NCAA MESSIEURS 2018 (1).- BLAKE PIERONI TACLE TOWNLEY HAAS ET LUI SOUFFLE SON RECORD SUR 200 YARDS, 1’29s63 CONTRE 1’30s46

Éric LAHMY

Jeudi 22 Mars 2018

1’29s63 au 200 yards. La performance est presque insolite. Blake Pieroni, un étudiant en dernière année de l’Université d’Indiana, natif de Valparaiso (non pas au Chili mais dans l’Indiana), l’a réalisée au départ du relais quatre fois 200 yards de son équipe des « Hoosiers », ce mercredi, premier jour des NCAA 2018, qui se déroulent ce week-end au Jean K. Freeman Aquatic Center de Minneapolis, dans l’état du Minnesota.

47 ans après que Mark Spitz ait nagé la distance en moins de 1’40s (1’39s5), voici qu’elle est couverte en moins de 1’30s…

Le record, 1’30s46, appartient depuis 2016 à Townley Haas, qui nage pour Texas dans cette même épreuve. Pieroni réussit à le rétrécir de près d’une seconde. Haas a amélioré son temps record de 2016 de cinq centièmes, mais hier, 1’30s41 ne suffisaient pas.

Ces deux nageurs ont eu du mal à parfaitement équilibrer leur course:

Blake Pieroni  20s89, 43s53 (22s64), 1.6s45 (22s92)   1.29s63 (23s18).

Townley Haas,  20s87,  43s74 (22s87),  1.7s06 (23s32), 1.30s41 (23s35).

L’état d’esprit dans lequel les concurrents nagent les relais est moins tactique, plus tourné vers le record, parce que leur distance n’est pas nagée comme un tout, mais comme la partie d’un tout qui est le quatuor auquel ils appartiennent. Il ne s’agit donc pas seulement de gagner, mais de nager le plus vite, faire la plus  grande différence possible, pour faciliter le travail des autres relayeurs. Il en est que le relais transcende… Blake Pieroni doit être de ceux-là. Il a moins faibli sur la fin que Haas et cela a fait la différence entre eux…

Leurs équipes n’ont pas gagné, et c’est celle de la Caroline du Nord qui l’a emporte, grâce notamment à un 1’30s77 lancé de Justin Ress, lequel, quatrième relayeur, part un mètre derrière Ian Finnerty, d’Indiana, lui reprend toute son avance en cinquante yards et le devance à l’arrivée, 6’5s31 contre 6’6s01…

Pieroni ne s’en offusquera pas. « Il n’y a pas que des vainqueurs absolus », expliquait-il en l’espèce avec sagesse dans une interview recueillie par Swim Swam, ajoutant que son équipe avait amélioré son record de cinq secondes et n’avait donc qu’à se féliciter de son résultat collectif…

Dans ce contexte, les courses au start de Andrew Seliskar (Californie, 6e) en 1’31s28 et de Andreas Vazaios, North Carolina, 1ère) en 1’31s32, passaient un peu inaperçues…

Au physique, Pieroni n’a rien d’un monstre, il est seulement un athlète bien balancé, d’1,86m, pour 82kg.  Absolument satisfait de son exploit, il remet à plus tard son désir de fêter. « J’ai encore douze courses au programme » (du week-end), explique-t-il. Mais il a promis de s’extasier ensuite…

Son exploit fait certes de Pieroni le favori de la course individuelle, mais non pas un sûr vainqueur. L’an passé, déjà, il avait réussi en 1’30s87 le meilleur temps au départ du relais quatre fois 200 yards, mais avait été devancé par Haas en finale de la course individuelle. Haas avait nagé 1’30s65, Pieroni, 2e ex-aequo avec Dylan Carter, 1’31s16. 4e Dean Farris d’Harvard, 1’33s05. Pour mémoire, cette année là, Haas, dans le relais, avait été chronométré, lancé, en 1’30s42, ce qui est habituellement traduit par 1’31s12 au start. 


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6 comments:

  1. EasySpeed

    Ce même Blake Pieroni était, je crois, un autre pensionnaire de la cultissime école Bolles Swim Club. D’ailleurs on retrouve chez ses anciens camarades des traits communs, comme une grande maitrise des parties non nagées, un physique athlétique, un sens de la compétition très affuté et la capacité à enchainer les courses de haut niveau.
    Je persiste à croire que les USA auraient dû tout faire pour garder Sergio Lopez sur leur territoire national plutôt que de le laisser s’en aller si loin d’un tel environnement de performances que sont les championnats américains.

    1. Eric Lahmy *

      Je suis allé chercher sur Internet, j’ai trouvé Blake Pieroni à Chesterton, école de la ville éponyme de l’Etat d’Indiana dans une compétition NISCA de 2014 où Joseph Schooling représentait Bolles. Avec Dressel, Murphy et Schooling, Bolles a assuré… On dirait que Jon Sakovich, l’actuel head coach a perpétué la tradition de Gregg Troy et de Sergio Lopez, après deux années de flottement.
      Pour garder Lopez, les Américains nont pas ce fonctionnement, tout faire pour le garder, c’était ajouter un dollar à ce qui lui était proposé ailleurs. En outre, après avoir été à Singapour, il est devenu head coach assistant d’Auburn et de Brett Hawkes, donc Singapour ne lui a pas trop plu et il est revenu aux States…

  2. EasySpeed

    Tiens, je ne savais pas que Gregg Troy avait entrainé les Bolles.
    Je ne savais pas non plus que Sergio Lopez était reparti entrainer à Auburn. D’ailleurs depuis que Brett Hawkes n’est plus sur les bords du bassin peut être que Lopez a plus de responsabilité au sein du club ?

    Sinon je pense que pour le garder les Américains auraient pu lui proposer des postes où il aurait côtoyé des mastodontes de la natation, plutôt que de former des jeunes qui vont de toute manière partir étudier ailleurs après quelques courtes années d’entrainement.

    Avant que la page youtube des Bolles ne passe en statut privé, j’avais pu voir certains de leur entrainements et leur façon de procéder m’avait paru très intéressante.
    Beaucoup d’entrainements étaient réalisés sous format compétition. Je ne parle pas de juste nager des sprints mais de créer une tension et une émulation qui permettait sans doute aux nageurs de s’habituer à cet état de stress. De plus, les séances de ppg se faisaient avec les filles et les garçons face à face, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je pense que l’on se surpasse plus facilement sous le regard du sexe opposé…

    1. Eric Lahmy *

      Apparemment, Brett Hawke est toujours le head coach d’Auburn. Bon, ils ont complètement raté Hugo Gonzalez qui s’est ramassé à la finale NCAA alors qu’il était n°1 de la saison, je me demande ce qu’il s’est passé. Maintenant, je ne sais pas si le meilleur coach de jeunes est forcément le meilleur coach des supers. C’est une autre psychologie, une autre approche, d’autres façons de progresser, une autre sorte de patience, d’expectative. En France, on a eu des super-formateurs comme Jacques Latour et Jacques Meslier qui n’obtenaient pas d’aussi bons résultats avec des adultes.
      A Bolles, ils peuvent plus facilement entraîner garçons et filles ensemble au sol parce que ce sont des jeunes d’âge scolaire, c’est peut-être plus délicat avec des adultes ? Mais je ne vois pas de problèmes et pour avoir hanté des salles de « culture physique » bien avant la naissance des Gymnase Club, je peux vous dire que si les femmes ne soulevaient pas les mêmes charges que les hommes (et là, belle émulation pour elles), pour tout ce qui était abdos et souplesse, c’étaient elles qui traçaient la route (et là belle émulation pour les hommes !

    1. Eric Lahmy *

      J’ai vu ça. Et aussi les réaction de gens qui se demandent pourquoi. Il dit « dix ans c’est assez. » C’est peut-être pour préparer son départ qu’Auburn avait engagé Sergio Lopez. Qui sait?

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