Catégorie : News

DOHA : WANG, 15 ANS, RECORD JUNIOR FÉMININ DU 800, QUOIQUE…

Éric LAHMY

Jeudi 5 Octobre 2017

Petite journée, à Doha, adornée d’un « reocrd du monde junior », sur 800 mètres nage libre. Deux jeunes chinoises, nées en 2002, et donc tout juste âgées de quinze ans, se sont entrebattues, et la plus jeune (anniversaire le 17 juillet), Jianjiahe WANG, Chine, a efface en 8’15s35 la limite propose par la Fédération international pour figurer au titre de record junior; Bingjie LI, (anniversaire le 3 mars), deuxième, était devancée de deux longueurs de corps, en 8’18s14.

Sans vouloir diminuer la performance de Wang, il est quand même bon de rappeler qu’en 2012, une certaine Katie LEDECKY de 15 ans avait nagé le 800 mètres, EN GRAND BASSIN, en 8’14s63, remportant la finale olympique des Jeux olympiques de Londres. On peut évaluer l’avantage chronométrique du petit bassin à au moins quinze secondes (seize virages supplémentaires), et tout porte à croire que LEDECKY, à quinze ans, aurait pu nager en petit  bassin en moins de huit minutes. Bien entendu, comme LEDECKY est exceptionnelle, même en comparaison avec l’élite mondiale, vu que ses performances paraissent en avance sur l’époque, le temps de WANG est très respectable…

A côté de ça, le système n’a pas changé, on prend les mêmes et on recommence, et les Sarah SJÖSTRÖM, Katinka HOSSZU, Vladimir MOROZOV et Chad LE CLOS, qui jouent semble-t-il à fond le jeu de la « FINA World Cup » continuent de marquer des points et d’attendre la chute des dollars dans leurs escarcelles.

SJÖSTRÖM a comme quelques jours plus tôt à Hong-Kong enlevé ses trois courses de la première journée, défaisant largement toutes ses adversaires, KROMOWIDJOJO d’un mètre sur 50 libre, Femke HEEMSKERK d’une grosse seconde sur 200 libre et Yufei ZHANG d’une longueur de corps sur 100 papillon.

HOSSZU a raté d’un rien une passe de trois équivalente. Ayant bien battu Emily SEEBOHM sur 200 dos, elle a été devancée d’un centième par l’Australienne qu’elle avait également dominée sur 200 quatre nages. Dans cette même première journée, MOROZOV et LE CLOS se sont partagés quatre titres

 

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 46s87.

400 libre : 1. Gabriele DETTI, Italie, 3’42s57 ; 2.Wojciech WOJDAK, Pologne, 3’42s98.  

100 dos : 1. Christian DIENER, Allemagne, 51s00 ; 2. Radoslav KAWECKI, Pologne, 51s11 ; 3. Vladimir MOROZOV, Russie, 51s13 ; 4. Pavel SANKOVICH, Biélorussie, 51s16.

50 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, Af. Sud, 25s70; 2. Kirill PRIGODA, Russie, 25s85; 3. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 26s24; 4. Renato PRONO, Paraguay, 26s48.

200 brasse : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 2’1s24; 2. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’4s77; 3. Ilya KHOMENKO, Russie, 2’5s08; 4. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’6s56; 5. Jiajun SUN, Chine, 2’6s87.

50 papillon : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 22s45 ; 2. Qibin ZHANG, Chine, 22s74 ; 3. Tom Shields, 23s04

200 papillon : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 1’49s59 ; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’49s86; 3. Yuya YAJIMA, Japon, 1’52s08.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 51s38; 2. Pavel SANKOVICH, Biélorussie, 52s61; 3. Tom SHIELDS, USA, 53s21.          

400 4 nages : 1. Maksym SHEMBEREV, Azerbaijan, 4’6s72; 2. Ayrton SWEENEY, Af. Sud, 4’7s04

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s28; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 23s82 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 24s40.

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’52s00; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’53s11; 3. Duo CHEN, Chine, 1’56s28.

800 libre : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 8’15s35, record junior; 2. Bingjie LI, Chine, 8’18s14.

50 dos : 1. Emily SEEBOHM, Australie, 26s29; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 26s30; 3. Maalke DE WAARD, Pays-Bas, 27s06.

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’2s06 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’4s15.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’4s21 ; 2. Rikke PEDERSEN, Danemark,

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 55s55; 2. Yufei ZHANG, Chine, 57s31

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’5s29; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s65; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 2’8s33.

HONG-KONG : SJÖSTRÖM CONTRE HOSSZU, LE CLOS CONTRE MOROZOV ET SHIELDS, RIEN DE NOUVEAU DANS LES CLAPOTS ?

Éric LAHMY

Dimanche 1er Octobre 2017

Ce qui est un bon meeting de natation, une fois affublé du sigle « Coupe du monde », apparait boursouflé. Il y a dans l’appellation quelque chose qu’on cherche à vous « survendre », si l’on peut s’exprimer ainsi.

Le meeting de Hong-Kong en est un exemple type. Même les Chinois, qui auraient pu le prendre au sérieux en y délégant une forte équipe, l’ont à moitié snobé, et parmi leurs meilleurs éléments qui avaient été délégué, aucun ne présentait une forme qui lui permettait de briller. (Soyons juste, QIU y a battu DETTI sur 1500 mètres, dans un honnête 14’44s09 ; mais bon, cela reste loin du très haut niveau).

Vu dans son détail, un meeting de « Coupe du monde » ressemble à une collection, voire un festival, du « déjà vu ». Pourquoi ? D’abord par la rareté des grands nageurs qui ont été convaincus de jouer le jeu que propose la FINA. Ensuite parce qu’il en a toujours été un petit peu ainsi. Du temps de Johnny WEISSMULLER, il y a cent ans, de Don SCHOLLANDER, il y en a cinquante, de Mark SPITZ, il y en a quarante, de Michael PHELPS, il y en a dix, il était rare qu’on se trompe sur le nom de celui qui allait gagner.

La différence, c’est la multiplication des épreuves par les docteurs Folamour de la FINA, a fait que, sans que la valeur relative du grand champion n’augmente, là où WEISSMULLER gagnait une ou deux courses, SCHOLLANDER en gagnait deux ou trois, SPITZ quatre ou cinq, PHELPS sept ou huit et maintenant miss Iron Lady se présentait quand on le lui permettait dans quatorze ou dix-sept courses différentes.

Il y a aussi que les nageurs actuels sont plus curieux d’explorer à fond leur potentiel. WEISSMULLER était un grand nageur de dos (il avait même battu un record du monde) mais il se désintéressait de s’imposer dans ce style. Aux Jeux olympiques de 1928, il était le favori du 400 mètres dont il détenait le record du monde, mais son coach, William BACHRACH, ne le présenta pas au départ de la course, parce qu’il le réservait pour un match de water-polo !

SCHOLLANDER était un grand nageur de papillon potentiel, mais il ne s’y essaya jamais une fois dépassée l’époque des « groupes d’âge ». SPITZ apparut comme un nageur vorace, mais ses dispositions en dos et dans les quatre nages, il ne les exploita jamais.

Pour raconter l’histoire différemment, Johnny WEISSMULLER dominait le programme de natation aussi fortement que Michael PHELPS quatre-vingt-six ans plus tard, mais cela se résolvait par deux courses individuelles et une de relais gagnées aux Jeux olympiques 1924 pour celui-là, cinq courses individuelles et trois relais 2008 pour celui-là.

SE SOUVIENT-ON DE CHALMERS, ERVIN, OLEKSIAK, MANUEL, BLUME?

De là découle, l’érosion du prestige de LA victoire olympique. Que valent en termes de magie, en-dehors de leurs pays, les victoires sur 100 mètres des Jeux de Rio, de Kyle CHALMERS chez les hommes, de Penny OLEKSIAK et de Simone MANUEL chez les femmes ? Et pourquoi ai-je dû chercher sur l’internet le nom (oublié) d’Anthony ERVIN, pourtant bien remarquable double vainqueur olympique du 50 mètres, à douze années de distance ? Et qui se souvient qu’une ravissante Danoise nommée Pernille BLUME a enlevé le 50 mètres dames au Brésil il y a seulement quinze mois ?

 Alors, à Hong-Kong, quoi ? Chez les hommes, chez les femmes, l’histoire bégaie. C’est Tom SHIELDS contre Chad LE CLOS sur 200 libre, en papillon. Un coup c’est l’un, un coup c’est l’autre. Côté filles, même chose : dix-sept épreuves, mais tout occulté par le « match » entre SJÖSTRÖM et HOSSZU. Pas inintéressant en soi, mais la multiplication des courses donne moins une idée de variété que l’impression de bafouiller. SJÖSTRÖM pile KROMOWIDJOJO sur 50, sur 100, sur 100 papillon, les podiums sont les mêmes, les noms des épreuves changent. HOSSZU dérouille SEEBOHM en dos, sur 100, comme la veille sur 50 et 200 et dans le 200 quatre nages. Là encore, on répète… La FINA a inventé à force d’ajouts, de fausse créativité, le programme de natation le plus répétitif, le plus redondant qui soit. Au bout du compte, on s’ennuie quand même un peu.

Ce n’est pas que ça. A Hong-Kong, on frôle le degré zéro en termes de profondeur dans les résultats. Après le podium, voire, souvent en-dehors du vainqueur ou de la gagnante, il n’y a plus personne. Ou plutôt, on n’a plus que des éléments hong-kongais, les locaux de l’étape… C’est Katinka qui gagne le 400 quatre nages en 4’33s55, et attend sagement dans l’eau, pendant près de dix-sept secondes, que la deuxième, la Sud-Africaine Jessica WHEELAN, ne touche à son tour. Le match, dans cette course, c’est trois filles, deux sud-africaines, WHEELAN et Kristen STRASZACKER, et l’hong-kongaise Hoi Kiu LAM, qui se disputent deux places de podium dans les 4’50s. Sympa, mais voilà à quoi se réduit trop souvent le « monde » dans cette Coupe du monde…

Le scénario se répète presque partout : répétons-le, ce n’est pas un mauvais meeting, loin de là. Mais il n’y a rien, ici, d’une « coupe du monde ». La FINA, en lui imposant son sigle, ne lui a rien ajouté en-dehors de son saupoudrage de dollars.

Quelques vieux briscards viennent faire leurs piges : Cameron VAN DER BURGH, par exemple, ou encore Alia ATKINSON, qui n’a pas jugé bon de se présenter aux championnats du monde de Budapest, mais vient arrondir son compte en banque. Good for them, bien sûr, Roland SCHOEMAN avait ainsi prolongé sa carrière il y a dix ans, mais je ne sais pas si cela mène la natation quelque part…

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 20s91 ; 2. Chad LE CLOS, Af. Sud, 21s48.

200 libre : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 1’42s88 ; 2. Tom SHIELDS, USA, 1’43s58.

1500 libre : 1. Zao QIU, Chine, 14’44s09 ; 2. Gabriele DETTI, Italie, 14’46s44 ; 3. Wojciech WOJDAK, Pologne, 15’0s33.

50 dos : 1. Pavel SANKOVICH, Biélorussie, 23s03.

200 dos : 1. Christian DIENER, Allemagne, 1’51s25 ; 2. Radoslaw KAWECKI, Pologne, 1’51s57.

100 brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, Af. Sud, 56s43; 2. Kirill PRIGODA, Russie, 56s78; 3. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 56s92; 4. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s73; 5. Vladimir MOROZOV, Russie, 58s25.

100 papillon : 1. Chad LE CLOS, Af. Sud, 50s28 ; 2. Tom SHIELDS, USA, 50s82.

200 4 nages : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 1’54s81 ; 2. Kenneth TO, Hong-Kong, 1’54s83. 

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s99 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 52s53 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 53s02.

400 libre : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 4’4s30.

100 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s20; 2. Emily SEEBOHM, 56s71; 3.

50 brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s26.

200 brasse : 1. Kierra SMITH, Canada, 2’18s48; 2. Rikke PEDERSEN, Pays-Bas, 2’19s19;

50 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s62 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 25s46; 3. Maaike DE WAARD, Pays-Bas, 25s79.

200 papillon : 1. Yufei ZHANG, Chine, 2’8s64.

100 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s97; 2. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 58s62; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 58s77; 4. Alia ATKINSON, Jamaïque, 59s57     

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’33s55.

MEETING DE HONG-KONG : SARAH SJÖSTRÖM BALAIE TOUT SUR SON PASSAGE – Éric LAHMY

Éric LAHMY

Samedi 30 Septembre 2017

Sarah SJÖSTRÖM semble s’être entichée de la Coupe du monde. Dès le premier jour de la compétition qui se tient à Hong-Kong, nouvelle étape de la Coupe, la Suédoise a remporté 50 et 200 libre et 100 papillon, avec de grosses performances et sans adversaires à sa mesure alors qu’il y avait du beau monde. Katinka HOSSZU n’est pas venue tenter de la chatouiller sur aucune de ces deux distances. D’habitude, elle affectionne le 200 mètres, mais SJÖSTRÖM et son 1,86m représentent un trop gros morceau à avaler. Et les règlements de la Cup interdisent désormais l’Iron Lady de se prêter à son jeu favori qui est de tout nager. Il faut choisir dans quatre épreuves, point final !

Et sur 100 papillon, distance dont SJÖSTRÖM est à la fois la championne olympique et la recordwoman du monde, HOSSZU se serait bien sûr cassé les dents. Dans cette épreuve, le profil de course de la Suédoise correspondait très exactement à ce qui fait de cette grande fille toute simple une forteresse imprenable. Non seulement elle dynamitait la course d’entrée, laissant au virage de mi-course la Chinoise Yufei ZHANG à près d’un mètre (25s88 contre 26s35), mais elle en remettait une couche (et quelle couche) dans la seconde moitié, seule sous les trente secondes, largement d’ailleurs (29s44) ; ZHANG, l’une des meilleures spécialistes du monde, devenait, en face et par comparaison, aussi démunie qu’une nageuse de seconde zone.

Et pourtant elle-même précédait Ranomi KROMOWIDJOJO. Laquelle subissait encore la loi de SJÖSTRÖM sur 50 mètres libre !

HOSSZU RESTE HOSSZU, SHIELDS DEVANCE LE CLOS

HOSSZU, bien qu’éloignée de ses monopolisations passées, restait HOSSZU. C’est ainsi qu’en séries, sur 200 mètres quatre nages, elle se qualifiait avec un temps de 2’5s64, six secondes plus vite que la seconde meilleure qualifiée, Femke HEEMSKERK, 2’11s83, et alors qu’un temps de moins de 2’18s98 l’aurait amenée en finale.

Tom SHIELDS s’est qualifié brillamment pour la finale du 200 mètres papillon (1’52s11) où il rencontrait Chad LE CLOS, lequel s’y présentait directement, en fonction de résultats précédents (champion du monde à Budapest), selon le règlement (rétrograde et antisportif) de la FINA, et lui a infligé une défaite retentissante, en 1’49s62 contre 1’50s28. Pour ce faire, l’Américain avait décidé pour une stratégie d’attaque : même en petit bassin, un passage en 24s72 aux 50 mètres, cela s’appelle prendre des risques, et la plupart des participants, contraints de suivre un tel rythme, se seraient retournés sur le dos en appelant leur maman.

SHIELDS, lui, traçait sans faiblir. Devancé de deux coudées, Yuya YAJIMA, un Japonais doté d’une technique de papillon très originale, très « serpentée », longuement disséquée par Tony CARROLL dans le site SWIM SWAM du 7 juillet 2015 (https://swimswam.com/the-evolution-of-butterfly-is-yuyas-dolphin-diving-the-next-big-thing/ ), passait en 25s18, devant LE CLOS. Lequel revenait sur YAJIMA dans la sixième longueur. Le Japonais asphyxié terminait à la dérive, et LE CLOS, devancé d’une longueur, tentait de recoller sur l’Américain. Il lui manqua un mètre à l’arrivée.

Passages:

SHIELDS, 24s72 ; 52s51 (27s79) ; 1’20s88 (28s37) ; 1’49s62 (28s74).

LE CLOS, 25s44 ; 53s84 (28s40) ; 1’22s28 (28s44) ; 1’50s28 (28s).

YAJIMA, 25s18 ; 53s45 (28s47) ; 1’22s36 (28s91) ; 1’52s64 (30s28).

CUP: SARAH SJÖSTRÖM DEVANT KATINKA HOSSZU

Peu de temps avant la reprise, la FINA avait publié une nouvelle liste de prix. On augmente les ristournes aux nageurs. La FINA est une étonnante institution. Elle ne cesse de changer ses règles, sans trop se soucier du fait qu’elle les piétine. Elle avait trituré le programme, ses règles, pratiquement en même temps que l’annonce du début de la compétition 2017. Cette fois, nul ne va se plaindre de l’augmentation des prix. Le règlement précédent avait chamboulé sans préavis les règles précédentes, réduit le nombre d’épreuves disputées par meeting, ces messieurs de la FINA s’apercevant (enfin) que l’enflure de leur programme l’a rendu impraticable ; ces tripatouillages avaient provoqué l’ire de Katinka Hosszu et la naissance d’une association de nageurs pros.

Les trois premiers dames et messieurs se partageront désormais 600.000 dollars (511.000€) : 128.000€ aux premiers, 85.000 aux seconds, 42.000 aux troisièmes. Dans le passé, seuls les premiers du classement avaient accès au prix à hauteur de 100.000$ en 2016-17, Katinka Hosszú et Vladimir Morozov.

Les huit premiers de chaque sexe recevront des prix en argent (les 6 premiers jusqu’ici). La distribution de prix en argent atteindra 942.000$ (802.000€). Les premiers recevront 50.000$, les huitièmes 3000$ (2500€).

La FINA tente, me semble-t-il, d’augmenter l’attractivité de la Coupe du monde, collection de meetings en petit bassin étalés ou plutôt compressés à des dates aussi peu naturelles que possible (de l’indoor en été, par exemple, aberration), emmêlés sous forme de « bouquets ». En effet, ainsi triturée, la formule ne fait pas recette. Les augmentations de dotations font l’effet d’emplâtres sur une jambe de bois. Ce n’est pas les gains qu’il faut augmenter, c’est tout qu’il faut repenser.

Mais la FINA est incapable de se sortir du nœud gordien de ses créations, parce qu’elle n’a jamais répondu qu’à une logique mercantile. Sa façon d’embrasse son sport conduit à l’étouffer. Son programme est farci d’épreuves qui se suivent sans aucune cohérence. Son calendrier est un bazar. Les apprentis sorciers sont à bout de souffle. 

D’ailleurs, il faudrait que cette fichue World Cup disparaisse, et que soit rendue toute liberté aux différents organisateurs de meetings de s’aménager à leur façon, quitte à ce que l’international vienne y distribuer ses prix. La professionnalisation de la natation vue par la FINA est impraticable. Ce sport ne sera jamais professionnel comme le tennis, sauf bien entendu lorsqu’il attirera quinze mille spectateurs payants à chaque session.  Sortir la natation du cirque pour lui rendre son statut de sport éducatif majeur!

Cela n’empêchera pas, certes, HOSSZU, SJÖSTRÖM, MOROZOV et autre LE CLOS de ramasser leurs jackpots ! Avant Hong-Kong, les classements World Cup étaient les suivants : Femmes, 1. SJÖSTRÖM, 266 points ; 2. HOSSZU, 176pts ; 3. KROMOWIDJOJO et BELMONTE, 122pts.

Messieurs : 1. LE CLOS, 159pts ; 2. PRIGODA et MOROZOV, 93pts. ; 4. SHIELDS, 72pts.

 MESSIEURS.- 100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 45s91 (21s83 + 24s08) ; 2. Chad LE CLOS, Af. Sud, 46s10 (22s14 + 23s96) ; 3. Kenneth TO, Hong-Kong, 47s28.

400 libre : 1. Gabriele DETTI, Italie, 3’43s11 ; 2. Wojciech WOJDAK, Pologne, 3’43s23 ; 3. Ziao QIU, Chine, 3’43s87; 4. Filip ZABOROWSKI, Pologne, 3’43s89.

50 brasse : 1. Cameron van der BURGH, Af. Sud, 25s80 ; 2. Kirill PRIGODA, Russie, 26s16; 3. Ilya SHYMANOVICH, Russie, 26s23; 4. Renato PRONO, Paraguay, 26s53

100 dos : 1. Christian DIENER, Allemagne 51s44 ; 2. Radoslaw KAWECKI, Pologne, 51s58.

200 brasse : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 2’4s02 ; 2. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’5s02; 3. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’5s28.

50 papillon : 1. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 22s52 ; 2. Tom SHIELDS, USA, 22s99.

100 4 nages : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 51s64 ; 2. Kenneth TO, Hong-Kong, 52s22 ; 3. Tom SHIELDS, USA, 52s85.          

400 4 nages : 1. Ayrton SWEENEY, Afrique du Sud, 4’7s76.

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 23s42 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s12 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 24s56

200 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 1’51s77 ; 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’53s14 ; 3. Duo SHEN, Chine, 1’55s69.

800 libre : 1. BingJie LI, Chine, 8’27s89

50 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 26s24; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 26s32; 3. Hoi-Shun Stephanie AU, Hong-Kong, et Maaike DE WAARD, Pays-Bas, 26s95.

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s14; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’5s90.

100 brasse : 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’4s09 ; 2. Rikke PEDERSEN, Danemark, 1’5s28; 3. Kiera SMITH, Canada, 1’5s65.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 55s32; 2. Yufei ZHANG, Chine, 57s26.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’5s29; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’7s54; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 2’9s79.

AU F.I.N.A.L, L’EUROPE SE FAIT-ELLE TONDRE LA L.E.N. SUR LE DOS ?

Éric LAHMY

Mercredi 27 Septembre 2017

Battu à l’élection à la présidence de la Fédération Internationale de Natation, Paolo BARELLI, le président italien de la Ligue Européenne de Natation, se persuade que son combat contre les sombres magouilleurs internationaux qui ont fait de la gestion de ce sport le marigot qu’on sait est le bon.

La LEN a publié un texte, intitulé « L’Europe mérite plus », reprenant les critiques de Barelli à l’encontre de la FINA et, en l’occurrence, du traitement déloyal vis-à-vis de l’Europe.

« Les athlètes et les fédérations nationales de l’Europe ont replacé ce continent à la tête des autres continents en termes de médailles et de finalistes dans les six disciplines, lors des championnats du monde 2017. L’Europe a aussi accueilli quatre des cinq dernières éditions des championnats du monde, mais aucun effort ne parait suffisant pour lui valoir un traitement juste de la part de la FINA.

« Lors de la distribution des sièges dans les différents comités et commissions techniques de la FINA, l’Europe a reçu bien moins que la part correspondant à son poids dans le monde aquatique. Les Fédération européennes à succès, investissant beaucoup pour produire des athlètes de qualité pour le bénéfice du monde aquatique, ont été négligées tandis que des pays d’autres continents privés de résultats et de traditions peuvent envoyer par poignées des membres pour suivre à l’avenir les activités futures de la FINA.

« Il ne s’agit pas là seulement d’un manque d’appréciation, mais d’une mise en danger des succès futurs au niveau global. »

Selon Barelli, si l’on se réfère aux tables et aux statistiques présentées en annexe à son texte, « il est évident que la direction de la FINA ne respecte pas les principes de base d’une « bonne gouvernance », et ne respecte ni n’apprécie le fait que les athlètes ou les fédérations d’Europe méritent d’être traités de façon équitable. » Barelli, à travers la LEN, analysant les résultats des mondiaux 2017 à travers le poids politique de la LEN au sein de la FINA, ne peut que constater, dit-il, « une douloureusement claire image de cette bien triste situation. »

Les points-clés de la démonstration sont les suivants: l’Europe, dans son ensemble, a enlevé 46% des médailles, et placé 49% des finalistes ; ses nations représentent 55% de celles qui ont enlevé des médailles et 59% des finalistes ; en sens contraire, se plaint l’Europe à travers son président, l’Europe a obtenu 25% des sièges disponibles dans les comités et commissions de la FINA, moins que les Amériques, 26% de sièges à la FINA, qui ont « enlevé 28% des médailles et conquis 25% des places de finalistes ». L’Asie, elle, toujours selon les comptes de la LEN, dispose de 22% des sièges, contre 19% des médailles et 18% des finalistes ; l’Océanie a 11% des sièges, avec seulement 5% des médailles et 7% des finalistes ; l’Afrique a eu droit à 16% des sièges, ce qui peut paraître luxueux pour un continent qui a raflé 2% des médailles et compté moins de 1% des finalistes.

Les chiffres qui précèdent ne me paraissent pas particulièrement scandaleux. Je ne crois pas un seul instant que le nombre de dirigeants doive absolument coller exactement à celui des médaillés. Fallait-il, pour donner un exemple à peine caricatural, offrir des places dirigeantes au Zimbabwe après les médailles de Kirsty Coventry et les renvoyer à la maison dès que cette grande nageuse eut pris sa retraite ?

Mais, selon l’expression, le diable se cache dans les détails…

« Plusieurs fédérations nationales européennes qui ont enlevé des médailles autant à Budapest qu’à Rio ne disposent d’aucune place en comités ou commissions. La Suède, pays de la meilleure nageuse du monde, n’a pas un membre dans la commission de natation et un seul en tout (en plongeon). La Serbie, l’actuelle championne du monde de water-polo messieurs, invaincue depuis trois saisons, qui remporté en water-polo toutes les grandes rencontres, de 2014 à 2016, a perdu son siège en Comité de water-polo. La Grèce compte un membre dans le comité des athlètes, l’Ukraine (9 médailles), natation de pointe en synchro et en plongeon, n’a qu’un membre, en synchro. »

Ni la Belgique, ni la Lituanie, ni la Norvège, pays de grandes traditions aquatiques qui ont placé des finalistes à Budapest, ne disposent de sièges en comités ou en commissions. Et la lettre de la LEN d’ajouter : « il ne s’agit là que d’exemples. Plusieurs autres fédérations européennes n’ont été considérées de façon appropriée. »

LE DIRIGEANT FINA TYPE EST CELUI QUI N’A PAS DE NAGEURS. NORMAL : IL NE SERT PAS, IL SE SERT

Après avoir salué l’émergence de nations, sinon dans la pratique sportive, du moins dans l’activité dirigeante, et admis qu’il fallait bien encourager cette émergence, la LEN appuie là où ça fait mal : « certains points clé qui soulignent l’incohérence des décisions de la FINA dans l’allocation de telles positions. »

« En Europe, les fédérations qui ont le plus de membres dans la FINA sont la Hongrie et l’Espagne, avec 7 membres chacune – les USA dominent pour les Amériques, avec 23 membres ; l’Australie, pour l’Océanie, en compte 17.

« Au total, en Asie, 15 fédérations membres placent trente membres dans les comités et commissions de la FINA sans placer le moindre finaliste aux mondiaux de Budapest. Même situation en Afrique avec 13 fédérations membres, lesquelles envoient trente membres dans les comités et commissions, pour zéro finaliste dans les compétitions. Onze fédérations américaines placent 24 comitards et commissionnaires sans parvenir à une place de finaliste en compétition mondiale, tandis que seulement quatre nations européennes (7 membres) se trouvent dans cette situation.

« Quelques autres exemples soulignent le manque d’honnêteté dans la politique suivie par la FINA dans sa désignation de ses membres (ce qui est mis en cause n’est pas la valeur des personnes désignées, mais la façon dont les fédérations nationales sont traitées, sans tenir compte de leurs achèvements. L’Afrique du Sud a onze membres et deux médailles et sept finalistes ; l’Egypte a cinq membres, contre un seul finaliste et médaillé. Le Koweit, une fédération suspendue, dispose de quatre membres et n’a emmené aucun finaliste dans les compétitions. Argentine, quatre membres, zéro finaliste. Oman, trois membres, zéro finaliste. Inde, 3 membres, zéro finaliste. Arabie Séoudite, 3 membres, zéro finaliste. Uruguay, 3 membres, zéro finaliste. Nigéria, 3 membres, zéro finaliste.

En contrepoint, le texte de la LEN note : « Suède, 1 membre contre 4 médailles et 7 finalistes ; Ukraine, 1 membre contre 9 médailles, 22 finalistes ; Danemark, zéro membre, mais 1 médaille, 4 finalistes à Budapest, 2 médailles à Rio ; Pologne, 0 membre pour une médaille et six finalistes ; la Serbie, zéro membre contre une médaille en water-polo. »

LA FINA N’A PAS DE PROBLÈME : ELLE EST DEVENUE LE PROBLÈME

Que penser de ce brûlot ? Qu’il confirme un évident problème avec la FINA. Entendons-nous. L’institution internationale n’A pas de problème. Elle EST un problème. Elle est la catastrophe de ce sport. La politique de son directeur, Cornel Marculescu, le philistin en chef, qui ne voit dans son sport que l’argent qu’il peut rapporter sans aucun souci d’une quelconque authenticité sportive ; ses atermoiements honteux vis-à-vis du dopage institutionnel ; la manipulation aussi méprisable que scandaleuse de l’institution orchestrant la disparition de la limite d’âge (à 80 ans !) pour permettre au grigou présidentiel de se représenter ; la captation des leviers du pouvoir par une caste de suceurs qui se coopte, se perpétue ; tout cela, allié au temps, qui a permis à toute une vermine de s’incruster, a fait disparaître tout semblant de démocratie, et, forte de sa légalité olympique et des confortables sommes qu’elle lui procure, n’a que faire d’une authentique légitimité sportive ; tout cela, dis-je, mène à cette étrange arithmétique mise en lumière par Barelli.

Pour tenir la baraque, ces braves gens de la haute direction de la FINA sont en effet très occupés à ne coopter que des personnes » manipulables à plaisir. Ces personnes doivent être soit des paillassons, soit des politiques. Politiques, on les acoquine, elles mangent à l’auge collective. Paillassons, le seul fait de se rendre aux réunions de la FINA, de dormir dans les grands hôtels, de toucher les copieuses compensations quotidiennes, les fameux « per diem », suffit à leur bonheur : ces dirigeants-sic sont achetés à peu de frais. Regardez les nationalités des cooptés par la FINA. On y trouve des très riches (comme le Koweit, ou les dictatures pétrolières d’Oman et d’Arabie séoudite) ou des très pauvres. Dans les deux cas, des gens faciles à mener : quand ils sont trop riches pour être corrompus, ils ne pèsent rien sportivement, le savent, et sont trop contents d’être mis dans le coup. Ces zéros cherchent les honneurs qui consistent à se la jouer dirigeants. Issus de nations pauvres, ils réagissent de la même façon, sauf qu’ils se font acheter par les voyages et l’argent. Et comme ce ne sont pas leurs vertus dirigeantes, mais bien un mélange de flagornerie et d’égoïsme qui les a amenés là, ils vont servir admirablement les intérêts de la caste… A noter que nombre de ces dirigeants-sic ainsi cooptés viennent de nations autocrates.

La FINA adore les dictatures. Enfin, elle ne les déteste pas. Elle parle leur langage. Marculescu, qui a prospéré sous Ceaucescu, doit s’y trouver à son aise… Ceux qui ont vécu dans une dictature sont très dépolitisés ; ils ont le culte du chef, savent courber la tête devant un médiocre adossé à un pouvoir. Ils font de parfaits larbins du régime. De tout régime.

Ce dévoiement de l’organisme faîtier du sport n’est pas nouveau. Pendant 80 ans, de 1908 à 1988, la FINA a été menée par des présidents issus de grandes nations de natation : USA, France, Grande-Bretagne, Suède, Allemagne, Belgique, Argentine, Pays-Bas, Australie, Mexique, Yougoslavie ; depuis bientôt trente ans, ses présidents viennent de nations qui n’ont pas produit un seul grand nageur : Algérie, Uruguay. Deux présidents de la FINA aux personnalités plus ou moins sympathiques, mais dont on se demande bien ce qu’elles ont apporté à la natation de leurs pays…

On n’est pas sorti de l’auberge.

RETOUR SUR LES MONDIAUX JUNIORS : LA VALEUR N’ATTEND PAS…

Éric LAHMY

Dimanche 24 Septembre 2017

Les championnats du monde juniors qui se sont achevés le mois derniers à Indianapolis (23-28 août) ne sont pas une compétition qui signifie tout à fait ce que leur titre pourrait faire croire, car une partie non négligeable des élites de la natation est constituée de juniors. Ces rassemblements sont relativement récents. C’est le 6e du nom. Ils procèdent de la volonté délibérée des dirigeants de la FINA de couvrir au maximum le champ de ses possibles en termes de compétitions…

Cette extension du programme, qui parait ne jamais devoir cesser, précède généralement, dans l’histoire, le mouvement contraire de régression. La haute époque est suivie d’une basse époque. On a vu, avec la refonte, et la révision à la baisse des programmes de la Coupe du monde, la première manifestation des limites et des blocages que provoquent les ambitions démesurées de la FINA, une institution pour qui toujours plus est toujours mieux…

Que signifient des mondiaux juniors dans lesquels on trouve, une année après les Jeux, la championne olympique du 100 mètres (Penelope OLEKSIAK ), laquelle d’ailleurs, n’est engagée que dans des relais, vu qu’elle est devancée par ses consœurs canadiennes ? Difficile à dire.

UNE COMPÉTITION QUI EXISTE GÉNÈRE SA LOGIQUE

Qui dit qu’OLEKSIAK, après avoir atteint à 15 ans le sommet de sa carrière, ne se trouve pas déjà sur la pente descendante ? Pessimiste ? Certes, mais me permettrez-vous de vous raconter les aventures passées de Missy FRANKLIN et de Ruta MEILUTYTE ? Ce qui nous fait espérer qu’elle ne sera pas brûlée prématurément, c’est que les entraîneurs l’ont mise plus ou moins au repos cette saison, et donc qu’ils ont compris que pour durer, il faudra se ménager. Il semble d’ailleurs que les Canadiens ont assimilé beaucoup de choses que d’autres ont du mal à digérer… et qu’on pourrait s’inspirer d’eux pour la gestion dans le temps d’une carrière de nageurs.

Doit-on ignorer ces mondiaux en raison de ce qui précède ? Non, peut-être pas, ne serait-ce d’ailleurs, que parce qu’une compétition qui existe génère sa logique : elle prend sa place ; ou encore, sans aucune ironie, que parce qu’une fille comme OLEKSIAK y nage. Mais on peut se permettre de ne pas leur donner d’importance excessive. Les enseignements qu’on y trouvera sont limités et contradictoires parce qu’à l’âge où s’épanouissent les cadors des championnats juniors, nombre d’entre eux se distinguent déjà dans les championnats seniors. C’est d’autant plus vrai pour les filles, qui sont « adultes » deux ans environ avant les garçons.

Le phénomène d’école s’est souvent manifesté dans l’histoire de la natation. Que signifie-t-il ? Qu’une natation ayant atteint un niveau, ses élites s’y retrouvent à plusieurs, très près les uns des autres.

Le haut niveau est une affaire de petit nombre. Dans le sport actuel, avec sa densité de performances toujours croissante, et une limitation à deux du nombre de nageurs par pays et par épreuve, quand deux nageurs d’une nation parviennent en finale ou montent sur un podium, le plein est fait. Donc l’image d’une école est un peu excessive…

On a pu quand même évoquer cette notion d’école à travers l’histoire de la natation française, et parler d’une école du sprint (qui était plutôt un suivi de sprinteurs) entre Alex Jany (années ’40), Aldo Eminente (années ’50), Alain Gottvalles (années ’60), Gilles Vigne, Michel Rousseau et René Ecuyer (années (‘70), Stephan Caron (années ‘90), Fred Bousquet, Alain Bernard, Fabien Gilot, Mehdy Metella et consorts, (années 2000). Il s’agissait là, en fait, d’une tradition, basée sur les compétences accumulées de coaches… Plus récemment, une « école » de brasse a existé, dont il ne reste plus rien.

PHÉNOMENES D’ÉCOLES OU EFFET D’OPTIQUE

Je ne sais si ce phénomène d’école, de groupe, n’est pas un effet d’optique, mais les doublés aux mondiaux juniors d’Indianapolis  ne sont pas rares. Les Américains, coutumiers tout au long de l’histoire du sport, de ces exploits collectifs, en réalisent plusieurs à Indianapolis, ce qui est naturel pour un pays de plus de 300 millions d’habitants, riche d’une tradition et d’une implantation inégalée dans le monde scolaire et universitaire.

Sur 100 mètres, WILLENBRING et KRUEGER, USA, finissent très près l’un de l’autre, 3e et 4e en 49s17 et 49s35 ; le demi-fond US voit, derrière Andrew ABRUZZO, triple vainqueur sur 400, 800 et 1500, différents nageurs US l’accompagner sur ces podiums : Trey FREEMAN, 3e sur 400 mètres, Michael BRINEGAR, 3e sur 800 mètres et 2e sur 1500 mètres.

De la même façon, Daniel ROY, 2’10s77, et Reece WHITLEY, 2’10s82 font un et deux pour les USA sur 200 mètres brasse.

La Hongrie place pour sa part Marton BARTA, 2e en 4’15s65, et Balasz HOLLO, 3e en 4’16s78 sur 400 quatre nages, ce qui n’étonnera pas ceux qui connaissent les grandes réussites magyares sur la discipline depuis des décennies. La Hongrie a été relancée, semble-t-il, par la récente organisation de championnats du monde à domicile, et peut-être aussi par l’audience importante du sport depuis les exploits de Katinka HOSSZU. Avec deux titres en papillon, sur 100 et 200, et une médaille sur 50 papillon, Kristof MILAK suit pour sa part les traces d’un autre nageur phénomène de la décennie passée, Laszlo CSEH. La grande surprise de ces championnats du monde juniors pourrait bien être le double succès hongrois dans les relais de nage libre masculins, quatre fois 100 et 4 fois 200 mètres. Les Magyars n’ont pas souvent, dans le passé, obtenu une densité qui leur a permis de briller en relais, et n’avaient pas produit un seul sprinteur d’audience mondiale depuis 1964 !

MAGYARS VAINQUEURS SUR 4 FOIS 100 : HONGROIS RÊVER !

Leur triomphe sur quatre fois 100 est d’autant plus extraordinaire qu’il a été réalisé par un seul sprinter plus ou moins « pur » de nage libre, Nandor NEMETH, appuyé, il est vrai, par leur crack du papillon Kristof MILAK, auteur d’un remarquable 49s08 au départ (et donc en fait un futur grand nageur potentiel de libre), et par Richard MARTON, un de leurs meilleurs éléments sur 200 mètres ainsi que par leur « quatre nageur » BARTA.

Equipe assez improvisée de talents divers qui a culbuté les formations polonaise, australienne et des USA. Des USA qui auraient été bien inspirés d’inclure dans leur relais Michael ANDREWS. Le record personnel de 2015 (50s21) du plus jeune professionnel du monde aurait presque permis à sa formation d’enlever le relais. Avec 21s75 au 50 mètres, je serais étonné qu’il ne puisse nager moins de 49 secondes, voire, lancé, 48 secondes, sur la distance classique, alors que le 4e américain du relais a nagé lancé plus de 50 secondes !

L’Italie, elle, ajoute à son jeune brasseur Nicolo MARTINENGHI, espoir de la spécialité et recordman du monde junior, Alessandro PINZUTTI, lequel l’accompagne sur le podium sur 50 mètres : autre doublé, qui a dû faire son effet dans son pays. Là encore, on saisit qu’un grand champion peut provoquer une aspiration vers le haut.

Le même phénomène se retrouve à plusieurs exemplaires dans les courses féminines. Dès le 50 mètres libre, Rikako IKEE, la star montante du Japon, se voit accompagner de OUCHI sur le podium. Sur 100, IKEE est 2e, OUCHI 6e. au 100 papillon, IKEE l’emporte et une autre compatriote, Suzuka HASEGAWA, finit 3e. Au 400 mètres quatre nages, Miku KOJIMA, autre Japonaise, qui a également gagné le 200 quatre nages, triomphe en 4’39s14, sous la menace d’Anna SASAKI, Japon.

Les doublés ne sont pas rares par ailleurs : deux Américaines dans l’ordre sur 200 dos, Regan SMITH, 2’7s45, et Alexandra SUMNER, 2’9s04 ; deux Américaines dans l’ordre sur 200 brasse, Zoe Elizabeth BARTEL, 2’25s68; 2. Ella NELSON, 2’27s04.

LE FORMIDABLE COLLECTIF DES CANADIENNES

Le phénomène de ces journées d’Indianapolis, c’est les Canadiennes. Mais c’est un phénomène plutôt collectif. D’un côté, en effet, elles ne gagnent que deux courses, par Taylor RUCK, laquelle doit forcer les feux pour devancer d’une demi-phalange la petite merveille hongroise Ajna KEZSELY, et par Jade HANNAH, laquelle concède l’ex-aequo à Natsumi SAKAI sur 50 dos, tandis que leur championne olympique Penelope OLEKSIAK n’est même pas engagée dans ses courses de prédilection, 100 crawl et 100 papillon. Ailleurs, les Canadiennes doivent admettre la victoire. Ainsi Taylor RUCK, 59s23, et Jade HANNAH, 59s62, devancée par d’étatsunienne Regan SMITH, 59s11, record du monde junior et peut-être la grande performance féminine de ces journées (SMITH, également gagnante sur 200 dos avec un très beau 2’7s45, nage au départ d’un relais quatre nages 58s95).

Pas vraiment dominatrices dans les courses individuelles, placées toutes ensembles dans les relais, les Canadiennes brillent de mille feux.

Les Français ont enlevé deux médailles : celle de Maxime GROUSSET, (néo-calédonien entraîné par Michel CHRÉTIEN à Amiens), 2e sur 50 mètres messieurs ; celle de Cyrielle DUHAMEL, 3e sur 200 quatre nages (et 4e sur 400 quatre nages). Cyrielle, des Pélicans de Béthune, est une récidiviste (médaille européenne juniors sur 400 quatre nages). Une façon de « sauver l’honneur » ?

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Michael ANDREW, USA, 21s75 (record junior) ; 2. Maxime GROUSSET, France, 22s25; 3. Leonardo DEPLANO, Italie, 22s31.

100 libre : 1. Ivan GIREV, Russie, 48s33 ; 2. Nandor NEMETH, Hongrie, 48s95; 3. Matthew WILLENBRING, USA, 49s17; 4. Daniel KRUEGER, USA, 49s35; 5. Jordan BRUNT, Australie, 49s42; 6. Breno CORREIA, Brésil, 49s44 (demi-finales, 49s33); 7. Maxime GROUSSET, France, 49s95 (demi-finales, 49s77).

200 libre : 1. Ivan GIREV, Russie, 1’46s40; 2. Nandor NEMETH, Hongrie, 1’46s79; 3. Elijah WINNINGTON, Australie, 1’46s81; 4. Patrick CALLAN, USA, 1’47s61.

400 libre : 1. Andrew ABRUZZO, USA, 3’49s19; 2. Balasz HOLLO, Hongrie, 3’49s97; 3. Trey FREEMAN III, USA, 3’50s14; 4. Antoni KAUZYNSKI, Pologne, 3’51s08; 5. Jarryd BAXTER, Afrique du Sud, 3’51s28; 6. Jacob VINCENT, Australie, 3’51s39; 7. Francisco Jose AREVALO RUBIO, Espagne, 3’51s67.

800 libre : 1. Andrew ABRUZZO, USA, 7’54s58; 2. David LAKATOS, Hongrie, 7’56s81; 3. Michael BRINEGAR, USA, 7’57s22.

1500 libre : 1. Andrew ABRUZZO, USA, 15’6s48; 2. Michael BRINEGAR, USA, 15’9s00; 3. Iaroslav POTAPOV, Russie, 15’9s18; 4. David LAKATOS, Hongrie, 15’18s07; 5. Markos GIL CORBACHO, Espagne, 15’20s14.

50 dos : 1. Michael ANDREW, USA, 24s63, record du monde junior, ancien, 24s67 en séries ; 2. Hugo GONZALEZ, Espagne, 25s30 ; 3. Kasper STOKOWSKI, Pologne, 25s38.

100 dos : 1. Hugo GONZALEZ, Espagne, 54s27 ; 2. Connor FERGUSON, Irlande, 54s51 ; 3. Daniel MARTIN, Roumanie, 55s55

200 dos : 1. Hugo GONZALEZ, Espagne, 1’56s69 ; 2. Carson FOSTER, USA, 1’57s87 ; 3. Nikita TRETYAKOV, Russie, 1’58s72.

50 brasse : 1. Nicolo’ MARTINENGHI, Italie, 27s10 (en demi-finales, 27s02) ; 2. Alessandro PINZUTI, Italie, 27s19 ; 3. Michael ANDREW, USA, 27s39 ; 4. Reece WHITLEY, USA, 27s71.

100 brasse : 1. Nicolo MARTINENGHI, Italie, 59s58 (en ½  finale, 59s01, record junior) ; 2. Reece WHITLEY, USA, 1’0s08 ; 3.Michael ANDREW, USA, 1’0s37 (en ½ finale, 1’0s33).

200 brasse : 1. Daniel ROY, USA, 2’10s77; 2. Reece WHITLEY, USA, 2’10s82; 3. Zacchary STUBBLETY COOK, Australie, 2’10s90; 4. Nicolo MARTINENGHI, Italie, 2’11s53; 5. Yu HANAGURUMA, Japon, 2’12s28; 6. Ikuma OSAKI, Japon, 2’12s38 (en série, 2’12s17); 7. Valentin BAYER, Autriche, 2’12s62; 8. Filip CHRAPAVY, Rép. Tchèque, 2’13s49 (en série, 2’13s32). En series, Denis PETRASHOV, Kirghizstan, 2’13s97; Wassili KUHN, Allemagne, 2’14s05; Evgenii SOMOV, Russie, 2’14s23.   

50 papillon : 1. Michael ANDREW, USA, 23s22 (record junior, ancient 23s27 en ½ finales); 2. Andrei MINAKOV, Russie, 23s53; 3. Kristof MILAK, Hongrie, 23s72.

100 papillon : 1. Kristof MILAK, Hongrie, 51s08; 2. Egor KUIMOV, Russie, 51s16; 3. Andrei MINAKOV, Russie, 51s84.

200 papillon : 1. Kristof MILAK, Hongrie, 1’53s87; 2. Yuya SAKAMOTO, Japon, 1’57s05; 3. Antani IVANOV, Bulgarie, 1’57s54        

200 4 nages : 1. Johannes HINTZE, Allemagne, 1’59s03 (record junior); 2. Kieran SMITH, USA, 1’59s56; 3. Marton BARTA, Hongrie, 2’0s14.

400 4 nages : 1. Hugo GONZALEZ, Espagne, 4’14s65; 2. Marton BARTA, Hongrie, 4’15s65; 3. Balasz HOLLO, Hongrie, 4’16s78; 4. Kieran SMITH, USA, 4’17s63.

4 fois 100 libre: 1. Hongrie, 3’17s99 (Kristoff MILAK, 49s08; Marton BARTA, 50s58; Richard MARTON, 50s09; Nandor NEMETH, 48s24) ; 2. Pologne, 3’18s53; 3. Australie, 3’18s55; 4. USA, 3’18s68.

4 fois 200 libre: 1. Hongrie, 7’10s95 (record junior) ; 2. USA, 7’10s96; 3. Russie, 7’11s39; 4. Australie, 7’15s18; 5. Espagne, 7’15s76. Meilleurs starts: Ivan GIREV, Russie, 1’46s62, Patrick CALLAN, USA, 1’47s33. Meilleurs lances: Elijah WINNINGTON, Australie, 1’46s25 ; Nandor NEMETH, Hongrie, 1’46s52 ; Martin MALYUTIN, Russie, 1’46s68

4 fois 100 4 nages : 1. USA, 3’36s15 [Drew KIBLER, 55s47 ; Reece WHITLEY, 1’54s79 (59s32); Codie BYBEE, 2’47s47 (52s68); Matthew WILLENBRING, 3’36s15 (48s68); 2. Russie, 3’36s30; 3. Italie, 3’36s44… 6. France, 3’41s89 [K-Ryls MIATTI, 56s95 ; Tanguy LESPARRE, 1’59s00 (1’2s05); Serguei COMTE, 2’53s14 (54s14); Maxime GROUSSET, 48s75].

Meilleurs temps individuels : dos, Tomas CECCON, Italie, 55s06 ; Kaçper STOKOWSKI, Pologne, 55s09 ; brasse, Nicolo’ MARTINENGHI, Italie, 59s10 ; papillon, Egor KUIMOV, Russie, 51s17 ; crawl, Ivan GIREV, Russie, 48s27 ; Matthew WILLENBRING, USA, 48s68 ; Bartosz PISZCZOROVICZ, Pologne, 48s71 ; Maxime GROUSSET, France, 48s75]

 

DAMES. – 50 libre : 1. Rikako IKEE, Japon, 24s59 ; 2. Grace ARIOLA, USA, 24s82 ; 3. Sayuki OUCHI, Japon, 25s07; 4. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchéque, 25s08.

100 libre : 1. Freya Ann-Alexandra ANDERSON, GBR, 53s88; 2. Rikako IKEE, Japon, 54s16 (en ½ finale, 54s06); 3. Kayla SANCHEZ, Canada, 54s54; 4. Rebecca SMITH, Canada, 54s63 ; 5. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 54s78 ; 6. Sayuki OUCHI, Japon, 54s91.

200 libre : 1. Taylor RUCK, Canada, 1’57s08 ; 2. Ajna KESELY, Hongrie, 1’57s10; 3. Irina KRIVONOGOVA, Russie, 1’58s51; 4. Isabel Marie GOSE, Allemagne, 1’59s65

400 libre : 1. Ajna KESELY, Hongrie, 4’6s72 ; 2. Delfina PIGNATELLO, Argentine, 4’8s33 ; 3. Anastasiia KIRPICHNIKOVA, Russie, 4’8s73; 4. Waka KOBORI, Japon, 4’9s59.

800 libre : 1. Delfina PIGNATELLO, Argentine, 8’25s22; 2. Ajna KESELY, Hongrie, 8’30s62; 3. Agueda Beatriz CONS GESTIDO, Espagne, 8’30s85; 4. Anastasiia KIRPICHNIKOVA, Russie,8’31s12; 5. Giulia SALIN, Italie, 8’32s11.

1500 libre : 1. Delfina PIGNATELLO, Argentine, 15’59s51; 2. Ajna KESELY, Hongrie, 16’15s68; 3. Agueda Beatriz CONS GESTIDO, Espagne, 16’17s84

50 dos : 1. Natsumi SAKAI, Japon, et Jade HANNAH, Canada, 27s93; 3. Grace ARIOLA, USA, 28s11; 4. Regan SMITH, USA, 28s12; 5. Anna India MAINE, GBR, 28s40; 6. Cassie WILD, GBR, 28s42. En series, Polina EGOROVA, Russie, 28s45.

100 dos : 1. Regan SMITH, USA, 59s11, record du monde junior; 2. Taylor RUCK, Canada, 59s23; 3. Jade HANNAH, Canada, 59s62; 4. Polina EGOROVA, Russie, 59s75; 5. Natsumi SAIKAI, Japon, 59s91; 6. Grace ARIOLA, USA, 1’0s58 (en ½ finale, 1’0s39); 7. Cassie WILD, GBR, 1’0s73 (en ½ finale, 1’0s58); 8. Anna India MAINE, GBR, 1’1s44 (en ½ finale, 1’0s71). En ½ finale, Anastasia ADVEEVA, Russie, 1’1s21.

200 dos : 1. Regan SMITH, USA, 2’7s45; 2. Alexandra SUMNER, USA, 2’9s04; 3. Natsumi SAKAI, Japon, 2’9s34 ; 4. Polina EGOROVA, Russie, 2’10s04 ; 5. Anastasia ADVEEVA, Russie, 2’10s11 ; 5. Jade HANNAH, Canada, 2’10s44

50 brasse : 1. Emily WEISS, USA, 30s78 ; 2. Faith KNELSON, Canada, 30s91; 3. Mona McSHARRY, Irlande, 30s97.

100 brasse : 1. Mona McSHARRY, Irlande, 1’7s10; 2. Faith KNELSON, Canada, 1’7s47; 3. Zoe Elizabeth BARTEL, USA, 1’7s63

200 brasse : 1. Zoe Elizabeth BARTEL, USA, 2’25s68; 2. Ella NELSON, USA, 2’27s04.

50 papillon : 1. Rikako IKEE, Japon, 25s46 (record junior).

100 papillon : 1. Rikako IKEE, Japon, 57s25; 2. Rebecca SMITH, Canada, 58s07; 3. Suzuka HASEGAWA, Japon, 58s60.

200 papillon : 1. Emily Louise LARGE, GBR, 2’7s74; 2. Suzuka HASEGAWA, Japon, 2’8s29    

200 4 nages : 1. Miku KOJIMA, Japon, 2’12s42; 2. Kayla SANCHEZ, Canada, 2’12s64 ; 3. Cyrielle DUHAMEL, France, 2’13s31 [28s81, 1’2s60 (33s79), 1’41s39 (38s79), 31s92]

400 4 nages : 1. Miku KOJIMA, Japon, 4’39s14 ; 2. Anna SASAKI, Japon, 4’40s99 ; 3. Anja CREVAR, Serbie, 4’42s24 ; 4. Cyrielle DUHAMEL, France, 4’43s56 [1’4s87, 2’16s82 (1’11s95), 3’38s07 (1’21s25), 1’5s49].

4 fois 100 libre: 1. CANADA, 3’36s19 (record junior) (Taylor RUCK, 53s63; Penelope OLEKSIAK, 53s70, Rebecca SMITH, 54s65, Kayla SANCHEZ, 54s21); 2. USA, 3’39s69; 3. Japon, 3’40s59 (Rikako IKEE, 53s35 lancé); 4. Russie, 3’41s56; 5. Australie, 3’43s57.

4 fois 200 libre: 1. CANADA, 7’51s47 (record junior) (Kayla SANCHEZ, 1’59s01, Penny OLEKSIAK, 1’55s86, Rebecca SMITH, 1’58s66, Taylor RUCK, 1’56s94); 2. Russie, 7’57s33; 3. Japon, 8’2s09 (Rikako IKEE, 1’56s54 lancée); 4. USA, 8’2s40; Hongrie, 8’3s70.

4 fois 100m 4 nages: 1. CANADA, 3’58s38 [Jade HANNAH, 1’0s68; Faith KNELSON, 1’7s86 ; Penny OLEKSIAK, 56s91 ; Taylor RUCK, 52s93]; 2. USA, 3’59s19 ; 3. JAPON, 3’59s97.

Meilleurs temps individuels : dos, Regan SMITH, USA, 59s11; brasse, Zoe Elizabeth BARTHEL, USA, 1’7s17 : papillon, Penny OLEKSIAK, Canada, 56s91 ; Ikako RIKEE, Japon, 56s94 ; crawl, Taylor RUCK, Canada, 52s93 ; Freya Ann Alexandra ANDERSON, GBR, 52s99.

 – Au départ du relais mixte gagné par le Canada, Regan SMITH, USA, a nagé le 100 dos en 58s95, devançant Taylor RUCK, Canada, 59s27.

GEORGES PECHERAUD, (1925-2017)

Eric LAHMY

Vendredi 1er septembre 2017

Georges Pécheraud, l’un des grands dirigeants de la natation, s’est éteint ce matin. Il était, à quatre-vingt-douze ans (il était né le 1er juillet 1925), le grand ancien de ce sport. Sa carrière s’étendait sur plus de soixante-dix ans et fut très active. Il fut le fondateur du Club des Nageurs de Paris, qu’il présida pendant plus d’un demi-siècle, et l’une des chevilles ouvrières de la FFN ainsi que de la ligue de l’Île-de-France, occupant plusieurs postes de responsabilité. Actif et bienveillant, il fut un candidat malheureux à l’élection à la présidence de la Fédération française de natation, mais il ne semblait n’avoir retiré aucune amertume de cet échec. Auparavant, il avait été l’un des membres influents du comité directeur de la présidence d’André Soret, auprès de Georges Ronsin, P. Broustine, Yves Moreau et J. Chastagner, entre autres. Devenu président honoraire de la Fédération, il n’avait rien perdu de ses qualités intellectuelles et occupait encore jusqu’à son décès, des suites d’une infection, le poste de trésorier de l’amicale des internationaux de natation.

UNIVERSIADES DE TAIPEH : CES SERIES QUI FONT PEUR, par Eric LAHMY

Eric LAHMY

Mercredi 30 Août 2017

L’une des tendances les plus marquantes des courses de natation qui viennent de s’achever aux Universiades de Taipeh, a été la réalisation de performances parfois très élevées en séries et (pour le sprint de nage libre) en demi-finales. C’est une constatation récurrente, que font ce qu’intéresse la natation, que cette quasi-obligation de nager vite dès les épreuves qualificatives.

La plupart des concurrents se sentent contraints de produire une performance maximale dès les courses qualificatives, et je crois que c’est parce qu’il leur est très difficile, s’ils ne démarrent pas à fond, de trouver la vitesse qui leur permettre à la fois de s’économiser et de se qualifier [une chose qu’Yannick Agnel semblait parfaitement posséder, en 2012 et en 2013, au risque de donner des sueurs froides à ses entraîneurs, et qui lui permettait de sortir des courses transcendantes de lignes d’eau proches du bord].

Il y a aussi, dans doute, que, dans l’ignorance du niveau d’excellence et de préparation de leurs différents adversaires, iles uns et les autres craignent de se faire piéger s’ils ne se donnent pas sans calculs.

On a ainsi vu, dans le 50 mètres nage libre de Taipeh, deux performance de moins de 22 secondes, réalisées dès leurs demis, par les deux premiers de la finale, le Finlandais Mekka LIUKONNEN, 21s99, et le Brésilien Amaral Dual Garoff, Italo AMARAL DUAL GAROF, BRA, 21s93. Tous deux, avec 22s02 et 22s03, ne rééditèrent pas ces temps, et le Brésilien termina 2e de la finale tout en ayant été l’auteur de la meilleure performance absolue, tandis que le Japonais Katsumi NAKAMURA, 22s01 en demi, nageait 22s05 en finale.

Les Brésiliens doivent avoir des consignes leur intimant de nager vite en séries, car deux d’entre eux, DA SILVA SANTOS et SILVA SPAJARI,  n’ont pas, en finale du 100 mètres, outrepassé leurs temps des demis.

UNE NATATION PLUS MATURE

Si la tendance à s’employer fort dès le matin n’est pas récente, elle s’est amplifiée en raison de la densification des performances dans à peu près toutes les épreuves nagées, au cours des dernières années, après que la natation, longtemps considéré comme un sport jeune, eut atteint une sorte de maturité.

Cette maturité est marquée par deux choses : les records durent plus longtemps, et son battus par des marges moins importantes. Il fut un temps où, chaque saison, on enregistrait plusieurs dizaines de records mondiaux – battus qui plus est largement – alors que le programme était moins fourni qu’aujourd’hui (nul 50 mètres de spécialités, aucun de ces ridicules relais « de genre » dans lesquels on voit des nageuses se faire atomiser par les garçons, et surtout pas de records mondiaux en petit bassin).

DE SPITZ A SKINNER ET DE SKINNER A CHALMERS

Le tournant de l’évolution de la natation mondiale s’est effectué en 1976, à l’issue d’une olympiade où la valse des records fut impressionnante. Côté femmes, certes, l’Allemagne de l’Est, avec son monstrueux programme de dopage collectif d’Etat, menait le bal des vampires, mais quelques Américaines, emmenées par une formidable Shirley Babashoff, leur tenait la dragée haute. Et il semble qu’une fille de la RDA, nommée Kornelia Ender, qui détint des records en sprint, en crawl et en papillon, n’était pas dopée (elle était tellement douée qu’elle s’imposait sans cela). Côté garçons, il suffit de dire, pendant cette olympiade fatidique, que les records mondiaux de nage libre, passèrent, pendant ces quatre années, de 1’52s78 à 1’50s29 sur 200 mètres, de 4’0s11 à 3’51s93 sur 400 mètres et de 15’52s58 à 15’2s40 sur 1500 mètres. Soit, dans ce laps court de quatre ans, des progrès de 2s49 sur 200 mètres, 8s24 sur 400 mètres et 50s18 sur 1500 mètres. Comme on peut le voir à travers ces chiffres, cette évolution se fit surtout par le demi-fond et l’endurance, puisque la progression fut de 1s24 , par 100 mètres, sur 200 mètres, de 2s06 , par 100 mètres, sur 400 mètres et de 3s32 , par 100 mètres, sur 1500 mètres.

Cependant, l’avancée du 100 mètres contrecarra cette tendance. En effet, aux Jeux de Munich, en août 1972, Mark Spitz avait conclu sa poursuite victorieuse de sept médailles d’or olympiques par un record mondial du 100 mètres en 51s22. Trois années plus tard, un des géants de la natation, dont le gabarit annonçait les colosses actuels, James Montgomery, avait nagé la distance étalon en 50s59, record, en séries des championnats des Etats-Unis (avant de se faire battre en finale (preuve qu’il ne s’agit pas seulement d’une spécialité de Sarah SJÖSTRÖM). Un an plus tard, aux Jeux olympiques de Montréal, il améliora ce temps en demi-finales de la course avec 50s39. Avant la finale, mon confrère Jacques CARDUCCI vint me voir, et me montra le titre du papier d’après la finale qu’il avait déjà écrit avant la finale en raison d’exigences du journal L’Equipe, qui, pendant quinze jour des Jeux, devait jongler avec trois éditions (matinale, « olympique » et du soir). Jacques, qui focalisait sur la performance, estimait que Montgomery ne pouvait pas battre le « mur » des 50 secondes et se proposait de titrer : « cette limite qui ne pouvait être battue. » Il me demanda d’authentifier son intuition, mais je ne sus quoi lui répondre, ayant oublié la boule de cristal que je n’ai jamais retrouvée depuis, laquelle permet de lire l’avenir… Il me semblait que les paris restaient ouverts. Jim Montgomery nagea 49s99, Carducci reformula le titre de son article, qui devint « cette limite qui devait être battue ». Mais le plus beau restait à venir, et c’est que, quinze jours plus tard, un Sud-Africain, Jonty Skinner, interdit de Jeux olympiques en raison de sa nationalité, et qui avait battu Montgomery en finale des championnats US 1975 où l’Américain avait nagé ses 50s59, nagea, aux championnats US 1976 la distance en… 49s44.

10 KILOMETRES : FIRST : OLASZ ; THIRD : FURST

Entre 1972 et 1976, le record du 100 mètres avait donc progressé de 1s78. Si l’on retranche cette différence de 1s78 sur le temps de Skinner, on tombe sur un temps de 47s66, tout près des 47s52 de Nathan Adrian, vainqueur de la course des Jeux de Londres, en 2012, et des 47s58 de Kyle Chalmers, vainqueur à Rio en 2016.

Les progrès, obtenus sur 100 mètres nage libre entre 1972 et 1976, équivalent donc plus ou moins à ceux obtenus depuis 32 ou 36 ans, soit en huit ou neuf olympiades consécutives.  

L’aventure de Domenico ACERENZA, lequel nage les séries les plus rapides, passe les quinze minutes et, fort de cette position, s’invite avec une belle assurance au match pour la gagne entre Paltrinieri et Romanchuk. Plus exactement, il tient tête à son compatriote au départ, avant de souffrir le martyre et la déconfiture. Paltrinieri, en fait n’aura pas d’adversaire, et augmentera son avance à chaque longueur pour devancer l’Ukrainien de dix secondes.

PALTRINIERI peut être considéré comme le « héros » (l’auteur de la performance majeure des ces Jeux universitaires), puisqu’il a remporté 800 mètres, 1500 mètres et le 10 kilomètres marqué par le forfait des Américains Taylor ABOTT et David HERON, Catherine CAMPBELL et Rebecca MANN, en raison de la température de l’eau. Il a archi-dominé le 1500 mètres, malgré la présence de l’Ukrainien ROMANCHUK qui lui porta une sévère contestation sur 800 mètres. Sur la distance du marathon nautique, l’eau trop chaude ne lui fit ni chaud ni froid, il devança aisément les ténors habituels de la spécialité, auxquels il va poser un problème difficile à résoudre ces prochaines années.

Toujours en eau libre, fut marquée la seule présence française au niveau des médailles, quand Adeline FURST enleva le bronze des dix kilomètres.

Le Lituanien Danas RAPSYS gagna le 200 libre et le 200 dos, tandis qu’un Kosuke HAGINO, quoiqu’en petite forme, dut à l’abondance toujours grandissante du nombre d’épreuves de trouver sa niche, sur 200 mètres quatre nages. Les Japonais furent d’ailleurs avec les Russes, des auteurs de belles performances collectives (à noter le 200 papillon du jeune Nao HOROMURA en 1’53s90, une performance de médaille mondiale), et ont donné l’impression de trouver une équipe féminine de qualité (d’où notamment une victoire dans le relais quatre nages dames) forte de deux vraies vedettes, Yui OHASHI gagnante des courses de quatre nages, et Kanako WATANABE, qui enlève 100 et 200 brasse…

Avec une équipe dans laquelle manquent beaucoup de leurs éléments de pointe, les USA dominent, quoique difficilement dans l’ensemble, surtout grâce à leurs relais et quoique sans une personnalité de pointe.

MESSIEURS. 50 libre : 1. Mekka LIUKONNEN, FIN, 22s02 (en demi-finale, 21s99) ; 2. AMARAL DUAL GAROF, BRA, (en demi-finale, 21s93) et Katsumi NAKAMURA, JAP, (en demi-finale, 22s01), 22s05.

100 libre : 1. Ryan HELD, USA, 48s36 ; 2. Kacper MAJCHRZACK, POL, 48s38; 3. Katsumi NAKAMURA, JPN, 48s63; 4. Gabriel DA SILVA SANTOS, BRA, 48s84 (en demi-finale, 48s71); 5. Maxime ROONEY, USA, 49s16; 6. Pedro SILVA SPAJARI, BRA, 49s17 (en demi-finale, 49s09); 7. Nikita KOROLEV, RUS, 49s27. Serhil SHEVTSOV, UKR, en séries, 48s92, en demi-finale 49s12. En séries, Kenneth TO, HKG, 49s39.

200 libre : 1. Danas RAPSYS, LTU, 1’45s75 ; 2. Kacper MAJCHRZACK, POL, 1’46s19 ; 3. Mikhail VEKOVISHCHEV, RUS, 1’46s48; 4. Filippo MEGLI, ITA, 1’46s70. En demi-finale, Kosuke HAGINO, JPN, 1’47S49.

400 libre : 1. Mykailo ROMANCHUK, UKR, 3’45s96; 2. Jay LELLIOTT, GBR, 3’48s88 (en série, 3’48s30); 3. Grant SHOULTS, USA, 3’49s03; 4. Adam PAULSSON, SWE, 3’49s86; 5. Sergii FROLOV, UKR, 3’51s27 (en série, 3’49s67). En série, DARRIGO, USA, 3’49s84; HUTCHINS, NZL,3’49s93; Joris BOUCHAUT, FRA, 3’52s22

800 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 7’45s76; 2. Mykhailo ROMANCHUK, UKR, 7’46s28; 3. Sergii FROLOV, UKR, 7’51s06; 4. Grant SHOULTS, USA, 7’53s83; 5. Jay LELLIOTT, 7’55s36;… 8. Joris BOUCHAULT, FRA, 8’0s82.

1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 14’47s75; 2. Mykhailo ROMANCHUK, UKR, 14’57s51; 3. Gergely GYURTA, HUN, 15’1s11; 4. Shingo NAKAYA, JPN, 15’3s06; 5. Jay LELLIOTT, GBR, 15’6s51. En séries, Domenico ACERENZA, ITA, 14’58s14.

10 kilomètres: 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 1h54’52s4; 2. Soeren Detlef MEISSNER, GER, 1h55’1s5 ; 3. Krzysztof PIELOWSKI, POL, 1h55’19s6 ; 4. Allan LOPES MAMEDIO DO CARMO, BRA, 1h55’24s2.

50 dos : 1. Shane RYAN, Irlande, 24s72; 2. Justin RESS, USA, 24s73; 3. Youngjun WANG, Corée, 25s06.

100 dos : 1. Justin RESS, USA, 53s29; 2. Kosuke HAGINO, JPN, 54s12; 3. Danas RHAPSYS, LIT, 54s17; 4. Shane RYAN, IRL, 54s35; 5. Benjamin TREFFERS, AUS, 54s39; 6. Apostolos CHRISTOU, GRE, 54s49; 7. Taylor DALE, USA, 54s53.

200 dos : 1. Danas RAPSYS, LIT, 1’56s52; 2. Austin KATZ, USA, 1’56s70; 3. Roman LARIN, RUS, 1’57s29; 4. Kosuke HAGINO, JPN, 1’57s77; 5. Andrei SHABASOV, RUS, 1’58s17; 6. Martin BINEDELL, RSA, 1’58s17.

50 brasse : 1. Ilya SHYMANOVICH, Belarus, 27s39.

100 brasse : 1. Ilya SHEMANOVICH, Belarus, et Andrew WILSON, USA,1’0s15; 3. Dmitriy BALANDIN, Kazakhstan, 1’0s17; 4. Yannick KASER, SUI, 1’0s35

200 brasse : 1. Andrew WILSON, USA, 2’8s45; 2. Dimitry BALANDIN, KAZ, 2’9s70 ; 3. Rustam GADIROV, RUS, 2’9s72; 4. Mikhail DORINOV, RUS, 2’9s92; 5. Yannick KASER, SUI, 2’10s37; 6. Rincaro OKUBO, JPN, 2’10s72; 7. William LICON, USA, 2’10s75.

50 papillon : 1. Andrii GOVOROV, UKR, 22s90; 2. Andrey ZHILKIN, RUS, 23s40; 3. Henrique DE SOUZA MARTINS, BRA, et Andrii KHLOPTSOV, UKR, 23s54; 5. Konrad CZERNIAK, POL, 23s62 ; 6. Sunichi SAKAO, JPN, 23s65.

100 papillon : 1. Aleksandr SADOVNIKOV, RUS, 51s81; 2. Andrii KHLOPTSOV, UKR, 51s91; 3. Henrique DE SOUZA MARTINS, BRA, 51s96; 4. Kondrad CZERNIAK, POL, 52s; 5. Yuki KOBORI, JPN, 52s09; 6. Bence PULAI, HUN, 52s56; 6. Vinicius MOREIRA LANZA, BRA, 52s59.

200 papillon : 1. Nao HOROMURA, JPN, 1’53s90; 2. Daya SETO, JPN, 1’55s09; 3. Bence BICZO, HUN, 1’56s16; 4. Leonardo GOMEZ DE DEUS, BRA, 1’56s29; 5. Aleksandr KUDASHEV, 1’56s48; 6. Justin WRIGHT, USA, 1’57s06; 7. Alexsandr PRYBITOK, RUS, 1’57s15.       

200 4 nages: 1. Kosuke HAGINO, JPN, 1’57s35 ; 2. Daya SETO, JPN, 1’58s73 ; 3. Joe LITCHFIELD, GBR, 1’59s36 ; 4. Andrei ZHILKIN, RUS, 2’0s26.   

400 4 nages : 1. Daya SETO, JPN, 4’11s98; 2. Kosuke HAGINO, JPN, 4’15s44; 3. Aleksandr OSIPENKO, RUS, 4’16s63.

4 fois 100 mètres : 1. USA, 3’14s01 ; 2. Italie, 3’15s24 ; 3. Russie, 3’15s78

4 fois 200 mètres: 1. Japon, 7’8s45; 2. USA, 7’12s19 ; 3. Russie, 7’13s47.

4 fois 100 m 4 nages: 1. USA, 3’33s27; 2. Russie, 3’34s85 ; 3. Japon, 3’34s88 ; 4. Pologne, 3’36s34.

DAMES.- 50 libre : 1. Caroline BALDWIN, USA, 25s02.

100 libre : 1. Siobhan HAUGHEY, GBR, 54s10; 2. Mariia KAMENEVA, RUS, 54s37; 4. Arina OPENYSHEVA, RUS, 54s89; 5. Katerine SAVARD, CAN, 54s98.

200 libre : 1. Siobhan HAUGHEY, GBR, 1’56s71; 2. Katherine DRABOT, USA, 1’57s61; 3. Arina OPENYSHEVA, 1’58s53; 4. Manuella DUARTE LYRIO, BRA, 1’58s64; 5. Claire RASMUS, USA, 1’58s74;  6. Katerine SAVARD, CAN, 1’59s21; 7. Anastasia GUZHENKOVA, RUS, 1’59s44.

400 libre : 1. Sarah KOEHLER, GER, 4’3s96; 2. Joanna EVANS, Bahamas, 4’8s52; 3. Sierra SCHMIDT, USA, 4’9s82; 4. Simona QUADARELLA, ITA, 4’10s49; 5. Kaersten METZ, 4’10s84.

800 libre  : 1. Simona QUADARELLA, ITA, 8’20s54 ; 2. Sarah KOEHLER, GER, 8’21s67 ; 3. Joanna EVANS, Bahamas, 8’31s18; 4. Kiah MELVERTON, AUS, 8’32s46; 5. Camille HATTERSLEY, GBR, 8’32s84; 6. Julia HASSLER, Lichtenstein, 8’32s86.

1500 libre : 1. Sarah KOEHLER, GER, 16’21s49; 2. Julia HASSLER, LIE, 16’24s42; 3. Kia MELVERTON, AUS, 16’24s95.

10 kilomètres: 1. Anna OLASZ, HUN, 2h4’12s2; 2. Giulia GABRIELLESCHI, ITA, 2h4’17s9; 3. Adeline FURST, FRA, 2h4’17s9; 4. Viviane EICHELBERGER JUNGBLUT, BRA, 2h4’39s3; 5. Onon Katalin SOMENEK, HUN, 2h4’40s8; 6. Barbara POZZOBON, ITA, 2h4’42s8; 7. Yukimi MORIYAMA, JAP, 2h4’49s5.

50 dos : 1. Kira TOUSSAINT, NED, et Alexandra DE LOOF, USA, 28s07.

100 dos : 1. Sian WHITTACKER, AUS, 1’0s14; 2. Hannah STEVENS, USA, 1’0s23; 3. Anna KONISHI, JPN, 1’0s33; 4. Alexia SEVNIK, CAN, 1’0s78; 5. Alexandra DE LOOF, USA, 1’1s22

200 dos : 1. Sian WHITTACKER, AUS, 2’9s50; 2. Alexia SEVNIK, CAN, 2’9s92; 3. Bridgette K ALEXANDER, USA, 2’10s30; 4. Asia Marie SEIDT, USA, 2’10s31; 5. Margherita PANZIERA, ITA, 2’10s34; 6. Mackenzie Elizabeth GLOVER, CAN, 2’10s69.

50 brasse  31s12: 1. Andrea COTTRELL, USA, 30s77; 2. Laeiston PICKETT, AUS, 30s82

100 brasse : 1. Kanako WATANABE, JPN, 1’6s85; 2. Reona AOKI, JPN, 1’7s36; 3. Andrea COTTRELL, USA, 1’7s37; 4. Tatiana SCHOENMAKER, RSA, 1’7s44; 5. Miranda TUCKER, USA, 1’7s90.

200 brasse : 1. Kanako WATANABE, JPN, 2’24s15; 2. Tatjana SCHOENMAKER, RSA, 2’24s61; 3. Marlia TEMNIKOVA, RUS, 2’24s73; 4. Kayla BRUMBAUM, USA, 2’24s91; 5. Jiwon YANG, KOR, 2’25s68.

50 papillon : 1. Aliena SCHMIDTKE, GER, 26s16 (en demi-finale, 26s07)..

100 papillon : Hellen MOFFITT, USA, 58s75; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s81; 3. Rachael KELLY, GBR, 58s90; 4. Kine ZANDRINGA, NED, 58s92

200 papillon : 1. Ella EASTIN, USA, 2’8s21.       

200 4 nages : 1. Yui OHASHI, JPN, 2’10s03; 2. Ella EASTIN, USA, 2’11s12; 3. Seoyeong KIM, KOR, 2’11s62; 4. Miho TERAMURA, JPN, 2’11s85; 6. Sarah DARCEL, CAN, 2’12s18.

400 4 nages : 1. Yui OHASHI, JPN, 4’34s40 [1’2s; 2’12s17 (1’10s17); 3’31s16 (1’18s99); 1’3s24]; 2. Allison Jane MCHUGH, USA, 3’40s22; 3. Seoeyong KIM, Corée, 4’41s52; 4. Sarah Elisabeth DARCEL, CAN, 4’42s07.

4 fois 100 mètres: 1. Canada, 3’39s21; 2. Russie, 3’39s39 ; 3. USA, 3’40s09.

4 fois 200 mètres : 1. Russie, 7’55s28 ; 2. USA, 7’55s32 ; 3. Japon, 7’59s59 ; 4. Grande-Bretagne, 8’0s93.

4 fois 100m 4 nages: 1. Japon, 4’0s24 ; 2. USA, 4’0s49 ; 3. Italie, 4’2s240 ; 4. Australie, 4’3s58.

NATATION, SOUPÇONS DE DOPAGE, ET CONSEIL D’ETAT.

Jean-Yves TRENNEC

Lundi 28 Août 2017

L’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), appartient à la catégorie des autorités administratives indépendantes dotées de prérogatives de puissance publique qui lui permettent d’agir dans son champ d’intervention qui comprend notamment la matière disciplinaire.

Dans le cadre des contrôles inopinés que cet organisme est habilité à conduire dans les centres d’entraînement, des préleveurs – nom donné aux personnels habilités à réaliser des prélèvements sur les sportifs – se sont présentés au mois d’octobre 2016 sur le bassin du Cercle des Nageurs de Marseille (CNM) pour effectuer leur mission.

L’organisme de lutte contre le dopage a considéré, après une prise de contact que, le manager : M. B, par son attitude, s’opposait à la procédure de contrôle de trois de ses nageuses.
Un rapport relatant cette opposition a été établi.
La Fédération Française de Natation, saisie du dossier et qui dispose d’un pouvoir de sanction aux termes des dispositions de l’article L.231-21 du code du sport a décidé, sans doute pour des motifs d’opportunité, de ne pas sévir.
l’AFLD a alors usé des prérogatives qu’elle tient du troisième alinéa de l’article L.232-22 du même code pour réformer la décision de la fédération française de natation et frapper, par une sanction prise le 6 juillet 2017, l’entraîneur français, d’une interdiction d’exercice de ses fonctions d’une durée de six mois.
M. B a, dans le cadre d’un recours de plein contentieux, demandé au Conseil d’Etat d’annuler cette sanction. II a également sollicité sa suspension par la voie du référé.

On rappellera qu’en matière de référé suspension, l’article L. 521-1 du code de justice administrative exige que le requérant établisse d’une part, que les moyens juridiques exposés sont de nature à créée un doute sérieux sur la légalité de la décision ; d’autre part, que la demande de suspension est justifiée par une situation d’urgence avérée.

C’est dans le cadre de cette demande de suspension que s’est tenue au Conseil d’Etat, l’audience publique du 23 août 2017.

Lors de cette audience les deux parties ont exposé oralement leurs moyens juridiques que l’on peut ainsi résumer.

La défense de M.B a consisté à soutenir d’abord qu’on ne peut qualifier juridiquement son attitude d’opposition à contrôle, au sens du 3° de l’article L.232-10 du code du sport, dès lors que la notification du contrôle prévu à l’article L.232-13-2 n’avait pas encore été faite aux nageuses :

« Les contrôles mentionnés à L’article L.232-13 sont réalisés après notification du contrôle au sportif (…) »

Il a insisté pour indiquer qu’à aucun moment les préleveurs n’avaient cherché à entrer en contact avec les nageuses et qu’il ne se serait pas opposé à un contrôle si les préleveurs avaient insisté pour accomplir leur mission.
Cette argumentation visait, en droit, à disqualifier les faits, à les priver de leur caractère fautif, de façon à saper la sanction de sa base légale (1).

Le Président de la juridiction a fait observer que l’argument lui semblait assez spécieux dès lors que la manifestation claire d’une opposition au contrôle interdisait aux agents préleveurs de poursuivre matériellement leur travail et de procéder à la notification du contrôle.

M.B a également soutenu que les réticences qu’il avait exprimées au contrôle étaient d’ordre strictement sportif en ce sens que l’une de ses nageuses devait se rendre à une séance d’ostéopathie et qu’un second entraînement devant avoir lieu l’après-midi, il était nécessaire de respecter un temps de repos.

Au titre de la légalité interne, l’avocat de M.B a invoqué le caractère sérieux du moyen tiré de la violation par L’AFLD de l’article 6 de Convention Européenne des Droits de l’Homme qui garantit un procès équitable et de l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen .

Cette violation résultait, selon lui, du cumul, par cette autorité de régulation, des fonctions de poursuite et de sanction.

Plus précisément, il a été fait référence aux dispositions des articles R. 232-94 et R.295 du code du sport qui disposent respectivement :

:  » Le président de l’Agence française de lutte contre le dopage désigne un rapporteur parmi les membres du collège. Celui-ci établit un rapport exposant les faits et rappelant les conditions du déroulement de la procédure, tant, le cas échéant, devant la fédération sportive que devant l’agence. Le rapporteur procède, sans pouvoir les assortir de mesures de contrainte, à toute investigation utile dont le résultat est versé au dossier et communiqué avant la séance à l’intéressé (…)  » ;

 » Le rapporteur présente oralement son rapport à la formation disciplinaire. / L’intéressé, son défenseur, et le cas échéant, la ou les personnes investies de l’autorité parentale ou le représentant légal sont invités à prendre la parole en dernier. (…)  »

Il a ainsi été reproché au rapporteur d’être à la fois la personne qui instruisait le dossier et qui le présentait à la formation disciplinaire.
Ce faisant, L’AFLD en opérant une confusion des fonctions aurait violé le principe de l’impartialité objective consacré par le droit européen (2).

Sur ce point de droit, le Président a fait observer que les pouvoirs de l’AFLD étaient semblables à ceux reconnus à l’Autorité de la Concurrence pour laquelle le Conseil d’Etat a estimé que les dispositions du code de commerce garantissaient l’indépendance du rapporteur général à l’égard des formations compétentes pour prononcer des sanctions (3).

L’Autorité de la Concurrence ayant été considérée comme un organisme impartial, il serait logique d’en déduire la même conclusion s’agissant du fonctionnement de l’AFLD.

L’avocat de l’AFLD a, quant à lui, fait remarquer qu’il était singulier que M.B se plaigne de ce que les préleveurs ne s’étaient pas présentés à l’heure habituelle, alors qu’il entre précisément dans les missions de l’agence de réaliser des contrôles inopinés : le contrôle perdant toute efficacité si ses destinataires en sont prévenus par avance.
Il a également relevé que M.B avait signé le rapport constatant son opposition au contrôle.

Les parties ont ensuite débattu de la condition d’urgence laquelle doit être démontrée dans le cadre d’un référé suspension.

Pour accréditer l’urgence, l’avocat de M.B a fait valoir que son absence des bassins du fait de la sanction prononcée était de nature à mettre en cause la préparation des athlètes. Il a fait observer que le club, au statut amateur, serait certainement contraint de le licencier dès lors qu’il ne pourrait plus exercer ses fonctions. Il a également été souligné le caractère intrinsèquement disproportionné de la sanction au regard de la notoriété du requérant.

En réponse, l’AFLD a considéré que la gravité de l’infraction justifiait le quantum de la sanction, au demeurant modérée. Elle a soutenu également que le Cercle des Nageurs de Marseille était suffisamment pourvu en entraîneurs et en personnels pour que l’absence temporaire de M.B ne puisse nuire aux nageurs et que M.B ne s’exposait personnellement à aucun risque économique pour lui-même.

Après avoir délibéré pendant deux jours, le juge des référés a estimé devoir finalement rejeter la demande de suspension présentée, par M.B en écartant les moyens mettant en cause la légalité de la sanction (4).

Le juge constate tout d’abord dans son ordonnance datée du 25 août 2017 que les dispositions réglementaires relatives à la procédure ne méconnaissent pas les exigences constitutionnelles de séparation des compétences pour l’exercice des poursuites et le prononcé des sanctions.
Le Conseil d’Etat aligne ainsi sa jurisprudence sur son arrêt d’Assemblée du 21 décembre 2012 concernant l’Autorité de la concurrence.

En ce qui concerne l’opposition au contrôle qui était contestée par M.B, le juge des référés relève ensuite que le code du sport n’exige pas qu’une notification soit opérée auprès des tiers, autres que les sportifs, et que le comportement de ces tiers non sportifs peut recevoir la qualification d’opposition au contrôle dès lors que les opérations amorcées sont entravées.
La sanction infligée à M.B pour s’être opposé aux opérations de contrôle des nageuses est donc considérée comme s’étant appuyée sur une procédure régulière.

L’argumentation de M.B selon laquelle il ne serait pas véritablement opposé au contrôle est également réfutée par le juge qui relève qu’il a signé le rapport qui mentionne en termes clairs sa décision de s’opposer au contrôle et de le refuser. Faisant état de la qualité de professionnel averti de M.B, le juge des référés du Conseil d’Etat s’interdit de considérer que l’intéressé a pu se méprendre sur la portée du document qu’il a signé.

Le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction est écarté sans être analysé, le juge des référés estimant qu’il est inopérant au stade du référé dès lors que les moyens présentés doivent ressortir du dossier sans qu’il soit nécessaire de se livrer à une analyse approfondie du dossier.

Dans le paragraphe 7 de l’ordonnance, le juge des référés indique que la demande de suspension ne peut qu’être rejetée et que la condition d’urgence ne mérite pas qu’on s’y attarde dès lors que l’absence de moyens sérieux suffit par elle-même à justifier le rejet de la requête.

L’ordonnance du 25 août 2017 ne se prononçant que sur l’instance de référé, elle ne préjuge pas de la position que les juges du fond pourront adopter sur les faits soumis à leur appréciation.

Si l’on nous permet une boutade en guise de conclusion sur cette affaire, on ne peut s’empêcher de penser que l’ostéopathie, à laquelle M.B a rendu un hommage vibrant, quoique bien involontaire, aurait sans doute mérité d’être célébrée dans des circonstances de lieu et de temps mieux appropriées.

Jean-Yves TRENNEC est avocat

Notes :

1. CAA Lyon, 8 janv 2015, req. n°13LY02260.

2. CEDH, 25 juin 1992, Thorgeir Thorgeirson c/ Islande : aff. N° 13778/88

3. CE, Assemblée, 21 décembre 2012, Société Groupe Canal Plus et société Vivendi Universal, req. n° n°353856.
4. CE, ordonnance du 25 août 2017, M.B, req. n° 413353.

JULIEN ISSOULIÉ DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL : GRÂCE AUX, OU MALGRÉ LES, ÉTRANGES MANOEUVRES DU MINISTÈRE DES SPORTS?

Eric LAHMY

Jeudi 24 Août 2017

Julien ISSOULIÉ est depuis ce soir le nouveau Directeur technique de la natation française. Il devient le 10e titulaire du poste après Pierre BARBIT, Lucien ZINS, Gérard GAROFF, Patrice PROKOP, Jean-Paul CLÉMENÇON, Claude FAUQUET, Christian DONZÉ, Lionel HORTER et Jacques FAVRE…

 Cette nomination conclut un feuilleton complexe de quelques mois qui met notamment en lumière les dysfonctionnements de l’ancienne présidence de la Fédération.

La nomination d’ISSOULIÉ a été permise par deux ouvertures à candidatures au poste. La deuxième avait été souhaitée par le Ministère après que les premiers candidats n’avaient pas satisfait les exigences de l’avenue de France. C’est dans cette seconde fournée que s’est engouffré ISSOULIÉ. Elle a été facilitée également par les soucis de Romain BARNIER au regard de la législation antidopage. L’entraîneur marseillais s’était opposé au contrôle de trois nageuses…

En février dernier, l’affaire BARNIER avait été classée sans suite par la Commission ad hoc de la Fédération, mais l’antidopage a mal vécu une telle indulgence et interjeté appel… Le tarif appliqué, six mois d’interdiction, a été qualifié d’assez indulgent, vu la gravité des faits.

Hier, le Conseil d’Etat était censé se prononcer sur la condamnation de BARNIER, sans préjuger du fond.

BARNIER et son clan des Marseillais a allégué qu’une interdiction totale d’activités de l’entraîneur allait gravement perturber les résultats de la natation française (je vous laisse imaginer leurs autres arguments, dans le style : la patrie est en danger).

S’ils savaient ce qu’on s’en fout ! Comme me dit un ami : « pourquoi c’est grave qu’il arrête, ton BARNIER, il sauve des vies, il est chirurgien du cerveau ? »

Les si importantes responsabilités de BARNIER sont une chose, ce qui s’est passé au cours de ce contrôle en sont une autre. Arguer qu’il est entraîneur chef d’un pôle France, ou coach de l’équipe nationale, ou grand mamamouchi, est-ce dire qu’il se tient au-dessus des lois ? En est-on encore là ? Quand comprendra-t-on qu’un rôle « important » donne plus de devoirs que de droits, de responsabilités que de prérogatives ?

BARNIER, plus qu’un autre, devrait connaitre et respecter les règles de l’antidopage… Sans vouloir l’enfoncer (il fait très bien ça tout seul), je trouve plus ennuyeux qu’un homme exerçant ses responsabilités à la pointe de son sport commette une telle bévue, plutôt que l’animateur bénévole du club des « Anchois » de Trifouilly-les-Oies ou l’adjoint du bassin mobile de Pétaouchnok !

Par ailleurs, sincèrement, il peut très bien refiler ses nageuses à Julien JACQUIER, l’entraîneur phocéen ayant obtenu les meilleurs résultats aux mondiaux de Budapest ; elles ne seront pas gâchées, les filles.

Mathieu BURBAN, le 3e coach marseillais, pourrait, quant à lui, prendre un peu de recul et l’accompagner dans ses six mois de congé avec ou sans solde ; ce charmant garçon ayant pris l’habitude, depuis deux ou trois années, de planter ses équipes, je le verrai très bien pendant ce semestre en planteur antillais ou de tubercules (l’agriculture manque de bras) ! G.O. au Club Med lui conviendrait bien également. Je suis sûr qu’il reviendrait régénéré au bord des bassins…

Mais parlons un peu de l’incident…

Si mes informations sont bonnes, les faits paraissent établis. Les personnes chargées des prélèvements, qui étaient bien connues de BARNIER (l’une d’elles officie habituellement), arrivent à la piscine du Cercle pendant l’entraînement. Dans un premier temps, BARNIER leur demande d’attendre la fin de la séance, ce qu’elles font calmement, pensant qu’elles pourront alors procéder. Là, changement de ton, l’entraîneur explique à la responsable qu’il n’est pas question de « déranger » les nageurs. Il argue de leur programme, un rendez-vous, semble-t-il, avec un ostéopathe. La préleveuse attire son attention, à plusieurs reprises, sur les risques (prévus dans le Code du Sport, L.232.23) de s’opposer au contrôle.  Rien n’y fait.

Si les choses se sont bien passées ainsi, c’est, bien entendu, une position assez irresponsable qu’a pris BARNIER. Je crois que les nageuses, premières concernées, auraient dû passer outre leur coach et demander à être contrôlées, car menacées d’un « no show ». La règlementation est assez claire.

Peut-être n’ont-elles même pas été averties de ce qui se tramait ? Ou bien elles n’ont pas osé. Respect du coach. Dont la position rend intenable celle des filles. Si l’une d’elles avait décidé d’être contrôlée, les autres auraient dû suivre, elles auraient été vilipendées par leur coach, mais lui auraient sauvé la mise : il n’en serait pas là aujourd’hui !

Bien entendu, il vaut mieux un « no show » qu’un contrôle positif. C’est là que le comportement de BARNIER provoque des soupçons… Si les filles étaient propres, ce que je veux croire, qu’est-ce qui a pu le rendre aussi téméraire ?

LES ADIEUX DE VOYOUS DE LUYCE ET COMPAGNIE

La question qu’on se pose, est de savoir comment une affaire qui a débuté en octobre 2016 a-t-elle pu rester secrète et ne ressortir qu’en juillet dernier… Et pourquoi avoir laissé un entraîneur dans la situation de BARNIER emmener ses nageurs aux championnats du monde de Budapest, en juillet 2017.

La réponse est simple : la Fédération a étouffé le scandale, ce qui était le meilleur moyen d’en créer un autre.

Comment cela est-il possible, et comment se fait-il que la nouvelle équipe fédérale, désignée depuis le 2 avril, n’a-t-elle pu rectifier le tir ?

« Lors de la remise du rapport de la Cour des comptes régionale, explique Christiane GUÉRIN, secrétaire générale de l’équipe actuelle, issue des élections du 2 avril 2017, nous avions été frappés par un paragraphe, où il était demandé à la Fédération de se mettre en accord avec la réglementation du dopage. Ce n’était pas plus explicite que cela, et nous nous étions alors demandé ce qu’un tel passage signifiait, où pouvait être le souci. L’affaire BARNIER avait été traitée par le groupe LUYCE exclusivement, le président et, j’imagine, le DTN (Jacques FAVRE), sans doute aussi le Directeur administratif (L.-F. DOYEZ) et mon prédécesseur (SAUGE). Saisie de la situation, la commission fédérale du dopage, qui est indépendante, a blanchi BARNIER. Mais, à réception du compte-rendu de cette décision, l’Association française anti-dopage a fait appel, estimant que le coach marseillais ne pouvait être exonéré de toute faute ! Tout cela s’est fait sans qu’aucune personne de l’équipe actuelle ne soit au courant.

Comment, élus le 2 avril, n’avons-nous rien appris avant l’été ? Il faut voir dans quelle condition s’est passée la transition entre la Fédé LUYCE et notre administration. Nous pensions bien qu’il y aurait souci, et DALMONT, SEZIONALE et moi avions décidé, si nous étions élus, dimanche matin, de nous rendre l’après-midi même au siège fédéral, rue Scandicci. Ce que nous n’avions pas prévu, c’est qu’un dimanche, en raison des normes de sécurité, nous ne pourrions pas rejoindre les bureaux. En revanche, LUYCE et les siens s’y trouvaient bel et bien, et ils ont bien travaillé. Les bureaux du président, du DTN, du secrétaire général et de DOYEZ avaient été nettoyés, vidés de tous les dossiers. Il ne restait plus rien. Ils étaient allés très loin dans la nuisance. Par exemple, toutes les bouteilles de champagne avaient été emportées [il n’y a pas de petits bénéfices, NDLR], et, dernière petite amitié, la température de la cave à vin avait été abaissée à -10°, une façon de tuer les bouteilles du cellier. Dans la gestion fédérale, on est vraiment partis de zéro, en s’appuyant seulement sur les dossiers du directeur financier et du personnel. L’affaire BARNIER a donc fait partie de ce nettoyage par le vide des occupants précédents, qui avaient bien fait le ménage. Son dossier avait été retiré. »

 UN MINISTÈRE DES SPORTS QUI ROULE POUR MARSEILLE

Avant de souhaiter bonne chance à Julien ISSOULIÉ, certaines choses doivent être dites…

Je crois que la personnalité, plutôt sympathique, (« ronde », dit un de ses collègues) de Mr ISSOULIÉ, ou ses compétences, qu’il pourra toujours étendre, posent moins problème que la façon dont le tandem Fédération-Ministère des Sports a fonctionné (ou dysfonctionné ?). Voilà un Ministère qui désigne deux favoris parmi les candidats à la DTN, Mr BARNIER et Mr ISSOULIÉ. Et là, je me dis que j’hallucine. Si le ministère veut que le siège fédéral se change en siège d’affrontements, il est en effet très intéressant de nommer Mr BARNIER.

Je pense beaucoup de bien de Mr BARNIER. Il est un coach créatif, toujours en ébullition, en recherche. Il se remet techniquement en cause de façon permanente. Il a très certainement un profil séduisant. Sa passion, ses qualités d’entraîneur ne sont pas en cause. Mais son caractère, sa façon de peser sur les décisions en équipe de France – comme s’il s’agissait d’une annexe du Cercle des Nageurs de Marseille – font de lui une personnalité aussi « clivante » que Jacques FAVRE. Nous en sommes sans doute tous un peu là, mais BARNIER a les défauts de ses qualités.

Comprenez-vous que, la commission ministérielle, ayant donné deux noms, Julien ISSOULIÉ, qu’elle pare de vertus qu’on a déniées à Richard MARTINEZ, Philippe DUMOULIN et consorts, et Romain BARNIER, le second nommé de la short-liste pose problème ; et jette l’ombre d’un doute sur l’ensemble, et donc sur le premier nommé ? Si la commission a élevé BARNIER, c’est qu’elle ne comprend pas que, s’il est nommé, la Fédération peut exploser.

Ou bien le cabinet n’en a cure. Après avoir toléré un DTN qui faisait de sa cuisine mulhousienne le centre d’intérêt de la natation française, puis un DTN qui tâtonnait, faisait ses classes, et trouvait les solutions aux questions soulevées par son job au Cercle de Marseille, le ministère propose un DTN pour qui le nombril de la natation est (à nouveau) Marseille, et qui fonctionnait comme l’inspirateur de Jacques FAVRE : en quelque sorte, un FAVRE monté à la puissance.

Vous comprendrez dès lors que, si je pose un point d’interrogation sur  ISSOULIÉ, parce que je ne le connais pas bien, pour BARNIER c’est d’un point d’exclamation que j’accompagne son nom, parce que je le connais trop. Pour ce qui est du cabinet du Ministre, je le ferais suivre de trois points de suspension…

Dès lors, si la commission se plante pour BARNIER, pourquoi aurait-elle vu juste au sujet d’ISSOULIÉ ? Et puis Gilles SEZIONALE avait prévenu qu’il n’accepterait jamais ni FAVRE, ni BARNIER.

De là découle que, sauf entente souterraine entre SEZIONALE et le Ministère, entente dans laquelle le Ministère aurait « short-listé » son propre candidat et celui du président de la Fédération, on peut dire que c’est le ministère qui a choisi le DTN et que la Fédération s’est trouvée squeezée, n’a pas eu son mot à dire, contrainte qu’elle a été de désigner ISSOULIÉ

Vous trouvez ça confus ? Vous n’y comprenez rien ? C’est pas grave, moi non plus.

Reprenons. Le ministère, opération orchestrée par Pierre DANTIN, membre du cabinet, veut (à tout prix ?) faire passer BARNIER. Pour contraindre la Fédération, il réfute la première liste de candidatures dont il trouve les personnalités insuffisantes, et les flingue de commentaires des plus désobligeants.

Bon. On réfute là des pointures de la natation, comme Richard MARTINEZ, entraîneur emblématique de Font-Romeu, ou encore Philippe DUMOULIN, on se refuse à proposer une short-liste, et achève le massacre en déglinguant le premier choix de SEZIONALE, Laurent GUIVARC’H, qu’on charge des pêchés capitaux et à qui on reproche, par exemple, de devoir prendre un avion pour le Japon, où il doit cosigner un protocole important avec le maire de Kanazawa, le jour de son audition, alors qu’on lui a refusé le report de cette audition. Bizarre ?

Là, le cabinet exige un second tour. Des candidatures pilotées depuis l’avenue de France se font connaître, dont on ne peut dire si elles sont meilleures ou moins bonnes que les autres. Tout profil peut être intéressant. Mais la meilleure façon de faire passer BARNIER, pourrait être, auprès du Marseillais, de glisser le nom d’un second couteau. De quelqu’un qui ne pourrait faire de l’ombre au préféré. Julien ISSOULIÉ va faire l’affaire. L’adjoint au water-polo, qui a noté l’invasion des candidats du ministère et craint que le poste n’échoie à une personne extérieure à la natation, s’est porté candidat.

Le choix se porte-t-il sur lui, avenue de France, parce qu’il a séduit la commission ? ou parce qu’on a fait le pari que SEZIONALE ne pourra pas décemment le retenir, face à BARNIER ?

Manque de bol, SEZIONALE, sans broncher, entérine l’outsider. Il a sans doute plus d’une raison d’agir ainsi. D’abord, il a sans doute flairé le piège. Pourtant, cette nomination est étrange. S’il réfute BARNIER, il n’y a plus qu’à entériner ISSOULIÉ sans même prendre la peine de l’auditionner.

Une autre raison pour laquelle SEZIONALE a pu accepter d’opérer ce choix tronqué, c’est qu’au fond ISSOULIÉ lui convient. Le responsable du water-polo est un homme de consensus, qui sait travailler en équipe. Rue Scandicci, celles et ceux qui le connaissent le mieux pour l’avoir côtoyé vantent l’ambition qui le pousse, la part qu’il a prise dans les succès du water-polo français, ce désir qui l’a amené à ne cesser de se former, de progresser, de passer des diplômes, tout en préparant les équipes de France de jeunes à l’INSEP et en accompagnant les progrès du Sept, ces dernières années.

Quelques techniciens, proches de lui, ne tarissent pas d’éloges sur le DTN que s’est finalement choisi la natation. Florilège : « c’est un mec bien, honnête, pas tordu pour un sou. Un meneur d’hommes. On dit que le water-polo français a été mené par l’entraîneur jusqu’aux Jeux, mais Florian [BRUZZO],, s’il est un bon entraîneur, il fallait le choisir, et le défendre, et dans le contexte de la présidence LUYCE et de la DTN FAVRE, c’était tout sauf facile. Homme de sports co’, arrivé à sa place en 2013, il a cette approche de ceux qui savent qu’on ne fait rien tout seul, très différente de celle, individualiste, qui préside trop souvent en natation course. De plus, il est convivial, amusant, doté d’un humour fin… »

N’en jetez plus.

ISSOULIÉ (toujours présenté sur le site fédéral comme directeur du water-polo d’Île-de-France) a commencé comme accompagnateur, chargé de filmer les équipes de France. Une action assez restreinte. « Assez intelligent », nous dit à son sujet Marc CROUSILLAT, qui ne lui accordait « aucune chance d’être choisi, » surtout, en raison de sa spécialité water-polo. Cela vaut-il élimination ? Sûrement pas. D’autant qu’il est sympathique. Peut-être la natation a-t-elle besoin d’un pacificateur. D’un type cool, quelqu’un qui calme les égos, qui magnifie l’action collective NATIONALE et non pas d’un club, Mulhouse, Marseille, Nice, Toulouse, etc… Et, par définition, puisqu’il bosse dans une Fédération, d’un fédérateur.

A son sujet, on pourrait répéter  la légende de ce lutteur et humaniste, Ghani YALOUZ, qui a fait tellement fort comme DTN à la tête de l’athlétisme français après autant de succès à la lutte qu’il a été bombardé cette année Directeur de l’INSEP… On va en faire un mantra. Et on aimerait bien que l’histoire se reproduise.

Bien entendu, DUMOULIN, MARTINEZ et autres sont passés à la trappe, mais on ne fait pas d’omelettes, etc., et SEZIONALE, même s’il a perçu les façons de peser de son ministère de tutelle, ne s’est pas senti, à peine sorti de son bras de fer contre LUYCE, d’affronter FLESSEL.

Bien entendu, la cerise sur le gâteau (ou peut-être le gâteau sur la cerise), c’est la cagade du contrôle anti-dopage. Le ministère, une fois reçu le choix fédéral, a quand même mis des semaines à l’entériner !

 

ROMAIN BARNIER PERD SON CONTRÔLE, SON JOB, SA CANDIDATURE A LA DTN, ET JULIEN ISSOULIE PREND LA TAILLE AU-DESSUS

Eric LAHMY

Jeudi 17 août 2017

On a pu lire dans les gazettes que Romain BARNIER, l’entraîneur du Cercle des Nageurs de Marseille, suite à un bel énervement, a été suspendu 6 mois de ses fonctions par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage.

BARNIER a fait appel de la décision devant le Conseil d’Etat, selon l’AFP.

Le coach marseillais a été sanctionné le 6 juillet par le collège de l’AFLD pour s’être opposé au cours du mois précédent à un contrôle antidopage concernant trois de ses nageuses lors d’un entraînement. Son appel sera débattu le 23 août au Conseil d’Etat.

Les réseaux sociaux, immanquablement, se sont emparés de l’affaire et ont commencé de raconter des histoires effarantes sur les « responsabilités » d’ici et de là, notamment de la Fédération française de natation, qui aurait dû, lit-on sous la plume de personnes plus imaginatives que bien informées, prendre des dispositions pour empêcher BARNIER de se rendre à Budapest où il faisait partie de l’encadrement de l’équipe de France.

Voire !

La Fédération, quoiqu’impliquée de par les rôles de BARNIER, dont le contrat de préparation olympique s’arrête le 31 août et dont il ne vous étonnera pas d’apprendre qu’il ne sera pas reconduit, la Fédération, donc, n’avait pas jugé bon d’intervenir plus tôt (l’affaire s’étant passée en juin) au nom de la présomption d’innocence.

ROMAIN PERD L’EMPIRE DE LUI-MÊME

Dans un premier temps, BARNIER avait été relaxé, mais l’AFLD avait fait appel. La « condamnation » de notre impétueux Phocéen a pris son temps pour voyager, et n’a pu être connue de la Fédération que le 3 août, soit après quatre semaines. Arrivée sous forme d’un pli en recommandé alors que les décideurs fédéraux étaient déjà sur place à Budapest, elle n’avait pu être ouverte, par le personnel, en l’absence d’une personne autorisée. La Fédération n’a donc pas disposé officiellement à temps des éléments qui auraient pu l’amener à écarter BARNIER du staff au moment du départ pour les mondiaux de Budapest…

Une autre question, BEAUCOUP PLUS GRAVE, se pose en l’occurrence. Il me semble que personne, en France, n’a osé se la poser, comme on l’aurait fait s’il s’était agi d’un coach chinois à Shanghai ou russe à Moscou ! Comment BARNIER, riche d’une vingtaine d’années d’expérience de nageur de haut niveau et d’entraîneur à succès, a-t-il pu prendre le risque d’opter pour un comportement aussi énervé, aux portes du suicidaire, professionnellement s’entend, quand on sait les enjeux du contrôle anti-dopage et les pouvoirs qui ont été donnés à l’institution pour lutter contre ce genre d’obstruction ? Comment a-t-il pu se permettre d’interdire à une personne diligentée par l’anti-dopage d’effectuer sa mission de salubrité publique ? Ne sait-il pas ce qu’est une entrave à l’exercice de la justice ?

Le soupçon qu’on n’ose formuler, mais qu’on ne va pas se priver de nourrir à l’étranger, à travers l’Europe, l’Australie et les Amérique, après avoir écarté l’hypothèse du « soupe au lait caractériel qui ne se contrôle » pas, est le suivant : BARNIER s’est-il jeté en avant et a-t-il « donné sa peau » pour protéger ses nageuses, Mathilde CINI, Anna SANTAMANS et Mélanie HENIQUE, parce que celles-ci auraient pu avoir ingéré un produit répréhensible situé entre créatine et meldonium, sinon pire? Est-ce que l’on protège, est-ce que l’on encourage, est-ce que l’on défend le dopage à Marseille? Et est-ce que cette histoire ne polluera pas définitivement sa carrière ?

Voilà dans quel pastis, et avec quelle paranoïa on se trouve confronté après une telle histoire.

LES ETRANGES MANOEUVRES DU MINISTERE DES SPORTS

L’un des effets secondaires de l’affaire BARNIER est d’avoir réduit à néant sa candidature au poste de Directeur technique national de la Natation Française.

Sa nomination, vue de loin, aurait pu paraître jouable, puisque BARNIER était l’un des deux prétendants que le Ministère avait retenus dans la short liste (la très short list) proposée à Gilles SEZIONALE. L’affaire du contrôle au cours duquel le coach marseillais perd le sien, de contrôle, fait que l’autre nom est comme qui dirait celui du prochain DTN de la natation française et c’est Julien ISSOULIE.

Actuel directeur du water-polo de l’Île-de-France, Julien ISSOULIE, un protégé de Richard PAPAZIAN à Nice, a parait-il tapé dans l’œil de la commission ministérielle dont on aimerait 1) connaître les critères ; 2) savoir si elle se réunissait après des repas très arrosés ; 3) comprendre comment elle apprécie les qualités nécessaires à la direction de la natation.

Cette nomination, qui ne saurait tarder, fait penser, dans les milieux techniciens, que les instances dirigeantes ont fait le choix d’un DTN faible ces prochaines années. On verra à l’usage ?

On se demande quand même un peu comment ISSOULIE, quelles que soient ses qualités, par ailleurs, a pu peser plus lourd dans la balance qu’un Richard MARTINEZ, pour ne parler que de lui – mais aussi de quelques autres. Peut-être va-t-il nous étonner, et franchement je le souhaite, mais il y a quelque chose de mystérieusement politique, d’étonnamment orienté, de tractations souterraines dans son élévation au poste éminent qui sera sien.

Disons-le, parce que ce n’est rien d’autre qu’un secret de Polichinelle, BARNIER n’était pas tenu pour candidat valable par le président de la Fédération française de natation, ce qu’on peut comprendre après certaines contre-performances sportives et humaines du CNM de ces dernières années.

SEZIONALE avait clairement fait comprendre à la direction des sports du ministère qu’il n’était pas question pour lui de travailler avec aucun des deux Marseillais qui s’étaient présentés, Romain BARNIER et Jacques FAVRE. Antidopage ou pas, les chances de BARNIER d’atteindre le poste se situaient au niveau zéro virgule zéro.

Pour des raisons purement marseillaises, BARNIER était fortement appuyé localement et auprès du ministère par un membre du Cabinet ministériel, Pierre DANTIN, qui a travaillé dans le passé avec l’Olympique de Marseille, avec le handballeur ONESTA, des perchistes, avec BARNIER mais aussi avec Laura FLESSEL. On dit qu’il jouit d’une certaine influence sur la ministre actuelle, dont il est présenté comme un vieil ami.

DANTIN est peut-être de bonne volonté dans cette affaire, mais il ne connait manifestement pas le dossier, où, à mon humble avis, il s’est seulement occupé de faire avancer un de ses potes.

Après la mise à l’écart de Jacques FAVRE, SEZIONALE avait désiré Laurent GUIVARC’H au poste de DTN. Mais tout en reconnaissant les qualités administratives de celui qui avait pris le poste de DTN par intérim, le président n’a pas pu s’empêcher d’observer que GUIVARC’H ne s’imposait pas dans le milieu compliqué et jonché de peaux de bananes des entraîneurs de l’équipe de France, lesquels, parait-il, ne reconnaissaient pas en lui les qualités d’un chef naturel. Pourtant, ses pairs de la technique estiment qu’il est l’un des seuls à disposer de la pointure intellectuelle pour mener les actions compliquées de Directeur technique.

Il n’est pas impossible que les choses soient encore plus difficiles pour ISSOULIE, deuxième poloïste, trois décennies après Jean-Paul CLEMENÇON, à accéder au poste. Mais CLEMENÇON avait une puissance de feu cérébrale et une autorité née dans les basques de Patrice PROKOP. Sans médire des qualités d’ISSOULIE, il y a un côté lapin qui sort d’un chapeau dans sa nomination. Il reste à lui souhaiter bonne chance (et à la natation française).

Pour en revenir à BARNIER, il s’est vu «(interdire) de participer, directement ou indirectement, pendant six mois, à l’organisation et au déroulement des compétitions et manifestations sportives autorisées ou organisées par la Fédération française de natation ainsi qu’aux entraînements y préparant», indique la décision de la formation disciplinaire de l’AFLD.

Que signifie «contrecarr(er) clairement l’action des préleveurs», venus effectuer un contrôle antidopage inopiné sur son lieu d’entraînement ?

Il parait que la sanction reste modérée, un rugbyman ayant écopé de deux ans d’interdiction pour les mêmes faits. Il reste à savoir ce qu’en pensera le Conseil d’Etat.