AUSTRALIE : 200 MÈTRES EN VEDETTE : ARIARNA TITMUS DEVANCE EMMA MCKEON, ET KYLE CHALMERS BOUSCULE MACK HORTON

Éric LAHMY

Mercredi 28 Février 2018

Deux deuxièmes places, entre le 200 libre et le 200 papillon, voilà ce qu’a fait Emma McKeon lors de cette première journée de sélections australiennes pour les Jeux du Commonwealth. Il est possible qu’Emma n’ait jamais cherché la gagne à tout prix, vu que les sélections ne donnent pas lieu à l’attribution d’un titre et n’exigent que de finir dans les trois premières pour se qualifier en individuelle, quatrième ou cinquième pour entrer dans les relais. Mais il serait étonnant que ce beau tempérament de battante se soit laissé devancer.

C’était un pari difficile pour McKeon. Il lui fallait nager à quatre reprises, dont deux fois, le matin, à distance proche de sa meilleure valeur, et deux fois l’après-midi, à fond les manettes. D’autant plus rude que le parcours de quatre longueurs en papillon risquait de s’avérer douloureux. En 2017, elle avait gagné les championnats australiens, avec 2’7s37, un temps assez quelconque, mais elle n’avait pas tenté sa chance aux mondiaux.  Le matin, McKeon n’y est pas allée de main morte. En libre, malgré un parcours plus qu’honorable, elle devait céder à deux reprises face à la révélation de la saison passée, la Tasmanienne Ariarne Titmus, qui signait un 1’56s58 en séries, un 1’55s76 en finale. Emma McKeon, toute recordwoman d’Australie et du Commonwealth de la distance avec 1’54s83 et médaillée de bronze mondiale à Budapest l’été dernier, avait trouvé plus forte qu’elle.

Titmus marque aujourd’hui un gros progrès. L’an passé, aux championnats d’Australie, qui s’étaient tenus en avril, elle s’était qualifiée pour les mondiaux avec un temps de 1’58s11, et, à Budapest, pour le sommet de la saison, elle avait nagé ses 200 mètres, lancée dans le relais en 1’56s61 et au start dans la course individuelle en 1’58s79 (17e temps). Le 200 mètres n’était d’ailleurs pas sa meilleure distance : en 2017, elle avait gagné en avril le 400 des sélections avec 4’4s82 et, seize semaines plus tard, à Budapest, réussi aux mondiaux deux fois 4’4s26, temps qui lui avait donné le 3e temps des séries, et le 4e des finales.

Si elle reportait sur 400 ses progrès du 200, Ariane devrait nager autour de 4’2s voire même assez près des 4’ justes. Certes les choses ne procèdent pas toujours d’une arithmétique aussi simple, mais rappelons que le 12 novembre 2017, l’Ariarne en question s’est emparée du record « aussie » de la distance avec 4’2s86…

MITCHELL LARKIN TOUJOURS EN DOS MAJEUR

Pour en revenir à McKeon, elle est tombée sur 200 papillon comme sur 200 libre sur une autre jeune, Laura Taylor, 18 ans, qui a gagné de façon confortable, en 2’6s80, après un fort retour, nageant respectivement ses deux moitiés de course en 1’0s74 et 1’6s06. Cela vous semble une faible égalité d’allure ? Certes, mais McKeon nageait, elle, respectivement en 1’0s43 et 1’7s57. Elle devançait d’un doigt Brianna Throssel, 2’8s11. Madeline Groves, la médaillée olympique de Rio, finissait loin, en cinquième position.

Taylor n’est pas une révélation au sens absolu. D’abord une nageuse de longues distances, elle se sentait barrée et estimait pouvoir trouver une niche en dauphin. L’an passé, elle était 3e des sélections australiennes derrière McKeon et Throssel.

Depuis, McKeon avait battu Taylor aux championnats du Queensland en décembre dernier, mais la cadette avait pris sa revanche au championnat des Nouvelles-Galles-du-Sud. La voici encore devant.

Le 200 mètres messieurs revenait à Kyle Chalmers. Le champion olympique du 100 mètres partait vite, au coude à coude avec les sprinteurs, menait légèrement au dernier virage et résistait à un fort retour de Mackenzie Horton, 1’46s49 contre 1’46s76… L’an passé, aux championnats australiens, c’était Horton, 1’46s83, qui avait devancé Chalmers, 1’46s87. Autre fait notable, la 8e et dernière place de Cameron McEvoy.

Sur 100 mètres dos, Mitchell Larkin restait aussi dominateur que ces dernières années. On ne peut pas dire qu’il ait trouvé un adversaire à sa mesure aux antipodes. Il en va de même d’Emily Seebohm, laquelle a pourtant été assez menacée les saisons passées, et qui a enlevé la distance en 59s15 (58s90 en séries), seule Hayley Baker l’accompagnant sous la minute. En brasse, il est possible que le pays continent ait trouvé enfin celui qui remplacera Christian Sprenger, le médaillé olympique de Londres. A 19 ans, Matthew Wilson n’a qu’un seul défaut, il est assez isolé ; mais il a nagé en 2’8s31 sur 200. Il détient les records cadets d’Australie et dès 2015, Tom O’Keefe, de Swim Swam, l’avait annoncé comme étant la réponse de l’Australie sur 200 mètres brasse. La course féminine est revenue à Taylor McKeown.


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