BRESIL. – CIELO, FRATUS ET MEILUTYTE AU MARIA LENK

Mardi 17 Avril 2018

Le Trophée Maria Lenk 2018, championnat du Brésil en grand bassin dont le nom honore la mémoire de la première Brésilienne qualifiée aux Jeux olympiques, démarre aujourd’hui. On y retrouve l’éternel Cesar Cielo, toujours recordman du monde des 50 et 100 mètres nage libre qui s’est engagé sur 50 dos, papillon et libre et sur 100 libre. Cielo reprendra ses duels sur 50 et 100 libre avec Bruno Fratus. Parmi les concurrents internationaux, la championne olympique lituanienne de Londres et recordwoman du monde du 100 brasse, Ruta Meilutyte, qui sera engagée dans les trois courses de brasse ainsi que sur 50 m nage libre, et la Néerlandaise Kira Toussaint.

On y verra aussi, bien entendu, les meilleurs nageurs brésiliens Comme Brandonn Almeida. Le Maria Lenk est couplé avec une compétition d’eau libre

LE NOUVEAU BOSS DU 1500 MÈTRES EST ALLEMAND ET S’APPELLE FLORIAN WELLBROCK

Éric LAHMY

Dimanche 15 Avril 2018

Florian Wellbrock, vous connaissez ? C’est aujourd’hui le plus rapide nageur  de 1500 mètres au monde. Le 5 avril dernier, à Stockholm, il a réussi 14’40s69 sur la distance, laissant l’Ukrainien Mykhaylo Romanchuk à dix secondes. Romanchuk, rappelons-le, s’était imposé ces derniers mois comme le plus redoutable rival de Gregorio Pellegrini, qu’il avait défait aux championnats

Le temps de Wellbrock fait de lui, selon SwimSwam Allemagne, le performer mondial de l’histoire, derrière : 1er Sun Yang, Chine, 14’31s02 à Londres le 28 juillet 2012 (en finale des Jeux olympiques), 2e Gregorio Paltrinieri, Italie, 14’34s04 à Londres le 16 mai 2016, 3e Grant Hackett, Australie, 14’34s56 à Fukuoka, Japon, le 29 juillet 2001, 4e Mykhailo Romanchuk, Ukraine, le 30 juillet 2017 à Budapest, 5e Oussama Mellouli, Tunisie, 14’37s28 le 2 août 2009 à Rome, 6e Connor Jaeger, USA, 14’39s48, le 13 août 2016 à Rio, 7e Mackenzie Horton, Australie, 14’39s54 le 7 avril 2016 à Adelaïde, Australie, 8e Ryan Cochrane, Canada, 14’39s63 le 28 juillet 2012 à Londres.

Wellbrock a vingt ans. Il est né le 19 août 1997 à Brème, et nage au SC Magdeburg.

Il a battu de plus de neuf secondes le record d’Allemagne, vieux de 27 ans, de son compatriote Jorg Hoffmann, et amélioré son record personnel de quinze secondes… Les 14’50s36 d’Hoffmann avaient été établis en janvier 1991 à Perth, en Australie, lors des mondiaux, à l’issue d’un duel serré avec l’Australien Kieren Perkins, deuxième à 0s22, mais qui s’emparerait du record et deviendrait champion olympique de la distance à Barcelone en 1992.  

Wellbrock ne ressemble en rien au colosse avec son 1,97m pour 87kg, qu’était Hoffmann, nageur issu d’Allemagne de l’Est, et auquel malheureusement son entraîneur avait procuré un anabolisant, l’oral-turinabol. C’est un gabarit grand, certes, mais léger, 70kg pour 1,85m, et un nageur ultra-résistant, un peu comme Paltrinieri, quoique sa nage soit très différente de celle de l’Italien, plus longue, et appuyée par un battement beaucoup moins insignifiant que celui du champion olympique de Rio. Sa vitesse de base relativement faible est illustrée par le fait que Wellbrock a nagé à Stockholm, en 3’47s17 sur 400 mètres, où il a été battu par son compatriote Mühlleitner, en 7’46s85 sur 800 (record d’Allemagne, ancien, 7’49s12 par Christian Kubusch en 2010. Soit une vitesse moyenne de 56s8 sur 400, 58s5 sur 800 et 58s7 sur 1500 mètres. Sa perte de vitesse par section de cent mètres entre son 400 et son 1500 mètres est d’une seconde neuf dixièmes, alors que pour Sun Yang à Londres, elle était de trois secondes… Ses records personnels sur les distances plus courtes de nage libre sont 52ss22 au 100 mètres et 1’49s27 au 200 mètres.

Avec de telles qualités d’endurance, pas étonnant si Wellbrock est champion d’Allemagne des 5 kilomètres, en eau libre, en 53’22s02. S’il n’a pas nagé au mondial de Budapest, sur le lac Balaton, c’est parce qu’il s’était aussi qualifié sur 1500 mètres et le programme lui rendait aléatoire de présenter les deux épreuves aux mondiaux 2017. Il avait fini 17e du 1500 mètres en 15’7s43.

Le duel avec Romanchuk parut longtemps incertain. Les deux hommes, qui nageaient à deux lignes d’eau de distance, étaient comme collés par un fil invisible, et seul le chronométrage électronique les différenciait. Ce n’est qu’au 1150 mètres que Wellbrock prit une avance qui sembla déterminante. Plus l’arrivée approchait, plus Wellbrock accélérait, et si Romanchuk garda son rythme, l’Allemand passa la vitesse supérieure, et terminait en boulet de canon, 55s36 dans les derniers cent mètres, 26s93 aux derniers 50 mètres ! Il avait accompli son ultime 400 mètres en 3’50s26…

La course dans son entier peut être vue sur :

https://swimswam.com/video-florian-wellbrock-1-world-ranking/

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Pieter Timmers, BEL, 48s87. 200 libre : 1. Danas Rapsys, LIT, 1’45s12.

400 libre : 1. Henning Mühlleitner, GER, 3’46s98; 2. Florian Wellbrock, GER, 3’47s17; 3. Victor Johansson, SWE, 3’47s92. 800 libre: 1. Florian Wellbrock, GER, 7’46s85; 2. Victor Johansson, SUE, 7’49s77; 3. Henning Mühlleitner, GER, 7’51s73. 1500 libre : 1. Florian Wellbrock, GER, 14’40s69; 2. Mykhaylo Romanchuk, Energy Standard, UKR, 14’50s91; 3. Sergyi Frolov, Energy Standard, RUS, 14’56s81; 4. Viktor Johansson, SUE, 15’3s74. 50 dos : 1. Grigoryi Tarasevich, RUS, 25s28. 100 dos : 1. Grigoryi Tarasevich, RUS, 54s24. 200 dos : 1. Danas Rapsys, LIT, 1’56s84. 100 brasse : 1. Anton Chupkov, RUS, 59s61. 200 brasse : 1. Anton Chupkov, RUS, 2’8s07 ; 2. Erik Persson, SUE, 2’9s36 ; 3. Giedrus Titenis, LIT, 2’10s32 ; 4. Kirill Prigoda, RUS, 2’11s74 ; 5. Mikhail Dorinov, RUS, 2’12s38.

50 papillon : 1. Konrad Czerniak, POL, 23s62 : 2. Joeri Verlinden, NED, 23s64. 100 papillon : 1. Yauhen Tsurkin, Belarus, 52s37. 200 papillon : 1. Bence Biczo, HUN, 1’57s07. 200 4 nages : 1. Philip Heinz, GER, 1’59s06.

DAMES.- 50 libre : 1. Sarah Sjöström, SUE, 24s08 ; 2. Mimosa Jallow, FIN, 24s90. 100 libre : 1. Sarah Sjöström, SUE, 52s77. 400 libre : 1. Sarah Koehler, GER, 4’7s26. 800 libre : 1. Sarah Koehler, GER, 8’24s67. 1500 libre : 1. Sarah Koehler, GER, 15’59s83. 100 dos : 1. Mimosa Jallow, FIN, 1’0s74. 200 dos : 1. Daria K. Ustinova, RUS, 2’9s41. 50 brasse : 1. Ida Hulkko, FIN, 30s77. 50 papillon : 1. Sarah Sjöström, SUE, 25s11. 100 papillon : 1. Sarah Sjöström, 56s35. 200 papillon : 1. Franziska Hentke, GER, 2’7s90.

ITALIE, CHAMPIONNATS: PALTRINIERI SOLIDE MAIS SANS ÉCLAT, QUADARELLA  « TRIPLE », 400 APRÈS 800 ET 1500

Éric LAHMY

Dimanche 15 Avril 2018

Sans se surpasser, Gregorio Paltrinieri a réussi la meilleure performance de la dernière journée des championnats d’Italie, sur sa distance de prédilection, le 1500 mètres, qu’il a remporté en 14’50s35, devant la révélation de ces championnats, vainqueur du 400 mètres, Domenico Acerenza. Fabio Scozzoli a battu son record italien des 50 mètres brasse.

Sur 200 mètres dos dames, avec 2’8s99, Margherita Panziera a établi la meilleure performance européenne de la saison, après avoir battu le record italien du 100 dos avec 59s96, tandis que Simona Quadarella, médaille mondiale de bronze des 1500 mètres à Budapest, gagne le 400 après le 800 et le 1500, un triplé désormais classique du demi-fond, et s’approprie une distance qu’elle ne dominait pas vraiment en Italie.

MESSIEURS.-  1500 mètres: 1. Gregorio Paltrinieri (Fiamme Oro/Coopernuoto), 14’50s35; 2. Domenico Acerenza (CC Napoli), 15’0s63; 3. Mario Sanzullo (Fiamme Oro/CC Napoli), 15’18s89.

50 brasse : 1. Fabio Scozzoli (Esercito/Imolanuoto), 26s73 (record italien, précédent 26s91, par Fabio Scozzoli, le 26/7/2017 Budapest) ; 2. Andrea Toniato (Fiamme Gialle/Team Veneto) 27s70; 3. Luca Pizzini (Carabinieri/Fondazione Bentegodi), 27s71.

400 4 nages : 1. Federico Turrini (Esercito/Nuoto Livorno), 4’16s40 ; 2. Pier Andrea Matteazzi (De Akker Team), 4’17s21; 3. Mattia Bondavalli (De Akker Team), 4’21s13.

4×100 mètres : 1. Esercito 3’18s07 (Zazzeri 49s76, Codia 49s74, Vendrame 48s96, Izzo 49s61); 2. Fiamme Oro, 3’18s95 ; 3. Carabinieri, 3’19s91.

Classement sociétés messieurs :
1. CC Aniene, 245 points (215,50 + 29,50) ;
2. Esercito, 213 points (177 + 36) ;
3. Fiamme Oro Roma, 210 points (180 + 30) ;
4. Carabinieri, 146 points (124 + 22) ;
5. Fiamme Gialle, 79,5 points (61,5 + 18) :

6.CC Napoli, 78 points (78 + 0) :

7. FlorentiaNuotoClub, 69 points (69 + 0).

DAMES.- 400 mètres: 1. Simona Quadarella (Fiamme Rosse/CC Aniene), 4’6s78 ; 2. Stefania Pirozzi (Fiamme Oro/CC Napoli), 4’8s93; 3. Linda Caponi (Carabinieri/Team Nuoto Toscana), 4’9s76; 4 Diletta Carli, GS Fiamme Oro Roma/Tirrenica Nuoto), 4’9s96. 

200 dos: 1. Margherita Panziera (Fiamme Oro/CC Aniene), 2’8s99; 2. Carlotta Toni (Esercito/RN Florentia), 2’11s10; 3. Giulia D’Innocenzo (Carabinieri), 2’12s26.

50 brasse : 1. Arianna Castiglioni (Fiamme Gialle/Team Insubrika), 30s67 ; 2. Martina Carraro (Fiamme Azzurre/NC Azzurra 91), 30s93 ; 3. Benedetta Pilato (Nuotatori Pugliesi), 31s82 (précédent, 32s10).

50 papillon: 1. Elena Di Liddo (CC Aniene), 26s48; 2. Ilaria Bianchi (Fiamme Azzurre/NC Azzurra 91), 26s66 ; 3. Elena Gemo (Carabinieri/CC Aniene), 26s90.

Classement sociétés femmes :
1. CC Aniene, 342 points (276 individuels + 66 équipes) ;
2. Fiamme Oro Roma, 272 points (200 + 72) ;
3. Esercito, 205 points (157 + 48) ;
4. Carabinieri, 127 points (89 + 38) ;
5. Azzurra 91 Bologna, 117 points (103 + 14) ;
6. Fiamme Gialle, 113 points (93 + 20) ;

  1. Team Veneto, 90,50 points (74,50 + 16). 

CHAMPIONNAT D’ITALIE: GREGORIO PALTRINIERI, 7’45s5 AU 800 MÈTRES ET ALESSANDRO LE GRAND MIRESSI, 48s36 AU 100 MÈTRES

Éric LAHMY

Jeudi 12 Avril 2018

En 7’45s53, Gregorio Paltrinieri s’est emparé de la meilleure performance de la saison sur 800 mètres. La performance n’est pas extraordinaire pour autant, seulement de bon niveau, et devrait être largement battue aux championnats d’Europe. Le record du monde, d’une valeur exceptionnelle surtout lorsqu’il fut établi, au temps des combinaisons aujourd’hui interdites, par le Chinois Zhang Lin le 29 juillet 2009 est de 7’32s12. Aux championnats du monde 2017, c’est Gabriele Detti, le camarade d’entraînement de Greg, qui l’emporta, en 7’40s77, record d’Italie et d’Europe, devant Wojciech Wojdak, 7’41s73, et Paltrinieri, 7’42s44.

Les temps de passage de Paltrinieri à Riccione : 26 »96, 55 »68, 1’24 »47, 1’53 »81, 2’23 »10, 2’52 »76, 3’22 »00, 3’51 »65, 4’21 »09, 4’50 »60, 5’19 »83, 5’49 »46, 6’19 »91, 6’48 »65, 7’15 »59, pour 7’45s53. Le champion olympique du 1500 mètres ne s’étendait pas sur le temps final, mais assurait que dans l’ensemble, cette course lui avait donné nombre d’indications positives, après une saison marquée par ses mois d’entraînement en Australie, un regroupement à Tenerife, une course d’eau libre à Doha et un retour récent en Italie.

On note aussi un record italien du 100 mètres dos pour Margherita Panziera au départ du relais quatre fois 100 mètres quatre nages des Fiamme Oro, un meilleur temps « tissu » d’Ilaria Cusinato et le record italien juniors de Tomas Ceccon sur les 200 mètres quatre nages, un 1500 mètres de Simona Quadarella sous les 16 minutes et un brillant 100 mètres d’Alessandro Miressi qui, en 48s36, améliore son record personnel, 48s71 en 2017, pour devancer un Luca Dotto coriace, 48s58… tandis que les quatre premiers donnent l’espoir d’un bon relais.

Miressi est avec Vendrame, troisième de la course, l’un des grands espoirs du sprint italien. Il avait aussi dans ces championnats nagé 48s05 lancé dans le relais quatre nages. Ce garçon de 19 ans (né le 2 octobre 1998) de 2,02m pour 94 kg, après avoir donné l’impression qu’il doublerait 100 et 200 mètres (avec 49s29 et 1’48s77 en 2015), se spécialise apparemment sur 100. Son record sur 50 mètres, 22s35, date de 2016. Dans son 100 mètres, passé 5e, il a ramassé tout le monde au retour !

 

MESSIEURS.-

100 mètres : 1. Alessandro Miressi (Fiamme Oro/CN Torino) 48 »36 ; 2. Luca Dotto (Carabinieri/Larus Nuoto) 48 »56 ; 3. Ivano Vendrame (Esercito/Larus Nuoto) 48 »98 ; 4. Lorenzo Zazzeri (Esercito/FlorentiaNuotoClub) 49 »07.

800 mètres: 1. Gregorio Paltrinieri (Fiamme Oro/Coopernuoto) 7’45 »53; 2. Domenico Acerenza (CC Napoli) 7’57 »60; 3. Johannes Calloni (Assonuoto Club Caserta) 7’59 »80.

200 4 nages: 1. Thomas Ceccon (Leosport) 2’0 »43 Record d’Italie Junior, ancien, 2’1 »05, par Alberto Razzetti le 02/08/2017); 2. Federico Turrini (Esercito/Nuoto Livorno) 2’0 »93; 3. Alberto Razzetti (Genova Nuoto My Sport) 2’1 »08.

DAMES.-

100 mètres : 1. Federica Pellegrini (CC Aniene), 54 »42; 2. Erika Ferraioli (Esercito/CC Aniene), 55 »33 ; 3. Laura Letrari (Esercito/Bolzano Nuoto), 55 »63.

1500 mètres : 1. Simona Quadarella (Fiamme Rosse/CC Aniene) 15’57 »66 ; 2. Martina De Memme (Esercito/Nuoto Livorno) 16’15 »33 ; 3. Giulia Gabbrielleschi (Fiamme Oro/Nuotatori Pistoiesi), 16’19 »52.

200 4 nages: 1. Ilaria Cusinato (Fiamme Oro/Team Veneto) 2’11 »26; 2. Sara Franceschi (Fiamme Gialle/Nuoto Livorno) 2’13 »36; 3. Carlotta Toni (Esercito/RN Florentia) 2’14 »33.

4×100 4 nages : 1. 1. Fiamme Oro, 3’35 »04 (Ciccarese, 54 »95, Giorgetti, 1’1 »19, Rivolta 50 »85, Miressi 48 »05; 2. Esercito 3’36 »33 ; 3. SMGM Team Nuoto Lombardia 3’40 »65

4×100 4 nages: 1. Fiamme Oro 4’2 »12 (Panziera 59 »96, record d’Italie du 100 mètres dos, ancien record, Elena Gemo, le 13/06/2015) Scarcella 1’08 »27, Cusinato 59 »18, Galizi 54 »17 ; 2. CC Aniene 4’5 »68; 3. Fiamme Gialle 4’6 »09.

CHAMPIONNATS D’HIVER ITALIENS : GIOVINEZZA, GIOVINEZZA !!

Éric LAHMY

Jeudi 12 Avril 2018

Petite deuxième journée des championnats italiens d’hiver 2018 à Riccione, où l’on sélectionné les qualifiés européens. Petite journée mais un frémissement, créé par l’apparition de jeunes qui secouent les anciens et se placent, tels Thomas Ceccon qui plie le vieux record italien junior du 100 mètres papillon, établi en 2014 par Simone Sabbioni, et devance le Sabbioni en question – nouvelle illustration de ce que la « jeunesse » est parfois une notion assez fluctuante en natation. Le jeune qui arrive est souvent, en fait, au-delà de l’illusion de la jouvence, une maturité précoce.

Je ne sais si on a accueilli en leur temps les Melissa Franklin, Ruta Meilutite, et plus récemment Penny Oleksiak de quinze ans, comme autant de bouquets de printemps, on doit admettre que, pour les deux premières nommées, il s’agissait plutôt de gerbes estivales que menaçait, à peine liées, un automne précoce, et qu’elles avaient en fait atteint leur apogée quand on les situait sur la pente grimpante. Il se pourrait que la troisième nommée pourrait bien les suivre sur ce chemin.

De façon significative, ce sont souvent des nageurs un peu moins précoces et dont l’envol a procédé par étapes qui durent plus longtemps, à la manière d’un Nathan Adrian, d’un Camille Lacourt en dos. D’autres, comme Alain Bernard, ont nécessité une longue maturation… Mais la richesse des scenarii est infinie, et l’on trouve aussi des phénomènes de précocité qui durent comme Michael Phelps ou Ian Thorpe, ou encore bien sûr Katie Ledecky…

FEDERICA PELLEGRINI EN MODE SUBAQUATIQUE

Un autre événement mérite à mon avis d’être remarqué : un événement en creux, en vérité, l’absence de Federica Pellegrini, dans une course où elle s’est illustrée brillamment toute sa carrière, le 200 mètres, et une autre où elle s’était engagée hier, le 50 mètres dos. La plus grande nageuse italienne de tous les temps avait elle-même cerné les limites de la suite de sa carrière, en se posant lucidement la question de savoir si elle peut encore tenir une course comme le 200 mètres. Il y a deux ans, elle avait estimé qu’elle ne pourrait plus nager de 400, la course dépassant ses capacités de résistance et de récupération. Là, huit mois après avoir battu Kathy Ledecky aux mondiaux de Budapest, la « divine » ne se sent pas en mesure de s’éparpiller.

Sur 50 dos, elle a enlevé la première série qualificative avec 28s53, temps que seule Silvia Scala, 28s24, dépassa. En finale. Pellegrini ne put surpasser son temps, et finit 4e en 28s55.

Elle ne s’est pas présentée au 200m et la meilleure indication de sa valeur actuelle reste le 53s56 qu’elle a réussi dans le relais quatre fois 100 du Canottieri Aniene.

 DAMES.- 200 libre: 1. Stefania Pirozzi (Fiamme Oro/CC Napoli) 1’59s71; 2. Linda Caponi (Carabinieri/Team Nuoto Toscana) 1’59s94; 3. Margherita Panziera (Fiamme Oro/CC Aniene) 2’0s21.

50 dos: 1. Silvia Scalia (CC Aniene) 28s30; 2. Tania Quaglieri (Sea Sub Modena) 28s46; 3. Margherita Panziera (Fiamme Oro/CC Aniene) 28s50.

200 brasse: 1. Francesca Fangio (SMGM Team Lombardia) 2’26s72; 2. Martina Carraro (Fiamme Azzurre/NC Azzurra) 2’27s92; 3. Letizia Memo (Piave Nuoto) 2’28s25.

100 papillon : 1. Ilaria Bianchi (Fiamme Azzurre/NC Azzurra 91) 57s70 ; 2. Elena Di Liddo (CC Aniene) 57s75; 3. Claudia Tarzia (Esercito/Genova Nuoto My Sport) 58s68.

MESSIEURS.- 100 dos: 1. Thomas Ceccon (Leosport) 53s94 record italien junior), ancient 54s24 par Simone Sabbion (2014); 2. Simone Sabbioni (Esercito/Swim Pro SS9) 54s23; 3. Christopher Ciccarese (Fiamme Oro/CC Aniene) 

100 brasse: 1. Fabio Scozzoli (Esercito/Imolanuoto) 59 »33 pp (precedente 59 »42 del 25/07/2011 a Shangai)
2. Zaccaria Casna (UISP Bologna) 1’01 »26 pp (precedente 1’02 »42 del 20/04/2016 a Riccione)
3. Federico Poggio (SMGM Team Lombardia) 1’01 »42

50 papillon: 1. Andrea Vergani (Can. Vittorino da Feltre) 23s63; 2. Piero Codia (Esercito/CC Aniene) 23s73; 3. Daniele D’Angelo (Marina Militare/CC Aniene) 23s80.

4×200 libre: 1. Esercito (Di Fabio 1’49s48, Glessi 1’51s07, Turrini 1’48s79,  Ciampi 1’46s97) et Carabinieri 7’16 »31 (Pizzetti 1’47s29, Belotti 1’52s60, Dotto 1’48s70, Megli 1’47s72; 3. CC Aniene, 7’18s35.

FRED VERGNOUX SLALOME DANS LES PYRÉNÉES COTÉ FRANCE COTÉ ESPAGNE

Eric LAHMY

Mercredi 11 Avril 2018

A la direction technique de la natation française on est un peu interloqué et les responsables tentent de décrypter un article d’un certain Alberto Martinez paru dans la presse espagnole.

De quoi s’agit-il ?

C’est au sujet de Fred Vergnoux, plus connu comme étant l’ « entraîneur de Mireia Belmonte ». Fred, qui avait été pressenti avant les Jeux de Rio pour entraîner le groupe de natation de l’INSEP, avait, avant de répondre, sollicité et obtenu de la Fédération espagnole une prolongation de son contrat, de l’autre côté des Pyrénées. Tout en faisant savoir que le poste parisien ne l’intéressait pas (beaucoup de problèmes, semble-t-il, liés à son statut, au coût de la vie à Paris, et au fait que l’un de ses dadas d’entraîneur est la préparation en altitude), Fred avait ajouté qu’il serait susceptible de s’intéresser au poste de Font-Romeu.

La DTN, qui cherche à renforcer les deux centres nationaux d’entraînement que sont l’INSEP et Font-Romeu en attirant un entraîneur de grand renom, a répondu à cet appel du pied, et lui avait proposé le poste dans les Pyrénées.

Vergnoux disposait dès lors d’un contrat auprès de la Fédération espagnole, qui court jusqu’en 2020, mais aussi, donc, d’une offre ferme de la Fédération Française de Natation, lui proposant de l’employer jusqu’aux Jeux de Paris 2024 en tant que responsable du centre de formation de Font Romeu.

Fred Vergnoux, qui devait répondre par oui ou par non le 15 avril, précise-t-on à la Fédération (Richard Martinez), fin avril si l’on en croit le journal espagnol, s’est tourné vers l’Espagne pour lui soumettre un projet à long terme, une façon de faire jouer la concurrence.

Entre « l’offre française, de six ans, et son contrat espagnol d’une durée de deux ans », manifestement son cœur balance.

Ce qui agace les Français, c’est qu’alors que Vergnoux devait répondre à leur proposition d’entraîner Font-Romeu, il tente de renforcer sa position actuelle en Espagne et de forcer la voie d’une prolongation de son contrat jusqu’en 2024, six années étant indispensables, prétend-il, à l’élaboration d’une planification en vue des Jeux olympiques.

Ce « tapage » médiatique apparait au siège de la FFN pour ce qu’il est, une tentative de Vergnoux d’utiliser la proposition française pour faire monter les enchères au sud des Pyrénées. Cette même stratégie avait apparemment fonctionné, avant Rio, où, après avoir feint de s’intéresser à l’INSEP, une fois ayant obtenu un contrat en Espagne, il avait choisi de demeurer où il se trouvait !

Alors qu’en France il faisait miroiter l’idée qu’un retour au pays natal ne le laissait pas indifférent, en Espagne, Vergnoux a affirmé qu’il souhaitait un avenir ibérique.

« Mon intention est de continuer, et je suis concentré sur le Championnat d’Europe à Glasgow et aux Jeux de Tokyo, mais tout se concentre uniquement sur 2020. Nous n’avons aucune garantie de rien d’autre et nous voulons faire quelque chose à long terme ».

Vergnoux semble seulement assez mécontent de devoir renégocier son contrat chaque quatre ans, sort qu’il partage avec tous les entraîneurs de la direction technique espagnole, où la sécurité de l’emploi n’est pas le maître mot. Le contrat avec la France, qu’il agite opportunément, est le leurre dont il espère qu’il pourrait précipiter un changement de politique à la Fédération Royale.

C’est peut-être bien joué, sauf qu’il ne pourrait rejoindre la France sans rompre son contrat actuel ! Et que, imagtine-t-on, les Espagnols ne le laisseront pas partir ainsi…

L’avenir du technicien est lié à celui de Mireia Belmonte, rappelle Alberto Martinez. Là encore, Vergnoux utilise un argument frappant, Belmonte étant la star absolue de la natation espagnole… Le coach et sa nageuse font équipe depuis 2009. « La limite des deux ans est une chose. Les critères choisis sont exigeants, et la préparation des clubs et centres techniques également. Cependant, je ne sais pas si nous pouvons penser à la suite, l’au-delà de 2020, nous avons deux Centres de haut rendement (CAR), un seul centre en altitude, neuf centres de technicité et huit ou dix clubs qui travaillent bien. Nous devons utiliser ce potentiel avec un projet ambitieux. Etalé sur six ans, » précise-t-il. C’est clair.

« Les projets en France, pays organisateur des Jeux de 2024, courent sur six ans, écrit Alberto Martinez, tout comme le projet olympique pour les jeunes qu’a conçu le directeur technique espagnol, Albert Tubella. » On conçoit que ce sont les arguments mêmes que lui a soufflé Vergnoux pour tenter de bouger les lignes.

Toujours selon le journaliste espagnol, Vergnoux envisage d’évoquer l’avenir avec le président de la RFEN, Fernando Carpena. Mais il faudrait pour que sa proposition, qui devrait faire l’unanimité des autres entraîneurs, ait une chance d’aboutir, que soit changé le système espagnol, lequel exige une reconduction quadriennale des contrats.

« Tout projet olympique a besoin de six ans, le lien actuel entre politique et sport doit changer, plaise encore Vergnoux. En Angleterre (où il a entrainé avant de rejoindre l’Espagne) je n’ai pas eu à voir une seule fois le président de la Fédération. J’ai une belle relation avec Fernando, mais il existe d’autres modèles ; la partie sportive doit être autonome et ne pas dépendre de la politique. Comme tout dépend des élections de 2020, on ne peut pas songer à 2024, comme il le faudrait. « 

Au bout de tout cela, on l’a compris, les soucis ibériques de Vergnoux n’enchantent pas à la Fédé française, où l’on doit avoir l’impression de se faire manœuvrer.
Mais ce n’est peut-être pas grave : les Espagnols aussi !

 

 

ITALIE : DOMENICO ACERENZA, 3’46s27 SUR 400 METRES, RÉVÊLATION TARDIVE DU DEMI-FOND

Éric LAHMY

Mercredi 11 Avril 2018

Première journée de championnats italiens à Riccione. L’absence de Gabriele Detti crée un trou que Domenico Acerenza, un Napolitain (Circolo Canottieri Napoli) de 23 ans,  pulvérise son record personnel, qu’il amène de 3’50s40 (il y a un an et douze jours dans le même bassin de Riccione) à 3’46s27, pour enlever le titre du 400 mètres messieurs.

C’est un progrès inattendu, voire même inespéré, à cet âge, qui s’explique peut-être par le fait qu’Acerenza, depuis cette année, a rejoint le Centre fédéral d’Ostie par le « sorcier » italien Stefano Morini (cinquième performance italienne de l’histoire). 50 par 50 mètres Acerenza nage 27s14, 56s04 (28s90), 1’24s67 (28s63), 1’53s09 (28s42), 2’21s22 (28s13), 2’49s42 (28s20), 3’17s70 (28s28, et 28s57 pour finir, ce qui signale une course tendue.

Il s’étonne du temps final: “je voulais nager vite, et attendais un temps de l’ordre de 3’49s, je ne m’attendais pas à de tells progrès”, disait-il, mettant cette évolution sur le compte de son entraînement au centre fédéral et à sa confrontation constante avec les ténors du demi-fond.

Greg Paltrinieri ne pouvait finir mieux que 3e derrière Acerenza, mais aussi Filippo Megli, lequel, grattant sur son record personnel, le coiffait lui d’un bras.

Cette première journée a donné des satisfactions, ainsi la victoire sur 200 papillon d’un junior, Federico Burdisso, né en 2001, qui bat pour ce faire en 1’57s23 le record italien de la catégorie de Giacomo Carini. Lequel Carini avait amené l’an passé le record italien absolu à 1’55s40.

Sur 50 mètres, Andrera Vargani, né en 1997, frôlait le record italien avec 21s70 contre 21s64 et bousculait la hiérarchie, devançant notamment Luca Dotto, de sept ans son aîné.

Après cette journée, onze nageurs obtenaient leur billet pour les championnats d’Europe de Glasgow : Simone Sabbioni sur 50 dos en 25 »17 ; Simona Quadarella sur 800 libre en 8’25 »82 ;
Domenico Acerenza sur 400 libre en 3’46 »27 ; Arianna Castiglioni au 100 brasse en 1’6 »91 ; Martina Carraro au 100 brasse en 1’7 »80 ; Federico Burdisso sur 200 papillon en 1’57 »23 ; Ilaria Cusinato sur 400 4 nages en 4’37 »14 ; Carlotta Toni sur 400 4 nages en 4’39 »27 ; Alessia Polieri sur 400 4 nages en 4’40 »84 ; Andrea Vergani au 50 libre en 21 »70 ; Luca Dotto au 50 libre en 22 »06.

MESSIEURS.- 50 libre: 1. Andrea Vergani (Can. Vittorino da Feltre) 21 »70; 2. Luca Dotto (Carabinieri/Larus Nuoto) 22s06; 3. Lorenzo Zazzeri (Esercito) 22s35.

400 libre : 1. Domenico Acerenza (CC Napoli) 3’46’s27; e 3’50 »40 del 04/04/2017 a Riccione)
2. Filippo Megli (Carabinieri/FlorentiaNuotoClub), 3’50s23; 3. Gregorio Paltrinieri (Fiamme Oro/Coopernuoto) 3’50s86.

50 dos: 1. Simone Sabbioni (Esercito/Swim Pro SS9), 25s17; 2. 2. Niccolò Bonacchi (Esercito/Nuotatori Pistoiesi), 25s22 ; 3. Thomas Ceccon (Leosport), 25s48

200 papillon: 1. Federico Burdisso (Tiro a Volo) 1’57s23 (record italien junior), ancien 1’57s48 par Giacomo Carini le 25/06/2015 à Bakou) ; 2. Filippo Berlincioni (CC Aniene) 1’57s82; 3. Christian Ferraro (Montebelluna Nuoto) 1’58s06.

DAMES.- 800 libre : 1. Simona Quadrarella (Fiamme Rosse/CC Aniene) 8’25s82 ; 2. Diletta Carli (Fiamme Oro/Tirrenica) 8’33s92 ; 3. Alisia Tettamanzi (Marina Militare/Nuotatori Milanesi) 8’34s62.

100 brasse : 1. Arianna Castiglioni (Fiamme Gialle/Team Insubrika) 1’6s91; 2. Martina Carraro (Fiamme Azzurre/NC Azzurra 91), 1’7 »80; 3. Ilaria Scarcella (Fiamme Oro/CC Aniene), 1’8s40.

400 4 nages: 1. Ilaria Cusinato (Fiamme Oro/Team Veneto) 4’37s14; 2. Carlotta Toni (Esercito/RN Florentia) 4’39s27; 3. Alessia Polieri (Fiamme Gialle/Imolanuoto) 4’40s84.

4×100 libre: 1. Esercito 3’42s35 (Letrari 55s55, Pezzato 56s07, Biondani 56s39, Ferraioli 54s34); 2. CC Aniene 3’43s37; 3. Fiamme Oro 3’43s99.

COMMONWEALTH GAMES, FIN: DES AUSTRALIENS PARTOUT

Eric LAHMY

Mardi 10 Avril 2018

Ariarne Titmus est l’une des ondines qui tentent d’exister sous le règne de fer de Kathy Ledecky. Elle a joué d’ailleurs sa Ledecky au petit pied sur 400, laissant sa suivante, l’Anglaise Holly Hibbott à plus de trois longueurs. Son temps de 4’0s93 pulvérisait le record des Commonwealth Games, que détenait depuis Glasgow 2014 la Néo-Zélandaise Lauren Boyle, 4’4s47. Il représente aussi la meilleure performance jamais réalisée en championnat international à part les performances hors-concours de Kathy Ledecky et à l’exception du passage polyuréthane sous les quatre minutes de l’Italienne Pellegrini en 2009.

Les séries (trois seulement) se déroulaient le matin, et ne représentaient aucune difficulté pour Titmus, puisque l’accession à la finale se joua à 4’13s33 et qu’elle-même put se qualifier à l’économie en 4’10s22.

Il est difficile de se rendre compte si Titmus a nagé à son maximum, en raison de l’absence d’adversaires en mesure de lui répondre. Livrée à elle-même, on peut seulement dire qu’elle n’a pas lambiné. Elle efface son récent record australien, 4’2s36 le 1er mars dernier. Le record du Commonwealth, 4’0s30, de Joanne Jackson, réussi en combinaison aux mondiaux de Rome en août 2009, est resté debout. Bien sûr, on ne peut s’empêcher aussi, désormais, de songer pour elle aux quatre minutes, et les PanPacifics de cet été constitueront une opportunité, surtout en présence probables de Katy Ledecky et de formidables Chinoises… Mais la jeune fille a déjà beaucoup progressé et ce serait peut-être trop lui demander…

Sur 50 mètres Benjamin Proud s’est vengé de son éviction précédente pour départ anticipé. Quatre ans après avoir amené le record des Jeux à 21s76, il s’est qualifié avec de nouveaux records, 21s45 en séries et 21s30, il n’a pas eu à rééditer ce temps, et ses 21s35 lui ont permis de gagner de façon confortable

La Galloise Georgia Davies était la recordwoman des Commonwealth Games du 50 dos dames, son record, 27s56, n’est pas tombé, mais elle a terminé 3e derrière Seebohm et Masse.

Le 1500 mètres est revenu à Jack McLoughlin, Aussie au look d’échappé de Woodstock, qui avait terminé déjà 2e du 400 mètres. Jack, plus jeune, hantait les courses de 200 et de 400m, mais enleva son passeport olympique quand il descendit son record sur 1500 mètres de vingt-quatre secondes. En 2017, attiré semble-t-il par le long, voire le plus en plus long, il fit ses débuts sur 5000 mètres au lac Balaton. Le voici champion du Commonwealth grâce à une condition physique remarquable et un extraordinaire sens du tempo. McLoughlin et Jervis, 2e à une longueur du vainqueur, terminèrent respectivement 11e et 18e aux mondiaux 2017 de Budapest, où Mackenzie Horton avait arraché la médaille de bronze. Un Horton qui ne progresse plus depuis des saisons sur la distance…

Le 200 quatre nages messieurs s’est joué entre trois grands talents : le vainqueur australien du 200 dos, le vainqueur écossais du 100 libre et le vainqueur australien des 400 quatre nages. Mitchell Larkin l’a emporté de peu, 1’57s67 contre 1’57s86 (Duncan Scott) et 1’58s18 (Clyde Lewis) après avoir engrangé une légère avance en dos qu’il parvint à ne pas dilapider ensuite. Les 27s33 finaux de Scott lui permirent de passer Lewis mais non pas de venir à bout de Larkin, malgré une remontée.

Comme traditionnellement, les relais quatre nages terminaient la compétition. Les Australiens y livrèrent deux terribles batailles gagnantes. Côté féminin, leur quatuor se heurtait à celui, également talentueux, des Canadiennes. Je me demandais, avant les Jeux, si les Canadiennes ne renverseraient pas les Australiennes de leur trône et si ce ne fut pas le cas, il s’en est fallu parfois de peu qu’elles ne réussissent, avec leurs superbes Kylie Masse et Taylor Ruck. Il leur manqua seulement une Penny Oleksiak en grande forme. Ce relais quatre nages à la fois conclut, condensa et résuma les « Games », en ce que les Canadiennes se comportèrent en inflexibles outsiders et que les Australiennes surent répondre du tac au tac avec une talentueuse intransigeance. Masse prit un ascendant d’une demi-seconde sur Seebohm et la suite fut une poursuite infernale. Oleksiak perdit du terrain sur McKeon, et Il fallut une Bronte Campbell survoltée, voire déchaînée, pour venir à bout d’une solide Taylor Ruck en crawl.

Côté messieurs, le souci des nageurs des antipodes s’appelait Adam Peaty, le nageur de brasse anglais, capable de gagner un relais à lui tout seul, de par l’avance déterminante qu’il engrange. Il fallut que Larkin en dos et Kyle Chalmers en crawl fassent des exploits pour compenser le trou qu’allait creuser le terrible Peaty. Larkin parvint à gagner une seconde et demie en dos. Peaty revint, prit l’avantage, et pour l’Angleterre James Guy domina Grant Irvine. Il fallut un sacré costaud Kyle Chalmers pour revenir, in extremis, sur Benjamin Proud. La suprématie des Océaniques, assurée sur presque toutes les courses de la journée, fut garantie une fois de plus, de justesse…  

MESSIEURS.-  50 mètres : 1. Benjamin Proud, ENG, 21s35 (en séries, 21s30); 2. Bradley Tandy, RSA, 21s81 ; 3. Cameron McEvoy, AUS, 21s92.

1500 mètres: 1. Jack McLoughlin, AUS, 14’47s09; 2. Daniel JERVIS, WAL, 14’48s67; 3. Mackenzie Horton, AUS, 14’51s05.

200 4 nages : 1. Mitchell Larkin, AUS, 1’57s67; 2. Duncan Scott, SCOT, 1’57s86; 3. Clyde Lewis, AUS, 1’58s18.

4 fois 100 4 nages: 1. Australie, 3’31s04 (Mitch Larkin, 53s14, Jake Packard, 59s29, Grant Irvine, 51s36, Kyle Chalmers, 47s25); 2. Angleterre, 3’31s13 (Luke Greenbank, 54s61, Adam Peaty, 57s64, James Guy, 50s95, Benjamin Proud, 47s93) ; 3. Afrique du Sud, 3’34s79 (en papillon, Chad Le Clos, 50s10) ; 4. Ecosse, 3’35s15 (Duncan Scott, en crawl, 47s62) ; Yuri Kisil, Canada, 47s89 en crawl.

DAMES.- 400 mètres : 1. Ariarne Titmus, AUS, 4’0s93 ; 2. Holly Hibbott, ENG, 4’5s31; 3. Eleanor Faulkner, ENG, 4’7s35

Ariarne Titmus passages: 28s10, 57s75 (29s65), 1’28s09 (30s34), 1’58s86 (30s77), 2’29s53 (30s67), 3’0s28 (30s75), 3’30s81 (30s53), 4’0s93 (30s12).

50 m dos: 1. Emily Seebohm, AUS, 27s78 (en séries, 27s63); 2. Kylie Masse, CAN, 27s82; 3. Georgia Davies, WAL, 27s90 (en demis, 27s86).

4 fois 100 4 nages: 1. Australie, 3’54s36 (Emily Seebohm, 59s52, Georgia Bohl, 1’6s85, Emma McKeon, 56s42, Bronte Campbell, 51s57); 2. Canada, 3’55s10 (Kylie Masse, 59s02, Kierra Smith, 1’6s68, Penny Oleksiak, 56s86, Taylor Ruck, 52s54);

CHAMPIONNATS D’ITALIE : DETTI 3’47s07 EN SERIES ET… FORFAIT EN FINALE, EPAULE DOULOUREUSE !

Eric LAHMY

Mardi 10 Avril 2018

Diminué depuis l’automne dernier par une inflammation à l’épaule gauche, Gabriele Detti, le champion d’Europe et médaillé de bronze olympique 2016 et mondial 2017 du 400 mètres, a largement dominé les qualifications sur son épreuve de prédilection, enlevant la dernière série de la course, aux championnats d’Italie, passant en 54”13 au 100, 1’51”46 au 200, 2’49”00 au 300 pour un temps final de 3’47”07.

Mais on apprenait un peu plus tard, au Stade Nautique de Riccione où se déroulent les compétitions, qu’il avait déclaré forfait pour la finale. Son oncle d’entraîneur, Stefano Morini, lui avait demandé d’appuyer dans sa course des séries matinales pour savoir si l’épaule tiendrait. Elle a tenu mais pas bien longtemps, la réaction ne s’est pas fait attendre et la douleur est réapparue. Assez violente et lancinante pour que le nageur déclare forfait pour la finale, laissant Greg Paltrinieri, son équipier et champion olympique du 1500m (mais assez dénué de vitesse de base) en charge de défendre l’honneur de l’équipe.

Detti est déjà qualifié pour les championnats d’Europe de Glasgow et ce souci n’en est plus un pour lui. Le seul dégât que cet abandon provoquera sera de retrancher une ligne de son glorieux palmarès…

La question qui se pose est de savoir comment maintenir en forme un nageur blessé et souffrant de la carrure de Detti et lui laisser ses chances, alors que le grand rendez-vous de l’été s’approche. J’ai interrogé à ce sujet l’entraîneur Jacky Brochen. « En ce qui me concerne, explique-t-il, je lui ferais faire du travail cardiaque sur les jambes, notamment avec des palmes pour élever le stress au niveau qui convient. Il existe des éducatifs, ainsi un qui imite le mouvement du bras de fer bras collé au torse, ce qui permet également de faire fonctionner l’épaule qui n’est pas douloureuse. Il se peut aussi, selon la gravité, qu’on puisse effectuer la nage complète sans trop appuyer. »

COMMONWEALTH GAMES. C’EST CAMPBELL QUI GAGNE… BRONTE CAMPBELL. SURPRISE !

Eric LAHMY

Lundi 9 Avril 2018

Sur 200 dos messieurs, Mitchell Larkin, le favori australien, donne l’impression de mener une course d’attente en avant, qui vire en 2e position avec Beaver et derrière Woodward et qui plante ce dernier dans l’ultime longueur. Cela fait trois Australiens sur le podium.

Pourquoi Emma McKeon est-elle partie comme ça ? C’est la question que je me pose. 28s08, c’est bien vite pour lancer un 200 papillon. Elle disposait alors d’un mètre d’avance sur sa meilleure adversaire. Mais aux 100m, elle était passée par Alys Thomas, une solide étudiante galloise, diplômée en psychologie de l’Université (et du centre de performance) de Swansea. Alys est une spécialiste des performances en dents de scie. Pourquoi ? Parce qu’elle a passé sa jeune existence à alterner les années natation et les années psy. Appartenant à l’Université pendant sept années (2008-2015), elle en donc pris son temps. « J’ai étalé mes études sur deux années pendant que je préparais les Jeux du Commonwealth 2010, puis étudiai à temps partiel quand je préparais les Commonwealth 2014. » Alys montre donc qu’on peut nager très vite en passant par la case études, à condition que celles-ci soient organisées.

 

La victoire de Bronte Campbell sur Catherine nous a montré une nouvelle fois que, championnat du monde ou des environs, une course n’est qu’une course, et rien de plus. L’aînée des Campbell pourrait devancer sa cadette tous les jours de l’année que Dieu fait, mais ce jour là, c’est la sœur Bronte qui est passée !

Cate ne pouvait pas être battue, et il parait que les journaux australiens l’avaient expliqué en long, en large et… de travers. La fille avait nagé 51s00 lancée dans le relais, ce qui valait le record du monde, lequel record du monde détenu par Sarah Sjöström était fichu.

Mais ce n’est pas la même Cate Campbell qui a nagé cette finale. Dans sa première longueur, elle se déplace certes extrêmement vite, exécute une très longue ondulation avant le virage, repart avec quoi, un mètre d’avance sur Taylor Ruck et Bronte, les seules encore raisonnablement proches d’elles.

Mais à aucun moment, elle ne donne cette souveraine impression de fluidité qui fait d’elle la plus belle styliste du monde. Je dirais qu’elle tape dans l’eau. Pourtant, à la sortie du virage, elle redémarre et c’est meurtrier. Mais non, ça ne dure pas, autour des soixante-quinze, Bronte, qui nage alors à sa droite et n’a jamais rien lâché remonte avec l’énergie du désespoir et… gagne.

Dans cette course, la jeune championne olympique de Rio Penny Oleksiak termine 5e, tandis que Taylor Ruck, une nouvelle fois inspirée, monte sur le podium.

On se dit que Catherine est fatiguée après une semaine prenante. On se dit aussi qu’elle a démontré une fois de plus sa fragilité dans une compétition individuelle titre en jeu…

Un qui sait se battre en revanche, c’est Cameron Van Der Burgh. Le Sud-Africain, champion olympique en 2012, s’est payé sa majesté Adam Peaty sur 50  brasse.

Et Chad Le Clos, effectue de magnifiques Jeux du Commonwealth. Son 100 papillon est de toute beauté. Et son temps, sous les 51s, digne d’éloge.

MESSIEURS.- 200 dos :  1. 1. Mitchell Larkin, AUS, 1’56s10 [27s30, 57s10 (29s80), 1’26s96 (29s86), 1’56s10 (29s14)]. 2.Bradley Woodward, AUS, 1’56s57 [27s47, 56s95 (29s48), 1’26s83 (29s88), 1’56s57 (29s74)]; 3. Josh Beaver, AUS, 1’57s04 [27s55, 57s10 (29s55), 1’27s12 (30s02), 1’57s04 (29s92)].

50 m brasse: 1. Cameron Van Der Burgh, RSA, 26s58; 2. Adam Peaty, ENG, 26s62; 3. James Wilby, ENG, 27s37.

100 papillon: 1. Chad Le Clos, RSA, 50s65 ; 2. James Guy, ENG, 51s31 ; 3. Grant Irvine, AUS, 51s50; 4. David Mrogan, AUS, 51s94.

DAMES.-

100 mètres: 1. Bronte Campbell, AUS, 52s27 (25s47); 2. Catherine Campbell, AUS, 52s69 (25s02); 3. Taylor Ruck, CAN, 53s08 (25s29); 4. Shayna Jack, AUS, 53s83 (25s70); 5. Penelope Oleksiak, CAN, 53s85 (26s33).

800 mètres: 1. Ariarne Titmus, AUS, 8’20s02 ; 2. Jessica Ashwood, AUS, 8’27s60; 3. Kiah Melverton, 8’28s59.

100 m brasse: 1. Tatiana Shoenmaker, RSA, 1’6s41; 2. Kierra Smith, CAN, 1’7s05; 3. Georgia Bohl, AUS, 1’7s22.

200 m papillon : 1. Alys Thomas, WAL, 2’5ss45 [28s70, 1’0s40 (31s70), 1’32s71 (32s31), 2’5s45 (32s74)]; 2. Laura Taylor, AUS, 2’7s39; 3. Emma McKeon, AUS, 2’8s05.