AUDREY LABEAU PASSE LE TEMOIN

8 juillet 2013

Plongeon

Par Eric LAHMY

Du temps, pas si lointain, où elle plongeait, Audrey Labeau, 28 ans, envisageait d’entraîner des jeunes plongeurs. Assurer le passage du témoin en quelque sorte. C’est chose faite. Depuis la rentrée dernière, quelques mois après être devenue la première championne d’Europe de Team Event (une formule mixte dans laquelle un garçon et une fille plongent sur leur épreuve forte et sur leur épreuve faible) en compagnie de Matthieu Rosset est devenue entraîneur à l’INSEP. Pourquoi ? Elle-même l’avait expliqué en avril dernier lors d’un entretien à l’INSEP sur l’insertion professionnelle des champions. Son sujet : « devenir entraîneur non par défaut mais par vocation. »

Audrey,   qui est née à Saint-Germain-en-Laye, n’a pas suivi d’emblée le chemin de la piscine dans une ville dont le club de natation est  l’un des plus importants de France. « Je   faisais de l’acrosport, et ce jusqu’à 18 ans, explique-t-elle. J‘ai donc plongé   assez tard. Pourquoi ? D’abord, l’acrosport n’est pas un sport olympique   et le plongeon l’est, olympique. Ensuite  j‘avais des partenaires qui ont quitté l’acrosport   et je me suis retrouvée seule. »

Le   plongeon et la gymnastique font partie d’un même genre de sports, dits sports   acrobatiques. Peut-on imaginer un passage immédiatement rentable entre l’acrosport   et le plongeon ? Non, répond Audrey :

« Il   faut oublier pas mal de choses et en acquérir d’autres. La technique n’est   pas la même. Il y a bien entendu beaucoup de points communs, la place dans l’espace,   les repères visuels. Une chose difficile à comprendre, c’est l’arrivée par la   tête, alors que sur terre, on arrive par les pieds. Moi, quand je partais le   dos à l’eau, e comprenais, mais de face, je comprenais mal, et alors c’était   l’arrivée à plat ventre ou à plat dos, et pas comme il faut. »

« Il   a fallu deux, trois ans. Disons deux. Après, ce n’était pas facile tous les jours, mais ça allait mieux. La première année, j’ai été entraînée par Monsieur Pierre (lisez :   Bernard Pierre), puis le reste de ma carrière par Gilles Emptoz-Lacote. »

Audrey avaIt obtenu son professorat de sport en 2010. On lui avait réservé un « poste   INSEP » qui lui garantissait un emploi du temps très allégé permettant   deux entraînements par jour, « ce que je n’aurais pu faire avec un emploi normal » ajoute-t-elle.

Après les Jeux olympiques de Londres, Gilles a pris du galon, est devenu DTN adjoint chargé du plongeon et a rejoint son poste à Bordeaux. Une place d’entraîneur à l’INSEP était disponible. Audrey n’a pas hésité. Une telle opportunité ne   se représenterait pas de sitôt. Elle a abandonné la pratique pour l’enseignement : « de toutes façons, j‘aurais plongé un an de plus, mais je n’aurais pas   fait l’olympiade, dit-elle. Donc pas de regrets. D’autant, dit-elle que : « j‘ai trois anciens gymnastes », ajoute-t-elle avec un accent de   triomphe dans la voix.

L’aventure continue…

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