ARENA À MESA : UNE KATIE LEDECKY IMPRESSIONNANTE ET UNE ALLISON SCHMITT TOUTE REVERDIE

Éric LAMY

Vendredi 15 Avril 2016

Meeting Arena à Mesa, étape de la tournée US de l’équipementier, prochaines étapes à Charlotte, Santa Clara et Indianapolis, sur la route de Rio de Janeiro via Omaha Beach (les « trials », 26 juin-3 juillet).

Dès les séries, le rouleau compresseur ledeckyen se met en marche, la miss nage tranquille, cela donne 1:56s66. La championne olympique de 2012, Allison Schmidt, ce modèle d’esthétique-athlétique dans l’eau, suit à presque deux secondes, 1:58s55. L’accès à la finale se referme juste derrière Maya Di Rado, 1 :59s92. Et cette pauvre Missy Franklin, qui a perdu ses perfs comme on perd ses clés, et ne les retrouve pas ! La voilà 13e, de quoi devenir superstitieuse, avec 2:0s53, dans l’arrière-boutique de la super-élite, derrière Lotte Friis dont cette course n’est pas la spécialité ! Mini tragédie pour la meilleure nageuse du monde de 2012 et de 2013, une forte ressemblance avec ce qu’Yannick Agnel a vécu en France : où est mon style ? Où est mon efficacité dans l’eau ? Mais où sont les nages d’antan ?

En finale B, Missy se trouve « en mission », et elle va chérir sans doute cette faible satisfaction de l’emporter dans ce qu’on appelait dans le passé finale de consolation. 1:58s64, « c’est pas pire », comme on dit au Québec.

Mais voici la grande finale. Ledecky y est impériale comme toujours, décidée, énergique, tapant dedans avec cette force qui n’est qu’à elle. Conor Dwyer, qui a gagné la course masculine, a raconté aux media qu’en camp d’entraînement où il la côtoyait, Ledecky avait brisé (« broken ») plusieurs nageurs dans les séances. Quand on lui rapporte ces propos, elle se marre Katie, elle ne comprend presque pas, moitié flattée moitié un peu gênée, presque rougissante, explique qu’elle a toujours été entourée de garçons à l’entraînement, qu’elle ne prêtait pas garde à ces détails, et que si c’était le cas, elle s’en fichait bien et qu’elle continuerait. T’as raison, Katie, ne freine pas !

Bon, reprenons, dans cette finale, elle ne freine pas. Elle retrouve cependant une adversaire. Allison Schmitt. La championne olympique, partiellement retrouvée après deux années sinon à galérer, du moins à signer des perfs approximatives. Si on trouve que Ledecky nage bien, que dire de Schmidt, c’est Phelps en fille, ou la Cate Campbell du demi-fond court, il y a aussi du Popov là-dedans, mais quand elle est bien c’est tout simplement de l’Allison Schmitt. La nage telle qu’on l’enseigne dans les écoles, l’esthétique athlétique supérieure en émersion.

Débordée au départ par l’exubérance de Ledecky, elle ne se désunit à aucun moment et parvient à stabiliser son déficit à défaut de revenir sur la grande Katherine. Battue certes, Schmitt, mais gros exploit : elle a donné l’impression que Katie Ledecky avait trouvé à qui parler. Pour la première fois depuis quelques temps, une course de Ledecky ne ressemble pas à un constat d’accident, une indemne et sept blessées plus ou moins graves !

Affaire à suivre.

DANA VOLLMER SE RAPPROCHE DE SJÖSTRÖM

A part ça, cette première journée dans l’Arena accouche des accomplissements variables. Katinka Hosszu, à l’approche des Jeux olympiques, change sa stratégie. Elle opte pour une course par jour. Elle gagne le 400 quatre nages avec trois longueurs devant Cammile Adams, suivie à distance respectueuse par la pétulante Ella Eastin, qui avait été admirable aux NCAA.

Mais peut-être la nouvelle du jour est que Dana Vollmer, la championne olympique du 100 mètres papillon des Jeux olympiques de Londres, est en train de réussir son come-back. On en avait vaguement l’impression dès avant, mais la chose ne cesse de se préciser. Dana a devancé cette épatante Kelsi Worrell. En 56s94, elle n’est plus qu’à une seconde de son record américain (55s98 en finale des derniers Jeux olympiques), et si j’étais Sarah Sjöström, je m’inquièterais un peu à son sujet. Et Worrell, eh ! C’est pas mal, avec 57s24 après avoir été la mieux qualifiée en séries, 57s56, elle est bien dans le coup.

Katie Meili signe, elle, un joli 100 brasse en 1:6s49 aux dépens de la Jamaïcaine Alia Atkinson.

LE PROFESSIONNALISME DES FILLES

ET LA PARESSE DES HOMMES

Et les garçons ? Assez minables dans l’ensemble ! Conor Dwyer, qui est plutôt à l’aise dans le long, a gagné un 200 mètres de tout petit niveau où ce vieux pro de Ryan Lochte s’est retrouvé 3e en 1:48s85 (et Michael Phelps viré de la finale, 9e en 1:50s63). Le 100 mètres papillon est revenu à un ancien étudiant de Berkeley, aujourd’hui diplômé en physiologie de l’exercice, encore relativement jeune à 23 ans, qui se paie Jack Conger. On imagine que les nageurs, en pleine préparation pour les « trials », et qui n’affûtent pas, ont du mal à réussir des perfs. Si ce n’était que pour les mecs, le public aurait le droit d’exiger le remboursement des billets. Pourquoi les filles s’en tirent-elles mieux, mystère, mais il y a longtemps que je ne crois plus au mythe du sexe faible (et le spectacle de la natation depuis belle lurette m’a déniaisé dans ce domaine). Ma correspondante, Germaine Necker, me suggère aussi que les filles sont plus sérieuses que les garçons et ne lâchent rien facilement.     

MESSIEURS. – 200 mètres : 1:47s67.  1. Conor Dwyer, 1:46s61; 2. Cristian Quintero, 1:48s10. 100m brasse : 1. Youssef El-Kamash, 1 :1s31; 2. Miguel De Lara Ojeda, 1:1s36 ; 3. Andrew Wilson, 1 :1s37 ; 4. Azad Al Barazi, 1:1s38 ; 5. Andrew Michael, 1:1s47. 100 m papillon: 1. Seth Stubblefield, 52s53; 2. Jack Conger, 52s74. 400 m 4 nages : 1 Sean Grieshop, 4:18s75.

200 mètres : 1. Katie Ledecky, 1:55s71 ; 2. Allison Schmitt, 1:56s52; 3. Maya Di Rado, 1:58s64; 4. Melanie Margalis, 1:58s70; 5. Cierra Runge, 1:58s88; 6. Simone Manuel, 1:59s08; 7. Patricia Castro Ortega, 1:59s31. Finale B: 1. Missy Franklin, 1:58s64.

Passages de Ledecky, 27s78, 56s56 (28s78), 1:26s25 (29s69), 1:55s71 (29s46).

Passages de Schmitt, 28s09, 57s21 (29s12), 1:26s79 (29s58), 1:56s52 (29s73).

100m brasse : 1. Katie Meili, 1:6s49 ; 2. Alia Atkinson, 1:6s84 ; 3. Molly Hannis, 1:6s95; 4. Jessica Hardy, 1;7s09; 5. Sarah Hase, 1:7s53 ; 6. Hilde Luttersdottir, 1:7s86 ; 7. Melanie Margalis, 1:7s97. 100 m papillon :  1. Dana Vollmer, 56s94 ; 2. Kelsi Worrell, 57s27 ; 3. Cassidy Bayer, 58s92.  400 m 4 nages :  1. Katinka Hosszu, Hongrie, 4:35s81; 2. Camille Adams, 4:40s14; 3. Ella Eastin, 4:42s11; 4. Vien N’Guyen, 4:44s02.

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