MENACÉ DE BOIRE UNE TASSE, PARK TAE-HWAN S’ADRESSE AU TAS

Éric LAHMY

DERNIER RECOURS POSSIBLE AVANT LES JEUX DE RIO POUR LE PORTE-DRAPEAU SUD-CORÉEN DONT LE COMITÉ NATIONAL OLYMPIQUE NE VEUT PLUS? LE TRIBUNAL ARBITRAL DU SPORT…

Mardi 17 Mai 2016

Après avoir tenté d’attirer l’attention sur son cas par media interposés, Park Tae-Hwan a franchi le pas et soumis son cas au tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne. L’enjeu, on le sait, est sa participation aux Jeux olympiques de Rio. Park, convaincu de dopage au cours de l’été 2014, a servi le temps de pénitence imposé en ce cas, mais le Comité olympique de son pays, qui avait établi une règle selon laquelle les sportifs convaincus de dopage serviraient un ostracisme de trois années ajouté à celui prévu par les règlements internationaux, a décidé de ne pas lui accorder de traitement de faveur.

Ostracisme limité aux organisations dans lesquelles le Comité olympique est impliqué, et donc ici les Jeux. Park on l’a vu, nage, il a même très bien nagé à ses championnats nationaux, mais il ne peut se rendre à Rio… Dans son cas, c’était ramener la date de son retour en grâce au printemps 2019 et donc lui interdire toute participation aux Jeux avant 2020.

Six ans, dans la vie d’un athlète, c’est, en quelque sorte la perpétuité !

L’appel au TAS pourrait bien être le dernier recours possible pour Park. Le multi-médaillé international coréen, vainqueur olympique du 400 mètres aux Jeux de Pékin, deux fois médaillé d’argent aux Jeux de Londres (400 et 200 mètres, )a semble-t-il perçu que son Comité olympique resterait inflexible, ne serait-ce qu’en raison de la valeur d’exemple. Accepte d’arrondir les angles sur le cas Park reviendrait, pour le comité olympique, de ne plus pouvoir conserver cette législation spécifique, d’une rigueur inflexible vis-à-vis du dopage. Dès lors, le signal fort, d’intransigeance absolue, que le Comité olympique coréen, voudrait faire passer, serait condamné par un précédent en faveur du grand pourvoyeur de médailles que s’est révélé être Park.

Comme on le sait, une décision du TAS n’a que valeur symbolique. Ses conclusions représentent un arbitrage, un conseil en quelque sorte, et rien de plus… Mais en général, ses arrêts sont suivies d’application, car, en raison de sa position de neutralité, mais aussi de la qualité de ses sentences, son autorité juridique de principe est bien établie.

Est-ce que le conseil à Park de poser le problème en face de l’instance internationale n’est pas venue… de son Comité olympique national lui-même ? On ne le sait. Mais ce qui est possible, c’est qu’une décision du TAS favorable à Park pourrait bien sonner le glas de l’aggravation de peine de trois ans spécifique à la Corée du Sud.

Quant au fond du problème, il n’aura pas été éclairci. Si Park a été dopé à son insu, même cinq minutes d’interdiction de nager auraient été cinq minutes de trop, et il semble bien qu’après un procès, on ne sait toujours pas ce qu’il s’est passé. S’il s’est dopé intentionnellement, en revanche…


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