brasse M (2’11s64)

Ayrton Sweeney – 400m quatre nages M (4’16s53)

Ayrton Sweeney – 200m quatre nages M (2’1s64)

Erin Gallagher – 100m papillon D (58s93)

Erin Gallagher – 50m libre D (25s35)

Erin Gallagher – 100m libre D (54s93)

Brent Szurdoki – 400m libre M (3’53s24)

Brent Szurdoki – 1500m libre M (15s30s83)

Cameron van der Burgh – 100m brasse M (59s89)

Michael Houlie – 100m brasse M (1’1s98)]

Mariella Venter – 100m dos D (1’2s55)

Chad le Clos – 200m libre M (1’48s28)

Chad le Clos – 200m papillon M (1’58s01)

Chad le Clos – 100m libre M (49s74)

Chad le Clos – 100m papillon M (52s43)

Jarryd Baxter – 200m libre M (1’50s79)

Jarryd Baxter – 200m dos M (1’59s65)

Jarryd Baxter – 200m quatre nages M (2’0s99)

Emma Chelius – 50m libre D (25s66)

Emma Chelius – 100m libre D(56s53)

Olivia Nel – 50m libre D (26s06)

Duné Coetzee – 200m libre D (2’2s68)

Duné Coetzee – 200m papillon D (2’12s52)

Duné Coetzee – 400m libre D (4’14s53)

Luan Grobbelaar – 400m quatre nages M (4’22s58)

Tatjana Schoenmaker – 200m brasse M (2’26s46)

Tatjana Schoenmaker – 100m brasse M (1’7s89)

Kaylene Corbett – 200m brasse M (2’29s18)

Kaylene Corbett – 100m brasse M (1’9s57)

Emily Visagie – 200m brasse M (2’29s46)

Eben Vorster – 200m papillon M (1’59s88)

Marlies Ross – 200m quatre nages M (2’17s33)

Leith Shankland – 100m libre M (50s51)

Nathania van Niekerk – 200m dos M (2’14s75)

Ryan Coetzee – 100m papillon M(52s92)

Ryan Coetzee – 50m libre M (22s33)

Daniel Ronaldson – 100m papillon M (53s71)

Kate Beavon – 800m libre D (8’49s16)

Kristin Bellingan – 800m libre D (8’49s51)

Kristin Bellingan – 400m libre D (4’17s74)

Martin Binedell – 200m dos M (1’59s59)

Douglas Erasmus – 50m libre M (22s90)

Brad Tandy – 50m libre M (22s33)

Armand Maritz – 50m libre M (23s25)

Neil Fair – 200m quatre nages M (2’4s28)

CHAMPIONNATS NEERLANDAIS: FERRY WEERTMAN DESCEND DE SES 10 KM : 200, 400 et 1500 METRES

Lundi 25 décembre 2017

Absence des meilleurs nageurs néerlandais, pris par le meeting de Lausanne, à Hoofddorp où se sont tenus du 21 au 23 décembre les championnats des Pays-Bas. De ce fait, pas de performances notables au plan international. Le fait le plus remarquable reste la triple victoire, sur 200, 400 et 1500 mètres, de Ferry Weertman, le champion olympique (à Rio de Janeiro) et du monde (à Budapest) du 10 kilomètres, squi enlève les 200, 400 et 1500 mètres

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Jesse Puts, Aquarijn, 21s43. 100 libre : 1. Ben Schwietert NTC – ZPC AMERSFOORT , 48s63. 200 libre : 1. Ferry Weertman, NTC – De Otters het Gooi, 1’46s52. 400 libre: 1. Ferry Weertman, NTC – De Otters het Gooi , 3’44s38; 2. Luc Kroon, RTC – Ed-Vo, 3’48s81 (record 15 ans). 800 libre : 1. Marcel Schouten, NTC – PSV, 7’58s65. 1500 libre : 1. Ferry Weertman,  NTC – De Otters het Gooi , 15’6s31.

50 dos : 1. Ensger Kotterink, Albion d’ELFT (SG), 24s46. 100 dos : 1. Ensger Kotterink, Albion d’ELFT (SG), 53s15. 200 dos : 1. Jari Groenhart, RTC – TriVia, 1’55s85. 50 brasse : 1. Ties Elzerman, De Dolfijn, 26s74. 100 brasse : 1. Ties Elzerman, De Dolfijn, 59s78. 200 brasse : 1. Arno Kamminga, NTC – De Dolfijn, 2’6s20. 50 papillon : 1. Jesse Puts, Aquarijn, 23s15. 100 papillon : 1. Joeri Verlinden, PSV, 50s78. 200 papillon : 1. Maarten Brzoskowski, NTC – PSV, 1’57s33. 100 4 nages : 1. Kyle Stolk, NTC – PSV, 53s38. 200 4 nages : 1. Kyle Stolk NTC – PSV, 1’57s14. 400 4 nages : 1. Arjan Knipping, PSV, 4’9s21.

DAMES.- 50 libre : 1. Valerie Von Roon, NTC – WVZ, 24s57. 100 libre : 1. Marrit Steenbergen, NTC – DZ&PC, 53s78. 200 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 1’56s33. 400 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 4’7s63. 800 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 8’32s77. 1500 libre : 1. Serena Stel, RTC – De Dolfijn, 16’37s37. 50 dos : 1. Marieke Tienstra, RTC – TriVia, 27s54. 100 dos : 1. Marieke Tienstra, RTC – TriVia, 59s70. 200 dos : 1. Tessa Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 2’6s40. 50 brasse : 1. Tes Schouten NTC, 30s90 (record 17 ans). 100 brasse : 1. Tes Schouten, NTC – WVZ, 1’7s16 (en séries, 1’6s81, record 17 ans). 200 brasse : 1. Tes Schouten, NTC – WVZ, 2’27s09. 50 papillon : 1. Elinore de Jong, The Hague Swimming (SG), 26s11. 100 papillon : 1. Elinore de Jong, The Hague Swimming (SG), 56s96. 200 papillon : 1. Kinge Zandringa, NTC – De Dolfijn, 2’12s10. 100 4 nages : 1. Marrit Steenbergen NTC – DZ&PC, 59s61.  200 4 nages : 1. Marjolein Delno, NTC – VZC, 2’11s60. 400 4 nages : 1. Lotte Hosper , RTC – Racing Club, 4’51s47.

GREGORIO PALTRINIERI CHEZ MACKENZIE HORTON : ET MAINTENANT, QUOI ?

Eric LAHMY

Dimanche 24 Décembre 2017

Nicole Jeffery, journaliste de « The Australian », expliquait le 11 octobre dernier comment Gregorio Paltrinieri et Mackenzie Horton ont décidé de s’entraîner ensemble, moitié par sympathie partagée, moitié parce qu’ils conçoivent leur relation comme une collaboration.

La compétition est-elle conseillée à l’entraînement ? Sans doute. Pourtant, selon le dicton, on ne doit pas laisser deux crocodiles dans le même marigot…

Entre le champion olympique du 1500 mètres et celui du 400 mètres, à Rio, en 2016, la concurrence leur parait sans doute nécessaire au quotidien. Elle seule leur permet de se dépasser…

L’une des tentations d’un nageur de compétition revient à se préparer seul (ou sans adversaires à sa mesure, ce qui revient au même) dans son coin afin de créer la surprise. Il y a aussi que souvent, la jalousie s’en mêle (et les filles, surtout, y sont sujettes). L’isolement parait de plus en plus difficile, parce que la possibilité de disposer d’un « coup d’avance » sur les autres s’est considérablement rétrécie à notre époque.

Un entraîneur ne peut plus disposer d’une arme secrète, alors que dans le passé, il restait tant à découvrir que des coaches astucieux et réfléchis pouvaient développer des techniques novatrices : un truc en plus, du jamais vu.

Ces trouvailles qui conduisaient la progression de la natation pouvaient se situer dans bien des domaines : l’allongement des distances parcourues, l’intensité, la part entre aérobie et anaérobie, la science des intervalles de repos dans le fractionné, l’utilisation de méthodes de musculation, d’athlétisation le plus souvent de préparation à sec innovatrices, l’altitude, des techniques qui pouvaient être psychologiques, visualisation, hypnotisme, et, bien entendu, l’évolution de la forme de nage…

L’une des caractéristiques du champion tient dans la confiance en soi. C’est cette confiance, ajoutée au fait que s’entraîner seul, à l’année, n’est plus envisageable, psychologiquement, quand la préparation prend huit heures par jour, qui le pousse à envisager de partager son entraînement avec un concurrent. D’ailleurs, un entraîneur ne peut se dédier à un seul nageur.

L’aventure d’Horton et de Paltrinieri vient de ce que ces deux garçons (et aussi Gabriele Detti), après s’être entrebattus de manière acharnée en compétition, se sont quand même appréciés. Alors qu’Horton faisait monter la pression avec le Chinois Sun Yang, guère aimé en Australie surtout pour s’être dopé, après avoir été avec son équipe accueilli en Australie (contre rétributions il est vrai), les relations avec les Italiens passèrent au beau fixe et s’y sont maintenus.

Greg et Mack deviennent copains à Melbourne où l’Italien vient nager un mois ou deux de 2014 chez Craig Jackson.

GREG PENSE PLUS AUX DIX KILOMETRES, MACK PLUS AU DEUX CENTS METRES.

Jackson, ancien nageur et coach sud-africain – une nation qui perd tous ses bons entraîneurs en raison du manque d’équipements et de moyens, enseigne depuis 2008 au club Vicentre de Melbourne. Paltrinieri, comme Horton, a apprécié cette préparation commune, Mack plus rapide, Greg infatigable…

Les mois qui suivent, Ils continuent de dialoguer par le biais d’Internet. Quand on est autant adversaires qu’ils le sont, on dit « ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. » Et pourtant… Paltrinieri, après les Jeux de Rio, où l’un enlève le 400, l’autre le 1500, invite Horton à finir l’été dans sa famille, du côté de Naples. Ils hantent la côté amalfienne, journées à la plage ou en mer, soirée en discothèques.

Ces bonnes relations semblent évidentes à l’arrivée du 1500 mètres des championnats du monde de Budapest, que Paltrinieri gagne après un duel serré contre Mykhailo Romanchuk, devant Horton et Gabriele Detti. A l’issue de la course, les Italiens et l’Australien sont contents de se congratuler dans l’eau…

Citant le coach (de Paltrinieri et Detti) Stefano Morini, à la fin de l’été 2016, Stefano Arcobelli, chroniqueur italien, poétise et « lyricise » cette relation : « La différence de Paltrinieri avec Horton est toute ici : Greg pense plus aux dix kilomètres, Mack plus au deux cents mètres. Dans cet accordéon de distances triomphe l’amitié de deux talents d’un or précieux, lancés dans quatre années royales. Aujourd’hui dans le royaume de Naples, est la diarchie Greg&Mark, les nice guys. »

L’amitié est une chose. L’intérêt bien compris en est un autre. Je ne sais si Mack a besoin de Greg et vice-versa. Mais l’Italien décide de tenter une aventure australienne.

Dans le quotidien The Australian, Nicole Jeffery dénoue les ficelles de cette relation intéressée, côté Horton : « en fait, Horton espère que l’expérience fera de Paltrinieri un meilleur nageur, pas un nageur tellement bon qu’il ne pourra pas le battre. Le grand désir d’Horton est de voir la couronne du 1500 mètres revenir à l’Australie, et dans son esprit, s’entraîner en compagnie de Paltrinieri l’aidera à achever cette tâche. »

Le site Swim Swam présente le travail de Craig Jackson à travers le « développement » de Mackenzie Horton nageur, dans un article de septembre 2016 signé Jeff Grace dont la référence est :

https://swimswam.com/jackson-discusses-development-olympic-champion-mack-horton/

 

COMME SOUVENT DESORMAIS, DES EQUIPES ENTIERES SUIVENT LES NAGEURS

Outre les débuts de Mack à Vicentre, juste avant son treizième anniversaire, après que Craig ait soupçonné son potentiel dans une course où il avait pourtant été battu, on a droit à un court aperçu de sa carrière internationale, qui débute précocement à quinze ans.

Horton dispose, selon Jackson, d’un fort bagage mental, indispensable pour les nageurs de long (ce qui n’étonnera personne). Horton nage deux fois les lundis, mardis, jeudis, vendredis, une fois les mercredis, samedis. Du lundi au vendredi, il exécute soit une séance de « gym » (lundi, mercredi, vendredi), soit un Pilates (mardi, jeudi). Les distances hebdomadaires parcourues avoisinent 60 à 65 kilomètres avec des pointes de 70 kilomètres et au contraire 40 kilomètres dans les phases d’affûtage. Comme souvent désormais, des équipes entières suivent les nageurs, travail de force et de condition physique avec des spécialistes de l’Institut des Sports de l’Etat de Victoria, de technique avec une biomécanicienne travaillant notamment sur les virages et les coulées, que Jackson a baptisées « la cinquième nage » ; certaines séances sont filmées pour mesurer l’efficacité technique. Des exemples de séances, où la cadence et le nombre d’attaques de bras, sont également donnés.  

Qu’est-ce qu’un régime pareil peut apporter à Paltrinieri ? Un changement. L’Italien, nage, nage et nage encore. Autour de 19 kilomètres par jour, 100 kilomètres par semaine, lit-on dans La Gazzetta dello Sport du 19 avril 2016. Pas de diversité dans son programme : « demain, je sais que ce sera la même chose. » La seule variante, c’est les jours où l’antidopage le réveille (à partir de six heures). Il ne s’agit pas d’une grosse surprise, puisqu’avant les Jeux, des mois durant, il a été inspecté en moyenne une fois la semaine et jusqu’à six fois par mois…

LE CENTRE DE L’ORGUEIL D’UN CHAMPION SE SITUE DANS LA CONVICTION QUI L’HABITE DE SA SUPERIORITE.

A l’entraînement, depuis octobre, le rapport de forces entre les deux répond aux qualités démontrées en compétitions. Quand c’est court, le champion olympique du 400 triomphe. Au sol, en gym, dans les séances de Pilates, Paltrinieri peut finir ridicule. Mais lorsque le kilométrage augmente, le roi du 1500 prend sa revanche… Horton : « Il me tanne dans tous les entraînements de distance. Il est infatigable et nos forces sont les faiblesses de l’autre, et c’est pourquoi il est bon pour nous de s’entraîner ensemble. »

Les entraînements communs de deux géants pourraient faire l’objet d’un passionnant article à eux seuls. Dans le passé, en effet, quand des tempéraments dominateurs se sont trouvés réunis pour le meilleur (et parfois pour le pire), cela a toujours produit des étincelles. Cela a été Weissmuller contre Borg (années 1920), Rose contre Konrads, puis contre Yamanaka, puis contre Saari (1950-60), Schollander contre Spitz (1970), Shaw contre Furniss (1970), Popov contre Klim (1990), Phelps contre Thorpe et Hackett (2000)… Intenses affrontements d’egos.

Le centre de l’orgueil d’un champion se situe dans la conviction qui l’habite de sa supériorité. Aussi Paltrinieri et Horton se plaisent-ils à s’entre-déchirer dans leurs entraînements : « Je veux le battre, dit encore Horton à notre consoeur, mais j’espère aussi qu’il puisse faire pour le mieux. S’il élève la barre, m’entraîner avec lui devrait m’indiquer ce que je dois faire pour franchir cette barre. »

Paltrinieri avait prévu dès avant son arrivée à Melbourne qu’il retournerait en Italie afin de nager les Europe en petit bassin de Copenhague. Là, je ne sais s’il a accusé le coup de s’être fait battre par Romanchuk, mais il est prévu qu’il retourne aux Antipodes. Il jouera en quelque sorte les sparring-partners d’Horton avant les sélections australiennes pour les Jeux du Commonwealth. Or Mack, qui n’a toujours pas gagné un grand 1500 mètres en compétition senior et fut second, aux derniers Jeux du Commonwealth, en 2014 (derrière le Canadien Ryan Cochrane), pense que la présence à ses côtés du champion olympique et double champion du monde de la plus longue distance olympique de natation en bassin peut constituer un réel avantage pour lui..

L’Italien, dans son pays, on l’a dit, voit sa préparation essentiellement basée sur de longs kilométrages dans la piscine, alors qu’à Melbourne, les longueurs de bassin s’agrémentent de séances gymniques et de boxe ainsi que de programmes d’amélioration de la force et de la condition physique. « Des tirages aux anneaux m’ont permis de déceler que mon épaule gauche est moins forte que la droite », explique encore Horton.

Paltrinieri, malgré le moindre kilométrage effectué dans l’eau, sort des séances épuisé, secoué par les séries de battements de jambes (lui qui les laisse traîner dans ses 1500 mètres), les exercices physiques ou technique auxquels il n’est pas habitué. Parfois, d’autres cracks australiens se déplacent à Gold Coast et se mêlent aux séances, David McKeon ou l’Américain David Wilimovsky.

On ne peut prédire ce qu’amènera cet enseignement en commun. Pourront-ils tous deux gagner au change ? L’un d’entre eux sera-t-il le dindon de la farce ? Réponses cet été, aux championnats d’Europe comme aux Jeux du Commonwealth…