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HUIT JEUNES RUSSES EN QUÊTE D’OR ET D’ARGENTINE

Éric LAHMY

Lundi 17 Septembre 2018

La Russie délèguera huit nageurs (équipe complète) aux Jeux olympiques de la Jeunesse 2018, (les troisièmes Jeux d’été) qui se tiendront à Buenos Aires, en Argentine du 6 au 18 octobre. En tête de cette liste, Kliment Kolesnikov, le jeune recordman du monde du 50 mètres dos en 24 secondes juste, aux championnats d’Europe, cet été. Autres sélectionnés, Andrei Minakov, médaillé d’argent du 100 mètres des championnats d’Europe Juniors d’Helsinki, et Elizaveta Klevanovich, deuxième sur 50 et 100 mètres à ces mêmes championnats juniors derrière la Britannique Freya Anderson.

Seize équipes, en fonction de leurs places aux championnats du monde 2017. Non seulement l’équipe russe est d’une qualité indiscutable, mais elle devrait avoir sa tâche facilitée par le fait que plusieurs fédérations ont envoyé à ces jeux des formations de seconde zone. Danil Markov, Daris Vaskinas, gagnante des 50 et 100 dos à Helsinki,  Anastasia Makarova, championne d’Europe junior du 200  brasse, Vladislav Gerasimenko (50 et 100 brasse), et Polina Egorova, 11e du 200 dos des championnats d’Europe seniors, complètent l’équipe, qui, aux Jeux olympiques de la Jeunesse 2014, ont fini 2e derrière la Chine avec six médailles d’or, quatre d’argent et trois de bronze.

UN CONCEPT NOUVEAU, LE SPORT DES JEUNES DANS UNE NATATION QUI VIEILLIT

Le concept des Jeux olympiques de la Jeunesse, imaginé et en tout cas défendu par Mr Jacques Rogge, le précédent président du Comité International Olympique, vise à organiser une compétition bâtie sur le prototype des Jeux olympiques, mais réservée aux sportifs de 14 à 18 ans. Ces jeux se disputent tous les quatre ans, les années paires en décalage avec celles des Jeux.

Je ne sais quelle réflexion a fait germer cette idée dans l’esprit de Mr Rogge, un très remarquable dirigeant olympique, qui se fit remarquer par sa décision, sans précédent, de loger au village olympique, parmi les athlètes, quand ses prédécesseurs étaient attachées aux suites d’hôtels cinq étoiles.

Peut-être décline-t-elle de la professionnalisation de l’olympisme voulue par Juan Antonio Samaranch en 1980. Cette professionnalisation du sport a conduit à de plus longues carrières, les champions, désireux de vivre de leurs talents athlétiques retardant leur retraite.

Dans le modèle précédent, les talents majuscules arrêtaient le sport, aux Etats-Unis à 22 ans, c’est-à-dire à la fin du cursus général universitaire, le plus souvent parce qu’ils ne trouvaient pas une structure organisée prête à les accueillir et à faire prospérer leurs talents. C’est ce qui arriva à Mark Spitz, lequel prit sa retraite à 22 ans, après avoir raflé ses sept médailles d’or aux Jeux de Munich, parce que les millions de dollars qui lui étaient offerts à la suite de son exploit le rendaient « inéligible » aux Jeux olympiques suivants.

En sens contraire, un Michael Phelps ou un Ryan Lochte n’auraient pu nager facilement au-delà de 22 ou 23 ans, ce qui veut dire qu’ils auraient abandonné le sport après les Jeux de Pékin, en 2008…

Bien entendu, le professionnalisme et la présence d’ « ancêtres » qu’il induit dans les équipes nationales change la composition des équipes olympiques, et prévient assez souvent des talents nouveaux d’apparaître et de fleurir dans la compétition internationale. Les jeunes qui arrivent sont barrés non seulement par le talent des anciens surdoués, mais aussi par le fait que leur statut professionnel des nageurs en place leur ouvre a priori de meilleures conditions de préparation. A condition, bien entendu, de garder leur enthousiasme…

On ne peut guère trouver beaucoup de jeunes de valeur barrés à l’international en France, la densité n’est pas assez grande pour cela. Le phénomène en revanche joue à plein aux USA, aggravé ensuite par le fait que seulement deux nageurs par nation et par épreuve sont tolérés, alors qu’il y a trois places de podium aux Jeux.

Il est rare chez les filles, qui ont sans doute plus de mal à devenir professionnelles, Dana Vollmer 29 ans, étant la seule « vieille » nageuse qualifiée aux Jeux de Rio. Et qui remet ça pour 2020 !

Mais pour ne prendre que les sélections olympiques US pour les Jeux olympiques de Rio, on a pu voir plusieurs nageurs de 25 ans et plus se qualifier, ainsi David Plummer, 31 ans, sur 100 dos, Anthony Ervin, 35 ans, sur 50 libre, Nathan Adrian, 28 ans, sur 50 et 100 mètres ; Ryan Lochte, 32 ans, sur 200 quatre nages et quatre fois 200 mètres ; Conor Dwyer, 27 ans au 400 ; Connor Jaeger, 25 ans. Sur 400 et 1500 mètres, 200 4 nages : Michael Phelps, sur 200 quatre nages, 100 papillon, 200 papillon et les relais.

Bien entendu, à chaque fois, il y avait derrière des nageurs moins expérimentés qui ne passaient pas. Et qui, pour la plupart, n’iraient jamais aux Jeux olympiques…

…Dès lors, des compétitions internationales de jeunes se justifient-elles ? On peut le penser, tout en notant quand même que la natation reste un sport d’épanouissement précoce, et que des Meilutyte ou Franklin ou Ledecky championnes olympiques, ou des Kolesnikov champions du monde ont été paradoxalement des vainqueurs en seniors avant de s’essayer en juniors.

Il y a aussi un phénomène qui est celui de la dévaluation du titre olympique (comme du titre mondial d’ailleurs). Il suffit de voir les innombrables titres d’articles de journaux de son pays ou d’ailleurs évoquant en 2014 le « champion olympique » du 800 mètres alors qu’il était le « champion olympique de la jeunesse », ce qui est formidable certes mais n’est pas la même chose…

Au total, les matches de jeunes permettent de conserver l’intérêt des 14-18 ans qui, malgré leur valeur, ne peuvent accéder précocement à l’international chez les adultes. Ils trouvent dans ces compétitions l’émulation nécessaire et les relais qui les amèneront à s’imposer à leur tour, si, bien entendu, les petits poissons ne les mangent pas en route.

MEETING DE DOHA (3) SARAH SJÖSTRÖM GAGNE DEUX 100 SANS ÊTRE À CENT POUR CENT

Éric LAHMY

Samedi 15 Septembre 2018

Sarah SJÖSTRÖM a commencé sa soirée de Doha par une victoire de très bonne qualité sur 100 mètres papillon, avec 56s46, alors qu’on se trouve en fin de saison.  

Ce temps, réalisé à Doha, pulvérise le record de la « Coupe du monde », qu’elle détenait avec 57s42 pour l’avoir nagé à Kazan, en Russie, six jours plus tôt, et qui n’a, si je puis me permettre, qu’une bien faible signification.

[Je soupçonne la FINA d’avoir fait nager ces compétitions en grand bassin uniquement pour le plaisir d’annoncer des records de Coupe parce qu’en petit bassin, c’est presque mort !

C’est malcieux. Et ça marche, le monde entier des médias colporte les innombrables « records de Coupe du monde » qu’on prendrait si on n’y prenait garde pour des records du monde.]

En fait, ce qui valorise le temps de Sarah, ce n’est pas qu’il bat le record de la Coupe du monde ou qu’il égale (c’est le cas) le record du monde junior (de Penny OLEKSIAK), mais bien qu’il approche surtout d’une seconde, à deux centièmes près, le record mondial, le vrai, celui-là, qu’elle-même détient avec 55s48, depuis la finale olympique des Jeux de Rio de Janeiro, au Brésil, le 7 août 2016.

SJÖSTRÖM a nagé plus vite qu’à Doha cette année, ainsi en 56s23 aux championnats d’Europe de Glasgow, où elle laissa ses suivantes à une confortable longueur de corps.

Par compétitions interposées (elles ne se sont pas rencontrées cette année) SJÖSTRÖM a entamé une sorte de bras de fer avec la jeune Japonaise Rikako IKEE, qui a signé un fort 56s08 (record du Japon) aux PanPacifics. IKEE, il est vrai, était opposée à des « pointures » supérieures à celles rencontrées par la Suédoise en Europe, puisque Kelsy (WORRELL) DAHLIA et Emma MCKEON nageaient 56s44 et 56s54, et cela a certainement joué pour l’amener à pousser les feux.

A Doha, SJÖSTRÖM est passée vite, en 26s24, pas très loin de ce qu’elle avait fait à Rio (26s01). Mais comme elle ne disputait pas hier les Jeux olympiques et que le 100 mètres libre l’attendait dans la soirée (au-delà d’une toujours possible fatigue physique), elle pouvait se contenter de ne pas tenir le rythme ou l’amplitude – ou les deux – et, à l’arrivée, laisser de toute façon sa suivante, la Belge Kimberley BUYS au niveau de son battement simultané de dauphin…

Son temps est de toute façon bien meilleur que, quelques jours plus tôt, ses 57s42 de Kazan, où elle avait déploré la difficulté de se concentrer sur des courses de meeting, sans réel enjeu…

49 minutes après son 100 papillon, SJÖSTRÖM s’imposait sur 100 libre, en 53s13, à peine moins vite qu’à Kazan où avait réalisé 52s99. Drôle de course en accordéon, Sarah s’échappant d’emblée et utilisant son énorme supériorité de vitesse pure pour passer nettement devant HEEMSKERK et KROMOWIDJOJO, 25s32 contre 25s80 et 26s04. Mais dans les derniers mètres, les deux Néerlandaises qui se battaient pour l’argent, effectuaient un fort rapproché de la Suédoise qui n’avait plus, sur le mur, que 16 et 21/100e d’avance.

La course donna un possible aperçu du prochain relais quatre fois 100 mètres des Pays-Bas, avec quatre filles néerlandaises dans l’ordre derrière l’invincible SJÖSTRÖM.

Ce relais est un peu une légende, il a été plus d’une fois record(wo)man du monde, champion olympique en 2008, vice-champion olympique en 2012, 4e en 2016 après avoir été 3e en 2004. Mais en août dernier, il a été dépossédé du titre européen par un quatuor français, en 3’34s65 contre 3’34s77. Que quatre Néerlandaises dont trois du relais européen soient présentes à Doha signifie-t-il que les Néerlandaises éguisent les couteaux pour une revanche??

Le reste des festivités fut du tout venant meeting, si ce n’est que Chad LECLOS, malade et indisposé la veille, revint dans la compétition. HOSSZU effectua un triplé,  800m, 200m dos 200m quatre nages, dans des temps corrects mais sans affoler les chronos, et les brasseurs russes dominèrent.

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Blake PIERONI, USA, 1’47s20. 100 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 53s68 ; 2. Michael ANDREW, USA , 54s11. 200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, Russie, 2’8s77 (30s53 ; 1’3s66 ; 1’36s46); 2. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’11s21; 3. Kirill PRIGODA, Russie, 2’11s61. 50 papillon : 1. Andrii GOVOROV, Ukraine, 22s82 ; 2. Michael ANDREW, USA, 23s21; 3. Ryan COETZEE, Afrique du Sud, 23s54 ; 4. Vladimir MOROZOV, Russie, 23s65. 400 4 nages : 1. David VERRASZTO, Hongrie, 4’13s40; 2. Maksym SHEMBEREV, Azerbaïdjan, 4’13s81 ; 3. Tomas PERIBONIO AVILA, Equateur, 4’17s02.

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 53s13 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 53s29 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 53s34; 4. Kim BUSCH, Pays-Bas, 54s81; 5. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 55s44. 800 libre : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 8’34s58; 2. Chanzen ZHOU, Chine, 8’35s67. 200 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’11s. 50 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s43. 100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 56s46 ; 2. Kimberley BUYS, Belgique, 58s23. 200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’11s57 ; 2. Julia EFIMOVA, Russie, 2’13s60.

MEETING DE DOHA (2): DERRIERE PIERONI ET ANDREW, MOROZOV EST A DEUX DOHA DE L’EMPORTER

Éric LAHMY

Vendredi 14 Septembre 2018

Un qui prend son rôle de pro de la natation, c’est Blake PIERONI. Rasé, poncé, lissé, l’Américain de 23 ans qu’on voit souvent les joues bleuies et le poil hirsute, arborait une peau de bébé ; il a gagné le 100 mètres du meeting de Doha, dans la deuxième journée, d’assez peu devant son aîné de trois années Vladimir MOROZOV. PIERONI  nageait à la ligne 4, MOROZOV, qui avait pris ses aises en série, à la deux, et tous deux prirent un excellent départ. PIERONI, à la sortie de la coulée, devançait déjà le Belge TIMMERS, à la ligne adjacente. Il conservait un rythme élevé de sa nage asymétrique, respiration à droite, et touchait avec une avance nette mais légère. 48s11 pour le vainqueur, 48s43 pour le Russe. TIMMERS, lui, était clairement derrière…

MOROZOV laissait échapper une autre chance de victoire, sur 50 mètres dos, face à un autre Américain, le benjamin du professionnalisme mondial Michael ANDREW. LARKIN était troisième. L’ex champion du monde de dos de Kazan est en train de devenir un vrai « quatre nageurs », mais est-il moins dossiste ? Possible.
Côté filles, Sarah SJÖSTRÖM recommençait le coup de la semaine passée à Kazan. Elle s’emparait du 200 mètres. En Russie, elle avait battu Femke HEEMSKERK d’un peu moins d’une seconde, cette fois elle l’ajusta de six dixièmes. Mais ce n’était pas tout. Elle maîtrisait sur 50 papillon KROMOWIDJOJO. Et Yulia EFIMOVA ? Elle se baladait sur 100 brasse… Tandis qu’HOSSZU s’en sortait bien, qui « doublait » 400 quatre nages et 100 dos.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Blake PIERONI, USA, 48s11 ; 2. Vladimir MOROZOV, Russie, 48s43 ; 3. Pieter TIMMERS, Belgique, 49s04. 1500 libre : 1. Marcos GIL  CORBACHO, Espagne, 15’28s19. 50 dos : 1. Michael ANDREW, USA, 24s49 ; 2. Vladimir MOROZOV, Russie, 24s79 ; 3. Mitchell LARKIN, Australie, 25s15. 50 brasse : 1. Felipe LIMA, Brésil, 26s84. En séries, Michael ANDREW, USA, 27s29. 200 papillon : 1. Maxime SHEMBEREV, Azerbaijan, 1’58s45. 200 4 nages : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’59s14; 2. Tomas PERIBONIO AVILA, Equateur, 2’0s40.

DAMES.- 200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’56s32 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’56s92. 100 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’6s27. 50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 25s22; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 25s76. 100 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 59s63. 400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’39s57.

 

MEETING DE DOHA (1) : SJÖSTRÖM SEULE À ÉMERGER D’UNE COUPE DU MONDE FINA EN FORME DE DOHA DANS L’OEIL!

Éric LAHMY

Vendredi 14 Septembre 2018

Le meeting de Doha, deuxième épreuve de la Coupe du monde 2018, n’a pas fait le plein. Une seule performance intéressante à se mettre sous la dent, le 50 mètres de Sarah SJÖSTRÖM, qui nage en 23s99. On sent la formule en bout de course. Sportivement ça ne vaut plus un clou, c’est lent, et c’est ennuyeux parce que les performances ne permettent pas de bluffer. Mettez deux équipes de sport co’ en face l’une de l’autre et vous ferez un match, des plongeurs vont faire le show…

…Katinka HOSSZU en 4’10s au 400 mètres, en revanche, on fait la moue, quelle que soit l’admiration que suscite la fille, parce qu’on sait quelle a nagé bien plus vite ! Faire disputer une « Coupe du monde » en grand bassin en fin de saison, quand les nageurs sont un peu en vacances, est mortel pour les performances. Quelqu’un peut-il souffler ça à qui de droit ?

Sur 50 libre, cependant, la lutte est serrée entre Michael ANDREW et Vladimir MOROZOV qui l’emporte, et les trois premiers du 100 mètres brasse finissent sous la minute dans un mouchoir de poche…  

Dans la moitié des épreuves, on ne réunit pas assez d’engagé(e)s pour effectuer des séries, et donc c’est finale directe. Sur 200 papillon dames, trois filles finissent, une quatrième se fait éliminer… Sur le podium, il y en a une qui doit être fière de sa mdaille de bronze!

C’est de la Coupe du monde FINA. La Fédération internationale en garde jalousement la propriété, mais bon, il n’y a pas toujours grand’ chose à protéger…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 21s80 ; 2. Michael ANDREW, USA, 21s95 (en séries, 21s92). 400 libre : 1. Blake PIERONI, USA, 3’53s98. 200 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’57s45. 100 brasse : 1. Felipe LIMA, Brésil, 59s61 ; 2. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 59s74 ; 3. Antin CHUPKOV, Russie, 59s89 ; 4. Kirill PRIGODA, Russie, 1’0s27. 100 papillon : 1. Michael ANDREW, USA, 51s83 ; 2. Ryan COETZEE, Afrique du Sud, 52s20.

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s99 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 24s54; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s62. 400 libre : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’10s02. 50 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 28s01 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, 22s49. 200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, Russie, 2’23s55; 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 2’24s06. 200 papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’9s26.     

MERCATO À TOUS LES ÉTAGES (3) : QUI AU SOMMET D’ALP’38, DE GUY LA ROCCA OU D’ARKADY VYATCHANIN?

Éric LAHMY

ericlahmy@yahoo.com

Mercredi 12 Septembre 2018

Je trouve ennuyeux que Guy LA ROCCA ait été écarté par son club pour mettre à sa place un géant (2,03m) du dos russe, qui, après une expérience d’apatride où il tenta en vain de nager pour la Serbie, est devenu citoyen américain. Arkady VYATCHANIN, c’est son nom, attend le feu vert de l’immigration.

N’y voyez aucun mauvais vouloir vis-à-vis de VYATCHANIN qui n’a rien d’un usurpateur. Dans ses déambulations passées, il a entraîné auprès de Gregg TROY, le coach qu’il s’était choisi outre-Atlantique, avec les Gators tout en nageant pour le New York Athletic Club, après avoir claqué la porte avec un certain courage à sa fédération dont il n’appréciait pas certaines méthodes.

En se baladant sur le net, on s’aperçoit que Vyatchanin est un garçon réfléchi. Il a de l’étoffe, du potentiel, une grosse expérience, une vision, des idées sur la diététique, sur l’alimentation des sportifs. Je le soupçonne de tenter un retour sur le vieux continent parce qu’il préfère le mode de vie européen à celui de sa nouvelle nationalité.

VYATCHANIN vers le mois de mai dernier, a envoyé depuis Gainesville en Floride des offres d’emploi en Europe (ainsi en Italie où sa proposition a été relayée par le site Nuotomeet) :
« Après plus de quinze ans de natation en professionnel et plus de cinq ans d’expérience d’entraîneur (leçons privées, enseignement en groupe, travail avec des athlètes étudiants, je suis très intéressé à devenir entraîneur. Depuis six ans aux Etats-Unis, j’ai eu le privilège d’être entraîné par un des meilleurs coaches au monde, Gregg Troy. Je l’ai aussi assisté pendant quelques années auprès de nageurs étudiants et professionnels. Cette expérience m’a enseigné comment créer et coordonner un programme d’entraînement à succès.

Avant cela j’ai été pendant une décennie l’un des meilleurs nageurs d’Europe et cette double expérience m’a donné une vision unique sur ce beau sport. Ma connaissance de la nutrition et de la diététique peut aider ceux qu’un mode de vie sain intéresse… »

Apparemment, le message a intéressé le président du club grenoblois, Antoine JOURY, qui avait dû s’agacer de la tournure qu’avait prise la saga de Jordan POTHAIN, dont les malheurs ont fini par être imputés à LA ROCCA.

JOURY n’a jamais caché ses ambitions : amener plusieurs nageurs aux Jeux, voire aux finales, voire encore aux médailles olympiques. « Virer » LA ROCCA et appeler VYATCHANIN, c’est sans doute la façon qu’il a eu de marquer son impatience… Bien entendu, on a un peu charrié l’immodestie de son projet, mais enfin, que peut-on faire aujourd’hui dans le sport de haute compétition en ayant une attitude modeste ? Le conquérant modeste n’existe pas…

D’ailleurs, je vois dans de tels propos la marque de l’ambition plus que d’un orgueil mal placé.

Une réponse excédée, émotionnelle, des nageurs, parmi lesquels Auréane DEVALUEZ, et l’actuel blocage de VYATCHANIN hors de France a pu faire croire que l’affaire allait se tasser, mais pour l’instant rien n’est moins sûr.

Ôter La ROCCA du haut niveau si peu de temps après qu’il ait perdu son nageur vedette, n’en a pas moins tout l’air d’un blâme. Comme les principaux intéressés paraissent respecter une loi du silence, on ne sait si les formes ont été respectées, si Guy La ROCCA a souhaité se retirer de l’entraînement élite (ça n’a pas l’air).

Il paie les ennuis à répétition de son nageur vedette : incapacité à suivre en parallèle, comme il l’avait souhaité, des études de kinésithérapie et la natation, ensuite ennuis cardiaques nécessitant une opération, enfin départ du club, direction Nice…

En tout cas, sans se prononcer sur le fond, faute d’infos, se pose la question : un garçon qui a pu fabriquer plusieurs bons nageurs dont, récemment, un finaliste olympique de 400 mètres nage libre doit-il être écarté de la grande compétition ? La réponse me parait être négative. Ne pas trouver une solution honorable pour LA ROCCA serait très dommage humainement et contre-productive, vis-à-vis à la natation française…

Hier soir, à une demande d’informations concernant sa situation, Arkady VYATCHANIN (qui ne doit rien savoir de ce qui se trame chez nous) m’a répondu, depuis la Floride où il réside : « Je ne suis pas encore à Grenoble. J’attends toujours mon visa de travail. Aussi mon arrivée en France dépend seulement du bureau d’immigration.

Mon but est d’offrir un plan d’approche qui reflètera mon expérience personnelle en travaillant dans deux environnements différents : celui de l’Est et de l’Ouest. J’ai la certitude qu’en combinant les meilleurs éléments de ces deux systèmes, il puisse y avoir de significatifs progrès pour les nageurs d’ALP’38. »

Aux USA, VYATCHANIN a été interviewé par le Dr Joseph MERCOLA, chantre un peu sulfureux d’une approche naturelle de la vie et de l’alimentation. On peut entendre l’ancien recordman du monde du 200 mètres dos en petit bassin (en 1’46s11, du 15 novembre 2009 au 27 novembre 2015) donner des avis de bon sens sur la question sans trop se mouiller…

https://www.youtube.com/watch?v=YeOja98sSsA

MERCATO À TOUS LES ÉTAGES (2) :POTHAIN ET STRAVIUS EN PÉLERINAGE CHEZ PELLERIN

Éric LAHMY

ericlahmy@yahoo.com

Mercredi 12 Septembre 2018

Michel CHRETIEN qui passe d’Amiens à Paris (INSEP), Guy LA ROCCA en rupture avec son club à Grenoble, à la grande colère de ses nageurs, Jordan POTHAIN et Jérémy STRAVIUS qui rejoignent Fabrice PELLERIN à Nice…

… Il y a beaucoup à dire, mais la nouvelle, c’est que Fabrice PELLERIN redevient un coach attrayant. La façon dont les choses s’étaient passées après les Jeux olympiques de Londres en 2012 – comme le temps passe – avait brouillé l’image du coach niçois. De façon assez contradictoire, l’entraîneur le plus subtil, le plus fin, le plus cérébral, avait hérité, ou s’était donné, une image embrouillée, inquiétante. Des changements, des ajustements dans sa vie, ajoutés au fait qu’un Yannick Agnel de 20 ans et déjà plus ou moins au bout du rouleau avait claqué la porte avec fracas, que Camille Muffat, après avoir tenu un an de plus, rendit son tablier (à 25 ans et de façon moins exubérante cependant), avaient joué en sa défaveur…

Mais au-delà du malentendu, la compétence, la magie n’en demeuraient pas moins.

On me raconte qu’aux Antipodes, les coaches australiens qui veulent venir voir ce qui se passe en France n’ont qu’une demande : se rendre à Nice, pas pour sa promenade des Anglais mais pour Fabrice PELLERIN… Voir ce qu’il obtenait de AGNEL, de MUFFAT, de LEFERT, ce qu’il obtient de BONNET, de Jérémy DESPLANCHES, etc., ça les fait phosphorer  et dire: Pellerin est le gars qui peut nous apprendre quelque chose !

Pour en revenir à Jérémy, certes, PELLERIN n’est pas de la même école, il n’a pas la même approche technique que CHRETIEN. Mais on n’est pas dans la guerre des écoles ici, pourvu que le chemin mène à Rome. L’inquiétude que j’entends proférer, c’est de savoir si STRAVIUS va pouvoir écouter le « message » de PELLERIN. La mienne est celle-ci : STRAVIUS voulait baisser le pied et c’est ce qui a consommé sa rupture avec CHRETIEN. Or sa marge de négociation ne va pas s’agrandir avec PELLERIN. Point de vue exigences, il tombe de Charybde en Scylla. Ça tombe bien, dit-il, je suis plus motivé que jamais. Il a intérêt, parce que si PELLERIN le ratera, ni BONNET ni DESPLANCHES le laisseront paresser !

Au bout de tout ça, l’un des trucs les plus étonnants, dans les événements de l’été, c’est que Fabrice PELLERIN, le plus artiste et le moins racoleur des coaches de France et de Navarre, voire de la planète, devient celui chez qui se réfugient les mentaux cassés ou un peu fendillés. En effet, voilà que Jordan POTHAIN rapplique chez lui. Deux ans après que Guy LA ROCCA en ait fait un finaliste olympique à Rio de Janeiro, POTHAIN a connu pas mal de déboires, et pour couronner le tout, il a un souci cardiaque dont il se semble pas qu’une opération soit venue à bout. On imagine mal des « cardiaques » nager à haut niveau, mais c’est presque courant : le champion olympique australien du 100 mètres, Kyle CHALMERS, est passé sur le billard, et POTHAIN souffre donc de tachycardie. Le cœur s’emballe !

POTHAIN, dans ses courses, partait à un bon rythme, puis son cœur s’emballait et il ne finissait pas. On a dit qu’il s’agissait d’un problème psychologique, mais apparemment, ce n’était pas la tête mais le cœur.

Donc, au bout du compte, PELLERIN n’a plus qu’à ouvrir un atelier de réparation, style « Mr FixIt » (Monsieur Bricoleur), il va avoir du boulot.

(à suivre)

MERCATO A TOUS LES ETAGES (1) : CHRÉTIEN STRAVIUS, DIVORCE CONSOMMÉ

Éric LAHMY

ericlahmy@yahoo.com

Mardi 11 Septembre 2018

Ça a pas mal chauffé depuis début août dans la natation française. Pas toujours et pas seulement malaise, mal être, mais simplement conjonction d’événements négatifs, ou positifs, qui ont mêlé Jérémy Stravius et son entraîneur, Jordan Pothain et son cardiologue, Fabrice Pellerin et Denis Auguin, Guy La Rocca et Arkady Vyatchanin, etc.

On peut présenter cela dans n’importe quel ordre. Tiens, il y a Michel Chrétien qui s’en va entraîner l’INSEP… enfin, plutôt à l’INSEP.

On en parlait depuis un certain temps.

Bonne chose ? De chic je dirais oui. Michel est un technicien reconnu. Un homme qui a reconduit les méthodes utilisées en son temps par Marc Begotti avec Catherine Plewinski.

L’idée de départ, depuis longtemps, était d’attirer un « grand » entraîneur pour le centre national et sa piscine, récemment achevée, destinée à l’entraînement et à la haute compétition. Un grand entraîneur, c’est d’abord un nom, on n’y peut rien, c’est comme ça. Et un nom d’entraîneur, il est fait par son ou ses nageurs, autant, et peut-être plus, que le nageur est fait par son entraîneur.

Si vous préférez, un entraîneur est reconnu à travers les nageurs qu’il forme. Ce n’est pas tant une question de valeur que de succès. Tant que Michael Phelps gagnait, Bob Bowman était bombardé, à la fin de chaque saison, meilleur entraîneur du monde…

C’est un peu injuste mais ainsi va le monde. Alors je suis prêt à parier que les Eric Rebourg, Eric Braize qui ont eu à charge les nageurs de l’INSEP sont de bons techniciens, mais comme ils n’ont pas sorti un champion olympique ou un médaillé international, seul un miracle, ou une grande accointance, aurait pu attirer sous leur aile un grand nageur…

Chrétien, lui, a un nom ; c’est comme s’il avait écrit sur sa carte de visite, « entraîneur de Jeremy Stravius » ; coacher un nageur à moins de 48s au 100 mètres, ça vous pose, quand même.
Chrétien à l’INSEP, cela veut dire qu’il perd Stravius, justement. Mais la carte de visite reste. Il sera toujours celui qui aura formé Stravius. D’ailleurs, ce qu’il cherche, maintenant, c’est à en former d’autres. Son équipe de jeunes conquérants.

Ces deux années d’après les Jeux olympiques de Rio, ça ne s’est pas si bien passé entre Chrétien et Stravius. Ils ont offert un scénario çà rebondissements, particulier. Un coach qui dirige un nouveau groupe, et un ancien nageur qui aimerait qu’on lui aménage un rythme moins soutenu… D’ailleurs, on croyait que Stravius se dirigeait vers la sortie.

A ce propos, il n’a peut-être pas d’idées précises, Stravius. Ou pas d’idées qui tiennent la route, ou qui soient réalisables. Sa reconversion s’avère être d’un accouchement difficile. Un coup, c’était un refuge pour chiens abandonnés, maintenant, c’est un karting, et entre les deux un truc ludique à base de football…

On ne sait pas, l’originalité paie parfois. On s’était offusqué de voir Pierre Quinon, le champion olympique de la perche aux Jeux de Los Angeles, en 1984, vendre des poulets rôtis dans une foire. Lui s’offusquait presque qu’on s’offusque. « J’ai très bien gagné ma vie avec ces poulets, m’a-t-il raconté un jour ; j’ai acheté ma maison, ma voiture, un train de vie. » J’espère qu’il va trouver sa voie, Stravius, sa reconversion…

Chrétien, sa crainte, après Rio, c’était que Stravius donne, en ne s’entraînant pas et en les battant, comme cela était possible, un « mauvais » exemple à son groupe de jeunes qu’il a déjà mené, cette année, aux titres de champions de France des relais quatre fois 100 et quatre sois 200 mètres devant Marseille, mais aussi du 200 mètres (Alexandre Derache). Ça a atermoyé ferme, pendant une année, et l’idée d’aller à l’INSEP a conforté l’idée de Jeremy de partir. Surtout le nageur a grogné quand, ayant accepté le kilométrage imposé par Chrétien, il a mal nagé aux France, et balancé un « nager plus ce n’est pas nager mieux. »

Vieille querelle de la quantité et de la qualité ? Pas du tout, répondait Chrétien, qui reprochait à son protégé de ne pas se fixer des objectifs stables, et avait commencé par viser le 50 dos pour poursuivre mais un peu tard Metella sur 100 libre, dit le coach !

Bon, il n’est pas perdu, a priori, Stravius, il va rejoindre Fabrice Pellerin, dont on ne va pas vous apprendre qu’il est considéré un peu partout comme le plus fin technicien non pas de France, mais du monde.

Et ça même s’il n’entraîne plus Yannick Agnel ou Camille Muffat…

(à suivre)

DES SOURIS ET DES HOMMES: CONTRE L’ALZHEIMER, RIEN NE VAUT L’EXERCICE

Eric LAHMY

Lundi 10 Septembre 2018

Les premiers résultats d’une étude de l’hôpital général du Massachusetts encore en développement tendraient à démontrer qu’une neurogénèse – la production de nouveaux neurones – dans la structure du cerveau dans lequel les mémoires sont « encodées » peut augmenter les fonctions cognitives dans un modèle de maladie d’Alzheimer, chez la souris.

https://news.harvard.edu/gazette/story/2018/09/exercise-improves-cognition-in-alzheimers-mouse-model/?utm_source=SilverpopMailing&utm_medium=email&utm_campaign=Daily%20Gazette%2020180910

La cognition, ont pu discerner nos scientifiques dans leur recherche, peut être bloquée par un environnement inflammatoire hostile des cerveaux des patients sujets d’un Alzheimer ; or l’exercice physique peut « nettoyer » cet environnement, permettant à de nouvelles cellules nerveuses d’apparaître, mais aussi de survivre et de prospérer, améliorant la « connaissance » chez les souris souffrant d’Alzheimer.

Selon Rudolph Tanzi, co-directeur du centre de santé cérébrale de l’hôpital, qui a cosigné les résultats de cette recherche, l’étude ainsi menée a « démontré que l’exercice est l’un des meilleurs moyens d’activer la neurogénèse. A partir de là, en isolant les événements génétiques et moléculaires impliqués, nous avons déterminé la façon d’imiter les effets bénéfiques de l’exercice par le biais d’une thérapie génétique et de produits pharmaceutiques. »

Selon l’auteur de la recherche, Se Hoon Choi, l’on ne connait pas encore un moyen qui soit sans danger de produire les mêmes effets sur les patients, nous avons déterminés quels étaient les protéines et les objectifs génétiques à développer à l’avenir.

La neurogenèse des adultes, qui est la production des nouveaux neurones après les périodes embryonnaire et néonatale, s’effectue à la fois dans l’hippocampe et dans un autre point du cerveau, le striatum. Si on sait que la neurogenèse de l’hippocampe adulte est essentielle à l’apprentissage et à la mémoire, on ignore encore largement comment se développent les processus dégénératifs impliqués dans la maladie.

Les travaux sur les souris de l’institut du Massachusetts ont permis de mesurer la réduction des symptômes chez ces rongeurs par une relance de la production de neurones dans l’hippocampe. « Il ne suffit pas de permettre l’apparition de nouvelles cellules, il faut simultanément nettoyer l’environnement, ce que l’exercice peut réaliser. Tout cela semble démontrer que certaines drogues et une thérapie génétique peuvent susciter un développement des cellules nerveuses, mais que l’exercice peut obtenir les mêmes résultats. »

Non seulement l’exercice réalise un développement supérieur des neurones que les produits pharmaceutiques qui imitent son action, mais aussi il permet de réduire les composants principaux des plaques qui envahissent les cerveaux des malades d’Alzheimer, les beta-amyloïdes.

Pourquoi cela ? Il s’avère que les neurones créés par les produits médicaux ne survivent pas, un peu comme si elles naissaient en milieu hostile, alors que les neurones développés par l’exercice parviennent à s’installer durablement, grâce à un « nettoyage » des cellules malades que provoque parallèlement l’exercice.

Conclusion provisoire, en attendant des développements ultérieurs : vive le sport.

SARAH SJÖSTRÖM OU L’ART DE SE RELANCER PAR LA COMPETITION

Eric LAHMY

Je me répète, c’est sans doute l’âge, mais je trouve que plus on multiplie le nombre de courses, plus ce sont les mêmes noms qui apparaissent sur les feuilles de résultats. Je trouve ça lassant, parfois. Vous direz que c’est moi, mais je me dis que parfois, c’est le programme qui radote…

On a donc pris les mêmes que la veille et que l’avant-veille, et on a recommencé pour terminer le meeting de Kazan, par une troisième journée où Sarah SJÖSTRÖM s’est à nouveau montée comme la fille en grande forme…

La Suédoise a gagné le 100 libre devant Femke HEEMSKERK (et en fait trois Néerlandaises) et le 100 papillon devant la Belge Kimberley BUYS. Sarah a déclaré au Suédois Sport que, satisfaite bien entendu d’avoir gagné, elle n’était guère contente du temps : « j’ai tellement de fois nagé plus vite que ça, je suis toujours en recherche d’une bonne raison de m’exciter pour une compétition. »

Comme on la comprend. La motivation, c’est ce qu’il ya de plus dur à trouver quand on domine tellement le sujet. La solitude du professionnel de natation se trouve là. Se relancer, encore et toujours se relancer, quand on a tout gagné, des années durant…

C’est sa force, de se relancer. Mais parfois c’est dur…

Elle a beau savoir, par exemple, qu’à Fort Lauderdale, ville de Floride, le 3 mars 2018 a été déclaré jour de Sarah SJÖSTRÖM est qu’elle la seule nageuse à être capable de s’inscrire régulièrement, semaine après semaine, et donner de la pâture aux journaux, en Suède, entre deux nouvelles sur le football…

Peut-être attend-elle avec impatience de rencontrer, bientôt, Rikako IKEE, avec qui elle va s’entraîner pendant une dizaine de jours au Gloria Sports, la base du club d’Energy Standard, dont elle est membre. Un croisement annoncé au Japon et dont Swim Swam s’est fait l’écho récemment. Une réunion qui peut motiver Sarah? La jeune Japonaise, recordwoman du monde junior, n’a-t-elle pas nagé plus vite qu’elle sur 100 papillon cette saison ? Et n’y a-t-il pas là de quoi le réveiller ?

En tout cas, IKEE intrigue les Suédois et les journaux ont évoqué cette surprenante fille au visage qui évoque un (gracieux) masque de Kabuki et qui annonce vouloir s’attaquer désormais au record mondial du 100 papillon… de SJÖSTRÖM.

Un autre doublé que celui de la Suédoise a été réussi par Katinka HOSSZU , avec le 200 dos et le 200 quatre nages. Si la Magyare n’est plus ce qu’elle était, il en reste assez pour régner dans des courses où le mieux qu’on peut lui opposer est la Russe PRIKHODKO et une autre Hongroise, Zsuzsanna JAKABOS.

UN 200 BRASSE MONDIAL AVEC TROIS RUSSES: CHUPKOV, PRIGODA ET DORINOV

A domicile, ce sont les Russes qui ont produit des étincelles. Sur 200 mètres brasse, où c’est allé joliment vite, avec un match à trois réduit à deux après les 100 mètres entre CHUPKOV, vainqueur final, PRIGODA et DORINOV. En finale, il y avait six Russes, un Néerlandais, KAMMINGA, et un Hongrois… Trois écoles de brasse peuvent produire un 200 brasse d’un tel niveau, la Russe, la Britannique et la Japonaise…

L’Ukrainien GOVOROV est le recordman du monde du 50 papillon en 22s27 et il gagne en 22s87. Il donne un coup d’arrêt à la domination impressionnante, la veille, de MOROZOV, qui laisse passer aussi Michael ANDREW.

Je ne sais si certaines courses méritaient le statut « Coupe du monde », prenez le 400 quatre nages messieurs, gagné le 4’20s, le 800 dames remporte par la jeune ZHOU, 16 ans, loin devant une HOSSZU méconnaissable ; les nageurs n’y sont pour rien, on ne va pas les critiquer d’avoir gagné lentement, mais bon, cela fait petit meeting…

 

MESSIEURS.- 200 libre : 1. Blake PIERONI, USA, 1’47s32 ; 2. Chad LE CLOS; Afrique du Sud, 1’48s10.

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 53s99; 2. Michael ANDREW, USA, 54s36

200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, Russie, 2’7s59 (29s98, 1’3s11, 1’35s36); 2. Kirill PRIGODA, Russie, 2’8s75 (29s29, 1’2s41, 1’35s80); 3. Mikhail DORINOV, Russie, 2’9s86 (29s91, 1’3s22, 1’36s66); 4. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’12s07; 5. Ilya KHOMENKO, Russie, 2’13s54.

50 papillon : 1. Andriy GOVOROV, Ukraine, 22s87 ; 2. Michael ANDREW, USA, 23s19 ; 3. Vladimir MOROZOV, Russie, 23s38 ; 4. Oleg KOSTIN, Russie, 23s42 ; 4. Ryan COETZEE, Afrique du Sud, 23s45.

400 4 nages : 1. David VERRASZTO, Hongrie, 4’20s68.

 

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 52s99 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 53s63 ; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 53s71.

800 libre : 1. Chanzhen ZHOU, Chine, 8’35s03

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’10s13; 2. Irina PRIKHODKO, Russie, 2’11s00.

50 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s92.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 57s42 ; 2. Kimberley BUYS, Belgique, 58s33.

200 4 nages  : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’12s71 (en séries, 2’11s51).

MEETING DE KAZAN: SJÖSTRÖM BALAIE HOSZZU SUR 200, MOROZOV FAIT LE MENAGE DANS LE SPRINT

SJÖSTRÖM BALAIE HOSZZU SUR 200, MOROZOV FAIT LE MENAGE DANS LE SPRINT

Eric LAHMY

Dimanche 9 Septembre 2018

Si un doute demeurait au sujet de savoir qui allait prendre le dessus dans le classement de la Coupe du monde à l’issue de ce premier meeting de Kazan, en Russie, des deux protagonistes majeures, la Suédoise Sarah SJÖSTRÖM ou de la Hongroise Katinka HOSSZU, le résultat du 200 mètres nage libre a été décisif en la matière.

SJÖSTRÖM est royale sur la distance, mais elle l’a pour ainsi dire abandonnée l’an dernier afin de se consacrer au sprint, qui convient mieux à son tempérament et où, aux mondiaux, elle n’avait pas à se frotter à la terreur des bassins, Katherine LEDECKY et à la « divina » Italienne Federica PELLEGRINI, entre autres sirènes de bassins…

SJÖSTRÖM se distingue par son fort tirant d’eau et sa vigueur de sprinteuse, mais dans son registre, c’est le 100 mètres où elle obtient les résultats les meilleurs. Le 200 lui sied mais un petit peu moins bien, disons qu’il se place aux limites de son éventail. Si l’on devait trouver l’équivalent artistique de Sarah, elle n’est pas la diva assoluta, la Callas si vous préférez (Shane GOULD fairait l’affaire, ou encore Katinka HOSSZU, voire Kathy LEDECKY, laquelle mélange Callas et colosse). N’est pas Callas ou Gould qui veut, et Sjöström craint sans doute de se casser les dents sur ce qui ne lui appartient pas, un peu comme Milena FRENI s’était plantée sur la traviata !

Mais dans sa comptabilité Coupe du monde, le 200 mètres redevenait intéressant, et SJÖSTRÖM a pris le départ…

HOSSZU, c’est un peu différent. Je ne saurais dire si elle est meilleure nageuse que SJÖSTRÖM, mais il est à peu près sûr que ses chances augmentent avec la distance et que le 200 lui convient mieux. Cependant, HOSSZU 2019 n’est pas HOSSZU 2016, et cela s’est vu à Kazan. Elle n’a pas existé pour la gagne, qui a été disputée entre SJÖSTRÖM et HEEMSKERK. Il faut dire qu’HOSSZU a commencé sa soirée par un 400 mètres quatre nages, le genre d’effort assez ruineux pour la santé.

Devant, la Néerlandaise a été contrainte de laisser filer la Suédoise dans la troisième longueur, et n’est jamais revenue. Les passages de SJÖSTRÖM, 27s03, 56s62, 1’26s10, 1’55s98 ; d’HEEMSKERK, 27s38, 57s03, 1’27s18, 1’56s89.  

Une grosse performance a été obtenue sur 100 mètres, où MOROZOV, non sans mal, a repoussé en 48s26 l’Américain Blake PIERONI, spécialiste de 100 et 200, 48s30. MOROZOV a en outre gagné le 50 dos où il s’est payé un autre Américain, Michael ANDREW. Et Chad LE CLOS a réglé au plus juste, sur 200 papillon, Daniil PAKHOMOV. Kira TOUSSAINT a battu d’un centième son record néerlandais du 100 dos dames et Yulia EFIMOVA a régné sur 100 brasse.

On a appris non loin de là que les habitudes de dopage ne sont pas éliminées en Russie où l’agence de dopage annonce que 113 contrôles « positifs » ont été enregistrés ces derniers temps. On doit y trouver pas mal d’haltérophiles, mais quand même… Dur de chasser le naturel…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 48s26 ; 2. Blake PIERONI, USA, 48s30 ; 3. Pieter TIMMERS, Belgique, 49s22.

1500 libre : 1. Iaroslav POTAPOV, Russie, 15’27s92.

50 dos : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 24s43 ; 2. Michael ANDREW, USA, 24s49 ; 3. Mitchell LARKIN, Australie, 25s35.

50 brasse : 1. Felipe LIMA, Brésil, 26s90 ; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 27s24 ; 3. Michael ANDREW, USA, 27s30.

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’56s58 ; 2. Daniil PAKHOMOV, Russie, 1’56s90

200 4 nages : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 1’59s47.

DAMES.- 200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’55s96 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’56s89.

100 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 59s80 (record) ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 1’0s77.

100 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’5s94 ; 2. Vitalina SIMONOVA, Russie, 1’7s56 ; 3. Daria CHIKUNOVA, Russie, 1’7s58.

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 25s39.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’37s82