CHAMPIONNATS DE CHINE: A QINGDAO DÉBUTE LA POURSUITE DES USA

CHAMPIONNATS DE CHINE: A QINGDAO DÉBUTE LA POURSUITE DES USA

Éric LAHMY

Dimanche 16 Avril 2017

Qingdao. C’est le nom de la ville. Forte de ses treize mille millions de pèlerins, la Chine regorge de charmante petites cités de neuf millions d’habitants ! Qingdao, à mi-chemin entre Pékin et Shanghai, sous-préfecture de la province de Shandong, trois fois plus de citoyens que Paris. Qingdao, son port, son pont de 41 kilomètres (le plus long pont de mer du monde), son aéroport, son université… Et pour ce qui nous concerne, sa piscine, ses championnats de Chine 2017…

Les championnats ? Ils viennent de se terminer. J’ai préféré laisser courir plutôt que de distiller pendant une semaine les infos, un peu confuses, à se prendre les pieds entre les séries, les demies et les finales, qui nous venaient de l’Empire du Milieu.

Et comme disait je ne sais plus qui : IL Y A DU LOURD. Pendant qu’on regardait ailleurs, les Chinois seraient devenus la première natation du monde ou presque que cela ne m’étonnerait pas. Ce n’est pas encore sûr. Il faut encore passer par le rite suprême de la compétition internationale, en l’occurrence les mondiaux de Budapest… Et puis, de l’autre côté de l’Océan Pacifique, si vous ne confondez pas le plateau de Mesa avec le mont Denali (ex-McKinley), vous saurez que le shérif aux cinquante étoiles n’a toujours pas dégainé.

XU JIAYU À UN DIXIÈME DU RECORD DU MONDE DU 100 DOS

Mais sur pas mal de courses, on ne sait pas trop comment ça va tourner entre les deux géants et les prédateurs de moindre envergure qui vont essayer de piquer ici ou là, dans la course aux médailles. Le succès emblématique chinois, à Qingdao, celui qui éveille les suspicions, cela a été la course de XU Jiayu sur 100 mètres dos. Il a arrêté les chronos à 51s86, c’est-à-dire à un centième du record du monde, établi par Ryan Murphy en finale des Jeux olympiques de Rio.

Car ça fait mal. Le Murphy en question avait, rappelons-le, devancé, aux Jeux, XU Jiayu lui-même. Et les 52s31 du Chinois amélioraient le record de Chine. Xu reste bien peu connu chez nous, on sait seulement qu’il aura 22 ans le août prochain, qu’il mesure 1,84m, est particulièrement léger (pas trop de muscule, semble-t-il), que sa mère, une nageuse de papillon, l’a mis à quatre ans dans l’eau, qu’on n’a pas réussi depuis à l’en sortir, et qu’il étudie on ne sait trop quoi à l’université de Shanghai… A part ça il est affecté d’une charmante binette et d’un sourire qui lui vaudra peut-être, s’il continue à tracer comme ça dans l’eau, autant de « followers » (huit millions) sur son blog que son compatriote Ning Zetao. Bien entendu, il détient tous les records chinois sur 50, 100 et 200 dos. Xu a insisté sur le caractère imprévisible du record, sur son étonnement d’avoir nagé en moins de 52 secondes, et sur le fait qu’il ne veut pas trop penser à de possibles exploits, refusant d’ajouter trop de pression sur ses épaules… Le garçon est réfléchi !

QUAND SUN YANG MARABOUTE MACKENZIE HORTON

Sur 400 mètres, un Sun Yang vindicatif ne s’en cache pas, il prépare un chien (bouilli ?) de sa chienne à Mackenzie Horton, qui s’est permis de le battre sur la distance, puis de lui battre froid aux Jeux olympiques de Rio . Il pourrait avoir le portrait de l’Australien  dans sa chambre et s’exercerait à lui lancer des fléchettes que cela ne m’étonnerait pas. C’est le genre de préparation mentale qui en vaut une autre. Je crois que Michael Wenden torturait pendant des mois une photo de Schollander avant les Jeux de Mexico, qu’un autre Michael, Phelps, allait rarement au combat sans être plus ou moins remonté vis-à-vis de l’adversaire, à l’exception de Ian Crocker. A Qingdao, ça a marché. Sun a nagé deux secondes plus vite qu’Horton sur 400 cette année.

Maintenant, ce genre de scénario, on ne sait jamais quelles surprises il recèle. Tenez, par exemple, à Budapest, SUN et Horton se cannibalisent dans l’eau et c’est DETTI qui gagne ! Que dites-vous ? Pothain ? Okay, c’est Pothain qui gagne !

Sun s’est assuré deux autres places de choix dans le programme, sur 200 et 800 mètres, et ne peut échapper au rôle de favori dans ces courses. Il s’est permis de remporter le 100 mètres, en l’absence de Ning Zetao, autre enfant gâté de la natation chinoise, écarté par sa fédération pour avoir signé des contrats non autorisés…

POUR TAN HAYANG, UN RECORD DU MONDE JUNIOR PEUT EN CACHER UN AUTRE

Le troisième homme fort de la natation chinoise, issu des championnats, est Tan Hayang, qui vient d’effacer en 2’8s71 le record du monde junior du 200 mètres brasse. Encore éloigné de deux secondes du record du monde – battu avec 2’6s67 ce 29 janvier à Tokyo par Ippei Watanabe – Tan pourrait être plus fort que sa performance ne le suggère. A Qingdao, il a de façon assez manifeste produit une course d’attente jusqu’aux cent mètres. Tan a également amélioré le record mondial junior du 200 mètres quatre nages, dans une course où il a fini derrière Wang Shun. Wang Shun est une autre individualité de relief : fort de ses 1’56s16, il approche de 0s15 le meilleur temps mondial de l’année (1’56s01) de Kosuke Hagino, lequel, rappelons le, est le champion olympique en exercice. La Chine s’est découvert un sprinteur en brasse de haute volée, avec Yan Zibei, lequel a survolé les demi-finales du 100 brasse en 58s92 avant de s’assurer le titre en finale, à six centièmes de Adam Peaty, 58s86 cette saison. Si l’on ajoute les 51s34 de Li Zuhao en papillon, il ne reste qu’un bon crawleur à la Chine pour damer le pion au reste du monde.

LES SALADES DE NING ZETAO

Or, on l’a dit plus haut, le bon crawleur sur 100 mètres ne nagera pas à Budapest.

Ning Zetao, champion du monde 2015 à Kazan, sauvé de justesse de la noyade en 2016 à Rio,  a été renvoyé de l’équipe nationale en direction de l’équipe de la marine, à laquelle il appartient. D’après un communiqué de la fédération chinoise, Ning Zetao a signé un contrat de commandite sans le consentement de l’équipe, a refusé de se plier aux exigences de compétitions assignées à l’équipe et a même snobé même une course de qualification d’un relais (quatre fois 200 mètres), ce qui conduisit à l’absence du dit relais aux Jeux de Rio. Ning Zetao oppose à cette présentation des faits la sienne propre : il se serait retiré de l’équipe nationale pour des raisons de santé. Ne cherchez pas à comprendre, c’est du chinois !

Quoiqu’il en soit, ce qui frappe dans l’équipe qui s’est révélée à Qingdao, c’est sa jeunesse. Pas mal de juniors, un grand renouvellement, une vague montante.

Cela se voit ainsi chez les filles où il y a pas mal de jeunesse si l’on ôte YE Shiwen, une « vieille » de vingt-et-un ans, double championne olympique à Londres, survivante d’une longue époque glaciaire où elle se fit copieusement insulter en anglais et traiter de dopée vu qu’elle nageait trop vite (ah ! bien oui, les excès de vitesse existent en natation : vitesse illimitée pour les anglo-saxons, encadrée à 60 à l’heure pour les autres) ; toujours là, YE, survivante, vaillante, gagnante du 200 mètres quatre nages (et 3e du 200 dos).

LI BINGJIE NAGE 4’2s AU 400 ET FAIT LA TÊTE !

Sur 400 mètres, Li Bingjie, une presque bébé nageuse de15 ans, très différemment de Katie Ledecky, toute de finesse et de glisse, nage assez près de la valeur de l’américaine, ce qui est un compliment. Ce qui étonne le plus, c’est de voir la déception naître sur le visage de cette petite merveille du demi-fond à l’apparition de son temps, après son 400 mètres. Visait-elle les quatre minutes ? Elle gagne aussi le 800 et termine 2e du 200, deux centièmes derrière AI Yanhan, une autre 15 ans qui était déjà aux Jeux olympiques, dans le relais quatre fois 200 de Rio, elle…

Si l’on ajoute une très bonne tenue des nageuses de toutes les spécialités et un relais quatre fois 200 mètres, justement, digne des plus hauts honneurs, car d’une valeur supérieure d’au moins trois secondes à celui qui termina 4e à Rio en 7’47s96, on se dit que la longue marche des Chinois vers les honneurs est près d’aboutir. Le relais quatre nages féminin est inchangé depuis Rio (4e), avec une possibilité de remplacement en papillon, mais plus solide que l’an passé. Maintenant, le plus compliqué parce que le plus aléatoire approche : réussir ses courses, le jour dit.

MESSIEURS.- 50 libre :  1. YU Hexin, 22s46; 2. LIN Yongqing, 22s52; 3. BAN Bao, 22s55.

100 libre : 1. SUN Yang, 49s27 (en qualification, 49s13) ; 2. YU Hexin, 49s36; 3.LIN Yongqing, 49s45; 4. CAO Jiwen, 49s47.

200 libre : 1. SUN Yang, 1’44s91; 2. WANG Shun, 1’46s57; 3. JI Xinjie, 1’47s98.

400 libre : 1. SUN Yang 3’42.16.

800 libre : 1. SUN Yang, 7’48s33; 2. QIU Zhao, 7’52s59; 3. GAO Xuelei, 7’56s73.

100 dos : 1. XU Yayu, 51s86 (record d’Asie, ancien, Ryosuke IRIE, 52s24); 2. LI Guangyang, 53s61; 3. Hu Yixuan, 54s51.

200 dos : XU Jiayu, 1’54s03; 2. LI GuangYuan, 1’55s53; 3. SHI Yi, 1’58s65.

50 brasse : 1. YAN Zibei, 27s34; 2. ZHANG Zhihao, 27s54; 3. HE Zilog, 27s55.

100 brasse : 1. YAN Zibei, 59s28; 2. LI Xiang, 59s84 ; 3. WANG Lizhao, 59.98. En demi-finales, YAN Zibei  58s92 (record).

200 brasse: 1. TAN Haiyang, 2’8s71 (record du monde juniors, ancien Anton CHUPCOV, RUSSIE, 2’9s64 ; record de Chine, ancien Mao Feilian, 2’9s54). 2. MAO Feilian, 2’10s21 ; 3. YAN Zibei, 2’10s42. Passages de TAN : 29s30,33s42, 32s86, 33s13.

50 papillon : 1. LI Zhuhao 23s36 (record); 2. SHI Yang 23s67 ; 3. ZHOU Jiawei, 23s91.

100 papillon: 1. LI Zuhao, 51s63 (51s34); 2. Zhang Qibin, 52s27; 3. ZHOU Jiawei, 52s60.

200 papillon : 1. LI Zuhao, 1’55s09 (record mondial junior, ancien 1’55s52 par lui-même); 2. WANG Zhou, 1’57s10; 3. YU Yingbao, 1’57s27.

200 4 nages : 1. WANG Shun, 1’56s16; 2.TAN Haiyang, 1’57s54 (record du monde junior, ancient record, Michael ANDREWS, 1’59s13- Michael PHELPS avait nagé à 17 ans 1’55s94); 3. MAO Feilian, 1’59s87.

DAMES.- 100 libre: 1.  ZHU Menghui, 53s42; 2. ZHANG Yufei, 54s09; 3. AI Yanhan (54s41).

200 libre : 1. AI Yanhan,15 ans, 1’56s72; 1. LI Bingjie, 15 ans, 1’56s74; 3. SHEN Duo, 1’56s79; 4. LIU Zixuan, 1’57s06.

400 libre: 1. LI Bingjie,  4.2s52. (59s, 2’0s67, 3’1s91).

800 libre : 1. LI Bingjie, 8’20s89 ; 2. ZHANG Yuhan, 8’24s18; 3. BI Wenxing, 8’24s77.

1500 libre : 1. HOU Yawen, 16’13s37; 2. CHEN Yegi, 16’19s80; 3. XIN Xin, 16’27s54.

50 dos: 1. FU Yuanhui, 27s36 ; 2. WANG Sueer, 27s55; 3. LIU Xang, 27s56

100 dos : 1. FU Yuanhui, 58s72; 2. CHEN Jie, 59s43; 3. WANG Xueer, 1’0s13

200 dos : 1. CHEN Jie, 2’9s29 ; 2. LIU Yaxin, 2’9s69 ; 3. YEShiwen 2’10s55 En demis, YUAN Mingjie 2’11s52, XU Huiyi 2’11s55.

100 brasse : 1. SHI Jinglin, 1’6s94; 2. VIANN Zhang,  1’8s05; 3. LIU Xiaoyu, 1’8s49.

200 brasse : 1. SHI Jinglin, 2.24s52; 2. ZHENG Muyan, 2.26s37.

50 papillon : 1. LU Ying 25s85 2. ZHANG Yufei, 26s09, LIN Xintong, 26s52 (en qualifications, 26s39.

100 papillon : 1. ZHANG Yufei, 57s63; 2. LU Ying, 57s983. ZHOU Yilin 58s34.

200 papillon : 1. ZHOU Yilin, 2’7s36; 2. LI Shuang, 2’9s14.            

200 4 nages : 1.  YE Shiwen, 2.11s66; 2ZHANG Sishi 2.12s82 ; 3. ZHANG Jiaqi 2.12s87. En demi-finales WANG Xinya, 2’13s05  ZHOU Min 2’13s47.

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