METELLA NOUVEAU PATRON DU SPRINT ?

IKEE, HOSSZU, KAPAS, 9 COURSES A ELLES 3, ANIMENT LE PROGRAMME FEMININ

Eric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

C’est pas le temps du sprint, et cela s’est vu à Marseille, au Golden Tour, quand Proud a été le seul sous les 22 secondes sur la longueur de bassin olympique. En revanche, Mehdy Metella n’a pas lésiné sur 100 mètres, où il a battu d’un mètre un bon sprinteur asiatique, Shinri Shioura, et hérité d’un 48s56 des plus intéressants à cette époque, laissant bien derrière lui son équipier Clément Mignon. Tout le monde manque de vitesse à cette poque, et ça se ressent dans les chronos… Mehdy a aussi défait, sur 100 papillon, un Italien de très bonne valeur, Piero Codia, dans un temps honorable, à cette époque. Il lui aura juste manqué un Jeremy Stravius en verve pour l’étalonner, voire le talonner…

Mais comme souvent dans ces meetings, c’est chez les filles qu’on a tenu assez haut le flambeau de la bonne perf’. La toujours très jeune Japonaise Rikako Ikee, gagnante sur 50 et 200 mètres, s’était qualifiée sur 100 mètres avec le deuxième temps, 55s63, mais a nagé la finale en 58s25 ! C’était une seconde moins vite que son passage, à la culbute, à mi chemin de son 200 mètres, qu’elle avait mené de bout en bout pour épingler Katinka Hosszu à son tableau de chasse. Je pense, dans de meilleures circonstances, qu’elle serait facilement venue à bout, sur 100 libre, de l’Italienne Di Pietro, qui l’a emporté en 54s79, et peut-être « casser » les 54 secondes… Ikee avait disputé sa finale seulement six minutes après celle, gagnée, du 100 papillon. Elle pourra toujours raconter l’histoire du jour où elle a nagé son 100 papillon plus vite que son 100 crawl.

Boglarka Kapas, qui est peu ou prou la reine du demi-fond européen, trouve toujours à qui parler avec sa compatriote Katinka Hosszu. En général, quand elles se rencontrent sur les distances moyennes, la Dame de Fer prend un petit coup de rouille, et là, ça n’a pas manqué, Kapas gagne deux fois, non sans une fière résistance d’Iron Lady, elle-même très menacée, sur 800, par Mireia Belmonte. Défaite dans ses efforts en libre, par Ikee et deux fois par Kapas, défaite sur 100 mètres par Georgia Davies, Hosszu n’en montait pas moins sur la plus haute marche de quelques podiums : 200 dos, 200 et 400 quatre nages.

Ce n’est pas gentil de dire cela pour ses adversaires, mais dans ces courses qu’elle prend comme un programme d’entraînement, Hosszu est autant battue par la multiplicité de ses propres efforts que par la valeur de ses opposantes.

Côté françaises, en l’absence de Charlotte Bonnet, zéro victoire. Un seul être vous manque….

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Benjamin PROUD  GBR 21s74.  100 libre : 1. Mehdy METELLA, CN MARSEILLE, 48s56 2. Shinri SHIOURA, JPN, 49s08 ; 3. Clément MIGNON, CN MARSEILLE, 49s17. 200 libre 1. Fuyu YOSHIDA, JPN, 1:48s29. 400 libre : 1. Sergii FROLOV, UKR, 3.51s35; 2. Gergely GYURTA, HUN, 3.51s80; 3. Miguel DURAN, ESP, 3.52s39. 800 libre : 1. Gergely GYURTA, HUN, 7.54s47 ; 2. Joris BOUCHAUT, DTOEC, 7’58s19. 1500 libre 1. Daniel JERVIS, GBR, 15.8s08 ; 2. Joris BOUCHAUT, DAUPHINS TOULOUSE OEC, 15.10s10 ; 3. Albert ESCRITS, ESP, 15.16s84. 50 dos : 1. Camille LACOURT, CN MARSEILLE, 25s39. 100 dos : 1. Hugo GONZALEZ DE OLIVEIRA, ESP, 55s43. 200 dos : 1. Hugo GONZALEZ DE OLIVEIRA, ESP, 1.58s22. 50 brasse :  1. Andrea TONIATO,  ITA, 28s12. 100 brasse : 1. Christian VOM LEHN, GER, 1.1s76. 200 brasse : 1. David VERRASZTO, HUN, 2.12s88. 50 papillon : 1. Benjamin PROUD, GBR, 23s29 ; 2. Shinri SHIOURA, JPN, 23s66. 100 papillon : 1. Mehdy METELLA, CN MARSEILLE, 52s34 ; 2. Piero CODIA, ITA, 52s48. 200 papillon : 1. Bence BICZO, HUN, 1.57s44.  200 4 Nages: 1. David VERRASZTO, HUN, 1.59s49. 400 4 Nages: 1. David VERRASZTO, HUN, 4.10s01; 2. Gergely GYURTA,  HUN, 4.13s36.

DAMES.  50 libre: 1. Rikako IKEE, JPN, 24s58 ;… 3. Mélanie HENIQUE, CN MARSEILLE, 25s33. 100 libre : 1. Silvia DI PIETRO, ITA ; 54s79. 200 libre : 1. Rikako IKEE, JPN, 1.57s06 ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1.57s76; 3. Eleanor FAULKNER, GBR, 1.58s85; 4. Alizée MOREL, DTOEC, 1’59s98. 400 libre: 1. Boglarka KAPAS, HUN,  4.06s14; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 4.7s18; 3. Eleanor FAULKNER, GBR, 4.11s81. 800 libre: 1. Boglarka KAPAS, HUN, 8.25s89; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 8.32s22; 3. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 8.32s61. 50 dos: 1. Georgia DAVIES, GBR 27s98 ; 2. Mathilde CINI, VALENCE, 28s80 ; 3. Daryna ZEVINA, UKR, 28s94. 100 dos: 1. Georgia DAVIES, GBR, 1.0s57; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1.0s95; 3. Daryna ZEVINA, UKR, 1.1s72. 200 dos:  1. Katinka HOSSZU, HUN, 2.11s03; 2. Daryna ZEVINA, UKR, 2.11s20; 3. Africa ZAMORANO SANZ, ESP, 2.12s71. 50 brasse: 1. Martina CARRARO, ITA, 31s18 ; 2. Fanny LECLUYSE, BEL, 31s42 ; 3. Arianna CASTIGLION, ITA, 31s55. 100 brasse : 1. Jessica VALL, ESP, 1.7s93 ; 2. Arianna CASTIGLIONI, ITA, 1.8s26 ; 3. Martina CARRARO, ITA, 1.8s35. 200 brasse : 1. Jessica VALL 1988, ESP, 2.25s77 ; 2. Fanny LECLUYSE, BEL, 2.28s02 ; 3. Cerys COLEY, GBR, 2.31s24. 50 papillon : 1. Rikako IKEE, JPN, 26s09 ; 2. Mélanie HENIQUE, CNM, 26s12 ; 3. Silvia DI PIETRO, ITA, 26s28. 100 papillon : 1. Rikako IKEE, JPN ,57s43 2. Ilaria BIANCHI ITA 58s03; 3. Elena DI LIDDO 1993 ITA, 58s49. 200 papillon : 1. Alys THOMAS, GBR, 2’9s65 ; 2. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 2’11s70 ; 3. Tarin KATEMURA, Japon, 2’11s85. 200 4 nages :  1. Katinka HOSSZU, HUN, 2.14s39; 2. Beatriz GOMEZ, ESP, 2.15s48 ; 3. Anja CREVAR, SRB, 2.15s56. 400 4 nages :  1. Katinka HOSSZU, HUN, 4.37s16 ; 2. Anja CREVAR, SRB, 4.41s96 ; 3. Fantine LESAFFRE, MONTPELLIER M. 4.43s01.

ADAM PEATY, UN MONDE A PART

Eric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

Michael ANDREW (USA) qui a été et reste peut-être à 18 ans le plus jeune nageur professionnel du monde, a établi ce week-end à Indianapolis, au cours du meeting Arena Pro Swim, le record du monde junior du 200 mètres quatre nages avec 1’59s12. L’ancien record officiel appartenait à Gunnar Bentz, avec 1’59s44. C’est bien.

Mais ce serait mieux si la Fédération internationale avait effectué une recherche afin de bien s’assurer à qui appartient le record. A 18 ans, un certain Michael Phelps a nagé 1’55s94 aux championnats nationaux US, rappelle Swimming World. Ce temps, la FINA ne l’a pas retenu au moment d’ouvrir son palmarès des juniors. De crainte peut-être qu’il ne soit jamais battu ?

S’ENTRAINER AU RYTHME DE LA COURSE

Il y a donc encore du boulot, beaucoup, pour ce robuste et sympathique garçon, qui, au rebours des tendances actuelles, a été et reste entraîné, chez lui, à Lawrence, dans le Kansas, par son père, Peter, au Race Pace Club, avec des volumes d’entraînement volontairement très limités. Le nom même de Race Pace, qu’on peut traduire par « rythme de course », « vitesse de course », est le leitmotiv (et la contraction d’ultra-short race pace training, entraînement super court à vitesse de course, concept développé par un certain Brent S Rushall (en accord avec certaines théories physiologiques), défendu par le père d’Andrew et illustré par le jeune homme.

UN NATHAN ADRIAN A DOUBLE DETENTE

La meilleure performance du meeting a cependant été réalisée par le Britannique Adam PEATY. Le champion olympique, champion et recordman du monde britannique a établi le nouveau record américain de sa distance, le 100 brasse avec 58s69. Peaty avait laissé l’américain Cody Miller, 3e,  à 1s74, en finale des Jeux olympiques de Rio, et ici, encore à plus d’une seconde et demie, démontrant une nouvelle fois qu’il se situe à un niveau à part, hors de portée de ses adversaires.

Parmi les auteurs de doublés : Nathan Adrian, qui partage la première place sur 50 mais enlève seul le 100, avec une nette avance ; le Chinois Jiayu XU, deux fois vainqueur en dos devant Jacob Pebley ; Josh PRENOT qui enlève 200 brasse et 200 quatre nages. Côté filles, l’éternelle Federica Pellegrini triomphe sur 200 mètres, mais dans un temps légèrement inférieur à celui de la Suédoise Michelle Coleman, à Sydney, ce week-end, aux championnats des Nouvelles-Galles du Sud.

Une Coleman en pleine forme mais dont on ne sait si elle pourra nager aux mondiaux de Budapest, ayant été cartée de l’équipe suédoise pour des raisons « disciplinaires ». En vérité, elle avait flouté le nom du sponsor de SJOESTROEM sur une photo de son Instagram !

Elle croyait sans doute qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait sur son Instagram, dont le concept a été vendu dans cet optique, la possibilité de retoucher ses photos!

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Nathan ADRIAN et Vladimir MOROZOV, Russie, 22s09. 100 libre : 1. Nathan ADRIAN, 48s66 ; 2. Duncan SCOTT, GBR, 49s33. Finale B: 1. Federico GRABICH, Argentine, 49s43; 2. Marcelo CHIERIGHINI, Brésil, et Vladimir MOROZOV, Russie, 49s56. 200 libre : 1. James GUY, GBR, 1’47s11; 2. Duncan SCOTT, GBR, 1’47s29. 400 libre : 1. Zane GROTHE, 3’48s14 ; 2. James GUY, GBR, 3’48s52; 3. Max LITCHFIELD, 3’50s13; 4. Stephen MILNE, GBR, 3’50s30; 5. Andrew ABRUZZO, 3’52s05 (en séries, 3’51s01). 1500 libre : 1. Andrew ABRUZZO, 15’13s95; 2. Tom DERBYSHIRE, GBR, 15’15s59; 3. Stephen MILNE, GBR, 15’20s01. 100 dos : 1. Jiayu XU, Chine, 53s04 ; 2. Jacob PEBLEY, 53s77 ; 3. Grigory TARASEVICH, 53s96; 4. Ryosuke IRIE, Japon, 54s64. 200 dos : 1. Jiayu XU, Chine, 1’55s04; 2. Jacob PEBLEY, 1’55s56. 100 brasse : 1. Adam PEATY, Grande-Bretagne, 58s86; 2. Cody MILLER, 1’0s30; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, Italie, 1’0s33; 4. Kevin CORDES, 1’0s43; 5. Nicolas FINK et Felipe LIMA, 1’1s; 7. Richard FUNK, 1’1s14. 200 brasse : 1. Josh PRENOT, 2’9s93; 2. Nicolas FINK, 2’10s62; 3. Cody MILLER, 2’11s94; 4. Kevin CORDES, 2’12s11; 5. Ross MURDOCH, Grande-Bretagne, 2’13s08; 6. Luca PIZZINI, Italie, 2’13s91 (en séries, 2’13s72). 100 papillon : 1. Zhuhao LI, Chine, 51s34 ; 2. Daya SETO, Japon, 52s43. 200 papillon : 1. Zhuhao LI, Chine, 1’55s29; 2. Daya SETO, Japon, 1’56s45; 3. James GUY, GBR, 1’57s05. 200 4 nages : 1. Josh PRENOT, 1’58s93; 2. Michael ANDREW, 1’59s12; 3. Daya SETO, Japon, 2’0s35. 400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 4’10s22; 2. Josh PRENOT, 4’14s74; 3. Max LITCHFIELD, GBR, 4’15s84.

DAMES.- 50 libre : 1. Menghui ZHU, Chine, 24s97; 2. Michelle WILLIAMS, Canada, 24s98. 100 libre : 1. Mallory COMERFORD, 53s91; 2. Menghui ZHU, Chine, 53s93; 3. Federica PELLEGRINI, Italie, 54s47; 4. Penny OLEKSIAK, Canada, 54s69 (en séries, 54s50); 5. Sandrine MAINVILLE, Canada, 54s84 (en séries, 54s70). 200 libre : 1. Federica PELLEGRINI, Italie, 1’56s07; 2. Kayla SANCHEZ, Canada, 1’58s46; 3. Menghui ZHU, Chine, et Katerine SAVARD, 1’58s78. 400 libre : 1. Hali FLICKINGER, 4’8s52; 2. Jazmin CARLIN, GBR, 4’10s81. 800 libre : 1. Ashley TWICHELL, 8’36s17. 100 dos : 1. Ali DELOOF, 59s82 ; 2. Jessica FULLALOVE, 1’0s29 ; 3. Federica PELLEGRINI, Italie, 1’0s78; 4. Kayla SANCHEZ, Canada, 1’0s92; 5. Dominique BOUCHARD, Canada, 1’1s34 (en séries, 1’1s31). En séries, Kim TOUSSAINT, Pays-Bas, 1’0s94. 200 dos : 1. Hilary CALDWELL, 2’8s68; 2. Yaxin LIU, Chine, 2’9s80; 3. Dominique BOUCHARD, Canada, 2’10s41 ; 4. Jessica FULLALOVE, 2’10s44. 100 brasse : 1. Molly HANNIS, 1’6s47; 2. Katie MEILI, 1’7s00 (en séries, 1’6s91); 3. Hrafnhildur LUTHERSDOTTIR, Islande, 1’7s94. 200 brasse : 1. Chloe TUTTON, GBR, 2’23s89; 2. Marie-Sophie HARVEY, Canada, 2’26s60 ; 3. Melanie MARGALIS, 2’26s80. 100 papillon : 1. Kelsi WORRELL, 58s10; 2. Kendyl STEWART, 58s32. 200 papillon: 1. Hali FLICKINGER, 2’9s49. 200 4 nages : 1. Melanie MARGALIS, 2’10s43. 400 4 nages : 1. Hannah MILEY, GBR, 4’40s22; 2. Abbie WOOD, GBR, 4’40s38; 3. Shiwen YE, Chine, 4’42s44.

NOUVELLES-GALLES DU SUD ET RECONSTRUCTION PHYSIQUE ET MENTALE. CAMPBELL, MC EVOY, SEEBOHM BRILLENT : QUI NE PEUT PAS LE PLUS PEUT LE MOINS

NOUVELLES-GALLES DU SUD ET RECONSTRUCTION PHYSIQUE ET MENTALE : CAMPBELL, MC EVOY, SEEBOHM BRILLENT : QUI NE PEUT PAS LE PLUS PEUT LE MOINS

Éric LAHMY

Dimanche 5 Mars 2017

Les championnats 2017 des Nouvelles-Galles du Sud se sont achevés ce dimanche 5 dans le bassin olympique de Sydney.

On a pu y voir une rarissime incursion de Catherine Campbell sur 200 mètres libre. La recordwoman du monde du 100 mètres nage 2’0s31 en séries qualificatives, 3e temps, améliore de deux grosses secondes ce temps et gagne une place en finale, où elle est nettement devancée d’encore deux autres secondes par la Suédoise installée à l’année, Michelle Coleman.

Mais la nouvelle du week-end concernant Campbell est qu’elle ne disputera pas dans un peu plus d’un mois les sélections australiennes pour les championnats du monde de Budapest. Pourquoi ? Parce qu’elle donne la priorité à ce qu’elle appelle un « plan de reconstruction », indispensable, dit-elle après sa forte déconvenue des Jeux olympiques de Rio.

D’autres nageurs ont suivi la même option, snober Budapest, ainsi le double champion du monde James Magnussen, Tamsin Cook et Madeline Groves (argent du 200 papillon à Rio), laquelle Madeline s’entraînerait à l’étranger (elle aurait alors laissé Michael Bohl : je n’ai pas réussi à trouver où) et ne reviendra pas pour les sélections d’avril.

 « Je ne prends aucune année sabbatique, je ne suis pas retraitée, je continue de nager, seulement je ne serai pas disponible pour la sélection, » a expliqué l’aînée des Campbell dans une interview donnée au quotidien australien The Australian. « J’emprunte une approche à long terme en vue des Jeux du Commonwealth 2018, et, plus avant, des Jeux olympiques en 2020. Là, je me donne une année de santé mentale. J’ai combattu à travers ma carrière des tas de blessures, et ces blessures ne sont pas seulement un enjeu dans le bassin de natation. Je me réveille deux fois chaque nuit à cause d’une douleur dans le cou, et qui me poursuit de façon quotidienne.  »

HERNIE, ÉPAULES, HANCHES, COU : CATHLEEN A MAL PARTOUT

Campbell qui disputa les Jeux alors qu’elle souffrait d’une hernie (la deuxième, opérée en octobre, réparation de la paroi abdominale), avait été précédemment opérée des épaules (un mal qu’elle semblait avoir repassé en 2016 à sa sœur Bronte, laquelle l’a retrouvé à son retour de vacances d’après Jeux), doit donc supporter également une blessure récurrente au cou qui lui a valu en quelques mois « six ou sept » piqures de cortisone. On est très loin du sport santé, bien sûr : il faut soigner, réparer cela.

(Il est intrigant – inquiétant? –  de noter combien la natation, le sport qui blesse le moins, en est venue à devenir aussi traumatisante. Il y a bien sûr les doses énormes de travail, il y a aussi la part désormais prépondérante des efforts à sec, de la musculation. Les nageurs ne font plus que nager, ils deviennent des boxeurs, des bûcherons, des varappeurs, des cross-country men, des cyclistes, des haltérophiles et c’est sans doute cela qui blesse le plus. Penny Oleksiak, apprend-on, a passé l’été dernier à naviguer entre les bobos. Elle n’avait pas seize ans et déjà payait son dû aux excès d’entraînement (je ne sais pas comment appeler ça différemment. Il y a aussi des personnes plus fragiles, j’étais frappé par le caractère chronique des blessures que se donnait Dawn Fraser, et qu’elle rapporte dans son livre Championne Olympique). Et Oleksiak a beaucoup grandi en 2016…]

Mais certes, je ne sais si Campbell, cet été, a sombré face à ces soucis physiques. Il y a eu un traumatisme mental, derrière son échec, celui de Cameron McEvoy, et peut-être même aussi derrière les difficultés d’Emily Seebohm, ou encore l’échec d’Horton sur 1500 mètres après sa victoire sur 400. Ce serait dû à « l’énorme pression » provoquée par l’agitation des media à l’approche des Jeux […L’instrument à mesurer la part du physique et du mental dans la performance n’existant pas, j’en resterai là pour l’instant…]

DÉROUTES MENTALES OR NOT MENTALES

La « déroute mentale » (ou pas) vécue par Campbell s’est retrouvée, côté garçons, avec l’échec de Cameron McEvoy. Lequel a lui aussi dominé le 100 mètres et gagné un 50 et un 200 de qualités il faut bien le dire quelconques. J’imagine qu’il aurait bien donné tous ces succès à domicile qu’il accumule depuis des années pour l’or olympique !

(Je ne puis m’empêcher de questionner, à partir de ces échecs observés dans une natation dont les éléments étaient réputés pour leur dureté mentale, le travail des psychologues de la Fédération australienne et (ou) de son Comité olympique, en rapport avec ce qu’il faut bien appeler un échec collectif.)

Sur 400 et 800 mètres dames, Jessica Ashwood a conservé sa suprématie australienne, mais cela n’a pas été sans batailler. Une nageuse d’eau libre, championne « Aussie » 2017 des 5 kilomètres, Kiah Melverton, est allée la chercher dans les deux reprises, ce qui a donné des courses attrayantes là où Ashwood effectuait de longs soli dans le passé. Un sprint furieux de Melverton qui reprit un mètre dans la dernière longueur la laissa à un centième d’Ashwood sur 400. Melverton, il est vrai, est également une nageuse de « bassin », championne du monde petit bain du 800 mètres en novembre dernier.

CES AUSTRALIENNES PRÉSENTENT DE TRÈS JOLIS DOS : SEEBOHM, WILSON, ATHERTON, MCKEOWN, WHITTAKER

Kyle Chalmers n’avait pu s’aligner sur 100 ni 200 mètres en raison d’ennuis respiratoires. Mais le jeune et surpuissant champion olympique du 100 mètres s’est bien présenté sur 50 mètres, souffle d’autant plus retrouvé qu’il n’est pas besoin de respirer une fois pour nager une longueur du bassin (quand on s’appelle Chalmers ; quand on s’appelle Eric Lahmy on respire onze fois et on meurt à l’arrivée, NDLR). Bon, il n’a pas signé un temps mirifique, tout comme son vainqueur, Cameron Mc EVOY, dont ce n’est pas d’ailleurs la distance de prédilection.

La natation australienne est remarquable par ses points forts, et ses faibles aussi. Bien loin est le temps où elle dominait un peu partout.

Sa nage libre, surtout féminine, est magnifique. Le dos féminin australien est peut-être le premier au monde, et celui qui pâtit le plus de la limitation à deux nageurs par nation du nombre de qualifiées. Emily Seebohm a réussi à reprendre le contrôle de la situation après des Jeux olympiques ratés (7e du 100, 12e du 200) malgré une médaille d’argent dans le relais quatre nages… La double championne du monde 2015 gagne à Sydney les trois courses, signe surtout un 59s28 intéressant à cette époque, et laisse derrière la jeune vague, qu’illustrent Minna Atherton, Kaylee McKeown. Sur 200, elle résiste à un assaut de la jeune Sian Whittaker, qui fut une des meilleures juniors du monde et continue de progresser.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Cameron MCEVOY, 21s88 ; 2. Kyle CHALMERS, 22s23. 100 libre : 1. Cameron MCEVOY, 48s46 (en séries, 48s13) ; 2. Jack CARTWRIGHT, 49s32 ; 3. James ROBERTS, 49s35. 200 libre : 1. Cameron MCEVOY, 1’48s36. 400 libre : 1. Mackenzie HORTON, 3’49s54 ; 2. David McKEON, 3’49s87; 3. Elijah WINNINGTON, 16 ans, 3’51s50; 4. Jack MCLOUGHLIN, 3’52s10; 5. Stanley MATTHEWS, 3’52s32. 1500 libre: 1. Mackenzie HORTON, 15’13s98. 50 dos: 1. Junya KOGA, Japon, 24s53; 2. Benjamin TREFFERS, 24s98. 100 dos  54s83: 1. Benjamin TREFFERS, 54s64; 2. Joshua BEAVER, 54s81. 200 dos : 1. Joshuah BEAVER, 1’59s13. 50 brasse : 1. Andrei NIKOLAEV, Russie, 27s72; 2. Matthew WILSON, 27s76. 100 brasse : 1. Matthew WILSON, 1’0s23. 200 brasse : 1. Matthew WILSON, 2’10s67; 2. Yu HANAGURUMA, Japon, 2’12s35; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’12s90. 50 papillon : 1. Junya KOGA, Japon, 24s11. 100 papillon: 1. David MORGAN, 53s28. 200 papillon : 1. Taegue LEE, Corée, 1’57s34. 200 4 nages : 1. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’0s47. 400 4 nages : 1. Tomoya TAKEUCHI, Japon, 4’18s52.

DAMES.- 50 libre : 1. Cate CAMPBELL, 24s47 ; 2. Bronte CAMPBELL, 24s60; 3. Shayna JACK, 25s; 4. Michelle COLEMAN, Suède, 25s06. 100 libre : 1. Cate CAMPBELL, 53s15 ; 2. Michelle COLEMAN, Suède, 53s68; 3. Bronte CAMPBELL, 53s73; 4. Emma MCKEON, 53s79; 5. Shayna JACK, 54s11; 6. Brittany ELMSLIE, 54s60; 7. Madison WILSON, 54s81 (en séries, 54s78). 200 libre : 1. Michelle COLEMAN, Suède, 1’55s98; 2. Catherine CAMPBELL, 1’58s21; 3. Shayna JACK, 1’58s31; 4. Madison WILSON, 1’58s54; 5. Emma MCKEON, 1’59s27. 400 libre : 1. Jessica ASHOWWOD, 4’8s06; 2. Kiah MELVERTON, 4’8s07. 800 libre : 1. Jessica ASHWOOD, 8’29s23; 2. Kiah MELVERTON, 8’30s97. 50 dos : 1. Emily SEEBOHM, 27s72; 2. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 28s14; 3. Minna ATHERTON, 16 ans, 28s30; 4. Madison WILSON, 28s50. 100 dos : 1. Emily SEEBOHM, 59s28; 2. Madison WILSON, 1’0s02; 3. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 1’0s60; 4. Sian WHITTAKER, 1’0s94; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 1’1s07; 6. Minna ATHERTON, Suède, 1’1s17; 7. Hayley BAKER, 1’1s42. 200 dos : 1. Emily SEEBOHM, 2’8s77; 2. Sian WHITTAKER, 2’8s79; 3. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, 2’9s18; 4. Minna ATHERTON, 16 ans, 2’12s52. 50 brasse  31s12: 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s61. 100 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’6s55; 2. Jessica HANSEN, 1’7s41; 3. Taylor MCKEOWN, 1’7s57; 4. Georgia BOHL, 1’7s96 (en séries, 17s92). 200 brasse : 1. Yulia EFIMOVA, Russie, 2’23s17; 2. Taylor MCKEOWN, 2’24s93; 3. Georgia BOHL, 2’26s22. 50 papillon : 1. Emily SEEBOHM, 26s41. 100 papillon : 1. Emma MCKEON, 58s02; 2. Sehyeon AN, Corée, 58s11. 200 papillon  :1.Sehyeon AN, Corée, 2’10s57. 200 4 nages : 1. Abbey HARKIN, 2’13s78. 400 4 nages : 1. Taylor MCKEOWN, 4’44s51.

OSVALDO CODARO, GRAND DU WATER-POLO

 

LE HUITIEME ARGENTIN A L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME

Eric LAHMY

Vendredi 3 mars 2017

Depuis Fort Lauderdale, l’International Swimming Hall of Fame (ISHOF) a annoncé hier qu’un grand du water-polo, l’Argentin Osvaldo Horacio Codaro, s’est inscrit dans le grand livre d’or de l’institution, classe 2017. Codaro sera intronisé en grande pompes ces 25-27 août prochain.

“Pacha” Osvaldo Horacio Codaro, né le 9 décembre 1030, nageait à douze ans, et jouait au water-polo à quatorze sous l’expertise de son coach, Santiago Gentile, au Club Athletico Independiente. Champion d’Argentine du 100 au 400 mètres, il se mit au jeu de ballon malgré la jalousie des entraîneurs de natation…

Huitième Argentin à entrer au Swimming Hall of Fame, il commença à jouer quand l’Europe était ravagée par la guerre. Le water-polo d’Amérique latine était alors vivace, inventif, et contribuait de façon significative aux règles, aux tactiques: mouvements dans les temps morts (adoptés ensuite par la FINA), fautes « ordinaires » considérées « fautes personnelles ».

En 1954, et pour sept ans, il joua au club Comunicaciones, et rejoignit l’Atletico Boca de 1962 à 1971. Meilleur joueur des Amériques pendant plus d’une décennie et l’un des meilleurs du monde, il ne bénéficiait pas d’un grand club derrière lui, mais n’en conduisit pas moins son équipe, défaisant quasiment seul, pour les médailles d’or des Jeux Panaméricains en 1951 et 1955, l’équipe des Etats-Unis. Il participa à cinq Panaméricains, joua à trois Jeux olympiques, en 1948, 1952 et 1960 où même si son équipe ne termina que neuvième, il n’en fut pas moins déclaré 3e meilleur joueur du tournoi.

Alors qu’il se trouvait au sommet de sa forme, l’Argentine ne put l’envoyer aux Jeux olympiques de Melbourne. Il fut l’un des premiers grands gabarits (1,90m, 95-100 kg), et ajoutait une force physique exceptionnelle à un jeu de balle efficace et une bonne connaissance des finesses du jeu. Les 27 années où il joua, son équipe gagna 22 titres argentins.

Il s’arrêta de jouer en compétition à 42 ans, (« marre de shooter dans des portiques ») après une ultime participation aux Panaméricains 1971. Il devint l’entraîneur en chef de l’équipe nationale de 1975 à 1881 et présida la Fédération de water-polo argentine de 1985 et 1988. Après cela, il refusa toute responsabilité importante…

… Peut-être parce qu’il vécut un mariage heureux avec Tota, une nageuse et enseignante d’éducation physique qui lui donna cinq enfants, lesquels se sont dispersés à travers le monde, ses deux aînés au Japon, la troisième au Brésil. « On amenait leurs berceaux dans la piscine, ils ont respiré trop de chlore, ça leur a donné la bougeotte », explique-t-il avec un sens de l’humour très pesonnel.

FRANCIS LUYCE, L’ÉTERNEL RETOUR

Eric LAHMY

Vendredi 3 Mars 2017

Ça y est le suspense s’achève. M. Francis Luyce annonce qu’il se représente à l’élection présidentielle. Il a ramené son club du quatrième âge et c’est reparti vers de nouvelles aventures. Si son équipe passe, les réunions du bureau se feront bientôt sur chaises roulantes.

C’est beau, c’est tonique, ça respire la jeunesse, les idées foisonnent, il faut que vous lisiez ça. C’est en dessous de mon analyse.

 C’est fou, en lisant ce Luyce écrit par Doyez, je repense à un article de Myana Ong qui évoque ce qu’elle appelle « le syndrome de l’imposteur », dans lequel elle raconte qu’elle sait ce qu’elle fait, mais oublie qu’elle sait ce qu’elle fait et donc doit se ressouvenir qu’elle sait ce qu’elle fait…

Il y a quelque chose que je ne puis qualifier ni d’étonnant, ni d’attendu, dans cette annonce, tant elle n’est RIEN DU TOUT. Bien entendu, il y a qu’il se présente. Mais est-ce une nouvelle ? Chacun le sait, M. Luyce n’a cessé de répéter autour de lui qu’il visait la présidence en 2020, voire en 2024. L’info est très Luyce en ce qu’elle nombrilise l’avenir de la Fédé. Je suis candidat, je vais entreprendre les « changements audacieux » (lesquels, il ne le dit pas) et « pérennes » (Pérenne et le pot au lait ?) que je n’ai jamais portés jusqu’ici, mais il n’y a que vingt-quatre ans que je suis là, et qu’est-ce que vingt-quatre ans pour les survivants du crétacé qui m’entoureront.

On peut être un vieux jeton et tenter de s’adapter. M. Luyce, ce n’est pas ça. C’est l’époque qui doit s’adapter, lui n’évolue pas. Il ne sait ni envoyer un mail, ni un SMS et ne consent à lire des textes qu’imprimés sur du papier, puis répond au crayon pour que la secrétaire recopie. Au Comité directeur, il a posé devant lui un classeur de 15cm.

Représentant la France aux instances internationales, où tout se traite en anglais, vu qu’il n’entend rien à cette langue et n’a jamais trouvé le temps de l’apprendre, la légende veut qu’il ait voté des textes à l’encontre de ce qu’il désirait. Après les votes, d’autres dirigeants s’en étonnaient, lui demandaient les raisons de son choix, et lui restait tout ébaubi, vu qu’il avait cru opter en sens contraire. Cela a l’air énorme, mais les gens qui m’ont rapporté ces exploits ne sont pas des comiques.

Pour rester après ça droit dans ses bottes, moi je dis qu’il faut un certain courage !

 « JE SUIS CANDIDAT À UN DERNIER MANDAT DE PRÉSIDENT »

Bien entendu, il dit : c’est ma dernière candidature. Il est peut-être sincère. Après tout, depuis deux ou trois ans sa santé n’a pas été florissante, un coup c’est un pied, un coup c’est la prostate, un coup c’est une mâchoire, un coup c’est le cœur, bref, il fait comme tous les gens à partir d’un certain âge, il se déglingue un peu, par bouts. Mais président dans ces circonstances ? N’est-ce pas un peu délicat ?

Si l’on exigeait des candidats une visite médicale, des tas de lampes rouges s’allumeraient sur le tableau d’analyses de M. Francis Luyce…

Mais reprenons quelques propos précis de M. Luyce

« PAR RESPECT DU PROCESSUS DÉMOCRATIQUE »

Luyce, dont on ne reconnaîtra jamais assez le sens de la fête, lors de je ne sais plus quel raout ch’ti, à Dunkerque, se grime en Obélix. Et donc à l’occasion, porte des braies. Des braies un jour et le reste de l’année, il reste très culotté ! Est-il possible qu’il n’ait pas été présent aux assemblées régionales « par respect du processus démocratique ? » Oui, encore que ses égards vis-à-vis du processus en question relèvent à l’évidence d’une tardive illumination.

Car enfin, un président qui, après 24 ans d’un règne bâti sur un pari franc-maçon sur sa personne, des manœuvres de couloirs et des échanges discrets, hors de la vue de quiconque, comment peut-il être respectueux du vote démocratique ?

Ce n’est pas impossible ? D’accord. Alors, un président qui, pendant tout ce temps, n’a pas songé un instant – alors que la politique tous licenciés de sa fédé a multiplié ses effectifs par deux ou trois, que certains clubs affichent mille membres et plus – à changer un processus électoral formidablement élitiste, totalement antidémocratique, qui va faire que trois votants, à la fin de ce mois, vont représenter chacun plus de 19.000 voix, comment peut-il être respectueux du vote démocratique ?

Un président qui a manœuvré voici quelques mois, tentant d’imposer à la onzième heure un type de scrutin (de liste) qui lui facilitait le contrôle, pour la septième fois (un comble), de l’élection, comment ce monsieur peut-il être respectueux du vote démocratique ?

Un président qui essaie de proposer en novembre dernier de se faire élire par les anciennes régions, en fin de mandat et en bout de légitimité, avant qu’elles ne donnent naissance aux nouvelles régions – cela parce qu’il se sent plus à même de repasser, lui et son nombril, avec ces électeurs en bout de course, et se méfie des aléas du nouveau suffrage, comment un tel président peut-il être respectueux du vote démocratique ?

Un président qui entrend contrôler à ce point les voix discordantes et qui déteste tant les points de vue différents du sien, qu’il élimine des comptes-rendus des assemblées générales et réunions de bureau les points de vue les plus anodins divergents du sien, comment ce président peut-il être respectueux de la démocratie ?

« DES DIRIGEANTS, DES CADRES TECHNIQUES, DES SALARIÉS ONT AINSI ÉTÉ INJURIÉS ET CALOMNIÉS »

Certes, c’est sûrement arrivé. Il y a aussi un directeur technique qui n’a pas trop respecté son personnel (et par exemple son personnel féminin) et y a gagné, sans jamais se faire piquer dans un Sofitel, un sobriquet moqueur en trois lettres. Il y a des entraîneurs qui se sont frottés les oreilles pour une ligne d’eau dans un bassin. Il y a deux adjoints au DTN qui se sont esbignés dans  le bureau du DTN, après quoi l’un d’eux a exhibé un doigt cassé.  Il y a un ou deux adjoints qui ont frôlé, ou touché la dépression.  Il y a des techniciens qui ont été déplacés sans aucun respect de leur situation et de leur vie personnelle, ainsi deux d’entre eux qui ont été placés sur un poste parisien alors que leur famille se trouve à sept cents kilomètres de là.

Tous ces incidents sont plus ou moins véniels, plus ou moins graves, ils font partie des choses de la vie. Dans le passé, ils ne laissaient pas de traces écrites… On les chuchotait dans les travées des Tourelles. Maintenant, c’est sur Facebook.

Mais il y a plus troublant. En une olympiade, la natation a perdu peut-être dix CTR sur un corps initialement de 86, sans qu’on sache pourquoi.  Sans la moindre explication…

Les temps nouveaux et les réseaux sociaux sont une menace pour ceux qui veulent entourer de secret  leurs fonctionnements ou dysfonctionnements. Tout se sait, un peu trop parfois… On ne peut plus insulter les gens, mal se conduire avec eux dans l’intimité d’un bureau, derrière les parois opaques d’une fédé sans que cela se sache, et se faire insulter à son tour sur les réseaux sociaux et parfois asociaux d’ailleurs.

Luyce regrette ça : cette loi du silence jusque sur les goujateries et le fait du prince, lui et les siens appellent cela travailler dans la sérénité. Mais il est plus difficile de revenir là-dessus que sur le courrier papier…

 « JE SUIS CANDIDAT A UN DERNIER MANDAT DE PRESIDENT. CE SERA LE TERME DE L’ENGAGEMENT D’UNE VIE A SON SERVICE »

D’abord comment croire le président quand il annonce la main sur le cœur qu’il s’agit de son dernier mandat, alors qu’il en compte déjà trois ou quatre de trop ? Ensuite qu’il a passé une vie au service de la Fédé ? Puis-je lui suggérer, s’il voulait rendre un ultime service à la Fédération,  de ne pas se représenter ?

Qu’il ait servi la Fédération, cela peut se défendre. Qu’il s’en soit servi aussi. Qu’il ait fait de la Fédération un tremplin pour la carrière de personnes qui lui sont les plus proches dans des opérations qui ont fini par lui valoir une peine de prison avec sursis et une amende ne fait aucun doute. Qu’il se soit octroyé le seul salaire de dirigeant de la Fédé est un fait établi. Que sa position ait boosté sa carrière à Dunkerque, dans le Nord, auprès du comité olympique et du ministère, qu’elle lui ait donné accès aux instances internationales du sport, LEN, FINA, avec les agréments que ces positions assurent, est une évidence.

Sa première action de président, il y a 25 ans, avait été de demander un audit sur les notes de frais de son prédécesseur, Henri Sérandour, lequel s’en était offusqué. Quand je l’interrogeai sur cette action froissante, « je voulais savoir quelle pouvait être ma ligne budgétaire » m’a-t-il répondu. Ça fait un quart de siècle qu’il la connait !

Personne jusqu’ici ne lui en a trop fait grief. « Good for him ». Félicitations pour cette belle carrière ! Même si trop de gens soupçonnent que ces divers avantages constituèrent le premier, sinon le seul moteur de ses ambitions (avec le goût du pouvoir)…

Alors voilà, s’il veut toujours servir, M. Luyce peut le faire dans d’autres positions que la présidentielle, ce n’est pas le travail qui manque, s’il y tient. Monsieur Péchereaud a très bien joué ce rôle de sage et de conseiller, pendant plus de vingt ans… Mais à 70 ans, M. Luyce aurait aussi le droit de jouir de sa retraite.

« LES GRANDES TRANSFORMATIONS NÉCESSAIRES AU BÉNÉFICE DE NOS CLUBS QUE NOUS AVONS ENTENDUS »

Certes, l’audition de Francis Luyce s’est améliorée depuis que seulement 86 clubs sur 1300 ont répondu à l’invitation de participer au Congrès (de ce fait annulé) qui leur était proposé sur Bordeaux : leur silence fut assourdissant. 

Il faudrait aussi s’entendre sur ces fameuses « transformations nécessaires ». Ne sont-elles pas en fait la négation de TOUTE la politique de Luyce qui, copiée sur la FINA, revient à tout demander aux clubs et ne rien leur apporter ? Tout le monde doit se licencier, très bien. Mais cela coûte aux clubs la fortune que cela rapporte à la fédé. Parfois, cela revient à leur prendre la dotation que le club a obtenue de sa mairie. Cela réduit leur marge d’action, leurs possibilités d’engager des entraîneurs, etc.

L’intérêt de ces licences, c’est d’abord tout bénéfice pour la fédé, dont elles augmentent le poids et le prestige auprès des pouvoirs publics, des commanditaires, peut-être aussi des média.

La politique de la Fédé Luyce de natation en termes de licences, c’est la santé du corps national au prix de l’anémie pour les organes !

Je connais des dirigeants de clubs qui ont payé cher d’avoir suivi la politique fédérale de licencier tout le monde. Ils se sont fait éjecter ! L’organisation de championnats de France est une autre bonne affaire pour la Fédé, qui demande autour de 40.000€ au club pour le droit d’organiser, mais qui ensuite exige de lui qu’il passe à la caisse pour tout, qu’il paie 8.000€ le chronométreur de la fédé, lui impose des invités, des sponsors, que sais-je encore? Souvent un organisateur boit le bouillon pendant que la Fédé et la Ligue régionale se partagent la recette. La fédé Luyce ? Les obligations descendent, les flux financiers montent. Une autre image me vient dans ce fonctionnement : vampirisation !

Quelquefois, en plus, on se demande pourquoi cette thésaurisation. Le passage de l’open de France de Vichy, où il était organisé depuis que le Lagardère avait décidé de ne plus l’accueillir, à Chartres, répond à la désillusion de la mairie de Chartres d’avoir organisé la bien triste étape de Coupe du monde FINA d’après Jeux olympiques, décidée par Luyce. Une Coupe du monde aux dates à dormir debout, et dont la pire était bien celle qui avait été attribuée à la France. Beaucoup d’argent dépensé, 250.000€, pour une rencontre sans saveur, avec des nageurs totalement démotivés après les Jeux olympiques…

Heureusement, Luyce est toujours là! Il veille… Comme Zorro, il arrive, sans se presser (24 ans!) et va tout arranger. Le pompier pyromane a entendu les clubs. Il remet de l’ordre. Vous le croyez, vous ?

« DES AMBITIONS ET DES CALCULS PERSONNELS ONT FREINÉ ET PARFOIS BLOQUÉ NOTRE FONCTIONNEMENT »

Des noms, des noms !!! A mon avis, ces ambitieux calculateurs sont notamment : Francis Luyce, Luyce Francis, F. Luyce, Francis L., ça en fait déjà quatre !

« NOUS ACCUEILLERONS LES JEUX EN 2024 A PARIS. NOUS SERONS PRETS  POUR CET IMMENSE RENDEZ-VOUS »

Ça y est, voilà le lapsus révélateur : la promesse de Luyce qu’il se représentera en 2020, à la seule condition d’avoir la santé. S’il veut être prêt pour cet immense rendez-vous. Bien sûr, cela va à l’encontre de la phrase sur le fait qu’il sollicite un dernier mandat, mais bon, en 2020 qui s’en souviendra ?

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LE TEXTE PRÉSIDENTIEL

« Mesdames, Messieurs les Présidents de ligue, Cher(e)s Ami(e)s,

« Comme je m’y étais engagé, et par respect pour le processus démocratique, je me suis tu durant toute la période électorale des Ligues. Je n’ai assisté à aucune Assemblée Générale et n’ai honoré, à mon grand regret,  aucune de vos invitations.

« Je vous adresse à nouveau toutes mes félicitations à vous ainsi qu’à tous nos collègues élus. C’est bon de constater qu’il y a du renouvellement et des maintiens en charge.

« Avec la mise en place effective des grandes régions, il y a aussi un nouvel enjeu à animer ces vastes territoires et à les fédérer. Je souhaite à chacun d’y parvenir et que nous sachions ensemble nous adapter de la meilleure des façons.  

« Permettez-moi aussi d’évoquer rapidement le climat délétère qui sévit au sein de la natation française depuis quelques semaines. Jamais nous n’avons connu autant d’attaques personnelles, de contrevérités voire de mensonges. Jamais.

« L’histoire de la Fédération n’a pas échappé, comme bon nombre de fédérations sportives, ni aux  évolutions sociétales, ni aux crises internes. Cela a toujours existé, mais a toujours été traité dans un débat d’idées, parfois dur mais toujours respectueux de l’autre. Aujourd’hui, cela se fait dans l’anonymat relatif des réseaux sociaux et d’internet au travers d’attaques dégradantes et personnelles.

« Des dirigeants, des cadres techniques, des salariés ont ainsi été injuriés et calomniés. Ils ont réussi à ne pas répondre aux provocations. Nous devons les remercier de cet effort et leur apporter notre sincère gratitude de ne pas être rentrés dans ce jeu destructeur et dévalorisant pour nous tous, nos valeurs.  

« Une autre campagne commence désormais et j’en appelle à la raison, à la mesure de chacun. Il faut retrouver un sens de l’honneur et du respect pour replacer le sport au centre de nos débats !

« A un mois des élections, encouragé par de très nombreux soutiens, j’officialise aussi désormais auprès de vous que je suis candidat à un dernier mandat de Président de la Fédération Française de Natation. Ce sera le terme de l’engagement d’une vie à son service. Je tenais à vous réserver la primeur de l’information.

« Pour bien des raisons, nous sommes à un tournant dans la gestion de notre Fédération. La dernière olympiade a été difficile car de graves départs et désunions internes nous ont empêchés d’avancer comme nous le souhaitions. Des ambitions et des calculs personnels ont freiné et parfois bloqué notre fonctionnement et le déploiement de certains projets importants, pour pouvoir reprocher ensuite l’immobilisme de l’institution.

« Je ne peux rester sur ce travail inachevé, incomplet. J’ai l’expérience et la disponibilité pour organiser les ultimes transitions dont a besoin la Fédération française de natation.

« J’ai autour de moi des dirigeants qui ont fait leurs preuves et d’autres qui ne demandent qu’à les faire. Cette mixité de compétences et d’approches apporte une énergie vitale à nos activités.

« Avec notre vision issue de la synthèse des contributions de chacun et l’analyse de nos forces et faiblesses, je porte un beau projet. Nous avons toutes les compétences en interne pour réussir avec les élus, cadres techniques et salariés. Nous bénéficions toujours et encore d’une forte reconnaissance du monde du sport à l’externe. Preuve en est la confiance de notre ministère de tutelle que nous avons maintenue il y a peu dans le cadre de l’optimisation de la convention d’objectifs. Après Rio et dans le contexte économique actuel, c’est un vrai tour de force. Il faudra le réaliser à nouveau l’année prochaine.

« Cette olympiade nous impose d’être unis, engagés ensemble pour réaliser les grandes transformations nécessaires au bénéfice de nos clubs que nous avons entendus. La modernisation de la Fédération est engagée, elle doit se poursuivre, elle demande de la pédagogie, du partage, de l’audace.

« J’ai la volonté pour réussir cette transition avec vous, elle passera d’abord par la réunion de femmes et d’hommes mobilisé(e)s en faveur d’un projet porteur.

« Nous accueillerons les Jeux en 2024 à Paris, c’est le pari que nous tiendrons avec l’ensemble du sport français et notre gouvernement. Avec le grand équipement adéquat que nous défendons depuis longtemps avec acharnement. Avec nos cinq disciplines qualifiées. Nous serons prêts  pour cet immense rendez-vous. Et cela commence aujourd’hui, avec vous, en passant par Tokyo 2020.

« Je veux être le Président qui transmet une fédération engagée, forte et moderne à la fin de la prochaine olympiade.

« L’Esprit d’équipe, c’est mettre son expérience en partage pour entreprendre ensemble des changements audacieux et pérennes. 

Francis Luyce »

ALAIN BERNARD ENTRE AU SWIMMING HALL OF FAME

Mercredi 1er Mars 2017

Après Georges Vallerey, Alain Bernard, deuxième Français en 2017, a été honoré par l’institution de Santa-Clara. 

Ce 1er mars 2017, l’International Swimming Hall of Fame (ISHOF) a annoncé qu’Alain Bernard, notre champion olympique du 100 mètres nage libre des Jeux de Pékin, en 2008, qu’il faisait partie des 17 « honorés » par l’institution de Fort Lauderdale, en Floride (installée aujourd’hui à Santa-Clara, en Californie), et dont l’intronisation se fera dans une cérémonie les 15-17 août prochain. Un autre Français, le regretté Georges Vallerey, héros de guerre et médaillé de bronze olympique en 1948, a déjà été désigné et un troisième française (ou plutôt française) sera très prochainement annoncé(e). Devinez qui…

Bernard est le dixième nom divulgué par l’ISHOF après ceux de Marteen Van Der Weijden, Pays-Bas, eau libre, Wu Chuanyu, Chine, les nageurs Takeshi “Halo” Hirose, USA, Georges Vallerey, France, les plongeuse Zhang Xiuwei, Chine, Walter Poenisch, eau libre, USA, Osvaldo Codaro, poloïste argentin, l’entraîneur de natation Dick Jochums, USA, et le photographe de presse Heinz Kluetmeier.

Né le 1er mai 1983 à Aubagne, Bouches-du-Rhône, Alain Bernard souhaitait jouer au football, mais l’insistance de sa mère pour qu’il apprenne à nager se révéla fondamental pour sa vocation. Il nagea pour Aubagne jusqu’à seize ans, et, rêvant des Jeux olympiques 2004, atterrit à Marseille, avec Denis Auguin. Mais, victime d’une mononucléose, il ne put se qualifier aux Jeux. Il continua une lente et régulière progression sur 50 et 100 mètres, suivit Auguin à Antibes au début 2007, année charnière de sa progression. En février, il enleva un titre européen sur la distance. L’année suivante, en mars, il établi le record du monde du 100 mètres appartenant à Pieter Van Den Hoogenband, de 0s24, et celui d’Eamon Sullivan sur 50 mètres de 0s06.

Les Jeux olympiques de Pékin ne commencèrent pas de façon très encourageante pour Alain. La défaite du relais quatre fois 100 mètres devant les Américains  lui fut presque imputée, quand Lezak parvint à le devancer, et il perdit son record du monde, Eamon Sullivan l’en dépossédant. Deux jours plus tard, Bernard reprit le record en demi-finale, avant que Sullivan le lui reprenne dans la seconde demi-finale. La course revint à Bernard qui enleva ainsi le premier titre olympique masculin français depuis Jean Boiteux sur 400 mètres aux Jeux d’Helsinki en 1952. Le lendemain, il ravissait le bronze sur 50 mètres. Les Jeux lui avaient rapporté une médaille de chaque métal, tout comme Laure Manaudou quatre années plus tôt à Athènes.

En 2009, Bernard devint le premier homme sous les 47 secondes au 100 mètres avec un temps de 46s94, mais le record ne fut pas reconnu par la FINA, sa combinaison de nage n’ayant pas été reconnue par l’institution internationale. Encore l’un des meilleurs nageurs en 2012, il ne put se qualifier pour les courses individuelles des Jeux de Londres, mais enleva l’or du relais quatre fois 100 mètres qu’il aida à qualifier en séries. Il put annoncer sa retraite en tant le nageur français le plus médaillé de l’histoire avec deux ors, un argent et un bronze. Officier national du mérite en 2013, il devint ambassadeur de l’UNICEF. Il se trouvait au sol, en Argentine, quand il apprit la mort, dans un accident d’hélicoptère, de Camille Muffat et de tout un groupe de champions et de participants à l’émission « Dropped. »

« Camille est toujours dans mon cœur », a-t-il souvent rappelé. Aujourd’hui, Alain Bernard, conseiller technique d’Aquasphere, est toujours investi dans la natation. Commentateur des courses de natation aux Jeux olympiques de Rio, il a contesté l’actuel président de la Fédération, Francis Luyce, et défend la candidature de Gilles Sezionale aux prochaines élections, début avril prochain.

GILLES SEZIONALE ENTEND « REMETTRE LES CLUBS AU CŒUR DU SYSTÈME »

« UN ENGAGEMENT MUSELÉ PAR UNE PRÉSIDENCE UNILATÉRALE »

Mardi 1er Mars 2017

Bien des personnes de la natation s’interrogent sur le programme de Gilles Sezionale, président de la nouvelle région Provence-Côte d’Azur, candidat à la prochaine élection de président de la Fédération française de natation. Président qui sera désigné le 2 avril prochain.

Je crois plus personnellement aux hommes qu’aux programmes, mais il est nécessaire de défendre certains principes et certaines réformes, et il est bon de prendre date. C’est exactement ce qu’a fait Sezionale, qui éclaire, ci-dessous, sur la capacité qu’il aura de donner le temps nécessaire à la fonction présidentielle (souci réel ou affiché de certaines personnes qui s’interrogeaient à ce sujet).

Ma lecture des lignes qui suivent me fait penser que Sezionale tentera d’ouvrir la fédération qui ressemble trop aujourd’hui à une entité enfermée sur elle-même, séparée de la natation vivante en fonction des choix de Francis Luyce. Il y a dans son projet une volonté de démocratie. Donner aux clubs la position prééminente. Donner de l’air. Faire respirer ce sport.

Donner aux clubs l’importance qu’ils méritent, c’est aussi faire des clubs les électeurs de base de l’organisme fédéral, et donc abandonner ce système des trois délégués par région, si faciles à acheter et à maîtriser et en même temps dotés d’un pouvoir extravagant; système qui arrangeait si bien Luyce qu’en 24 ans il n’a jamais songé à le questionner.

Là, je me dis que le système Luyce avait pris un sacré coup de moins bien. E.L.

LETTRE DE GILLES SEZIONALE AUX PRÉSIDENTS DE LIGUES RÉGIONALES

Chers Présidentes et Présidents de Ligues Régionales, Chères amies, chers amis,

Les élections se sont achevées sur l’ensemble des territoires et nous allons enfin pouvoir préparer l’avenir.

Vous avez été nombreux à croire en mon engagement et à me suivre dans cet élan de renouveau porté par des résultats édifiants aux élections des Ligues et je vous en remercie.

Chef d’entreprise, docteur en pharmacie, mon engagement professionnel a toujours été sans faille. Désormais, j’envisage avec sérénité une orientation de ma vie différente, tournée vers mon engagement associatif et une disponibilité me permettant de conduire d’autres projets.

 Ce souhait pourra se réaliser car j’ai déjà organisé concrètement la délégation de mes affaires privées afin de me dégager le temps nécessaire à mon investissement fédéral. Dès à présent, et afin d’assurer une transition qui devra se faire dans le calme et la sérénité, je suis régulièrement présent au siège de la fédération pour suivre au mieux les dossiers.

D’abord Président du comité régional de Côte d’Azur puis plus récemment de la Ligue régionale PACA, Vice-président délégué à la Fédération Française de Natation, j’ai décidé de donner un nouveau sens à mes valeurs associatives en me portant candidat à la présidence de notre grande institution. Mon objectif n’est pas d’être un président omnipotent et omniscient mais de placer des personnes en responsabilité sur les différents secteurs clefs.

Cette décision mûrement réfléchie est le fruit d’un travail mené depuis plusieurs années où mon engagement a été muselé par une présidence unilatérale.

C’est avec une nouvelle équipe forte et entreprenante autour de moi et avec le souci du partage que je conduirai mon projet.

Mon engagement, « Fédérer l’ensemble des acteurs au service de nos pratiquants avec un projet partagé », n’est pas qu’une phrase jetée sur une feuille blanche mais bien le résultat d’un ensemble d’échanges avec vous tous.

Nous devrons travailler sur 3 axes importants :

– Une évolution du mode de gouvernance à la hauteur des enjeux actuels et indispensable au développement des activités fédérales en tenant compte des enjeux sociétaux actuels.

– Une Fédération entreprenante qui devra proposer un modèle économique où chaque club, chaque dirigeant, chaque entraîneur, chaque salarié et chaque pratiquant trouvera sa place et pourra s’exprimer pleinement.

– Remettre les clubs au cœur du système et leur redonner la confiance et la reconnaissance qui leur manquent. La réforme de la licence sera une clef essentielle de cet axe et nous nous y attacherons avec conviction.

Je porterai, toujours avec votre soutien, la candidature aux Jeux Olympiques de « Paris 2024 » et la réalisation du grand équipement qui nous fait tant défaut actuellement. Je défendrai aussi notre position dans ce nouveau complexe qui se fera avec la Fédération Française de Natation et qui deviendra la place forte de notre mouvement sportif.

Nous avons l’obligation de jouer un plus grand rôle dans les instances internationales. Actuellement, la voix de la France est inaudible et cette absence est préjudiciable à toutes nos disciplines quand les grandes décisions se prennent et notamment dans la perspective de « Paris 2024 ».

Bien sûr, tout ça se fera avec vous tous car vous êtes la cheville ouvrière de la natation. Si d’aucuns pensaient que mon ambition est démesurée ils se trompent car c’est ignorer la force que représentent les clubs sur tous les territoires. Cette force sera mon moteur et c’est avec vous tous que je compte bien mettre en place cette nouvelle gouvernance.

Le contexte économique actuel ne doit pas être négligé et c’est cette politique de proximité des clubs qui devra nous guider et nous permettre tous ensemble de franchir un cap dans l’évolution de notre fédération.

Dans les prochaines semaines je serai à votre écoute pour vous témoigner de mon engagement et vous faire partager mes convictions si vous le souhaitez.

Dans ma démarche, j’associe Jean-Jacques Beurrier, Président de la Ligue Régionale d’Ile de France, avec qui je travaille main dans la main avec des convictions et une passion commune. Notre réussite sera la vôtre et les Présidentes et Présidents de Ligues régionales seront le relais sur lequel nous nous appuierons pour construire avec vous une fédération en marche vers l’avenir et la réussite.

Merci à toutes et tous.

Gilles SEZIONALE

MIDI-PYRÉNÉES MOINS LANGUEDOC ÉGALE OCCITANIE?

Éric LAHMY

Mercredi 1er Mars 2017


Pas trop de détails jusqu’ici sur l’élection à la ligue Occitanie de Natation, issue de la fusion des comités Languedoc et Midi-Pyrénées.

Les clubs de la ligue étaient réunis à Castelnaudary, et ont voté pour les quatre ans à venir. Bernard Dalmon, président de Midi-Pyrénées, a été élu président de la nouvelle ligue. Les délégués aux assemblées générales de la Fédération, fin mars, seront Bernard Dalmon lui-même, l’ancien secrétaire général du Midi-Pyrénées, Julien Ville, et l’ancien trésorier du Languedoc-Roussillon, Gérard Vernerey.

D’après quelques infos, ces élections n’ont pas été un long fleuve tranquille ni même une petite rivière peinarde, et ont pris parfois les allures d’un torrent impétueux qui dégringole des Pyrénées. La question des délégués aurait provoqué quelques tiraillements. On sait l’importance stratégique que certains donnent à ces délégués, qui seront réunis à la fin de ce mois à l’élection fédérale quadriennale, et peuvent être étiquetés pour Luyce, contre Luyce, pour Sezionale, ou encore neutres, parfois dans le questionnement que je résumerais par : « mais qui c’est, Sezionale ? »

Certains de ces tiraillements ont conduit à une élection compliquée pour Jacky Vayeur, l’ancien président du Languedoc-Roussillon, lequel a été mal élu, avec moins de 50% des voix.

Je crois avoir compris que Bernard Dalmon, pas fou, veillait jalousement à ce que les délégués soient pro Sezionale. Comme un accord avait été pris pour que les trois délégués ne soient pas issus du Midi-Pyrénées, et Vayeur ayant laissé comprendre qu’il était pro-Luyce a été barré selon la saine mais rude logique de la discipline de vote.

Philippe Jamet, lui, s’agaçait d’avoir été un peu conspué pour n’avoir pas « tiré sur l’ambulance ». Le président du grand club montpelliérain notait qu’il avait pu travailler avec plus de sérénité avec la Fédération ces dernières années, que dans un passé plus lointain, et organisé les championnats de France. Chose compréhensible, cela lui avait ôté toute agressivité vis-à-vis de la gouvernance fédérale actuelle.

Entre ceux qui trouvent exaspérante la simple idée de quatre autres années de présidence Luyce et ceux qui en redemandent, la crispation a atteint des niveaux stratosphétiques. Bref, les doutes de Jamet le mettaient à contre-courant de ceux qui n’en peuvent plus ! Il parait que ça s’est entendu.

[Jacky Vayeur et Bernard Dalmon n’ont pas répondu, ni retourné mes appels, à mes demandes d’information, dans des délais il est vrai fort brefs.]

HIROSE, NAGEUR JAPONAIS-AMERICAIN OUBLIE

 

Mardi 28 Février 2017

FORT LAUDERDALE – L’International Swimming Hall of Fame (ISHOF) a diffusé le nom de Takashi « Halo »Hirose, parmi les dix-sept honorés de la “classe” 2017. Hirose s’inscrit dans la catégorie des pionniers du sport. Catégorie créée afin d’honorer les exploits de tous ceux qui, aux débuts de la natation, ont disparu de nos écrans, ou, dans des circonstances défavorables, politiques ou de guerre, n’ont pu exprimer un potentiel qui aurait pu leur valoir titres et records. Ancien membre de l’équipe olympique US des jeux de Melbourne, en 1956, et ex-président du Swimming Hall of Fame hawaïen, Richard « Sonny » Tanabe a défendu la candidature d’Hirose, lequel, à son avis, a contribué à la natation mondiale, et non pas seulement d’Hawai. Steve Clark, le meilleur sprinter du monde de l’olympiade 1961-1964, recordman du monde du 100 mètres et triple champion olympique de Tokyo, en 1964, a également défendu « l’un des meilleurs nageurs de son temps », qui a refait surface  dans les mémoires par le biais d’un ouvrage de Julie Checkoway, « The three Year Swim Club : the Untold Story of Maui’s Sugar Ditch Kids and Their Quest for Olympic Glory. » Ces nageurs, qui s’entraînaient dans des fossés qui entouraient des champs de canne à sucre, régnèrent pendant quelques années sur la natation US, voire mondiale. Comme nombre d’enfants pauvres, ces jeunes américains d’origine japonaise dont les parents travaillaient sur une plantation de sucre du nom de Pu’unene, à Maui, deuxième île d’Hawaii, s’en allaient nager dans les canaux d’irrigation des plantations sucrières. Puis ils s’en allèrent nager au club « Three Year Swim » (Nage Trois ans) d’un coach qui allait devenir fameux, Soichi Sakamoto.  L’exploit de Sakamoto fut de faire rêver ces enfants, va nu-pieds, de nager aux Jeux olympiques qui devaient se tenir en 1940 à Tokyo, la capitale de leur pays d’origine, le Japon  A quinze ans, Hirose termina deuxième dur 200 mètres nage libre, près d’un fameux champion olympique de 1936, Adolph Kiefer. Sa performance lui permit d’entrer dans l’équipe nationale US qui, en tournée en Allemagne, améliora le record du monde du quatre fois 100 mètres. On le retrouva en tournée en Amérique du Sud la même année, mais les Jeux olympiques de Tokyo furent annulés. Champion US du 100 m en 1941, l’attaque japonaise de Pearl Harbour le décida à combattre en Europe. Sa conduite irréprochable au combat lui valut plusieurs décoration, mais il contracta en 1944 un mal de pieds « des tranchées » dont il ne guérirait jamais. Aussi ne put-il se qualifier pour les Jeux olympiques de Londres en 1948.

Hirose est décédé le 24 août 2002

 

 

PETIT BASSIN ET PETITS CHAMPIONNATS : C’EST CANADA DRY… NORMAL SIX MOIS APRÈS LES JEUX

Éric LAHMY

Mardi 28 Février 2017

A Sherbrooke, ville du Québec, située à une centaine à l’est de Montréal, les championnats de natations canadiens en petit bassin ont été assez snobés par les étoiles de Rio, lesquelles, selon une pratique qui semble se populariser à travers le monde, après les sorties de route « tragiques » (toutes proportions gardées) des olympioniques et autres médaillés des Jeux qui ré-embraient trop vite, ainsi que les ras-le-bol bien trop critiqués, à tort selon moi, chez nous, de Florent Manaudou, Jeremy Stravius, ou encore les fêlures enregistrées dans le passé avec les reprises trop rapides d’après Jeux, chez nous, d’Alain Bernard, d’Yannick Agnel ou de Camille Muffat, sans oublier Laure Manaudou, taxée de « fainéante » sur le devant de la scène. On me signale que les olympiens australiens respectent un repos des compétitions de six mois. Marc Begotti s’était laissé dire que les est allemands en faisaient autant dans le temps (mais ils ne faisaient pas que ça).,

Aujourd’hui, on a compris de par le monde qu’en gardant trop longtemps ses champions sur le feu, on les brûle…

Tout ça pour vous dire qu’à Sherbrooke, cela n’a pas rutilé. Pas grave, on a toujours trouvé un premier dans chaque course… Côté masculin, ça ne frôle pas le génie, seuls trois crawleurs émergent – ou émargent – au niveau international, ainsi Youri Kisil qui « triple » du 50 au 200 mètres. Côté filles, la Montréalaise Sandrine Mainville a doublé sur 50 et 100 mètres et Kylie Masse, de Toronto, réussit un triplé sur le dos. Erika Seltenreich-Hodgson, de l’Université de Colombie britannique gagne les deux courses de quatre nages et finit deuxième du 200 libre.

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Yuri Kisil,UBC, 46s94 (22s71+24s23). 200 mètres: 1. Yuri Kisil, U British Columbia, 1’44s10; 2. Markus Thormeyer, U British Columbia, 1’44s20. 1500 mètres : Eric Hedlin, Victoria, 14’42s98.

DAMES.- 50 mètres : 1. Sandrine Mainville, Montréal, 24s39. 100 mètres : 1. Sandrine Mainville, Montréal, 52s62. 200 mètres : 1. Katerine Savard, Montréal, 1’54s91 ; 2. Erika Seltenreich-Hodgson, U British Columbia, 1’55s91 ; 3. Danica Ludlow, Calgary, 1’56s77 ; 4. Sandrine Mainville, Montréal, 1’57s63. 400 mètres : 1. Danica Ludlow, Calgary, 4’6s62 ; 2. Katerine Savard, Montréal, 4’7s28. 50 m dos : 1. Kylie Masse, Toronto, 26s53. 100 m dos : 1. Kylie Masse, Toronto, 56s80 ; 2. Ingrid Wilm, U British Columbia, 58s11. 200 m dos : 1. Kylie Masse, Toronto, 2’2s80. 200 m 4 nages : 1. Erika  Seltenreich-Hodgson, U British Columbia, 2’8s08 ; 2. Kylie Masse, Toronto, 2’8s36. 400 m 4 nages : 1. Erika Seltenreich-Hodgson, U British Columbia, 4’37s05.