ALEXANDRE HENRARD, FILS DE NAGEUSE, TRACE EN PENTATHLON MODERNE

Éric LAHMY

Lundi 5 Décembre 2016

Le pentathlon moderne, inventé par le baron de Coubertin, est donc, d’un certain point de vue tout au moins, le discipline olympique par excellence. Un sport discret, en cinq efforts différents, et qui réunit donc des talents éclectiques. C’est aussi un sport menacé; noyé dans la masse de l’actualité, on ne le voit guère, et sa survie même a été remise en cause par le Comité International Olympique !  Le pentathlon français se porte bien, cependant. Aux mondiaux 2016, qui se sont tenus à Moscou en mai dernier, il s’est offert un vainqueur masculin individuel, Valentin Belaud, une médaillée d’argent individuelle avec Elodie Clouvel, une ancienne nageuse, aujourd’hui gendarme, qui rêve de cinéma, laquelle réitèrera en enlevant l’argent aux Jeux olympiques de Rio, et deux médailles de bronze en relais.

Et dans ces relais, quelqu’un de « la famille. » Son nom ? Alexandre Henrard.

Le 17 avril 2010,  Alexandre Henrard, qui aura dix-huit ans le 7 juillet suivant, participe à une séance de détection, organisée par la fédé de pentathlon moderne à l’INSEP, à Paris. Il est monté sur les lieux des tests par sa mère, Isabelle Lefèvre, et son beau-père Gilles Plançon, lesquels, à eux deux, doivent représenter un paquet de titres et de records de France, principalement dans les quatre nages.

Jusqu’ici, Alexandre, Alex pour les intimes, vit chez son père, qui en a assumé la garde lors de la séparation d’avec Isabelle. Aussi na-t-il pratiquement jamais quitté sa ville natale de Coutances.

Atavisme maternel fort, Alexandre est un bon nageur. Isabelle elle-même a été entraînée à Argentan par son propre père, Jacky, après avoir été jetée à l’eau à six mois et avoir accompli un 50 mètres brasse « à trois ans, neuf mois et douze jours. »

De son propre avis, Alexandre est un « gamin touche à tout, pas mauvais dans plusieurs sports, mais jamais suffisamment bon pour exceller quelque part ; comme je rêvais d’être international, je me suis tourné vers le pentathlon. » Découverte réciproque en fait : à l’issue d’une épreuve de natation, il reçoit un « flash » de l’institution.

Alex a un handicap. Sur les cinq disciplines du pentathlon, il n’en a jamais fait trois : ni tir au pistolet, ni escrime, ni équitation. Trois épreuves qui trahissent, soit dit en passant, l’inspiration militaire qui animait de Coubertin, quand il créa cette « épreuve combinée » au programme olympique.

Malgré ces trous de gruyère dans ses compétences, Alex est pris en raison de ses capacités « athlétiques » de nageur et de crossman, lesquelles sont assez souvent liées.

Mais un orage se profile à l’horizon. Le père d’Alex estime qu’à dix-huit ans, il doit se débrouiller seul et devenir indépendant. Il s’agit principalement d’une indépendance financière, bien sûr. Il refuse donc de le conduire à Font-Romeu, au fameux lycée climatique et sportif, étape suivante de son aventure.

Le relais est dès lors pris par Isabelle et Gilles. Le 1er septembre 2010, Alex débarque à Font-Romeu, où il restera trois ans.

En 2013, il fait partie du relais champion du monde de pentathlon moderne en relais…

Alex, désormais rattaché au foyer maternel, pourra donc se consacrer aux sports et aux études.

D’après sa mère, il a du talent, et sans doute hérité de la détermination et des qualités aquatiques d’Isabelle, « Au départ un peu désordonné, à force de patience et de persévérance, il à réussi à intégrer la joie de vivre appliquée aux sports et aux études, commente Gilles. S’il n’arrive pas encore tout à fait à conserver sa décontraction et sourire en toutes circonstances même (surtout) dans l’échec, sans doute d’ailleurs parce que cela fait partie de son tempérament ».

Sa 4eme année de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) s’achèvera avec succès à L’INSEP, ou il est encore actuellement, mais en sport-com, un diplôme ouvrant sur les activités de journalisme et de communication (entre 25 et 35 heures d’études par semaine, précise-t-il.

Les 19 et 20 septembre 2015, à Batumi en Géorgie, il termine 1er au biathlé, 1er au triathlé ; le 27 septembre 2015 à Perpignan, il est 1er au laser run (combiné). Et les 22-23 septembre 2016, à Sarasota, en Floride, il est à nouveau 1er au biathlé et 1er au triathlé. Il a aussi gagné ces deux épreuves au niveau mondial, en 2014, en junior.

Que sont ces spécialités ? « Ce sont des épreuves qui ont été créées en fonction de l’évolution du sport, pour rester aux Jeux olympiques », explique Alex. « Le biathlé consiste en une course de 1500 mètres suivie d’une épreuve de nage sur 200 mètres et d’une deuxième course de 1500 mètres ; le triathlé comprend un programme é répéter quatre fois : tir (cinq cibles au pistolet), 50 mètres de nage et 800 mètres de course à pied. » Ces compétitions se déroulent en plein air, dans la nature, ainsi Alex se souvient-il d’une compétition qui se tenait au bord de la mer Noire, et, à Chypre, le long d’un canal d’aviron.

Le 18 de ce mois, Alexandre se trouvera à l’INSEP, où se disputeront les championnats de France, qualificatifs pour les prochaines Coupes du monde.


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1 comment:

  1. LEPAGE

    Cela fait plaisir, cependant, l’évolution de ce sport pour des raisons « commerciales » est dramatique car on s’éloigne radicalement de la philosophie de P de Coubertin. Encore une fois on retrouve au CIO ce que l’on connait dans toutes les fédérations, Cela est une dérive qui conduit à la caricature.

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