CONTRE GALAXIE NATATION, LA FÉDÉRATION ATTEINT LE TAUPE NIVEAU

LES PANTINS DE FRANCIS LUYCE APRÈS TROIS ANS À PATAUGER DANS LEUR CHASSE AUX SORCIÈRES FONT MAINTENANT LA PLANCHE.

Éric LAHMY

Vendredi 25 Novembre 2016

Cela fait bientôt trois années, me dit-on, qu’à la fédération française de natation, on s’efforce de connaître une supposée « taupe » qui fournit des informations à Galaxie Natation.

Bien entendu, cela devrait me laisser indifférent. Parce qu’il n’y a pas de « taupe ». Il y a une certaine recherche d’informations qui est faite par ce blog, qui nécessite une foule de contacts. 

Sincèrement, je n’ai pas le sentiment que la politique (un bien grand mot) d’une fédération sportive devrait faire l’objet d’un secret quelconque. Il ne devrait rien y avoir à taire, à cacher dans une institution reconnue d’utilité publique, qui utilise indifféremment des fonds d’Etat et privés, qui vit du prix de ses licences, des commandites de ses sponsors et d’une généreuse enveloppe publique, et qui est censée inciter la jeunesse à pratiquer la vie au grand air et développer l’activité physique.

La natation est le premier des sports, magnifique, indispensable, elle appartient à tout le monde, et pas à une caste.

Depuis 1945, la FFN, installée dans la piscine Georges-Vallerey avenue Gambetta, jouxtait les services de renseignements, boulevard Mortier, le SDECE devenu la DGSE ! Dans ces services, le secret est une règle, on le comprend. Il y va de la sûreté de l’Etat et de la défense du pays. En raison de la proximité de Georges-Vallerey, le siège des services secrets français est baptisé depuis toujours « la piscine. »

En quittant ces lieux, la fédé semble avoir emporté un sens du secret qui me parait plus convenir à la « piscine » du boulevard Mortier qu’à celle de l’avenue Gambetta. On se calme, les mecs !

 Je ne revendique pas ici un droit à l’information, qui serait le seul droit du journaliste – ou du blogueur – de s’approprier et de « balancer » des infos plus ou moins excitantes. Je militerais – si je devais jamais « militer » – pour un devoir d’informer.

Qu’est-ce à dire ? Qu’un journaliste se doit d’informer, c’est sa fonction démocratique. Annoncer toujours, expliquer beaucoup, dénoncer parfois.

Et je trouve répugnant que la tête de la fédération ait décidé de cacher des informations qui sont le plus souvent anodines, et parfois ne le sont pas, mais qui permettraient, si elles étaient diffusées, de savoir comment le sport est gouverné.

LA NOMENKLATURA DE LA F.F.N.

C’est une vraie perversion qui s’est installée dans les têtes de cette fédération.

Je tiens à la disposition les courriels de Louis-Frédéric Doyez, qui, en février 2014, quand je l’encourageais à pratiquer la transparence, défendait quant à lui le principe d’une gouvernance secrète, ne rendant aucun compte. Selon sa conception – erronée, perfide et équivalente à celle de toutes les dictatures et « nomenklaturas » -, c’était la seule méthode qui permettait de travailler.

Pendant que nous débattions, Doyez rédigeait pour le compte de Luyce une lettre au ministère pour dénoncer le travail de mon blog, sur l’air de « ça ne peut plus durer. » Voilà les méthodes de ces gens là !

Le même Doyez était tout ébaubi quand récemment, je révélais qu’il avait envoyé à des personnes judicieusement choisies le double d’une lettre de démission adressée à Francis Luyce, dans laquelle cet honnête homme abhorrait ce qu’il avait adoré.

Comme il sentait le vent tourner, après avoir servi la présidence actuelle en se donnant des airs de Talleyrand ou de Fouché, il signalait ainsi aux prétendants et autres présumés successeurs qu’il collaborerait tout aussi bien avec eux.

De la même façon, à la dernière assemblée générale de la fédération, il s’était empressé d’aller courtiser M. Gilles Sezionale, l’épigone supposé de Luyce, et de déjeuner avec lui. C’est beau d’avoir des convictions !

Comme les esprits malsains ont institué la règle selon laquelle informer des faits et gestes de l’institution est un crime, me voici devenu selon eux la tête agissante d’une petite bande de criminels qui me renseignent. On m’a rapporté sérieusement que dans l’ébullition née de mes billets, un des abrutis appartenant à ce nid de vipères avait fortement affirmé qu’Eric Lahmy, c’était « une balle entre les deux yeux. » Me voici menacé de tomber, enrichi d’un deuxième trou de balle, qui me viendrait entre les sourcils, ce qui est mieux que de n’avoir été qu’un trou de balle toute sa vie.

L’une des innombrables taupes qui m’informent – je devrai sans doute rebaptiser mon site Taupinière Natation – m’avait envoyé récemment le programme de l’équipe nationale, des nageurs qui s’y trouvaient, le pourquoi et le comment de leurs présences, les règles et les exigences techniques qui justifiaient  leurs rétributions, bref tout. C’est un document sans éclat mais impeccable de précisions, de clarté, d’information, d’ouverture d’esprit et donc finalement d’intelligence. Je me suis dit : bravo la fédération.

…La fédération américaine de natation : USA swimming!

 LA LOI DU SILENCE VERSION RUE SCANDICCI

Parce qu’en France, il n’en est pas question. Notre fédération est policière, et digne d’une république bananière. Ce qui est navrant, dans la fin de règne de Francis Luyce, c’est que le goût paranoïaque du secret a atteint des sommets sans précédent. Récemment, j’ai pu donner au départ d’un article, assez anodin, posté le 16 novembre dernier, et intitulé « l’open quitte Vichy pour Chartres, l’arrivée de Vergnoux se précise », un certain nombre de précisions sur le programme de la réunion du surlendemain.

Quelle a été ma surprise d’apprendre le soir du 24 novembre, de M. Gilles Sezionale que j’ai découvert et avec qui il me plait de converser, que ce texte avait lancé le branle-bas de combat de toutes les bourriques fédérales, sur la piste de la légendaire « taupe », et, après avoir enquêté sur les rares personnes qui, selon eux, avaient été informées du contenu de ce programme (dont tout le monde se fout, de vous à moi), ont décrété qu’ils avaient déniché la taupe en question, et qu’il s’agissait d’un technicien de province, M. Marc Planche.

QUATRE RAISONS QUI FONT QUE JE VAIS ME FÂCHER

Il m’est pour le moins désagréable d’entendre dire de telles sornettes pour quatre raisons.

La première, c’est que je déteste qu’un innocent soit soupçonné…

La deuxième, c’est que mes informateurs sont beaucoup plus nombreux que cela, et qu’ils ne m’informent pas pour médire de qui que ce soit, mais parce qu’ils n’imaginent pas, à la différence des grands malades qui, l’un préside, les deux autres dirigent les services fédéraux, une information sans qu’elle circule. L’info, c’est le sang d’une société, elle l’irrigue, fait battre son cœur et fonctionner ses organes.

La troisième, c’est que lorsque Galaxie Natation a commencé à s’inquiéter des dérives de la politique fédérale, je me suis aperçu que je devrais « protéger » deux des trois copains que je m’étais fait parmi les techniciens de la fédé et avec qui j’aimais évoquer depuis tant d’années la vie de notre sport, en ne les contactant plus, pour ne pas les mettre en péril, ce qui m’agaçait. Ces copains s’appellent Patrick Deléaval et Marc Planche. De vous à moi, ils me manquent parfois et ça me démange de les appeler pour parler de tout autre chose que de Luyce et Favre… Le troisième copain n’est plus là, c’était un monsieur, Jacques Meslier, et lui me manquera toujours…

La dernière raison d’agacement de ma part vient du fait que ces gens ne comprennent pas qu’une information ouverte perd son côté délétère. Ne se rendent-ils pas compte que, volée, elle prend une importance, parce que le doute s’installe, et qu’on se dit qu’ « ils » voulaient nous la cacher? Or la voler n’est pas si difficile que ça.

 LE TOP DES TAUPES, C’EST QUAND MÊME FRANCIS LUYCE!

Aujourd’hui, ne voilà-t-il pas que les infos les plus frivoles ne sont plus diffusées dans le secteur technique, et restent contingentées dans le seul groupe des dirigeants?

Qu’ils le sachent. C’est insuffisant. Pour que le secret soit gardé, il faudrait qu’il soit réservé aux trois caciques de Pantin !

Luyce et ses sbires ont, dans leur chasse aux sorcières, soupçonné tout le monde. Et terrorisé, puni ou placardisé pas mal de gens, un coup c’était M. Beurrier, une autre Deléaval, ou M. Wachter, après ça  a été Laurent Viquerat, maintenant c’est Marc Planche !

Mais si je vous disais que la « taupe » numéro un s’appelle Francis Luyce ? En notre époque post McLuhan, le président, qui en est resté à Gutenberg, semble incapable d’ouvrir son ordinateur. Ses messages les plus ésotériques sont traités par son secrétariat, qui les imprime avant de les lui transmettre, et sont inévitablement connus de pas mal de monde.

Les dirigeants, plus modernes, quand ils se rendent rue Scandicci, se rient lorsque telle ou telle secrétaire, en toute innocence, d’ailleurs, leur suggère, avant d’entrer dans son bureau, telle ou telle attitude, en fonction de l’échange supposé confidentiel qu’ils ont eu précédemment par mail avec Luyce XVI !

Je sens que les trois Stooges vont se sentir de plus en plus seuls. Ils devraient savoir que l’eau porte et propage les sons! Qu’ils continuent comme ça. Moins l’info circulera, plus on va s’amuser. 

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6 comments:

  1. LEPAGE

    C’est profondément attristant de faire de tels constats. Le naufrage est au bout du chemin. Le savoir-faire pragmatique de Fouché sans scrupule, la vision politique de Talleyrand ne sont pas là. Pourtant ils furent qualifiés de « tas de merde dans un bas de soie (Napoléon au sujet de Talleyrand} et de « vice s’appuyant sur le Crime » (Chateaubriand), là ce sera quoi? Je décroche de la natation car j’aime trop ce sport pour servir de pantin à mon niveau. Nous n’y faisons que de la pure bureaucratie.

    1. Eric Lahmy *

      Je ne sais pas quoi vous dire, qu’ils essaient de court-circuiter un journaliste curieux, à la rigueur ça m’amuserait presque ! Mais qu’ils laissent leurs techniciens dans un tel brouillard me parait un manque de confiance dans leurs propres troupes décidément dommageable. Et c’est totalement contre-productif.
      Au départ, ils ne sont peut-être pas aussi mal intentionnés que ça, mais je dirais pour reprendre le proverbe qu’il vaut mieux avoir un ennemi intelligent qu’un ami bête.
      Que les nageurs et les entraîneurs de l’INSEP n’aient pas été les premiers informés, même de façon lapidaire, d’un tel projet, qu’est-ce que ça a fait ? 1) ils l’ont appris par Galaxie Natation alors que c’était écrit sur leur stupidement secret ordre du jour du bureau (s’ils l’avaient largement fait connaître, ça m’aurait coupé d’un scoop sans le moins du monde me déranger, je ne cherche pas le scoop mais à informer) ; 2) les nageurs de l’INSEP s’en sont inquiétés, et je les comprends ; 3) les entraîneurs se sont peut-être vexés de ne pas avoir été alertés, et je les comprends aussi; ils ont programmé une saison et il se peut que le 1er janvier ils trouvent entre leurs pattes quelqu’un dont on ne sait pas trop s’il sera place à côté d’eux ou à leur tête ; 4) les nageurs ont demandé des éclaircissements aux coachs ; 5) ceux-ci ont répondu ce qu’ils ont pu c’est-à-dire pas grand’ chose ; 6) l’entraîneur en question s’était peut-être été étonné de ne pas avoir été averti de ces tractations ; 7) En Espagne, « quelqu’un », sans doute faisant le lien entre l’étonnement un peu vexé des entraîneurs et la réunion avec les nageurs a fait savoir à Fred Vergnoux que tel entraîneur provoquait des rébellions chez les nageurs,
      Et c’est comme ça qu’avec ce type de gouvernance, ce manque de clarté, d’ouverture, on entre dans une chikaya à la gomme pour rien du tout.
      Pendant ce temps, en Espagne, le DTN de là-bas faisait savoir sans souci de secret bébête que Vergnoux avait rendez-vous à Paris, ce qui veut dire que ni Vergnoux ni le DTN espagnols ne fonctionnent avec ce maladif goût du secret qui doit leur donner l’impression d’être des chefs.
      Et tout ça n’est que de la bêtise.
      Perte d’énergie…
      …Et pour moi, à démêler ça, du temps en moins pour parler de NATATION !

  2. Marc

    Les problèmes de gouvernance soulevés posent de vraies questions qui doivent dépasser les personnes (même si nous devons prendre en compte que le pouvoir use les personnes qui l’occupent depuis trop longtemps).
    Je conseille à vos lecteurs de lire Robert DAMIEN ou de simplement regarder une vidéo sur le net dans laquelle le philosophe nous explique quelles sont selon lui « Les trois qualités de l’autorité » (Une connaissance instruite des situations, prendre des décisions judicieuses, être conséquent).
    Puis de faire une lecture de tout ce que vous dénoncez à partir des idées avancées par Robert DAMIEN.

    Cordialement

  3. Louis-Frédéric DOYEZ

    Bonjour,

    J’ai eu de nombreux échanges avec le bien-nommé Eric Lahmy durant tout le week-end suite à cet article et une nouvelle évocation injurieuse de ma personne.
    Je lui ai soumis un long texte de réponse dans la verve de celle dont il a le secret, lui laissant la responsabilité de sa diffusion. Pour ceux qui aiment ce type de littérature, je peux transmettre cette réponse (lf.d@netcourrier.com).C’est juste une réponse du berger à la bergère, rien qui ne puisse faire naitre une quelconque fierté de ma part. Au contraire.

    Car répondre à Eric, c’est toujours s’abaisser et donner de l’importance à des propos malsains. C’est aussi faire vivre son jouet et le renforcer comme maître de son jeu, auquel il nous impose parfois de participer.

    Je crois en son amour –ancien- de la natation. Mais, à la manière d’un amoureux éconduit et contrarié, le sentiment a tourné et n’est devenu que destructeur. Il aime mal et fort.

    Il nous emmène – il m’a emmené- dans une sphère violente. C’est très facile d’y être happé car personne n’aime voir écrit sur lui ou les personnes qu’ils aiment des faussetés et des méchancetés.

    Il faut donc être plus fort. Croire mieux, et plus, en autrui, et en nous. Tout n’est pas que calcul et mesquinerie. Nous n’avons pas besoin de lui pour nous parler et échanger. Il n’est ni le juge, ni le baromètre de nos actions et de celles de la Fédération.

    Il salit tout. C’est un polémiste et cela peut amuser, faire sourire. Le chamboule tout a des vertus. Les bouffons sont nécessaires. Il a une belle plume et suffisamment de bribes d’infirmations pour la faire vivre.

    Juste ce qu’il nous donne à voir n’est pas aussi sombre et noir, les gens pas aussi laids. Tous ceux qu’il évoque sont des passionnés, des engagés. Ils sont dans l’action. Pas dans le commentaire.

    Lui n’existe que dans le commentaire et c’est nous qui le faisons vivre. Ou pas !

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