ALEXANDRE MOUTTET, UN ENTRAÎNEUR DANS LE SIECLE

Samedi 2 Juin 2018

Catherine Grojean, dont le nom est synonyme de bienveillance et de fidélité, nous rapporte la mort, dans sa 94e année, d’Alexandre Mouttet, son entraîneur. Si vous ne savez pas qui c’est, lisez ce qui suit. Je pourrai seulement dire que son nom, entendu depuis des décennies, était prononcé toujours avec gratitude et respect par ceux qui l’évoquaient. Alexandre laisse dans l’affliction son épouse, Maria, trois enfants, Jeannine, Alain et Christian, ses belles-filles Geannina et Yoko, ses petits-enfants Jérémie, Antoine, Axel et Alexandra, açinsi qu’une quantité de nageurs et d’ondines qui se souviennent de lui avec émotion. Il était décoré de la Légion d’honneur, Croix de guerre et médaillé d’or de la Jeunesse et des Sports.

La cérémonie civile a été célébrée aujourd’hui samedi 2 juin 2018, à 10 h 30, au Parc mémorial d’Aix-Les-Milles, et a été suivie de l’inhumation au cimetière de Fuveau.

Le texte qui suit, apporté également par Catherine Grojean, est « l’intervention d’Alexandre Mouttet à l’occasion de ses 90 ans il y a 3 ans, une belle histoire de vie ! qu’il nous a raconté avec modestie et avec humour. Alexandre Mouttet, 29 janvier 1923 – 28 mai 2018 (93 ans). J’aime à lui faire cet hommage au nom de ses nageurs », ajoute-t-elle :

Ce sont les personnes comme vous, Alexandre Mouttet, capables de toutes les qualités et gentillesse, qui laissent en nous le souvenir le plus durable. Alexandre Mouttet que nous appelions affectueusement ‘Dédé’ était l’ami et le second père de ses nageurs. Formidable entraineur, pédagogue et psychologue. Il nous a donné toutes les clés pour exprimer nos talents et réussir. C’est beaucoup plus tard que l’on comprend que le sport nous a formé à la vie et pour toute notre vie. Le défi était d’être les meilleurs dans les règles dans l’équilibre et dans la joie de vivre. Merci ‘Dédé’ de ce précieux cadeau. (Catherine GROJEAN).

LES TRIBULATIONS D’UN ENTRAINEUR A L’ANCIENNE

(Contribution donnée par Alexandre Mouttet le 29 janvier 2013, à l’occasion de ses 90 ans).

A Carthage, vers l’âge de 15 ans, apprentissage de la natation aux plus jeunes dans des bassins naturels dont le plus grand, de 25 mètres environ, est délimité par d’anciennes colonnes d’un palais beylical.

Tout jeunes, nous avions l’exemple d’anciens champions qui y évoluaient. Compétitions entre nous dans tous les styles, concours de plongeons depuis les colonnes du palais, et débuts en compétition officielle aux clubs de Tunis.

A citer, présents aujourd’hui, Gilbert Taieb, Jacqueline Taieb, Lucien Borg et Simone Plazy. J’ai 16 ans au collège technique Emile Loubet, je demande au professeur de gym de nous inscrire et de nous accompagner aux championnats de Tunisie scolaires.

Suite au refus du directeur, je m’occupe moi-même du recrutement et des inscriptions à la fédération de Tunisie, soit 35 participants pour les différentes épreuves individuelles et le relais 30 fois 33,33 mètres (1 Km) avec la coupe offerte par les champagnes Moët & Chandon.

Nous nous partageons les titres individuels avec le Lycée Carnot, principal établissement scolaire de Tunis, et pour clore ces championnats, avec le relais de 30 nageurs, je n’ai que 29 présents. Avisant les pensionnaires du collège venus en spectateurs sur les gradins, je donne un maillot à l’un d’entre eux, et nous gagnons d’une main le relais et la coupe!

Le lendemain à 8 heures, défilé des participants dans la cour du collège sous les applaudissements de tous, remise de la coupe au directeur qui nous félicite.

Puis, arrive l’occupation Allemande et Italienne. A 18 ans, je m’engage et durant 3 ans c’est la guerre qui nous voit tous partir combattre en Italie puis débarquer en Provence ou en Normandie libérer notre pays et revenir par chance, entiers.

NAGER PARMI LES RUINES DU PORT DE CARTHAGE

De retour à la vie civile, je reprends mes activités sportives. Carthage est la principale source de recrutement de l’ASF dont je suis devenu l’entraineur de natation et de water polo sur les recommandations de notre ancien entraîneur, Marcel LESCURE. Par manque d’eau, car à cette époque l’eau est rare en Tunisie, la piscine est fermée et les entrainements se font en mer dans notre fameux bassin. Je récupère des planches dans l’épave d’un bateau américain coupé en deux par une torpille à 300 mètres de la côte et nous construisons un appontement pour permettre les départs. Nous fabriquons aussi des buts de water-polo flottant sur des chambres à air avec des filets fait main. Ces installations sommaires permettaient des rencontres avec des camarades d’autres banlieues de Tunis et étaient jugées par un arbitre de football perché sur un rocher. Ces réunions se terminaient autour d’un verre offert par ma mère qui était propriétaire du Pescadou (hôtel, restaurant, dancing).

Grâce à la construction de grands barrages, l’eau était devenue abondante, nous pouvions reprendre nos activités à la piscine de Tunis dans des conditions inimaginables aujourd’hui : 2 lignes d’eau avec le public, traversées en permanence par les baigneurs. C’est l’après guerre, nous n’avons pas de maillots et de bonnets; j’achète du tissu au souk de Tunis et je les confectionne moi-même sur la Singer à pédales de ma mère. Malgré ces difficultés, nous obtenons d’excellents résultats: un super nageur, Michel Longue, 15 ans à ses débuts, russe comme son nom ne l’indique pas (les parents ne parlaient pas le français) et qui buvait un petit cognac au bar avant la course. Il devient champion d’Afrique du Nord du 100m dos, recordman de Tunisie des 200m, 400m et l500mètres.

Il est imbattable aussi en course de fond en mer.

LE NAGEUR AUX DOUZE DOIGTS

Jacques Tixier (présent), champion et recordman de Tunisie du 1500 mètres, est en pension à la maison pour mieux préparer ses championnats. En vue de notre première participation aux critériums et championnat de France à Vichy, en accord avec le gérant de la piscine (merci Monsieur Rohou), nous disposons du bassin après la fermeture et pouvons mener un entrainement sérieux. Nous obtenons ainsi deux premières places à ce critérium national : Elvire Parodi en nage libre et Lucienne Michelucci en brasse. Puis la 5ème place en libre et en 3 nages pour les relais minimes filles et, surprise, Achour Hamadi (un Tunisien) sur le podium, 3ème au 100m dos toutes catégories. Au championnat d’Afrique du Nord de Natation, et surtout en Water-Polo, nous étions handicapés car le règlement n’autorisait pas les étrangers (Caparos et Almena, espagnols. Orsolini, italien) à y prendre part et cela m’obligeait à me mettre à l’eau sans préparation. Mais nous obtenons des succès en nage avec Languet Michel et Achour Hamadi en dos, et Georges Filliol en brasse.

A l’indépendance de la Tunisie, nos nageurs Tunisiens qui nous ont apporté un grand nombre de titres, nous quittent, le nom de notre club n’étant plus indiqué pour eux. La FTN me nomme entraineur fédéral, je reste donc toujours en contact et en bons termes avec eux. Lors d’un stage de formation d’éducateurs, je découvre un nageur exceptionnel âgé de 25 ans, n’ayant jamais nagé en piscine, le plus rapide aux tests de vitesse devant des nageurs confirmés. Il avait effectué la traversée du golf d’Hammamet (20km) mais la curiosité était qu’il avait 6 doigts à chaque membre lui donnant ainsi une plus grande efficacité. Trois ans plus tard, je l’aperçois en policier; il vient me saluer et me montre ses mains: il s’était fait amputer d’un doigt à chaque main afin de ne pas affoler les personnes à qui il dressait une contravention.

LE SPORTING CONTRE LE CNL : DUEL DE LYONS

La dernière compétition de notre club l’ASP avant mon départ définitif pour la France est un succès pour nos jeunes minimes et cadets lesquels contre tout pronostic, terminent à égalité avec le club Tunisien regroupant toutes les vedettes de l’époque. A signaler la présence aujourd’hui de J.-P. Parodi, vainqueur du 1500m toutes catégories. La nationalisation de la société où je travaillais nous oblige à quitter la Tunisie pour la France et Lyon, en principe provisoirement, car Monsieur Bertrand, alors président du CN Nice avait remarqué mes excellents résultats obtenus dans les années 1956 durant les vacances d’été et devait tout tenter pour que je sois affecté dans cette ville, sans succès.

Le provisoire allait durer 16 ans! Je me retrouve comme entraineur du Sporting Club de Lyon surtout connu pour sa section tennis. Surprise! Nos records de Tunisie sont pour la plupart supérieurs à ceux du Lyonnais qui bénéficient pourtant toute l’année d’une piscine chauffée! Aux championnats régionaux, mon nouveau club, remporte la totalité des titres masculins individuels et relais avec en particulier Jean-Pascal Curtillet, rapatrié d’Algérie, qui sera recordman du monde avec l’équipe de France du relais 4 fois100 mètres nage libre, avec également Bernard Protin, un de mes anciens nageurs de Tunisie, international espoir et champion de France universitaire, avec Lucien Gauche (plus tard champion du monde en Masters) avec J.-P. Castoldi (présent) mon premier international espoir dans la longue liste qui suivra ; avec Mireille Descroix Russo, repérée à la baignade du club à la mi-novembre, qui gagne l’épreuve de demi fond 800 mètres en brasse, dispute la finale des championnats de France d’hiver à Marseille 3 mois après, est sélectionnée en équipe de France espoir.

Surprise de Heda Frost, entraineur national : Mireille ne sait pas encore nager le crawl! A signaler également Gislaine Drevet, championne et recordwoman de France minime des 100 mètres brasse et 200 mètres nage libre. Le club adverse, le CNL, a fait venir à Lyon en grande pompe Jacques Latour, l’ancien entraineur de Gilbert Bozon, considéré comme le meilleur en France.

CLARET, GROJEAN, MOLLIER SELECTIONNEES AUX JEUX DE MUNICH

Mais, compte tenu de nos résultats, ils sont obligés de composer avec nous et une fusion des deux clubs est réalisée. Latour choisit les garçons, je me retrouve à la tête de la section féminine, laquelle rapidement égale les meilleurs en France, titres , records et meilleures performances individuelles et relais, internationales espoirs et toutes catégories ( 3 sélectionnées olympiques) Catherine Grojean (présente) et Dominique Mollier pour les jeux de Mexico, Martine Claret (présente) pour ceux de Munich, mais toujours loin de leurs meilleures performances lors de ces compétitions.

A signaler également pour leur participation et leurs performances, Murielle Paterson, Marie Françoise Grojean et Françoise Manson.

Les féminines en général, contribuent au succès du club, le tournoi triangulaire avec le Racing Club de Paris et Marseille est remporté par Lyon; cela n’est pas pour améliorer les relations avec l’entraineur des garçons et les dirigeants du club qui lui étaient favorables. Pour sortir de cette ambiance, la majorité des ondines et moi-même, nous quittons le Lyon Natation pour l’ASPTT et alors d’autres problèmes commencent….

L’ART DE NAGER EN SANDWICH

Aucune possibilité nous est donné de s’entrainer dans les piscines de la ville, l’adjoint aux sports est un ami du président du club quitté! Au début, entraînement au jour le jour au bassin universitaire de Villeurbanne, le gérant bien sympa m’informe des disponibilités chaque matin. Les transferts refusés par le comité départemental de natation présidé par notre ancien président, sont finalement homologués lors de l’Assemblée Générale de la Fédération où je compte de nombreux amis. Peu de possibilités pour entraîner nos nageurs à la piscine de Vaise, une ligne d’eau étant disponible, j’y entraine une trentaine de nageurs en payant leur entrée! La caissière, une pied-noir, complice, compte les présents mais ne fait payer que deux ou trois billets.

Tout ce groupe évoluait dans une ligne d’eau derrière la locomotive Christophe Charton. Pas pour longtemps, car le comité nous créait régulièrement des difficultés. Grâce à l’intervention des dirigeants des PTT auprès du Maire de Lyon, nous obtenons deux bonnes séances le mercredi et le samedi et la totalité des heures disponibles à la nouvelle piscine du Lycée féminin Boulevard des Etats Unis.

Les lundis, jeudis et vendredis, avec mon véhicule, je prends à la sortie de leur lycée à 12hl5, Michel Bouvier, Anne Chancel, Thomas Fahrner, Eric Fontaine , direction la piscine de Vaise, un sandwich à l’aller, entrainement dans une ligne d’eau cédée par les pompiers, 13h45, retour vers le lycée, deuxième sandwich, reprise des cours à 14h. Je retrouve ces mêmes nageurs à 17h avec leurs camarades.

D’autres créneaux disponibles aux piscines des lycées Lumière et de Bron sont pris en charge par Michel Paulin et Dominique Giordano, complètement investis dans leur mission. Les résultats suivent: interclubs nationaux, meilleurs performances et records de France battus en garçons et filles, Anne Chancel, Maryse Champion, Agnès Landrivon, Michel Bouvier, Marical, Fontaine, la tribu des Mure Ravaud et Guidani, Pascale Durand, les frères Tillie, dont l’actuel sélectionneur de notre équipe de volley. Thomas Fahrner, futur recordman olympique et du monde avec l’équipe nationale d’Allemagne.

THOMAS FAHRNER, LE GEANT ALLEMAND QUI AVAIT MANGE DU LYON

Thomas participe à toutes les épreuves de notre club, titres et record de France battus et bien d’autres encore. Il est sélectionné par notre entraineur national pour rencontrer l’Espagne et au moment d’établir son passeport, apprenant qu’il est allemand, il est privé de toutes compétitions en France.

Je conseille alors aux parents de contacter la fédération allemande en leur indiquant ses performances, les Allemands le découvrent et il devient chez eux une vraie vedette. Il participera aux JO de Los Angeles. S’étant trop réservé aux éliminatoires, Fahrner dispute la finale B, mais nage plus vite que le vainqueur de la grande finale et bat le record olympique.

Changement à la tête de la mairie de Lyon, mon ami le docteur Genety, nouvel adjoint aux sports de la ville, m’accorde l’intégralité des demandes concernant les entrainements dans les différentes piscines de la ville. Mais je quitte définitivement Lyon pour Salon de Provence, ayant obtenu ma retraite EDF, et ce sera Paulin et Giordano qui assureront la relève. Je tiens à souligner la part importante qu’ils ont eu dans les résultats de l’ASPTT.

A Salon, une belle équipe rapidement au niveau des jeunes benjamins et minimes, constitue un adversaire sérieux pour le CN Marseille, mais là également je rencontre des problèmes pour les entrainements. L’été en bassin de 50 mètres, les séances se déroulent en même temps que la section palmes (d’où des vagues) et le public traverse nos lignes ou arrête le chrono sur les gradins. Je demande au directeur à nous entraîner après 20h, heure de fermeture. Refusé, car cela aurait gêné la quiétude du gérant, qui vivait sur place. De bons résultats, deux meilleures performances Françaises battues, trois internationaux espoirs français, Karine Marckert, Christian Aim et Marie Christine Reyre, première place aux interclubs féminins et interclubs jeunes garçons et filles devant le CN Marseille.

Le hasard au cours d’une compétition me fait rencontrer un de mes anciens nageurs de Tunisie, Jean- Claude Pouvillon, devenu président du cercle des nageurs de Cannes. Il me propose de venir sur la côte retrouver la mer et le soleil. Merci Jean Claude. Le CN Salon me voit partir avec regret et à Cannes, les entraîneurs me reçoivent avec peu d’enthousiasme.

Durant trois ans, me voilà relégué à la piscine des Oliviers avec des horaires peu propices pour des entrainements sportifs. Une bonne nageuse quand même, Stéphanie Gras, présente à toutes les séances, sera plus tard internationale. Je lui conseille d’aller à Antibes pour avoir de meilleures possibilités d’évolution.

Me voilà à la Bocca, m’occupant des jeunes du club et du perfectionnement (baignade) aidé après quelques années par Anny Camahji qui a obtenu son diplôme de MNS grâce à son sérieux. Elle devint ensuite mon adjointe pour entraîner les différents groupes du club dont je m’occupais. Parmi ces jeunes, Julie Biaise, future internationale et recordwoman de France. Par la suite, Anny devint responsable de la section sport-études. Elle est toujours en place près de Lionel Volkaert, entraineur principal du CN Cannes et de nageurs internationaux qui ont fait le succès du club, tels que Cécile Prunier, Yohan Bernard, Stéphane Perrot, Nicolas Gruson, Guy Noël Schmitt, Julie Biaise en particulier, sous la présidence de M. Choss avec comme sponsor le groupe Barrière. Ma carrière comme entraineur se termine à Cannes où, avec l’aide d’Anny Camahji, nous remportons le titre national des interclubs filles 12 ans, avec en particulier dans cette équipe Claire Py, meilleure performance de l’année en France sur 100 et 200 brasse et 200 m 4 nages (présente, maman de son 3e enfant le 2 janvier dernier).

A l’âge de 78 ans, je participe avec succès au master, titres et records de France à la clé, puis à 82 ans, le CN Cannes dans la tourmente, ayant des problèmes de gestion, me nomme bien malgré moi président pour une courte durée. Aujourd’hui, je vous remercie d’être tous présents près de moi pour m’entourer de votre amitié et raviver d’aussi beaux souvenirs.

GERARD GAROFF: BIOGRAPHIE NON AUTORISEE DU DTN DE TOUS LES ECHECS

Gérard GAROFF par Jean Pierre LE BIHAN

Vendredi 18 Mai 2018

Il y a quelques mois, en naviguant sur l’internet, j’ai trouvé cet article, signé Jean-Pierre Le Bihan, publié sur le site des Directeurs techniques nationaux créé avec Sport Régions. J’y vis une certaine ironie. Cet article avait été rédigé il y a quatre ans dans le but de paraître dans… Galaxie Natation. Le Bihan, ayant vu que j’avais rédigé à l’époque quelques biographies de DTN (Lucien Zins, Pierre Barbit, Patrice Prokop) me l’avait proposé. Il avait bien connu le personnage et l’appréciait, et avait été l’adjoint de son successeur Patrice Prokop.

Le Bihan savait que Garoff et moi avions nourri pendant des années une détestation réciproque, aussi avait-il voulu s’entourer de garanties. Je lui promis que je ne changerais rien à son texte, dans lequel, m’expliquait-il, j’en prendrais pour mon grade. Après des mois, je lui demandais des nouvelles de son travail. Jean-Pierre, ayant lu une réponse énergique que j’avais faite à un commentaire de lecteur,  y trouva la preuve de ma duplicité et en conclut que je ne lui laisserais pas le dernier mot en l’affaire. Je lui fis valoir que je tiendrais ma parole, que, quels que soient mes sentiments, je ne reprendrais rien de ce qu’il écrirait. 

Après avoir longuement interrogé plusieurs témoins de l’époque, et notamment l’épouse et le fils de Gérard Garoff, et ayant terminé son pensum, il m’annonça finalement… qu’il ne confierait pas son texte à Galaxie Natation. Madame veuve Garoff l’en avait découragé : « ne donnez pas cela à Eric Lahmy, » lui avait-elle dit.

Ce n’était pas très malin de la part de cette dame, parce que si elle savait ce qu’il me chatouillait d’écrire sur son défunt mari, elle aurait pris la parution du texte de Le Bihan dans Galaxie Natation comme un moindre mal, voire une bouée de sauvetage. A part cela, son interdiction montrait son peu de considération pour le long travail d’enquête et de rédaction de Le Bihan qu’elle condamnait ainsi à ne pas paraître…

Mais ainsi fut fait. Le Bihan se donna à lire à certaines personnes, et je ne fus pas censé en avoir pris connaissance. L’ayant trouvé trois ans plus tard sur le site des DTN, je m’en empare sans vergogne, mais non sans l’avoir « édité », ce qui n’est pas le cas dans le site des DTN, qui ne brille pas par la qualité de ses relecteurs.

Mais selon la promesse à laquelle je ne suis pourtant plus tenu, je n’y ai rien touché – ajouté ni retranché. D’ailleurs ce texte (de 2015) de Le Bihan ne dit rien de faux. Il ne dit pas tout, oublie certaines choses, en embellit d’autres, mais bon, Garoff lui-même ne me disait-il pas un jour : « l’objectivité n’existe pas ? » Guère en forme ce jour-là, je fus en peine de lui répondre que l’honnêteté, en revanche, existait bel et bien, et qu’on pouvait la respecter.

J’ai bien envie d’écrire une autre bio de Garoff. Peut-être quand j’arriverai à la lettre « G » des biographies publiées sur ce site? Mais rien n’est moins sûr. Certes, je retrouverai sans doute mon ton belliqueux. Mais…

Pourquoi vous ennuierais-je avec ces vieilles lunes, uniquement parce qu’alors qu’il se plaignait que je l’avais bien agacé, il avait très injustement attaqué mon intégrité, mis en cause mes capacités professionnelles, et systématiquement cherché à me nuire ?

Place au texte de Le Bihan…  E.L.

 

Gérard GAROFF

(Brest, 24 février 1934 – Paris, 26 février 1989)

Les Championnats du monde  de natation 2015 vont se dérouler à Kazan (Russie) à partir du 2 Août, et, à chaque  grand évènement aquatique je ne peux m’empêcher de penser à Gérard Garoff, disparu il y a vingt six ans. Dans l’histoire de la natation française Gérard Garoff a été le troisième DTN ,après Pierre Barbit et Lucien Zins. Pour ceux qui ne l’ont pas connu ou qui l’ont oublié voici ce que j’ai gardé en mémoire de sa forte personnalité.

 J’ai fait la connaissance de Gérard Garoff au printemps 1962 à la piscine Gambetta, à Rennes, où les élèves du C.R.E.P.S. de Dinard s’entraînaient à l’épreuve de natation (50 mètres) de la 1èrepartie du professorat d’EP.S. (P 1). Je m’étais présenté à l’examen pour devenir M.N.S. et j’avais une séance pratique à diriger, sur le thème « perfectionnement du plongeon ».  Quatre élèves m’avaient été confiés. Sûr de moi, je leur demandais de plonger du bord (côté grand bain) pour évaluer leurs niveaux. Aucun ne savait nager ! Et je dus sauter à l’eau pour les repêcher. Les membres du jury étaient pliés de rire…

Gérard Garoff, alors CTR, est venu me dire : « tu réussiras l’année prochaine. » Comme lui en 53 et 54, je mis deux ans à franchir les portes de l’E.N.S.E.P.S en 62 et 63.

Gérard avait obtenu son bac (philosophie) à 17 ans, et était un bon nageur du cercle Paul Bert (Rennes) : 1’7s6 aux 100 m libre, record de Bretagne cadet, réalisé la semaine suivant la réussite au bac… Au même âge Alain Gottvalles, qui deviendrait recordman du monde, nageait 1’6s9.

Après une première année au C.R.E.P.S. de Dinard, Gérard en fit une seconde au C.R.E.P.S. de Bordeaux (Talence), parce que le professorat d’E.P.S. demandait au futur généraliste d’être nageur, mais aussi athlète, gymnaste, joueur de sport-co. Reçu au concours d’entrée à l’E.N.S.E.P. (le  «S » final de Sport ne faisait pas encore son apparition dans les instructions officielles en 1954), Gérard, pendant les 3 années d’études, va, à la fois signer une licence au S.C.U.F  (Swimming Club Universitaire de France), dont les couleurs, le blanc et le noir, sont celles du Gwen an Du (le drapeau breton), et suivre des études de droit à la faculté de Paris.

En 1957, Garoff, son C.A.P.E.S. en poche, est nommé professeur d’E.P.S. à l’école des métiers du bâtiment à Rennes, où il exercera un an avant d’être rattrapé par le service militaire. Il passera (du 1er novembre 58 au 1er mars 61) 28 mois, dont 7 dans les Aurès, à servir la France sous les drapeaux. N’ayant pas voulu faire les E.O.R., il sera démobilisé avec le grade de sergent.

A son retour à la vie civile en mars 61, devenu C.T.R natation de Bretagne (2 piscines couvertes…mais une loi-programme ambitieuse de construction de piscines dévoilée par l’inspecteur Jeunesse et Sports Méheust ont convaincu Gérard) il va former des éducateurs, des dirigeants, des arbitres, et entrainer les nageurs du cercle Paul Bert de Rennes. Avec Henri Sérandour, moniteur de sports de 3 ans plus jeune que lui, il forme déjà l’équipe qui prendra plus tard le pouvoir à la F.F.N., la province (le grand Ouest et la Lorraine en particulier) mettant fin à l’hégémonie parisienne. Gérard D.T.N., Henri  Président, Bernard Rayaume Secrétaire Général puis Directeur, le casting imaginé à Bombannes en 79 lors d’un stage de l’équipe de France allait prendre forme.

De son union avec Marie-Paule GUEN (nageuse du C.N.Brest), il aura d’abord un fils, Patrice en 1960 puis une fille, Valérie en 1962.

Je retrouvais Gérard à Font-Romeu en 1969. Il avait fait l’ouverture du lycée climatique et sportif, où il avait été affecté  en tant que Censeur/Directeur des sports en 67. J’étais en stage de la « République des Sports » (un mouvement pédagogique initié par Jacques de Rette et soutenu par le colonel Crespin prônant entre autre l’autonomie des élèves), et je me trouvais à la piscine d’été pour des séances pratiques de pédagogie de la natation. Gérard était venu au bord du bassin et m’avait demandé si j’avais mon diplôme de M.N.S. !!

C’est en 1973 que j’ai vraiment découvert l’homme. Les Jeux olympiques de 1972, à Munich, n’avaient pas été une réussite pour la natation, Lucien Zins, le D.T.N. présenta sa démission, et le Comité directeur de la F.F.N. l’accepta.  Il fallut attendre mars 1973 pour voir arriver Gérard au 148 avenue Gambetta, Paris 20eme, adresse de la piscine des Tourelles et siège de la F.F.N.. Entre-temps, Henri Rouquet avait assuré l’intérim.

J‘étais alors professeur au C.R.E.P.S.de Montry (77) et, en septembre, j’obtenais ma mutation pour être C.T.R. natation en île de France. Le comité était situé au rez-de-chaussée de la piscine des Tourelles et la F.F.N. au 2éme  étage. Si bien que nous nous côtoyions fréquemment.

Lorsque j’ai rencontré Marie-Paule Garoff, son épouse, le vendredi 10 juillet 2015 à Nantes, celle-ci m’apprit que Gérard était également un excellent peintre, et un violoniste qui avait fait partie de l’orchestre symphonique du cercle Paul Bert de Rennes. Son admiration pour Gérard était intacte et sa fierté de me montrer les médailles de chevalier, et d’officier dans l’ordre national du mérite en était une belle preuve.

Il est vrai que l’homme était doué dans bien des domaines : un jour il m’avait lu la lettre qu’il avait adressée au directeur de l’hôpital où il avait été soigné pour des coliques néphrétiques. Il se plaignait de la qualité des repas : c’était un concentré d’Antoine Blondin et de Pierre Desproges !! Il n’avait pas « fait latin-grec » pour rien et jusque dans les petites choses, il faisait preuve d’élégance. Certains l’ont trouvé réservé, voire froid. Les Bretons sont comme ça… au premier abord.

D.T.N. à la F.F.N.,  il y sera 9 ans (1er avril 73 -31 Août 82). Fort de son expérience du lycée sportif et climatique de Font-Romeu, qui, en 68, servit de base de préparation pour les Jeux de Mexico (situés à la même altitude) il bousculera les habitudes des entraineurs de club, des C.T.R., des M.N.S., et des dirigeants fédéraux. C’est ainsi qu’il fut  à l’origine des sections-sport-études, puis des centres –pilotes (clubs support de formation de cadres), enfin du centre national d’entrainement de natation à l’I.N.S.E.P., qui lui valut une levée de boucliers de la part de dirigeants, d’entraineurs et … de journalistes qui voyaient dans ce centre la mort des « petits clubs », et une terrible concurrence aux grosses écuries.

Il faut dire que l’ouverture de ce centre, avec Guy Giacomoni et Michel Pedroletti comme entraineurs, avait été catastrophique en terme de communication. C’est ainsi qu’avec l’accord de Gérard, les coachs avaient décidé que les entraînements auraient lieus à huis-clos. Lorsqu’Alex Jany, de passage à Paris voulut voir « ses Marseillais » nager à l’I.N.S.E.P. et qu’il trouva porte close, c’est comme si une énorme sardine avait à nouveau bouché le Vieux Port !!

Les anciens,   regroupés autour de Lucien Zins, de Michel Rousseau et du collège des entraineurs, ont fait campagne pour critiquer Gérard et son équipe de la D.T.N.. Michel et Guy  ont été qualifiés de psychologues incompétents, etc.,  etc. Gérard avait pourtant des amis chez les journalistes :Jean Cormier du Parisien, Jean-Jacques Simmler grand reporter à l’Equipe, Serge Verfaillie, Ouest France, Paul Zilbertin, la Croix, mais le journal l’Equipe pesait beaucoup plus, et ses lecteurs toujours friands de polémiques, se régalaient en lisant les réquisitoires à charge du journaliste Eric Lahmy, spécialiste de la natation à « l’Equipe ».

Ainsi, lors d’un championnat de France aux Tourelles, Gérard avait invité son ami Michel Guizien à Saint Germain des Prés fêter la victoire des rugbymen du R.C.F. La soirée fût sans doute arrosée et Gérard et Michel se sont retrouvés au poste en garde à vue. De « bons amis » se sont empressés de prévenir les journalistes et l’Equipe pu titrer : « la natation française en prison ». Gérard avait pu téléphoner à son épouse pour lui expliquer la situation, en lui demandant de faire le maximum pour le sortir de cette situation burlesque et embarrassante à la fois. Pour la petite histoire, Jean Cormier raconte dans un de ses livres (Alcool de nuit) cette péripétie où paraît-il, c’est Pierre Mazeaud (le ministre) qui devait présider cette réunion. Mais il s’était fait remplacer par Gérard !

En 1982, Garoff rend les clefs de la D.T.N. au président de la F.F.N., et, au cours  de la réunion du bureau du comité directeur de la F.F.N. (2 juillet 1982 à Mulhouse) il déclare si l’on en croit le compte-rendu du bulletin fédéral officiel n° 1958 :

 « M. G. Garoff estime que M. Lahmy lui a fait perdre, par ses articles diffusés dans l’Equipe à l’échelon national, cinq ans d’effort sur neuf ans de présence à la direction technique de la natation française. »

Les membres du Bureau souhaitent qu’un communiqué à ce sujet soit présenté par le président aux membres de l’A.G. Le journal L’Equipe en réponse, ironise par un article d’un journaliste anonyme (1) :

 « Pitié pour Garoff »

« Tout de même, qui aurait pu imaginer une chose pareille ! Le tendre et débonnaire Eric Lahmy poussant un directeur technique national dans ses derniers retranchements au point de lui faire perdre tous ses moyens ou presque  …On note cependant avec un certain soulagement que Garoff est parvenu à travailler à peu près tranquillement pendant quatre ans, ce qui tendrait du reste à démontrer que le travail destructeur de notre estimé confrère souffre encore de quelques lacunes. La natation française a encore quelques beaux jours devant elle. Ouf ! »

Ce qui est vrai, à mon sens, si l’on regarde les résultats de l’équipe de France de natation (Jeux olympiques,  championnats du Monde) de 1973 à 1982, il n’y a pas de quoi pavoiser, malgré quelques belles performances de Guylaine Berger, Sylvie Le Noac’h , Pierre Andraca, René Ecuyer et bien d’autres, les médailles ne sont pas là, et les journalistes ont besoin des médailles. Et le titre de vice champion du monde de Michel Rousseau à Belgrade en 73, direz-vous ? Michel (Mickey pour les intimes) a été et est toujours un électron libre, s’entraînant sous l’autorité conjointe de Guy Boissière et de Lucien Zins . On ne peut mettre au crédit de Gérard Garoff le résultat de son prédécesseur.

Ce fut donc une longue traversée du désert sans médaille aux Jeux olympiques (de 76 et de 80) et aux Championnats du monde.  Les raisons sont multiples : l’amateurisme au sein de la F.F.N., la scolarité laissant peu de place aux sports, l’université condescendante vis-à-vis des sportifs, le manque de lignes d’eau d’entraînement, l’encadrement médical marchant sur la pointe des pieds, le vide créé par la retraite sportive de Christine Caron, d’Alain  Mosconi et bientôt de Michel Rousseau, les podiums où trois nageurs(ses) d’un même pays pouvaient faire 1,2,3, dans la même épreuve… et la concurrence déloyale.

Ce qui est vrai aussi, à mon sens c’est, avec Gérard, la construction d’une politique de formation de cadres ouverte à des publics parfois divisés (M.N.S., profs d’E.P.S., sportifs(-ves) de haut niveau, éducateurs sportifs, qui aboutira à professionnaliser les entraineurs de clubs, grâce aux nouveaux brevets d’état (B .E.E.S.A.N.) et au professorat de sport qui permettra de mieux identifier les compétences requises pour exercer les fonctions technique et pédagogique.

La détection et l’évaluation ont été aussi un domaine que Gérard  a mis en avant. Avec le Dr Jean-Pierre Cervetti et  le professeur Georges Cazorla, la connaissance de la physiologie de l’effort se vulgarisait  au sein des clubs ; à quoi il faut ajouter les travaux de recherche en liaison avec les UFR STAPS (biomécanique avec Didier Chollet et Patrick Pelayo).

L’aide aux sportifs de haut niveau, mais aussi aux « espoirs » par l’inscription sur des listes ministérielles à ouvert une brèche vers un futur statut de sportif professionnel (actuellement en cours de discussion).

Des milliers d’étudiants(-tes) en E.P.S. ont été formés par des professeurs qui se sont largement inspirés des écrits techniques et pédagogiques de Raymond Catteau et Gérard Garoff intitulés : « l’Enseignement de la Natation ».Tous les deux, C.T.R. à l’époque, ont bousculé par cet ouvrage les habitudes professionnelles des M.N.S., basées sur une méthode analytique de l’enseignement de la natation.

Lors de ma rencontre avec son fils, Patrice, le 16 juillet 2015, celui-ci m’a rappelé le rôle joué par Gérard dans le renouveau de la revue « Natation » (créée en 1921 par Emile-Georges Drigny secrétaire général de la toute jeune F.F.N.S. et journaliste à l’ « Intran »). Sous la Présidence d’Henri Sérandour et avec le soutien de Lucien Gastaldello ( Président de la F.N.M.N.S. et du comité de Lorraine F.F.N.), il prend la direction de la publication et fait appel à Jean Cormier et à Jean-Jacqsues Simmler, journalistes, pour la rédaction. La revue, sponsorisée par la très chic marque italienne « Diana », est diffusée à 8000 exemplaires.

Autre cheval de bataille : la lutte anti-dopage. Avec le professeur Rieu , il mènera une campagne auprès des pouvoirs publics pour vaincre ce fléau. Christian Bergelin, Roger Bambuck, puis Marie-George Buffet inscriront cette lutte dans la loi sur le sport.

Gérard, devenu président de L’Association des DTN, mènera un autre combat contre la direction des sports du Ministère: celui de la reconnaissance d’une fonction et d’une qualification (DTN et Entraineur national) justifiant des indemnités. Son collègue et ami Bernard Bourandy (aviron) m’a dit comment les DTN, en présentant collectivement leur démission, avaient fait plier le ministère et surtout Bercy. Garoff était breton, et n’abandonnait jamais.

Gérard, au lendemain de l’élection de François Mitterrand en mai 81, s’était rallié au R.P.R. de Jacques Chirac, à mon grand étonnement; tout dans son comportement, ses idées, ses relations me laissait penser qu’il était « à gauche ». Un soir de juillet 81, après avoir examiné les candidats à l’agrégation d’E.P.S., nous avions, avec  Gérard et Jean-Paul Clémençon « philosophé » sur la politique. Trente-quatre ans plus tard, il se confirme que Gérard, même dans ce domaine, était un visionnaire.

La succession de Gérard au poste de D.T.N. fut longue à se dessiner. Henri Sérandour, le président, semblait hésiter. Plusieurs candidats s’étaient présentés: Marc Menaud, Michel Pedroletti, Gilbert Seyfried, Gérard Hugon, Jacques Lahana, Jacques Vallet, Pierre Loshouarn, Patrice Prokop…  Ce fût Patrice Prokop, lui aussi professeur d’E.P.S. issu de l’E.N.S.E.P.S. (66-69)  et adjoint de Gérard Garoff pendant huit ans (74-82) qui  lui succèdera jusqu’en 1994.

On oublie trop souvent que le DTN de la FFN est le patron de la natation, mais aussi du water-polo (champion olympique en 1924 à Paris), de la natation synchronisée, du plongeon,  de la longue distance… et que les journées n’ont que 24 heures ! Heureusement, Gérard était secondé par Jean-Paul  Clémençon au water-polo, Françoise Schuller à la synchro, Bernard Pierre au plongeon et Patrice Prokop, DTN-adjoint. Martine Ripoche et Christiane Wiles, assistantes, complétaient cette équipe. François Oppenheim dit « Oppi », journaliste spécialisé, avait un petit bureau près de la DTN et apportait sa compétence dans le domaine de la statistique, des classements des nageurs(-euses) et de l’analyse de course.

Mais revenons en 1983. Jacques Chirac est Maire de Paris, et Paris se lance à la conquête de l’organisation des Jeux olympiques de 1992. Gérard devient chargé de mission pour défendre la candidature de Paris. C’est  Barcelone qui l’emportera, et Gérard est appelé auprès du Secrétaire d’Etat de la jeunesse et des Sports Christian Bergelin, en tant que conseiller technique. Nommé Inspecteur Général le 23 juillet 87, il décède le 26 février 1989. Hospitalisé une première fois en juillet 1987 à l’hôpital Claude Bernard à Paris (spécialisé dans les maladies tropicales), au retour d’une mission dans le Pacifique sud, Gérard décède quelques mois plus tard à l’hôpital Rothschild, à Paris.

Aujourd’hui Gérard aurait eu 81 ans et serait grand-père de cinq petits-enfants : Valentine, Ariane, Marine, les filles de Patrice, et Fanny et Martin les enfants de Valérie.

Le 6 mars 1989 au cimetière du Père Lachaise, Gérard, par un beau soleil de fin d’hiver est parti fauché par l’Ankou. Ses successeurs, Patrice Prokop, Jean-Paul Clémençon, Claude Fauquet, Christian Donzé, tous professeurs d’E.P.S. de formation, l’ont connu, et ont hérité du capital que Gérard a laissé à la F.F.N.

Un timide renouveau de la natation a surgi aux Jeux olympiques de 1984 avec les médailles de bronze de Catherine Poirot (100 mètre brasse) et d’argent de Frédéric Delcourt (200 mètres dos), tous deux issus de l’I.N.S.E.P. 

Stéphan Caron, Catherine Plewinski, Franck Esposito ensuite, porteront haut les couleurs de la France, jusqu’à l’arrivée de Roxana  Maracineanu et de Laure Manaudou. La suite, vous la connaissez : c’est l’embellie 2008-2012 avec Alain Bernard, Camille Muffat, Yannick Agnel, Florent Manaudou et les relayeurs et relayeuses.

 Gérard n’était pas croyant ; moi je crois qu’il est pour quelque chose dans ces résultats.

Avec ses amis, Jacques Meslier, Michel Guizien, Patrice Prokop, nous avions proposé au maire de Concarneau de donner le nom de Gérard Garoff à la piscine du Porzou. Le stade de rugby étant nommé Henri Sérandour, cela était pour nous une évidence. La piscine a pris le nom d’une cité engloutie! (2) 

Que nous réserve Kazan ?

Jean-Pierre Le Bihan

(1). Si mes souvenirs sont bons, ce texte avait été rédigé par Jean-Jacques Vierne : note d’E.L.

(2). L’Atlantide : E.L.

ADIEU A ALAIN DISTINGUIN

Alain Distinguin, champion de France du 200 mètres brasse en 1957 et 1958 et président de l’Entente Nautique de Caen, a été inhumé ce jeudi. A la demande de la famille et de l’Association des internationaux du Sport Français, Vincent Leroyer, qui avait nagé avec ses enfants, et l’avait connu au temps de ses responsabilités professionnelles, a prononcé l’éloge du disparu

 Vendredi 4 Mai 2018

Mme Distinguin, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd’hui, ici à Périgueux, sa ville, pour une bien triste journée d’adieu à Monsieur Alain Distinguin, parent, proche, ami ou connaissance, que les conséquences tragiques d’un accident domestique ont soustrait à notre affection.

 Cette journée d’adieu se doit aussi être l’occasion d’honorer sa mémoire, et Philippe, son fils, m’a demandé de participer à cet hommage.  Et donc de me souvenir.

 J’ai rencontré M. Alain Distinguin grâce au sport, la natation, et les joutes qui opposaient mon club du CN Havrais, puis des Vikings de Rouen à celui de l’Entente Nautique de Caen revêtaient une dimension qui allait au delà des compétitions sportives puisqu’elles entretenaient une rivalité des villes capitales de la Haute et de la Basse Normandie, rivalité que les adultes rappelaient et aiguisaient.  À cette époque, révolue, nous étions bas Normand ou haut Normand.  Nous sommes aujourd’hui tous Normands. Du Havre, de Caen ou de Rouen. M. Alain Distinguin, parent de nageurs, était, pour le jeune nageur que j’étais alors, un dirigeant du club de Caen, le camp d’en face. Les compétitions, puis les stages en commun à Coëtquidan, m’ont fait rencontrer son fils Philippe, dans ce lieu de villégiature sévère qui nous a laissé quelques souvenirs, qui, le temps faisant son œuvre, ont fini par devenir tous de bons souvenirs.

  1. Alain Distinguin, était donc un dirigeant de l’EN Caen, il allait en devenir durant quelques années le président, avec en complément un engagement identique au sein du Comité de Normandie, et c’est donc parmi beaucoup de parents, un de ceux, qui comme mes parents, au Havre, ont donné de leur temps, et de leur énergie, au service de leur club, et au bénéfice des centaines de jeunes nageuses et nageurs que nous étions alors. Un engagement bénévole au côté d’autres parents sans qui il n’y a pas de club, pas de déplacement, pas d’officiel ni de jury dans les compétitions. Alors que bien des clubs aujourd’hui encore sont confrontés à une crise des vocations de dirigeants pour la gestion des clubs et la constitution des jurys d’officiels, il est important de saluer ici son passé et son engagement, utiles au service de la collectivité, et souhaiter que cet exemple perdure. Dirigeant donc, rencontré aux bords des bassins, il avait aussi l’œil juste d’un passionné qui aimait son sport, et je peux témoigner qu’il ne réservait pas ses félicitations et ses encouragements aux seuls nageurs de son club. Pour le jeune que j’étais, que nous étions, les encouragements et la reconnaissance d’un adulte en responsabilité importaient et donnaient confiance. Alors M. Alain Distinguin, félicitations pour cet engagement de dirigeant bénévole, et merci pour l’attention et les encouragements.

 Par ailleurs, modestie ou/et discrétion, M. Alain Distinguin ne portait pas son passé de nageur en bandoulière ou en pavois, et s’il nous encourageait, nous ne savions pas le passé sportif glorieux qui avait été le sien.

  1. Alain Distinguin a été Champion de France du 200m Brasse en 1957 et en 1958. Il avait été sélectionné à dix reprises en équipe de France à une époque charnière ou la natation française connaissait des heures fastes entre la gloire olympique de Jean Boiteux en 1952 et l’arrivée au sommet mondial de Kiki Caron et d’Alain Gottvallès au début des années 60. Sa carrière sportive l’a vu porter les couleurs de grands clubs. Celles du Stade Français, du Cercle des Nageurs de Marseille et des Girondins de Bordeaux. Ce passé glorieux d’international et de champion avait entretenu son attachement à son sport, attachement qu’il avait ensuite mis au service de son club, à Caen, tout en encourageant les progrès éminents de son fils.

En ce jour triste, c’est donc au dirigeant sportif ainsi qu’au champion et international de natation qu’il a été que nous pouvons rendre hommage, hommage auquel je m’associe aux côtés des membres de l’Amicale des Internationaux Français de Natation, en vous priant d’accepter, Mme Distinguin, Mesdames et Messieurs les membres de sa famille et ses proches et amis, nos sincères condoléances.

Vincent Leroyer, Périgueux, église Saint-Martin, le 3 Mai 2018.

SWIM VORTEX EST MORT ET GALAXIE NATATION NE SE SENT PAS TRES BIEN

Eric LAHMY

Mardi 1er Mai 2018

Un ami journaliste qui appréciait l’humour noir, quand il annonçait ou entendait parler d’un décès, commentait de cette phrase : « Untel et mort… et je ne me sens pas très bien. »

Voilà quelques semaines que je n’avais plus trop envie d’écrire dans ce blog, et voilà que j’apprends par un courriel ami que Swim Vortex arrête. Ou, si vous préférez, que Craig Lord arrête la publication de Swim Vortex, l’un des trois blogs anglo-saxons qui comptent, avec Swimming World et SwimSwam.

« Today, SwimVortex suspends its coverage of swimming”…

Un édito de son patron, Craig Lord, signifie cet adieu aux armes.

« SwimVortex abandonne aussi soudain qu’il apparut il y a cinq ans, presque jour pour jour. Nous disons adieu avec un merci du cœur à ceux qui ont soutenu notre travail à travers leurs publicités, leur partenariat et leurs suscriptions ; nous apprécions la valeur que vous avez accordée à notre travail.

« De façon personnelle, l’éditeur aimerait remercier les journalistes Liz Byrnes, John Lohn, Sabrina Knoll et Karin Helmstaedt, ainsi que le photographe Patrick B. Kraemer qui connaissaient ce dont ils parlaient, pour avoir été les premiers dans la construction, et les derniers à partir ; pour avoir fourni une copie et des images de qualité plus vite que tout ce qu’ont pu faire les autres sites de natation. Merci aussi aux héros anonymes de l’équipe digitale…

Pourquoi ? Craig Lord l’explicite : « Nombreuses sont les raisons qui font que notre travail ne peut plus se soutenir plus longtemps, mais pour résumer, notre décision vient de ce que :

« Les ressources requises pour atteindre nos buts et produire un journalisme réellement indépendant et des services statistiques en natation ne sont, tout simplement, pas disponibles.

« La natation et les priorités d’une direction défaillante qui n’est pas tenue de rendre des comptes par ses actionnaires clés est en train de couler en masse les rangs des sports couverts par les media dominants et les journalistes professionnels. La natation est des sports abandonnés, tandis que les coupes sombres dans les budgets de l’ère digitale et les serrages de ceintures s’accélèrent dans la presse. Cela aussi a un impact sur la façon dont nous finançons notre travail et justifions notre présence et notre temps en tant que journalistes.

« La natation est devenue de plus en plus un sport couvert de façon distanciée ; il n’y a rien d’amusant à cela, et cette façon d’exister ne permet pas de raconter les histoires qui ne peuvent être racontées qu’en étant là, à regarder, à écouter, à entendre, à interagir, à connaître les nageurs, leurs entraîneurs et parfois leurs parents et leurs familles aussi – et alors relater des histoires humaines gonflées de défis, de combats, d’humour, de triomphes et d’échecs. C’est comme cela que la natation se racontait. Ce n’est plus le cas. »

Les raisons données par Craig Lord m’intéressent. Craig avait lancé son site où il voyait une opportunité professionnelle, après le décès de Nick Thierry, le statisticien et journaliste canadien qui avait réuni autour de lui, à Swim Canada une équipe à son image, jaloux de l’intégrité de ce sport. Il semblait avoir réussi dans son entreprise de professionnaliser son site, en faisant payer des abonnements pour toute une partie des informations originales ainsi que des statistiques qu’il publiait. Mais il faut croire que la plate-forme financière de la natation est faible.

Personnellement, après deux ou trois tentatives de recevoir une bourse de sponsoring, ainsi auprès des marques de maillots Arena et Tyr, j’abandonnais toute velléité dans cette direction.

Cela me donna l’occasion de vivre une aventure journalistique en toute liberté. Liberté de ton, d’analyse, possibilité d’appeler un chat un chat. Quelquefois, la tentation d’être aidé, non pour gagner un quelconque argent, mais pour pouvoir élever le niveau de ce site, par exemple accueillir des photos, rétribuer un peu mon neveu, qui l’avait créé pour moi,… et plus si possibilités.

Mais à chaque fois je retombais dans la situation sans issue, le Catch 22, la double contrainte. Soit faire ce qu’on veut sans aucun moyen, et donc échouer, soit chercher des moyens et devoir rendre des comptes, donc rogner sur ma liberté d’expression, ce qui revient à échouer également.  

Enfin : Craig Lord pourra se vanter de m’avoir fait travailler à mon blog un 1er mai, fête du travail !

ALAIN DISTINGUIN (1929-2018)

Alain Distinguin est mort samedi 28 avril à 8H30. Né en 1929, ancien champion de France du 200 mètres brasse (en 1957 et 1958), il avait appartenu au Stade Français (Paris), au Cercle des Nageurs de Marseille et aux Girondins de Bordeaux. 

International à dix reprises, il était devenu dirigeant et avait présidé l’Entente Nautique de Caen, en Normandie, de 1976 à 1980. Plus tard, il nagea en masters à l’ AS Libourne et remporta en 1996 plusieurs titres en compagnie d’Erika De Gailande, P. Peracini et Alexis Pannier.

 Père de Philippe et de Francis, il avait récemment été grièvement brûlé dans un accident domestique chez lui à Périgueux et se trouvait hospitalisé depuis à Bordeaux.

 Ses obsèques se dérouleront le jeudi 3 mai à 15H00 à Périgueux.

CHAMPIONNATS DE RUSSIE, ALEXANDRE KRASNYKH, 3’45s AU 400 METRES

Dimanche 22 Avril 2018

Aux championnats de Russie, à Moscou, de bonnes performances ont été réussies, dès la première journée, vendredi, ainsi par Alexandr KRASNYKH, vainqueur du 400 mètres qu’il mène de  bout en bout, d’une longueur de corps, devant Vyacheslav ANDRUSENKO.

A noter aussi le 50 papillon d’Oleg KOSTIN et quelques performances notables dans le relais quatre fois 100 mètres.

Comme toujours dans la natation russe ces dernières années, les résultats féminins sont de valeur inférieure. Un bon 200 dos cependant pour Polina EGOROVA qui passe d’un rien sous les 2’10s…
HOMMES.-
1. Alexandr KRASNYKH, 1995, Tatarstan, 3’45s84 (26s29, 54s96, 1’23s65, 1’52s45, 2’21s21, 2’ 49s86 3’17s96, 3’45s84). 2. Vyacheslav ANDRUSENKO, 1992, Saint-Pétersbourg, 3’47s25 (26s56, 55s40, 1’24s35, 1,53s23 2’ 21s95, 2’50s68 3’19s24, 3’47s25); 3. Martin MALYUTIN, 1999, Omsk, 3’48s46) ; 4. Anton NIKITIN, 2000, Saint-Pétersbourg, 3’51s40.

50 papillon : 1. Oleg KOSTIN, 1992, Nijni-Novgorod, 23s14 ; 2. NIKITA KOROLYOV, 1994, Tatarstan, 23s42 ; 3. ex aequo, Alexander SADOVNIKOV,  1996, Kaliningrad, et Andrey MINAKOV, 2002, Saint-Pétersbourg, 23s59.

4 fois 100 mètres: 1. Moscou, 3’14s48; (Kliment KOLESNIKOV, 23s51, 48s80; Andrey ZHILKIN, 23s07, 48s36; Vladislav GRINE, 22s92, 48s56; Vladimir MOROZOV, 23s09, 48s76). Meilleurs temps, au start: Evgeny RYLOV, 48s82. Lancé, Sergei FESIKOV, 48s56.DAMES.- 800 mètres: 1. Anna EGOROVA, 1998, KhMAO-Yugra, Kaliningrad, 8’ 30s66.

50 dos : 1. Mariya KAMENEVA, 1999, Saint-Pétersbourg-Orenbourg, 27s88; 2. Anastasia FESIKOVA, 1990, Penzenskaya-YANAO, 28s10; 3. Darya VASKINA, 2002, Moscou,28s29; 4. Polina EGOROVA 2000, Rép. Bachkortostan, 28s41.

200 dos : 1. Polina EGOROVA, 2000, Bachkortostan, 2’9s95  (30s70, 1’3s85, 33s15; 1’37s08, 33s23; 2’9s95, 32s87); 2. Anastasia AVDEEVA, 2001, Vladimir, 2’10s16 (30s44; 1’3s02, 32s58; 1’36s74, 33s72; 2’10s16, 33s42); 3. Darya K. USTINOVA, 1998, Sverdlovsk, 2’10s61 (31s02, 1’4s57, 33s55; 1’38s15, 33s58; 2’10s61, 32s46).

400 4 nages : 1. Irina KRIVONOGOVA, 2000, Samara, 4’47s46.

4 fois 100 mètres : 1. Saint-Pétersbourg, 3’42s48 (Darya S Ustinova, 26s98, 55s90; Polina NEVMOVENKO, 26s53, 55s75, Veronica ANDRUSENKO, 26s12, 53s88; Xenia KOZYUK, 27,22 56s95).

SUN YANG TOUJOURS DOMINATEUR AUX CHAMPIONNATS DE CHINE

Eric LAHMY

Jeudi 19 avril 2018

Les championnats de Chine de natation se sont tenus à Changxi, à une altitude de 500 mètres, ce qui peut expliquer des performances un peu en retrait (par rapport à ce qui était attendu) en demi-fond. Il s’agit des courses de 400 à 1500 mètres féminin, où la jeune vague chinoise, de Yang Junxuan à Li Bingjie, en passant par Zhang Yuhan et Hou Yawen, qui paraissaient, l’an passé, s’être lancées à la poursuite de Katie Ledecky, n’ont guère montré, malgré de bonnes performances dans l’ensemble, des progrès importants et son restés même très en deça de ce que Ariarne Titmus, la nouvelle perle australienne, a réalisé aux Jeux du Commonwealth.

A part ça, ce ne sont pas les bonnes performances qui ont manqué.

Sun Yang est resté le nageur chinois dominant. Six années après avoir été couronné deux fois champion olympique à Londres sur 400 et 1500 (et médaillé d’argent sur 200), Sun Yang, toujours bon pied bon œil, a enlevé à Shanxi 200, 400 et 1500 mètres, en faisant des différences énormes sur les distances les plus longues. Altitude ou pas, son 3’44s29 au 400 mètres, dans les circonstances, est très impressionnant, tout à fait au niveau du vice-champion olympique de Rio et du champion du monde de Budapest.

L’un des plus rapides nageurs de demi-fond, il est parvenu à monter sur le podium du 100 mètres, où il a fini 3e ex-aequo.

Si un record a été battu sur 50 brasse, 27s16 par Yan Zibei, on note aussi un doublé en dos messieurs adorné de belles performances de Xu Jiayu, 52s72 et 1’55s43, tandis que les titres féminins de dos reviennent, avec des performances de haute valeur à Chen Jie et Peng XuWei. Sur 200 mètres dames, Yan Junxuan, 16 ans, l’emporte, et l’ensemble donnera un relais quatre fois 200 mètres féminin chinois très performant, qui pourrait poser quelques soucis aux Américaines dans les compétitions « panpaciques ».

 MESSIEURS.- 50 mètres: 1. Yu Hexin, 22s14 ; 2. Zhao Xianjian, 22s54 ; 3. He Junyi, 22s60.

100 mètres: 1. Hou Yujie, 49s37; 2. Yu Hexin, 49s39; 3. Yang Jintong et Sun Yang, 49s48.

200 mètres: 1. Sun Yang, 1’46s07; 2. Ji Xinjie, 1’46s80; 3. Wang Shun, 1’47s21.

400mètres: 1. Sun Yang, 3’44s29; 2. Ji Xinjie, 3’49s25; 3. Wang Yifan, 3’53s07.

1500 mètres : 1. Sun Yang, 15’4s92 ; 2. Ji Xinjie, 15’23s09 ; 3. Cheng Long, 15’29s92.

100m dos: 1. Xu Jiayu, 52s72; 2. Li Guangyuan, 54s13; 3. Wang Guanbing, 54s74.

200 dos: 1. Xu Jiayu, 1’55s43; 2. Li Guangyuan, 1’56s48; 3. Wang Yutian, 1’59s12.

50 brasse: 1. Yan Zibei, 27s16 (record); 2. Sun Jiajun, 27s71; 3. Wang Lizhuo, 27s77.

100 brasse: 1. Yan Zibei, 59s26; 2. Qin Haiyang, 1’0s20; 3. Wang Lizhuo, 1’0s71.

200 brasse: 1. Qin Haiyang, 2’9s40; 2. Yan Zibei, 2’10s76; 3. Shen Hao, 2’11s92.

50 papillon: 1. Li Zhuhao, 23s55; 2. Zhao Xianjian, 23s93; 3. Wang Peng, 23.94.

100 papillon: 1. Li Zhuhao, 51s77; 2. Zheng Zehngjing, 53s31; 3. Shen Jiahao, 53s32.

200 papillon: 1. Li Zhuhao, 1’55s66 ; 2. Wang Zhou, 1’58s40; 3. Zhou Schuchang, 1’58s54

400 4 nages: 1. Wang Shun, 4’14s02; 2. Wang Yizhe, 4’16s50; 3. Mao Feilian, 4’17s46.

4 fois 100 mètres: Guangdong Hosa, 3’20s29; 2. Shanghai Hoasha, 3’22s77; 3.Zhejiang – 3:23.19.

4 dois100 m 4 nages: 1. Navale, 3’39s69 ; 2. Hubei, 3’41s01 ; 3. Guangdong, 3’41s18.

DAMES.-  50 mètres: 1. Lu Xiang, 24s55.

200 mètres: 1. Yang Junxuan, 1’56s79; 2. Li Bingjie, 1’57s08; 3. Zhang Yuhan, 1’57s26.

400 mètres: 1. Li Bingjie, 4’5s37 ; 2. Wang Jianjiahe, 4’6s97 ; 3. Zhang Yuhan, 4’8s33.

800 mètres: 1. Wang Jianjiahe, 8’22s65; 2. Li Bingjie, 8’28s72; 3. Hou Yawen, 8’33s95.

1500 mètres: 1. Wang Jianjiahe, 15’53s01; 2. Li Bingjie, 15’58s29; 3. Hou Yawen, 16’11s18.

50 dos: 1. Fu Yuanhui, 27s16; 2. Liu Xiang, 27s40; 3. Chen Jie, 27s60.

100 dos: 1. Chen Jie, 59s66; 2. Wan Xueer, 59s89; 3. ex-aequo, Pen Xuyi et Hubei Hosa, 1’0s05.

200 dos: 1. Peng Xuwei, 2’7s27 ; 2. Liu Yaxin, 2’9s14; 3. Li Haiyun, 2’11s44.

50 Brasse: 1 ex-aequo : Suo Ran et Feng Junyang, 31s50 ; 3. Yu Jingyao, 31s54.

100 brasse: 1. Yu Jingyao, 1’7s22; 2. Shi Jinglin, 1’7s36; 3. Zhang Xinyu, 1’7s73.

100 papillon: 1. Zhang Yuxi, 58s78 ; 2. Lin Xinyi, 59s16; 3. Wang Yijun, 59s70.

200 papillon: 1. Yu Liyan, 2’10s06 ; 2. Zhang Yufei, 2’11s71; 3. Zhou Yuqi, 2’12s07.

200 4 nages: 1. Zhou Min, 2’11s48 ; 2. Yang Chang, 2’12s90 ; 3. Zhang Sishi, 2’13s78.

400 4 nages:  1. Zhou Min, 4’43s25; 2. Yang Chang, 4’48s26; 3. Zhang Chenyao, 4’48s98.

4 fois 200 mètres: 1. Hebei Taihua, 8’0s73; 2. Shandong Haosha, 8’8s14; 3.Zheijang, 8’9s72.

4 fois 100 4 nages: 1. Henan, 4’4s42; 2. Pékin, 4’4s96; Navale, 4’6s74.

4 nages mixte: 1. Navale, 3’50s21; 2. Shangdong Haosha, 3’52s97; 3. Guangdong Hosa, 3’53s23.

CHAMPIONNATS DU BRÉSIL: DA COSTA, 7’52s54 SUR 800 METRES Éric LAHMY

Éric LAHMY

Jeudi 19 avril 2018

Record sud-américain du 800 mètres par Guillermo Pereira Da Costa, 7’52s54, après celui du 400 mètres qu’a battu la veille Fernando Scheffer (avec 3’49s06) au Trophée Maria Schenk, championnat du Brésil. Da Costa, 19 ans, 18e du 1500 des championnats du monde de Budapest, est déjà le recordman sud-américain du 1500 mètres avec 14’59s01 depuis le 6 décembre dernier… Un record qu’il avait amélioré à quatre reprises, avec 15’5s23, 15’2s18 et 15’0s54 avant de le porter de l’autre côté de la barrière mythique renversée pour la première fois en 1980 par Vladimir Salnikov aux Jeux de Moscou.

Les compétitions sont surtout marquées par le déséquilibre entre la natation féminine, assez faible, et qui ne donne aucune performance de relief, et la relative robustesse et la progressivité de la masculine.

A noter une performance dans le relais quatre fois 200, de Luiz Altamir Lopes Melo que le système de chronométrage n’a pas affiché, probablement de l’ordre de 1’47s. Lopes donne une nette avance à son équipe de Pinheiros. Mais un exploit personnel de Fernando Scheffer, un relais lancé en 1’44s84, reprenant six secondes sur le nageur de Pinheiros, assure la victoire pour Minas.

Le record sud-américain du 200 mètres, 1’46s42 par Joao De Lucca, pourrait bien être battu par Lopes ou Scheffer.

MESSIEURS.- 800 mètres: 1. Guillermo P. Da Costa, 7’52s54.

200 4 nages : 1. Vinicius Moreira Lanza, 1’58s10; 2. Leonardo Coelho Santos, 1’59s66.

4 fois 200 mètres: 1. Minas, 7’13s34; 2. Pinheiros, 7’15s09.

BRESIL : FERNANDO SCHEFFER, 3’49s06 RECORD SUD-AMERICAIN DU 400

Éric LAHMY

Mercredi 18 Avril 2018

Fernando Scheffer a gagné le 400 mètres nage libre messieurs du championnat international du Brésil, trophée Maria Lenk, qui se tient au parc aquatique Maria Lenk, à Rio de Janeiro, avec 3’49s06, un nouveau record sud américain. L’ancien record appartenait à Brandonn Almeida, plutôt spécialiste des quatre nages, aujourd’hui étudiant aux USA, qui avait nagé la distance, en 2016, dans le temps de 3’49s46.

A noter aussi le bon 51s42 au 100 papillon de Vinicius Moreira Lanza.

MESSIEURS.-  400 mètres : 1. Fernando Scheffer, 3’49s06 [50m 26s61, 100m 56s26 (29s65), 150m 1’25s97 (29s71), 200m 1’55s72 (29s75), 250m 2’24s80 (29s08), 300m 2’53s58 (28s78), 350m 3’22s (28s42), 400m, 3’49s06] (00:27.06); 2. Luiz Altamir Lopes Melo, 3’50s51; 3. Giuliano Carer Rocco, 3’50s85; 4.Guilherme P. Da Costa, 3’50s96.

100 m brasse: 1. Joao Liuz Gomes Jr, 59s98.

100 papillon: 1. Vinicius Moreira Lanza, 51s42; 2. Iago Moussalem Amaral, 52s09; 3. Henrique de Souza Martins, 53s28.

4 fois 100 mètres : 1. Pinheiros, 3’14s31.DAMES.- 400 mètres : 1. Viviane Eichelberger, 4’12s47.100 m brasse: 1. Ruta Meilutyte, Lituanie, 1’7s35
4 fois 100 mètres : 1. Pinheiros, 3’43s48.

TAMAS GYARFAS, EX-PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION MAGYARE DE NATATION, IMPLIQUÉ DANS LE MEURTRE D’UN RIVAL

Eric LAHMY

Mercredi 18 Avril 2018

Selon l’agence de presse MTI (Magyar Távirati Iroda, littéralement « Bureau télégraphique hongrois), la police hongroise a procédé mardi 17 avril à l’arrestation de Tamas Gyarfas, l’ancien président de la Fédération hongroise de natation, toujours membre du Bureau de la FINA. Il est soupçonné d’avoir organisé en 1998 l’assassinat de l’un de ses rivaux en affaires, le magnat des médias Janos Fenyo. Agé de 69 ans, Tamas Gyarfas a occupé différentes fonctions dans le mouvement sportif, notamment au Comité olympique hongrois et dans les institutions européenne et internationale de la natation. Il avait été poussé en novembre 2016 à la démission de la Fédération hongroise de natation à la suite d’une action lancée par Katinka Hosszu et relayée par des nageurs excédés par le peu de considération qu’il leur concédait.

Gyarfas était depuis des décennies très introduit dans le monde du sport, et principalement de la natation, à une époque où rien ne pouvait se faire sans l’accord du parti communiste. C’était donc un apparatchik ou un homme toléré par le système… Une agence qu’il contrôlait dirigeait la revue de la FINA dans les années 1970 et/ou 1980, et je me souviens d’avoir écrit à sa demande un papier sur le programme de la Fédération Internationale de Natation, probablement en 1991.

Il a laissé à des personnes l’ayant côtoyé dans le business le souvenir d’un homme d’affaires redoutable, même s’il savait se détendre quand les intérêts ne dominaient plus.

Le meurtre de Janos Fenyo fut un acte de barbarie assez frappant. Le 11 février 1998, l’homme d’affaires revenait du siège social de son entreprise dans sa Mercedes, et stoppait à un feu de croisement à une intersection. Derrière lui, dans une Mitsubishi Galant de couleur claire, un homme, armé d’une mitraillette à silencieux Agram 2000 (fabriquée en Croatie), arrosa la voiture à répétition, vidant un chargeur de 20 ou 25 balles. On trouva 12 impacts dans la tête, le cou, la poitrine de la cible. Janos Fenyo avait 43 ans. L’agresseur lança alors son arme sous une voiture, se dirigea à pied vers la place voisine, laissa tomber chapeau et manteau contre une porte et disparut. Après une enquête qui s’est étendue sur près de deux décennies, en 2017, un Slovaque, un certain Jozef Rohac a été condamné à la réclusion à perpétuité pour ce meurtre.