ANTIDOPAGE MUSCLE AUX ANTIPODES

26 juin

Les Australiens, pour qui le sport est une religion, ont toujours été en pointe dans la guerre contre le dopage. Dans cette optique, l’Autorité Australienne anti-dopage dans le sport (Australian Sports Anti-Doping Authority, ou ASADA) sera-t-elle dotée de pouvoirs étendus dans sa mission d’enquête et d’investigation ? Oui, lisait-on hier sous la signature d’Emily Goddard dans la newsletter anglophone « Inside The Games ». Le Sénat Australien a voté une loi en ce sens, qui, après quelques amendements, repart vers la chambre basse. Une fois acceptée, la nouvelle législation donnera à l’ASADA  la possibilité d’obtenir les appels téléphoniques, les messages écrits, les documents et les prescriptions médicales des athlètes suspectés de se doper. Elle pourra donner des amendes allant jusqu’à 3.600€ à ceux qui ne répondront pas à ses requêtes. Elle pourra aussi interroger les suspects. La ministre des sports Kate Lundy, qui est à l’origine de la loi, et le président du Comité olympique John Coates, qui militait depuis une dizaine d’années en faveur de la législation se sont félicités de cette nouvelle. Seulement 0,89% des contrôles aboutissant à un résultat « positif », et Coates estimait qu’en l’absence de pouvoirs d’investigation allant très au-delà de la prise de sang ou de l’analyse d’urine, le Comité olympique ne pouvait lutter efficacement contre le dopage.

AUGUIN [Denis]

Natation. (Nice, 28 avril 1970-). L’entraîneur d’Alain Bernard, champion olympique du 100 mètres à Pékin, en 2008. Son père, Jacques, est professeur d’EPS, sa mère, Françoise, maitre-nageur, son beau-père, Guy Giacomoni, un entraîneur national de natation : autant dire que Denis Auguin ne peut échapper à la natation. Il nage donc, tout naturellement, enfant, et s’intéresse dès ses dix-huit ans à l’enseignement de la natation, mais obtient un bac économique. En natation, il suit la filière classique de l’enseignant, et, diplôme en poche, « ayant fait tous les métiers liés à l’enseignement de la natation », il coache à Nice (1995), Marseille (1999), Antibes (2006). Il découvre, en septembre 1999, Alain Bernard, un cadet efflanqué long de 1,92m, pour 68kg, qui épouse tous les défauts (manque de force, de coordination, contractures, douleurs diverses) d’un adolescent trop vite grandi. Il va le bâtir de A à Z, jusqu’au titre olympique… et au-delà ! il doit partir de Marseille, en 2006, et trouve un poste à Antibes, où son nageur le suit. Si Denis ne soupçonne pas un grand talent chez Alain Bernard, il est attiré par des détails, le goût de comprendre, la curiosité, et une capacité, une fois un savoir acquis, de ne pas le perdre : « il possédait une capacité d’acquérir exceptionnelle, » note-t-il.

Après le départ de Bernard, Denis Augin s’est un peu éloigné de l’entraînement proprement dit. Il est devenu Directeur technique du club d’Antibes.

En 2010, dans un entretien que nous avions sollicité, orienté sur le kilométrage, et donc qui souffre un peu de ce point de vue (Auguin n’est pas un apôtre du kilométrage pour le kilométrage), l’entraîneur d’Antibes nous avait donné quelques clés de son travail avec Alain Bernard. A l’arrivée, l’un des plus grands exploits jamais réalisés par un nageur français puisqu’Alain a battu le record du monde et gagné le titre olmpique du 100 mètres nage libre.

 

L’EAU, MILIEU ETRANGER

« Pourquoi nager 60km chaque semaine pour réussir un 100 mètres ? Pourquoi se préparer quatre heures par jour pour tenir un effort de 45 ou 50 secondes ? Dans le passé, on justifiait ces efforts importants par des nécessités physiologiques. Il fallait bâtir les qualités qui permettent de nager vite et longtemps, de tenir.

« N’en demeurent pas moins les données qui font de la natation un sport à part. L’eau, c’est un élément instable qui ne nous est pas naturel. On nage couché. Le mot « crawl » signifie « ramper ». Pour respirer, on doit orienter sa tête et chercher l’air. L’action des bras et des jambes dans la locomotion n’y est pas naturelle.

« Bien nager nécessite donc des efforts constants et renouvelés d’adaptation. Il faut sans cesse corriger. Les façons de nager ont toujours évolué. Fin des années 1960, on enseignait que la main propulsive devait tirer en faisant un S dans l’eau, que le bras se positionnait en boomerang. Aujourd’hui, on pousse droit, d’avant en arrière, le bras tendu.

ELOGE DE LA QUANTITE

« Alain a nagé 1900 kilomètres en 2007 et 1897km en 2008. Soit 100 et 103 de moins que prévu. Ce n’est pas un record parmi les sprinteurs, certains nagent moins d’autres plus. En saison, il accomplit 40km par semaine (avec des pics de 65-70 km à l’approche des Jeux), contre 48km à Oussama Mellouli, le roi mondial du 1500m libre, plus doué que Michaël Phelps. S’il préparait le 50m, Alain pourrait nager moins. Mais sur 100m, si tu n’as pas assez travaillé, à 25 mètres du mur, il y a quelque chose qui te rattrape.

« Même si les méthodes physiologiques sont abandonnées, la quantité de travail dans l’eau est justifiée par cela : développer les habiletés motrices : il faut répéter, et répéter, pour les acquérir. Le travail physiologique est la conséquence de ces exigences. Les combinaisons ont bafoué ces vérités, mais leur disparition renforce l’exigence du travail : sans les combis, plus vous vous propulsez vite dans l’eau, plus ça freine, et quand la fatigue apparaît, la technique se dégrade.

L’HABILETE PAR LA REPETITION

« On ne fait pas tant d’éducatifs que des exercices où l’on compte le nombre de coups de bras. Nager ainsi à la même vitesse avec moins de mouvements. Chercher ainsi à améliorer le rendement. Des habiletés motrices qui, répétées, améliorent les qualités musculaires et physiologiques.

« Hors de l’eau [où il baignera 19h30 par semaine cette saison], Alain et toute l’équipe effectuent 4h30 en moyenne par semaine de travail au sol (courses d’endurance et de vitesse, musculation ou autres) ; à quoi s’ajoutent 3h d’étirements, de récupération ou de réparation (kinésithérapie, ostéopathie).

QUI EST LE PATRON ?

« Plus jeune, j’étais plus directif. Il faisait ce que je lui disais. Aujourd’hui, il s’exprime beaucoup plus dans l’entraînement qu’avant. Il donne son avis sur la planification… Même si je garde la décision finale. Il intervient au cours de l’entraînement. »

ATWOOD [Susan Jean « Sue »]

Natation. (Long Beach, Californie,
États-Unis, 5 juin 1953). États-Unis. L’une des meilleures spécialistes du monde de dos et de quatre nages, elle fut recordwoman du monde du 200 mètres dos en 2’21’’5 et dix-huit fois championne des USA entre 1969 et 1973, sur 100 et 200 mètres dos comme sur 400 mètres quatre nages, et sur les distances équivalentes en yards (petit bassin). Elle ramena quatre médailles d’argent et une de bronze des Jeux Panaméricains de 1971, l’argent du 200 mètres dos et le bronze du 100 mètres dos des Jeux Olympiques de Munich en 1972, à chaque fois derrière sa compatriote Melissa Belote, et, sur 100 mètres dos, Andrea Gyarmati.
Elle devint entraîneur à l’Université d’état de l’Ohio puis travailla dans les relations publiques de l’équipementier Arena.

ASMUTH [Paul]

Natation. (). USA. Sept fois champion du monde de la Fédération de natation de marathon, il débute et développe son talent en Floride, à l’école et dans les groupes d’âge de Fort Myers Swimming, puis rejoint les Universités d’Auburn (1975-76) et d’Arizona State (1978-79), parallèlement à des stages aux clubs de Mission Viejo (1976-77), des Bolles Sharks et de Santa Barbara. Il croise de ce fait le chemin de quelques-uns des coaches les plus fameux au monde : Ginny Duenkel, Gregg Troy, Eddie Reese, Ron Johnson, Mark Schubert, Larry Leibowitz, Charles « Red » Silvia. Il est l’un des premiers à utiliser dans les marathons les techniques de vitesse développées dans les bassins, mais aussi à utiliser l’aide informatique dans ses traversées et à commencer son raid en fonction du cycle des courants. Il devient l’homme à battre des années 1980. Il remporte à huit reprises les 23 miles (37 km) du tour de l’île, à Atlantic City, six fois les 27 miles (44km) de la traversée de Memphremagog, au Canada, trois fois la traversée du lac Saint-Jean à Roberval, au Québec, trois fois Capri-Naples (20 miles), quatre fois Les Quatorze Mille de Paspebiac. Il a battu le record de la traversée de la Manche, est le seul nageur à avoir effectué la traversée (31 miles) de Nantucket au Cap Cod et le premier à avoir nagé le tour de l’île de Manhattan, 28 miles, en moins de sept heures.

ARUSOO [Thomas]

Natation. (Suède, 22 juillet 1948-).
Canada. Nageur devenu entraîneur et homme d’affaires, il fut 2e (derrière
Mark Spitz) du 200 mètres papillon des Jeux Panaméricains de Winnipeg, en 1967,
champion du 200 mètres et 2e du 100 mètres papillon des Jeux du
Commonwealth d’Edimbourg, en 1970 ; il entraîna l’équipe canadienne en
1975 et plusieurs clubs : CAMO Montréal (77-78), St Johns Nfld. Aquarama
(78-80), Montréal POM (80-81), Uof Montréal Champion SC (1982-1997) avant
d’entrer dans les affaires, puis de reprendre un club en 2007 le Liquid Lightning,
dans le Michigan, où il avat étudé à l’Université d’Etat.

ARNOULD [Isabelle]

Natation. (Liège, 6 décembre 1970-).
Belgique. Nageuse de demi-fond (200m au 800m), étudiante en Caroline du Sud. 2e
du 800m des Championnats d’Europe juniors en 1985. Elle enleva deux médailles,
d’argent sur 1500m, de bronze sur 400m, aux Universiades de Buffalo, en 1993.

ARMSTRONG [Duncan John D’Arcy]

Natation. (Rockhampton, Queensland, 7 avril 1968-). Australie. Aux Jeux de Séoul, en 1988, en grande forme, Duncan Armstrong, un élève de Laurie Lawrence à Brisbane, surprit les observateurs en enlevant le 200 mètres (devant le favori allemand, Michael Gross, et ses outsiders, l’Américain Matt Biondi et le Polonais Wojdat, ce dernier étant alors recordman du monde du 400 mètres). Duncan enleva en outre, derrière Dassler, l’argent du 400 mètres, où les trois premiers battirent l’ancien record du monde. Il montra son potentiel en 1986, avec, outre sur quatre fois 200 mètres, une victoire spectaculaire dans le 400 mètres des Jeux du Commonwealth, grâce à un finish sensationnel, dans lequel il reprit sept mètres à Kevin Boyd dans les 125 derniers mètres. Il aurait pu remporter le 200 mètres, (dont il était le champion national) si les entraîneurs n’avaient préféré qu’il se repose). Il se prépara désormais pour les Jeux olympiques, une blessure à une épaule et une autre à une jambe ne l’empêchant pas de s’entraîner, et devenant des opportunités pour entraîner l’autre partie du corps. Il s’était présenté sur 200 mètres aux Jeux olympiques avec seulement la 46e performance mondiale. Bien placé, troisième, au dernier virage, il passa Holmertz et, dans les cinq derniers mètres, Biondi, pour enlever le titre, améliorant à l’occasion le record du monde de Michael Gross en 1’47’’25. Après un départ prudent dans le 400 mètres olympique, encore 7e aux 300 mètres, il termina en boulet de canon, échouant d’un rien pour l’or qui revint à l’Allemand de l’Est Dassler. Favori des Jeux du Commonwealth d’Auckland, en 1990, une fièvre glandulaire le contraignit à déclarer forfait. Il se présenta aux Jeux de Barcelone, en 1992, mais la forme n’y était plus. Il prit sa retraite. Il annonça son retour en 1998, dans l’espoir d’entrer dans le relais quatre fois 200 mètres australien, mais se retira définitivement deux mois plus tard. Il est devenu conférencier et commentateur des courses de natation à la télévision.

ARMBRUSTER [David]

Natation. (). Head coach de natation de l’Université d’Iowa pendant quarante-deux ans (1916-1958). Uninnovateur, il appartint pendant deux décennies à l’Advisory Committee et au Rules Committee de la NCAA, et fut élu président du College Swim Coaches of America. L’un de ses élèves à Iowa fut James « Doc » Counsilman. Inspiré lui-même par Charles H. Mac Coy, professeur à Iowa et l’un des ténors des sciences de l’exercice dont la spécialité était l’analyse du mouvement. Dès 1928, Armbruster, comme les Japonais, qui utilisaient la photographie sous-marine pour étudier les nageurs, filmait les mouvements de ses nageurs. Ayant remarqué un de ses sprinteurs, Jack Sieg, qui, dans l’eau, se posait sur le côté et avançait en imitant le mouvement ondulant des poissons, il eut l’idée de demander à Sieg d’effectuer ce mouvement en se tenant sur le ventre et de greffer cette action des jambes, dite d’abord « en queue de poisson » à un mouvement simultané des bras. C’était le « dauphn » du papillon actuel.

ARÈNE [Julien]

Natation. (Nantua, 13 avril 1919-21
octobre 1998). France. Il ne fut jamais champion de France mais effectua le
parcours en papillon du relais français recordman du monde du 4 fois 100 mètres
quatre nages avec Violas, Dumesnil, éminente.
Devenu médecin, marié à Josette Delmas, ils eurent deux filles, Véronique et Isabelle, qui furent respectivement, l’une championne de France du
100m brasse en 1969, l’autre championne de France de plongeon à quatorze
reprises, et leur petit-fils Alexis Coquet champion de haut vol.