CHAMPIONNATS DE RUSSIE AVEC DU CLASSIQUE: MOROZOV, EFIMOVA ET DES RELAIS

Éric LAHMY

Samedi 15Avril 2017

Voici deux jours, l’e.revue (américaine) SwimSwam posait la question : le relais quatre nages russe peut-il battre les Américains aux mondiaux de Budapest ? Bien entendu, les Français peuvent prendre l’anecdote à la légère. Lancée par les Américains, on imagine un ton plus tragique, ou, à tout le moins, un peu émotionnel…

Certes, c’est le genre d’alerte un peu facile, vu que les Russes viennent de disputer leurs championnats nationaux, et ont qualifié leur équipe pour la Hongrie, et que les Américains font mumuse dans les meetings.

Pour ce fameux quatre nages, Rylov, 53s13 en dos, Kypcov, 59s36 en brasse, Kuimov, 51s97 en papillon et Morozov, 48s28 en crawl, dépassent certes le quatuor US 2017 dont on ne peut pas dire qu’il soit formé avant les sélections nationales, qui auront lieu sur le tard, excellente occasion d’alimenter le suspense. La nouvelle pour les Russes est l’arrivée d’un bon nageur de papillon. L’an dernier ils ont terminé 4e aux Jeux olympiques à 3s3 des US, lesquels avaient été mis en danger par le 100 brasse hors classe de Peaty pour la Grande-Bretagne. Il avait fallu toute le classe conjuguée de Phelps en papillon, puis de Adrian en crawl pour recoller et rendre l’avantage aux Cinquante Etats.

Mais il y a mieux : MOROZOV a pris la tête du 50 mètres en 2017 avec un temps de21s44 et colle à Nathan Adrian sur 100 mètres, 48s28 contre 48s18, quoique derrière l’Australien Cameron McEvoy, 47s91 .

L’un des grands mystères de la natation russe est l’incapacité de réussir au meilleur niveau. Manque de chance, âme slave peu propice à l’expression athlétique ou autre « explications », le relais russe a été régulièrement en-dessous des attentes. La façon dont son 4 fois 100 mètres s’est fait dépouiller par les Français, à Kazan, chez lui, aux mondiaux 2015, après avoir perdu aux Europe de Berlin, d’une seconde, face aux mêmes Français, illustre cette malchance, ce manque de réussite endémique à un niveau exceptionnel. Même chose en 2013, aux mondiaux de Barcelone, où les Russes avaient été précédés de 0s26 par les Français et 0s02 par les Américains…

Hormis les relais, les Russes seront servis par les mêmes individualités que ces dernières années, Morozov en sprint, Julie Efimova en brasse ; Rylov qui a enlevé tous les titres en dos messieurs, Daria K. Ustinova qui est haut placée sur 200 dos et Chimrova en papillon…

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Evgeny SEDOV, 21s74 ; 2. Vladimir MOROZOV, 21s76 (en demi-finale, 21s44, record russe). 100 libre : 1. Vladimir MOROZOV, 48s28 ; 2. Alexandr IZOTOV, 48s53 ; 3. Nikita Danila KOROLEV, 49s16 ; 4. Alexandr POPKOV, 49s35; 5. Nikita LOBINTSOV, 49s39. 200 libre: 1. Mikhail DOVGALYUK, 1’46s89; 2. Aleksandr KRASNYH, 1’47s14; 3. Danila IZOTOV, 1’47s16; 4. Nikita LOBINTSOV, 1’47s81. 400 libre: 1. Aleksandr KRASNYKH 3’45s79; 2. Ernest MAKSUMOV, 3’49S97; 3. Viacheslav ANDRUCHENKO, 3’50s21; 4. Aleksandr FEDOROV, 3’50s83. 800 libre: 1. Aleksandr KRANNYKH, 7’54s49. 1500 libre: 1. Ilya DRUZHININE, 15’3s76; 2. Iaroslav POTAPOV, 15’19s64..

50 dos: 1. Eugene RYLOV, 24s52; 2. Grigory TARASEVICH, 24s83. 100 dos: 1. Eugene RYLOV, 53s13; 2. Gregory TARASEVICH, 53s54; 3. Andrei SHABASOV, 53s77; 4. Clement KOLESNIKOV, 54s03; 5. Roman LARIN, 54s67; 6. Mark NIKOLAEV, 54s72. 200 dos : Eugene RYLOV, 1’53s81 ; Kliment KOLESNIKOV, 1’55s49. 

50 brasse : 1. Kiril PRIGODA, 27s12 Zanko VSEVOLOD, 27s44. 100 brasse:1. Anton KUPCOV, 59s36. 200 brasse: 1. Anton KUPCOV, 2’8s03; 2. Ilya HOMENKO, 2’8s09; 3. Kiril PRIGODA, 2’9s02; 4. Mihail DORINOV, 2’9s08; 5. Rustam GADIR, 2’9s18; 6. Viatcheslas SINKEVICH, 2’12s24. Finale B: 1. Evgeny SOMOV, 2’13s90.

50 papillon: 1. Oleg KOSTIN, 23s27; 2. Evgeny SEDOV, 23s56; 3. Andre ZHILKIN, 23s58; 4. Aleksandr POPKOV, 23s65. 100 papillon: 1. Egor KUIMOV, 51s97; 2. Aleksandr POPKOV, 52s18; 3. Eugene KOPTELOV, 52s24; 4. Daniel PAKHOMOV, 52s37; 5.  Viatcheslav PRUDNIKOV, 52s61; 6. Aleksandr SADOLNIKOV, 52s66. 200 papillon: 1. Daniel PAKHOMOV, 1’56s30; 2. Alexandr PRIBYTOK, 1’57s16; 3. Alexandr KUDASHEV, 1’57s21.

200 quatre nages : 1. Aleksandr OSIPENKO, 2’0s89 ; 2. Ivan TROFIMOV, 2’0s95. 400 quatre nages: 1. Aleksandr OSIPENKO, 4’16s88

DAMES.- 50 libre: 1. Rosalia NASRETDINOVA, 25s02 ; 2. Natalia LOVTSOVA, 25s09. 100 libre: 1. Rosalia NASRETDINOVA, 54s86; 2/Victoria ANDREEVA, 55s01; 3. Arina OPONYSHEVA, 55s02; 4. Maria KAMENEVA, 55s03. En demi-finale, Veronica POPOVA, 54s65 (et 6e en finale).  200 libre : 1. Veronika POPOVA, 1’57s72; 2. Victoria ANDREEVA, 1’58s48; 3. Anastasia GUZHENKOVA, 1’58s84; 4. Arina OPONYSHEVA, 1’59s06; 5. Daria MULLAKAEVA, 1’59s16. 400 libre: 1. Veronica POPOVA, 4’7s59; 2. Anna EGOROVA, 4’10s47; 3. Arina OPONYSHEVA, 4’12s52. 1500 libre : 1. Anastasia KIRPICHNIKOVA, 16’30s08.

50 dos : 1. Anastasia FESIKOVA, 27s93; 2. Daria K USTINOVA, 28s34.Polina EGOROVA, 27s93. 100 dos: 1. Polina EGOROVA, 1’0s21 (en demi-finale, 59s95); 2. Daria K. USTINOVA, 1’0s29; 3. Maria KAMENEVA, 1’0s32; 4. Anastasia FESIKOVA, 1’0s58; 5. Polina LAPSHYNA, 1’1s10; 6. Irinia PRIKHODKO, 1’1s12; 7. Daria VASKINA, 15 ans, 1’1s52. 200 dos: 1. Daria K USTINOVA, 2’7s23; 2. Polina EGOROVA, 2’10s45; 3. Irina PRIKHODKO, 2’10s49.

100 brasse: 1. Julia EFIMOVA, 1’5s90; 2. Natalia IVANEEVA, 1’7s39;… 5. Maria LIKOSOVA, 16 ans, 1’9s73;… 8. Margarita DRYAMINA, 15 ans, 1’10s44. 200 brasse: 1. Julia EFIMOVA, 2’21s35; Maria TEMNIKOVA, 2’24s80; Sophia ANDREEVA, 2’26s82.

50 papillon : 1. Svetlana CHIMROVA, 26s02 ; 2. Natalia LOVTSOVA, 26s71. 100 papillon : 1. Svetlana CHIMROVA, 57s17 (57s42 en demi). 200 papillon : 1. Svetlana CHIMROVA, 2’8s74.

200 quatre nages : 1. Viktorya ANDREEVA, 2’11s75 ; 2. Julia EFIMOVA, 2’12s53. 400 quatre nages : 1. Irina KRIGONOROVA, 4’45s43.

4 fois 200 libre: 1. Sverdlovsk, 8’0s83 (Daria K. USTINOVA, 1’58s33)

DIRECTION TECHNIQUE NATIONALE: LAURENT GUIVARCH, UN INTÉRIM, ET PLUS SI AFFINITÉS?

Éric LAHMY

Vendredi 14 Avril 2017

D’abord une note subjective (j’ai parfois l’impression de n’être que pure subjectivité). Laurent GUIVARC’H  me semble être une bonne idée pour la Fédération Française de Natation.

Si vous avez raté les chapitres précédents, je vous relis la note parue sur le site fédéral :

« Laurent GUIVARC’H nommé DTN par intérim – Suite à la proposition de Gilles SÉZIONALE, président de la FFN, auprès de la direction de Sports, de désigner Laurent GUIVARC’H pour la mission de DTN par intérim afin d’assurer la gestion des affaires courantes. Cette nomination a pris effet à compter du lundi 10 avril. Un appel à candidatures par instruction du CGO CTS va être prochainement lancé pour assurer la succession de Jacques FAVRE qui a occupé cette fonction durant vingt-quatre mois. »
Pendant longtemps, GUIVARC’H, je me suis contenté de ce qu’on m’en disait. L’homme avait de la moelle et des convictions, il s’était impliqué avec force dans la vie fédérale. Un jour où un interlocuteur me balançait des noms que je ne trouvais pas convenir à l’idée (non autorisée) que je me fais du DTN de la natation, je me suis inventé mes candidats à la Direction Technique Nationale. Et dans ma petite finale privée, sur des critères de sélection « miennement » arbitraires, j’ai retenu les noms qui suivent :  Carolle ANDRACA, Eric BOISSIERE, Michel CHRETIEN, Patrick DELEAVAL Richard MARTINEZ… et bien entendu Laurent GUIVARC’H. Et j’ajoutais en points d’interrogation pour l’avenir et sur leur bonne mine David NOLOT et Nicolas SCHERER.

Il y avait d’autres pointures mais que je ne connaissais pas assez ou dont j’avais perdu le contact depuis trop de temps, ainsi une ancienne CTN de synchro aujourd’hui « exilée » à l’INSEP…

Cet hiver, je devais vouloir comprendre certains fonctionnements de la natation française et j’ai contacté GUIVARC’H. Allez vous faire une idée au téléphone. Mais il avait un peu de temps, ce week-end, vu qu’il devait passer sur le billard le lundi suivant et avait donc coupé dans ses activités. On a pu parler.

L’impression que j’ai retirée de cette conversation, fut que ce garçon était taillé dans le bois dont on pourrait faire un futur DTN de natation. Il avait un fonctionnement intellectuel qui m’intéressait, une culture, évidente de par la riche palette de mots dont il disposait pour donner un point de vue précis. Et pour autant qu’on puisse apprécier dans une conversation, une vision, une idée, forgées à travers sa carrière au sein des conseillers techniques.

Laurent avait débarqué au sein de la Fédération Française de Natation en janvier 2007 en tant que salarié dans le cadre des « 1000 emplois STAPS » (1). Il était, selon ses propres termes, « issu d’une formation universitaire associant psychologie et physiologie », et avait « développé des compétences dans le cadre du sport de haut niveau, notamment dans le management d’équipes semi professionnelles. » Il avait été aussi un bon triathlète, deux fois deuxième du championnat de France par équipes à Rouen, avant de devenir entraîneur haut niveau bénévole, toujours de triathlon, à Toulouse, entre 2002 et 2008. Dans le même temps, de 2002 à 2006, il fut vendeur chez Décathlon, à Saint-Brieuc et Toulouse, autre expérience qui lui fit connaître les processus mis en oeuvre dans la grande distribution, et l’amena à mettre en place « un projet qui permit d’augmenter de 30% les ventes annexes aux produits phares. »

Peu après son entrée à la DTN, il réussit le concours de professeur de sport (en juin 2008). Titularisé avec avis très favorable, il devint conseiller technique national et connut trois directions techniques nationales en six ans, dans les équipes de Claude FAUQUET, de Christian DONZÉ et de Lionel HORTER. Expérience qu’il souligna d’un commentaire (peut-être ironique) : « une diversité de direction riche d’enseignements à différents niveaux. »

Ayant réfléchi et acté sur diverses missions, « analyse contextuelle et sportive des comités régionaux, analyse de la licence, prospectives de développement, action de formation », en 2014, Laurent avait posé sa candidature au poste et, mieux que ça. Son parcours en tant qu’athlète et entraîneur, estimait-il, lui offrait « également l’opportunité d’avoir une vision globale de l’environnement fédéral ! » Candidature écartée par Francis Luyce…

Or son projet ne manquait pas d’intérêt. Ayant prédit une prochaine inversion des résultats, glorieux, de la natation française, à Londres, et tout en sachant qu’il aurait du mal à rebondir à vingt mois des Jeux olympiques (on était en décembre 2014, et cela urgeait) il avait estimé devoir concevoir, « outre les aspects techniques traditionnels d’une direction technique, parcours d’excellence sportive, listes de haut-niveau, formation, etc. », un programme bâti autour de quatre « pôles » : sports et haut niveau, formation et recherche, prospectives et accompagnements, gestion des ressources humaines.

Selon Guivarc’h, il fallait bien se pénétrer des évolutions attendues du contexte pour établir une stratégie politique. Si la natation disposait d’atouts remarquables – forte pratique de masse, résultats brillants, champions emblématiques, progression dans tous les secteurs hormis la natation synchronisée, cote d’amour médiatique -, il convenait de prendre en compte le désengagement de l’Etat pour envisager une augmentation des financements privés, mais aussi la réforme territoriale, les menaces sur les CREPS…

Suivait une litanie de propositions  d’actions sur lesquelles il serait sans doute oiseux de digresser ici, concernant les pôles sports et haut niveau, formation et recherche, prospectives et accompagnements (stratégies de la licence), et gestion des ressources humaines.

L’une des raisons pour lesquelles la dernière mandature a écarté Guivarc’h en 2014 pourrait tenir à ce que sa proposition tendait à réduire l’actuelle place forte, la « direction générale » de la Fédération, voulue et cajolée par l’ancien président de la Fédération pour, dit-on non sans arguments,  faire pièce à la direction technique.

Dans le plan Guivarc’h, la direction technique redevenait le centre d’action de la Fédération, agissant directement sur les quatre pôles recensés plus haut. Et le pôle gestion et ressources humaines, évoqué plus haut, n’était rien autre que la direction générale réduite à la situation au-delà de laquelle elle n’aurait jamais dû s’enfler et se boursoufler.

Certes, me direz-vous, après tout mon laïus, n’en faites-vous pas trop pour un intérimaire du poste ? Sans doute, mais après tout, je ne dispose d’aucun « pouvoir » autre que celui de l’électron libre, jamais solidement lié à un atome, et, que son tempérament baladeur amène à participer seulement à la circulation électrique…

Voilà pourquoi, ne prétendant à rien de plus, je ne nommerai pas Guivarc’h au poste (le Diable m’en garde !), mais je dirai seulement qu’il peut constituer une bonne idée.

 (1). Sciences et techniques des Activités Physiques et Sportives.

ARENA A MESA : LEDECKY, 4’1s96 et 4’1s01, LA NAGEUSE QUI FAIT PEUR AUX MECS

Éric LAHMY

Vendredi 14 Avril 2017

On ne peut jamais trop dire ce qui peut se passer dans un meeting comme l’Arena de Mesa. A priori, quand on se trouve loin de l’échéance maximale de l’année, on voit de l’assez bon demi-fond et du moins bon sprint, en raison de la tendance des nageurs de ne pas couper et donc de moins affûter dans les courses de vitesse. Mais cela ne marche pas toujours ainsi. Et les deux courses de 100 mètres, celle des hommes, avec comme vainqueur Nathan Adrian, et celle des filles, avec en haut du podium la championne olympique Simone Manuel, sont parmi les plus rapides de cette journée du 13. 48s18 pour Adrian, 53s66 pour Manuel, c’est déjà du très bon sprint !

Bien entendu, il y a aussi la nageuse hors-normes toutes catégories, celle que dans une certaine forme de malhonnêteté et la défense du modèle de natation qu’elle s’efforce d’instituer, la FINA refuse de nommer nageuse de l’année depuis quelques saisons, parce qu’amateure et étudiante, et absente dans ce circuit de sous-préfectures qui s’appelle Fina World Cup : l’unique Katie LEDECKY.

En séries du 400 mètres, Ledecky a nagé 4’1s96. Fallait qu’elle fut pressée, le temps de qualification de la huitième était de 4’15s40. Elle échouait à onze centièmes de la qualification en finale de la course masculine, Katie. Le soir, elle remettait le turbo et claquait un 4’1s01. Avec ce temps, elle battait le dernier de la finale A et gagnait la finale B masculine… Et bien entendu, elle prenait la tête du bilan de l’année sur 400 mètres, deux fois plutôt qu’une, devant la championne de Chine, Bingjie LIE et ses 4’2s52.

Chinoise, elle aurait eu droit aux foudres des contempteurs de YE Shiwen à Londres, qui avait eu l’outrecuidance de finir son quatre nages plus vite que LOCHTE (air connu), mais ils ont mis une sourdine depuis cette mésaventure, et en outre, je crois que LEDECKY est insoupçonnable. Mais voilà, elle est aussi hors-normes…

A part ça, à Mesa, les performances ont été plus modestes. De façon inhabituelle, les deux premières du 100 mètres papillon dames, Kelsi WORRELL et Louise HANSSON, ont couvert les séries plus vite que la finale…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Nathan ADRIAN, 48s18; 2. Joao DE LUCCA, 49s67.

400 libre : 1. Mafrcelo ACOSTA, 3’53s38

200 brasse : 1. Josh PRENOT, 2’10s47 ; 2. Chase KALISZ, 2’11s29; 3. Kevin CORDES, 2’11s50; 4. Carlos CLAVERIE, 2’11s92; 5. Daniel ROY, 2’12s84.

100 papillon : 1. Tom SHIELDS, 52s42.

DAMES.- 100 libre : 1. Simone MANUEL, 53s66 ; 2. Mallory COMERFORD, 54s22 ; 3. Lia NEAL, 54s38 ; 4. Katie LEDECKY, 54s78 (en série, 54s71) ; 5. Kelsi WORRELL, 54s84 ; 7. Louise HANSSON, 54s92 (en série, 54s79).

400 libre : 1. Katie LEDECKY, 4’1s01; 2. Leah SMITH, 4’7s70 (en série, 4’7s31); 3. Mary-Sophie HARVEY, 4’11s48; 4. Sierra SCHMIDT, 4’11s57.

200 brasse : 1. Katie MEILI, 2’25s67 ; 2. Melanie MARGALIS, 2’25s71 ; 3. Madisyn COX, 2’25s89.

100 papillon : 1. Kelsi WORRELL, 58s60 (en série, 58s42) ; 2. Louise HANSSON, 58s80 (en série, 58s54).

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE: MACKENZIE HORTON JOUE ET GAGNE AU TIERCÉ : LE 1500 APRÈS LE 400 ET LE 200

Éric LAHMY

Jeudi 13 Avril 2017

Dernière journée de championnats australiens à Brisbane. Et voilà donc Mackenzie HORTON qui vient de réaliser la passe des trois titres de nage libre, du 200 mètres au 1500 mètres. Je n’ai guère de certitudes sur le sujet, mais je ne crois pas que plusieurs nageurs dans l’histoire du pays continent aient réussi au plan national ce coup parfait sur le programme de demi-fond. Je ne crois pas que Murray ROSE y soit parvenu mais il est vrai qu’il a nagé l’essentiel de sa carrière aux Etats-Unis d’Amérique. John KONRADS et Kieren PERKINS (et sans doute Grant HACKETT) l’ont réalisé à l’époque de leur splendeur. Ian THORPE était à ce niveau d’excellence mais il orientait son registre de demi-fond vers le 100, non vers le 1500 mètres et aller chercher PERKINS ou HACKETT sur 1500 mètres était une gageure!

HORTON n’est pas parvenu à dominer comme ces grands prédécesseurs, lesquels devaient en outre se coltiner d’autres Australiens qui affleuraient aux sommets de la natation mondiale. Son talent est indéniable, mais il lui manque, ce me semble, un peu « l’oeil du tigre » qui faisait la différence quand PERKINS, HACKETT ou, hors d’Australie, PHELPS, se mettaient à l’eau. Certes, il a montré un certain tempérament, aux Jeux de Rio, en face de Sun Yang…

HORTON est quasi-royal, puisque champion olympique, sur 400 mètres, mais a perdu un peu de sa majesté sur 1500 mètres après son échec (et mat) de Rio sur la distance, et son succès, à Brisbane, sur 200 mètres (en 1’46s83 contre Kyle CHALMERS, 1’46s87) ne lui garantit pas même une place en finale aux mondiaux de Budapest. Il se situe, sur les quatre longueur, à deux secondes du Chinois SUN Yang, nouveau leader de la saison en 1’44s91, voire du Coréen Tae-Hwan PARK, 1’45s16 en novembre dernier. Or de nombreux autres éléments devraient pouvoir s’intercaler, de Grande-Bretagne, des USA, de Russie, du Japon (les championnats de ces deux dernières nations se déroulent actuellement)

Sur 1500 mètres, HORTON s’est livré à un duel serré avec Jack McLOUGHLIN, menant d’assez peu pendant toute la course avant de décoller son adversaire au sprint dans les ultimes cent mètres…

Côté filles, les CAMPBELL ont enlevé comme prévu les deux premières places du 50. Bronte devance Cate, 24s56 contre 24s59, à distance respectueuse du meilleur temps de l’année de Sarah SJÖSTRÖM.

Se jouaient, au cours du dernier jour des championnats australiens, les titres et les qualifications sur 200 papillon et 200 quatre nages dames, et dans ces deux courses, ce ne furent pas des pures spécialistes de ces épreuves qui l’emportèrent. Sur 200 mètres papillon, la course paraissait ouverte après la « disparition » sans laisser d’adresse de Madeline GROVES. La vice-championne olympique du 200 mètres papillon des Jeux olympiques de Rio, à l’issue d’une course férocement disputée entre elle-même (2’4s88), Mireia BELMONTE qui l’emportait (2’4s85), et la petite Japonaise Natsumi OSHI, a décidé de s’offrir une année sabbatique ou Dieu sait quoi d’autre. Les media des Antipodes expliquent sans plus qu’elle « s’entraîne dans un autre pays. » Une promenade sur son instagram semble indiquer qu’elle s’entraîne (plus ou moins) en effet, en Californie, s’est baladée sur les croisettes de San Diego et a visité un vignoble localement fameux ! La belle vie, pour Madeline, dite Maddie, dite Mad, autant dire fofolle, et une autre façon de papillonner…

 EMMA McKEON ET EMILY SEEBOHM ARRONDISSENT LEUR LOPIN, ARIARNE TITMUS ASSURE LA RELÈVE EN DEMI-FOND

Absence au profil d’opportunité pour Emma McKEON qui, déjà qualifiée sur 100 et 200 libre et 100 papillon a tenté sa chance d’élargir son petit empire. Partie très vite, elle vécut un retour douloureux sur les deux secondes et demie d’avance qu’elle s’était octroyée dès les 100 mètres face à Brianna THROSSEL. 59s49 pour une fille qui vaut 57s27, c’est plutôt vite, non ? Mais THROSSEL n’était pas mieux lotie, car si elle passait en 1’1s74, son temps record sur 100 est de 58s83 et elle devait également s’employer presqu’autant qu’Emma pour passer une longueur de corps derrière.

Etaprès? THROSSEL finit mieux mais McKEON conserva un mètre d’avance.

Le 200 mètres quatre nages revint à Emily SEEBOHM, qui trouva expédient de s’évader de sa routine. L’Australie n’a pas retrouvé l’équivalent d’Alicia COUTTS, laquelle ne fut qu’une copie assez pâle de la grande Stephanie RICE (la double championne olympique des quatre nages des Jeux de Pékin). SEEBOHM engrangea une belle avance entre ses parcours initiaux, papillon et – bien sûr –  dos et ne fut jamais rejointe. Mais on ne croit pas qu’elle tentera sérieusement sa chance au plan international. Ce serait laisser la proie pour l’ombre.

En revanche, l’avenir du demi-fond australien pourrait être incarné en Ariarne TITMUS. Sur 400 mètres, cela a donné un temps de 4’4s82, 2e temps mondial de la saison, derrière la Chinoise Bingjie Li, 4’2s52. Mais il ne faut pas rêver, un tel temps lui donnera d’ici la fin de la saison la 10e place mondiale, très probablement, et un strapontin en finale de Budapest…

MESSIEURS.-  1 Mackenzie HORTON,     20 Melbourne Vicentre, 14.51s21 ; (56s63, 1:55s37, 2:54s45; 3:53s38, 4:52s80, 5:52s52, 6:52s51, 7:52s90, 8:53s42, 9:53s35, 10:52s.94, 11:52s77, 12:52s85, 13:53s14, 14:51s21);   2. Jack MCLOUGHLIN, Chandler, 14:54s95  (56s51,  1:55s67, 2:54s71, 3:53s85 (29s59); 4:53s36, 5:52s83, 6:52s88, 7:53s08, 8:53s58, 9:53s87, 10:54s08, 11:54s77, 12:55s67, 13:56s51, 14:54s95; 3.Joshua PARRISH, TSS Aquatics,   15.13s05 . 

50 dos: 1 Benjamin TREFFERS, UNAQ, 24s90; 2 Mitchell LARKIN, UNAQ, 25s10; 3 Joshua BEAVER, NUN, 25s37.

DAMES.- 50 libre: 1. Bronte CAMPBELL, Commercial, 24s56; (0s68); 2. Cate CAMPBELL, Commercial, 24s59 (0s81); 3. Shayna JACK, Commercial, 24s66 (0s70); 4. Brittany ELMSLIE, Brisbane Grammar, 25s02 (0s67).400 libre:  1. Ariarne TITMUS, St.Peters Western, 4.4s82; (28s45, 58s56 (30s11), 1.29s50 (30s94), 2.0s68 (31s18), 2.32s01 (31s33), 3.3s34 (31s33), 3.34s57 (31s23), 4.4s82 (30s25); 2. Kiah MELVERTON, TSS Aquatics, 4.09s80. 200 papillon:  1 Emma MCKEON, StPeters Western, 2.7s37 (27s59, 59s49 (31s90), 1.32s55 (33s06), 2.7s37 (34s82); 2. Brianna THROSSELL, West Coast Swim, 2.8s03 (29s04), 1.1s74 (32s70), 1.34s81 (33s07), 2.8s03 (33s22).200 4 nages:  1. Emily SEEBOHM, Brisbane Grammar, 2.11s89 (27s96, 1.1s01 (33s05), 1.40s03 (39s02), 2.11s89 (31s86); 2. Blair EVANS, West Coast Swim, 2:12.99; 3 Kotuku NGAWATI, 2.13s15.

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE : CAMERON MCEVOY DEVANT KYLE CHALMERS AUX CENT METRES, UN PARFUM VAGUE DE « REVANCHE » OLYMPIQUE

Éric LAHMY

Mercredi 12 Avril 2017

Je ne sais pas si le 100 mètres nage libre des championnats d’Australie, hier soir à Brisbane, constituait une revanche des Jeux olympiques, on ne se « venge » ni ne se « revanche » des Jeux olympiques, l’épreuve est trop à part, trop au-dessus des autres de par son impact, son audience. Mais enfin, l’accroche était belle. On pouvait savourer un goût de revenez-y dans cette course.

Résumé des chapitres précédents. Aux Jeux, Cameron MCEVOY, recordman du monde « maillot », avec 47s04, performance supposément de meilleure valeur que les 46s92 polyuréthane de Cesar CIELO, était le roi, et son jeune équipier Kyle CHALMERS, entrait en finale avec tout l’air d’un dauphin, d’un héritier qui apprenait le métier dans l’optique du titre de 2020. A l’arrivée, MCEVOY contre-performait grave, se perdait à la septième place, et CHALMERS s’emparait de la couronne : coup d’épée dans l’eau pour l’un, coup d’éclat, voire coup d’Etat pour l’autre.

On a tellement jasé et daubé sur la question qu’il peut paraître oiseux d’y revenir. Pour résumer, MCEVOY avait cédé au trac et CHALMERS s’était montré magistral. L’élève avait en effet battu le maître et réussi la passe magique, champion olympique et recordman du monde junior, qu’on avait vu jusqu’ici illustrée chez les filles (Ruta MEILUTYTE, Missy FRANKLIN à Londres, pour ne citer qu’elles).

Champion olympique ou pas, CHALMERS savait qu’il serait très menacé par un MCEVOY qui, après avoir fait amende honorable, était décidé à réussir une grande saison post-Rio. Il n’y avait pas de place pour deux rois sur 100 mètres, et il était décidé à reprendre son sceptre…

Sincèrement, je ne sais pas s’il sera champion du monde à Budapest cet été, MCEVOY n’a jamais été chanceux dans les grands coups, il s’est ainsi fait torcher par James MAGNUSSEN aux Jeux du Commonwealth en 2014, 48s11 contre 48s34, devancer par un éclopé du contrôle antidopage, le Chinois Ning ZETAO, 47s84 contre 47s95 en 2015 aux championnats du monde de Kazan, avant de se faire ramasser à Rio, aux Jeux, septième place de la course qu’il ne pouvait pas perdre.

TOUS DERRIÉRE ET CAMERON DEVANT

A part un succès d’estime aux Panpacifics, en 2014, où, fort d’un 47s82, il régla Nathan ADRIAN, 48s30, James MAGNUSSEN, 48s36 et Michael PHELPS, 48s51 – dans l’ordre, ce qui est toujours bon pour l’estime de soi –, il n’avait rien, en termes de victoires, qui puisse conforter son rang de maître sprinteur du monde…

L’homme parait fragile dans les grands rendez-vous.

Mais pas au niveau national.

A Brisbane, la course se scinda en deux. MCEVOY devant et tout le monde derrière. Et cela dura jusqu’au bout. Départ électrique, MCEVOY prenait un mètre à mi-course (atteinte en 22s73), les sept autres du « peloton » s’étageant entre 23s40 (CHALMERS) et 23s98 (Daniel SMITH). CHALMERS et Jack CARTWRIGHT effectuaient les meilleurs retours (en 24s80 et 24s91), ce qui les qualifiait pour Budapest, mais ne leur suffisait pas à reprendre MCEVOY, retour en 25s18, temps final 47s91, seul sous les 48 secondes…

Que dire d’autre ? Que le crawl australien est une machine impressionnante, bourrée de talents et de valeurs. Trois nageurs sous les 48s5, huit autre nageurs sous les 50 secondes et des jeunes à foison, CHALMERS et CARTWRIGHT ont dix-huit ans, TOWNSEND dix-neuf, un Joseph JACKSON de Brisbane, dix-sept ans, a nagé 51s29, un Elijah (Eli) WINNINGTON, de l’université de Bond, seize ans, une certaine ressemblance physique avec MCEVOY et une précocité à la Ian THORPE, a nagé 50s51 (et 1’48s76, et 3’54s65) cet été austral. Que du beau monde…

En revanche, l’Australie peine à trouver des spécialistes. Sur 200 mètres papillon, David MORGAN – fils d’une galloise, Amanda JAMES, concurrente aux Jeux olympiques de Montréal en 1976 – et Grant IRVINE, sont les leaders attitrés. A l’issue de leur duel au couteau, c’est le premier nommé qui a arraché sa qualification pour les mondiaux… Comme l’an passé pour les Jeux de Rio !

Sur 200 mètres dos dames, Emily SEEBOHM, santé retrouvée, a achevé son succès : rafle réussie dans les courses de la spécialité. Elle a devancé Kaylee MCKEOWN, la benjamine de la finale, à l’issue d’une course sans suspense qu’elle a mené de bout en bout, aggravant systématiquement son avance. Toutes deux étaient qualifiées pour les mondiaux. Un peu plus tôt, l’aînée de Kaylee, Taylor MCKEOWN, gagnait le 200 brasse, mais dans un temps insuffisant pour lui assurer un visa pour Budapest. Mais un repêchage n’est pas totalement exclu, comme pour Grant IRVINE d’ailleurs…

Déception en revanche pour Minna ATHERTON, 16 ans, qui a du mal à se remettre après une grande et prometteuse saison 2016, et finit cinquième, à quatre secondes de SEEBOHM, dont elle partage les entraînements à Brisbane.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Cameron MCEVOY, BOND, 47s91; 2. Kyle CHALMERS, MARI, 48s20; 3. Jack CARTWRIGHT, St. Peters Western, 48s43; 4. Zacchary INCERTI, West Coast Swim, 49s03; 5. Alexander GRAHAM, BOND, 49s19; 6. Louis TOWNSEND, Rackley, 49s28 (en série, 49s19); 7. Jack GERRARD, Melbourne Vicentre, 49s58; 8. Daniel SMITH, St. Peters Western, 49s77 en série, 49s53. En finale B: James ROBERTS, Somerset, 49s34; 2. Andrew ABOOD, MARI, 49s63.

200 papillon : 1. David MORGAN, TSSAquatics, 1’55s70 ; 2. Grant IRVINE, St. Peters Western, 1’56s05.

400 4 nages : 1. Clyde LEWIS, St. Peters Western, 4’18s60.

DAMES.- 200 dos: 1. Emily SEEBOHM, Brisbane Grammar, 2’7s03; 2. Kaylee MCKEOWN, 15 ans, USC Spartans, 2’8s98; 3. Hayley BAKER, Melbourne Vicentre, 2’9s26; 4. Stan WHITTAKER, Melbourne Vicentre, 2’9s60; 5. Minna ATHERTON, 16 ans, Brisbane Grammar, 2’11s32.

 200 brasse : 1. Taylor MCKEOWN, 2’23s58 ; 2. Tessa WALLACE, Pelicans, 2’25s45.

SARAH SJÖSTRÖM, 52s54 SUR 100 MÈTRES, RÉCOLTE LES PREMIERS FRUITS DE SA STRATÉGIE

Éric LAHMY

Mercredi 12 Avril 2017

Sarah SJÖSTRÖM a ajouté à son palmarès du meeting de Stockholm en nageant un 100 mètres en 52s54. Il s’agit de la meilleure performance mondiale de l’année et d’une grosse performance, à moins d’une demi-seconde du record mondiale de Cate CAMPBELL. SJÖSTRÖM améliore son record de Suède, 52s67, de treize centièmes.

Seule Cate CAMPBELL a nagé plus vite ces cinq dernières années, en 52s06 et 52s33.

Sans pouvoir la menacer, sa compatriote Michelle COLEMAN lui a offert une résistance acharnée, pour finir en 53s38. Sarah SJÖSTRÖM, sans rivale au plan de la vitesse pure, n’a pas chômé. Elle a viré en 25s17, avec plus d’un mètre d’avance sur COLEMAN, 25s79. Dans la deuxième moitié de course, SJÖSTRÖM améliorait encore un peu son avance. L’épreuve était marquée par l’absence de Pernille BLUME, la championne olympique du 50 mètres, que Sarah avait battue sur cette dernière distance, la veille, sans appel, en 23s83 contre 24s15.

On saisit mieux la stratégie adoptée par SJÖSTRÖM quand elle a décidé, à l’époque des Jeux olympiques de Rio, de changer d’entraînement. Ces quatre dernières années, ses coaches avaient axé sa préparation sur de l’endurance, et essayaient de l’amener plus en direction du 200 mètres, où elle avait commencé par des incursions en relais avant de tabler sur la course individuelle aux Jeux olympiques. Elle avait justement enlevé l’argent derrière Katie LEDECKY sur cette distance du 200 mètres qui représente en termes de temps d’effort un maximum pour une nageuse très grande, bâtie en force, très musclée, relativement lourde, pour le demi-fond du moins. SJÖSTRÖM s’était toujours refusé à tenter l’aventure sur 200 mètres papillon, qui demande en raison de l’effort du retour aérien simultané des deux bras et du gros effort dès lors consenti dans le dauphin des jambes une résistance encore accrue.

Il est possible que, médaillée d’argent sur 200 mètres et seulement de bronze sur 100 mètres, SJÖSTRÖM ait ressenti cette situation comme paradoxale au plan de ses qualités, et se soit dit qu’elle ait laissé la proie du 100 mètres pour l’ombre du 200 mètres. C’est sûr, la Suédoise va revenir à ses premières amours: 50 et 100 mètres, 50 et 100 mètres papillon, plus les relais. Elle doit se dire que ce programme suffira à son bonheur…

Au meeting de Stockholm, SJÖSTRÖM a laissé Michelle COLEMAN régner sur 200 mètres, alors qu’elle serait armée pour la devancer. Son choix nous parait judicieux : en face du monument LEDECKY, le chemin du sommet des podiums parait obstrué sur 200 mètres, alors que sur 100 et 200, la Suédoise parait bien placée pour l’emporter. La leçon donnée à BLUME sur 50 mètres avec un record de Suède à la clé, et le record du 100 mètres, montrent que Sarah SJÖSTRÖM s’apprête a vendanger large, cet été à Budapest.

Au cours de cette ultime journée, Jennie JOHANSSON a battu son propre record de Suède et réussi le meilleur temps mondial de ce début de saison 2017. Bonne nouvelle pour les Suédoises, car avec JOHENSSON en brasse, SJÖSTROM en papillon, et COLEMAN en crawl, elles ont les trois quarts d’un relais quatre nages de podium mondial.

MESSIEURS.- 50 libre : Niksja Stojkovski, NOR, 22s59. 800 libre : 1. Henrik CHRISTIANSEN, NOR, 7’49s. 200 dos : 1. Danas RAPSYS, LTU, 1’57s08; 2. Peter BERNEK, HUN, 1’57s66; 3. Geoffroy MATHIEU, Stade Clermontois, FRA, 1’59s96. 50 brasse : 1. Johannes SKAGIUS, SWE, 27s16; 2. Nicolas OBROVAC, CRO, 27s48; 3. Ilya SHIMANOVICH, BLR, 27s56; 4. Giedrus TITENIS, LTU, 27s63; 5. Jørgen SCHEIE BRÅTHEN, NOR, 27s83. 200 4 nages : 1. Philip HEINTZ, GER, 1’57s81; 2. David VERRASZTO, HUN, 2’0s30.

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 52s54; 2. Michelle COLEMAN, SWE, 53s38; 3. Evelin VERRASZTO, HUN, 55s07. 800 libre : 1. Sarah KÖHLER, GER, 8’25s32; 2. Celine RIEDER, GER, 8’34s97. 100 brasse : 1. Jennie JOHANSSON, SWE, 1’6s30 (record national, ancien, 1’6s63). 200 papillon : 1. Franziska HENTKE, GER, 2’6s84; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s05.  

 

CANADA: LES FILLES DERRIÈRE MASSE LES GARÇONS À LA RAMASSE

Éric LAHMY

Mardi 11 Avril 2017

Les championnats du Canada, qui viennent de s’achever, ont confirmé la faiblesse de leur natation masculine (concurrence du hockey sur glace et autres sports traditionnels ?) et la bonne santé compétitive de leurs nageuses. Ayant perdu leur as du 1500 mètres Ryan Cochrane, joyeux retraité, une feuille d’érable serait bienvenue pour cacher que leurs hommes son nus.

A défaut de révélation de l’année, Kylie Masse pourrait bien en constituer la confirmation, après sa médaille de bronze des Jeux de Rio. Bien entendu, les bilans de cette saison sont très évolutifs et vont bouger, mais pour l’instant, voici Kylie première du monde sur 100 et 200 mètres dos en 2017 (or Emily Seebohm a nagé en Australie, qui sera une de ses adversaires les plus dangereuses aux mondiaux de Budapest, et elle n’a pas fait mieux).

Sur 200 mètres dos, Hilary Caldwell (qui progresse toujours à 25 ans) est 2e, et Penelope Oleksiak, qui avait longuement coupé après ses exploits de Rio, a retrouvé une forme suffisante pour se qualifier autant sur 100 papillon que sur 100 libre…

On retrouve beaucoup de noms connus de nageuses olympiques de l’année dernière, dans l’équipe qui se rendra à Budapest, mais il y a aussi du renouveau, avec ainsi Mackenzie PADINGTON qui a par exemple gagné 20 secondes sur son temps d’engagement du 800 mètres pour enlever le titre en 8’35s10. Ci-dessous, les noms des nageuses dans l’ordre des places dans le bilan mondial 2017, qualifiées ou non pour Budapest.

Pour l’instant , Kylie MASSE est 1ère du 100 mètres dos et 1ère du 200 mètres dos, 25e du 200 mètres quatre nages, Hilary CALDWELL est 2e du 200 mètres dos, Penny OLEKSIAK est 4e du 100 mètres papillon et 12e du 100 mètres libre, Sydney PICKREM est 4e du 400 mètres quatre nages, Kierra SMITH est 7e du 200 mètres brasse, Marie-Sophie HARVEY est 6e du 400 mètres quatre nages et 12e du 200 mètres, Katerine SAVARD est 8e du 100 mètres papillon, et 9e du 200 mètres, Erika SELTENREICH-HODGSON est 9e du 200 mètres quatre nages et 15e du 400 mètres quatre nages, Dominique BOUCHARD est 11e du 100 mètres dos et 16e du 200 mètres dos, Michelle TORO est 12e du 50 mètres, Marie-Sophie HARVEY est 13e du 200 mètres quatre nages,17e et 18e du 400 mètres, et 22e du 200 mètres brasse, Ashley MCGREGOR est 13e du 200 mètres brasse, Sarah DARCEL est 14e du 200 mètres quatre nages et 14e du 400 mètres quatre nages, Sandrine MAINVILLE est 15e du 100 mètres, Rachel NICOL est 15e du 100 mètres brasse, Rebecca SMITH est 16e du 100 mètres papillon, Mackenzie PADINGTON est 17e  du 400 mètres, Olivia ANDERSON est 17e du 800 mètres, Kennedy GOSS est 21e du 400 mètres, Danica LUDLOW est 25e du 400 mètres.

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Alex LOGINOV, TSC, 22s24.

1500 libre : 1. Eric HEDLIN, UVIC-PCS, 15’8s35.

100 brasse : 1. Richard FUNK, TSC/ HPCO, 1’0s03.

200 papillon : 1. Mack DARRAGH, OAK, 1’57s94.         

200 4 nages : 1. Mack DARRAGH, OAK, 2’1s32.

DAMES.- 50 libre : 1. Michelle TORO, NYAC/ HPCO, 24s95.

800 libre : 1. Mack PADINGTON, ISC, 8’31s68; 2. Olivia ANDERSON, ESWIM, 8’37s12.

200 papillon  : 1. Katerine SAVARD, CAMO, 2’12s47.    

200 4 nages : 1. Sydney PICKREM, ISC/ TA&M, 2’9s56; 2. Erika SELTENREICH-HODGSON, GO/ HPCVAN, 2’10s97; 3. Sarah DARCEL, ISC, 2’12s51; 4. Kylie MASSE, WEST/ UT, 2’13s18.

EMMA MCKEON, SYLPHIDE DES ANTIPODES, MARQUE SON TERRITOIRE: 100, 200 ET 100 PAPILLON

Éric LAHMY

Mardi 11 avril 2017

Brisbane.- La troisième journée des championnats d’Australie 2017, à la différence des deux premières, a donné de bons résultats, mais sans relief, à l’exception du 200 mètres nage libre d’Emma MCKEON gagné en 1’55s68. Fille d’entraîneur, sœur de nageur, Emma ne fait pas trop de vagues, mais constitue une valeur sûre de la natation australienne, et, en face de colosses au féminin comme SJÖSTRÖM, LEDECKY, ou CAMPBELL, parvient à maintenir sa silhouette légère, voire un peu frêle (avec son 1,80m – quand même – pour seulement 60kg, cette nutritionniste en herbe fait un peu sous-alimentée, surtout comparée aux noms qui précèdent) à un niveau respectable.

C’est, il est vrai une pro de la natation, qui ne fait guère de sentiment et n’a pas hésité à quitter un coach, ami de la famille, qui ne lui convenait pas, pour rejoindre le groupe d’entraînement qui s’accordait à ses ambitions. On le comprendra, cette Emma là ne bovaryse pas !    

L’air de ne pas y toucher, MC KEON, après trois jours de compétition, s’est qualifiée pour les mondiaux dans trois courses individuelles, 100 mètres, 200 mètres et 100 mètres papillon, et dans les trois relais. Disons-le, il lui manque un petit quelque chose sur deux longueurs de bassin. Cette fille qui vient du demi-fond n’est pas une sprinteuse née, et je pense que son gabarit comme la puissance de ses fibres musculaires la dirigeaient vers l’excellence sur 400 mètres. Mais elle a préféré nager vite, choix qui la confronte à ses limitations athlétiques. En l’état des choses, c’est donc sur 200 mètres qu’elle obtient les meilleurs résultats…

Au Brisbane Aquatic Center de Brisbane, hier, MCKEON s’est vite trouvée sans adversaire à sa mesure dans sa finale, nulle n’étant disposée à la suivre dans sa tentative de nager vite. Déjà, les séries avaient montré qu’elle nageait dans d’autres eaux. Esseulée, ayant construit dès les cent premiers mètres une avance de deux longueurs sur le groupe des autres finalistes, elle en était réduite à bâtir sa course toute seule ; on ne peut dire si ce genre de scénario a pu jouer, chronométriquement, à son avantage ou non, mais sans avoir à lutter, elle a signé un temps éloigné de 0s85 de son record australien, 1’54s83 un an plus tôt, au jour près, et à trois quarts de seconde des 1’54s92 qui lui donnèrent la médaille de bronze aux Jeux olympiques de Rio, derrière Katie LEDECKY, 1’53s73, et Sarah SJÖSTRÖM, 1’54s08, et devant une Federica PELLEGRINI verte de rage d’avoir été éjectée du podium.

Ces derniers jours, PELLEGRINI, SJÖSTRÖM mais aussi une autre nageuse suédoise, Michelle COLEMAN (généralement entraînée en Australie) ont montré des dispositions ambitieuses sur la distance, et si l’on ajoute la redoutable LEDECKY, voilà ce que seront les noms qu’on retrouvera dans la bataille pour la victoire aux prochains championnats du monde. Au jour d’aujourd’hui, COLEMAN (finaliste à Rio de Janeiro 2016, 7e en 1’56s27) mène la danse avec 1’55s64, un temps signé le week-end passé, trois jours avant MCKEON, à Stockholm. Emma suit avec 1’55s68 donc, et PELLEGRINI ferme la marche avec 1’55s94 (à Riccione, le 7 avril)…

… Ferme la marche, façon de dire parce que derrière, en embuscade, on trouve du beau monde : la petite merveille japonaise Rikako IKEE, 1’56s33 le 27 janvier dernier à Tokyo, n’est pas très loin [IKEE, dont le registre est exactement le même qu’Emma, 100 et 200 mètres, 100 mètres papillon]… Et la grande Chinoise SHEN DUO, bientôt 20 ans, autre finaliste de Rio, n’est pas loin non plus avec 1’56s71.

On a là à peu près toutes les finalistes de Budapest, en ajoutant les deux Américaines et, avec points d’interrogation, quelques autres nageuses, Femke HEEMSKERK (certes tellement fragile en grande compétition), Katinka HOSSZU, Charlotte BONNET. Déjà onze filles pour huit places en finales, j’en connais qui vont à avoir du mal à passer le portillon.

En séries de ce 200 mètres, Cate CAMPBELL avait hérité du huitième temps, 2’0s01. Qualifiée pour la finale, elle avait jugé bon de déclarer forfait.

CAMPBELL a donné quelques explications intéressantes sur sa finale « ratée » du 100 mètres. Pour elle, rien à voir avec sa contre-performance des Jeux. « J’ai décidé d’être dilettante à l’entraînement cette saison, qui est une année demi-sabbatique, a-t-elle déclaré en substance. Je n’avais pas les moyens de nager deux bons 100 mètres dans la même journée. »

Sur 100 mètres dos messieurs, Mitchell LARKIN l’a certes emporté, mais dans un temps, 53s54, moyen pour lui. Et sa place dans le bilan de l’année, 3e derrière Jiayu XU, Chine, 53s02, et Matthew GREVERS, USA, 53s31, ne doit pas faire illusion. LARKIN est loin de la forme qui fit de lui un double champion du monde en 2015 à Kazan. En face de Ryan MURPHY, champion olympique et recordman du monde (51s97), les 53s54 de LARKIN ne pèsent pas lourd : une place en finale de Budapest, mais guère mieux.

Cela dit, LARKIN, déjà à Rio, ne s’était pas montré à son avantage sur 100 mètres dos. Il parait s’orienter vers la distance double… A voir.

MESSIEURS.- 100 dos : 1. Mitch LARKIN, UNAQ, 53s54 (25s85 + 27s69) ; 2. Zac INCERTI, West Coast, 53s95 ; 3. Joshua BEAVER, NUN, 54s03; 4. Benjamin TREFFERS, UNAQ, 54s06.

100 brasse : 1. Daniel CAVE, MVC, 1’0s45; 2. Matthew WILSON, SOSC, 1’0s54; 3. Tony SISCIPIO, ROC, 1’0s95.

200 4 nages : 1. Clyde LEWIS, St Peters Westren, 1’59s24.

DAMES.- 200 libre : 1. Emma MCKEON, St.Peters Western, 1’55s68 ; 2. Ariarne TITMUS, St.Peters Western, 1’58s11; 3. Kotuku MGAWATI, MVC, 1’58s24; 4. Leah NEALE, USC Spartans, 1’58s40; 5. Madison WILSON, St.Peters Western, 1’58s93; 6. Mika SHERIDAN, USC Spartans, 1’58s96.   

50 dos : 1. Holly BARRATT, ROC, 27s60; 2. Emily SEEBOHM, Brisbane Grammar, 27s78; 3. Kaylee MCKEOWN, USCSpartans, 28s11; 4. Minna ATHERTON, Brisbane Grammar, 28s16.

50 papillon : 1. Brittany ELMSLIE, Brisbane Grammar, 26s48.

STOCKHOLM: SARAH SJÖSTRÖM ÉCRASE LE SPRINT ET CONFIRME SON ÉNORME CLASSE

Éric LAHMY

Mardi 11 Avril 2017

A Stockholm, hier, pendant que Katinka HOSSZU effectuait son numéro habituel, multipliant les entrées et les podiums et au cours des 2e et 3e journée du meeting, enlevait le 200 dos, les courses de quatre nages, et finissait 2e du 400 et du 100 mètres dos, Sarah SJÖSTRÖM visait pour sa part des grosses performances.

Après un 50 mètres papillon, le premier jour, en 24s96, elle s’est imposée avec panache sur 50 mètres nage libre (en 23s83, devançant au passage la championne olympique danoise Pernille BLUME, puis sur 100 papillon, où elle laissait une autre Danoise, Emilie BECKMAN, loin derrière son battement de dauphin…

Avec son temps du 50 mètres, SJÖSTRÖM aurait battu BLUME dont la victoire aux dépens des favorites australiennes Cate et Bronté Campbell, méconnaissables, avait constitué l’une des surprises des jeux de Rio. Pernille l’avait emporté en 24s07 devant Simone Manuel (USA), 24s09, et Aliaksandra Herasimenia (Belarus), 24s11. Sjöström ne s’était pas engagée sur 50 mètres aux Jeux, ayant dû choisir entre les diverses courses de sprint et de sprint prolongé qui entrent dans ses cordes. Elle avait fini les Jeux médaillée de bronze du 100 mètres, d’argent du 200 mètres et d’or du 100 mètres papillon, implosant son record du monde de cette dernière distance en 55s48 et ne laissant aucune chance à sa seconde, la Canadienne Penny Oleksiak, 56s46, record mondial junior.

En réalisant 56s26, à Stockholm, la grand Sarah montre une forme certes en-dessous de celle, éblouissante, dont elle avait fait étalage à Rio. Mais ce temps est exactement celui avec lequel elle avait dominé les séries de l’épreuve olympique : un temps qu’elle seule avait pu dépasser au Brésil, un temps qui lui aurait permis d’être championne olympique l’été dernier…

Ces performances sont bienvenues pour Sjöström qui avait décidé à l’approche des Jeux de Rio qu’elle abandonnerait son coach depuis quatre ans, Carl Jenner, et son autre mentor, Andreï Vorontsov, parce qu’elle désirait du changement pour relancer sa carrière… Certes son nouvel entraîneur Johan Wallberg, un ancien nageur de bon niveau, n’était pas un inconnu, étant l’entraîneur et le mari de Therese Alshammar et un responsable du centre d’entraînement fédéral de Stockholm.

Non contente de briller individuellement aux Jeux, Sjöström avait aussi magnifiquement joué le jeu des relais, qualifié pour ainsi dire à elle seule le quatre fois 100 mètres qu’elle avait ramené grâce à son parcours de la dixième à la sixième place des séries ; elle en avait fait de même sur quatre fois 200 mètres où son 1’57s terminal avait fait gagner deux places à son équipe qui entrait en finale aux dépens de la Grande-Bretagne et la France. Il n’y a que dans le relais quatre nages que sa belle prestation n’a pas suffi à qualifier la Suède…

C’est donc une sympathique équipière et une nageuse généreuse que la grande Sjöström, et, de ce fait, une championne qu’on aime voir gagner !

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Quy Phuoc HOANG, VIE, 49s96.

200 libre : 1. Danas RAPSYS, LTN, 1’47s10; 2. Clemens RAPP, 1’47s70.

1500 libre : 1. Wojciech WOJDAK, POL, 14.54s07; 2. Henrik CHRISTIANSSEN, NOR, 14’59s56; 3. Florian WELLBROCK, GER, 15’2s91.

50 dos : 1. Gustav HöKFELK, SWE, 25s34.

100 dos : 1. Danas RAPSYS, LTU, 54s57.

100 brasse : 1. Giedrud TITENIS, LTU, 1’0s15 ; 2. Erik PERSSON, SWE, 1’0s39 ; 3. Ilya SHYMANOVICH, BLR, 1’0s76 (en série, 1’0s52); 4. Andrius SIDLAUSKAS, LTU, 1.1s03.  En series, Johannes SKAGIUS, SWE, 1’0s66.

100 papillon: 1. Philip HEINTZ, GER, 52s12; 2. Yauhen TSURKIN, BLR, 52s47.

200 papillon: 1. Tomoe Zenimoto HVAS, NOR, 2’1s13.         

400 4 nages: 1. David VERRASZTO, HUN, 4’10s21; 2. Peter BERNEK, HUN, 4’15s00.

DAMES.-50 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 23s83; 2. Pernille BLUME, DEN, 24s15.

400 libre : 1. Sarah KOHLER, GER, 4’6s72; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 4’1152.

100 dos : 1. Michelle COLEMAN, SWE, 1’0s28; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 1’0s59.

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’12s93.

50 brasse : 1. Jennie JOHANSSON, SWE, 30s57 (en série, 30s39).

200 brasse : 1. Rikke Moller PEDERSEN, DEN, 2’25s59.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 56s26 (26S47 + 29s79); Emilie BECKMAN, DEN, 58s58. SJÖSTRÖM nage 56s90 en séries (26s55 + 30s35).

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’11s87 (en série, 2’10s92); 2. Evelin VERRASZTO, HUN, 2’12s82.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’40s90 (en série, 4’39s31).

MACKENZIE HORTON VAINQUEUR SURPRISE DU 200 LIBRE

Eric LAHMY

Lundi 10 Avril 2017

Je me demandais depuis un ou deux ans comment Mackenzie Horton pouvait-il nager si vite sur 400 mètres sans en gagner une sur 200 mètres ? Voilà une question que je ne me poserai plus, car Horton a gagné le 200 mètres des championnats d’Australie (après s’être qualifié au forceps pour la bonne finale, en dernière position). Il a ajouté un nouveau chapitre à la longue saga des « derniers qualifiés qui gagnent la course », illustrée par une multitude d’exemples, comme ceux de Vladimir Salnikov et de Kieren Perkins dans les 1500 mètres des Jeux olympiques de 1988 et de 1996.

D’une certaine façon, d’ailleurs, « Mac The Knife » ne semblait même pas participer à la course. Il passait bon dernier aux 50 mètres, et, aux 100 mètres, alors que tous les autres nageurs s’étageaient entre 52s12 (Cameron McEvoy qui menait la danse) et 52s60 (Lewis Clyde), lui-même paraissait supporter en 53s38 son chemin de croix. Mais après la mi-course, alors même que le train suivi par les leaders n’avait rien de démentiel, ils durent juger bon de ralentir un peu afin de préparer le sprint, ou encore parce qu’ils craignaient de ne pas aller jusqu’au bout. Horton, au contraire, maintenait son allure, voire accélérait. Au dernier virage, encore bon dernier, il n’était plus qu’à trois quarts de longueur de McEvoy, toujours leader.

Au moment de jeter les dernières forces dans la bataille, deux nageurs émergèrent, en fait : Kyle Chalmers, le jeune champion olympique du 100 mètres, lequel achevait son parcours en 26s54, et, mieux encore Horton, 26s11. Horton l’emporta de quatre centièmes tandis que McEvoy qui n’est plus que l’ombre du nageur super résistant qu’il fut dans le temps, finissait 5e.

On peut penser qu’avec le temps, Horton suit une filière classique, qui consiste à raccourcir les distances nagées et gagne un peu en vitesse (parfois au détriment de l’endurance).

Mackenzie Horton, 25s51, 53s38 (27s87), 1’20s72 (27s34), 1’46s83 (26s11).

Kyle Chalmers, 25s08, 52s50 (27s42), 1.20s33 (27s83), 1.46s87 (26s54).

Alexander Graham, 25s17, 52s37 (27s20), 1.20s29 (27s92), 1.47s39 (27s10)

 

Sur 100 mètres dos, on a assisté à un retour d’Emily Seebohm. La championne du monde de Kazan, qui avait faseyé à l’issue de sa saison olympique, s’est retrouvée à son top. 58s62, un joli temps, occulté seulement en 2017 par la performance (58s21) de la Canadienne Kylie Masse. Elle a devancé de la tête et des épaules d’inoxydable Holly Barrat, 29 ans, 59s66, tandis que la jeune vague qui paraissait devoir tout emporter en 2016, avec Kaylee McKeown et Minna Atherton, aujourd’hui âgées respectivement de seize et de quinze ans, se perdait en milieu de finale. Idem pour Madison Wilson, qui avait secondé et menacé à la fois Seebohm en 2015.

Seebohm a explicit ses contre-performances de Rio par deux soucis gardés secrets à l’époque, une dent de sagesse et surtout une endométriose, un souci mal placé dans les organes féminins dont les symptômes l’affaiblissaient et la perturbaient. Après une double opération, Seebohm s’est retrouvée pleinement.

C’est fou ce que ces nageurs tombent malades, entre Franklin (dos, puis épaules), les Campbell (hanches, épaules, hernies à répétition), Magnussen (épaules),Mireia Belmonte (épaules), et maintenant Emily Seebohm.