PRESIDENCE DE L’ILE-DE-FRANCE : JEAN JACQUES BEURRIER ECRASE LA CONCURRENCE AVEC 88,5% DES SUFFRAGES

Eric LAHMY

Samedi 25 Février2017

Jean-Jacques Beurrier a été élu par plus de 88% des voix président de la nouvelle Ligue de l’Île-de-France de natation, qui s’est tenue ce samedi matin à partir de 9 heures, à l’issue des assemblées générales extraordinaire (vote des nouveaux statuts), ordinaire et élective, tenues à la D.R.J.S.C.S. d’Île de France, aux 6-8 rue Eugène Oudiné, Paris 13e .

Après que 32 des 35 candidats au Comité directeur aient été élus, le 32e et dernier étant le directeur général de la Fédération, Louis-Frédéric Doyez, M Beurrier a été présenté aux suffrages de l’assemblée, après avoir écarté Raymonde Demarle par le score sans appel de 27 voix contre 3 lors du vote du bureau. Que madame Demarle ait maintenu sa candidature était plutôt plus courageux que judicieux, compte tenu du faible score qu’elle avait obtenu parmi les candidats du Comité directeur.  

La proposition d’élire M. Beurrier a été accueillie par un oui franc et massif de l’assemblée, plus de 88% des présidents de clubs votant en sa faveur.
Dans la foulée, étaient désignés les délégués à l’élection nationale, le 2 avril prochain, par M. Jean-Jacques Beurrier, et confirmés par 92% des voix de l’assemblée.

En  filigrane à cette élection et à celle de M. Bernard Dalmon, président du Midi-Pyrénées, en Occitanie, c’est du plomb dans l’aile que prend le parti de la sixième réélection de Francis Luyce à la tête de la Fédération. L’équipe de Gilles Sezionale, selon certains calculs, disposerait de 63 à 70% des votes des délégués.

A suivre car ce n’est pas fini, Luyce n’ayant pas encore épuisé son crédit téléphonique…

UN DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION, EST-CE INDISPENSABLE ?

Éric LAHMY

Mercredi 22 Février 2017

Si l’on essaie de comprendre ce qu’il s’est passé ces dernières années à la Fédération française de natation, autour des personnalités de Francis Luyce, le président, et de Louis-Frédéric Doyez, le directeur général (« général de quoi, me questionnait un interlocuteur, on se demande, sachant qu’il ne gère que 20% du budget fédéral », mais passons), il faut remonter à quelques années.

Quand Claude Fauquet devint le Directeur technique national, il s’évertua à installer auprès de chaque direction administrative, un technicien. En collant un « double » technique, bombardé du titre de référent, auprès de chaque administration, il cherchait à s’assurer que le travail fédéral reste bien orienté. Cette façon de procéder était innovatrice, dans la mesure où elle permettait de rompre avec un fonctionnement en parallèle d’une administration et d’une technique qui, comme toutes les parallèles qui se respectent dans la géométrie euclidienne, ne se rencontrent jamais.

Mais dans la vie, les parallèles s’affrontent !

Ce type de binôme ne survécut pas longtemps au départ de Fauquet. Son héritier, Christian Donzé, n’y croyait pas. Pourquoi ? Difficile à dire. Cela venait, m’assure-t-on, de ce que Donzé était resté un nageur, ne voulait rien être d’autre, et ne voyait sa fonction qu’à travers le prisme de la natation-course, rien d’autre.

Et donc, Donzé récusa ce modèle (aussi parce que cette stratégie lui était étrangère?) Les attelages technicien-administratif tombèrent en désuétude.

L’histoire des quatre années de la direction de Donzé, peut être vue, d’un certain point de vue, comme une reprise par Luyce (et Doyez) du terrain conquis par Fauquet, dont la personnalité, sous une apparence benoite, était d’une solidité à toute épreuve. Fauquet est il est vrai un homme de convictions. Donzé aussi, mais il ne parut pas avoir des nerfs assez solides pour tenir le choc. Et fasciné par son objectif d’excellence, il oublia de conforter sa position…

Peut-être  aussi (surtout ?) ne s’adossa-t-il pas résolument sur ses techniciens, comme Fauquet. Lorsqu’il fallut se coltiner les pesées de Luyce, soucieux de son statut de patron, et même de Doyez, qui lui, semblerait plutôt avoir poursuivi un but plus compliqué et à long terme, d’asseoir un pouvoir, Donzé ne sut donc trouver, dans la DTN, un collectif qui l’aurait ressourcé. Fauquet a pu être critiqué, mais ses techniciens à la fédé faisaient bloc derrière lui (sauf Donzé !) parce qu’il était, de son côté, capable de les défendre avec un formidable dévouement.

Tout le monde raconte qu’au moment du triomphe de Londres, quand tous « ses » techniciens auraient pu l’entourer d’enthousiasme, Donzé, pour n’avoir pas assez partagé, était, étonnamment esseulé.

C’est difficile à croire !

Donzé était assez mal considéré lors de sa nomination. Le lendemain de son adoubement, L’Equipe fit paraitre une interview de… Lionel Horter, le nouveau directeur de la natation de course, et expédia l’arrivée du nouveau DTN en trois lignes. Ceux qu’il devait diriger ne l’appréciaient guère, en raison des critiques qu’il avait émises contre Fauquet. On prétendait même que Luyce l’avait choisi en fonction de ses propos défavorables vis-à-vis de son prédécesseur…

En quatre ans, cependant, il remonta son handicap, se fabriqua une légitimité, que soulignèrent, aux Jeux de Londres, des résultats sans précédent de l’équipe de France.

Sa côte était en hausse, il était devenu médiatique, on s’arrachait ses entretiens, et il avait l’écoute du ministère des sports. Mais à la Fédé, son statut restait incroyablement faible. Une sourde animosité l’entourait. Il aurait eu de violents échanges de courriels avec Luyce, Bahon et Doyez. C’est du moins le point sur lequel s’accordent les témoins, dans la DTN, que j’ai pu interroger.

Christian Donzé s’était en outre aliéné Luyce en raison d’un incident assez modeste, mais auquel le président accorda une grande importance. De quoi s’agit-il ?

Luyce en avait particulièrement voulu au DTN au sujet de Séverine Rosset. Que s’était-il passé ? Conseillère technique régionale du Nord, la région gérée par Luyce, Séverine avait démissionné pour assumer la fonction de directrice nationale de la natation marocaine. Quand elle décida de revenir en France, elle le fit sans que Luyce ne l’apprenne, et Donzé l’installa discrètement sur un poste de CTR en Bourgogne, la région dont elle était originaire. Luyce, surpris, affirma sans rire à son DTN qu’il ne lui « pardonnerait jamais » cette félonie.

Beaucoup plus pesant, Luyce refusa de prolonger le contrat de Donzé malgré ses succès londoniens, et parut s’amuser quand il affirma qu’il laisserait à son successeur le soin de décider s’il le reprendrait ! Le successeur, c’était Luyce, qui était le seul candidat à sa réélection! Mais toujours est-il que Donzé, le DTN français le plus bardé de médailles des Jeux olympiques de Londres, tous sports confondus, à Noël, retourna dans sa famille sans savoir s’il avait toujours son job. Le malheur voulut qu’il succombe d’une crise cardiaque lors d’une course de VTT. On mit en avant des antécédents familiaux pour expliquer cette tragique fin de parcours, mais les stress de ses dernières semaines d’existence ne firent rien pour épargner son cœur, et éclairèrent sur les belles qualités managériales de Luyce, patron reconnaissant et généreux vis-à-vis des serviteurs de la natation.

Après Donzé, ni Lionel Horter, ni Jacques Favre ne purent rien pour asseoir la Direction technique nationale. C’est alors que la méthode lancée par Fauquet qui revenait à doubler tout administratif d’un technicien, fut reprise, ou retournée. Doyez aurait collé auprès des services techniques un administratif.

Assurer une double représentation, accoler à chaque responsable technique un responsable administratif, cela peut-il soit vider les techniciens de leurs attributions, soit les contenir, les empêcher de travailler ? Est-ce instaurer une double loyauté, vis-à-vis du DG face au DTN?

Peut-on y voir une augmentation du pouvoir du directeur général, voire, comme j’ai pu l’entendre dire, une vampirisation de la DTN ?

Rien n’est sûr dans ce domaine, et certains référents administratifs auprès des techniciens  insufflent en fait une valeur ajoutée décisive au fonctionnement. D’assez remarquables personnes comme Joëlle Laville (vie de l’athlète), Catherine Arribe (formation) et Florence Garnier (recherche) amènent un plus dont tout le monde parait se féliciter. Il y en a d’autres, mais je ne puis vous parler que de ceux que je connais ou qui m’ont été chaudement recommandés. (J‘ai aussi rencontré ou n’ai eu qu’à me féliciter de l’efficacité dans leurs services, de Nicolas Menanteau, Charlotte Despreaux, et, il y a plus longtemps que ça, de Sophie Lardillat et de Dany Salles). (Il parait équitable de rappeler qu’un grand nombre de ces compétences ont été engagées par Doyez)…   

Il est en fait difficile de trouver vertueux un système lancé par le directeur technique et pernicieux ce même système quand proposé par le D.G, quelle que soit la méfiance qu’il inspire ici ou là.

C’est dans d’autres domaines qu’à mon avis Doyez, homme des plus compliqués, peut être répréhensible.

Mais bien entendu, on ne saurait ignorer combien les relations paraissent parfois difficiles à l’intérieur de la fédération, en haut de la hiérarchie, où le ménage à trois élus, technique, administratifs n’est pas aussi harmonieux qu’il pourrait – et devrait l’être.

C’est tellement vrai que Claude Fauquet n’avait pas souhaité la présence d’un directeur général auprès de lui. Et que, parmi les candidats DTN de 2012, l’un des plus sérieux d’entre eux avait proposé un plan d’action qui se passait de l’existence d’un Directeur général touche à tout. Dans ce projet, une direction des relations humaines aurait géré l’essentiel de ce qui fait le petit empire de Doyez, sans les empiètements.

 

LOUIS-FRÉDÉRIC DOYEZ, LE FRÉGOLI DE LA NATATION

Éric LAHMY

Mardi 21 Février 2017

Il n’y a pas photo : parmi tous ceux qui gravitent dans la natation française, Louis-Frédéric Doyez est devenu mon antihéros préféré. Au départ, rien ne plus anodin que cette fonction foncièrement administrative et que le gars qui l’occupe. Mais gare aux illusions. Doyez, de par la façon dont il a utilisé ses antécédents de juriste au profit de Francis Luyce, a fini par donner à son job un aspect politique, au sens terre à terre du terme.

Je parierais que Doyez vise la présidence de la fédération française de natation. Mais pas tout de suite et pas que ça. Après quatre années à faire son droit à la fac et quinze années à faire son courbé à la fédé devant Francis Luyce, Doyez aspire à retrouver une cambrure. Mais il lui reste son côté tordu, cela va être difficile à effacer.

Si le maître de Doyez, son Pygmalion, s’appelle Luyce, son modèle pourrait être Didier Gailhaguet, ce technicien, commentateur, dirigeant du patinage artistique qui fut très à la mode dans les dernières années du XXe siècle auquel les dons multiples, appuyés sur certaines carences éthiques, ont fini par valoir une condamnation des instances internationales. La différence entre Gailhaguet et mon sujet du jour, c’est que celui-là, doté en outre d’une épouse charismatique, Annick Dumont, était un champion, un expert de son sport et celui-ci un quelconque interprétant, puis un vague rhétoricien, plus soucieux de la façon de contourner les règlements susceptibles de l’être que d’appliquer simplement la loi, et qui n’a jamais eu une idée qui ait pu faire avancer la pratique du sport.

Arrêtez-moi si vous pensez différemment.

Il est des gens pour qui l’alpha et l’omega consiste à ne pas se mettre en dehors des clous du texte, mais, s’ils respectent la lettre des lois, le font pour mieux en ignorer ou en violer l’esprit. Il existe un juridisme étroit. Il existe aussi un juridisme voyou et on voit ces derniers temps ce que les politiques ont pu faire de crasses dans la confiance de ne pas se faire pincer. Les Italiens ont un proverbe pour ces malhonnêtetés. « Dietro ogni legge c’è un inganno » (derrière chaque loi, il y a une embrouille).

Pour ces illuminés du texte réglementaire, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Même ce qui revient au mauvais goût. C’est ainsi, quand il a fallu choisir un commentateur télé du water-polo en compétitions, Doyez, sans vergogne, s’est emparé de la fonction.

Louis-Frédéric Doyez est, vous l’avez compris, un modèle accompli de la tartufferie juridique. Ayant subtilisé l’idée d’une compétition de natation en eau libre sur la Seine, il se l’est tranquillement, et personnellement, attribuée.  Il a déposé la marque de cette compétition,  Fluctuat, auprès de l’institut national de la propriété industrielle sous son nom, Louis-Frédéric Doyez, sous le numéro 4269182, classe 16, 25, 35, 41, avec un statut de marque enregistrée. Bizarre : sur le site fédéral de Fluctuat,  le nom du déposant est Francis Luyce, en tant que président de la FFN. Pourquoi Doyez ici et Luyce là ? Est-ce normal ?

Ce qui ne l’est surtout pas, c’est la façon dont Doyez s’est emparé du listing de concurrents de la société de Caron et de Neuville, et a contacté sans sourciller le millier de nageurs du listing potentiellement intéressés par ce genre d’organisation, au mépris des lois qui réprouvent ce genre de pratiques. Il a fallu menacer l’institution fédérale pour parvenir à un « accord » sur ce point litigieux…

Doyez avait claironné qu’il donnerait sa démission de directeur général de la fédé le 2 avril prochain. Je vous avais expliqué ici qu’il s’agit d’une esbroufe. A la dernière réunion du bureau élargi, Doyez a déclaré qu’il resterait jusqu’en juin. A la demande de Luyce. Comme on vous le disait, cette annonce ne concernait que ceux qui y croiraient. Le festival des imprécisions trompeuses continue.

Une certitude. Jusqu’après l’élection, Louis continuera de tricoter ses mensonges. Un mail à l’endroit, un mail à l’envers.

Mais Doyez n’arrête pas là ses évolutions perturbantes. C’est ainsi qu’il s’est bombardé agent de deux nageurs d’eau libre, rien moins qu’Aurélie Muller, notre championne du monde, et Marc-Antoine Olivier, notre médaillé olympique. Est-ce le job du directeur général ? Bien sûr que non, affirme Claude Fauquet, l’ancien Directeur technique national pour qui ce genre de mission ne peut échoir qu’à une seule personne de la Fédé, qui est le directeur technique national.

Ajoutons que la Fédération organise des examens d’agents de nageurs, et qu’en l’occurrence Doyez exerce à leur endroit ce qu’il est bien convenu d’appeler une concurrence déloyale. C’est comme ça qu’on l’a beaucoup vu, ces derniers mois, autour des compétitions d’eau libre et qu’il s’est rendu voici quelques semaines à Santa Fe. Rétribué ou pas pour ce job, Louis-Frédéric Doyez a élargi le champ des ubérisations au métier d’agent.

Si on le voit s’emparer d’un côté d’une compétition d’eau libre et de l’autre des meilleurs nageurs de la spécialité, on peut imaginer qu’il vise un monopole des courses de longues distances de l’Hexagone.

Il y a là un grand n’importe quoi, qui se situe quand même très loin de sa fonction.

Quand il ne pique pas dans l’eau libre à tous les niveaux, organisation et nageurs, Doyez tente de s’immiscer dans la gouvernance du comité de l’Île-de-France, en attendant mieux. Le voici donc candidat au comité directeur de la région, où il entend bien faire la pluie et le beau temps. Là, bien sûr, c’est aux ordres de Francis Luyce.

Comme, au Comité, on ne passe pas par ses quatre volontés (ainsi quand il a exigé la liste et les CV des candidats au comité directeur), l’agité du bocal s’est à nouveau distingué en menaçant par téléphone l’actuel président de région, Jean-Jacques Beurrier.

Il y a des coups de pied au cul qui se perdent…

 HALLUYCINANT : FRANCIS FAIT CHAUFFER SON SMARTPHONE

Luyce est plus que jamais un grand téléphoneur ; il en a besoin pour garder son job, le 2 avril prochain, aux élections ; sa cible actuelle, c’est tous les délégués, qui voteront pour ou contre lui ; le téléphone arabe nous dit qu’il aurait acquis les services de Raymond TAPPERO, l’ancien dirigeant provençal, de Pierre GROSBOIS (Chalons) requinqués par les promesses de LUYCE.

Francis LUYCE soignant les délégués à l’assemblée générale de la FFN à coups de promesses dont nul ne nous fera croire qu’elles sont électorales, il a trois nouveaux noms de délégués de la nouvelle région Aquitaine Poitou Charentes Limousin à appeler en urgence, qui vont lui permettre de chauffer son cellulaire et de distribuer les promesses nécessaires à l’achat des bonnes consciences : Laurette BERTON, ex Poitou-Charentes, qui, très virulente contre Luyce, aurait complètement changé son attitude il y a 6 mois (elle doit se voir vice-présidente), Jean-Louis THORENBEY un des anciens vice-présidents d’Hélène TACHET DES COMBES, et Armand DUTHEIL, président du Limousin.

LUYCE avait très bien choisi la date de sa réunion du bureau élargi, vendredi et samedi dernier afin que ses adversaires n’y soient pas. Pas très élégant, Luyce, ça on le savait. Gilles SEZIONALE était bloqué par la présence d’inspecteurs de la Cour des comptes dans son comité. [Gilles a finalement eu droit aux félicitations des dits inspecteurs, impressionnés par la rigueur comptable de la région ; ils lui auraient même dit espérer le revoir rue Scandicci]. Hélène TACHET DES COMBES, elle, était coincée par l’élection qui s’est particulièrement mal passée pour elle, et Denis CADON n’aurait pas voulu se retrouver un peu seul. C’est là que Doyez a pu annoncer qu’il ne serait pas dehors de la fédé le 2 avril.

Vendredi prochain commission fédérale de natation course, SEZIONALE devrait être là, en revanche.

L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME HONORE DEUX PIONNIERS CHINOIS, WU CHANYU (NATATION) ET ZHANG XIUNEL (PLONGEON)

Mardi 21 Février 2017

L’International Swimming Hall of Fame a fait connaître l’identité de quelques-uns de ses dix-sept “honorees” de l’année 2017, qui seront reçus dans une prochaine cérémonie, les 25-27 août à Fort Lauderdale. Au nageur de longues distances Walter Poenisch, présenté précédemment dans la journée, il convient d’ajouter les Chinois Wu Chuanyu et Zhang Xiunel.

WU CHANYU est mort il y a plus de soixante ans dans un accident d’avion, mais il fut l’un des champions sportifs les plus célèbres et révérés de Chine, nous révèle le communiqué de l’ISHOF. Longtemps après sa mort, le leader chinois MAO Tse Toung, lui-même féru de natation, aimait évoquer, semble-t-il, ses performances. Né (le 21 août 1928) et élevé à Java, dans l’Indonésie hollandaise, il fut recruté en 1951 par le Parti communiste chinois, qui était parvenu au pouvoir deux années plus tôt. Dès 1941, il avait été remarqué dans des compétitions en Indonésie, en améliorant le record de ce pays du 200 mètres papillon (lequel était alors un développement hétérodoxe de la brasse) et en devançant le champion batave. En 1948, il finit 32e du 100 libre des Jeux olympiques de Londres. En 1952, aux Jeux d’Helsinki, il disputa le 100 mètres dos, où Gilbert Bozon obtint la médaille de bronze, dans la série du Français Lucien Zins, en 1’12s3, 29e temps global. L’année suivante, il remporta le 100 mètres dos du 4e festival mondial de la jeunesse et des étudiants, à Bucarest dans le temps de 1’6s4. C’était approcher d’une seconde le meilleur temps mondial en grand bassin et record olympique de l’Américain Oshinobu Oyakawa. Son succès était tellement inattendu (et ses progrès, à 25 ans, tellement tardifs) que les organisateurs, raconte-t-on, n’avaient pas prévu d’enregistrement de l’hymne chinois et qu’ils se hâtèrent d’en emprunter un à la direction des épreuves d’athlétisme…

Wu ambitionnait alors d’améliorer le record du monde, mais il disparut dans un accident d’avion, le 29 octobre 1954, alors qu’il rejoignait son centre d’entraînement, à Budapest. L’appareil dans lequel il se trouvait s’écrasa sur le mont Sivukha, du côté de Krasnoyarsk, en Sibérie, tuant tous ses passagers.

ZHANG XIUNEL, une plongeuse devenue elle-même coach de plongeon, s’exprima à une époque où la Chine n’était pas inscrite à la FINA. Elle n’a donc aucun palmarès dans des épreuves sanctionnées internationalement. Coachée d’abord par Wang Shaogang, elle rejoignit en 1958 l’école de plongeon de Tianjin, coachée par Wu Chengxi. En 1963, aux premiers Jeux du GANEFO ( ou « Jeux des forces montantes », très politisés, 36 nations concurrentes), en Indonésie, elle enleva le haut-vol et fut 3e du tremplin. Une héroïne nationale était née, la légende s’emparant de ses exploits quand un reporter, Jeng Jeng, écrivit un roman et produisit un film sur la vie de la plongeuse. Ce film eut un impact immense et inspira des générations de Chinoises, imposant l’image (toujours très vivace, un demi-siècle plus tard) du plongeon en Chine. Elle-même enseigna ce qu’elle avait appris. A partir de 1973, ses élèves commencèrent à truster les titres de championnes de Chine. Éric Lahmy

WALTER POENISCH, « CONQUÉRANT » DU DÉTROIT DE FLORIDE ET « NAGEUR DE LA PAIX » HONORÉ PAR L’INTERNATIONAL SWIMMING HALL OF FAME

Mardi 21 Février 2017

L’International Swimming Hall of Fame de Santa-Clara a fait connaître l’identité de quelques-uns de ses dix-sept “honorees” de l’année 2017, des 25-27 août prochain à Fort Lauderdale. Tous les noms ont été donnés, mais un embargo sur l’info nous contraint à ne les servir qu’à mesure de la permission de l’ISHOF. Je m’autorise à vous dire que des Français en font partie. C’est la 53e année que l’ISHOF élit des nageurs, dirigeants, entraîneurs, etc., dans son Panthéon.

Aujourd’hui, sont révélés les noms du nageur de longues distance Walter Poenisch (Grove City) ; et des Chinois Wu Chuanyu et Zhang Xiunel.

« Perdue dans le temps et noyée par la publicité qui a entouré les tentatives d’autres nageurs de réaliser la traversée menant de Cuba à la Floride ces quarante dernières années, se situe l’histoire remarquable de Poenisch et de sa « nage pour la paix ». explique Bruce Wigo, président et CEO de l’ISHOF… Poenisch fut un des premiers à utiliser ses talents de nageurs pour une plus grande cause. »

Né le 11 juillet 1913, Poenisch était boulanger de profession, mais aussi un « homme fort », un concurrent de rodéos, ainsi qu’un nageur, lequel n’entra dans sa première compétition de nage qu’en 1963, à cinquante ans. Et pas un 50 mètres ! Mais les 60 miles (100 kilomètres) du marathon professionnel de Jim Moran dans le lac Michigan. Il ne put terminer son effort mais fut enthousiasmé par le sport et sortit de l’eau, quoiqu’épuisé, décidé à tenter de nager de plus longues distances encore.  Troublé par la crise des missiles entre les USA et l’URSS (octobre 1962) dont l’enjeu se situait à Cuba, et qui faillit tourner en affrontement nucléaire, il conçut l’idée d’un raid nautique de 90 miles soit autour de cent cinquante kilomètres, qu’il présenta comme un acte promouvant la paix.

Comme les USA et Cuba n’entretenaient aucune relation directe, il écrivit des lettres aux pays qui entretenaient des relations avec La Havane et commença à s’entraîner sérieusement. Mais les autorisations tant attendues ne vinrent pas, et, installé à Fort Lauderdale, en Floride, il continua de se démener afin d’entrer en contact avec les autorités cubaines, réalisant dans le cadre de sa préparation des raids de longues distances dans les détroits floridiens.

Il établit ainsi un record du monde de longue distance effectuée dans l’eau avec 122,5 miles, presque deux cents kilomètres, entre Key West et la pointe de la péninsule de Floride. En 1976, il reçut du gouvernement cubain l’autorisation de demander un visa qu’il ne reçut qu’en mars 1978. Le raid fut programmé pour le 11 juillet, date anniversaire de Poenisch.

Ce jour là, Fidel Castro porta un toast au nageur et à son geste pacifique. Selon les règles de la Fédérations Internationale des Nageurs et Plongeurs Océaniques, qui réglementait alors ce genre d’opérations, il eut le droit d’utiliser une cage anti-requins, des palmes pour protéger ses pieds de la cage et un snorkel, et eut le droit de sortir de l’eau à quatre reprises pour un temps qui ne pouvait excéder cinq minutes pour recevoir des traitements d’urgence, de la nourriture ou pour toute autre raison urgente.

Après trente-quatre heures d’efforts, il parvint à atteindre l’une des îles de l’archipel de Keys de Floride, Duck Key. Selon l’écrivain et journaliste David Heeren, qui couvrit son effort, « l’exploit de Walter est plus grand que la victoire sur l’Himalaya, car depuis plusieurs hommes ont triomphé du toit du monde, et il est resté le seul à vaincre le détroit de Floride. »

Walter Poenisch s’est éteint le 6 juin 2000.

MARC DEBERGHES NOUVELLE PRÉSIDENT DU SUD-OUEST, MILITE POUR UNE NATATION SANS L’HUISSIER ET SANS LUYCE… …MAIS PAS FORCÉMENT AVEC SEZIONALE

Éric LAHMY

Samedi 18 Février 2017

Les élections de la nouvelle région du grand Sud Ouest,  réunissant Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes ont vu la victoire de Marc DEBERGHES. Ancien nageur de haut-niveau, père de Paule et de Fanny Deberghes (celle-ci championne de France du 200 mètres brasse) Marc Deberghes avait bien préparé son mouvement, attendant jeudi dernier, pour faire acte de candidature. Il avait souhaité un changement d’équipe. Il en est le bénéficiaire.

L’assemblée, qui s’est tenue à Artigues-près-Bordeaux, petite commune de la Gironde, a été assez houleuse, du moins au départ. Hélène TACHET DES COMBES, présidente de la région Aquitaine, vice-présidente de la FFN et candidate à cette élection, avait envisagé de faire venir un huissier, et certains des membres de l’assemblée s’étant opposés à une présence qu’ils jugeaient intempestive, un vote a été effectué, et la présence de l’huissier a été jugée  malvenue par la majorité. Autant dire que les prémisses étaient inquiétantes pour Hélène.

Tandis que M. Deberghes et le président sortant de Poitou-Charentes Jimmy PERSIGANT passaient haut la main, les consignes que leur groupe avait données étaient respectées, et Mme Tachet des Combes restait très en-dessous du score nécessaire pour entrer au Comité directeur.

Finalement, M. Deberghes était élu président, M. Persigant  devenait vice-président de la nouvelle région.

ET À LA FÉDÉRATION : NON À FRANCIS LUYCE, NI OUI NI NON À GILLES SEZIONALE

À la question de savoir « pourquoi » il avait gagné. « Je ne sais pas, a-t-il répondu. Mais nous avons bien préparé l’élection, beaucoup communiqué avec les clubs des régions, cherché à établir un programme cohérent. » D’après lui, Mme Tachet des Combes avait irrité par sa propension à ne pas déléguer ni partager : « l’anecdote de l’huissier est révélatrice de ce fonctionnement où elle décide seule, sans l’accord de personne. »

 La veille, Marc Deberghes nous avait assuré qu’il ne serait pas délégué à l’élection nationale, fin mars prochain, étant désireux de se consacrer à sa région. Samedi, après le vote, il affirmait avoir été contacté par une personne de l’équipe SEZIONALE afin de connaître ses intentions au sujet de la prochaine élection du président de la FFN.

Dans la perspective d’un affrontement entre celui-ci et l’actuel président Francis LUYCE, Marc Deberghes a affirmé sa conviction qu’il fallait « renouveler les cadres » et que « Francis Luyce devait s’en aller. »

Mais il n’a pas pour autant adoubé son rival, et reste dubitatif quant à la personnalité qui devrait diriger la fédération. « Je ne sais pas si Gilles Sezionale est l’homme qui convient à la présidence de la fédération. Pour l’instant, je reste avec mes doutes à son sujet et j’attends », a-t-il déclaré en substance à Galaxie Natation. Relent d’une méfiance d’un homme qui a appuyé son adversaire ? Possible…

Autant dire qu’au jour d’aujourd’hui, il est difficile d’interpréter les événements d’Artigues au regard de la prochaine élection nationale.

SUZANNE BENTABERRY (1922-2017) GRANDE FIGURE DE LA SYNCHRO

Éric LAHMY

Vendredi 17 Février 2017
Je repensais souvent à Suzanne Bentaberry, qui fut présidente de la commission fédérale de natation synchronisée et dont on annonce la disparition, ce mardi 14 février, à l’âge de quatre-vingt-quinze ans. Née en 1922, Suzanne avait été nageuse, avant d’entraîner en natation (1er et 2ème degré). Elle avait travaillé en région, au sein de son club, l’ASPTT Toulouse, du Toulouse Nat’ Synchro et au Centre d’entraînement de Toulouse. Elle fut surtout une grande dirigeante…

Elle était douée d’une qualité rare : la sincérité. Je l’avais rencontrée pour la première fois aux championnats du monde de Belgrade, en 1973. J’étais déjà sur place, je venais d’assister à l’entrainement des nageurs américains quand le hasard me fit déboucher, à la piscine, sur un groupe de filles, françaises, qui étaient manifestement des compétitrices… mais de quel sport ? Ni leurs physiques, ni leurs conduites ne correspondaient pour moi au « référentiel » athlétique classique, des nageuses ou des plongeuses. Si mes souvenirs sont bons, je fus assez étonné (style: « ah, bon? ça existe?« ) d’apprendre que ces demoiselles pratiquaient une sorte de danse dans l’eau qu’on appelait les ballets nautiques (le terme rébarbatif de natation synchronisée n’avait pas encore été inventé), lesquels ballets se référaient, me disait-on, aux films hollywoodiens d’une grande star de l’après guerre, Esther Williams.

Je fus assez impressionné par cette découverte (un sport féminin !) pour lui dédier un « grand » article dans L’Equipe (au grand dam du leader de la rubrique, qui, en recevant mon texte, m’avait pris pour un fou), article pas très bien ficelé d’ailleurs, où Suzanne apparaissait. Mais, miracle de la communication téléphonique de l’époque, entre Belgrade et Paris, son nom s’était transformé, dans le journal, le lendemain, en Bordaberry.

Suzanne a été présentée, sur le site fédéral qui annonce son décès, comme une « grande dame » de la synchro, et je souscris à ce terme. Mais qu’on ne se figure pas, avec cette expression, une personne figée dans des attitudes. « Benta » était une bosseuse, une personnalité qui irradiait, dotée d’une voix, d’un rire, d’un enthousiasme. Suzanne ne posait pas, elle se posait. Avec Arlette Franco, elle fut une vraie dirigeante.

Elle devint le troisième côté d’un triangle vertueux d’où jaillit dans les années 1970 et 1980 la synchro française. Les  deux autres s’appelaient Muriel Hermine et Françoise Schuler. Muriel dans l’eau avec son talent et sa volonté hors-normes, Françoise sur la plage du petit bassin de l’INSEP avec son sens du travail, de la technique, de la discipline et de l’organisation, et Suzanne à la Fédération, cherchant à arracher aux dirigeants les ressources qui permettraient à la discipline de se développer. [Je soupçonne aussi Henri Sérandour, qui, sans être un fan, avait la synchro à la bonne, d’avoir joué sa partition.]

Le sport existait quelques jours par an, et peinait à donner un peu de chair à un calendrier étique. Il lui fallait aussi se transformer, abandonner des tenues handicapantes, comme ce ballet où l’on dansait le menuet de Mozart avec des vareuses en velours sur le corps.

Suzanne avait connu la minuscule épopée qu’avaient constituée les débuts de la natation artistique de chez nous, du temps de Josette Domont, Ria Gerner, Marie-Louise Morgen et Colette Thomas. Elle avait été un témoin du règne des Mouettes et du Nautic Club et des balbutiements d’une organisation, quand, grâce à l’accord d’Eugène Drigny, les ballerines avaient fait en 1947 une entrée qui ne fut ni remarquable, ni remarquée, à la fédération. Elle-même fut intronisée par Monique Berlioux, dont elle prit la place quand celle-ci s’éloigna en direction d’un avenir qui ferait d’elle le directeur du Comité International Olympique.

 « Quand j’ai pris la synchro, le sport vivait sur les clubs de Paris (avec les Mouettes), de Tours, du Havre, de Toulouse, m’expliqua-t-elle des années plus tard. Au niveau national, chez nous, Marie-Christine Charles, qui entraînait l’équipe de France, et Françoise Schuler, ce n’était pas l’amour. Leurs conversations tournaient à la discussion, que l’âpreté de leurs désaccords rendait interminables. » Entre les deux, Suzanne, ayant tôt compris laquelle représentait une possibilité de développement et d’excellence, fit vite connaître son choix. Il ne fut pas politique, mais sportif, psychologique et humain. C’était du Bentaberry tout craché : santé, clarté, honnêteté, intelligence, droit au but, réflexion mais pas l’ombre d’une hésitation au moment de décider, une fois l’objectif défini.

Schuler, avec son ouverture d’esprit et sa curiosité, représentait aux yeux de Suzanne, LA  chance, pour les ballets nautiques français, de s’ouvrir sur le large. Ainsi fut fait. Schuler s’en alla piquer les rétropédalages chez les poloistes, exigea des minima dans les courses de nage pour ses filles, et, raconte-t-elle, « quand les nageurs, les poloistes, ont vu comment Muriel s’entraînait, ce qu’elle se tapait en musculation, sa souplesse, la condition physique des filles, on n’a plus jamais entendu parler de balayettes. »

Suzanne avait un fameux caractère, et en faisait bon usage. Je dois admettre m’être toujours bien entendu avec les fortes femmes, et, en sport, quoique sans les angéliser, adorais voir s’épanouir ces personnalités bien affirmées, voire conquérantes, qu’étaient Suzanne et Monique  Berlioux, Suzanne Bentaberry, Sophie Kamoun ou, hors natation, la volleyeuse Odile Lesage, la judokate Brigitte Deydier.

Je me souviens avoir un jour entendu celle qui lui succéda à la fédé, Madeleine Bernavon, me faire cet aveu sans gloire : « Suzanne parlait trop, elle irritait ces messieurs, et elle s’est fait virer. Moi, je suis là, je ne dis rien, je ne les importune pas. » Oui, Suzanne fut virée aux élections de 1985, mais elle n’avait jamais fait tapisserie. Son énergie indisposait les hommes du comité directeur. Elle me raconta les faits vers 2006, lors d’un entretien téléphonique. A 83 ans, toujours bon pied, bon œil, bonne voix (et mauvaises épaules, qu’elle avait dû se faire reconstruire en chirurgie), elle m’avait raconté l’affaire :

« Aux élections de 1985 à la Fédération française de natation, je ne suis pas passée. Cette année, on avait fait un gros score. La natation, le plongeon, le water-polo, étaient rentrés des championnats d’Europe avec le drapeau en berne. On ne parlait que de la synchro, qui avait enlevé le ballet, l’argent du solo et du duo. Nous avions sauvé la mise de la natation française, et on agaçait. Le retour de bâton ne s’est pas fait attendre. Quatre ans plus tôt, j’étais passée avec le plus grand nombre de voix, et là, on a monté une cabale pour me rabattre mon caquet. Henri Sérandour, fort ennuyé, m’a proposé de me récupérer sur le contingent des dirigeants féminins. Mais j’avais travaillé comme un homme et je voulais être traitée comme un homme. J’ai pris l’avion le soir même pour Toulouse et démissionné de mes postes à la FINA et à la Ligue Européenne. » Suzanne était comme cela, sans ambiguïté, tout d’une pièce.

Vingt-trois ans après cette déconvenue, en 2008, Suzanne Bentaberry reçut la médaille du Comité Olympique, mais ce n’était pas seulement pour services rendus à la natation. Devenue maire de son village, Antignac, en Haute-Garonne, où elle avait vite fait la preuve de son entregent, de son intelligence et de son énergie, dès 1987, ayant noté une absence totale d’activités dans la vallée, elle avait fondé une association qui créa un parcours de canoë-kayak, lequel reliait les villages de Fronsac et d’Antignac, sur huit kilomètres des eaux vives de la rivière Pique, un affluent de la Garonne. Ce parcours fit d’Antignac un lieu de rencontres de rameurs et de rafteurs de France et de Navarre; il s’est doté depuis d’une base nautique très appréciée.

En 2013, Suzanne avait perdu son mari, Faustin.

 Ses obsèques auront lieu le lundi 20 février, 15 h, à Antignac (près de Luchon) où elle a été maire de nombreuses années. Ni fleurs, ni couronnes. Galaxie Natation s’associe au chagrin de sa famille.

ENTRE AQUITAINE, LIMOUSIN ET POITOU-CHARENTES, LE MATCH LUYCE – SEZIONALE OPPOSE HÉLÈNE TACHET DES COMBES ET JIMMY PERSIGANT

Éric LAHMY

Jeudi 16 Février 2017

La volonté affirmée de Francis LUYCE de se voir reconduit au poste présidentiel qu’il occupe depuis un quart de siècle (il a parfois exprimé, si Paris obtenait l’organisation des Jeux olympiques de 2024, le vœu de se représenter encore en 2020 pour se maintenir au poste jusqu’à cette date… et comme il n’aura alors que 77 ans…), cette volonté donc a donné aux élections dans les nouvelles régions le profil marquant qui est le leur : chaque candidat à la présidence de région est étiqueté pro LUYCE ou pro SEZIONALE (son rival déclaré à la responsabilité présidentielle). Il en est ainsi pour à peu près toutes les élections dans les régions.

Ce samedi, à Artigues, le découpage qui unit désormais l’Aquitaine au Poitou-Charentes et au Limousin ne permettra pas à la consultation de la grande région atlantique d’échapper à ce scénario, aussi réducteur semblera-t-il, et Hélène TACHET DES COMBES, pour tous, sera celle qui « roule » pour Gilles SEZIONALE, tandis que Jimmy PERSIGANT plaira aux sectaires de Francis LUYCE.

PERSIGANT ? On le présente ici et là un peu à l’image de son prédécesseur au poste en Poitou-Charentes, le regretté Louis VENZI (1940-2010), Loulou pour les copains, président historique des Canards Rochelais et selon d’aucuns « le Denis CADON de son époque », car juge arbitre à cinq championnats d’Europe, deux championnats du monde, et une fois aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992.

PERSIGANT, directeur de la piscine de La Rochelle, a hérité de Loulou sa verve et son côté bon enfant. Il n’a guère défrayé la chronique, sauf quand, alerté par Michel ROUSSEAU, il ouvrit les portes de la piscine à Philippe LUCAS, lequel, en rupture de point d’ancrage, passait un mauvais quart d’heure.

Son côté bon enfant, sa capacité, me dit-on, de se montrer gentil, aimable et de ne faire de peine à personne, l’a rendu populaire et constituera son arme majeure dans ce suffrage (il s’est déclaré candidat à la présidence de la nouvelle région), car pour le reste, le départ en retraite d’un grand entraîneur, Robert MENAUD (57 internationaux dans sa carrière) a en quelque sorte effacé Poitiers de la carte de la natation d’élite. Personne n’est indispensable, dit-on, mais un bon entraîneur n’est pas loin de l’être…

L’Aquitaine n’est d’ailleurs pas en bien meilleure position : grande par la surface, la nouvelle région demeure réduite en termes d’élite.

UNE CARRIÈRE VÉCUE COMME UNE « SUITE DE COÏNCIDENCES »

Hélène TACHET DES COMBES, dans les années 1970, a été une nageuse de niveau national ; à seize ans, en 1971, elle a fini  5e sur 200 mètres brasse aux critériums nationaux français. Présidente du département de la Gironde de 1996 à 2008, trésorière de l’Aquitaine de 1999 à 2008, elle quitte cette année ci le poste pour raisons professionnelles mais récupère celui de la Fédération. C’est une femme qui n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis. « Elle a de bons côtés, n’est pas bête, mais louvoie », prétend une autre personnalité de sa région, qui, par ailleurs, se lamente de l’évolution de ce sport : « quand je vois ce qui se passe, je ne reconnais plus ma natation. »

Hélène présente sa carrière dans l’administration du sport comme une suite de coïncidences. « Il y a que j’aime faire des choses, et je me suis trouvée impliquée par Jean Boiteux et Michel Salles. Je cherchais de l’argent pour mon comité et je suis montée à la fédération. C’est là que j’ai rencontré  Francis (LUYCE). Elue à la Fédération, je me suis retrouvée trésorière adjointe auprès de Paulette Fernez ; cela m’allait car j’étais à l’origine inspecteur des impôts. C’est là que Paulette a eu une dépression et il a fallu la remplacer : je suis donc devenue la trésorière, et je n’aime pas faire les choses à moitié.

Avant les élections suivantes, LUYCE m’a demandé quels étaient mes projets, je lui ai dit que je souhaitais continuer et il m’a répondu qu’il n’en serait pas ainsi, vu qu’il avait promis le poste à Jean-Paul Vidor, le trésorier de sa région. Je suis passée d’une fonction concrète à un autre poste vaguement honorifique, sans projet, de vice-présidente. »

S’il l’a bombardée trésorière adjointe de la Fédération, c’est que LUYCE n’a pas toujours considéré Hélène TACHET DES COMBES comme une adversaire, une « femme à abattre. »

Alors, que s’est-il passé pour que, tout à coup, il lui coupe les ailes ? Peut-être pas grand’ chose. Peut-être ne sentait-il plus en Hélène le type d’allégeance qui lui plait tant, au confluent de l’admiration soumise et de la complicité ? Et le poste de trésorier pouvait révéler certains détails de sa gestion qu’il préférait ne laisser contempler qu’à un gars de sa région ? L’inspection, actuelle, de la Fédération par la Cour des comptes, diligentée, susurrent les bonnes langues, par le Ministre Thierry Braillard, désireux de se débarrasser du Phare de Dunkerque, pourra peut-être nous en dire plus. 

On conçoit qu’on ne peut gouverner une entité, en l’occurrence une fédération, sans un appui. C’est légitime. Et inévitable : impossible de faire sans. Ce qui ne laisse pas d’étonner, dans le cas de la natation française, c’est l’effort de déstabilisation constant, systématique, appuyé, névrotique, que consent l’actuel président, qui manœuvre pour conserver sa place, lance des hommes à lui dans toutes les régions, déstabilise ses opposants potentiels. Luyce ? On dirait en petit tout petit un Mao Tse Toung dirigeant depuis le sommet de l’Etat la révolution culturelle pour garder la main. Une exceptionnelle capacité de nuisance…

Son mode de fonctionnement (ceux qui ne sont pas avec moi sont contre moi, et ceux qui sont une fois contre moi le sont à jamais) a fini, à travers les années par cristalliser les hostilités en un bloc contestataire, par souder une équipe,  autour de chefs de file de qualité, comme Bernard DALMONT (Midi-Pyrénées), Jean-Jacques BEURRIER, qui devrait conserver son poste en Île-de-France, le 25 février; David WAGNER, qui a conquis le Grand Est ; Denis CADON, battu chez lui aux élections mais qui pourrait rester le maître du jeu ; Christiane GUÉRIN, battue par Daniel PLANCHE ; d’autres encore, tous fédérés autour de Gilles SEZIONALE, depuis longtemps très apprécié  de Claude FAUQUET, et dont la légitimité a grandi à partir de la Côte d’Azur. Gilles a joué sa partition dans le triomphe des nageurs niçois en 2012 !

COMMENT LE COMITÉ DIRECTEUR DE LA FÉDÉRATION EST DEVENU UNE GÉRONTOCRATIE

Aujourd’hui, les élections dans les régions ont pris l’allure d’un affrontement entre ceux qui n’en ont pas assez d’un quart de siècle de Francis Luyce, et ceux qui trouvent qu’il a fait son temps et qu’il est temps de donner sa chance à une autre génération de décideurs.

« Le dernier mandat de Luyce a tout gâché, c’est du n’importe quoi », explique Hélène TACHET DES COMBES. Elle n’est pas la seule à le penser. Jusque là, l’homme avait capitalisé sur les progrès de la natation, mais les résultats de moins en moins brillants de l’après Christian DONZÉ, à partir de 2013, ont noirci le tableau.

Les années ont accru la propension de LUYCE à s’entourer de féaux aux dépens s’il le faut des compétences. Tendance déjà marquée dans le passé. Il vit de façon tellement émotionnelle un désaccord qu’il parait ne pouvoir souffrir une façon de voir différente de la sienne. Il y a un côté excessif, tyrannique dans son personnage ; de ce fait, il n’a jamais cherché à attirer dans le comité directeur des personnalités, des créatifs, personnes souvent difficiles parce qu’exigeantes. Bien entendu, il n’a pu écarter tous ceux qui travaillaient bien, et devait parfois faire avec des gens assez brillants issus de l’élection dans leurs régions, qu’il supportait comme un moindre mal. Parfois aussi, certains de ceux qui l’ont accompagné n’étaient pas dénués de qualités, et des dirigeants comme Paulette FERNEZ, Henri WACHTER ou Michel SAUGET, d’autres encore ont beaucoup et bien travaillé.

Avec le temps, à sa préférence pour des personnalités rassurantes parce que sans aspérités, s’est ajouté un refus du rajeunissement des cadres. Tout le comité directeur s’est donc mis à vieillir en même temps que son chef. On imagine qu’une bonne assemblée devrait être un maillage de hardiesse et de prudence et donc d’expérience et de jeunesse, mais la jeunesse était devenue avec le temps un autre adversaire du président qu’il lui fallait conjurer car elle marquait son âge, par comparaison. Luyce a ainsi oblitéré, au niveau du comité directeur de la fédé, une génération entière. La Fédé est devenue une gérontocratie.

Cette entrave a déteint sur les héritiers présomptifs, contraints de se dessécher sur pied pendant que le président fermait les écoutilles de son club du troisième âge. Ceux qui essaient de prendre le relais admettent qu’ils ne sont plus très pimpants, et SEZIONALE, 59 ans, se désole d’avoir perdu quatre années en accordant foi aux propos de LUYCE quand, la main sur le cœur, il lui promettait carte blanche. Le président eut tôt fait de retrouver son côté « dictateur » quand il imposa par deux fois, avec Lionel HORTER et Jacques FAVRE, l’identité d’un directeur technique national qui ne faisait pas du tout l’unanimité…

LUYCE, GIROUETTE À TÊTE DE COCHON, UN VRAI PHÉNOMENE DE CIRQUE.

En général, les personnalités, ceux qui travaillent, les créatifs, finissent toujours par indisposer ce type de chef, parce que la vie en général et la vie associative en particulier, rendent pratiquement impossible un accord parfait, constant, de deux personnes de caractère sur les dossiers, la conception, la politique. Il faut alors savoir réfléchir ensemble, respecter le point de vue d’en face…

Il est certains points sur lesquels LUYCE parait ne pouvoir concevoir qu’on puisse nourrir sur un dossier une idée différente de la sienne. L’homme fait de toute remarque une affaire personnelle, comme si on remettait son statut en jeu alors qu’on cherchait à exposer une idée. Il prend alors une divergence d’idées pour une inconvenance, une insulte, ou une déclaration de guerre. Si en face de lui, l’autre s’appelle SEZIONALE, il biaise ou s’écrase, vu que le rapport de force l’impressionne ou l’inquiète. S’il s’agit d’un membre moins redoutable (et une femme fait souvent l’affaire) il passe en force et peut déterrer la hache de guerre.

Mais selon Hélène, LUYCE le soi-disant homme fort agace aussi par ses indécisions, ses tergiversations : « vous êtes avec lui, vous parlez de votre projet, vous tombez d’accord. Puis il retourne voir son cercle, et vous vous retrouvez à zéro. » Une girouette à tête de cochon, un vrai phénomène de cirque.

« Mais il y a aussi qu’avec le temps, il s’est totalement déconnecté du bassin. » Certes, il continue de fréquenter les piscines de ses hôtels cinq étoiles.

L’une des caractéristiques les plus éprouvantes du personnage, pour ceux qui l’ont servi, est « qu’une fois qu’il n’a plus besoin de vous, vous n’êtes plus rien pour lui », commente un de ceux qui l’ont longuement accompagné. Ce sentiment de n’être plus qu’une chaussette trouée provoque, on l’imagine, des perplexités et parfois des rancunes tenaces.

Hélène date le début de ses ennuis avec LUYCE de son peu d’enthousiasme à applaudir l’achat du siège fédéral de Pantin, qu’il présente toujours comme un de ses hauts faits. « Bien entendu, on ne pouvait demeurer au 148 avenue Gambetta, admet-elle. Mais je n’étais pas séduite par ces deux étages séparés par trois niveaux dans une tour, l’un au 14e et l’autre au 18e. Cela a d’ailleurs fini par scinder la fédération en deux… Il me semblait préférable d’avoir un lieu à nous, qui aurait son unité. On m’a depuis toujours rappelé mon ‘’opposition’’ à cette ‘’excellente affaire’’, la plus-value qu’ont pris ces deux étages. Mais je ne m’opposais pas, je proposais de mieux réfléchir. Et la plus value n’est pas si remarquable. Quand on ajoute au prix d’achat les gros investissements consentis pour mettre à neuf le siège fédéral, dans ce vieil immeuble, en réfection constante, aux sous-sols vétustes, dont les charges sont très élevées, je ne crois pas qu’on a tellement gagné. »

UNE RÉGION GÉANTE BIEN DIFFICILE IMPROBABLE À GÉRER

Hélène a convié à sa dernière assemblée régionale Claude FAUQUET, et l’ancien directeur technique ne s’est pas fait prier. Dans son allocution, ayant précisé que c’était la première fois qu’il était invité dans un événement de la natation, il s’est mis en mesure de « découper à la tronçonneuse » LUYCE et sa politique.

Toute saine analyse démontre que les temps sont devenus plus durs pour la natation française. La gouvernance est-elle totalement innocente de cette déshérence ? L’emploi que le patron fait de son pouvoir, à distribuer promesses et prébendes dans le but de se maintenir au détriment des forces vives du sport, l’amène à encourager et susciter l’arrivée en tête des régions toutes personnes qui voteraient en sa faveur à l’élection de la Fédération du 2 avril prochain. A force de se concentrer sur sa propre réélection, il néglige tout le reste… Or, après un directeur technique moins occupé à travailler qu’à récupérer Yannick AGNEL et un maximum de stages nationaux très rémunérateurs pour son fief de Mulhouse, et un deuxième directeur technique inexpérimenté, impréparé pour le job, et porté vers le dilettantisme, l’avenir ne pouvait être préparé : la soudure entre une équipe de France qui finissait son aventure et une jeune vague assez fragile n’a pas été faite, les ponts ont été coupés. 

Hélène affirme avoir « longtemps hésité » à se présenter dans la nouvelle région. « C’est un grand territoire, avec des zones géographiques hétérogènes, traversé de déserts de natation, pas tellement facile à faire vivre ; organiser sur une distance si grande des formation de nageurs de 14 ans, qu’on ne peut pas déplacer, est complexe. Sur tout cet ensemble, on ne trouve pas une piscine capable de recevoir les championnats de France, si ce n’est Limoges. Mais Limoges demande 8.000 € pour recevoir une telle organisation. Ou plus exactement, ils contraignent à prendre  Megatek, qui a le monopole du chronométrage électronique, et facture 8.000 € pour les championnats (1). Autre exemple des problèmes, Agen – dans le passé, nous avions la piscine gratuitement pour le week-end ; maintenant, c’est 1.500 € par jour. Il existe bien un projet à Mérignac, mais il ne sera pas finalisé avant quatre ou cinq ans. A Bordeaux, les piscines ne cessent de fermer. »

CANDIDATS FANTÔMES LOIN DES SENTIERS BATTUS

Hélène s’est trouvée incriminée dans une lettre anonyme qui a circulé dans son interrégion, derrière laquelle elle affirme deviner la patte de Marc DEBERGHES ; lettre l’accusant d’avoir sollicité trop de candidatures, 64 pour 32 places au Comité directeur ; de ce fait, il ne pouvait s’agir que de « candidats fantômes ». Hélène est vexée d’une attaque qui la vise.

Multiplier les candidatures permet certes, en faisant bloc, à une majorité assise d’empêcher son opposition de passer, mais le truc est aussi vieux que… le jeu démocratique ! Elle se défend d’avoir agi de façon perfide. « J’ai voulu élargir le champ des candidatures, et c’est ainsi par exemple que j’ai sollicité la présence d’une dame du rural. Il n’y a pas de manœuvre derrière cela, seulement un souci de réorganiser le terrain, et sortir des sentiers battus me parait intéressant. » Avoir 64 candidats pour 32 places, ça veut dire quoi ? Que 32 ne passeront pas, la belle affaire ! Mais il y en a que ça dérange…

DEBERGHES, un gaillard qui aime user de sa stature et donner de la voix, vient d’annoncer sa candidature, et évoque un « accord » entre Poitou-Charentes et Limousin. Luyce l’a-t-il délégué pour donner un style musclé, « casseur », à l’élection ? Ce serait charmant. A suivre…

 (1). Encore un de ces tripotages cosignés LUYCE pour pomper encore plus les clubs.

GRANT HACKETT CA NE S’ARRANGE PAS

Eric LAHMY

Jeudi 16 Février 2017

Les ennuis ne cessent de s’accumuler pour Grant Hackett, l’un des grands nageurs de demi-fond australien. Le double champion olympique et triple champion du monde du 1500 mètres a été arrêté à Gold Coast, est de l’Australie, par la police, après que son père Neville se soit senti contraint d’appeler au secours en raison de son comportement (crise de rage incontrôlable en état d’ivresse).D’après Neville, Grant est sous traitement, et il a refusé hier matin de se soigner alors qu’il était en crise, avant de sombrer dans une fureur noire.

Avec ses 1,98 mètres et ses 100 kilos et plus, il peut dans ces cas là paraître fort inquiétant. Grant a été relâché, puis a disparu pendant toute une journée. Âgé de 36 ans, Hackett a connu divers déboires, en raison, au départ, croit-on savoir, d’une accoutumance à certains médicaments. Après un mariage très starisé et célébré avec une chanteuse et parolière australienne, il a connu un divorce difficile. En 2014, il a suivi un traitement en clinique, aux Etats-Unis. Il a ensuite réussi un comeback assez impressionnant en natation, et il semblait que l’engagement physique de la natation l’avait rééquilibré – Michael Phelps avait connu des soucis équivalents, mais beaucoup moins graves, et s’était lui aussi parfaitement retrouvé dans l’eau. Mais les effets de cette médecine n’ont pas duré longtemps pour Hackett, qui s’est fait remarquer, immédiatement après les sélections australiennes, par une agression sur un autre passager, dans un avion, alors qu’il était pris de boisson. « Ni mes parents ni moi ne le reconnaissons, a expliqué son frère Craig. C’est bien son corps qui se trouve devant nous, mais l’esprit n’est plus là. »

DOYEZ EST-IL ELIGIBLE EN ÎLE-DE-FRANCE ?

Eric LAHMY

Mercredi 15 février 2017

Louis-Frédéric Doyez n’ayant pas démissionné de son poste de directeur de la Fédération française de natation, est-il possible qu’il soit candidat à un poste de membre du comité directeur régional de l’Île-de-France ? Il le croit. D’autres pensent qu’en l’absence d’une règlementation claire des élections régionales, une telle candidature constituerait un cas flagrant de conflit d’intérêt. C’est ainsi que s’il était élu, il pourrait demander à être l’un des trois délégués du Comité de l’Île-de-France à l’élection nationale, ce qui pourrait l’amener à élire ses patrons.

Certaines fédérations ont prévu une interdiction pour les salariés d’accéder à des postes d’élus. C’est ainsi que selon la Fédération française des sports d’aviron, « pour être candidat à un poste de membre du comité directeur régional il faut être licencié de la FFSA, âgé de plus de 16 ans, ne pas être salarié de la fédération, d’un de ses organes déconcentrés, ou d’une association affiliée et répondre aux conditions prévues dans les statuts fédéraux, en particulier les articles 15 et 19 interdisant la rétribution directe ou indirecte par un organisme fournisseur. »

De la même façon, pour la Fédération française de sport-boules, « des cas d’inéligibilité sont prévus, notamment pour les salariés de la Fédération Française de Sport Boules, d’une L.B.R. ou C.B.D. et les cadres techniques d’Etat. » L’interdiction de se présenter à l’élection, même régionale, englobe donc deux types d’employés fédéraux, techniciens et autres salariés. Quand on lit dans un règlement de la FFN que « le ou les cadres techniques mis à disposition, assistent, avec voix consultative, aux séances du Comité Directeur. Les membres du Comité Directeur ont le droit d’assister avec voix consultative aux réunions des organismes départementaux, » on comprend de façon elliptique que les cadres techniques ayant « voix consultative » ne sont pas éligibles. N’a-t-on guère songé aux autres salariés parce que la question ne s’est pas posée jusqu’ici ? C’est possible ; un dirigeant nous a indiqué cependant qu’un entraîneur de son comité départemental s’était un jour présenté à l’élection. Président de région, il trouvait cette démarche « illogique » et s’en enquit, posant la question de sa légitimité auprès de son directeur de la jeunesse et des sports. « Il m’a répondu : si tu l’interdis, tu vas devant des ennuis. » L’homme a été élu…

La Fédération française de Natation n’a donc pas clairement prévu ce cas de figure. En général, les personnes interrogées sont assez troublées par ce cas. Ancien directeur technique adjoint de la Fédération, Jean-Pierre Le Bihan estime que Doyez n’a pas le droit de se présenter à l’élection en Île-de-France. A son avis, on se trouve en plein conflit d’intérêt.

On y est même déjà jusqu’au trognon. Doyez n’a pas fait que se présenter. Il a demandé expressément de recevoir les lettres et les curriculum vitae des autres postulants. On aimerait savoir de quel droit il fait une telle demande. Manifestement, Doyez joue déjà les patrons… et les censeurs.

DROIT DE NON-REPONSE

Afin de répondre à mon récent article sur les élections en Île-de-France mettant sa personne en vedette, Doyez a envoyé un poulet qu’il a adressé à Jean-Jacques Beurrier, Raymonde Demarle, Guy Canzano, Laurent Viquerat, Laurent Neuville et Aline Michelet, dans lequel il parle de lui-même à la troisième personne du singulier. Cela doit chatouiller son orgueil. Si le moi est haïssable, le Louis en revanche…

On y lit ainsi que « Louis était déjà bénévole et militant à la Fédération avant d’y être salarié. Il a été Président de club et de comité départemental. Il a cessé ses fonctions en prenant plus de responsabilités à la Fédération, pour éviter les mélanges de genre. » Que ne continue-t-il pas dans cette direction, en ne se présentant pas à l’élection tout en étant Directeur de la Fédé, comble du mélange des genres?

Doyez expose dans sa non-réponse biaisée à mon article toutes ses vérités nuageuses sur sa démission de Directeur. L’absence d’une lettre de démission de l’intéressé a été avérée par le secrétaire général de la Fédération qui ne l’a jamais vue. Toutes les postures de Doyez sur son changement d’orientation, en l’absence de démission, ne sont rien d’autre que ce qu’elles sont, des postures, voire une imposture. Les chiffres que j’avais avancé au sujet de son indemnité de licenciement, qu’il fustige, ne sont pas comme il dit des « fantasmes », mais des supputations basées sur son ancienneté, les lois et le niveau de ses émoluments. Et, si j’étais son représentant syndical, c’est ce que j’essaierais de lui obtenir.

Il se défend d’attendre de recevoir une telle somme. Or j’ai seulement supposé que pour trop de raisons financières – indemnités, chômage – Doyez ne donnera pas sa démission ! Il peut la donner, ce n’est pas mon problème, mais je n’y crois pas.

Doyez se donne l’air de répondre, mais il le fait systématiquement de côté; il dit ainsi mensongèrement que je lui ai refusé un droit de réponse. Il sait bien que c’est faux. Je n’ai jamais refusé aucun droit de réponse, aucun commentaire, sur mon site, pas plus à Louis qu’à Pierre ou Jacques (sauf les spams bien sûr) !

J’aimerais d’ailleurs avoir beaucoup plus de contradicteurs parce que je crois que parfois du débat jaillit la lumière.

Les faits: il m’a envoyé sur ma boîte mail un texte (d’ailleurs injurieux) et a exigé que je le passe. J’ai refusé d’effectuer cette manoeuvre à sa place et lui ai indiqué qu’il devait l’envoyer en commentaire sur le site Galaxie Natation, commentaire qui passerait de façon automatique, sans même d’ailleurs que j’en prenne connaissance, comme tous les autres commentaires. Il a refusé.

J’ai à disposition nos emails respectifs qui prouvent ce que j’avance là. Je crois avoir transféré, depuis la création de mon site une fois ou deux un texte de ma boîte mail vers les commentaires de Galaxie à la demande de Bruno Dencausse parce que son commentaire ne passait pas, peut-être aussi des points de vue de Quentin Muffat, d’Anna Santamans ou de Marie Wattel, parce que nous nous étions entendus d’avance sur la procédure.

Depuis l’ouverture de Galaxie, j’ai toujours laissé passer les commentaires défavorables, et n’en ai JAMAIS refusé ou effacé un seul.

Doyez a demandé aussi aux récipiendaires de son poulet de « résister à cette action destructrice » que serait une réponse à son texte, et donc de ne pas me communiquer sa lettre. Raté !

Ah! Une dernière chose: il parait que Doyez parle bien. Mais qu’est-ce qu’il écrit mal!