MONTPELLIER (5): C’EST LE DEBUT DU CHAMPIONNAT DES REPÊCHAGES!

JACQUES FAVRE DE CINQ A SEPT

Eric LAMY

Mardi 30 Mars 2016

Rien n’est plus intéressant que la vie psychologique. Tenez, prenez le grand souci aujourd’hui des nageurs français. Il n’y en a pas un qui réussit les minima. On savait qu’il en irait ainsi, avec des minima à faire peur.

Or le comité de sélection a prévu une possibilité pour le DTN de choisir six nageurs complémentaires selon, disons-le comme ça, son bon plaisir. Pourquoi six ? Parce qu’ils l’ont écrit comme ça. Chiffre regrettable. Pourquoi ? Non pas en soi, il parait que c’est le premier nombre parfait. Mais parce que, dans mon idée au moins, le DTN devrait toujours avoir une possibilité de choix. Cette absence de voie a empoisonné la natation française pendant des années autour de la non-sélection de Roxana Maracineanu en 2001…

Mais ce droit du DTN n’aurait pas dû être quantifié, ou précisé. Le DTN aurait dû simplement avoir le droit d’ajouter à la sélection, point barre. Parce qu’il est le patron de la natation française et qu’il doit pouvoir agir librement dans l’intérêt de la natation française, ici pour former la meilleure équipe olympique…

Mais vous avez vu les textes de sélection ? C’est un exercice de pinaillage de haute volée, rédigé dans la crainte de l’erreur à ne pas faire… et la peur du pouvoir qui pourrait en résulter. Donc on constipe tout ça, on tatillonne à qui mieux mieux… On a mis six… 

Donc le droit du sélectionneurs, sa latitude personnelle a été élargie, ou limitée à six.. Pourquoi ? On sait pas. C’est à mi-chemin entre les cinq doigts de la main et les sept nains de Blanche-Neige, ça paraît raisonnable…

Ces six ne devraient pas obligatoirement être pris, ce n’est pas un droit, les nageurs ne devraient rien en attendre, c’est juste un corset qu’on desserre, une latitude, pour pouvoir effectuer une sélection qui tienne debout. Un tel ajout aurait permis de récupérer Sarnin en 2000, Roxana en 2001, etc., de conforter un relais, que sais-je, pallier un impondérable. Mais non, ça y est, le chiffrage de ce pouvoir du DTN fait son chemin. Les nageurs s’inquiètent déjà de qui sera choisi, Joly, Wattel, Pedurand, peuvent se mettre déjà sur les rangs, et s’inquiéter que ce ne soit pas un processus de concurrence sportif mais des petits arrangements entre amis qui pourvoient, bref ils se disent que les minima auraient dû être moins durs. Un joker, c’est toujours une bonne chose. Mais six jokers… Cela devient manipuler, chosifier… En lui donnant une liberté, les textes semblent avoir un peu plus contraint le DTN!

C’est y pas bête?

Si, à la fin, le DTN n’en choisit que trois, entre les nageurs, les entraîneurs, les parents et les amis, il y a en aura trois cents qui feront la tronche… S’il n’en choisit aucun, il va se faire mille ennemis. Bref, ça va piailler.

Si dans le règlement il avait été écrit seulement que le DTN avait autorité à ajouter à la sélection en fonction d’une stratégie de compétition internationale, sans autre précision, c’eut été parfait. Ce 6, cette spécification, devient, pour lui, non pas une libération, mais une pomme de discorde, voire une épine dans le pied, ou seulement un vilain bouton sur le nez.

Mais ce n’est peut-être pas grave. Qui sait, d’ici dimanche, on aura un nageur qualifié, Florent Manaudou, et six repêchés pour Rio ? Dans ce cas-là, je prône une union des fédérations de natation et de sauvetage. On l’aura bien mérité.

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3 comments:

  1. Marc

    Ces minimas de qualification pour les JO de Rio ne sont pas si incohérents que ça, nous constaterons très probablement après les Jeux que seul ce niveau de performance permet d’exister dans cette compétition.
    Ce qui me paraît dommageable c’est de les sortir « brutalement » du chapeau la dernière année de l’olympiade sans y croire (pour preuve cette clause des 2×6 repêchés) car ils ne s’inscrivent dans aucune stratégie collective.

  2. Marc

    En écoutant les interviews d’après course je remarque que les nageurs ne croient pas aux minimas et avancent la possibilité d’être repêchés …

    « Imposer des minimas sans les imposer » c’est « le beurre et l’argent du beurre »… Pas certain que cela serve à moyen terme nageurs et entraîneurs

    1. admin *

      Oui, finalement, rien qu’à voir le fonctionnement mental des nageurs, on s’aperçoit que le plan de sélection n’est pas ce qu’il y a de mieux. C’est toujours frustrant de voir comment certaines intentions qui ne paraissent pas si mauvaises au départ créent des « contre-finalités », des effets secondaires inattendus, finalement néfastes. On risque d’avoir des gens non qualifiés au temps et repêchés qui trouveront ça normal et d’autres non repêchés qui vont faire des dépressions!

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