NAGER POUR APPRENDRE A  »MANAGER »?

Par Eric LAHMY
Les Echos publient un article fort intéressant de Pierre Blanc, lui-même nageur et manager. Pourquoi cela? Parce que Pierre Blanc a publié un livre fort original, réunissant quinze leçon de natation pour les managers. En quoi les managers représentent-ils une clientèle spécifique pour un enseignant de natation? C’est le sujet que traite Blanc pour Les Echos, titré par l’auteur: Pour manager, mieux vaut écouter un nageur qu’un entraîneur !
N’ayant pas encore lu personnellement cet ouvrage, je n’en effectue pas pour l’instant de critique, citant sans commentaire ce qu’en disent Les Echos, et ce même si certains des points de vue qui transparaissent à travers ce texte journalistique méritent des développements.
Pierre Blanc / Associé du cabinet Athling, auteur de « On manage comme on nage : 15 leçons de natation à l’usage des managers »

« Les managers se posent tous les mêmes questions. Qu’est-ce qu’un bon ou un mauvais manager ? Qu’est-ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais manager ? Pourquoi une équipe est-elle performante ? Pourquoi une équipe gagne-t-elle un jour et perd-elle un autre jour ? Pourquoi la performance d’une équipe est-elle inférieure ou supérieure à la somme de celles des individualités qui la composent ?

Après être allés chercher des réponses dans l’armée, les managers se tournent aujourd’hui vers le monde sportif. Le sport a l’avantage de parler à tout le monde. Des entraîneurs de renom toujours en activité ou à la retraite sont régulièrement sollicités par les grandes entreprises pour livrer leurs recettes, celles qui ont permis à leurs équipes de gagner des titres prestigieux.

Il est vrai que le manager et l’entraîneur ont en commun de n’exister qu’au travers de leur équipe. Pourtant, le manager est en compétition au moins 90 % de son temps, alors que l’entraîneur n’y est que 10 % du sien. Parce qu’il est un acteur central et connecté 24/7, le manager est sollicité par sa hiérarchie, ses pairs, ses collaborateurs directs, des clients, des fournisseurs, des services centraux… et par son entourage.

Finalement, il partage tous les jours les mêmes ressentis qu’un nageur de haut niveau lors d’une grande échéance : des hauts et des bas, des moments d’enthousiasme ou de doute, des montées d’adrénaline et des coups de pompe, des phases d’attente ou d’accélération, etc. C’est pour cela qu’il est plus proche d’un nageur que d’un entraîneur.

Ainsi, avant de manager les autres, il faut d’abord se manager soi-même. C’est ce territoire qui reste à explorer : sortir des lieux devenus communs sur les groupes, sur la cohésion de l’équipe, sur la confiance, sur la pression, sur le stress ou sur le mental pour se recentrer sur des moments-clés que chaque manager doit gérer et vivre à sa manière, à l’instar de ce que vit un nageur en compétition.

Le parallèle avec la natation met en exergue des situations vécues par le manager. Il permet de mieux les exposer et de mieux les décrypter pour trouver ses propres réponses. Tout le monde sait nager ou presque.

– L’exemple de la chambre d’appel est parlant. Un moment fatidique en natation, redouté parfois. Quel manager n’a pas attendu dans une salle d’attente avant d’intervenir devant un Comité de direction ?

– Autre moment-clé, le debrief. Il est essentiel pour partager et pour s’améliorer. Il évite les erreurs d’interprétation et de refaire le match indéfiniment.

– La natation est classée dans les sports dits individuels. Pourtant, les relais, dans lesquels excellent aujourd’hui les nageurs français, sont l’occasion de vivre des aventures dans un collectif. L’importance du passage de relais permet de toucher du doigt la métaphore de la transmission si utile en entreprise.

– Le copier-coller s’avère improductif en natation. Le style bras tendus de Florent Manaudou est sa marque de fabrique. Une singularité diront certains. Cela ne conviendrait pas à Fabien Gilot ou à Yannick Agnel. Aucun de ces deux champions ne développe la même puissance, ne mesure un mètre quatre-vingt-dix-neuf et ne pèse cent kilos…

– Récupérer d’une course ou d’une compétition est également crucial pour un nageur de haut niveau avant de se focaliser sur de nouvelles échéances. Ce moment-clé n’a pas encore vraiment trouvé sa place en entreprise. Les pauses-café permettent de souffler un peu, mais elles n’ont rien à voir avec les phases de récupération d’un compétiteur.

Les managers ont chacun leur manière de manager comme chaque nageur a sa nage. Ils gagneraient plus à écouter puis à s’inspirer des compétiteurs pour se connaître et pour trouver leur style de management. Aucune situation ne se ressemble. Il est impossible de les modéliser et de les traduire dans un algorithme. N’est-ce pas là la bonne nouvelle ? »

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-116812-pour-manager-mieux-vaut-ecouter-un-nageur-quun-entraineur-1058382.php?eTtFBYkEfY3rhuKL.99

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