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NCAA MESSIEURS 2018 (1).- BLAKE PIERONI TACLE TOWNLEY HAAS ET LUI SOUFFLE SON RECORD SUR 200 YARDS, 1’29s63 CONTRE 1’30s46

Éric LAHMY

Jeudi 22 Mars 2018

1’29s63 au 200 yards. La performance est presque insolite. Blake Pieroni, un étudiant en dernière année de l’Université d’Indiana, natif de Valparaiso (non pas au Chili mais dans l’Indiana), l’a réalisée au départ du relais quatre fois 200 yards de son équipe des « Hoosiers », ce mercredi, premier jour des NCAA 2018, qui se déroulent ce week-end au Jean K. Freeman Aquatic Center de Minneapolis, dans l’état du Minnesota.

47 ans après que Mark Spitz ait nagé la distance en moins de 1’40s (1’39s5), voici qu’elle est couverte en moins de 1’30s…

Le record, 1’30s46, appartient depuis 2016 à Townley Haas, qui nage pour Texas dans cette même épreuve. Pieroni réussit à le rétrécir de près d’une seconde. Haas a amélioré son temps record de 2016 de cinq centièmes, mais hier, 1’30s41 ne suffisaient pas.

Ces deux nageurs ont eu du mal à parfaitement équilibrer leur course:

Blake Pieroni  20s89, 43s53 (22s64), 1.6s45 (22s92)   1.29s63 (23s18).

Townley Haas,  20s87,  43s74 (22s87),  1.7s06 (23s32), 1.30s41 (23s35).

L’état d’esprit dans lequel les concurrents nagent les relais est moins tactique, plus tourné vers le record, parce que leur distance n’est pas nagée comme un tout, mais comme la partie d’un tout qui est le quatuor auquel ils appartiennent. Il ne s’agit donc pas seulement de gagner, mais de nager le plus vite, faire la plus  grande différence possible, pour faciliter le travail des autres relayeurs. Il en est que le relais transcende… Blake Pieroni doit être de ceux-là. Il a moins faibli sur la fin que Haas et cela a fait la différence entre eux…

Leurs équipes n’ont pas gagné, et c’est celle de la Caroline du Nord qui l’a emporte, grâce notamment à un 1’30s77 lancé de Justin Ress, lequel, quatrième relayeur, part un mètre derrière Ian Finnerty, d’Indiana, lui reprend toute son avance en cinquante yards et le devance à l’arrivée, 6’5s31 contre 6’6s01…

Pieroni ne s’en offusquera pas. « Il n’y a pas que des vainqueurs absolus », expliquait-il en l’espèce avec sagesse dans une interview recueillie par Swim Swam, ajoutant que son équipe avait amélioré son record de cinq secondes et n’avait donc qu’à se féliciter de son résultat collectif…

Dans ce contexte, les courses au start de Andrew Seliskar (Californie, 6e) en 1’31s28 et de Andreas Vazaios, North Carolina, 1ère) en 1’31s32, passaient un peu inaperçues…

Au physique, Pieroni n’a rien d’un monstre, il est seulement un athlète bien balancé, d’1,86m, pour 82kg.  Absolument satisfait de son exploit, il remet à plus tard son désir de fêter. « J’ai encore douze courses au programme » (du week-end), explique-t-il. Mais il a promis de s’extasier ensuite…

Son exploit fait certes de Pieroni le favori de la course individuelle, mais non pas un sûr vainqueur. L’an passé, déjà, il avait réussi en 1’30s87 le meilleur temps au départ du relais quatre fois 200 yards, mais avait été devancé par Haas en finale de la course individuelle. Haas avait nagé 1’30s65, Pieroni, 2e ex-aequo avec Dylan Carter, 1’31s16. 4e Dean Farris d’Harvard, 1’33s05. Pour mémoire, cette année là, Haas, dans le relais, avait été chronométré, lancé, en 1’30s42, ce qui est habituellement traduit par 1’31s12 au start. 

DOUBLE NÉERLANDAIS, ET DAVID AUBRY 2e À DOHA, PREMIÈRE ÉTAPE DES SÉRIES MONDIALES D’EAU LIBRE

Lundi 19 Mars 2018

Le premier marathon des Séries mondiales 2018 de la FINA à Doha, le week-end dernier a été un succès pour les Néerlandais. Les champions olympiques de Rio, Sharon Van Rouwendaal et Ferry Weertman, l’ont en effet emporté.

David Aubry a fini 2e de la course masculine, à 9/10e de seconde du vainqueur.

Cette épreuve débutait avec un départ dans l’eau alors que les filles avaient disposé d’un départ plongé. Très vite, le Français Logan Fontaine lançait la course avec David Aubry.

Selon le compte rendu officiel, la forme en V du peloton à la suite des leaders était un signe que le rythme était élevé. 

Au milieu du premier tour, sept nageurs menaient de front, et l’allemand Marc Herwig partait en avant. Quinze nageurs français se trouvaient dans ce lot, reconnaissables à leur bonnet bleu brillant.

Au début de la deuxième boucle, le Hongrois Kristof Rasovszky se détachait à son tour devant un Logan Fontaine toujours combatif. Puis Marcus Herwig passa en tête, avant que le Brésilien Diogo Villarinho ne se lance à son tour en avant, au début du troisième tour. L’Italien Ruffini, tenant de la course, nageait sagement en 7e position. Weertman, petit à petit, remontait depuis l’arrière du peloton et s’infiltrait en tête pendant que Marcel Schouten et Logan Fontaine menaient tour à tour. 

Fontaine allait finir 9e, et le mieux placé parmi les plus jeunes. Aubry prit le commandement pendant le 4e tour, imitié par Jack Brunell (GBR), Mario Sanzullo (ITA) and Kristof Rasovszky (HUN).
Pendant la cinquième boucle, à une centaine de mètres de la bouée de virage, le champion olympique italien Gregorio Paltrinieri lançait un sprint étonnant d’énergie et se retrouvait pour la première fois en tête de la course, aux prises avec Alex Reymond.

Le sixième et dernier tour voyait Weertman accélérer violemment et donner ce sprint qui lui a valu tant de victoires. Il touchait premier devant Aubry (1h52m42s5) et Ruffini (1h52m24s7). 

C’était la première course de Weertman dans les Séries : « j’ai vu Reymond arriver, et je savais qu’il est un très bon nageur de 25 kilomètres et qu’il allait bien suivre ; je me suis dit qu’il fallait que je reste derrière lui. Puis quand j’ai vu Paltrinieri, sachant qu’il est le plus rapide sur 1500 mètres, j’ai alors pensé que je devais rester avec lui, sachant que j’ai un bon sprint.  

Sharon Van Rouwendaal franchit l’arrivée en 2h2m24s4, devant les Allemandes, Leonie Beck, 2h2m25m2, et Finnia Wunram 2h2m26s7 qui avaient pris très tôt part à la course en tête.

Van Rouwendaal expliquait à l’arrivée qu’elle avait tenté une nouvelle approche tactique de la course, et estimait qu’en-dehors des Jeux olympiques, elle n’avait jamais produit une aussi bonne course.

Les Français classaient Aubry 2e, Alex Reymond, 4e , Logan Fontaine, 9e, Aubin Louis Coccordano, 21e, Alexis Vandevelde, 31e, Enzo Roland Munoz, 32e, Jean-Baptiste Clusman, 38e,  Naïm Mokhfi ; 40e, Hugo Saillard, 42e , Baptiste Colman, 45e, Clément Kukla, 45e, Pablo Le Corre, 52e , Farès Zitouni, 56e, Jules Wallart, 58e, Marin Débril, 64e, et Leo Ouabdesselam, 67e

DAMES.- 1. Sharon VAN ROUWENDAAL, NED, 2h2’24s4 ; 2. Leonie BECK, GER, 2h2’25s2; 3. Finnia WUNRAM, GER, 2h2’26s7; … 8. Océane CASSIGNOL, FRA 2h2’30s8; … 12. Lara GRANGEON, FRA, 2h2’34s1 ; … 15. Adeline FURST, FRA, 2h2’58s7 ; 16. Lisa POU, FRA, 2h3’2s ; … 38. Ilona MAILLE, FRA, 2h14’7s8 ; 39. Claire SIX, FRA, 2h14’11s8.

LES TEMPS FORTS DE STANFORD CONTRE LES PETITES MAINS DE CAL

Éric LAHMY

Dimanche 18 Mars 2018

Les NCAA féminines 2018 ont fourni leur lot de courses extrêmement serrées et intéressantes, et des records US ont continué à être battus. Le nombre d’exploits est tel qu’on ne peut en privilégier un, entre Kathleen Baker qui gagne avec panache son 200 dos, Simone Manuel qui continue de dominer le sprint dans un joli sans faute, Killy King qui ravage la brasse avec talent.

En revanche, il est sûr, avec les nageuses que Stanford a su attirer autour de ses programmes d’enseignement et de sport, son équipe, coachée par Greg Meehan, un ancien nageur de dos et enseignant de mathématiques, transfuge d’UCLA et de Californie,  et par Tracy Slusser, qui ajoute à ses capacités techniques celle de recruteuse hors pair, ne pouvait être battue. Simone Manuel, qui gagne le 50 et le 100, sans coup férir, et se place sur 200 et joue sa partition dans des relais, rétablissant plus qu’à son tour des situations périlleuses, Katie Ledecky, moins incontestable que l’an passé et d’ailleurs moins utilisée, mais quand même extrêmement costaude.  Ella Eastin a été épatante, qui a devancé Ledecky sur 400 quatre nages, et enlevé le 200 quatre nages.

Tery McKeever et Sarah Dunleavy, les coaches de Californie Berkeley, ont été battues, mais avec les honneurs : elles ont fait un bon boulot. L’un des talents reconnus de McKeever, est sa capacité à recruter des nageuses dont personne ne voudrait mais dont elle décèle infailliblement le potentiel, ou encore le fait qu’elles n’ont pas été bien exploitées à l’école secondaire, et permet ensuite un épanouissement inespéré. Mais bien sûr, c’est quelquefois difficile face aux grosses pointures d’en face.

KATHLEEN BAKER DONNE LA LEÇON SUR 200 DOS

200 yards dos.- 1. Kathleen Baker, California, 1:47s30 (record, ancien par Elizabeth Pelton, 1’47s84). 25s17, 52s31, (27s14), 1:19s47 (27s16), 1:47s30 (27s83);

2. Asia Seidt, Kentucky, 1:49s24.  25s90, 53s68 (27s78), 1:21s56 (27s88), 1:49s24 (27s68).

3. Beata Nelson, Wisconsin, 1:49s27.  25s56, 53s20 (27s64), 1:21s13 (27s93), 1:49s27 (28s14).

4. Lisa Bratton, Texas A&M, 1:50s74. 26s50, 54s42 (27s92), 1:22s55 (28s13), 1:50s74 (28s19).

5. Clara Smiddy, Michigan, 1:50s80.26s20, 53s98 (27s78), 1:22s31 (28s33), 1:50s80 (28s49).

Sur 200 yards dos, la lutte semblait incertaine entre Kathleen Baker, Ally Howe et une « sophomore » du Wisconsin, Beata Nelson. Baker, médaillée d’argent olympique sur 100 dos, était bien la seule de ce groupe à mener de front une carrière NCAA et une autre aussi florissante en grand bassin. Mais dans un baquet de 22,86m, la relance du mur, l’importance excessive qu’on prises les coulées sous-marines et la différence dans les distances nagées rendent inadéquates toutes les comparaisons possibles. Impossible de parier sur telle ou telle.

Le verdict de la compétition ? Howe avait annoncé avant la course que ce 200 yards dos serait la dernière course de sa vie. C’est en général un mauvais signe, car c’est déjà s’installer dans l’après, c’est-à-dire un futur déshydraté. Un tel contexte n’a pas empêché une Maia Di Rado, à la veille d’entrer dans sa vie professionnelle, d’arracher de haute lutte un titre olympique à Rio, mais voilà : Ally Howe ne s’est pas qualifiée pour la finale, en héritant du 9e temps des séries.

Du coup, ce fut une des rares courses où Stanford ne présentait pas une fille pour la « gagne ».Baker était débarrassée de celle qui, l’avant-veille, l’avait atomisée sur 100 yards (en 49s70 contre 50s18) mais se trouvait quand même sous la menace de Nelson, qui l’avait elle aussi précédée dans cette malheureuse course (en 49s92).

Nelson, par ailleurs, l’avait devancée en qualification, et une autre étudiante de première année, Asia Seidt, futur médecin, apparaissait pouvoir s’intégrer dans leur duel. Querelle de générations pour trois ans d’écart, entre Baker, 21 ans, Seidt et Nelson, 18 ans.

Baker opta pour lancer sa machine à pleine vitesse. Nelson fit ce qu’on attendait d’elle, et joua la victoire, s’échinant à suivre le train d’enfer. Finalement, Baker ne fut jamais rejointe, et si elle ne respecta pas la moindre égalité d’allure, elle réussit à battre le record de la course, 1’47s30 contre 1’47 par Elizabeth Pelton, 1’47s84 en 2013.

Beata vit son retard augmenter longueur après longueur et sa fatigue la fit devancer d’extrême justesse, à la touche, par Seidt.

SIMONE MANUEL FAIT LA COURSE EN TÊTE, COMERFORD DEVANCE WEITZEIL

100 yards libre.-  1. Simone Manuel, Stanford, 45s65 ( 21s76 + 23s89).

 2. Mallory Comerford, Louisville, 46s20 (22s44 + 23s76).

3. Abbey Weitzeil, California, 46s74 (22s31 + 24s43.)

4. Siobhan Haughey, Michigan, 46s91 (22s63 + 24s28).

5. Béryl Gastaldello, Texas A&M, 46s98 (22s61 + 24s37).

6. Erika Brown, Tennessee, 47s08 (22s68 + 24s40).

La question qu’avait pose, à juste titre, avant la course, Swim Swam, était “Mallory Comerford peut-elle battre Simone Manuel. » Sur le papier, c’est toujours un peu excitant de tordre tous les paramètres possibles, quand l’une, Manuel, est plus rapide, comme son 50 yards en fait foi, et l’autre, Comerford, plus endurante, son succès face à Manuel sur 200 le démontre. Mais le paramètre qui emporterait la décision était la sureté de Manuel, sa capacité de produire la meilleure performance P au jour J à l’heure H et à la minute M. Sur ce plan, elle entre dans la catégorie des Phelps, des Ledecky, des Hosszu, et autres cannibales que frôle aussi une Pernille Blume. Je l’ai déjà écrit quelque part, mais j’ai été frappé par cette réflexion amusée de Missy Franklin, alors au sommet de sa gloire, au sujet d’une toute gamine Manuel : « cette fille n’a absolument peur de personne. »

Ici encore, Manuel a mené sa barque avec la certitude d’une bonne routière. Elle a pris ses distances assez vite, laissant Weitzeil qui menait la poursuite au niveau de ses hanches au virage de la mi-course, et n’a laissé personne revenir. Même le retour solide de Comerford ne la dérangea guère.

Notre Béryl Gastaldello préférée était dans cette finale, et y fit belle mine, et devança la charmante Erika Brown… qui eut cette fois le bon goût de préférer le crawl au papillon pour son parcours de libre.

QUEEN LILLY KING TOUJOURS DEVANT, BETHANY GALAT SOLIDE SECONDE

200 yards brasse.- 1 Lilly King, Indiana, 2:2s60 (26s96, 58s39, (31s43), 1:30s56 (32s17), 2:2s60 (32s04).

2. Bethany Galat, Texas A&M, 2:3s26 (28s63, 1:0s09 (31s46), 1:31s58 (31s49), 2:3s26 (31s68).

3. Sydney Pickrem, Texas A&M,  2:05s79 (28s79, 1:0s76 (31s97), 1:33s07 (32.31), 2:5s79 (32s72).

Lilly King attaqua son 200 brasse comme si elle avait un avion à prendre (le même que Manuel sans doute), ce qui rendit son retour difficile en face de la remontée de Bethany Galat, laquelle lui reprit une demi-longueur de corps. Mais Lilly (la tigresse) grattait une demi-seconde sur son record, 2’3s18, que Galat frôlait. 1650 yards.-  1. G Ryan, Michigan, 15:50s95 L’une des questions qui s’étaient posées avant ces NCAA était de savoir si Kathy Ledecky nagerait son 1650 yards en moins de 15 minutes. Cela n’a pas été le cas…

1650 yards: Katie Ledecky, dont le record US sur 1650 yards est de 15’3s31, nageait 15’7s57, record NCAA, avec un passage aux 1000 yards en 9’5s89. Elle faiblissait après les 1100 yards et laissait ensuite, passant de 54s6 à 55s5 en moyenne par tranche de 100 yards à plus de 56s ses chances de rejoindre son record. Ce fléchissement est dénoncé par ses tranches de 500 jusqu’aux 1500 , en 4’31s87, 4’34s02 puis 4’38s36. Elle améliorait cependant d’un poil son meilleur temps des NCAA établi l’an passé, 15’7s70. Ally McHugh, de Penn State, nageait 15’36s27, mais accélérait en negative split pour prendre quatre secondes à la 3e,  Hannah Moore, de North Carolina State, 15:40s68. Megan Byrnes et Leah Stevens, de Stanford, signaient un 15’43s68 et un 15’49s07.

4 fois 100 yards.-  1. Stanford, 3:7s94 [Janet Hu, 22s75, 47s49, Ella Eastin, 1:10s14 (22s65), 1:34s62 (47s13), Katie Drabot, 1:57s57 (22s95), 2:22s47 (47s85)Simone Manuel (2:44s09 (21s62) 3:7.94 (45s47)] 

2. California, 3:8s05 [Amy Bilquist, 22s68, 47s59, Abbey Weitzeil, 1:9s09 (21s50), 1:33s96 (46s37), Kathleen Baker, 1:56s32 (22s36), 2:21s17 (47s21), Katie McLaughlin,  2:43s23 (22s06), 3:8s05 (46s88].

3. Virginia, 3:10s50 [Morgan Hill, 23s23, 48s23, Laine Reed, 1:11s (22s77), 1:35s63 (47s40), Kyla Valls, 1:58s08 (22s45), 2:23s10 (47s47), Caitlin Cooper, 2:45s30 (22s20), 3:10s50 (47s40)]

4. Louisville, 3:10s53 [Mallory Comerford, 22s53, 46s67, Lainey Visscher, 1:9s15 (22s48), 1:34s81 (48s14), Arina Openysheva, 1:57s38 (22s57), 2:22s60 (47s79), Casey Fanz 2:45s38 (22s78), 3:10s53 (47s93)]

5. Michigan, 3:10s73 [Gabby Deloof, 23s01, 47s91, Catie Deloof, 1:10s74 (22s83), 1:35s66 (47s75), Siobhan Haughey, 1:58s30 (22s64), 2:22s72 (47s06), Daria Pyshnenko, 2:45s27 (22s55), 3:10s73 (48s01)]

Le relais quatre fois 100 yards libre a été gagné, oui, c’est ça, vous l’avez deviné, par Stanford. Devant Cal Berkeley battu de 0s11 !! J’imagine Teri McKeever, la coach de Cal Berkeley en train de manger son chapeau d’avoir vu ses filles se faire devancer à chaque fois d’un rien du tout ! Pas besoin de vous raconter, les temps de passage donnent tout de l’histoire. Simone Manuel prend le relais avec une grosse longueur de retard et récupère tout sur cette pauvre Katie McLaughlin. Le meilleur temps au start de toute la compétition est de Mallory Comerford, Louisville, 46s67.

On peut noter aussi que Stanford a moins utilisé Ledecky que l’an passé, ainsi elle n’est pas dans ce relais. Katie est un petit peu moins vite, moins triomphante qu’en 2017, même si elle reste largement invincible sur les longues distances aux USA.

CLASSEMENT PAR EQUIPES.

  1. Stanford, 593; 2. California, 373; 3. Texas A&M, 299pts; 4. Michigan, 267; 5. Louisville, 232; 6. Texas, 221.5; 7. Tennessee, 180.5; 8. Indiana, 169; 9. Virginia, 161; 10. Minnesota, 157; 11. Georgia, 135; 12. Southern Cal, 127; 13. Ohio St, 123; 14. Kentucky, 97; 15. Missouri, 86; 16. Auburn, 82.5; 17. Wisconsin, 78; 18. NC State, 70; 19. Purdue, 51; 20. Arizona, 46; 20. South Carolina, 46; 22. Northwestern, 40; 23. Arizona State, 34; 24. University of Nevada, 33; 25. UNC, 32; 26. UCLA, 31; 27. Arkansas, 30; 28. Hawaii, 29.5; 29. Penn State, 26; 30. Alabama, 23; 31. Denver, 20; 32. Eastern Michigan, 18; 33. Virginia Tech, 14; 33. Miami University, 14; 35. Nebraska, Florida, 11; 37. Wyoming, 9; 38. Louisiana State University, 8; 39. Akron, Rutgers, 6; 41. Notre Dame, 4; 42. Duke, Florida State, 3; 44. West Virginia, University of Miami, 2.         

NCAA DAMES 2018 (3) : L’ART DE FAIRE LE MÉNAGE, VERSION STANFORD, LILLY KING ET BÉRYL GASTALDELLO Éric LAHMY

Éric LAHMY

Samedi 17 mars 2018

Dernière course de vendredi (2e journée de ces NCAA 2018), Stanford, une fois de plus, l’emporte en relais 4 fois 50 quatre nages et amène le record à 1’33s11. Quand elles font le ménage, les filles de Stanford ne laissent pas de miettes.

Elles devancent comme d’hab’ les California Berkeley girls qui devancent elles-mêmes de quatre centièmes le quatuor d’Indiana boosté par la classique supériorité en brasse de Lilly King, laquelle est, toutes proportions gardées, en train de devenir le pendant féminin c’Adam Peaty.

La brasseuse King Size dézingue l’opposition et lui file une longueur de corps dans la vue en l’espace de vingt-cinq secondes. Dans la natation actuelle où tout le monde se tient par la barbichette, c’est assez atypique…

Pour Texas A&M, Béryl Gastaldello, malade ou pas, file un joli 50 libre lancé en 21s02 et brûle la politesse aux filles de Louisville, de Minnesota et d’USC, et amène sa formation de la septième à la quatrième place…

La bagarre est tellement serrée que certaines frôlent l’élimination. Pour Stanford, Kim Williams a ainsi pris le relais d’Ally Howe dans le centième même de l’arrivée de la dossiste. Ce qui donne un temps de réction de 0s00… Zéro seconde zéro zéro. Voilà un record qui ne sera jamais battue car elle qui fera mieux sera disqualifiée!

4 fois 50 quatre nages.- 

1. Stanford, 1:33s11 (Ally Howe, 23s54; Kim Williams, 26s50; Janet Hu, 22s62; Simone Manuel, 20s45).2. California, 1:33s85 (Kathleen Baker, 23s56; Abbey Weitzeil, 26.68; Noemie Thomas, 22s66; Amy Bilquist,  20s95)3. Indiana, 1:33s89 (Ally Rockett, 23.54; Lilly King, 25.38; Christie Jensen, 23s18 ; Grace Haskett, 21.79).

NCAA DAMES (2). EASTIN BAT LEDECKY, COMERFORD ET LILLY KING DOMINATRICES

Éric LAHMY

Vendredi 16 Mars 2018

Ella Eastin et Mallory Comerford ont réussi deux jolis coups lors de la deuxième journée de finales NCAA dames. Elles ont fait trébucher deux « invincibles », respectivement Kathleen Ledecky et Simone Manuel, dans, il est vrai, des courses qui ne sont pas les épreuves fortes de ces deux ci.

Eastin avait, le premier jour de ces finales NCAA, dominé le 200 yards quatre nages avec à la clé un record US et NCAA, 1’50s67, et devancé Kathleen Baker, qui l’avait battue l’année dernière (Baker est rappelons-le, la médaillée d’argent des Jeux olympiques sur 100 mètres dos). La tâche s’annonçait difficile, sur 400 yards quatre nages, contre Katie Ledecky, mais le suspense n’a duré que pendant la première moitié de course.

La lutte était serrée ; et au départ fracassant d’Eastin répondait une accélération de Ledecky qui passait en tête en papillon. Mais Eastin lui reprenait la tête dans le retour en dos. La brasse fut fatale à Ledecky, qui, à l’issue de cette partie du parcours, avait quatre secondes de retard et était également devancée par la Canadienne Pickrem, sur laquelle elle revint à l’énergie sans reprendre quelque chose de tangible à Eastin qui battait le record… de Ledecky de deux secondes, 3’54s60 contre 3’56s53.

400 yards quatre nages

1. Ella Eastin, Stanford, 3:54s60, 25s78, 54s80 (29s02), 1:24s65 (29s85), 1:53s55 (28s90), 2:26s90 (33s35), 3:0s12 (33s22), 3:27s34 (27s22), 3:54s60 (27s26).

2. Katie Ledecky, Stanford, 3:58s29, 25s90, 54s55 (28s65), 1:24s76 (30s21), 1:54s13 (29s37), 2:28s98 (34s85), 3:4s12 (35s14), 3:31s77 (27s65), 3:58s29 (26s52).

3. Sydney Pickrem, Texas A&M, 3:59s05, 26s02, 56s03 (30s01), 1:26s20 (30s17), 1:56s13 (29s93), 2:29s83 (33s70), 3:3s75 (33s92), 3:32s18 (28s43), 3:59s05 (26s87).

4. Brooke Forde, Stanford, 3:59s34, 26s01, 55s69 (29s68), 1:26s85 (31s16), 1:57s31 (30s46), 2:30s63 (33s32), 3:4s52 (33s89), 3:32s29 (27s77), 3:59s34 (27s05). 

Mais chaque course représentait un concentré d’intensité et de qualité… Sur 100 papillon, Louise Hansson, qui nageait pour USC, réussissait 49s90 et 49s80 en finale, approchant d’assez près la marque de Kelsi Worrell, 49s43, grâce à un retour très réussi qui la mettait à l’abri des velléités d’Erika Brown, de Tennessee, 50s34, et de Janet Hu, Stanford, 50s56. 

Mallory Comerford avait gagné ex-aequo avec Ledecky le 200 yards l’an dernier. Cette fois, elle se jouait de Simone Manuel, qui coince un peu sur la distance. Aux 50 yards, Comerford, Siobhan Haughey et Manuel étaient au coude-à-coude ; après quoi Comerford prenait le commandement sans creuser le moindre écart avant les trois quarts de la course.

A l’arrivée, sous les 1’40s, elle laissait debout le record de Missy Franklins, 1’39s10.

200 yards :

1. Mallory Comerford,  Louisville, 1:39s80 (23s90, 49s42 (25s52), 1:14s55 (25s13), 1:39s80 (25s25)

2. Siobhan Haughey, Michigan, 1:40s69 (23s84, 49s55 (25s71), 1:15s31 (25s76), 1:40s69 (25s38).

3. Simone Manuel, Stanford, 1:41s48 (23s88, 49s60 (25s72), 1:15s22 (25s62), 1:41s48 (26s26).

Last but not least, Lilly King, la championne olympique et du monde, améliorait son record sur 100 yards brasse, avec 56s25 (ancien, 56s30).

Sur 100 yards dos, Ally Howe (Stanford), en 49s70, à un centième de son record NCAA, devançait après un long coude-à-coude la jeune merveille Beata Nelson, qui nage pour le Wisconsin, 49s92, et Kathleen Baker, California, 50s18.

NCAA DAMES.- STANFORD DOMINE MALGRÉ UNE FORTE RÉSISTANCE DE CALIFORNIA BERKELEY

AUX FINALES DE LA NCAA 2018 QUI SE JOUENT AU MCCORKLE AQUATIC PAVILION DE COLUMBUS, DANS L’OHIO, PAS UNE COURSE NAGÉE N’A ÉCHAPPÉ AUX FILLES DE STANFORD EMMENÉES PAR KATHY LEDECKY, LIA NEAL ET SIMONE MANUEL, ET LES RELAIS FONT ESPÉRER UNE EXPLICATION AU SOMMET SUR 100 YARDS ENTRE MANUEL ET MALLORY COMERFORD…

Éric LAHMY

Vendredi 16 Mars 2018

Relais quatre fois 50 libre, dès les séries, Abbey Weitzeil nage 21s54 au start, devant Louise Hansson en super-forme, 21s69, Janet Hu, 21s74, Caroline Baldwin, 21s95. Départs au pied, Liz Li, 21s00 et Ally Howe, 21s07 sont les plus rapides. Stanford l’emporte, 1’25s68. Le record NCAA détenu depuis l’an dernier par California Berkeley avec 1’25s59 est frôlé.

La finale est « démente ». California, qui a fait profil bas en séries, sort l’artillerie lourde et trois de ses recordwomen de l’an passé, seule absente, Farida Osman, ayant terminé ses études. Maddie Murphy, 21s94 au start, et Amy Bilquist, 21s08, attaquent ; mais pour Stanford, Janet Hu, 21s65, et Simone Manuel, 20s89, les devancent d’un petit mètre. Les deux dernières relayeuses de Berkeley, Kathy McLauglin, 21s47, et surtout Abbey Weitzeil, 21s07, vont un peu recoller mais ne pourront revenir sur Lauren Pitzer, 21s62, et Ally Howe, 21s27. Stanford a le dernier mot et le record, 1’25s43. Berkeley est à sept centièmes !

Le rouleau compresseur de Stanford est bien lancé. Avec Kathleen Ledecky pour assurer le relais sur 500 yards, on peut dire qu’il va continuer de tout écraser. Ledecky met huit secondes dans la vue à Katie Drabot, son équipière de Stanford. Pourtant, elle n’approche pas son record établi l’an passé, avec 4’26s57 (contre 4’24s06).

Ses passages ? 24s71, 51s19 (26s48), 1:18s18 (26s99), 1’44s76 (26s58), 2:11s94 (27s18), 2:39s08 (27s14), 3:6s11 (27s03), 3:33s26 (27s15), 4:0s28 (27s02), 4:26s57 (26s29).

La course est techniquement plus faible que l’an passé, où non seulement Kathleen avait produit un grand record, avec les temps de passage suivants,

24s41, 50s65 (26s24), 1:16s83 (26s18), 1:43s49 (26s66), 2’10s07 (26s58), 2:37s07 (27s00), 3:4s11 (27s04), 3:31s14 (27s03), 3:58s03 (26s89), 4:24s06 (26s03),

Mais elle avait presque trouvé en Leah Smith, Virginie, une adversaire à sa mesure, en 4:28s90 (24s83, 51s42 (26s59), 1:18s19 (26s77), 1:45s34 (27s15), 2:12s62 (27s28), 2:39s89 (27s27), 3:7s28 (27s39), 3:34s57 (27s29), 4:2s00 (27s43) 4:28s90 (26s90).

 Ledecky n’ayant pas battu ses “impossibles” records, les gros titres des blogs de natation sont allés ailleurs. C’est ainsi qu’Ella Eastin, toujours de Stanford, a raccourci le temps nécessaire pour accomplir un 200 yards quatre nages, à l’issue d’une explication féroce l’opposant à Kathleen Baker, de California-Berkeley, laquelle l’a dominée (de très peu) en papillon, tenté d’enfoncer le clou en dos et réussi à augmenter son avance en brasse avant de s’effondrer en crawl, de se faire remonter le yard et demi d’avance qu’elle avait, puis de se laisser prendre un yard supplémentaire.

Au final, les passages :

Ella Eastin, 24s59, 52s04 (27s45); 1:24s32 (32s28), 1:50s67 (26s35).Kathleen Baker, 24s23, 51s56 (27s33), 1:23s65 (32s09), 1:51s25 (27s60).

 Pour Ella Eastin, qui détenait le record depuis 2016 avec 1’51s65, c’est une revanche sur Baker qui l’avait devancée l’an passée en 1’51s69 contre 1’52s27.

Nouveau succès de Stanford avec Simone Manuel, sprinteuse d’une effarante supériorité dès qu’il s’agit de se battre pour le titre suprême; cette battante a enlevé le 50 yards en 21s18, à un centième de son record NCAA. Selon son habitude, elle a laissé en séries Liz Li et Abbey Weitzeil réaliser les meilleurs temps. Puis elle a enlevé le morceau avec une belle avance, un demi-mètre, devant Erika Brown, 21s51, Liz Li, 21s51, Abbey Weitzeil, 21s67, et Béryl Gastaldello, 21s74 (et 21s63 en séries) cinquième malgré une condition fragile.

Sans doute afin que les choses soient claires, les filles de Stanford enlevaient également le relais quatre fois 100 yards quatre nages en améliorant le record NCAA, battu il y a deux ans avec 3’26s14 par leur équipe d’université.

Mais l’exploit fut réalisé par une Lilly King absolument royale, « ledeckienne » dans son 100 brasse lancé en 56s02 qui ramena Indiana de la 3e à la 1ere place et permit à l’équipe de mener la danse jusqu’après le parcours de papillon, avant qu’une solide Simone Manuel ne reprenne une grosse longueur de corps.

Béryl Gastaldello terminait en crawl et en 47s53 pour Texas, 6e.

1. Stanford, Ally Howe, 24s45, 50s34, Kim Williams, 1:17s59 (27s25) 1:48s93 (58s59); Janet Hu 2:11s82 (22s89), 2:39s29 (50s36), Simone Manuel 3:1s07 (21s78), 3:25s09 (45s80).2. Indiana,  Ally Rockett 24.90, 51s31, Lilly King, 1:17s19 (25s88) 1:47s33 (56s02); Christie Jensen, 2:11s08 (23s75), 2:38s46 (51s13), Kennedy Goss, 3:1s31 (22s85), 3:26s09 (47s63). 3. California, Kathleen Baker,  24s46, 50s66, Ali Harrison, 1:17s96 (27s30), 1:49s55 (58s89), Noemie Thomas, 2:12s52 (22s97), 2:39s80 (50s25); Abbey Weitzeil, 3:1s81 (22s01), 3:26s86 (47s06).4. Louisville, Alina Kendzior,  25s06, 52s11 (52s11)Mariia Astashkina, 1:19s33 (27s22), 1:50s53 (58.42); Grace Oglesby, 2:14s10 (23s57), 2:41s19 (50s66), Mallory Comerford, 3:3s06 (21s87), 3:26s93 (45s74)

 A l’issue de la première journée, il n’étonnera personne que Stanford caracole devant Berkeley.

  1. Stanford, 211; 2. California, 147; 3. Texas, 109; 4. Tennessee, 108.5; 5. Michigan, 101; 6. Louisville, 99; 7. Texas A&M, 89; 8. Virginia, 86; 9. Minnesota, 70; 10. Indiana, 46; 11. Georgia, 45; 11. Arizona, 45; 13. Ohio State, 40; 14. Auburn, 34.5; 15. Wisconsin, 33; 16. Kentucky,   32; 17. Southern Cal, 30; 18. UNC, 25; 19. South Carolina, 23; 20. Purdue, 18; 20. NC State, 18;  22. University of Nevada, 16; 23. Missouri, 15; 24. Arizona State, 14; 25. Northwestern, 11;  25. Denver, 11; 27. Arkansas, 9; 27. Penn St, 9; 29. UCLA, 6; 29. Rutgers, 6; 31. Louisiana State University, 5; 32. Alabama, 4; 32. Florida, 4; 32. Virginia Tech, 4; 35. University of Miami, 2.

OLIVIER NICOLAS, L’HOMME PAR QUI LE MORAL ARRIVE

Éric LAHMY

Vendredi 16 mars 2018

A peu de choses près, Olivier Nicolas pourrait titrer son parcours actuel en équipe de France : « vingt ans après. » Lui qui dirigeait les équipes de jeunes du temps de Claude Fauquet et de Christian Donzé, revient aux affaires aux côtés du directeur technique national Julien Issoulié et du directeur de la natation course, Richard Martinez. Il est désormais responsable des équipes de France A.

« Les choses sont un petit peu différentes aujourd’hui, dit-il. Je m’occupais alors des jeunes, pendant sept ans (2000-2007), puis des juniors, pendant quatre ans (2007-2012). Maintenant, je manage l’équipe de France, l’équipe A. Je m’efforce à l’année de rencontrer le plus de nageurs, pas forcément ceux qui se trouvent dans les pôles. Il y en a ainsi pas mal, qui ne sont pas dans ces structures avantagées. » Il cite des noms : « Fanny Deberghes, Margaux Favre, Pauline Mahieu – qui nage maintenant avec Philippe (Lucas) -, Camille Dauba. » On pourrait ajouter Jordan Pothain, Geoffroy Mathieu, Cyrielle Duhamel.

Ce week-end, il a profité de sa venue au meeting Camille-Muffat, à Sarcelles, pour rencontrer les nageurs, dont Marie Wattel et Jeremy Stravius, échanger avec eux, donner du petit matériel. Il fourrage dans son sac, tripote des bas de contention dont les nageurs sont friands dans les longs voyages en avion, ou encore pour récupérer.

Olivier, donc, « manage ». On lui demande s’il ne regrette pas le bord du bassin. Il donne l’air de s’amuser de la question : « je suis à un âge où, cette mission, je l’adore. Et puis c’est une reconnaissance que j’apprécie, après trente-six ans de bassin. Peut-être aussi ai-je montré avec Claude Fauquet que je savais faire ? »

D’ailleurs, pour commencer il manage son temps. « Employé de la ville d’Avignon, je jongle avec mon emploi du temps » explique-t-il.

Avignon, sans jamais produire un super champion, a joué sa partie dans notre sport ; ce furent, à partir des années 1970-80,  Charlie Mora, champion de France 1981 du 1500, Pascal Laget (sélectionné aux Jeux Olympique de Moscou, en 1980) qui remporte en 1984, associé à Olivier Orsoni, Eric Michel et Gil Dallenbach, le relais quatre fois 200 mètres des championnats de France. Plus tard, en 1996, Nicolas Granger, Antony Segui, Gérald Massin et Olivier Segura, feront 2es de ce même relais ; Granger sera 2e du 200mètres quatre nages et Antony Segui 3e sur 25 kilomètres. 

 « SI LES ÉQUIPES DE JEUNES SOUS SON COMMANDEMENT ONT BRILLÉ, IL ÉTAIT POUR BEAUCOUP DANS CES RÉSULTATS » 

Si l’on croit ceux qui l’ont sollicité au poste qui est le sien aujourd’hui, les collègues et ses amis (souvent les mêmes personnes), Olivier Nicolas est au poste qui est le sien pour ses « qualités humaines. » Le propos est signé Richard Martinez, l’actuel directeur de la natation, qui le connait depuis… quarante cinq ans : « on était ensemble, dans l’eau, à Font-Romeu, qui nagions sous la férule de Jacques Meslier. Il disputait le 200 et le 400 libre ainsi que le 200 papillon, et moi j’allais du 200 au 1500 libre. Nous étions des besogneux (rire). Cela  crée des liens mais ce n’est pas pour cette raison qu’il est à sa place. Mettre en avant l’humain, ce n’est pas  rabaisser chez lui ses incontestables capacités techniques ; il est depuis quarante ans dans la natation où ses compétences sont reconnues. Donc il n’est pas que cela. Il passe très bien autant auprès de ses confrères entraîneurs qu’auprès des nageurs, avec qui il a un très bon contact. Il a emmené de nombreuses équipes de France, juniors et A’, c’est un exercice qu’il maîtrise. Mais il est surtout le plus à même, par exemple, d’apaiser un climat délétère, comme cela peut arriver dans un déplacement, un stage. La vie en communauté n’est pas toujours facile et il est bon dans ce cas là de disposer d’un homme ressource. »

Marc Planche, qui fut pendant dix-huit ans l’homme de l’information de la natation française (celui qui a traduit sur Extra-Nat, dans le site fédéral, l’actualité des cinq disciplines), et pour qui rien de ce qui nage ou fait nager en France n’est étranger, confirme cette impression de Richard Martinez : « Olivier, m’explique-t-il, est un des rares entraîneurs de club qui continue de lutter avec ce que j’appellerai les aspirateurs de talents. Il fut un temps, seul Canet ’66 jouait ce rôle d’aimant pour les nageurs, mais ils ont eu tendance à se multiplier, aujourd’hui, dans sa région, Montpellier, Marseille… Avignon donc forme mais garde difficilement ses éléments. Outre ses qualités de technicien, Olivier est un enthousiaste. C’est l’homme qui va vous remonter le moral s’il arrive un souci, si un nageur est malade ou s’il a perdu un grand-parent. C’est un très bon animateur et dans une équipe il amène un plus extraordinaire. Dans les pires moments, il va pouvoir positiver. Si les équipes de jeunes sous son commandement ont brillé, il était pour beaucoup dans ces résultats. »

Adjoint au DTN, Patrick Deléaval, qui jouit d’un point de vue imprenable sur le passé du sport, insiste sur un point : « c’est un homme qui sait encadrer une équipe. Il a ce côté provençal, si tu vois ce que je veux dire, mais cela ne l’empêche pas d’être rigoureux, vu qu’il y a des choses qu’il ne faut pas laisser passer chez les jeunes. Il est gai de nature, il sait s’amuser quand il le faut, mais aussi c’est un homme très concret dans les projets d’action. Quand on mettait en place des projets, il apportait toujours de bons arguments ; il est très utile aussi sous cet angle, et Richard s’appuie sur lui. Quand tu regardes bien, Martinez, Auguin, Nicolas, c’est un peu l’ancienne équipe de Fauquet qui s’est reformée. »

RENCONTRER LES NAGEURS HORS-PÔLES POUR NE PAS PERDRE LE NORD

 « Je ne suis pas venu pour prendre, mais pour donner », insiste Olivier Nicolas. Il note aussi la diversité du petit groupe technique fédéral dont il fait partie : « Denis est un entraîneur qui a formé un champion olympique ; Richard un entraîneur de centre national et de pôle qui a formé des dizaines de nageurs ; et moi, un entraîneur de club. Ce sont trois parcours différents. »

Manager, c’est effectuer aussi tout un travail de préparation et de repérage, guère spectaculaire mais indispensable, et qui a sans doute été à la base de bien des succès français des époques Fauquet-Donzé. « Il convient d’aller avant les compétitions sur les lieux, afin de s’assurer que tout se passera bien. Que le logement, les repas, les déplacements entre l’hôtel et la piscine, que les salles de musculation seront au point. »

Olivier, en prenant son poste, a trouvé « la transition facile. Je connais 80% des nageurs. On a commencé par les Euro en petit bassin, et quoiqu’au creux de la vague, on a existé. Mais il faut reconnaître que notre niveau est plus européen que mondial. »

Olivier Nicolas se dit « à la disposition des nageurs. Je les appelle, me tiens au courant de leurs soucis. En même temps, il me faut gérer certains egos. Egos indispensables à la réussite dans le haut niveau. Maintenant, j’espère que cela se passera aussi bien avec les entraîneurs. »

Qui doit-il contacter ? « J’essaie de maintenir la palette la plus large possible. Dans l’année, je suis allé voir les trente meilleurs nageurs juniors hors pôles. On dit que mon point fort c’est le relationnel, alors voilà. »

Pourquoi les nageurs hors pôles méritent-ils plus d’attention ? « Parce que, dit-il, se trouver dans un pôle, c’est être avantagé. Ne pas s’y trouver, cependant, peut ne pas être un handicap. Mais si vous allez dans un club et ils ne font que six heures de natation hebdomadaires, on leur explique que ce sport demande plus de temps !

D’un autre côté, un Philippe Lucas, par exemple, avec sa structure professionnelle à Montpellier, n’est pas désavantagé par rapport à un pôle. Il y en a d’autres qui n’ont pas de moyens extraordinaires mais qui travaillent bien. Ainsi, à Charleville, ils sortent des nageurs, ce sont des pourvoyeurs, et de ce fait, on les respecte. » Charleville, président Didier Favero, entraîneur Sébastien Rémy,  a encore sorti avec Emilien Mattenet le dernier champion de France du 400 mètres quatre nages, et dispose avec Charles Rihoux d’un espoir du sprint. Cette tendance du club à trouver des perles rares remonte aux années 1980, à Pascaline Louvrier et à son entraîneur Barnard Albin…

Rendre visite aux clubs, comme Richard Martinez et Olivier Nicolas l’ont fait à Charleville est une chose. Tenter de leur apporter, le cas échéant, un plus, en est un autre. « On s’assure que les conditions de la réussite existent. Et on les aide s’il le faut. D’ailleurs, il faut bien comprendre que tous les nageurs ne sont pas faits pour vivre en pôles, et qu’il serait de mauvaise politique de débaucher tout le monde et de vider les clubs pour remplir les pôles. »

Olivier sait ce qu’il faut faire. Mais il sait qu’il faut aussi faire la part des choses : « si tu n’as pas les nageurs… En 2008, j’étais responsable de l’équipe de France des jeunes pour Helsinki, et on a rapporté dix-huit médailles. J’étais alors un cador. L’année suivante, on a fait une médaille. »

MICHEL PEDROLETTI : COMMENT REDONNER DE LA COMPÉTITIVITÉ À NOTRE NATATION

MICHEL PEDROLETTI, ENTRAÎNEUR NATIONAL AUJOURD’HUI À LA RETRAITE, QUI A AMENÉ FRÉDÉRIC DELCOURT ET CATHERINE POIROT AUX MÉDAILLES OLYMPIQUES AUX JEUX DE LOS ANGELES EN 1984, A PUBLIÉ SUR CE SITE, LE 3  MARS DERNIER, DEUX ARTICLES SURTITRÉS « MICHEL PEDROLETTI TOUS AZIMUTS » : RÉFLEXIONS SUR L’URGENCE DE PRÉPARER LES JEUX OLYMPIQUES IMMÉDIATEMENT ET SUR L’OBLIGATION DE RÉFORMER CE QUI NE VA PAS DANS L’ÉCOLE DE LA NATATION FRANCAISE.

À UNE OU DEUX EXCEPTIONS PRÈS, NOUS N’AVONS DÉTECTÉ AUCUNE RÉACTION À CES POINTS DE VUE, ALORS QU’IL APPARAIT QU’ILS ONT SUSCITÉ DES OPINIONS DIVERSES. AINSI VA LA NATATION FRANÇAISE, OU IL SEMBLE QUE VOISINENT UNE POIGNÉE DE THÉSARDS ET DES MILLIERS DE TAISEUX, DONT RIEN NE SEMBLE DEVOIR LIBÉRER LA PAROLE.

ICI, MICHEL PEDROLETTI PERSISTE ET SIGNE ET PROPOSE QUELQUES IDÉES DANS UN COURRIER QU’IL AVAIT ENVOYÉ PRÉCÉDEMMENT AU DIRECTEUR TECHNIQUE NATIONAL JULIEN ISSOULIÉ. Éric LAHMY

L’ART DE BIEN UTILISER LES JEUX DE PARIS

Par Michel PEDROLETTI

Jeudi 15 Mars 2018

Je vous fais part de quelques idées, la plupart, déjà développées depuis de nombreuses années auprès de Messieurs Henri Sérandour, Francis Luyce, Claude Fauquet et autres Christian Donzé, Lionel Horter et Jacques Favre !

La ligne d’eau olympique

 1. Profiter les JO de Paris pour contacter les municipalités et autres adjoints aux sports de ces villes pour leur demander de 

a. S’inscrire dans la préparation olympique de la fédération française de natation (FFN) pour Paris 2024

b. En mettant à disposition dans leurs piscines, 1 ou 2 lignes d’eau olympique(s), à la demande pour les nageurs de listes nationale à déterminer par la FFN, de quelque club que ce soit s’il y en a afin qu’ils puissent, relativement à leurs emplois de temps scolaire, universitaire, de formation ou professionnelle, avoir une séance de plus que celles qu’ils peuvent avoir dans leurs clubs, ou se préparer à des horaires où ils pourraient se libérer !

c. Avoir dans les bassins de France et de Navarre des «  lignes d’eau Olympiques » associerait pleinement les villes et leurs habitants à l’effort de leurs sportifs ! Une façon d’entrainer toute une population derrière nous ! 

 

  1. Une piscine, un club, un emploi !

Toujours avec les municipalités et les adjoints aux sports 

:a. Nous devrions, dans toutes les piscines de France, proposer  la mise en place d’un club de natation quand ce n’est pas le cas bUn club statut clef en main proposé par la FFN,

b. Des dirigeants fondateurs issus des comités régionaux pouvant rester licenciés dans leur club d’origine, ayant pour missions de lancer le club et de trouver dans les 6 ou 12 mois des dirigeants locaux !

c. Cela sur un programme d’action, de formation et d’entraînement proposé par la FFN, encadré et suivi par les cadres techniques régionaux !

d. Avec la mise en place d’un éducateur grâce au départ à une subvention, l’activité du club devant ensuite générer par les cotisations de ses membres l’emploi de ce cet éducateur !

e. L’activité de ce club se limitant dans les villes où des clubs existent à proposer :

   i une école de natation basée sur l’apprentissage du crawl

   ii.  et sur les premières années de préparation nécessaires pour acquérir des fondamentaux techniques et d’entraînement indispensables

   iii.   Avant de pouvoir aller poursuivre leurs carrières dans les clubs existants 

iiii. Une façon également de participer à l’éducation de notre jeunesse française grâce à la natation 

g. Dans les villes où il n’y a pas de clubs, une réflexion devant être menée sur les objectifs relativement aux moyens, se limiter à une action comme celle évoquée ci-dessus ou aller plus loin dans un démarche d’entraînement !  

 3. Travailler avec les municipalités et les clubs pour obtenir des délégations de service public concernant les piscines afin qu’elles ne finissent pas dans le privé 

a. Avec toujours la même actions, un parrainage de FFN au travers de ses comités et de ses cadres technique

b. Sur un programme de développement fixé par la FFN 

      i. Tant au plan financier

      ii. Qu’au plan sportif !

 4. Construire un dossier pour que certains clubs puissent à l’image de Mulhouse construire leur piscine [voir le document que j’ai fait il y a plus de 15 ans à ce propos sur la construction par un club d’un bassin olympique couvert].

a. Plan vis-à-vis d’un objectif et d’un fonctionnement

b, Montage financier. 

c. Plan d’amortissement. 

d.  Programme de développement sportif et de loisir répondant aux exigences financières qui en découlent

e. Parrainage de la FFN au travers de ses comités et de ses cadres techniques 

 5. Enfin, nous avons beaucoup de bassins de 50m découverts inutilisés en France, il était à la mode à une certaine époque d’en avoir ! Ils sont abandonnés ou ne sont, pour ainsi dire, plus utilisés !

a. Faire un état des bassins de 50m de plein air en France, nous allons en trouver plus d’une centaine !

b. Ils sont pour ainsi dire tous construits sur le même moule !

c. Relativement à un objectif fixé, une piscine, un club, des emplois, une délégation de service public pour éduquer et former la jeunesse française, proposer :

d. Un plan de rénovation clefs en main avec une grande entreprise de BTP,

e. Avec mise en  place d’une couverture mobile à l’image de celle de Canet  

f. Et selon les principes de montage financier, d’amortissement et de développement sous le parrainage de la FFN évoqué ci-dessus !

 Je vous souhaite toute la réussite possible pour notre Natation et les JO de Paris où nous devrons je pense être capables impérativement de présenter une équipe complète femmes et hommes COMPÉTITIVE , devant être capable avec les autres sports d’entraîner tout notre pays derrière elles !  

 Amicalement

Michel Pedroletti

MARIE WATTEL : GARE AUX MATINS QUI DÉCHANTENT

Éric LAHMY

Jeudi 15 mars 2018

POUR ASSURER SA QUALIFICATION AUX PROCHAINS CHAMPIONNATS D’EUROPE DE GLASGOW, SOMMET DE LA SAISON 2018, MARIE WATTEL DEVRA ATTEINDRE SA PLEINE VITESSE EN SERIES DES CHAMPIONNATS DE FRANCE. ELLE NE SERA PAS LA SEULE ? CERTES, MAIS ELLE N’EN A PAS L’HABITUDE !!

Le meeting où Marie Wattel s’est révélée comme une nageuse de calibre international est l’U.S. Open, début août dernier. L’U.S. Open n’est pas le « grand » championnat US, qui qualifiait l’équipe pour les mondiaux de Budapest, mais une rencontre d’audience internationale de haute valeur.

Et là, Marie avait bien répondu à l’enjeu. Sur 100 mètres, elle marquait de gros progrès et gagnait en 54s27 après un passage décisivement rapide en 26s21. Temps de passage pris au pied, ce qui signifiait qu’elle frôlait son record perso sur 50 dans ce passage.

Sur 100 papillon, Marie, 57s53 contre 57s87, avait défait Amanda Kendall, laquelle a eu son heure de gloire vers 2012. Elle avait fini 4e des qualifications, avec 59s34.

Sur 50, elle était 2e en 25s06 derrière Madison Kennedy, 24s92.

Au bout du compte, elle recevait le trophée de la meilleure nageuse de la compétition. Ajouté à ceux de chacune des épreuves, cela fait une belle expo de trophées pour sa chambre d’étudiante.

Marie a aussi gagné ceci qu’elle a bel et bien répondu en anglais en conférence de presse aux USA.

Wattel revient-elle de loin ? C’est bien possible. Les années 2015 et 2016, ses résultats stagnent. En 2014, elle est 27e Française sur 100 libre avec 57s80 et 2e du 100 papillon, derrière Camille Muffat, avec 58s95. L’année suivante, elle passe 1ere Française sur 100 papillon avec 58s35 et 6e du 100 libre, 55s45. En 2016, c’est une dégringolade : 14e du 100 (56s47), et si elle reste première du 100 papillon, c’est sans progresser, avec 58s48. Aux Jeux olympiques, les deux françaises engagées sur 100 papillon, Marie et Béryl Gastaldello, régressent, 24e et 25e aux Jeux avec 58s90 et 58s93. Le quatre fois 100 quatre nages est disqualifié pour prise de relais incorrecte.

Wattel, comme d’autres, pourrait bien administrer la preuve que la natation française peut gâcher des talents. Ou, à tout le moins, ne pas les exploiter. Elle s’est épanouie, explique-t-elle, dans un premier temps dans un club qui n’avait pas les moyens de s’occuper d’elle. Puis elle a rejoint un club où l’on n’essayait pas trop.

Comme elle sentait qu’elle n’irait pas loin si elle ne se sortait pas de ce guêpier…

Le premier club, c’est celui d’Annecy. Cette fille toujours la plus grande de taille de ses catégories d’âge, entraînée par Vanessa Brouard, améliore depuis Annecy treize meilleures performances françaises dans trois catégories d’âge, de quatorze à seize ans.

« A LOUGHBOROUGH, LE COACH, IAN HULME, QUOIQUE RESPONSABLE D’UN GROUPE DE DIX-HUIT NAGEURS, ME DONNE L’IMPRESSION DE M’ACCORDER UNE ATTENTION PARTICULIERE »

Quand votre croissance a été précoce, il arrive un temps où les autres vous rattrapent et où l’avantage de la taille ne joue plus à fond. Mais ses 1,81m mis à part, Marie montre qu’elle entend exploiter son potentiel. Fin 2012, elle passe avec armes et bagages à Nice, où elle trouve une certaine émulation. Le club a ramené neuf médailles olympiques des Jeux olympiques de Londres, et Marie nage dans les eaux de Yannick Agnel et de Camille Muffat.

Cependant, le groupe explose, Agnel puis Muffat quittent le club, et Wattel ne progresse pas autant qu’on aurait pu l’espérer. L’année des Jeux de Rio constitue une étrange expérience pour elle, et pour quelques autres nageurs. Wattel ne parvient pas aux championnats de France à réaliser les minima qualificatifs pour les Jeux, puis elle est récupérée par le biais des relais. Pour finir, elle reste éloignée, aux Jeux olympiques, de ses records.

A la rentrée, l’équipe des Niçois, à l’exception de Charlotte Bonnet, s’éparpille. Anna Santamans, Chloé Hache, émigrent à Marseille, où l’une continuera de progresser, mais se blessera, l’autre parait enlisée. Wattel évoque son sentiment d’alors, vis-à-vis d’un club, de « ne pas être une priorité. » Ss sentir délaissée, se savoir en régression technique, en voilà plus qu’assez pour motiver un divorce : elle reprend contact avec ses premières amour, mais à Annecy, n’ a pas les moyens de se payer une internationale.

Elle va donc frapper à la porte de Loughborough, en Angleterre, petite ville située à mi-chemin de Londres et de Manchester. Son Université accueille une des plus fortes équipes universitaires de natation de Grande-Bretagne. L’an passé, Braden Keith écrivait sur le blog de SwimSwam que Loughborough « s’était ré-établi comme l’épicentre de la natation anglaise. »

Pour des tas de raisons, Marie ne peut que se louer de son départ de France.

« Pendant une année, il m’a fallu apprendre l’anglais. J’étais donc étudiante à mi-temps. J’ai trouvé en Ian Hulme, un coach qui, quoique responsable d’un groupe de dix-huit nageurs, me donne l’impression de m’accorder une attention particulière. Je regrette certes un peu qu’il ne puisse pas m’accompagner dans les déplacements, mais je comprends que ses responsabilités sont trop nombreuses pour ça »

Autre avantage, Loughborough dispose dans son équipe de « deux nageuses de papillon à 59s, et je ne me sens pas isolée », dit-elle.

Depuis la rentrée, Marie est devenue étudiante à part entière en management sportif. Nager et avoir une autre activité, beaucoup de responsables de la natation croient que ce n’est pas possible. Le sujet pourrait faire l’objet d’une émission de « ça se discute. » Marie prétend que c’est jouable. A condition de s’organiser. « Il faut gérer, mais je suis plus épanouie qu’à l’époque où je ne faisais que nager. J’apprends quelque chose. Je me suis fait des amis qui ne sont pas des nageurs, ou qui ne sont pas dans la natation. Et puis je suis contente d’aller aux cours. Si les journées sont denses, j’ai quand même le temps de récupérer. Le soir, quand je rentre dans ma chambre, je suis fatiguée mais contente. »

« Je vis en ville, mais c’est une toute petite ville, et je me trouve à cinq minutes de voiture de la piscine. Alors cela dépend. Quand Carmela et moi partons ensemble pour nager, nous prenons la voiture. Quand je suis seule, et le temps le permet, c’est le vélo. »

Marie Wattel, en 2017, après quelques mois à Loughborough, avait réalisé des progrès, mais elle n’avait pas pu se qualifier pour les championnats du monde de Budapest. Les minima pour les mondiaux avaient été fixés par le précédent Directeur technique, Jacques Favre, lequel n’entendait pas plus les respecter qu’il n’avait respecté ceux des Jeux de Rio. Il les avait donc placés très haut. C’est son successeur immédiat, Laurent Guivarc’h, qui fut chargé de gérer cette sélection explosive. Il appliqua les minima à la lettre…

Wattel et quelques autres se retrouvèrent en délégation à disputer l’US Open. Elle obtint pour sa part les résultats dont on a parlé plus haut…

« Les championnats se déroulaient à New York, et nous avons pu visiter la ville. J’ai gagné de superbes trophées, et j’ai été nommée meilleure nageuse de la compétition, ce qui est très flatteur. »

Le week-end passé, Wattel est venue au meeting de Sarcelles en compagnie de sa camarade de chambre, la nageuse de brasse Carmela Kitching.

Elle a gagné le 50 et le 100 papillon ainsi que le 200 libre, et fini deuxième du 50 nage libre derrière la championne olympique danoise Pernilla Blume. Sur 200, elle a battu en 2’0s27 un record personnel vieux de deux ans et occupe désormais plus qu’un strapontin dans le relais quatre fois 200 mètres.

Mais, tout bien pesé, elle n’a pas eu beaucoup de chance. En quoi ? Si ses 25s30 au 50 mètres battent de 3/100 le minimum établi pour les championnats d’Europe, les 26s16 et les 59s25 réussis en papillon ratent d’un rien, respectivement deux centièmes et quatorze centièmes, les minima. Bien entendu, en ce début de saison, il n’y a pas de quoi s’affoler. D’ailleurs, seules Charlotte Bonnet (de façon confortable), Lara Grangeon et Fantine Lesaffre ont réussi ces minima…

Mais une autre préoccupation l’assaille. Celle de nager vite en séries de ses courses. En effet, les minima de qualification pour les Europe, aux championnats d’Europe, devront être réalisés en séries… « C’est un petit challenge, pour moi, aux championnats de France, celui de ne pas en garder sous le pied, comme je le fais d’habitude. »

Gare aux matins qui déchantent.

STRAVIUS ET WATTEL, WATTEL ET STRAVIUS, CÔTÉ FRANÇAIS, LE MEETING DE SARCELLES N’EST PAS SORTI DE LÀ

Éric LAHMY

Lundi 12 Mars 2018

Jeremy Stravius, vainqueur du 50 mètres, a dû ne rien lâcher pour l’emporter devant un Turc, Yalim Acimis, et un de ses jeunes équipiers d’Amiens, Maxime Grousset. Les temps paraissent corrects, pour un meeting, respectivement 22s87, 22s95 et 22s99. Et ce 50 mètres me pose dix questions. D’abord, je ne savais pas que la natation turque existait au point d’intercaler un nageur entre Stravius et Grousset. Eh ! bien voilà, maintenant je le sais. A force d’abriter un haut lieu d’entraînement et de stage d’Energy Standard, à Belek, ça finit par produire par osmose ? Ou est-ce l’effet de cette Ukrainienne Victoria Soinceva, devenue Turque et rebaptisée Zeynep Gunes qui démolit en 2015 les records mondiaux juniors, qui a fini par faire tâche ?

Toujours est-il qu’Ackimis, pour en revenir à lui, est sorti en tête des qualifs du 50 mètres avec 22s87, et qu’en finale, Stravius a réussi à lui damer le pion d’un rien mais n’a pas battu le temps du Turc…

La question suivante que nourrit ce 50 mètres concerne Jeremy, et c’ est la suivante : les nageurs d’Amiens, retour d’un stage en altitude, ont tous eu du mal. Pas lui, qui s’en est mieux sorti. Pourquoi ? « Je crois que ça vient de l’habitude. Le nombre de stages en altitude que j’ai pu faire dans ma vie, font qu’avec le temps, je me suis adapté, et je les encaisse mieux. » Il est souvent intéressant de voir l’incroyable plasticité de l’organisme, la faculté qu’il a de répondre à un stress en prévenant les effets de la reproduction de ce stress. Travailler sur du vivant, c’est toujours être en risque de se confronter à des adaptations parfois imprévisibles…

C’est comme ça, l’an passé, qu’une partie de l’équipe marseillaise est partie dans le décor aux championnats de France de Montpellier, pour avoir programmé le retour de ses jeunes nageurs d’un stage en altitude en se fiant aux réponses à ses questions des Japonais et de Mireia Belmonte, lesquels nagent en haute montagne depuis jusqu’à dix saisons et ont fini par avoir des réactions de montagnard !

De là vient ma troisième question, à Maxime Grousset. Samedi, il est mal sur 100 mètres. Et dimanche, il monte sur le podium du 50 mètres. Ques aco ? « D’abord, me dit-il, je suis toujours un peu meilleur sur 50 mètres que sur 100. Ensuite, nous sommes redescendus de Font-Romeu jeudi, et je crois que chaque jour qui passe, je gagne un peu sur le plan de l’adaptation physiologique. »

Voilà pour ce 50 mètres, qui clôturait un meeting que les Français ont un peu (beaucoup ?) snobé et qui a surtout été riche de nageurs venus parfois de loin, parfois d’un voisinage proche comme le Danemark ou la Grande-Bretagne.

Plus tôt dans l’après-midi, Stravius avait devancé sur 100 papillon le Danois Viktor Bromer, tandis que le Néerlandais Arno Kamminga achevait un quasi-monopole sur la brasse, vainqueur du 50, du 100 et 2e du 200… Newen Tomac, Amiénois de 17 ans et demi (il est né le 11 septembre 2001), devançait sur 200 dos David Verraszto soi-même, ce qui est quand même une satisfaction.

C’est la Grande-Bretagne, un petit peu, d’ailleurs, qui nous offrait la chance de voir Marie Wattel en action, puisqu’elle nous venait de son université du coeur de l’Angleterre. La Montpelliéraine de Loughborough avait a priori un dimanche très occupé, avec deux 100 mètres, nage libre et papillon. Mais elle préféra s’en tenir à une seule course et choisit la papillon, où elle estimait sans doute – à juste titre – avoir une meilleure chance de l’emporter.

Dès les séries, elle sut qu’elle aurait fort à faire, car la Grecque Anna Ntountounaki (record de Grèce, 58s27 en 2016) y sortit une performance plus qu’honorable, 58s73. Marie, elle, qui aime le confort matinal, pointait en quatrième position. Il est heureux que Ntountounaki n’ait pas pu reproduire en finale son temps des séries, car il n’est pas sur que Wattel eut pu répondre. Mais rien n’est sûr, car le premier 50 ambitieux de la Française (cette fois tout à fait éveillée) avec passage en 26s89 était digne d’en crisper quelques-unes, réduites, au sortir du virage, à admirer ses ondulations au niveau des orteils. Mais après, il fallait tenir. Le temps, à l’arrivée, 59s25, est seulement correct, au niveau de ce qu’elle produisait l’an passé à la même époque, mais il clôturait me semble-t-il un week-end très satisfaisant.

PERNILLA BLUME,  LA PETITE QUI N’A PAS PEUR DES GRANDES, CE N’EST PAS QUE DU 50 METRES

La grande course de la journée fut produite par Pernilla Blume. La Danoise, cataloguée, on comprend pourquoi, nageuse de 50 mètres, en raison de son titre olympique de Rio, n’est pas que cela. Elle le prouva avec un aller (25s86) retour (27s87) qui donnait à l’arrivée 53s73. Dès les séries, Blume, en 54s44, avait convaincu son monde qu’elle avait la classe à part. Sa suivante, la jeune compatriote Julie-Kepp Jensen, se retrouvait une grosse longueur derrière.

Blume fait partie d’une phalange de nageurs(euses) qui illustre la complexité et le caractère multiple et pas toujours évident du talent en natation. Si le gabarit est un élément du succès, il ne l’est pas de façon absolue. Blume est en fait avec la Canadienne Masse, par exemple (recordwoman du monde du 100 mètres dos), et avec quelques autres dont Katinka Hosszu, la preuve qu’il n’est pas besoin de mesurer 1,87m pour réussir en natation. Hier, avant son 100 mètres, Blume mesurait 1,71m, mais je vous assure qu’une fois dans l’eau, sa taille approche les deux mètres !

Ça s’était un peu vu aux mondiaux de Budapest, où Pernilla s’était sacrément bien tenue dans le 100 mètres : 53s13, record du Danemark le 27 juillet au matin en séries, 52s99 en demi-finales l’après-midi, et 52s69, médaille de bronze, le 28 au soir en finales. Sur le podium, Simone Manuel et Sarah Sjöström lui prenaient une demi-tête…

RETENEZ SON NOM: KATRIN VILLESEN

…Autre ondine devant l’Eternel, Jazmin Carlin, la championne d’Europe de demi-fond, qui opérait un come-back après une saison off (oui, je parle franglais) était tombée sur une noix dure à craquer dans le 400 mètres, où, encore assez loin de sa forme maximale ( en français : top shape)  elle était confrontée à Katrin Bukh Villesen, qui, charmante gamine enjouée et surdouée, qui se peint les ongles aux couleurs du Danemark, rafraichit depuis quelques années une quantité de records nordiques de catégories d’âge et remporté ici 200 papillon et 400 quatre nages. Elle se concentre ces derniers temps sur la nage papillon, où elle estime avoir le plus de potentiel. Avec Nielsen en dos, elle en papillon et Blume en crawl, le Danemark a les trois quarts d’un beau relais quatre nages !

Même si le crawl n’est pas sa priorité, Villesen a fait parler le talent sur ce 400 et mené la vie dure à la Britannique, laquelle, embusquée, a attendu la dernière longueur pour mettre en pratique ce fameux finish britannique et l’ajuster de pas grand’chose.

Villesen a nagé au départ à Nykobing Morse, 9600 habitants, la ville principale de l’île de Morse, jusqu’à la fermeture de la piscine locale, puis avec sa sœur pendant neuf ans à vingt kilomètres de là, à Durup, ville du continent, passant chaque jour le pont suspendu de Sallingsundbroen… A 13 ans elle a nagé à Thisted, où son entraînement a presque doublé, et depuis ses seize ans à Aalborg, où elle a trouvé un environnement « plus professionnel », et un entraîneur d’expérience, Ezleifur Johannesson. Un étalement de ses études sur quatre au lieu de trois ans permet d’apaiser l’éternel conflit du sport et des études à l’intérieur de ce que d’aucuns appellent le « double projet ». Villesen rêve d’être, je vous le donne en mille, pilote de chasse (toujours la vitesse). Au Danemark, cela va être dur. Au Danemark c’est des vieux Fokker du milieu du dernier siècle…

…En attendant, ses ailes de papillon déployées, miss Villesen vole au ras de l’eau…