Judit Temes trahie par l’émotion

9 décembre 2013

Judit Temes, disparue en août 2013, était l’une des survivantes d’une équipe féminine hongroise qui disputa la suprématie mondiale, dans l’immédiat après-guerre, et avant la « révolution » australienne, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Intelligente et douée, son émotivité lui interdit de devenir championne olympique du 100 mètres libre aux Jeux d’Helsinki. 

(Sopron, 10 octobre 1930-Budapest, 11 août 2013). Hongrie. Nageuse du BKV Előre SC de Budapest, puis du Budapesti Haladás, et de l’équipe nationale hongroise de 1944 à 1956, jusqu’à ce qu’elle se lance dans une carrière médicale, Judit Temes est, en 1948, benjamine de l’équipe hongroise à 17 ans et 294 jours, quand elle réalise le 7e temps des séries du 100 mètres des Jeux olympiques de Londres; mais elle s’écroule en demi-finale, en 1’9’’7, quinzième temps final. Elle est sans doute très émotive, car quatre ans plus tard, aux Jeux d’Helsinki, elle récidive, pulvérise le record olympique avec 1’5’’5 en séries, se contente de 1’7’4 en demi-finale et finit 3e de la finale en 1’7’’1, alors que son temps des séries lui aurait donné deux mètres d’avance sur sa compatriote Katalyn Szoke, la gagnante en 1’6’’8, qui devance la Hollandaise Hannie Termeulen ! Toujours aux Jeux d’Helsinki, Judit enlève l’or en relais, le quatre fois 100 mètres, seul relais féminin de l’époque, avec Eva Novak, Katalyn Szoke et Ilona Novak. Si Ilona Novak assure une légère avance au premier relais, Temes creuse l’écart avec Hollandaises et Américaines, grâce à un parcours lancé en 1’5’’8. Eva Novak, 1’5’’1, et Szoke, 1’5’’7, confortent l’avance. Le record du monde est battu, en 4’24’’4. S’ajoutent en 1954 le titre européen du relais et l’argent du 100 mètres, où elle est largement dominée par Szoke, toujours aussi bonne compétitrice, en 1’5’’8 contre 1’6’’7. Titulaire de 29 victoires en championnats de Hongrie (12 individuels), de douze titres aux Universiades de 1949, 1951 et 1954, sept fois recordwoman nationale, dont cinq fois sur 100 mètres libre, Temes obtint son diplôme de médecine en 1955, dirigea le département de pathologie de l’hôpital Elizabeth et travailla à l’institut de recherches sur le cancer de l’Université de Budapest. Elle collabora à l’hôpital Laszlo, Elle ne cessa jamais d’étudier et devint professeur de philosophie en 1975 et de droit en 2000, à l’Université Eotvos Lörand. Elle continua de s’intéresser au sport, appartenant au Comité olympique hongrois, servit comme présidente de la Fédération hongroise de natation et comme membre à la Ligue Européenne de Natation.

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