Catégorie : Natation

MARC DE HERDT

DE HERDT [Marc] Natation. (11 février 1949-). France. Recordman de France du 200 mètres brasse avec 2’33’’2 en 1968, et du 400 mètres quatre nages, il est par deux fois champion de France d’hiver ; sa carrière fut écourtée par des ennuis de santé sans doute liés à des carences nutritionnelles, pendant son service militaire, alors qu’il s’entraînait énormément, dans l’optique des Jeux Olympiques de Mexico. Alors qu’il paraissait perdu pour la natation, il refit surface et fut 2e du 200 mètres brasse des championnats de France. Directeur de piscine à Courbevoie, puis directeur des sports à Issy-les-Moulineaux, il a fait sa carrière dans l’administration de cette ville. Préside les Internationaux de natation français (2015).

YANN DE FABRIQUE

UN NAGEUR, DEUX NATIONS

DE FABRIQUE [Yann J] Natation. (Plantation, Floride, 7 août 1973-). états-Unis, France. Américain issu d’une famille martiniquaise, Jean-Pierre et Janique, expatriée à la suite de l’assassinat du grand’père de Yann, il est mis à la natation à sept ans par sa mère afin de calmer son hyperactivité, la piscine de Boyton Beach, où il nage, étant à cinq cent mètres de la maison. Sept ans plus tard, entraîné par Allan Andersen à l’école secondaire de Lake Lytal, il réécrit plusieurs records de groupes d’âge de la « Gold Coast » floridienne. Peu de temps après, il va s’apercevoir que sa double nationalité (franco-américaine) peut lui être utile. Nageant pour Plantation et l’Université de Caroline du Nord (1991-1995) et, en France, pour Brunoy et Boulogne-Billancourt, il entre en équipe de France après avoir été sélectionné en juniors dans l’équipe US. Champion du monde universitaire du 200 mètres en 1995. Champion de France 1998 sur 200 mètres, 400 mètres et 200 mètres papillon, 1999 du 200 mètres, il manque, aux championnats d’Europe, la qualification olympique pour Sydney en 2000. Il devint coach de natation assistant de Jack Bauerlé, à l’Université de Georgie, où il rencontrza et épousa Julie Varozza, puis devint directeur d’hötel à Santa Clara, où il prit place au bureau des directeurs du Santa Clara swimming club.

DANIELE HANNEQUIN S’EN EST ALLEE

HANNEQUIN [Danièle]. Natation. (13 octobre 1940-mai 2015). France.

Pour Marc de Herdt, président de l’association des internationaux français de natation, Danièle Hannequin avait fourni la preuve qu’une fille assez petite et légère pouvait réussir dans un style réputé difficile comme la nage papillon. Elle avait débuté au Stade Français, puis signa au Racing. Danièle fit partie de la pléiade de championnes que forma Suzanne Berlioux et fut championne de France d’hiver du 200 mètres dos en 1961 et du 100 mètres papillon en 1963. Comme spécialiste du papillon, elle fit partie des relais champions de France sur 4 fois 100 mètres quatre nages en 1963, 1964, 1965 et 1967 en compagnie de Christine et Annie Caron, Michèle Pialat, Isabelle Poniatowski, D. Sarfati et Le Poitevin. Elle avait honoré 26 sélections.     

Elle avait commencé à travailler à la formation de jeunes nageurs dans les piscines de Paris quand Suzanne Berlioux la rappela. Sa carrière se poursuivit sur les bords du bassin du Racing Club de France, aux côtés de Suzanne Berlioux, puis Aldo Eminente, où elle aida (de sa voix puissante) à former des générations de jeunes nageurs.

Danièle était une personne discrète, qui vivait un peu à part du monde sportif. Voici quelques années, elle avait vécu près de la maison de sa mère, en Bretagne, dans un camping-car..

JULIA EFIMOVA: MISS UNIVERS OU IMPOSTURE ?

Par Eric LAHMY                                                            Jeudi 4 Juin 2015

EFIMOVA [Julia]. Natation. (Grozny, 3 Avril 1992-) Russie.

La situation en Tchétchénie contraint la famille de Julia Efimova à quitter la capitale de cette République. Elle s’installe à Volgodonsk, petite ville nouvelle le long du canal Volga-Don, sur la mer d’Azov, au cœur de la Russie d’Europe. Julia grandit donc au pays des Cosaques, et commence à s’entraîner dans une école de sport (sorte de sport-études russe) sous la guidance de son père, Andrei Mikhailovich Efimov. Avant 2011, la famille vit à Taganrog, 300 kilomètres plus loin, et Julia passe sous l’expertise d’Irina Vyatchanina, entraîneur « honoré », le haut niveau de Russie.– En décembre 2007, à Debrecen, en Hongrie, Efimova, 15 ans et huit mois, est triple championne d’Europe en petit bassin dans sa grande spécialité, la brasse (50 mètres en 30’’33, 100 et 200 mètres avec les records d’Europe (p.b.), 1’4’’95, et 2’19’’08; championne d’Europe 2008, mais en grand bassin cette fois, à Eindhoven (13-24 mars), sur 200 mètres – en 2’24’’09, (et médaillée d’argent du 50 mètres – en 31’’41), elle ne peut se qualifier en finale du 100 mètres ! Retour au petit bassin, en raison du cocasse calendrier en forme d’usine à gaz concocté par les ‘’instances’’, quatre semaines plus tard, à Manchester, pour les mondiaux de la FINA, elle reste un peu en-dessous de ses temps et enlève « seulement » le bronze sur 200 mètres, avec 2’20’’48, derrière Suzaan van Bijon, Afrique du Sud, 2’18’’73, et l’Australienne Sally Foster, 2’20’’11. Présente aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008, elle y finit 4e du 100 mètres et 5e du 200 mètres. Au 100 mètres, elle peut nourrir quelques regrets, car elle s’est qualifiée par un épatant 1’6’’08, record d’Europe, en séries, qu’elle ne pourra rééditer ni même seulement approcher, comme si elle avait craché son venin ! Ce temps des séries lui aurait donné la médaille d’argent. Mais elle nage 1’7’’50 en demi et 1’7’’43 en finale, loin de Leisel Jones (AUS), 1’5’’17, et derrière Rebecca Soni (USA), 1’6’’73 et Mirna Jukic (AUT), 1’7 »34. Sa qualification en finale du 200 mètres brasse est plus prudente, mais tandis que Rebecca Soni, 2’20’’22, et Leisel Jones, 2’22’’05, inversent leurs positions du 100, Efimova termine hors des médailles, en 2’23’’76. Efimova, qui nagera également dans le relais quatre nages, peut se consoler en se disant que l’avenir lui appartient. N’est-elle pas à seize ans la plus jeune finaliste, les autres s’étageant entre vingt ans et vingt-huit ans d’âge ? Elle, aura vingt-huit ans en 2020 !

A LA POURSUITE DE REBECCA SONI

Julia Efimova arrive à Rome, où se tiennent les mondiaux 2009, en pleine folie des combinaisons qui font de la natation une sorte de patinage aquatique, et s’arroge sa part du gâteau. Championne et recordwoman du monde sur 50 mètres brasse en 30’’09. Soni, qu’elle a devancé là de deux centièmes, se montre intraitable sur 100 mètres, où elle bat le record américain en séries, le record du monde, 1’4’’84, en demi, et gagne la finale en 1’4’’93. Efimova, qui a appris à mieux répartir ses efforts, nage 1’6’’82 en série, 1’5’’84 en demi, puis 1’5’’41 (2e, record d’Europe) en finale. Sur 200 mètres, en revanche, Julia, hors du coup, manque de sauter en série et ne survit pas aux demi-finales : 14e.

Cette année, elle est fêtée et consacrée meilleure nageuse et découverte de l’année en Russie. En 2010, Julia est double championne d’Europe à Budapest, remportant le 50 mètres en 30’’29, record d’Europe, et 1’6’’32 par de très larges marges. En mars 2011, confrontée aux limites du système russe, elle se rend aux USA, où elle sait qu’elle va trouver des conditions optimales, et s’entraîne depuis en Californie sous la houlette de Dave Salo. Shanghai 2011, mondiaux : Julia ne peut conserver son titre des 50 brasse, qui revient à Jessica Hardy, 30’’19 contre 30’’49, mais laisse comme deux ans plus tôt Rebecca Soni, 30’’58, derrière elle ! Cinq jours plus tôt, cependant, c’est Soni qui l’a emporté, très facilement en 1’5’’05, et Efimova, 1’6’’56, n’a été que 4e. Trois jours après le 100 mètres, Efimova s’est montrée guerrière sur la distance double, et n’a cédé en finale que devant Soni, 2’22’’22, record de Russie, contre 2’21’’74.

LA ROUTE DU 50 AU 200 NE PASSE PAS PAR LE 100

TECHNIQUE.- Ici apparait clairement cette « anomalie » du registre d’Efimova, remarquée déjà à Eindhoven en 2008, qui fait que Julia performe mieux sur 50 mètres et sur 200 mètres qu’elle ne le fait sur la distance intermédiaire, le 100 mètres, bizarrerie qu’on va retrouver dans d’autres étapes de sa carrière. Finir 2e sur 50 et 2e sur 200, signifie qu’en face des mêmes adversaires, on doit finir au plus mal 2e du 100 mètres ! C’est une règle du « registre » d’un sportif. Or elle n’y est que 4e. Ce paradoxe peut s’expliquer par la physiologie et le type d’entraînement. L’effort en course utilise trois filières énergétiques, l’une représentant la vitesse pure (anaérobie alactique) qui se brûle en quelques secondes, une autre la résistance vitesse (lactique), une troisième les capacités aérobies. Efimova, dotée naturellement d’une grande vitesse de base de par son potentiel anaérobie alactique, atteint de hautes performances sur le très court. Son entraînement « long » lui a donné aussi une très belle valeur en distance qui s’exprime sur 200 mètres ; mais entre les deux, sans doute par la faute d’un manque de travail spécifique en « anaérobie », elle n’exprime pas de fortes qualités de résistance vitesse, nécessaires sur 100 mètres, où elle se trouve dans une situation bancale : ou elle part à fond et ne tient pas ; ou elle nage long, mais se fait distancer et attaque ensuite de trop loin son sprint final. Elle ne trouve pas le rythme qui lui convient dans un effort d’une minute, où elle ne peut pas tenir le rythme de vitesse maximale et où le rythme long ne lui donne pas une cadence suffisante ! Bien entendu, tout ce qui précède n’est qu’hypothèse…

 LE PIEDESTAL ET PUIS LA CHUTE

En 2012, à Londres, Julia est « bronzée » sur un 200 mètres ultra-rapide (avec 2’20’’92, record d’Europe) derrière Soni, 2’19’’59, record mondial, et Satomi Suzuki, Japon, 2’20’’72, record d’Asie, et devant Rikke Pedersen, qui a battu trois record danois, en série, en demi-finale et en finale. Et, pour sa deuxième olympiade, Julia est, toujours, la benjamine de la finale du 200 mètres brasse ! En revanche, elle s’exprime moins bien sur 100 mètres, et ce n’est que dans le relais quatre nages qu’en 1’4’’98, elle montre son potentiel, reprenant la Japonaise et l’Australienne, et amenant la Russie (finalement 4e) à la 2e place. Aux championnats du monde 2013 de Barcelone, Efimova continue de progresser ; elle gagne le 200 mètres brasse devant Rikke Moeller Pedersen qui a battu le record mondial en qualifications. Elle-même amène son record de Russie à 2’19’’41. Sur 50 mètres, elle améliore le record du monde en séries en 29’’78, Meilutyte l’amène à 29’’48 en demi, mais Efimova gagne la finale, en 29’’52. Sur 100 mètres, elle est 2e en 1’5’’02 (Meilutyte l’emporte en 1’4’’42). Sur 200 mètres brasse, on l’a dit, Rikke Moeller-Pedersen efface le record mondial en demi, avec 2’19’’11. Dans la seconde demi-finale, Efimova affirme ses prétentions à son tour, approche ce temps, avec 2’19’’85. La finale se jouera à deux, la troisième étant deux longueurs derrière. Moeller Pedersen lance la course de sa nage longue, glissée et puissante mais ne peut tenir le rythme à l’issue du dernier virage, et Efimova, dans la dernière longueur, lance un sprint cadencé et l’emporte, en 2’19’’41. Ce jour là, elle est devenue la meilleure nageuse de brasse au monde. Enfin, dans le relais quatre nages, Efimova compense une contre-performance de Daria Ustinova, la dossiste, 6e, et va reprendre quatre places, dévorant littéralement quatre nageuses, nageant 1’4’’82. Les Russes finiront 3e et médaillées de bronze.

Mais le conte de fées va tourner court. En octobre 2013, Julia Efimova subit un test de dépistage de produits dopants. Or il s’avère qu’elle a consommé de la DHEA, un produit diététique a priori commun, mais inscrit sur la liste des produits interdits en raison de ses capacités anaboliques. Elle clame avoir été trompée par un commerçant de produits diététiques. Cela n’en démontre pas moins de sa part une grande légèreté, tous les champions ayant été avertis des enjeux et qu’ils ont en ce domaine un devoir de prudence. Vraie ou fausse dopée, elle en prend pour seize mois, et les records en petit bassin qu’elle a battus entre octobre et janvier, date de la publication des rapports, et notamment des victoires désormais maudites en face de Meilutyte, sont effacés. Elle est « le » 20e Russe à être « pris » aux contrôles depuis que ce pays a obtenu l’organisation des mondiaux à Kazan. Après son temps de pénitence, n’ayant jamais cessé de s’entraîner avec Dave Salo, à Los Angeles, qui l’a prise en mains depuis 2011, elle effectue un retour en fanfare : 30’’39 au 50 mètres, 1’5’’89 au 100 mètres, 2’22’’12 au 200 mètres, triple titre aux championnats de Russie. Mais sa grande adversaire, Meilutyte, affirme sa déception : « je ne crois plus en l’honnêteté de Julia », dit-elle. La plus belle nageuse du monde est-elle une tricheuse ?

HENRI DECOIN, NAGEUR ET CINEASTE

DECOIN [Henri] Natation. (Paris, 18 mars 1890-Paris, 4 juillet 1969). Plus connu pour sa brillante carrière de cinéaste, Henri Decoin fut champion de France du 500 mètres en 1911, sélectionné olympique en 1908 et en 1912, et répondit à quatre sélections en natation et deux en water-polo. Aviateur pendant la Grande Guerre, journaliste de sport à L’Auto, il est lancé dans le cinéma par un roman de boxe, Quinze Rounds, et un scénario de film sur le Cyclisme, Les Rois de la Pédale. Mais rien sur la natation, dont s’emparera Jean Vigo filmant Jean Taris ! Il fut l’un des meilleurs réalisateurs (40 films entre 1936 et 1958) et scénaristes, dirigeant des acteurs comme Jean Gabin, Lino Ventura, Danielle Darieux, Jeanne Moreau… Parmi ses films, Razzia sur la Schnouf, Le Feu aux poudres, Abus de Confiance, Bonnes à Tuer.

FRED DE BURGHGRAEVE, FLAMME FLAMANDE

par Eric LAHMY                                                 Vendredi 29 Mai 2015

 DEBURGHGRAEVE [Frédérik « Fredje » Edouard Robert] Natation. (Poelkapelle, 1er juin 1973-). Belgique. Champion d’Europe (1995), olympique (1996) et du monde (1998) du 100 mètres brasse. Entraîné dans sa ville de Roselaere où il débute à huit ans avec son père, celui-ci le confie bientôt à Ronald Gaastra. Les conditions d’entraînement ne sont guère reluisantes. Gaastra vit à 100km de Roselaere et, en-dehors d’une visite hebdomadaire, il communique les séances par téléphone. De fait, le père de Frédéric demeure son principal motivateur. Fred est le plus ancien de club, il se prépare plus ou moins seul et n’a aucun nageur à sa mesure. Il n’est guère un colosse, avec ses 61kg pour 1,76m. Malgré cela, « Fred Rocket » se glisse parmi l’élite mondiale. Il est double médaillé de bronze en brasse aux championnats d’Europe juniors en 1990. Il participe aux Jeux de Barcelone sur 100 mètres brasse et dans le relais quatre nages. Aux mondiaux 1994, à Rome, il est encore 3e, mais chez les grands cette fois, sur 100 mètres brasse, en 1’1’’79, derrière deux Hongrois, Norbert Rozsa, 1’1’’24, et Karoly Guttler, 1’1’’44. Un an plus tard, aux championnats d’Europe, il remporte l’or du 100 mètres brasse, distance sur laquelle il sera invaincu la saison, en 1’1’’12 devant Guttler, 1’1’’38, et le Russe Andrej Korneiev, 1’1’’79 ; et s’empare du bronze sur 200 mètres où l’ordre du 100 est inversé, Kornejev, 2’12’’62, Guttler, 2’12’’95, Deburghgraeve, 2’14’’01. Aux Jeux d’Atlanta, il améliore le record du monde en séries, avec 1’0’’60. En finale (1’0’’65), il devance de justesse l’Américain Jeremy Lynn, 1’0’’77. Il est le seul champion olympique de natation belge à ce jour. En 1998, à Perth, en Australie, il enlève le titre mondial du 100 mètres brasse, net vainqueur en 1’1’’34 devant un paquet de nageurs dont le Chinois Zeng Qiliang, 1’1’’76, et l’américain Kurt Grote, 1’1’’93. . Il a établi par ailleurs des records du monde en petit bassin, dont un 58’’79 en 1998, à l’US Open. Marié en mai 1998, père d’un petit garçon, Bartle, né le 13 septembre 1999, Deburghgraeve, bien qu’un excellent compétiteur qui sait parfaitement se préparer pour un événement donné, ne peut retrouver une forme qui le satisfasse et décide d’arrêter sa préparation à quelques mois des Jeux olympiques de Sydney, en 2000. Devenu chausseur de profession.

INGE DE BRUIJN, PIONNIÈRE INCOMPRISE DU 21éme SIÈCLE

par Eric LAHMY                                              28 Mai 2015

DE BRUIJN [Inge] Natation. (Barendrecht, 24 août 1973-). Pays-Bas. Entraînée à Eindhoven par Jacco Verhaeren et aux Etats-Unis par Paul Bergen, après des années à fréquenter les places d’honneur, cette Néerlandaise change de statut et s’impose rapidement mais sur le tard, à 26 ans, comme la meilleure nageuse du monde, dans le même temps que son compatriote et camarade d’entraînement Pieter Van den Hoogenband. Inge a sept ans quand elle découvre son talent de nageuse. Ses parents l’aident et l’encouragent, et la voici qui dispute son premier meeting international à 12 ans. Elle collectionne les sélections nationales dès 1991, année où elle est championne d’Europe avec le relais quatre fois 100 mètres, 2e du 100 mètres papillon en 1’1’’64 derrière Catherine Plewinski, 1’0’’32, et 3e des 50 mètres et du relais 4 fois 100 mètres quatre nages. En 1992, une intoxication alimentaire ruine ses prétentions olympiques, mais elle finit 8e du 50 mètres et 10e sur 100 mètres papillon. Pendant plusieurs saisons, elle collectionne des places de finalistes dans les grandes compétitions, et même quelques podiums (3e sur 50 mètres aux championnats d’Europe 1993). Mais elle a perdu toute ambition et commence à sauter les entraînements. Elle est même exclue (pour nonchalance) de l’équipe nationale en 1996 par son entraîneur et fiancé, Jacco Verhaeren ! C’est dans l’Oregon, sous les ordres de Paul Bergen, que, dès 1997, De Bruijn change à la fois son attitude mentale, la forme de sa nage – optant pour un crawl « moulin à vent » avec un retour aérien bras tendus – et sa condition physique, pour devenir non seulement la meilleure nageuse du monde, mais aussi celle qui révolutionne les performances en sprint.

En 1998, sa transformation est en cours, mais tout ce travail auquel elle se soumet n’a pas encore porté ses fruits ; elle existe à peine au plan mondial, même si elle lance le relais 4 fois 100 mètres néerlandais en 55’’85 ; elle atteint la finale du 100 mètres des mondiaux de Perth en Australie, où elle termine 8e et dernière en 56’’69. Dans le relais quatre nages, ses 59’’66 sont juste honorables. Pour beaucoup, elle reste cette surdouée trop émotive et pas assez stable pour conduire sa carrière de manière exigeante. Mais l’année suivante, il en va autrement.

LA GRANDE METAMORPHOSE DE L’AN 2000

Championne d’Europe 1999 sur 50 mètres libre et 100 mètres papillon, 2e du 100 mètres nage libre, ce ne sont que prémisses. Elle effectue une saison 2000 impressionnante : sur 50 mètres nage libre, elle égale le record du monde de Linyi Le, vieux de six ans, 24’’51, le 26 mai à Sheffield, l’amène à 24’’48 le 4 Juin aux sélections néerlandaises, à 24’’39 le 10 juin aux sélections brésiliennes à Rio, enfin à 24’’13 en demi-finales des Jeux olympiques de Sydney, où elle gagne aussi la finale en 24’’32 devant Therese Alshammar, 24’’51, et Dara Torres, 24’’63. Sur 100 mètres, elle entame sa conquête également à Sheffield, en devenant la première femme « sous » les 54’’, avec 53’’80 le 28 mai. Aux Jeux olympiques, elle est la seule en moins de 55’’ en séries, la seule en moins de 54’’ avec 53’’77 en demi-finales, le 20 septembre, et elle gagne la finale en 53’’83 devant Therese Alshammar, 54’’33, et Jenny Thompson et Dara Torres ex-æquo en 54’’63. Sur 100 mètres papillon, toujours à Sheffield, elle bat le record mondial de Jenny Thompson d’une grosse seconde, 56’’69 contre 57’’88, nage ensuite la distance en 56’’64 le 22 juillet et enfin en 56’’61 en finale olympique à Sydney le 17 septembre. Son parcours olympique sur 100 mètres papillon est des plus impressionnants, car elle gagne ses courses d’une longueur, s’emparant du record olympique en demi-finale en 57’’14, puis dominant la finale où Martina Moravcova, 2e, 57’’97, et Dara Torres, 3e, 58’’20, sont respectivement à deux et trois mètres. Toujours aux Jeux, elle emmène le relais quatre fois 100 mètres néerlandais à la médaille d’argent. Quand elle plonge, les Pays-Bas se trouvent en 6e position, et De Bruijn (53’’41) remonte l’Australie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la Suède.

L’année suivante, elle enlève les 50 mètres (24’’47) et 100 mètres (54’’18) nage libre ainsi que le 50 mètres papillon (25’’90), toujours par des marges inusitées sur ses suivantes, aux championnats du monde de Fukuoka. Elle est élue meilleure nageuse du monde. Plus le temps passe, plus elle fait sa niche dans le sprint pur. Elle remporte 50 mètres libre (24’’47) et 50 mètres papillon (25’’84) aux mondiaux 2003, à Barcelone. Aux Jeux d’Athènes, en 2004, elle conserve le titre du 50 mètres en 24’’58, loin devant la Française Malia Metella, 24’’89, et l’Australienne Lisbeth Lenton, 24’’91, mais elle ne domine plus vraiment. En mars, une Australienne, Lisbeth Lenton, a battu son record du 100 mètres libre en 53’’66. Inge domine les séries olympiques en 54’’43, mais tout le monde a nagé en se réservant un peu. Dans la première demi-finale, Lisbeth Lenton, petit drame, nage en 55’’30. Dans la seconde, une autre Australienne, Jody Henry, détruit le record du monde en 53’’52. De Bruijn est à un mètre, 54’’06. En finale, Henry ne renouvelle pas l’exploit, mais l’emporte, 53’’84 contre 54’’16. Inge, battue, est nettement devant Coughlin, 54’’40. Sur 100 mètres papillon, elle est 3e en 57’’99 derrière une Australienne, Petria Thomas, 57’’72, et une Polonaise, Otylia Jderzejczak, 57’’84. Ces temps, éloignés de sa grande forme de Sydney, montrent qu’Inge n’est plus ce qu’elle était. Elle enlève quand même aussi le bronze avec le relais 4 fois 100 mètres, où elle nage un bon 53’’37 lancé. Elle annonce sa retraite au début 2007, alors qu’elle n’a plus nagé depuis deux saisons et demie.

UN PHYSIQUE DE MANGAS

ENTRAINEMENT.- Dès 1997, Paul Bergen créa pour Inge de Bruijn un entraînement innovant. Il transforme son style en s’appuyant sur les découvertes qu’il a faites du style, alors fort décrié, de Janet Evans, qu’il juge innovant, et la soumet à des exercices de musculation et de force dont on vit apparaître les premiers résultats aux championnats d’Europe 1999. Quand, à 26 ans, à l’approche des Jeux olympiques de Sydney, alors qu’en raison de son âge, on pensait qu’elle se trouvait sur la pente descendante, elle réalisa un bouquet de performances, elle fut accueillie – entre autres – par des doutes fortement exprimés. L’Australienne Susie O’Neil parla de performances « assez suspectes. » D’aucuns évoquèrent une nouvelle Michelle Smith, c’était parler à la légère. Smith n’avait jamais été ni douée, ni taillée pour la natation. Inge, elle, était une fille au physique assez sensationnel, très grande blonde, très fine et athlétique, sculpturale voire spectaculaire – immenses yeux bleus et cheveux blonds par-dessus le marché  – avec quelque chose d’irréel dans ses proportions, qui évoque un personnage d’heroïc fantasy ou d’urban comics, sorte de Tarzanette, de Wonderwoman ; en outre très douée, mais qui n’avait pas donné jusque là sa pleine mesure. Plutôt que les produits illicites, c’était ses séances  gymniques ou avec poids et haltères, ses grimpers de corde, ses séances d’arts martiaux, de nage avec chaussures pour ajouter du poids. Pour elle, son éviction de l’équipe olympique en 1996 fut aussi une bonne chose. « Pendant un an, je ne nageai pas. Je m’ennuyais à nager. Quand je revins, j’employais mes talents à fond. » A son sommet, cependant, émaciée par l’entraînement et la recherche d’un poids maigre, son ossature faciale privée de chair pour l’habiller, comme sculptée, lui donnait une apparence impressionnante, beauté insolite, quasi surnaturelle ; ses muscles détachés, en relief, furent autant de détails sur lesquels on s’appuya aussi pour l’accuser et le descendre. De Bruijn, personne émotive, a raconté qu’elle dut se protéger de ces attaques en refusant de lire les journaux. Aujourd’hui, il est démontré que ces procès étaient injustifiés. Dara Torres, puis d’autres nageuses, ont réutilisé les méthodes de De Bruijn, qui sont entrées en quelque sorte dans la culture de la natation. Mais les doutes renaissent à chaque avatar : on montra ensuite du doigt Torres, et c’est maintenant le tour de Katinka Hosszu.

PENNY DEAN, LA MER EST SON ROYAUME

par Eric LAHMY                                                               23 Mai 2015

DEAN [Penny Lee] Natation. États-Unis. Nageuse de longues distances. Elle nageait depuis l’âge de vingt mois, à San Francisco et à Santa-Clara. Elle échoua de quelques mètres, écolière de dix ans, dans la traversée du Golden Gate. Elle réalise sa grande carrière malgré une anomalie (absence d’artère antérieure au bras gauche). Écolière, elle est « All American » à six reprises. En 1976, ce petit bout de femme de 57kg pour 1,57m réussit le « raid » du détroit de Catalina en 7h15’55’’, une heure et quart moins vite que le record établi, l’aller-retour en 20h3’ l’année suivante. Elle est célèbre surtout par ses traversées de la Manche, établisant un record (battu de 1h5’) de la traversée d’Angleterre vers la France, en 7h40’, qui tiendra seize ans, et sera amélioré par son élève Chad Hundeby en 1995. Une année d’activité intense, 1979, où elle gagne un grand nombre de traversées, lui permet d’accumuler 1000 points de plus que sa suivante au clasement du championnat du monde professionnel. Elle doit se retirer de la compétition suivant une prescription médicale et devient entraîneur de l’équipe américaine de longues distances (1984-1988), puis enseignante et entraîneur en chef au Collège Pomona, elle écrit divers livres sur la natation de longue distance (« Comment nager le marathon » et « Histoire des traversées du Catalina »). Licenciée en droit depuis 1996, année où elle est élue au Swimming Hall of Fame.

Ouvrages : Just Try One More (autobiographie). Open Water Swimming: a Complete Guide for Distance Swimmers and Triathletes.

VICTOR DAVIS, LA NAGE ET LA RAGE

Par Eric LAHMY                                                       Dimanche 17 Mai 2015

DAVIS [Victor] Natation. (Guelph, Ontario, Canada, 10 février 1964-Montréal, 13 novembre 1989). Canada. Ce fier compétiteur assimilait une deuxième place à une défaite. On peut croire que c’est ce tempérament fougueux qui va faire de lui le meilleur nageur de brasse de 1982 à 1986. Victor Davis est un guerrier doublé d’un hyperactif et d’un tempérament véhément avec quelque chose de chaloupé et de dur à cuire, parfois menaçant, dans sa démarche. « Il am not a fighter, I am a prizefighter », lance-t-il dans un jeu de mots qui ne rend pas en français : « je ne suis pas un combattant, je suis un boxeur professionnel. » Quelque chose dans ses gènes, d’un grand-père qui a disputé les Jeux olympiques dans l’équipe canadienne de boxe ? Pourtant, on se demande comment il peut produire de telles performances. Ne souffre-t-il pas d’une spina bifida, une malformation (développement incomplet) de la colonne vertébrale, d’hypertrophie de la rate, et d’une incapacité à calmer ses états de rage quand les choses vont mal ? Il plonge dans les lacs de sa région avant de rejoindre le Guelph Marlin Aquatic Club, à Waterloo, en 1976, à la demande de Clifford Barry, qui restera son entraîneur jusqu’à la fin de sa carrière, en juillet 1989. Son entrée sur la scène internationale, à 17 ans, est marquée par sa fracassante victoire, aux championnats du monde de Guayaquil, en Equateur, sur 200 mètres brasse avec un record du monde, 2’14’’77, loin devant le Russe Robertas Zulpa. Il s’intercale, sur 100 mètres brasse, avec 1’2’’82, entre les deux Américains, Steve Lundquist, 1’2’’75, et John Moffet, 1’3’’13.  Deux mois plus tard, en octobre, à Brisbane, aux Jeux du Commonwealth, il gagne sur 200 mètres brasse (2’16’’25). Il est aussi 2e du 100 mètres brasse (1’3’’18) derrière Adrian Moorhouse, Grande-Bretagne, 1’2’’93. Il se fait aussi remarquer par son caractère, et, épaulé par un autre bagarreur, Peter Szmidt, mène l’équipe canadienne dans une ambiance de combat face à la suprématie qu’il trouve arrogante des Australiens. Quand le relais quatre nages canadien se fait éliminer pour prise de relais incorrecte, sa véhémence s’exprime ; il balance à coups de pieds une chaise d’arbitre sous le regard de la reine Elizabeth II. En-dehors des relais, les Canadiens tiennent d’ailleurs la dragée haute aux Australiens, qui ne dominent guère que chez les femmes, et, outre Davis, les Canadiens, Mike West (100 mètres dos), Cameron Henning (200 mètres dos), Dan Thompson, (100 mètres papillon) et Alex Baumann (200 mètres et 400 mètres quatre nages), enlèvent la moitié des titres individuels masculins. En 1983, Davis, victime d’une mononucléose, ne nage pratiquement pas. Aux Jeux olympiques de 1984, à Los Angeles, sur 200 mètres brasse, où l’absence de Moffet, son seul rival sérieux, blessé, le laisse seul, face au record mondial qu’il a amené à 2’14’’58 un mois plus tôt aux trials canadiens, Victor passe en tête (30’’43) au premier virage, est en avance sur le record au deuxième (1’3’’83), puis au troisième (1’38’’67), et il conclut très fort, en 2’13’’34, loin devant un excellent Glenn Berringen, Australie, 2’15’’79. Sur 100 mètres, il améliore son temps d’une pleine seconde mais doit laisser l’or à Steve Lundquist, 1’1’’99 contre 1’1’’65 ; il enlève avec l’équipe canadienne, l’argent du relais quatre nages, où les trois premiers relayeurs, West (56’’61), Davis (1’2’’33) et Ponting (54’’01), accumulent une avance de plus de deux secondes et où en crawl, Sandy Goss (51’’28), parvient à conserver deux centièmes sur le furieux retour de l’Australien Mark Stockwell (49’’16) : temps final, Canada, 3’43’’23, Australie, 3’43’’25… tandis que les USA battent le record du monde en 3’39’’30.

Les victoires de Davis, d’Alex Baumann et d’Ann Ottenbrite à Los Angeles rompent une période de soixante-douze années sans médaille d’or olympique en natation, pour le Canada – depuis, en fait, que George Hodgson a réussi à Stockholm en 1912 le doublé du demi-fond : 400 et 1500 mètres. Davis pense alors qu’il peut nager le 200 mètres brasse en 2’10’’ mais il n’atteindra jamais cet objectif. Fin juillet 1982, aux Jeux du Commonwealth, à Edinburgh, en Ecosse, il l’emporte sur 100 mètres brasse en 1’3’’01 contre 1’3’’09 devant Adrian Moorhouse qui lui rend la monnaie de sa pièce, l’emportant sur la distance double, 2’16’’35 contre 2’16’’70. Les Canadiens enlèvent le relais quatre nages. Deux semaines plus tard, aux mondiaux à Madrid, Davis montre que les résultats d’Edinburgh, ne sont pas accidentels, puisqu’à l’encontre du schéma habituel, il enlève le 100 mètres brasse en 1’2’’71 (après disqualification de Moorhouse, il est vrai, arrivé en 1’2’’01, pour mouvement de dauphin au virage du 50 mètres), et finit second, derrière le Hongrois Jozsef Szabo, dans des temps certes relevés, 2’14’’27 contre 2’14’’93, sur 200 mètres brasse. Cette tendance à nager plus vite, mais à moins bien tenir la distance, va s’aggraver en 1988, quand Davis, toujours entraîné par Barry, qu’il a suivi en 1986, à Pointe-Claire (Montréal), ne peut pas se qualifier pour le 200 mètres brasse des Jeux de Séoul. En revanche, il dispute sa chance sur 100 mètres brasse. Mais s’il se qualifie avec le 2e temps derrière Adrian Moorhouse, il ne trouve pas le surcroit de vitesse nécessaire en finale, et échoue à la 4e place. S’il ne nage pas plus vite que 1’2’’38, Davis va, six jours plus tard, dans le relais quatre nages, avaler la distance en 1’0’’90, lancé, exploit qui lui aurait donné l’or si nagé dans la course individuelle, et, reprenant un mètre à Volkov qui l’a devancé pour le bronze individuel, permet au Canada, derrière les imbattables USA, 3’36’’93, de devancer les Russes, en 3’39’’28 contre 3’39’’96.

Le 5 juillet 1989, Victor Davis annonce officiellement qu’il prend sa retraite. Il désire créer son entreprise, liée aux métiers de la natation. Le 11 novembre, à la sortie d’une boite de nuit, à Montréal, il est projeté à vingt mètres par une voiture dont le conducteur, Glen Crossley, prend la fuite. Fracture du crâne, hémorragie cérébrale, blessures à la colonne vertébrale, Davis meurt deux jours plus tard. Il s’avère qu’un peu plus tôt dans la soirée, une altercation l’avait opposé à Crossley. Celui-ci, étrange mansuétude des juges, s’en sortira avec quatre mois de prison ! Conformément aux vœux de Victor, exprimés à son père, des organes furent prélevés sur son corps.

Victor Davis a emporté 31 titres de champion du Canada.

Un film, Victor, a raconté la vie de Victor Davis, et un documentaire de 1983, « The Fast and the Furious », a présenté les trajectoires croisées de Davis et d’Alex Baumann.

LA VIE RICHE ET COMPLIQUÉE DE SHARRON DAVIES

Vendredi 15 Mai 2015

DAVIES [Sharron Élizabeth] Natation. (Plymouth, 1er novembre 1962-). Grande-Bretagne. Médaillée d’argent du 400 mètres quatre nages (4’46’’83) des Jeux de Moscou en 1980 – derrière l’Allemande de l’Est Petra Schneider, 4’36’’29, qui, plus tard, souffrira de mille maux des suites de son dopage par le système de la RDA – c’est un talent précoce, la plus jeune membre de l’équipe olympique britannique en 1976 à Montréal (elle n’a pas encore 14 ans), la championne du Commonwealth des 200 et 400 mètres quatre nages en 1978. Belle fille (1,80m, 67kg) manifestement consciente de ses atouts physiques, et parfois de ses limites (d’où des implants mammaires après la naissance de son premier enfant) qui lui ont permis de jouer les mannequins et de s’infiltrer de façon durable dans les media télé, elle sait jouer de ses armes, ne se ménage pas pour relancer son image, retourne par exemple à la compétition, après neuf ans d’absence, entre 1989 et 1992. Elle vit avec le judoka Neil Adams qui l’abandonne subitement pour épouser une coiffeuse. Elle se marie alors avec un enseignant d’entrainement physique, John Crisp (1987-91), épouse en secondes noces  l’athlète Derek Redmond, champion du monde sur quatre fois 400 mètres qu’elle a rencontré à Barcelone en 1992, divorce en 2000, épouse en troisièmes noces Tony Kingston, un pilote de la British Airways, père de son troisième enfant, qu’elle quitte en 2009. Toujours impliqué dans le fitness elle vit depuis dans une petite ville millénaire, Bradford-on-Avon et patronne des associations caritatives en faveur de l’enfance déshéritée. E.L.