LA POLITIQUE DES CLUBS SELON GILLES SEZIONALE ET SON ÉQUIPE

Éric LAHMY

Lundi 20 Mars 2017

Le projet de Gilles Sezionale, candidat à l’élection à la présidence de la Fédération, est important à plus d’un titre. D’abord, c’est un projet qui correspond à une action qu’il a menée dans sa région, la Côte d’Azur, dont il a fait sportivement un bastion de la natation française (pas tout seul, mais cela ne lui enlève rien, bien au contraire). Ensuite parce qu’il s’agit, dans l’esprit de Gilles Sezionale, de transposer un certain nombre d’expériences menées sur la Côte d’Azur à la dimension supérieure, celle de la natation française dans son ensemble. Par ailleurs, disons le, ce projet apparait comme une synthèse réfléchie ; s’il est activé et s’il réussit, il nous donne une idée  optimiste de ce que pourrait devenir la natation française.

Enfin, last but not least, disent les Anglais, il représente aujourd’hui le seul espoir de renouvellement du sport. Il y a beaucoup de vaine agitation du côté de Francis Luyce, et une tentative pathétique de la dernière minute de présenter un « projet. » Les guillemets sont intentionnels. Car il ne faut pas confondre un projet et un « projet ». Voici 24 ans que Luyce lance des « projets » que l’on prenait pour des projets parce qu’il n’avait aucun contradicteur en face de lui.

Entre un « projet » à la Luyce et le projet de Gilles Sezionale existe la même différence qu’entre une grossesse nerveuse et une parturition menée à terme, entre un désastre annoncé et la promesse d’un vrai changement, entre un mensonge confirmé par vingt-quatre années de pratique et la franche loyauté de celles et ceux qui entendent s’engager. Entre le « projet » de Luyce » et le projet de Sezionale, on peut aussi mesurer la différence qui existe entre un chef de bande arriviste et un team leader ambitieux.

Entre les deux équipes, mêmes différences : d’un côté, une bande de has been, voire de never were, où se côtoient des nostalgiques des temps révolus, quelques braves gens égarés et de cyniques profiteurs désireux de se servir, et de l’autre une équipe qui entend changer la donne pour la natation. Voilà pourquoi je ne crains pas de présenter ci-dessous le 3e volet du plan Sezionale, celui qui concerne les clubs. Ce projet ne ment pas : il représente une vraie ambition… Éric LAHMY

 

LA POLITIQUE DES CLUBS

par GILLES SEZIONALE

Après avoir recueilli la confiance des délégués lors de l’élection à la présidence de la Fédération Française de Natation, je m’engagerai pleinement pour conduire les réformes indispensables destinées à faire face aux données de notre environnement sportif en perpétuelle évolution, contribuer au développement des activités de la natation et permettre à nos équipes nationales de briller lors des grandes compétitions internationales.

A titre personnel, je saurai être en phase avec ce nouveau défi, en m’organisant sur le plan professionnel pour me consacrer pleinement à mes activités fédérales

Les Clubs au cœur du dispositif Fédéral

Le Club est l’acteur-clé du développement de nos activités et le mettre au cœur de mon projet m’apparaît être une évidence. Renforcer les synergies entre le Club, les Comités Départementaux, les Ligues et la Fédération pour favoriser leur complémentarité au service de nos pratiquants est primordial et indispensable pour notre réussite collective.

Ma priorité : Une réforme indispensable de la politique de la licence, la promotion de nos disciplines, de nos activités pour tous les publics, le renforcement de la cohésion entre le niveau local et le niveau national, la proposition d’une offre de service adaptée répondant à la demande des pratiquants et aux besoins du territoire, devront être les conditions de développement des Clubs de notre Fédération.

*** Donner du sens à la prise de licence en répondant à la demande de prise en compte des différents publics en fonction de nos activités « pratique compétitive, ludique, événementielle, éducative ou de santé».

Le développement d’une gouvernance participative pour la gestion des piscines.

*** Adapter une tarification de licence pour la mettre en phase avec le service fourni par la Fédération.

Mes engagements : Développer une politique de soutien à l’ensemble des Clubs.

– Soutien au développement de l’ensemble de nos disciplines : Natation course, eau libre, Natation synchronisée, Water-Polo, Plongeon.

– Soutien au développement de nos activités « Nagez forme santé », « Nagez forme bien-être », « Nager grandeur nature », « J’apprends à nager ».

(GILLES SEZIONALE, PRÉSIDENT DE LA LIGUE PACA DE NATATION, VICE-PRÉSIDENT DÉLÉGUÉ DE LA FFN, CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE NATATION).

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7 comments:

  1. Doudji

    Il est évident que l’hégémonie de F.L. à la présidence de la FFN n’a que trop duré. Sous le règne de notre cher président, depuis quelques années, que ce soit sur le plan sportif comme sur le plan administratif, notre Fédération est devenue une véritable usine à gaz. Plus compliqué, tu meurs ! Bien à l’image de notre beau pays … Complètement sclérosée par la bureaucratie … Même le cadre d’Etat sportif n’est plus un entraîneur, mais un administratif caché derrière ses dossiers.
    Hélas, les candidats nous présentent des programmes digne de cette funeste dérive … Cela ne m’étonne pas de la part du président en place, mais cela me désole de son adversaire.
    Aucun mot pour les nageurs qui suent sang et eau en biquotidien, 340 jours par an pour essayer de progresser … Encore moins que rien, pour le statut des entraîneurs qui les accompagnent dans la même spirale infernale …
    Messieurs les élus et officiels, une fois que vous aurez pressé la passion des vrais techniciens qui se démènent comme des fous dans les clubs pour former les nageurs, vous pourrez continuer à parader aux bords des bassins car d’autres entraîneurs aussi enthousiastes et insensés seront là pour prendre la place …

    1. Eric Lahmy *

      Je ne prétends pas passer à la trappe votre questionnement sur un « statut des entraîneurs », dont, d’ailleurs, je ne connais rien. Je voudrais faire une réponse bien plus vague :
      Je ne crois pas qu’on puisse continuer une guerre de tranchées entre « dirigeants » et « entraîneurs », d’ailleurs je ne crois pas que le statut des entraîneurs soit plus dramatique que celui des dirigeants. En natation, il y a eu trois ou quatre personnes qui se sont bien servies, d’une façon licite ou pas, sur le dos du sport, dont bien entendu Francis Luyce. Mais les dirigeants sont tous des bénévoles qui donnent de leur temps et ont une passion aussi forte que les entraîneurs. De ce que je sais, Gilles Sezionale continue à entraîner. Cela prouve quoi ? Pas grand’ chose peut-être, mais que la frontière entre les entraîneurs qui, bien ou mal rétribués, le sont, et les dirigeants, qui, bons ou mauvais, ne le sont pas, cette frontière se situe ailleurs qu’au point où on la chercherait…

  2. Marc

    Pour répondre à DOUDJI en précisant quelques-unes de ses affirmations et faire quelques propositions en retour :

    « Notre Fédération est devenue une véritable usine à gaz »

    Affirmation en partie partagée : Un programme de compétition compliqué sans cesse modifié. Des tests E.N.F qui n’ont pas vraiment de sens mais qui constituent des passages obligés contraignants. Des formations initiales d’entraîneurs dont les programmes sont en surcharge pondérale mais qui ne vont pas à l’essentiel et qui ne forment pas vraiment des enseignants. Une formation continue quasi absente.
    Propositions : un programme de compétitions simplifié et stable défini en fonction des buts recherchés. Proposer un cheminement pédagogique efficace de formation du nageur. Alléger les formations initiales et mettre le paquet sur une formation continue des entraîneurs qui ne soit pas descendante mais en action à partir des problèmes de terrain qu’ils rencontrent au quotidien.

    « Même le cadre d’Etat sportif n’est plus un entraîneur »

    C’est souvent vrai : de nombreux cadres techniques n’ont jamais entraîné et perdent ainsi de la crédibilité vis-à-vis des entraîneurs avec lesquels ils doivent travailler alors même qu’ils sont compétents. Le DTN n’est plus « un technicien averti animé d’une vision pour son sport » mais il doit avant tout plaire au président.
    Propositions : Encourager les jeunes professeurs de sport à entraîner au moins pendant 10 ans dans les structures fédérales avant de devenir CTR ou CTN.
    Le DTN est désigné sur un projet de 4 ans par un comité constitué d’élus, de cadres techniques et d’entraîneurs

    « Hélas, les candidats nous présentent des programmes digne de cette funeste dérive … Cela ne m’étonne pas de la part du président en place, mais cela me désole de son adversaire. »

    Pas de cet avis : un des candidats propose une remise à plat de la gouvernance fédérale qui va dans le sens de l’ouverture, il souhaite donner une forme d’autonomie aux régions, qui pourrait bien faire émerger des projets régionaux innovants.
    Proposition : limiter à deux le nombre de mandats.

    « Aucun mot pour les nageurs qui suent sang et eau en biquotidien, 340 jours par an pour essayer de progresser »

    Un constat qui appelle des questions : est-il souhaitable de vouloir faire nager de façon bi-quotidienne à tout prix ? Quel type de formation proposer aux entraîneurs afin qu’ils puissent être plus performants et obtenir de meilleurs résultats en les faisant parfois nager moins ?
    Propositions : clarifier les enjeux de la formation. Ecourter la durée des compétitions qui n’en finissent plus. Encourager et aider les nageurs à conduire un double projet (Ne pas accepter, à moins qu’il ne soit de très haut niveau, qu’un nageur ne fasse que nager).

    1. Doudji

      Marc, je vois que nous sommes, quand même, pas mal d’accord.
      Dans votre premier paragraphe, et vous en reparlez à la fin, vous évoquez la formation des entraîneurs.
      Mais j’aimerais, aussi, particulièrement, que l’on parle aussi de leur statut …
      Entre les entraînements, les stages, les compétitions et tout ce qu’il faut qu’ils fassent pour se former (hélas, par eux-même), où sont les 35h ? Pour un salaire à peine décent donné par des élus de clubs qui, pour la plupart, ne savent pas gérer un budget. Pendant que les comités régionaux gérés par ces mêmes élus ne savent plus comment gaspiller leur argent (ils sont bien à l’image de leur fédération !).

  3. Marc

    Si comme vous je pense que le statut des entraîneurs est un vrai problème je ne suis pas du tout d’accord avec vous concernant la gestion des clubs et des comités régionaux par les élus.
    La très grande majorité de ces élus sont des personnes remarquables qui donnent beaucoup de temps bénévolement et qui gèrent au mieux les budgets serrés dont ils sont responsables.

  4. Doudji

    Voilà l’argument massue !!
    Comme ils sont bénévoles, ils ont le droit de faire n’importe quoi !
    Les vrais dirigeants qui font avancer le sport sont les parents des nageurs qui s’investissent pendant tout le temps que leur rejeton fait du sport, après, hélas, ils arrêtent et je le comprends. Les autres vrais dirigeants sont ceux qui œuvrent dans leur club en restant à leur petit niveau (club ou département).
    Je me méfie de ceux qui briguent des postes plus haut, à l’instar de nos politiques, les places doivent être bonnes.
    Vous parlez de budgets serrés, mais c’est eux, les dirigeants et élus régionaux, qui devraient les faire évoluer. Au lieu de pleurer « nous n’avons pas d’argent », c’est à eux à trouver de nouvelles ressources au lieu de faire des repas hebdomadaires. C’est à eux, aussi, de persuader les politiques de nous construire de nouvelles piscines et pas seulement pour remplacer celles qui, de plus en plus, ferment sans raisons évidentes.
    Je suis d’accord, « La très grande majorité de ces élus sont des personnes remarquables qui donnent beaucoup de temps bénévolement », mais ce n’est pas cette majorité qui décide.
    Et je ne veux pas faire une guerre dirigeants/entraîneurs, ni nageurs/officiels car comme je l’ai dit, beaucoup de dirigeants font bien leur job. Je pense que c’est plutôt le fonctionnement (serait-ce la loi de 1901 qui devient trop vielle !) qui fait que plus on monte dans les sphères dirigeantes, plus on a de chances de trouver des profiteurs et incapables.
    Monsieur Lahmy nous en fait, assez souvent, de beaux portraits.

    1. Eric Lahmy *

      Je suis assez partagé par votre réponse, parce que pour un dirigeant minable ou abusif ou seulement qui a pris de mauvaises habitudes, il y en a dix qui sont méritants. J’en veux aux Luyce (lequel est d’ailleurs un gagne-petit dans le genre) d’être ce qu’ils sont parce qu’ils sont venus manger à tous les rateliers. Mais d’accord, payons les dirigeants. Le sport disparaitra. Et ce gueuleton hebdomadaire que vous leur reprochez, il vous donnera l’impression de n’avoir rien été au regard des feuilles de paie de 3000 à 5000 Euros par mois en moyenne. Vous verrez que ces quatre gueuletons par mois auront coûté 120 Euros et non pas 5000 Euros. Et vous savez quoi? Une fois qu’ils seront rétribués, ils devront bien continuer à manger…
      Et vous vous direz. Ouh! Les bénévoles nous manquent… Finalement, ils étaient pour rien.
      Si demain on payait les bénévoles,je crois que tout le budget du sport ne servirait plus qu’à payer ces bénévoles. N’oubliez pas ça.
      Relisez La Fontaine et dites-vous bien que les bénévoles sont comme l’âne de la fable.

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