JAMES GUY SE PLACE SUR 400: 3’44 »16

Eric LAHMY                                                                               Mercredi 15 Avril 2015

Les nageurs britanniques ont répondu aux exigences intraitables de leurs sélectionneurs. Ou disons que ça commence bien, aux championnats de l’ASA. James Guy, 20 ans, médaillé de bronze des derniers Jeux du Commonwealth, a établi un nouveau record national du 400 mètres nage libre, avec un temps de 3’44’’16. Il détenait l’ancien, 3’44’’58. Il lança la course sur un rythme élevé, que seul Nicholas Grainger pouvait suivre. 25’’56 pour commencer, 53’’62 ensuite, au milieu de son périple, James virait en 1’50’’76. 2’48’’ aux 300 mètres, il lui fallait terminer fort. Ce qu’il fit, battement de jambes intensifié et rythme de bras soutenu. Seul Mackenzie Horton, le jeune crack australien a nagé plus vite cette année, 3’42’’84. « Mack » Horton avec qui il s’est préparé quelque temps cette saison (comme l’Italien). Grainger, qui l’a poursuivi tout du long, a signé un remarquable 3’45’’89 qui ne satisfait pourtant pas aux critères intraitables du comité de sélection. (Ce disque va faire un tabac les jours qui viennent). 3e, Daniel Wallace, champion du Commonwealth du 400 mètres 4 nages, n’a pas suivi Guy, sans doute parce qu’il n’en avait pas les moyens, et a opté pour une course étale, équilibrée. Mais en l’occurrence, ce bien nager ne lui a pas permis de gagner. Guy, qui est entraîné à l’année à Millfield par Jolyon Finck, a affirmé qu’il n’aime pas nager devant, qu’il n’a jamais si bien concouru que derrière, et attend avec impatience d’être confronté à « Mack ». Mais cette finale montre qu’il sait aussi nager devant, même si l’impression que cela lui laisse d’exploiter son plein potentiel n’est pas la même… Quoiqu’il en soit, James a bien commencé ses championnats. L’an dernier, il avait gagné le 200m, le 400m et le 200m papillon.

Il est remarquable que, dans la poursuite d’un temps à réaliser, plusieurs nageurs de demi-fond ne respectent pas la « sacro-sainte » égalité d’allure. Disons cependant que le déséquilibre de la course de James, n’est pas patent. Après 53’’62, il signe deux cents mètres en 57’’14 et 57’’24, ce qui est pratiquement parfait, et il lui en reste suffisamment pour finir en 56’’16, 28’’26 plus 27’’90. Grainger, derrière, parce qu’il s’accroche, nage plus au début un peu au-dessus de ses moyens, ce qui le met en danger par la suite…

James Guy, 53’’62, 1’50’’76, 2’48’’, 3’44’’16

Nicholas Grainger, 53’’84, 1’50’’98, 2’48’’80, 3’45’’89

Daniel Wallace, 54’’51, 1’52’’, 2’49’’39, 3’46’’15

VICTOIRE PAR LE FOND – VICTOIRE PAR LE SPRINT

Bien entendu, un championnat qui engage des centaines de nageurs ne s’obnubile pas sur les minima mondiaux et olympiques, et seuls deux ou trois nageurs par épreuve au plus se trouvent concernés par les temps furieux mis en place par le comité de sélection. On a donc vu du plaisir à nager, voire à nager vite, sans songer à autre chose qu’à la victoire – ou à se placer. Sur 100 mètres dames, Siobhan-Marie O’Connor, qui songe plus au 200 mètres, a ainsi surpris Fran Halsall (six fois championne de Grande-Bretagne) dans les 15 ou 20 derniers mètres de la course, la passant en 53’’83 contre 54’’10. O’Connor avait établi un record personnel dans les demi-finales, plus tôt dans la journée, en 53’’81.  Le 100 mètres dames vit donc une nageuse l’emporter en fonction de sa plus grande résistance, établissant une suprématie du demi-fond sur le sprint. Mais dans la même journée, on allait assister à la victoire d’un grand sprinter sur une course plus longue :

Sur 200 mètres brasse messieurs, Adam Peaty a battu son record personnel d’une seconde pour gagner en 2’8’’34. Ross Murdoch et Andrew Willis avaient fait forte impression par leurs temps des séries, 2’9’’48 et 2’9’’61. Spécialiste des sprints, recordman du monde du 50 mètres brasse, Adam Peaty, qualifié avec le 4e temps, 2’10’’66, ne devait faire ici, a priori, que de la figuration ; mais il ne baissa pourtant pas la garde à l’approche de l’arrivée : « Durant le dernier retour de bassin, je me suis dit que j’avais fait cela des milliers de fois à l’entraînement. Des milliers de fois avec ce taux d’acide lactique. Du coup, j’ai continué et ça a payé. J’espère que ce 200 mètres est une bonne fondation pour mon 100 mètres. » Il devança les supposés cracks de la distance, Andrew Willis, 2’8’’59, et Ross Murdoch, 2’8’’90, respectivement n° 2 et 1 aux Jeux du Commonwealth l’été dernier.

Que déduire de ces expériences contradictoires ? Qu’elles ne le sont pas ! A chaque fois, c’est l’homme, ou la femme, en forme qui a gagné

Hannah Miley, 2’8’’63 au 200 mètres papillon, devance Jemma Lowe (blessée en 2014), 2’9’’36, et Aimee Willmott, 2’9’’66. Pour Miley, plus connue pour son 400 mètres 4 nages, il s’agit de son premier podium en papillon depuis 2009 ! Hannah passait en 7e position aux 50 mètres, virait 2e aux 100 mètres et aux 150 mètres et s’imposait au finish.

Au 100 mètres dos, le champion du Commonwealth, Chris Walker-Hebborn, qui avait outrageusement dominé les séries, avec un temps de 53’’21, réussit le premier « moins de 53’’ » de sa carrière. Résistant à ce qui lui parut être un retour de Liam Tancock, toujours là à 30 ans, il l’emporta en 52’’88. Tancock nageait une seconde moins vite, en 53’’98, et Craig McNally 54’’80.

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