LOUIS-FRÉDÉRIC DOYEZ, LE FRÉGOLI DE LA NATATION

Éric LAHMY

Mardi 21 Février 2017

Il n’y a pas photo : parmi tous ceux qui gravitent dans la natation française, Louis-Frédéric Doyez est devenu mon antihéros préféré. Au départ, rien ne plus anodin que cette fonction foncièrement administrative et que le gars qui l’occupe. Mais gare aux illusions. Doyez, de par la façon dont il a utilisé ses antécédents de juriste au profit de Francis Luyce, a fini par donner à son job un aspect politique, au sens terre à terre du terme.

Je parierais que Doyez vise la présidence de la fédération française de natation. Mais pas tout de suite et pas que ça. Après quatre années à faire son droit à la fac et quinze années à faire son courbé à la fédé devant Francis Luyce, Doyez aspire à retrouver une cambrure. Mais il lui reste son côté tordu, cela va être difficile à effacer.

Si le maître de Doyez, son Pygmalion, s’appelle Luyce, son modèle pourrait être Didier Gailhaguet, ce technicien, commentateur, dirigeant du patinage artistique qui fut très à la mode dans les dernières années du XXe siècle auquel les dons multiples, appuyés sur certaines carences éthiques, ont fini par valoir une condamnation des instances internationales. La différence entre Gailhaguet et mon sujet du jour, c’est que celui-là, doté en outre d’une épouse charismatique, Annick Dumont, était un champion, un expert de son sport et celui-ci un quelconque interprétant, puis un vague rhétoricien, plus soucieux de la façon de contourner les règlements susceptibles de l’être que d’appliquer simplement la loi, et qui n’a jamais eu une idée qui ait pu faire avancer la pratique du sport.

Arrêtez-moi si vous pensez différemment.

Il est des gens pour qui l’alpha et l’omega consiste à ne pas se mettre en dehors des clous du texte, mais, s’ils respectent la lettre des lois, le font pour mieux en ignorer ou en violer l’esprit. Il existe un juridisme étroit. Il existe aussi un juridisme voyou et on voit ces derniers temps ce que les politiques ont pu faire de crasses dans la confiance de ne pas se faire pincer. Les Italiens ont un proverbe pour ces malhonnêtetés. « Dietro ogni legge c’è un inganno » (derrière chaque loi, il y a une embrouille).

Pour ces illuminés du texte réglementaire, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Même ce qui revient au mauvais goût. C’est ainsi, quand il a fallu choisir un commentateur télé du water-polo en compétitions, Doyez, sans vergogne, s’est emparé de la fonction.

Louis-Frédéric Doyez est, vous l’avez compris, un modèle accompli de la tartufferie juridique. Ayant subtilisé l’idée d’une compétition de natation en eau libre sur la Seine, il se l’est tranquillement, et personnellement, attribuée.  Il a déposé la marque de cette compétition,  Fluctuat, auprès de l’institut national de la propriété industrielle sous son nom, Louis-Frédéric Doyez, sous le numéro 4269182, classe 16, 25, 35, 41, avec un statut de marque enregistrée. Bizarre : sur le site fédéral de Fluctuat,  le nom du déposant est Francis Luyce, en tant que président de la FFN. Pourquoi Doyez ici et Luyce là ? Est-ce normal ?

Ce qui ne l’est surtout pas, c’est la façon dont Doyez s’est emparé du listing de concurrents de la société de Caron et de Neuville, et a contacté sans sourciller le millier de nageurs du listing potentiellement intéressés par ce genre d’organisation, au mépris des lois qui réprouvent ce genre de pratiques. Il a fallu menacer l’institution fédérale pour parvenir à un « accord » sur ce point litigieux…

Doyez avait claironné qu’il donnerait sa démission de directeur général de la fédé le 2 avril prochain. Je vous avais expliqué ici qu’il s’agit d’une esbroufe. A la dernière réunion du bureau élargi, Doyez a déclaré qu’il resterait jusqu’en juin. A la demande de Luyce. Comme on vous le disait, cette annonce ne concernait que ceux qui y croiraient. Le festival des imprécisions trompeuses continue.

Une certitude. Jusqu’après l’élection, Louis continuera de tricoter ses mensonges. Un mail à l’endroit, un mail à l’envers.

Mais Doyez n’arrête pas là ses évolutions perturbantes. C’est ainsi qu’il s’est bombardé agent de deux nageurs d’eau libre, rien moins qu’Aurélie Muller, notre championne du monde, et Marc-Antoine Olivier, notre médaillé olympique. Est-ce le job du directeur général ? Bien sûr que non, affirme Claude Fauquet, l’ancien Directeur technique national pour qui ce genre de mission ne peut échoir qu’à une seule personne de la Fédé, qui est le directeur technique national.

Ajoutons que la Fédération organise des examens d’agents de nageurs, et qu’en l’occurrence Doyez exerce à leur endroit ce qu’il est bien convenu d’appeler une concurrence déloyale. C’est comme ça qu’on l’a beaucoup vu, ces derniers mois, autour des compétitions d’eau libre et qu’il s’est rendu voici quelques semaines à Santa Fe. Rétribué ou pas pour ce job, Louis-Frédéric Doyez a élargi le champ des ubérisations au métier d’agent.

Si on le voit s’emparer d’un côté d’une compétition d’eau libre et de l’autre des meilleurs nageurs de la spécialité, on peut imaginer qu’il vise un monopole des courses de longues distances de l’Hexagone.

Il y a là un grand n’importe quoi, qui se situe quand même très loin de sa fonction.

Quand il ne pique pas dans l’eau libre à tous les niveaux, organisation et nageurs, Doyez tente de s’immiscer dans la gouvernance du comité de l’Île-de-France, en attendant mieux. Le voici donc candidat au comité directeur de la région, où il entend bien faire la pluie et le beau temps. Là, bien sûr, c’est aux ordres de Francis Luyce.

Comme, au Comité, on ne passe pas par ses quatre volontés (ainsi quand il a exigé la liste et les CV des candidats au comité directeur), l’agité du bocal s’est à nouveau distingué en menaçant par téléphone l’actuel président de région, Jean-Jacques Beurrier.

Il y a des coups de pied au cul qui se perdent…

 HALLUYCINANT : FRANCIS FAIT CHAUFFER SON SMARTPHONE

Luyce est plus que jamais un grand téléphoneur ; il en a besoin pour garder son job, le 2 avril prochain, aux élections ; sa cible actuelle, c’est tous les délégués, qui voteront pour ou contre lui ; le téléphone arabe nous dit qu’il aurait acquis les services de Raymond TAPPERO, l’ancien dirigeant provençal, de Pierre GROSBOIS (Chalons) requinqués par les promesses de LUYCE.

Francis LUYCE soignant les délégués à l’assemblée générale de la FFN à coups de promesses dont nul ne nous fera croire qu’elles sont électorales, il a trois nouveaux noms de délégués de la nouvelle région Aquitaine Poitou Charentes Limousin à appeler en urgence, qui vont lui permettre de chauffer son cellulaire et de distribuer les promesses nécessaires à l’achat des bonnes consciences : Laurette BERTON, ex Poitou-Charentes, qui, très virulente contre Luyce, aurait complètement changé son attitude il y a 6 mois (elle doit se voir vice-présidente), Jean-Louis THORENBEY un des anciens vice-présidents d’Hélène TACHET DES COMBES, et Armand DUTHEIL, président du Limousin.

LUYCE avait très bien choisi la date de sa réunion du bureau élargi, vendredi et samedi dernier afin que ses adversaires n’y soient pas. Pas très élégant, Luyce, ça on le savait. Gilles SEZIONALE était bloqué par la présence d’inspecteurs de la Cour des comptes dans son comité. [Gilles a finalement eu droit aux félicitations des dits inspecteurs, impressionnés par la rigueur comptable de la région ; ils lui auraient même dit espérer le revoir rue Scandicci]. Hélène TACHET DES COMBES, elle, était coincée par l’élection qui s’est particulièrement mal passée pour elle, et Denis CADON n’aurait pas voulu se retrouver un peu seul. C’est là que Doyez a pu annoncer qu’il ne serait pas dehors de la fédé le 2 avril.

Vendredi prochain commission fédérale de natation course, SEZIONALE devrait être là, en revanche.

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